Autriche-Hongrie

Infos
L'Autriche-Hongrie est le nom du pays d'Europe centrale, gouverné par une double monarchie (Empire d'Autriche, et Royaume de Hongrie) de 1867 à 1918, créé à la place de l'Empire d'Autriche pour faire face à l'agitation nationaliste secouant les différentes minorités de l'Empire et pour satisfaire la noblesse hongroise, lors du Compromis Austro-hongrois (en allemand : Ausgleich). En 1867, François-Joseph , empereur d'Autriche, est couronné roi de Hongri
Autriche-Hongrie

L'Autriche-Hongrie est le nom du pays d'Europe centrale, gouverné par une double monarchie (Empire d'Autriche, et Royaume de Hongrie) de 1867 à 1918, créé à la place de l'Empire d'Autriche pour faire face à l'agitation nationaliste secouant les différentes minorités de l'Empire et pour satisfaire la noblesse hongroise, lors du Compromis Austro-hongrois (en allemand : Ausgleich). En 1867, François-Joseph , empereur d'Autriche, est couronné roi de Hongrie. Autocrate, il maintient la cohésion de l'État plurinational grâce à la noblesse, à l'église catholique, à l'armée et à la bureaucratie. La Double Monarchie est une expression que l'Autriche-Hongrie possédait en propre. L'aigle à deux têtes est un symbole bien antérieur à la constitution de cette double monarchie mais qui lui convenait parfaitement. On emploie aussi l'expression Monarchie danubienne. La maison régnante des Habsbourg, dont les membres avaient le titre d'archiduc, était parfois qualifiée dArchi-Maison (Erzhaus). Les deux parties de l'Empire étaient séparées par un affluent du Danube, la Leitha, la partie autrichienne est la Cisleithanie (en-deçà de la Leitha), et la partie hongroise la Transleithanie (au-delà de la Leitha). L'Autriche-Hongrie ne survécut pas à sa défaite de la Première Guerre mondiale, et fut démantelée par le Traité de Saint-Germain-en-Laye.

Histoire

Naissance de l'Empire

L’Autriche-Hongrie en 1914 est un ensemble politique bâti par une dynastie qui a plusieurs siècles d’histoire.

Les Habsbourg

La dynastie des Habsbourg prend naissance au avec Gontran le Riche, comte d’Alsace et d’Argau, l’actuel canton d’Argovie en Suisse. Gontran le Riche (920-973) est le fils de Hugues I (940), comte d’Alsace et divers autres territoires, dont l’Argovie, héritier de la première dynastie de Lorraine, remontant au , jusqu’à Hortar, duc des Alamans, décédé en 350. Du au les Habsbourg se sont cantonnés dans leurs possessions de Haute Alsace et de Suisse. Ils ne sont que de grands seigneurs sous la suzeraineté de plus puissants, comme le roi de France ou l’empereur du Saint Empire Romain Germanique. En 1273, Rodolphe I, comte d’Alsace, est élu Roi des Romains : il est suffisamment puissant pour être digne de l’élection mais pas assez pour porter ombrages aux autres dynasties allemandes, telles que les Welf, les Wettin et les Hohenstaufen, qui se partagent habituellement la dignité impériale.

Acquisition du duché d'Autriche

En 1282, il persuade les Électeurs de ratifier la cession du duché d’Autriche, laissé libre par l’extinction de la dynastie des Babenberg et de celui de Styrie à son fils Albert. C'est le début de la présence des Habsbourg en Autriche.
Archiduché d'Autriche
Le titre d’Archiduc d’Autriche est créée pour Rodolphe IV (1339-1365) en 1363. Dès lors la dynastie des Habsbourg accroit sa puissance territoriale et politique par une série de grands mariages, justifiant la devise Alii bella gerant, tu felix Austria nubes (« Les autres font la guerre, toi, heureuse Autriche, tu te maries »).

Première réunion de l'Autriche et de la Hongrie - 1437-1457

En 1421, Sigismond I, empereur, roi de Bohême et de Hongrie, donne sa fille unique, Elisabeth, en mariage à Albert V (1397-1439), duc d’Autriche, puis Empereur. Albert est donc duc d'Autriche, roi de Bohême et de Hongrie de 1437 à sa mort en 1439. Albert et Élisabeth n’ont que des filles. Si la couronne impériale échoit à son cousin, Frédéric de Habsbourg, les terres vont à son fils posthume Ladislas I (sans mentionner le court interrègne de Ladislas III Jagellon sur la Hongrie entre 1439-1444). Ladislas I meurt adolescent, le duché d'Autriche revient à Frédéric III, les royaumes de Bohême et de Hongrie sortent de la maison des Habsbourg.

