André Suarès

Infos
Félix Isaac Suarès dit André Suarès, poète français né à Marseille en 1868 et mort à Saint-Maur-des-Fossés en 1948. Pourfendeur de toutes les dictatures, visionnaire, insurgé, André Suarès, appartient toutefois à la catégorie d’écrivains réduits au silence. Celui que Henri Bergson, Charles Péguy, Jacques Copeau, Romain Rolland, Paul Léautaud, Marcel Jouhandeau, Stefan Zweig ou Miguel de Unamuno considéraient, malgré les vicissitudes de l
André Suarès

Félix Isaac Suarès dit André Suarès, poète français né à Marseille en 1868 et mort à Saint-Maur-des-Fossés en 1948. Pourfendeur de toutes les dictatures, visionnaire, insurgé, André Suarès, appartient toutefois à la catégorie d’écrivains réduits au silence. Celui que Henri Bergson, Charles Péguy, Jacques Copeau, Romain Rolland, Paul Léautaud, Marcel Jouhandeau, Stefan Zweig ou Miguel de Unamuno considéraient, malgré les vicissitudes de leurs relations, comme un de leurs pairs, mérite de recouvrer enfin la place, parmi les plus grands, qui lui est due. Il eut également des liens profonds avec certains des artistes majeurs de son temps comme Antoine Bourdelle, Georges Rouault ou Louis Jouvet. Il eut enfin une ascendance reconnue sur des écrivains plus jeunes comme Alain-Fournier, André Malraux, Henry de Montherlant, Maurice Blanchot, Gabriel Bounoure, Roger Nimier ou Louis-René des Forêts. Né à Marseille en 1868, Felix Isaac Suarès – il deviendra André à la mort de son père – grandit dans le goût de la vérité et l’amour de la connaissance. Brillant élève des grandes écoles, il s’insurge peu à peu contre un savoir « qui fige l’impulsion créatrice ». En 1893, il fait à pied un voyage en Italie, dont il tire la matière du Voyage du condottière, contenant entre autres, les descriptions de Venise, de Florence, de Sienne, mais aussi de Gênes ou de Sansepolcro. De ce livre, Jean d'Ormesson a écrit : " Pour le voyageur qui veut connaître de l'Italie, de son art, de son âme, autre chose que l'apparence la plus superficielle, le Voyage du condottière sera un guide incomparable. De Bâle et Milan, à Venise à Florence, à Sienne, en passant par toutes les petites villes de l'Italie du Nord, pleines de chefs d'oeuvre, de souvenirs et de couleurs, Suarès nous entraîne avec un bonheur un peu rude où la profondeur se mêle au brillant et à la subtilité. De tous, des artistes comme des villes, il parle avec violence et parfois avec injustice, toujours sans fadeur et sans le moindre lieu commun." Il fut, à partir de 1912, l’un des quatre animateurs de la Nouvelle Revue Française (NRF), avec André Gide, Paul Claudel et Paul Valéry. Dans son Journal, en décembre 1944, André Gide écrit : « Valéry, Claudel, Suarès et moi, tous quatre piliers de la Nouvelle Revue française ; tous quatre peu férus de "succès", ayant en grande horreur battage et réclame et chacun soucieux de ne devoir qu'à sa propre valeur les lauriers. » Dans les années 1920, il devint, avant André Breton et Louis Aragon, un des conseillers de Jacques Doucet qu’il assista dans la confection de sa bibliothèque. En 1935, il reçut le grand prix de la Société des gens de lettres, puis obtint le grand prix de littérature de l'Académie française. Quatre-vingts livres édités de son vivant et une trentaine d’œuvres posthumes : son œuvre est une énorme nébuleuse d’où émergent des recueils de poèmes, des biographies, des récits de voyages, des portraits de villes, des études sur les grands musiciens, des tragédies inspirées de l’antique, des pensées et des aphorismes, des pamphlets où il prend la défense du capitaine Dreyfus, combat l’impérialisme prussien et dénonce, dès 1933, les dangers mortels du nazisme. A sa mort, André Suarès laisse 20 000 pages inédites et un manuscrit inachevé dans lequel se dessine l’unité de son œuvre, Le Paraclet. Poète en tous écrits, prophète par vocation, André Suarès n'a cessé de chercher la réalisation intérieure. Ecartelé entre le désir d'accomplir son moi et le souci d'intervenir dans les affaires du monde, il a mené une quête fervente vers la grandeur. Condottière de la beauté, il a aimé l'Europe dans la diversité de ses génies. Son écriture, brûlant d'un feu souterrain, manifeste une exubérance maîtrisée. Dans ses derniers livres, il pratique une esthétique du discontinu d'une étonnante modernité. Gaétan Picon écrit de lui : « Parmi les plus belles pages de ce demi-siècle, il faut compter celles que sa ferveur dédie aux plages et à la mer bretonnes, aux villes d'Italie traversées par le condottière, au ciel changeant d'Île-de-France, et à tous les génies fraternels. »

Bibliographie

- Airs 1900, poésies, éditeur Mercure de France,
- Images de la Grandeur, 1901
- Sur la mort de mon frère, 1904
- Marsiho, Jeanne Laffitte, 1999,
- Voyage du condottière, Paris, Emile-Paul Frères, 1922, 1932... 1964. LGF - Livre de Poche, 1996,
- Andre Gide - André Suarès. Correspondance. 1908-1920, Gallimard, 2003. Catégorie:Écrivain français du XXe siècle Catégorie:Poète français Catégorie:Personnalité marseillaise Catégorie:Naissance en 1868 Catégorie:Décès en 1948 de:André Suarès en:André Suarès
Sujets connexes
Académie française   Alain-Fournier   André Breton   André Gide   André Malraux   Antoine Bourdelle   Charles Péguy   Florence   Gabriel Bounoure   Gaétan Picon   Georges Rouault   Gênes   Henri Bergson   Henry de Montherlant   Jacques Copeau   Jacques Doucet   Jean d'Ormesson   Journal   Louis-René des Forêts   Louis Aragon   Louis Jouvet   Marcel Jouhandeau   Marseille   Maurice Blanchot   Miguel de Unamuno   Paul Claudel   Paul Léautaud   Paul Valéry   Poète   Roger Nimier   Romain Rolland   Sansepolcro   Sienne   Stefan Zweig   Venise  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^