Histoire du Tibet

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La carte du Tibet historique (date inconnue) L'Histoire du Tibet, ancien royaume des confins et des cimes enneigées (himals, en népalais), charnière inaccessible et stratégique entre le monde chinois et le monde indien, est une histoire mouvementée, interrompue par de longues périodes d'isolement.
Histoire du Tibet

La carte du Tibet historique (date inconnue) L'Histoire du Tibet, ancien royaume des confins et des cimes enneigées (himals, en népalais), charnière inaccessible et stratégique entre le monde chinois et le monde indien, est une histoire mouvementée, interrompue par de longues périodes d'isolement.

Préambule

L'histoire actuelle du Tibet est - par la force des choses - liée à celle de la Chine. Cependant il n'en a pas toujours été ainsi et l'interprétation de l'histoire varie radicalement selon l'opinion des historiens. Mais la grande majorité des historiens indépendants ne s'accordent pas avec la propagande chinoise. Citons entre autres Thomas Laird et la . Par ailleurs, les violentes répressions contre les Tibétains ne sont pas l'œuvre du peuple Han, mais d'abord de la dictature du Parti communiste chinois. Enfin, l'Occident a tendance à idéaliser l'ancien Tibet, sa culture mystique et de paix, en oubliant que des progrès auraient dû être entrepris dans ce pays isolé dont le gouvernement tibétain maintenait un régime de type féodal par certains aspects.

La Préhistoire et les origines mythiques

Bien que le Tibet soit mentionné dès le II siècle dans la géographie de Ptolémée sous le nom de βαται, transcription grecque de Bod, son nom indigène tibétain, et que l’ancien royaume de Zhang Zhung (Tibet occidental) apparaisse dès le Ier siècle av. J.-C. dans le Shiji sous le nom de Shantong (单同), le pays ne fait réellement son entrée dans l’histoire qu’au avec l’envoi en Chine d’une ambassade par l'empereur (Namri Songtsen‎, 601-629).Beckwith, C. Uni. de l'Indiana Diss. 1977 La préhistoire reste très mal connue, mais des découvertes sporadiques permettent de penser que le territoire fut très tôt sillonné par des nomades parvenus entre 14 000 et 8000 av. J.-C. Des sites néolithiques ont été découverts dès les années 1950 à Yunsing, Hongkung, Jumu et Gyarama (Nyingchi) Bai-bung et Marniyong (Medog), Qukong au nord-est de Lhassa et Karub (Karo) dans le Qamdo (1978). Seuls les deux derniers ont fait l’objet d’une exploration archéologique systématique. Les artéfacts de Karub remonteraient de 3000 à 2000 av. J.-C..Karo Relics in the Qamdo Area, Culture Relics Publishing House, 1985 Hou Shizhu A Guideline to Tibetan Archeology, Tibetan People’s Publishing House Wang Renxiang Inhabitants in the New Stone Age in the Valley of Lhasa River - Accounts of the Qokong Relics of Lhasa, Tibetan Research, Vol.4, 1990 Depuis les années 90, le territoire de Zhangzhung a révélé plus de 500 sites de l’âge du fer dont l’exploration progresse lentement. Une parenté a été proposée entre les ancêtres des Tibétains et ceux des Qiangs.

Les origines mythiques

Selon l'histoire mythique de l’empire tibétain (-127-842), le premier roi (Nyatri Tsenpo) serait descendu du ciel sur la montagne sacrée Yalashangbo — ou serait venu d'Inde ou du Népal. En raison de particularités physiques étranges, comme des mains palmées et des paupières se fermant par en bas, il aurait été accueilli comme un dieu par les indigènes, qui le prirent sur leurs épaules pour l'introniser roi, ce qu'indiquerait son nom : souverain (Tsenpo) intronisé par le cou (nyatri). Les premiers rois étaient immortels, reliés aux cieux par une corde au moyen de laquelle ils y remontaient à la fin de leur séjour terrestre. Tout cela aurait pris fin avec le roi Dri-dgum-brtsan-po (Drigum Tsenpo) : ayant provoqué son palefrenier Lo-ngam, la corde le reliant au ciel fut coupée durant le combat et il en mourut ; il fut le premier à laisser un cadavre et à être enterré.Haarh The Yarlu Dynasty Copenhague, 1969 Suivant un ensemble de mythes préservés dans la tradition bön, l'origine du monde est géminée : les dieux et l’humanité sont sortis de deux rayons de lumière ou de deux œufs, un blanc et un noir. Du blanc est sorti Shiba Sambo Benchi, père des dieux et des humains ; de l’œuf noir est sorti le père des démons et des forces destructrices. Certains voient là une influence du zurvanisme, avant-coureur du manichéisme. Selon un autre mythe, qui apparaît tout d'abord dans le Mai Bka' 'bums, les Tibétains sont issus de l'union d'un singe et d'une ogresse des roches, le singe étant la manifestation du bodhisattva Avalokiteśvara (tib. Spyan-ras-gzigs) et l'ogresse celle de la déesse Târâ (tib. Grol-ma).

