Foi

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Foi (latin fides) est un mot doté d'un large champ sémantique : Au sens profane, qui est aussi le sens premier, il a le sens de confiance : confiance en quelqu'un, mais aussi en soi-même, voire confiance que l'on inspire (d'où l'expression « être de bonne foi »). Au sens philosophique (voir : "la foi chez Platon et Aristote", ci-dessous), la foi est de l'ordre de la conviction intuitive, antérieure à toute démarche réflexive. Dans le domaine rel
Foi

Foi (latin fides) est un mot doté d'un large champ sémantique : Au sens profane, qui est aussi le sens premier, il a le sens de confiance : confiance en quelqu'un, mais aussi en soi-même, voire confiance que l'on inspire (d'où l'expression « être de bonne foi »). Au sens philosophique (voir : "la foi chez Platon et Aristote", ci-dessous), la foi est de l'ordre de la conviction intuitive, antérieure à toute démarche réflexive. Dans le domaine religieux, sens dans lequel on l'utilise le plus souvent, avoir la foi signifie croire en Dieu, et vise aussi bien la connaissance de Dieu que la confiance qu'on place en lui. La foi a une importance décisive dans la poursuite des projets humains, la religion, la morale, la politique, la justice, l'éducation, la vie sociale...

Étymologie

Étymologiquement, "foi" provient du latin fides et se rattache à une racine indo-européenne bheidh "avoir confiance" dictionnaire historique de la langue française. Il est intéressant de noter que le mot latin fides n'a aucune connotation religieuse ; il provient du vocabulaire profane, et évoque la simple confiance que l'on peut avoir en quelqu'un. C'est la Bible qui l'utilise, dans ses traductions latines, pour traduire le mot hébreu emunah qui désigne l'attitude de l'homme devant Dieu. Le latin utiliserait plutôt le mot religio, dans le sens d'une observation scrupuleuse des rites (ainsi Cicéron), et le grec threskeia, dans le même sens. Avec la Bible, puis le christianisme, la relation à Dieu est donc envisagée comme d'ordre inter-personnel.

