Marie-Galante

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Image satellite Marie-Galante appartient à l'archipel de la Guadeloupe, dont elle est distante de 30 km. Sa superficie de 158 km² en fait la 3 île des Antilles françaises (ou la 4 si l'on distingue Basse-Terre et Grande-Terre). Avant tout agricole, l'île connaît aussi une activité de pêche et s'ouvre petit à petit au tourisme.
Marie-Galante

Image satellite Marie-Galante appartient à l'archipel de la Guadeloupe, dont elle est distante de 30 km. Sa superficie de 158 km² en fait la 3 île des Antilles françaises (ou la 4 si l'on distingue Basse-Terre et Grande-Terre). Avant tout agricole, l'île connaît aussi une activité de pêche et s'ouvre petit à petit au tourisme.

Administration

Depuis les débuts de la colonisation, Marie Galante a toujours été rattachée administrativement à la circonscription de Pointe à Pitre ( Guadeloupe ) hormis la période révolutionnaire de 1793/1794. Elle était républicaine alors que le reste de la Guadeloupe était encore royaliste. En 1994, ses trois communes se sont constituées en communauté de communes, la première créée dans un département d'outre-mer. Son chef-lieu est Grand-Bourg, les deux autres communes étant Saint-Louis et Capesterre.

Démographie

Marie Galante comptait en 1946 30 000 habitants. Fortement marquée par l'exode massif de ses jeunes vers la Guadeloupe et la France, l'île ne comptait plus qu'en 1999 que 12 400 habitants . Cette chute de la population est liée à la lente agonie de l'économie sucrière pendant cette période.

Géographie

Plage de Feuillère Certains appellent Marie-Galante la Grande Galette à cause de sa forme arrondie de 15 km de diamètre. L'île est un substrat calcaire vallonné, arrosé par l'alizé mais aussi soumis aux cyclones et aux tremblements de terre. La côte nord, face à la Grande-Terre, est caractérisée par une haute falaise. Une faille appelée la Barre sépare le quart nord du reste de l'île. À l'ouest, face à la Basse-Terre, plages et mangroves s'étendent le long de la mer des Caraïbes. Les rivières de Saint-Louis et du Vieux-Fort s'y écoulent après avoir traversé le plateau insulaire depuis le cœur de Marie-Galante. À l'est et au sud, le plateau devient mornes pour basculer en pentes escarpées vers une plaine littorale. Celle-ci longe l'Atlantique dont elle est protégée par une barrière corallienne, les cayes.

Environnement

Une partie du patrimoine animal et végétal terrestre a été dégradé suite aux activités humaines. Sauf à l'ouest, des récifs frangeants abritent encore de nombreuses espèces marines. Ils sont peu développés. A l’ouest de l'île un banc corallien est présent à 20 mètres de fond environ. Des herbiers de Phanérogames marines peuplent les fonds sableux littoraux, de manière discontinue.

Histoire

-Au , les Arawaks étaient installés sur l'île, qu'ils appelaient Touloukaéra. Les Caraïbes l'occupèrent au et lui donnèrent pour nom Aïchi ou Aulinagan, terre à coton. Les populations amérindiennes cultivaient aussi du manioc et avaient appris l'usage des plantes médicinales. Ils vivaient également de la pêche. On a trouvé dans des grottes et dans les vestiges de leurs villages des céramiques, des pétroglyphes et des objets religieux.
-Puis l'île fut baptisée le 3 novembre 1493 Maria Galanda, lors du second voyage de Christophe Colomb, prenant ainsi le nom de sa caravelle qui l'aurait abordée à Anse Ballet.
-Une cinquantaine de colons français fut installée en 1648 à proximité du lieu-dit Vieux-Fort, par le gouverneur Charles Houël. En 1653, un second fort est bâtit à Grand-Bourg. La population souffrait de conditions de vie difficiles et subit les attaques des Caraïbes jusqu'en 1660, année où un traité de paix fut signé à Basse-Terre entre autochtones et colons.
-Pendant cette seconde moitié du , les premiers esclaves furent amenés d'Afrique à Marie-Galante pour cultiver les plantations. En 1671, la population noire constituait 57% des habitants. Des Hollandais juifs exilés du Brésil s'installèrent aussi, en apportant leurs techniques de la culture de la canne à sucre.
-En 1676, une flotte hollandaise enleva la population et pilla ses installations. Après le repeuplement de l'île, ses nouveaux habitants furent attaqués trois autres fois par les Hollandais.
-De 1692 à 1816, Anglais et Français se disputèrent l'île à cinq reprises. Au cours de cette période, Marie-Galante fut indépendante de 1792 à 1794.
-En 1790, sur 11 500 Galandais, 9 400 étaient des esclaves.
-En 1838, un incendie dévasta Grand-Bourg, et en 1843, l'île fut touchée par un tremblement de terre.
-Les révoltes d'esclaves et l'intervention des abolitionnistes français aboutirent en 1848. À Marie-Galante, l'abolition définitive de l'esclavage fut fêtée pendant 3 jours et 3 nuits autour de la mare au punch à 'Habitation Pirogue'. Mais ces événements ne marquèrent pas la fin des violences coloniales. Lors des élections législatives de 1849, les forces de l'ordre réprimèrent, au morne Rouge, les affranchis qui s'opposaient à la fraude organisée par les grands planteurs. Il faudra attendre 1920 pour que des descendants d'esclaves deviennent propriétaires d'une sucrerie à Marie-Galante.
-En 1865, un cyclone puis le choléra frappèrent l'île et sa population. En 1902, un second incendie dévasta Grand-Bourg. Des cyclones touchèrent encore l'île en 1928 et 1995.