Acquistion dynastique du royaume de Hongrie

Maximilien I, à qui l'on doit la devise AEIOU (
Austria Est Imperare Orbi Universo, « il appartient à l’Autriche de régner sur le monde ») réussit à conclure des mariages pour ses descendants. Il marie son fils unique, Philippe avec Jeanne, future reine de Castille et d’Aragon, unique héritière du royaume d’Espagne. Il marie son petit-fils Ferdinand, second fils de Philippe et de Jeanne, avec Anne Jagellon héritière de la Bohême et de la Hongrie. En 1519, l’Empereur Maximilien laisse pour héritiers son premier petit-fils, Charles Quint, empereur du Saint Empire, archiduc d’Autriche, roi d’Espagne, duc de Bourgogne, souverain des Pays-Bas, son deuxième petit-fils, Ferdinand est, pour sa part, roi de Bohême et de Hongrie. Charles Quint, en 1521 il confie l’administration des duchés autrichiens à son frère Ferdinand. Lors de son abdication en 1556, Charles Quint divise son empire en deux : la partie espagnole, y compris les Pays-Bas échoit à son fils Philippe II et la partie allemande, y compris les droits à l’Empire, à son frère Ferdinand. Les Habsbourg se divisèrent alors en deux branches : Les Habsbourg d’Espagne et les Habsbourg d’Autriche, unis par de multiples mariages consanguins. Les couronnes ceintes par les Habsbourg, celle du Saint Empire, de la Hongrie, de la Bohême sont donc réunies sous la dynastie des Habsbourg d’Autriche. L’agrandissement des possessions Habsbourg se fit par diverses conquêtes militaires, essentiellement au cours des siècles suivants. Sous le règne de Léopold I (1640-1705), les Ottomans assiègent Vienne. À la suite de leur défaite, le Traité de Karlowitz, en 1699, accorde aux Habsbourg la Croatie et des territoires de l’est de la Hongrie. En 1700, le dernier Habsbourg d'Espagne, Charles II d'Espagne meurt sans héritier. À la suite des traités d'Utrecht (1713) l'Espagne passe alors au Bourbon Philippe V d'Espagne, petit-fils de Louis XIV, les Habsbourg d'Autriche, quant à eux, récupèrent les Pays-Bas et le royaume de Sicile.

La Pragmatique Sanction

Au début du , les Habsbourg se trouvent dans une situation dynastique difficile. Comme leur cousin espagnol, les deux fils de Léopold I, Joseph (1678-1711) et Charles (1685-1740) n’ont pas d’héritier mâle. À la mort de Joseph I, les couronnes échoient à son frère cadet, Charles VI. Charles VI a deux filles, Marie-Thérése et Marie-Anne. Son souci est d’organiser une succession dynastique au profit de l'ainée. Par la Pragmatique Sanction, en 1713, il est décidé à la fois l’union indéfectible des couronnes d’Autriche, de Hongrie et de Bohême, et leur dévolution à son héritier quel qu’en soit le sexe. Cet accord signé par tous les grands états de l’époque ne réglait toutefois pas les problèmes de la Couronne Impériale du Saint Empire, sur la dévolution de laquelle, Charles VI n’a aucun pouvoir, puisqu’elle est théoriquement élective et qu'une femme à la tête du Saint Empire est du « jamais vu ». À la mort de son père en 1740, Marie-Thérèse voit son héritage immédiatement contesté par tous les autres souverains.

Les Habsbourg-Lorraine

En 1736, elle avait épousé François I, duc de Lorraine. La dynastie prend alors le nom de Habsbourg-Lorraine. Sous la pression du roi de France qui craint de voir les Habsbourg trop près de son territoire, il avait fallu que le duc de Lorraine renonçât à son duché au profit de la France. En compensation, il reçoit le duché de Toscane, où le dernier Médicis, Jean Gaston venait de mourir sans héritier. La Toscane, bien qu’État souverain, fut alors considérée comme partie de l’Héritage Habsbourg, et ce jusqu’en 1860, date de son annexion par le nouveau royaume d'Italie. Mais Marie-Thérèse gagna la guerre de Succession d’Autriche et put régner jusqu’en 1780, en organisant de façon remarquable l’ensemble de ses états. En 1765, à la mort de son père, François I de Lorraine, Joseph (1741-1790) fut élu empereur, alors que sa mère restait "roi" de Bohême et de Hongrie. Ils assurèrent ensemble la direction des affaires. En 1772, elle annexa la Galicie, partie sud-orientale de la Pologne, après son premier partage. Elle s’était laissée entraîner dans cette guerre, injustifiable, par Frédéric II de Prusse et Catherine II de Russie. À la mort de Marie-Thérèse, Joseph II hérita d’une situation financière saine et d'une armée mieux organisée que ne l’avait jamais connu l’empire hétérogène. Joseph II, souverain éclairé, désireux du bonheur de ses peuples, selon la conception rationaliste du , voulut réorganiser l’empire sous une forme plus centralisée. Il imposa la langue allemande comme langue unique d’administration, par souci d’efficacité, ce qui heurta les diverses nationalités de l’Empire. Il s’attaqua également au pouvoir de l’Église et sut organiser une école publique gratuite, ouverte à tous, la première en Europe, qui fonctionna parfaitement et sut créer les élites de la monarchie jusqu’en 1918. Elle permit notamment l’ascension sociales des classes populaires tout au long du . À sa mort, sans enfant, son frère Léopold II (1747-1792), jusqu’alors grand-duc de Toscane par heritage de son père – où il laissa une œuvre administrative encore admirée aujourd’hui – monta sur le trône pour une courte période. Son fils, François (1768-1835), eut à mener à partir de 1792, la guerre contre les révolutionnaires. Il y gagna la Lombardie et la Vénétie en Italie du nord mais y perdit la Belgique, par les traités de Campoformio en 1797 et de Lunéville en 1801.