Sur l'importance de la foi

;Avoir ou ne pas avoir la foi Dans le langage courant, la foi se rapporte à Dieu. Il est dit de celui qui rejette l'idée de Dieu qu'il n'a pas la foi. Mais le sens de la foi peut également se déplacer vers une confiance dans le réel, dans l'intelligibilité partielle du monde, de la matière ou de la perception sensorielle. L'acte de foi implique de se situer globalement vis-à-vis du réel :
- Dans une prise de position existentielle fondamentale face à la vie.
- Au sein d'un système conceptuel construisant ou justifiant l'agir humain, une vision du monde, ou les limites d'un savoir.
- Par l'adoption d'un paradigme global. La définition de ce mot et la méthodologie utilisée pour y parvenir relèvent d'options philosophiques ou religieuses fondamentales. ;Une option tranchée implicitement En définissant la foi comme l'attitude confiante fondamentale face à l'existence, apparait alors son contraire, d'où l'alternative suivante : 1) La révolte, le sentiment de l'absurde, le refus de l'existence et de l'univers tel qu'il est expérimenté, le suicide. 2) L'émerveillement, l'acceptation, la confiance, l'espérance de sens dans le réel ou l'expectative. La première option peut se résumer par un "non" la seconde par un "oui". Le oui à l'existence revêt alors de fait le caractère de foi à différents degrés. Le concept de Dieu même si il était implicite à cette foi ici-décrite, n'apparait pas explicitement comme nécessaire à cette option face à la vie. ;Une option qui peut comporter des biais Consciemment ou inconsciemment, celui qui a la foi dans une religion ou, de façon plus générale, dans un système de pensée, peut effectuer des biais. Il en fut ainsi pendant longtemps des chrétiens, qui considérèrent les Juifs comme "perfides", c'est-à-dire manquant de foi (voir Oremus et pro perfidis judaeis). ;La foi et l'eschatologie La foi peut être intuitive et immédiate, mais peut aussi être l'objet d'un parcours intellectuel. Intellectuellement, la recherche de compréhension des origines de l'univers (cosmologie), de la vie, de l'homme (anthropogenèse), de la conscience (neurosciences et sciences cognitives) ou de sa propre existence peuvent être des chemins (des voies) pour connaître sa foi (ou sa non foi). La cosmologie est devenue une discipline scientifique autonome. Les représentations sociales et symboliques induites par une nouvelle représentation du monde peuvent aussi induire une cosmologie religieuse, ligne de force d'une nouvelle forme de cause première. De nombreux chercheurs et lauréats du prix Nobel publient ainsi leurs considérations sur leur foi, qu'elles soient déistes ou athée, et sont écoutés et parfois critiqués par le milieu intellectuel. Mais à cette recherche des origines prime une autre rencontre plus accessible : celle de la destination, de ses limites, de la fin ou encore de la mort. À cet égard, le comportement face aux limites de sa propre vie peut être l'objet de cette même méditation existentielle (et pas seulement intellectuelle) : - Limites physiques: la souffrance, le deuil, la maladie, un accident, la vieillesse. - Limites morales : la solitude, la séparation, le chômage, les faiblesses, privation partielle ou totale d'une faculté qu'un autre être humain voisin a (expérience du manque par la jalousie : don, richesse, pouvoir, intelligence) Ces expériences sont caractérisées par certains philosophes et théologiens de "mort ontologique" ou plus simplement, de limite de l'existence. Elles peuvent aussi être vues comme manifestation théologique du mal, entendu ainsi comme limite de l'être. La confrontation avec ces limites de l'être remet en cause en permanence notre foi sans remettre en cause le constat premier : celui de notre existence. En ce sens, la vie peut être l'occasion d'un approfondissement.

La foi (pistis) chez Platon et Aristote

Dans la tradition philosophique grecque, le mot pistis (équivalent du latin fides et du français foi) n'a aucune connotation religieuse. Platon en fait un des modes de connaissance du réel ; Aristote y voit l'adhésion qu'un orateur persuasif et talentueux obtient de son auditoire. Platon : la foi-pistis, mode de connaissance du réel Pour Platon (la République, livre VI), la foi permet de connaître certaines réalités du monde. Le monde platonicien se divise en deux parties : le monde visible, et le monde intelligible qui n’est autre que le monde des idées. Le premier appelle le second : c’est en partant de l’observation du réel qu’on peut avoir accès aux Idées du monde supérieur. Chacun de ces deux domaines est lui-même divisé en deux. Le monde connaissable est donc divisé en quatre parties : les images, les objets, les idées inférieures et les idées supérieures ; à chacune de ces parties appartient un mode de connaissance spécifique : aux images, l’imagination ; aux objets, la foi (pistis) ; aux idées inférieures, la connaissance discursive (dianoia) ; aux idées supérieures, l’intelligence (nous). Platon résume cela dans un schéma linéaire, auquel on donnera par la suite le surnom de mythe de la ligne. Aristote : la foi-pistis, force de conviction et socle de croyances communes Aristote rapproche le mot pistis du verbe peithomai, qui signifie persuader, convaincre un interlocuteur. Son point de départ est donc une réflexion sur le discours et le langage. Tout discours, pour Aristote, repose sur un socle de convictions que partagent l'orateur et son auditoire. La pistis aristotélicienne est donc à la fois force de conviction, ensemble de croyances communes qui forment le socle de la réflexion, et confiance accordée à l’orateur : "Si notre connaissance, notre croyance, provient de prémisses premières, ce sont celles-ci que nous connaissons le mieux et auxquelles nous croyons davantage, parce que c’est par elle que nous connaissons les conséquences." (Seconde Analytique, 72a 30) Pour Aristote en effet, nous ne pouvons raisonner que parce que nous partageons des convictions communes. Ces convictions sont préalables à toute démarche scientifique. Ainsi, le soleil nous paraît plus petit que la terre : pourtant, nous savons qu'il est plus grand (De anima III, 3, 428 b4) ; une telle foi n'est fondée sur aucune expérience mais est indispensable à tout ce que nous pouvons dire à propos du cosmos. La théologie chrétienne de la foi, héritière de Platon et d'Aristote. Ni Platon, ni Aristote n'imaginent que la foi ait une quelconque dimension religieuse, car pour eux le religieux est d'un autre domaine : celui de la crainte et du respect dû aux divinités. Toutefois, les premiers théologiens chrétiens (les Pères de l'Eglise), soucieux d'établir un dialogue avec la philosophie, auront soin de montrer que les deux grands penseurs de l'Antiquité connaissaient la foi et en faisaient usage dans leurs travaux. Ce souci apologétique aura pour le christianisme une conséquence décisive : la foi, qui relève, dans la Bible, d'une confiance en Dieu, sera désormais comprise comme une démarche de l'intelligence. L'accent va être alors mis sur la dimension intellectuelle et rationnelle de l'acte de foi.