L'Empire tibétain

Voir la Liste des empereurs du Tibet Au , une monarchie d’une certaine importance émerge sur le territoire du Tibet actuel, marquant sa naissance comme entité politique unifiée. Les rois ou empereurs de la dynastie Yarlung, dans la vallée duquel leur capitale de Yongbo Lhakang aurait tout d’abord été installée, prétendent remonter au II siècle av. J.-C., où le mythique Namri Tsampo descendu du ciel aurait été intronisé (en -127 selon l’historiographie traditionnelle). Leur chefferie de Sheboye deviendra un royaume appelé Pugyäl (Tufan ou Tubo 吐蕃 par les Chinois et Tüböt par les Mongols, d’où le nom de Tibet). Ayant conquis Zhangzhung, ils contrôleront le territoire jusqu’au milieu du , étendant au faite de leur puissance leur emprise jusqu’en Mongolie et au Bengale, et menaçant les empires Chinois et Abbasside. À partir de 846, le pouvoir central s’efface au profit des féodaux. Suit une période de division politique jusqu'à l'arrivée des Mongols au .

Les petits royaumes

Durant les premiers siècles de l’ère chrétienne, en dehors du Zhangzhung qui se développe à partir du cours supérieur du Sutlej (actuel Kinnaur, Himachal Pradesh), un ensemble culturel et politique qui donnera naissance à l’empire tibétain se constitue à partir de la vallée du Yarlung et des vallées voisines de la Lhassa, de la Nyamchu et de la Nyiyam. Sur l’ensemble du futur Tibet, des chefferies ou fédérations de tribus à la fois rivales et alliées constituent les « royaumes » que les traditions chiffrent à quarante ou douze.
Chos'byung mkhas pa'i dga' ston (1564) édition tibétaine Un document retrouvé à Dunhuang en donne la liste suivante :
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Zhangzhung au Ngari et au Ladakh
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Nyamrochegar, Norbo et Nyamroshambo à Jamtse et à Shigatse
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Chomonamsung s'étendant de Yadong au Sikkim
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Gyirojamen, Yambochasung et Lhongmoroyasung le long de la Lhasa
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Yaroyuxi, Eryubamgar et Eiyuchuxi dans la région de Shannan
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Gongbozhena à Gongbo
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Nyamyudasung à Nyambo
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Tabozhuxi à Tagung
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Shenyuguyu dans la région de Samye
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Sobiyasung du nord du plateau tibétain à Yushu et Gamze
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Sheboye, berceau des fondateurs de l’empire, à Qoingye dans la région de Shannan C’est sur ce dernier royaume qui deviendra Tubo, le Tibet, que l’on a le plus d’informations, bien qu’elles soient souvent nettement postérieures à la fondation de l’empire.Chabeicetanpingcho Tibetan History, Tibetan Ancient Books Publishing, 1989

Pugyäl et la naissance de l’empire

L’écriture tibétaine fait son apparition aux alentours du sous le règne de Songtsen Gampo. Bien que les documents historiques contiennent de nombreuses anecdotes concernant les rois (
tsenpo) de la dynastie Yarlung, seuls les onze derniers ont laissé des traces historiques fiables et il subsiste énormément d’incertitudes quant à la genèse de la dynastie et du royaume de Pugyäl en général. Les Annales des rois du Tibet, rédigées par Sonam Gyaltsen des Sakyapa, relatent que le 1 roi légendaire Nyatri Tsenpo était assisté de 3 shangs et d’un lun, shang désignant les oncles maternels, probablement chefs des sous-tribus, et lun les serviteurs ou officiers royaux. Les positions de dalun, premier ministre, et d’anben, responsable de la collecte des impôts et tributs, auraient été crées par le 16 tsenpo, Zanam Zindé. Les biens possédés par les nobles et chefs de tribu l’étaient par délégation royale, et le souverain pouvait les confisquer pour manque de loyauté ; elles lui revenaient en cas d’absence de descendance mâle. Drigum Tsenpo est, selon la tradition, le 8 roi et le premier à avoir perdu l’immortalité dans un combat contre son palefrenier. Selon la version historique, il aurait été tué par Armodaze, chef d’une sous-tribu, qui aurait également exilé les fils de Drigum Tsenpo à Gongbo où l’un d’eux devint roi. L’autre revint à la tête d’une armée pour reprendre le trône et tuer l’usurpateur. Il aurait fait bâtir la forteresse de Qoinwadaze à Qoinye, ainsi qu’un grand mausolée pour son père, donnant peut-être ainsi naissance à la légende qui en fait le 1 roi à avoir été enterré au lieu de remonter au ciel. À l’époque donnée comme celle du 29 tsenpo, Lha Thothori Nyantsen, la chefferie de Sheboye semble en pleine expansion. Dans la vallée de la Lhassa, 2 autres chefferies importantes, Yanbochasung et Gyinorjam'en, sont chacune à la tête d’une alliance de tribus. Des luttes de rivalité au sein de ses alliances permettent à Sheboye-Tubo de prendre une place prééminente. Le Tibet serait né définitivement au château Stag-rtse-rtse (Taktsé) dans la zone de Phying-Ba (Chingba ) à
Phyongs-rgyas (Chonggyä) où, selon les Annales tibétaines anciennes, un groupe de conspirateurs convainc Stag-bu snya-gzigs (Tagbu Nyasig) de se rebeller contre Dgu-gri Zing-po-rje (Gudri Zingpoje), vassal de Zhangzhung alors sous la dynastie Lig myi. Gudri Zingpoje meurt prématurément et son fils Gnam-ri-slon-rtsan (Namri Songtsen) convainc les conspirateurs de s’allier avec lui.Beckwith, Christopher I. The Tibetan Empire in Central Asia. A History of the Struggle for Great Power among Tibetans, Turks, Arabs, and Chinese during the Early Middle Ages, 1987, Princeton: Princeton University Press. ISBN 0-691-02469-3, p. 14, 48, 50. Devenu roi, Namri Songtsen se sent suffisamment puissant pour envoyer en 608 et 609 deux ambassades en Chine, marquant l'apparition du Tibet sur la scène internationale.