Economie & Culture

Ancien moulin et éoliennes modernes L'économie coloniale développa sur l'île les cultures du tabac, de l'indigo, du café et du coton. Mais dès le , les planteurs ont fait de la canne à sucre une très importante source de revenus. Elle se maintint aux et , s'adaptant à l'abolition de l'esclavage et à la grande crise sucrière. De cette culture de la canne, Marie-Galante a hérité un surnom : l'île aux cent moulins. On dénombrait en 1818 un peu plus d'une centaine de moulins, qui permettaient de broyer la canne. Le jus qui en était tiré était transformé en sucre ou en rhum. Les moulins étaient originellement actionnés par des bœufs, puis des moulins à vent apparurent à partir de 1780, à leur tour concurrencés par des moulins à vapeur à partir de 1883. Le vit disparaître l'organisation économique de l'Ancien Régime. Progressivement, toutes les petites sucreries furent restructurées en usines sucrières. En 1885, 5 sites regroupaient l'activité. En 1931, 18 distilleries et 4 usines à sucre étaient en production. Les grandes plantations ont fait place à de petites exploitations agricoles, organisées au autour de coopératives. Mais l'agriculture est soumise dans toutes les Antilles françaises à une forte concurrence internationale. En ce début de , 1 sucrerie (usine de Grande Anse) et 3 distilleries (Bellevue, Bielle, Poisson) subsistent à Marie-Galante. Le rhum blanc agricole qui y est produit fait l'objet d'une appellation d'origine. La production sucrière biologique pourrait aussi être un nouvel axe de développement, mais le contexte actuel d'arrêt des subventions européennes rend incertain l'avenir agricole et donc économique de Marie-Galante et de ses habitants. De l'ancienne économie, on peut encore voir de nombreux vestiges. Cette richesse historique est mise en valeur : quelques 70 tours dont 2 moulins restaurés (Moulin de Bézard), habitations coloniales et anciennes sucreries (Habitation Murat). Un réseau de sentiers permet aux randonneurs de découvrir l'île et sa population. Ainsi Marie-Galante connaît-elle à son tour, comme les autres îles de Guadeloupe, la mutation économique que permet l'activité touristique. Mais le développement de ces services s'appuie ici sur une politique de conservation de la nature et du patrimoine, qu'il soit précolombien, colonial ou contemporain. Les Marie-Galantais préservent ainsi un style de vie pittoresque alliant modernité et authenticité. Alors que l'île dispose de plages parmi les plus réputées de l'archipel, l'industrie hôtelière y est discrète. En revanche, des artistes internationaux s'y retrouvent chaque année à l'occasion du Festival Créole Blues au cours du week-end de la Pentecôte.

Personnages célèbres

En 1645, Constant d'Aubigné fut le gouverneur, discret, de Marie-Galante. Sa fille Françoise d'Aubigné l'accompagnait. Plusieurs années après, elle allait devenir Madame de Maintenon mais, de son séjour aux Antilles, lui restera le surnom de Belle Indienne. Charles-François Bonneville, né le 13 mars 1803 à Brancourt (Aisne) a été maire et conseiller général de Grand Bourg de 1854 à 1860. Également président de la Chambre d'Agriculture, il est l'artisan du renouveau de la culture du coton longue soie qu'il expérimente sur l'habitation Thibault. (source : Vie quotidienne à Marie Galante - Philippe et Jacqueline Nucho-Troplent - Editions L'Harmattan)

Bibliographie

- , H. et D. Parisis, et B. Genet, préface d'Alain Buffon, Ed.Parisis, 2005, (220 pages), ISBN 2-9526427.
- Extrait de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert :

Voir aussi

Intercommunalités de la Guadeloupe ==
Sujets connexes
Amérindiens des Antilles   Ancien Régime   Antilles   Antilles françaises   Appellation d'origine contrôlée   Basse-Terre (île de la Guadeloupe)   Brésil   Café   Canne à sucre   Capesterre-de-Marie-Galante   Caravelle (navire)   Cayes   Charles Houël   Christophe Colomb   Communauté de communes   Constant d'Aubigné   Corail   Coton   Cyclone   Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers   Esclavage   France   Grand-Bourg   Guadeloupe   Indigo   Intercommunalités de la Guadeloupe   Littoral   Madame de Maintenon   Mangrove   Manioc   Mer des Caraïbes   Moulin   Pays-Bas   Peuple Caraïbe   Phanérogame   Plante médicinale   Rhum   Récif   Récif corallien   Saint-Louis (Guadeloupe)   Sucre   Tabac   Tremblement de terre  
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