Panthéisme ou Déisme

Une option fondamentale s'offre à la pensée humaine quand elle constate son existence et celle de l'univers : 1) Panthéisme (au sens large): L'univers s'explique par lui même. Il est éternel, infini et contient en lui les causes des événements à venir. 1A) Une ou plusieurs parties de cet univers en est la cause. C'est ce qu'on appelle l'idôlatrie, l'animisme..., la quasi totalité des religions primitives (dite religion naturelle). 1B) L'ensemble de l'univers en est la cause (panthéisme de Leibniz) et ceci par exemple par la structure de la matière (matérialisme). Il est à noter que l'ensemble de la philosophie grecque ainsi que les religions et philosophies orientales se rattachent au panthéisme au sens large, hormis l'atomisme pré-socratique qui professe une explication de l'existence par le hasard, ce qui est une façon d'éviter de répondre à la question liée au constat de l'existence. (voir plus bas) 2) Déisme : L'univers n'est pas éternel ni ne s'explique par lui même. Le monde, la vie et l'Homme sont à attribuer à quelque chose hors de l'univers d'éternel, de tout puissant et s'expliquant (par définition) par lui-même : Dieu (philosophique). C'est la foi des trois religions dites "révélées". Note sur l'explication de l'existence par le hasard : Lorsque l'on répond au constat de l'existence (la sienne et celle de l'univers) par : "nous existons, mais nous aurions pu aussi bien ne pas exister", on ne répond pas à la question puisque en effet "nous existons" et c'est le point de départ de la question. Henri Bergson a remarquablement résumé le consensus philosophique qui prévaut par le fait qu'il est impossible de penser le néant (cf. l'Evolution créatrice). Autrement dit, nous sommes ramenés à l'alternative entre panthéisme au sens large ou déisme.