Fin du Saint Empire et création de l'Empire d'Autriche

Napoléon I proclame la fin du Saint Empire Romain Germanique, en créant de nouveaux royaumes et principautés, comme la Bavière, le Wurtemberg, la Saxe, la Hesse, le Grand duché de Bade et bien d’autres. François II, de dernier Empereur Romain, devint le premier Empereur d’Autriche sous le nom de François I, en 1804. Le Congrès de Vienne en 1814 consacre cet état de choses. En Allemagne, la Confédération Germanique est créée, dont l’Empereur d’Autriche prend la présidence qui lui est rapidement contestée par la Prusse. Les territoires de l’Empire de François I comprennent près de 900 000 kilomètres carrés répartis sur :
- l’Autriche
- la Hongrie
- le royaume de Bohême soit la Bohême et la Moravie
- une partie de la Pologne
- une partie de l’Ukraine
- la Croatie
- une partie de la Serbie
- l’Italie du nord à l'exception du Piémont Son frère, Ferdinand, régnait en Toscane, son influence sur les royaumes d’Espagne et de Naples était majeure. À sa mort en 1835, il laisse une situation politique stable en apparence que la montée des nationalismes, issus des idées de la Révolution française, va bouleverser. Son fils Ferdinand I, bien que faible d’esprit, monte sur le trône, soutenu par le chancelier Metternich qui voit en la personne du monarque non un individu mais un principe auquel rien ne devait déroger. Le Printemps des Peuples de 1848 voit le Royaume de Hongrie se révolter à nouveau contre l'oppression des Habsbourg. Ce peuple disputé sans cesse entre deux dictatures: celle des Habsbourg et celle des Ottomans entend désormais se gouverner lui même. La révolte prend de l'ampleur, les Hongrois sont victorieux mais, en vertu de la sainte-alliance, les Autrichiens font appel aux troupes russes qui écrasent dans le sang le sursaut des Hongrois. A Vienne, la révolution gronde également et les évènements de Vienne et de Budapest obligent les dirigeants habsbourgeois, après la fuite de Metternich, à un changement constitutionnel. L’Archiduchesse Sophie(1805-1872), l’Impératrice douairière, Augusta, demi-sœur de Sophie, et l’épouse de Ferdinand, née Marie-Anne de Savoie, décident, dans ce qu’il est convenu d’appeler le « Complot des dames », qu’il fallait donner à l’Empire d’Autriche un nouveau souverain, jeune. François-Joseph, fils de l’Archiduc François-Charles d'Autriche (1802-1878) et de l’Archiduchesse Sophie, neveu et héritier légitime de Ferdinand I, monta sur le trône en 1849, après l’adbication de ce dernier et la renonciation de son père.

L'Autriche-Hongrie

Cisleithanie (rouge) et de Transleithanie (vert et jaune) Cette accession ne fut toutefois pas admise par tous les Hongrois qui considèrent Ferdinand I comme leur souverain jusqu’en 1867, date du compromis par lequel l'empire d'Autriche devint en une double monarchie (impériale et royale) rassemblant l'empire d'Autriche et le royaume de Hongrie. L'accord austro-hongrois rééquilibrait le rôle de la Hongrie (Transleithanie) au sein de l’Empire d'Autriche (Cisleithanie) en donnant naissance à la double monarchie d’Autriche-Hongrie. L'instauration du dualisme mit un coup d'arrêt aux projets fédéralistes ou « trialistes », ces derniers prônant l'instauration d'une troisième entité pour les Slaves du Sud. La Croatie fut abandonnée à la Hongrie, mais pas la Dalmatie, façade méditerranéenne de l'empire, qui demeura autrichienne, Vienne redoutant de voir se renforcer la partie hongroise de la monarchie. François-Joseph ne put maintenir l'intégralité de son héritage. La prééminence de la Maison d'Autriche en Allemagne fut contestée par la Prusse, qui à la suite de l'Affaire des Duchés et de la défaite de Sadowa, y mit fin. La création de l'Empire allemand, à la suite de la défaite de la France à Sedan, consacra la première place des Hohenzollern en Allemagne. L'unité italienne, menée par Victor-Emmanuel II, Cavour et Garibaldi, avec l'aide de Napoléon III, mit fin, à la suite de la bataille de Solferino en 1859, à la présence autrichienne en Italie du Nord (à l'exception du Tyrol du Sud et de Trieste). Ayant abandonné toute idée d'expansion au sud et à l'ouest, François-Joseph se vit attribuer par le Traité de Berlin en 1878 l'administration de la Bosnie-Herzégovine, devenue autonome par le Traité de San Stefano. Il annexa ce territoire en 1908, dernière annexion Habsbourg, malgré l'opposition de la Russie et de la France. La politique slave de François-Joseph s'opposait aux visées de l'Empire Russe dans les Balkans dans le démembrement envisagé de l'Empire ottoman. Leurs ambitions réciproques furent l'une des causes de la Première Guerre mondiale.