La foi et la science

Au , Galilée ouvrit la voie à la science moderne. Son procès et sa condamnation (1633) ont été à l'origine d'une séparation entre foi et science, et même d'un divorce entre la foi, qui apparut comme une superstition, et la raison (science), seul véritable chemin de recherche de la vérité, par les lumières naturelles (Descartes). L'affaire Galilée fut le point de départ de la révolution copernicienne, qui entraîna un changement de représentation du monde se déroulant sur plusieurs siècles. La science entendue comme corrélation entre l'empirisme expérimental et la recherche créative théorique, n'a méthodologiquement pas la possibilité de remettre en cause l'existence de son objet. En mesurant et en recherchant des règles scientifiques et une cohérence aux données de la perception, la science ne peut pas s'interroger sur le comment ou pourquoi cette réalité est intelligible. En fait plusieurs postulats sont préalables à toute science (cf. La matière aujourd'hui, ouvrage collectif § de H. Reeves) : 1) Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? (cette question est plus pertinente que celle du commencement temporel). C'est la question dite ontologique. (Mais quand on réfléchit en profondeur sur le pourquoi de cette interrogation, on s'aperçoit que l'esprit humain est ainsi fait qu'il lui semblerait plus "logique" qu'il n'y eut rien plutôt que quelque chose.) 2) Pourquoi cet univers est-il compréhensible (vulgairement : pourquoi est-il une musique plutôt que du bruit). Albert Einstein disait : "ce qui est incompréhensible, c'est que le monde soit compréhensible" (cit. Stephen Hawking, brève histoire du temps, introduction). Derrière cette remarque se situent 3 axiomes: 2A) L'univers semble effectivement bien régi par des règles scientifiques, qui prennent la forme de forces (par exemple : gravité, électromagnétisme...). C'est le point de départ de toute la réflexion philosophique sur l'ordre, le chaos... 2B) L'homme a la possibilité d'appréhender ces lois individuellement (recherche scientifique personnelle). C'est la possibilité de passer du "cogito" à une appréhension rationnelle du monde. 2C) L'homme a la possibilité de construire cette science collectivement (possibilité de la science comme construction collective). C'est le fait de l'existence de "Autrui". Isaac Newton (reprenant la citation originellement énoncée par Bertrand de Charte au XII siècle) disait : "nous sommes des nains (scientifiques contemporains) sur les épaules de géants (scientifiques antérieurs)". Remarque : ce dernier point à la face rationnelle-émergée de l'iceberg du problème de l'Autre en philosophie, qui se pose comme point de départ de toute réflexion sur la société, le droit, la justice... Il a été démontré philosophiquement en quoi l'empirisme logique, notamment professé par l'école de Vienne était une position arbitraire (Claude Tresmontant : comment se pose aujourd'hui le problème de l'existence de Dieu). L'empirisme logique postule comme rationnelles les seules assertions pouvant être vérifiées expérimentalement. L'intelligence rationnelle dépasse en fait constamment le cadre de l'empirisme logique, et ceci au sein même du processus intellectuel de recherche scientifique (Eccles, évolution du cerveau et création de la conscience, chap 10). Les points de départ de la métaphysique, ou les limites de la science comme recherche du sens de l'existence ou de la foi sont en résumé les suivants : 1) Physique : l'origine et le destin de l'univers par l'infiniment grand (cosmologie) et l'infiniment petit (recherches sur les particules). 2) Biogénèse : l'origine de la vie (dont l'expérience de Miller est une des réflexions les plus célèbres). 3) Anthropologie : l'origine de la conscience (notamment, les travaux d'Eccles). 4) démographie, écologie et sociologie : les limites de la science pour résoudre les problèmes liés au développement durable sur une planète peuplée de plus de 6 milliards d'habitants. Les découvertes de la science au ont ainsi ouvert la voie à de nouvelles pistes de coexistence entre foi et raison. Le pape Jean-Paul II a publié le 14 septembre 1998 une encyclique sur les rapports entre la foi et la raison : Fides et ratio. Cette encyclique met l'accent sur l'importance des philosophies présentant une ouverture métaphysique pour assurer une fonction de médiation dans l'intelligence de la Révélation.

La foi judaïque

La foi du peuple juif a été une nouveauté historique : Elle est la première à affirmer que l'univers (tout et parties) n'est pas divin, c’est-à-dire qu'il ne possède pas en lui les propriétés divines (aséité, éternité, toute puissance, infinité...). Autrement dit, c'est la première "philosophie" ou vision du monde non panthéiste. (cf. récit de la création de la Genèse). - Elle affirme que cette divinité est Une, qu'elle s'adresse à l'homme, que ce dernier est à son image et que l'homme est appelé à participer à la vie divine. (cf. Idem) - Elle prétend être périodiquement informée directement de Dieu dans le cadre de ce qu'on appelle le prophétisme hébreux : 2000 ans pendant lesquels des prophètes parlent (ou disent parler) au nom de Dieu au peuple hébreux. (Ancien Testament, livres prophétiques) - Elle situe et approfondit la morale dite naturelle dans le cadre de ce projet créateur et rédempteur. (cf. Exode : Dix Commandements et autres prescriptions juives). - Cette foi devient l'élément fondateur du peuple juif, ce dernier étant dépositaire de la révélation, élu par Dieu. Peuple ainé dans l'ordre de la rédemption. D'autre part, la foi du peuple juif et ses livres sont considérés par l'ensemble des chrétiens comme la base historique et théologique de la foi chrétienne : ancienne alliance (ou Ancien Testament). Les musulmans ne retiennent de leur côté que certains traits les plus caractéristiques de la foi juive (monothéisme, Abraham comme père des croyants...) tout en se démarquant de celle-ci sur de nombreux points non négligeables (messianisme, le peuple en marche de l'exode...).

La foi chrétienne

Hébreux 11:1 Or la foi est l'assurance des choses qu'on espère, et la conviction de celles qu'on ne voit pas.

Contenu de la foi : le Credo

La foi du chrétien (catholique, orthodoxe et d'une partie des protestants) est contenue de manière synthétique et dogmatique dans les différentes versions du credo ("je crois" en latin). Le credo (deux versions principales symbole de Nicée-Constantinople et symbole des apôtres) est un texte de plusieurs dizaines de phrases qui exprime successivement la foi : - En Dieu créateur de l'univers (le Dieu des philosophes et le Dieu de Einstein). - En Jésus Christ et les principaux événements de sa vie, de sa mort et de sa résurrection. (foi au Christ historique mais aussi messianique). - En l'Esprit saint (divergences de définitions entre catholiques et orthodoxes), l'Église (entendue comme spirituelle chez les protestants et incarnée par l'Église hiérarchique chez les catholiques et orthodoxes), la communion des saints (idem), à la vie éternelle... (Bonne Nouvelle ou pertinence actuelle du message du Christ) Mais "je crois en Dieu" ne se réduit pas à "Dieu existe" ou "je crois à l'existence de Dieu". En effet, "je crois en Dieu" implique successivement : - Je crois en l'existence de Dieu. - Je crois et j'acquiesce au plan de Dieu dans ma vie (en latin la phrase est construite par credo in + acc. qui suppose une mise en mouvement, donc une interaction réciproque). La foi du chrétien est une rencontre personnelle avec Jésus Christ et une expérimentation de sa parole et de l'Église comme édifiante, salvatrice et source de paix.

Foi communautaire

La foi chrétienne est ensuite avant tout communautaire (cf. J.Ratzinger les principes de la théologie catholique § 1 Structure et contenu dans la foi chrétienne). Elle n'est pas un acquis mais l'objet d'une éducation permanente dont la catéchèse est l'élément central (cf. Directoire général de la catéchèse). Elle naît de la prédication (saint Paul) et meurt si elle n'est pas transmise. - Elle peut être enseignée dès l'enfance (éducation chrétienne familiale) et mûrit alors depuis la réception du baptême puis tout au long de la vie. - Elle peut naître adulte et être alors éduquée dans le cadre du catéchuménat. L'approfondissement de la foi chrétienne est alors validé dans le scrutin du catéchuménat appelé "redditio symboli" ce qui se veut dire en français "proclamation du symbole des apôtres (ou credo)". Vivez en paix avec: « La Foi en Jésus Le Messie »; né de la « Vierge Marie » à Bethléem; vécu à Nazareth; crucifié à Jérusalem; devenu le « Christ », après sa résurrection entre les morts, (trois jours après sa crucifixion); apparu à ses disciples, pour apporter la directive du Baptême: « Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit »; avant de connaître la gloire dans la Trinité ».