Organisation en 1910

Source : Grande Géographie Bong Illustrée, Tome II, Onésime Reclus, 1912. L'Empire d'Autriche-Hongrie est le deuxième d'Europe en superficie. Il est formé de l'empire d'Autriche, du royaume de Hongrie et de la Bosnie-Herzégovine qui n'est rattachée ni à l'Autriche, ni à la Hongrie.

L'Empire d'Autriche

L'Empire d'Autriche a une superficie de 300 193 km² pour une population de 28 567 898 habitants (recensement de 1910). Il est constitué de 17 provinces :

Le Royaume de Hongrie

Le royaume de Hongrie a une superficie de 324 857 km² et une population de 20 840 678 habitants. Il est constitué :
- de la Hongrie proprement dite (282 323 km²),
- de la Croatie-Slavonie (encore appelée Croatie-Esclavonie), avec pour capitale Agram (ou Zagreb), 42 534 km².
- et du territoire de Fiume (20 km²).

La Bosnie-Herzégovine

La Bosnie-Herzégovine a une superficie de 51 199 km² et une population de 1 898 044 habitants. Elle est constituée de deux provinces :
- la Bosnie, capitale Sarajevo
- l'Herzégovine, capitale Mostar L'empire d'Autriche-Hongrie comprenait en 1914 les régions suivantes (présentées ici avec leurs situations actuelles approximatives et leur date de rattachement à l'empire) :
- le Banat (Nord-est de Belgrade, à cheval sur la Serbie et la Roumanie) depuis 1718 au royaume de Hongrie.
- le royaume de Bohême (Ouest de la République tchèque) depuis 1526.
- la Moravie (Est de la République Tchèque) depuis 1526.
- le royaume de Hongrie (Hongrie, Slovaquie, nord de la Croatie...) depuis 1526.
- la Bosnie-Herzégovine (idem) occupée militairement en 1878 ; annexée en 1908.
- le duché de Bucovine (Nord-est de la Roumanie) depuis 1775.
- le royaume de Dalmatie (Sud de la Croatie) depuis 1797.
- la Galicie (Sud-Est de la Pologne et Ouest de l'Ukraine) depuis 1772.
- les régions de l'Inn (Ouest de l'Autriche) depuis 1779.
- le duché de Salzbourg (Centre de l'Autriche) depuis 1805.
- la Grande Principauté de Transylvanie (en Roumanie) depuis 1699 au royaume de Hongrie.
- le Trentin (Nord de l'Italie) depuis 1803.
- Trieste depuis 1282.

Les différentes nationalités

Les nationalités (se définissant alors lors des recensements par la déclaration d’usage de la langue) sont réparties ainsi :
- Les Allemands sont 9 millions en Autriche et 2 millions en Hongrie. Ils forment une masse compacte dans la zone de l'actuelle Autriche, encerclent la Bohême sur trois côtés (sud-ouest, nord-ouest et nord-est). Un certain nombre sont éparpillés dans d'autres régions (villes de Moravie et de Slovaquie, Transylvanie, Bukovine en particulier).
- Les Magyars (ou Hongrois) sont au nombre de 8 700 000. Ils se répartissent sur deux zones éloignées l'une de l'autre; la première forme plus ou moins la Hongrie actuelle, la deuxième est située sur la partie orientale de Transylvanie.
- Tchèques et Slovaques : 8 500 000 hab.
- Polonais : 5 000 000 hab.
- Ruthènes (Rusyns) et Ruthènes Galiciens (Ukrainiens) : 4 000 000 hab.
- Croates et Serbes : 5 500 000 hab.
- Slovènes : 1 350 000 hab.
- Roumains : 3 200 000 hab. Il existe alors quatorze langues officielles dans l'Empire, ainsi que de nombreux sous-groupes linguistiques. Et si l'allemand est la langue du commandement, les officiers doivent pouvoir parler les langues majeures afin d'être compris de leurs hommes. Si l'Empire habsbourgeois connut un essor économique lié à la révolution industrielle (Vienne est alors une capitale économique très prospère) et une vie intellectuelle animée, il ne put cependant pas échapper au problème posé par l'hétérogénéité de ses populations, qui emporta l'Empire lors de la défaite de 1918 face aux Alliés.