Fondements

Il est très difficile de définir la foi chrétienne tant les courants du christianisme sont divers. Outre le credo, la tradition catholique la définit par la Tradition (christianisme) qui englobe les Écritures et les traditions pratiques, tandis que le protestantisme se contente des Écritures (sola scriptura). Les fondements de la foi chrétienne ont été établis vers les , par les Pères de l'Église. On peut citer, pour les principaux : Irénée de Lyon (le canon de la Bible incluant l'Ancien Testament et les quatre évangiles canoniques, ainsi que les épîtres), et Origène (interprétation des textes selon les quatre sens des Écritures, et prière Lectio divina). Les premiers textes canoniques que possèdent les chrétiens concernant la nécessité de la foi en Jésus-Christ ressuscité, sont les épîtres de saint Paul notamment celles aux Galates et aux Romains. Il est possible de dater, en effet, leur écriture entre l'an 49 et 58 de notre ère, soit moins de trente ans après la passion du Christ. Parmi les textes de Paul, il nous faut citer également la Première Épître aux Corinthiens (I Co 13) qui place la Foi parmi les trois vertus théologales, soit celles qui, éthymologiquement, nous "parlent" de Dieu et donc nous conduisent vers Lui. Le pape Jean-Paul II a publié le 14 septembre 1998 une encyclique sur les rapports entre la foi et la raison : Fides et Ratio. Elle met l'accent sur l'importance des philosophies présentant une ouverture métaphysique pour assurer une fonction de médiation dans l'intelligence de la Révélation, selon la théologie de saint Thomas d'Aquin.

La foi dans la Bible

" La foi est une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas". Hébreux 11.1 On traitera ici de la foi dans l'Ancien Testament (pour faire bref, les livres retenus dans le Canon juif) et dans le Nouveau Testament (livres propres aux chrétiens). Le mot "foi", dans la Bible, est l'un des mots utilisés pour décrire l'attitude de l'homme devant Dieu. Il est traduit par le Latin fides et le Grec pistis qui ont le sens premier de "confiance", et ne sont donc pas des mots du vocabulaire religieux, ni du vocabulaire de la croyance. Ces mots sont eux-mêmes la traduction de termes hébreux qui dérivent de la même racine aman, un radical qui évoque la solidité, la fermeté. La foi biblique est donc d'abord affaire de confiance en Dieu, avant de concerner une croyance ou un contenu dogmatique : voir par exemple 1 Samuel 3, 20. Dans l'Evangile, Jésus compare le croyant à un homme qui construit sa maison sur le roc et qui lui confère ainsi un caractère vraiment indestructible. Il donne à Simon, le premier disciple à reconnaître en lui le Messie et fils de Dieu, le surnom de "Pierre", allusion à la foi qui fait de lui un roc. Pour caractériser la relation du croyant à son Dieu, la Bible n'utilise pas, dans ses traductions grecques et latines, le mot de religio qui est habituellement employé dans le monde antique (et qui insiste sur l'observance des rites, l'obéissance aux commandements et le respect scrupuleux des coutumes). Elle marque de cette manière le caractère profondément original de l'attitude croyante en Israël : le croyant n'est pas celui qui croit que Dieu existe, mais qui croit EN Dieu, formulation reprise à dessein dans les symboles de foi chrétiens et sur laquelle reviendra Saint Augustin. Cette foi se vérifie dans la vie quotidienne, par l'observation des commandements. Elle donne la certitude de la réalité de Dieu et de sa vérité. Pour parler de la foi, plutôt que des énoncés théoriques, on trouvera dans la Bible des récits : le modèle du croyant est ainsi Abraham, que la foi-confiance en Dieu poussera à quitter son pays et à sacrifier son fils. Un autre modèle est Job, qui conserve la foi malgré la souffrance injuste dont il est victime. Le Nouveau Testament propose, lui aussi, un modèle de croyant : Jésus, dont Paul nous dit dans la Lettre aux Galates que, par sa foi, il est l'auteur de notre salut. Le geste dans lequel Jésus manifeste ce qu'est la foi est l'offrande qu'il fait de sa propre vie, dans un acte de confiance totale en Dieu. La foi est ainsi, pour les Ecritures chrétiennes, le lieu du salut de l'humanité. Un autre modèle de croyante est Marie, mère de Jésus, qui a cru, la première, en la réalisation de la promesse qui lui était faite par l'ange Gabriel. Pour être complet, on conclura en faisant remarquer que la foi biblique, si elle est d'abord affaire de confiance en Dieu, n'exclut nullement la dimension de connaissance des réalités divines. Cette connaissance se situe simplement dans le contexte plus fondamental d'une relation inter-personnelle à Dieu.

Rapports entre la foi et la grâce

Les relations entre foi et grâce ont été beaucoup discutées dans les débats théologiques. En elle-même, la foi est comprise comme étant une grâce, c'est-à-dire une faveur divine. On dit que Marie avait une si grande foi qu'elle fut « comblée de grâce ». Les religieux, les familles et les fidèles en général recherchent la grâce divine comme instrument de leur salut, grâce qu'il ne faut pas confondre avec l'expérience mystique. Parmi les théologiens qui ont débattu de la grâce et ses rapports avec la foi, il y a Augustin d'Hippone, Jean Cassien et Jean Calvin. L'Église catholique retient la doctrine augustinienne de la grâce. Dans son Épître aux Éphésiens, l'apôtre Paul de Tarse considère la foi comme "le moyen" permettant d'obtenir la grâce divine : " Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu" .

La foi de l'islam : Al-Imâne

Transcription : La Foi se dit Al-Imâne en arabe. Al-Imâne signifie littéralement : « Connaissance, Croyance et Conviction sans aucun doute possible ». Al-Imâne est à la base de l'islam. La Foi (Al-Imâne) dans l'islam est une conviction ferme, une exhortation à croire en Dieu, en Ses Anges, en Ses Livres, en Ses Prophètes, au Jour Dernier, et à la Prédestination favorable ou défavorable. La profession de foi (Chahada) tient lieu de premier pilier de l'islam. Elle consiste en une déclaration d'unicité de Dieu, et à la reconnaissance du prophète Mahomet comme envoyé de Dieu. Sa transcription est la suivante : "J'atteste qu'il n'y a d'autre divinité à part Dieu, et que Mahomet est Son Envoyé." La foi musulmane repose donc, avant tout, sur la croyance ferme en l'unicité de Dieu. Le culte musulman est uniquement voué à Dieu. Dieu, l'Unique. Sans aucune forme d'association. Sans aucune forme d'idolâtrie. Outre la croyance ferme en l'unicité de Dieu, le musulman croit à la mission d'envoyé du prophète Mahomet (Paix et Salut sur Lui) et, partant, à la révélation du Coran qui lui a été faite. Le musulman croit également aux prophètes antérieurs à l'islam, comme Jésus fils de Marie (appelé Issa - ou Issa ben Mariama pour souligner sa filiation à sa mère Marie (Mariama)), Moïse (appelé Moussa), Jonas (appelé Younouss), et Abraham (Ibrahima) qui est un modèle de piété pour le musulman. Il croit aussi aux Anges, aux Livres révélés antérieurs au Coran, au Jour Dernier, et à la Prédestination favorable ou défavorable.

Citations

« C’est le cœur qui sent Dieu, et non la raison. Voilà ce que c’est que la foi : Dieu sensible au cœur, non à la raison. » -- Blaise Pascal « La foi est une ferme assurance des choses qu'on espère, une démonstration de celles qu'on ne voit pas. »'' -- Épitre aux Hébreux, chapitre 11.

Notes et références

Sources

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- J. Ratzinger, Foi chrétienne hier et aujourd'hui, Paris, 1969 ==
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