Démembrement de l'Empire

L'Autriche-Hongrie en 1918Légende :
- en couleurs, l'Empire en 1914 ;
- les traits rouges représentent les frontières de 1920. Le dernier souverain d'Autriche-Hongrie fut Charles Ier d'Autriche. Monté sur le trône le 22 novembre 1916 à la mort de son grand-oncle François-Joseph, il tenta avec son épouse Zita de Bourbon-Parme les voies de la paix auprès de la France. La négociation entamée au printemps 1917 avec le gouvernement français, présidé alors par Aristide Briand par l'intermédiaire de Xavier et Sixte de Bourbon, frères de l'impératrice Zita, n'aboutit pas. Le démembrement de l'empire austro-hongrois, après la fin de la guerre, en 1918-1919 aboutit à la création de nouveaux États au centre de l'Europe, et à un partage du territoire de l'ancien empire d'Autriche-Hongrie - divisé par huit - entre de nouveaux pays :
- la République d'Autriche,
- la Hongrie (qui doit céder le Burgenland à l'Autriche),
- la Tchécoslovaquie (Bohême, Moravie, Silésie autrichienne, Slovaquie et Ruthénie subcarpathique),
- la Yougoslavie (qui jusqu'en 1929 porta le nom de Royaume des Serbes, Croates et Slovènes, les Croates et les Slovènes étant d'anciens sujets austro-hongrois tout comme les Bosniaques et les habitants de la Voïvodine pareillement oubliés dans l'énumération),
- la Pologne (Galicie). Certains territoires ont été annexés par la Roumanie (Transylvanie et Bucovine) et l'Italie (Tyrol du Sud, Istrie). Ces nouveaux et anciens pays sont appelés les États successeurs de l'Autriche-Hongrie. On appelle révisionnisme l'attitude de la Hongrie indépendante qui réclamait le retour de ses anciennes frontières, ainsi que des Hongrois incorporés dans les nouveaux états successeurs. Le Traité de Trianon est encore aujourd'hui mal vécu dans la société hongroise. Les Habsbourg ont suscité, principalement en Bohême, un rejet, dès les années 1910, dans une partie de la classe politique de bon nombre des pays préférant l'idée de nation comme source de la souveraineté, issue de la Révolution française, à l'idée d'un empire supranational dont la souveraineté s'incarnait en une dynastie, les Habsbourg. Il faut noter que ce rejet n'a jamais pris la forme d'une révolution sanglante comme en France ou en Russie, et n'a jamais fait l'objet d'une consultation populaire comme lors du rattachement de Nice et de la Savoie à la France en 1860, ou lors de la proclamation de la République italienne en 1945. Le principe de la souveraineté nationale avait déjà été exprimé lors des révolutions de 1848, dite du Printemps des Peuples. Le retour a l'ordre ancien n'a jamais été envisagé après la signature des traités. Il était d'ailleurs rendu impossible par l'application desdits traités, ayant force de loi internationale supérieure à la loi nationale. La nostalgie de l'époque habsbourgeoise est toutefois récurrente dans la littérature majeure du de Joseph Roth à Stefan Zweig, chantres de la période impériale et royale.

Société

Des 49, 425 millions d
Austro-Hongrois en 1905, les habitants ont déclaré appartenir aux nationalités suivantes :
- Allemands (23, 3%)
- Magyars (19, 6%)
- Tchèques (12, 6%)
- Serbes et Croates (10, 5%)
- Polonais (9, 7%)
- Ukrainiens et Ruthènes (7, 9%)
- Roumains (6, 2%)
- Slovaques (4, 2%)
- Slovènes (2, 9%)
- Italiens
- Autres (1, 5%) Il est à noter que la déclaration d'appartenance à une nationalité n'était pas l'expression d'une revendication politique, ni d'une quelconque souveraineté, mais l'usage de la langue. Personne jusqu'en 1918 ne contestait les Habsbourg, souverains légitimes des États sur lesquels ils régnaient, dans le respect des langues, des cultures et des religions de chacun d'entre eux - et notamment des Juifs reconnus comme sujets à part entière, bénéficiant de la sympathie de l'Empereur François-Joseph. Le dualisme austro-hongrois, issu du Compromis de 1867, a singulièrement compliqué la situation en donnant aux Hongrois le pouvoir de bloquer toute modification constitutionnelle et toute évolution politique de l'Empire. Sollicité de créer un trialisme en donnant aux Slaves une part égale, François-Joseph recula à plusieurs reprises. Il se sentait lié par son serment du sacre de Budapest, comme le fut ensuite son héritier Charles, de respecter les terres de la Couronne de Saint-Étienne, laissant des peuples aussi importants, au sein de la Monarchie, que les Slovaques ou les Croates hors de la représentation parlementaire hongroise. Il eut convenu de créer une troisième force slave. Mais les Hongrois s'y refusèrent pour leur part de la Monarchie, car ils craignaient de voir échapper à leur influence des parts entières du territoire comme la Slovaquie, la Croatie, la Transylvanie ou la Ruthénie subcarpatique - toutes régions aujourd'hui perdues pour la Hongrie Dans la partie autrichienne, la peur de voir les Slaves accroitre leur influence dans la société au dépens de la culture allemande fut aussi un frein à l'acceptation de la transformation du dualisme en trialisme. Les situations économiques et sociales étaient très différentes entre l'Autriche et la Hongrie. L'Autriche, avec une bourgeoisie active et un taux de croissance de 1, 45% avant 1914 - équivalent à celui de l'Allemagne- se rapprochait des états de l'Europe occidentale, la grande noblesse n'ayant pas hésité à investir dans les entreprises industrielles. Le suffrage y était universel depuis 1907 et toutes les nationalités étaient proportionnelment représentées au Parlement de Vienne. Un système d'assurances sociales avait été créé au profit des travailleurs. La Hongrie, de son côté, restait féodale dans sa structure - un tiers des terre appartenant à 4000 individus. La vie politique était essentiellement réservée aux Magyars, qui avec 48% de la population de la Hongrie occupaient 407 des 413 sièges au Parlement de Budapest. Dans les deux parties de la Monarchie la noblesse conservait une influence réelle, en raison de l'immensité des terres possédées par elle et de sa présence dans la haute administration et au gouvernement. François-Joseph, cependant, n'hésita pas à attribuer la noblesse à la grande bourgeoisie, notamment juive, en reconnaissance ses mérites. Il serait injuste de dire que l'Autriche-Hongrie était un pays inégalitaire dans sa totalité. La situation des minorités n'était pas la même en Autriche et en Hongrie. Les Slaves, notamment, participaient activement à la vie politique de l'Empire en Autriche - Le club polonais au Parlement de Vienne faisant souvent varier les majorités, au gré de ses intérêts. Benes et Hugh Seton-Watson, journaliste anglais ardent défenseur avec Lord Northcliffe de l'indépendance tchèque, ont reconnu que les Tchèques avaient la liberté politique avant la guerre. En Hongrie, en revanche, les Slaves n'avaient aucun droit politique réel, par défaut de représentation possible en application du système électoral. En terme de société, avec l'État le plus inégalitaire d'Europe, la société austro-hongroise, féodale, reposait sur une assise sociale extrêmement étroite faisant la part trop belle à la haute noblesse, et au clergé qui en était issu. En 1914, par exemple, moins de 1% de la population possédait 40% de la superficie du territoire. De plus, cette inégalité sociale se doublait d'une inégalité ethnique. Pour toutes ces raisons, les peuples qui subissaient l'oppression austro-hongroise — parfois depuis des siècles — ont vu avec bonheur cet Empire s'effondrer. Aucun des États successeurs, même aux époques les plus troublées n'a souhaité que renaisse cette société privilégiant par trop les privilégiés. On peut citer à cet égard le mot du président tchécoslovaque Benes qui, dans l'entre-deux-guerres disait : « Plutôt Hitler que les Habsbourg »

Alliances

L'Empire allemand et l'Autriche-Hongrie constituaient les Empires centraux. L'Allemagne et l'Autriche-Hongrie avaient constitué une alliance sous le nom de Duplice (Zweibund) qui devint la Triplice (Dreibund) ou Triple-Alliance quand l'Italie vint rejoindre l'alliance. Toutefois, l'Italie n'avait souscrit à cette alliance que dans l'optique d'une alliance défensive : l'alliance ne devait fonctionner que dans la mesure où l'un des signataires aurait été agressé. Comme ce n'est pas ce qui s'est passé en 1914 — puisque c'est l'Autriche-Hongrie qui a déclaré la guerre à la Serbie — l'Italie choisira finalement d'entrer en guerre aux côté des Alliés occidentaux en 1915, en signant un traité aux clauses secrètes d'attribution du Tyrol du Sud, du Trentin, de Trieste et de la Dalmatie en cas de défaite de l'Autriche.

Liste des empereurs d’Autriche

Empereurs d’Autriche

- 1804-1835 : François I
- 1835-1848 : Ferdinand I
- 1848-1867 : François-Joseph I

Empereurs d’Autriche et rois de Hongrie

- 1867-1916 : François-Joseph I, marié avec l'Impératrice Sissi.
- 1916-1918 : Charles I empereur d’Autriche ou Charles IV comme roi de Hongrie, marié avec l'Impératrice Zita

Culture

Pour l'écrivain de langue allemande Robert Musil (dans son roman L'Homme sans qualités), qui a dû être officier dans l'armée « cacanienne », l'Autriche-Hongrie était la Cacanie, du préfixe apposé partout K. und K. : Kaiserlich und Königlich ("impérial et royal"). La terminologie exacte semble avoir été la suivante :
- « impérial et royal » pour les services communs (armée, finances, diplomatie) : la KuK Marine était la marine de guerre
- « impérial-royal » pour les services propres à la Cisleithanie : le souverain y était empereur d'Autriche mais aussi roi de Bohême
- « royal » pour les services propres à la Transleithanie où le souverain régnait à titre de roi de Hongrie. Le puissant rayonnement culturel de la monarchie habsbourgeoise à la fin du et au début du , a été stimulé notamment par sa richesse multinationale et le dynamisme de sa minorité juive : Broch, Freud, Kraus, Mahler, Popper, Roth, Schnitzler, Schönberg, Weininger et Zweig en étaient issus. Vienne fut peut-être la capitale de la modernité. Son influence s'étendit tout au long du dans le domaine des arts, peinture, architecture, musique, littérature et le domaine médical, avec l'école psychanalytique, qui révolutionna la perception du monde. Il est à noter, que malgré un conservatisme certain, la Cour de Vienne et notamment l'Empereur François-Joseph, ont toujours soutenu les artistes contemporains et le groupe Sécession, par la commande officielle. Ainsi, entr'autres, Otto Wagner participa à la construction du métro de Vienne, en réalisant diverses de ses stations, réalisa l'immeuble de la Caisse d'Épargne et de la Poste et Gustav Klimt se vit confier la fresque du hall d'entrée du Kunsthistorisches Museum à Vienne, ainsi que celles de la Villa Hermès offerte par François-Joseph à son épouse Elisabeth, dite Sissi, comme résidence privée à Vienne. Les idées révolutionnaires des artistes viennois au début du ne s'appliquaient en aucun cas à la contestation de l'ordre politique et social organisé par la dynastie des Habsbourg, dont la supranationalité convenait à leur contestation de l'historicisme issu des mouvements nationalistes de la révolution de 1848. Aucun d'entr'eux ne se réclamait des nationalités dont ils étaient issus. La double monarchie, incarnée par la dynastie, par son absence de référant national, était leur lieu d'expression, assignant à l'art une autre mission que politique. Il est convenu aujourd'hui de voir cette période comme la décadence d'une société. Ce n'est pas en terme de décadence que les artistes viennois parlaient d'eux-mêmes mais plutôt en terme de renouveau, en s'opposant aux goûts et aux diktats d'artistes quasi officiels comme le peintre Hans Makart " Rubens viennois" ou l'écrivain Grillparzer, chantre de l'époque Bidermeier. Si l'édification de l'Opéra et du Ring à Vienne avaient consacré le goût du pastiche dans les années 1870, l'édification et la décoration du Métro, de la Caisse d'Épargne et de la Poste et de bien d'autres édifices publics ou privés surent donner ses bases à l'architecture contemporaine voire futuriste. La Vienne des Habsbourg était en 1914 le phare de la modernité et c'est dans l'Empire supranational dont elle était la capitale que s'exprimèrent en toute liberté les artistes qui la fondèrent.

Notes et références

Catégorie:Empire Catégorie:Ancien pays d'Europe Catégorie:Histoire de l'Autriche Catégorie:Histoire de la Hongrie af:Oostenryk-Hongarye ang:Ēastrīce-Ungerland ar:النمسا المجر az:Avstriya-Macarıstan imperiyası bar:Östareich-Ungarn bg:Австро-Унгария br:Aostria-Hungaria bs:Austro-Ugarska ca:Imperi austrohongarès cs:Rakousko-Uhersko da:Østrig-Ungarn de:Österreich-Ungarn el:Αυστροουγγαρία en:Austria-Hungary eo:Aŭstrio-Hungario es:Imperio Austrohúngaro et:Austria-Ungari eu:Austria-Hungariako Inperioa fi:Itävalta-Unkari fur:Austrie-Ongjarie gl:Imperio Austrohúngaro he:האימפריה האוסטרו-הונגרית hr:Austro-Ugarska hsb:Rakusko-Wuherska hu:Osztrák–Magyar Monarchia id:Austria-Hongaria io:Austria-Hungaria it:Impero Austro-Ungarico ja:オーストリア=ハンガリー帝国 ko:오스트리아-헝가리 la:Imperium Austro-Hungaricum lt:Austrija-Vengrija lv:Austroungārija mk:Австроунгарија ms:Austria-Hungary nl:Oostenrijk-Hongarije nn:Austerrike-Ungarn no:Østerrike-Ungarn nrm:Autriche-Hongrie oc:Àustria-Ongria pl:Austro-Węgry pt:Áustria-Hungria ro:Imperiul Austro-Ungar ru:Австро-Венгрия sh:Austro-Ugarska simple:Austria-Hungary sk:Rakúsko-Uhorsko sl:Avstro-Ogrska sr:Аустро-Угарска sv:Österrike-Ungern sw:Austria-Hungaria tr:Avusturya-Macaristan İmparatorluğu uk:Австро-Угорщина zh:奥匈帝国
Sujets connexes
Alamans   Albert II du Saint-Empire   Albert Ier du Saint-Empire   Allemagne   Allemand   Alsace   Anne Jagellon   Archiduc   Aristide Briand   Arnold Schönberg   Arthur Schnitzler   Autriche   Bade   Balkans   Banat historique   Basse-Autriche   Bataille de Solferino   Bavière   Belgique   Belgrade   Bohême   Bosnie-Herzégovine   Bosnie (région)   Bourgogne   Bregenz   Brno   Bucovine   Budapest   Bureaucratie   Burgenland   Camillo Cavour   Carniole   Castille   Catherine II de Russie   Charles II d'Espagne   Charles Ier d'Autriche   Charles Quint   Charles VI du Saint-Empire   Congrès de Vienne   Croates   Croatie   Dalmatie   Danube   Deuxième République de Pologne   Duché de Carinthie   Duché de Savoie   Empire allemand   Empire d'Autriche   Empire ottoman   Espagne   Europe   Europe centrale   Ferdinand III de Toscane   Ferdinand Ier d'Autriche   Ferdinand Ier du Saint-Empire   France   François   François-Charles d'Autriche   François-Joseph Ier d'Autriche   François Ier d'Autriche   François Ier de Lorraine   François Ier du Saint-Empire   Frédéric III du Saint-Empire   Frédéric II de Prusse   Galicie   Gontran le Riche   Grand-duché de Toscane   Graz   Gustav Klimt   Gustav Mahler   Habsbourg   Hans Makart   Haute-Autriche   Hermann Broch   Hesse   Hohenstaufen   Hohenzollern   Hongrie   Hongrois   Inn (rivière)   Innsbruck   Istrie   Italie   Italiens   Jean Gaston de Médicis   Jeanne Ire d'Espagne   Joseph   Joseph Ier du Saint-Empire   Joseph Roth   Karl Kraus   Karl Popper   Klagenfurt   Klemens Wenzel von Metternich   KuK   L'Homme sans qualités   Ladislas III Jagellon   Ladislas Ier de Bohême   Latin   Leitha   Linz (Autriche)   Liste des grands-ducs de Toscane   Ljubljana   Lombardie   Lorraine   Lunéville   Lviv   Léopold II de Toscane   Léopold Ier du Saint-Empire   Magyars   Marie-Anne d'Autriche (1718-1744)   Marie-Thérèse Ire de Hongrie   Marine austro-hongroise   Maximilien Ier du Saint Empire   Minorité nationale   Monarchie   Naples   Napoléon III   Napoléon Ier   Nationalisme   Nice   Occident chrétien   Otto Wagner   Otto Weininger   Pays-Bas   Philippe II d'Espagne   Philippe Ier de Castille   Philippe V d'Espagne   Piémont   Pologne   Polonais   Pragmatique Sanction (Autriche)   Prague   Première Guerre mondiale   Première République tchécoslovaque   Prusse   Robert Musil   Rodolphe Ier du Saint-Empire   Roi des Romains   Roumains   Roumanie   Royaume d'Aragon   Royaume d'Italie   Royaume de Saxe   Royaume de Serbie   Royaume de Sicile   Russie   Ruthènes   Ruthénie   Ruthénie subcarpatique   République d'Autriche allemande   République italienne   République nationale ukrainienne   République soviétique hongroise   République tchèque   Révolution française   Salzbourg   Sedan   Serbes   Serbie   Sigismond Ier du Saint-Empire   Sigmund Freud   Silésie   Slaves   Slovaquie   Slovènes   Slovénie   Société (sciences sociales)   Stefan Zweig   Styrie (duché)   Suisse   Superficie   Symbole   Tchécoslovaquie   Traité de Karlowitz   Traité de Saint-Germain-en-Laye (1919)   Traité de San Stefano   Traité de Trianon   Traités d'Utrecht (1713)   Transylvanie (principauté)   Trieste   Triplice   Tyrol   Ukraine   Vienne (Autriche)   Vorarlberg   Voïvodine   Vénétie   Wurtemberg   Yougoslavie   Zadar   Zita de Bourbon-Parme  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^