Un bref empire (-milieu du )

Effigie de Songsten Gampo Les plus célèbres rois de Tubo sont Srong-btsan sgam-po (Songtsen Gampo) et Khri-srong lDe-btsan (Trisong Detsen). Le premier (609?-650) donna au Tibet les frontières qui seront encore les siennes au début du XX siècle et fonda Lhassa où il installa son administration ; il fit construire le premier bâtiment du Potala. Il soumit Zhangzhung, son plus important concurrent immédiat, et étendit son influence jusqu'au Pamir, au Népal et en Chine occidentale. Symbole de ses réussites militaires et diplomatiques, il obtint en mariage les princesses Bhrikuti (népalaise) et Wencheng (chinoise), à qui l’on prête l’introduction du bouddhisme au Tibet et la construction de nombreux temples dont le Jokhang. Il envoya en Inde des Tibétains pour y étudier le sanskrit ; on attribue à son ministre Thonmi Sambhota l’invention de l'écriture tibétaine, inspirée de l'alphabet devanāgarī. Trisong Detsen (règne 740 ou 755 suivant les sources -797) est connu comme le roi qui implanta définitivement le bouddhisme au Tibet en invitant Shantarakshita et Padmasambhava et lui imprima sa spécificité en optant pour la tradition indienne et tantrique au détriment de la tradition chinoise. Il décréta le Bouddhisme religion d'état au Tibet. L’empire tibétain et son voisin chinois au Durant les deux siècles suivant la mort de Songtsen Gampo (650), les Tibétains tentent d’agrandir ou de défendre leur territoire contre les puissances et peuplades voisines (Chinois, Kirghizes, Ouïghours, Abbassides), variant leurs alliances au gré des événements. Alliés aux Ouighours et aux Abbassides, ils gagnent contre la dynastie Tang la bataille de Talas (751) qui leur permet d’étendre pendant une dizaine d’années leur influence en Asie centrale au détriment de la Chine. Sous le règne du Roi du Tibet Trisong Detsen, les Tibétains envahissent la capitale de la Chine Chang'an en 763 et mettent en place un nouvel empereur car l'empereur de Chine Daizong s'est enfuit à Luoyang. Cette victoire a été préservée pour la postérité dans le Zhol Doring (pilier en pierre) à Lhassa. A la charnière des VIII et IX siècles, les Tibétains sont souvent en guerre contre les Abbassides et leur disputent, en vain, Samarkand et Kaboul.Beckwith 1987: 157-165 Bien que la structuration administrative du pays progresse, le Tibet conserve un fonctionnement de royauté et de féodalité où le pouvoir central est menacé par les conflits entre clans et membres de la famille royale. A partir du VIII siècle, le Bouddhisme est décrété religion d'Etat, mais l'ancienne tradition chamanique bön subsiste. Après l’assassinat par un ermite bouddhiste (en 841 ou 842) du roi Langdarma (Khri 'U'i dum brtsan n. 838), le pays se retrouve de nouveau divisé.

Introduction du bouddhisme tantrique

Temple de Jokhang attribué au roi Songsten Gampo et à ses épouses bouddhistes ; il abrite la statue du Jowo, Bouddha enfant, que la reine chinoise aurait apportée dans sa dot. Du fait de la rareté des sources écrites et des traces archéologiques datant de l’empire de Tubo, et du style peu réaliste des récits relatant l’introduction du bouddhisme, cette partie de l’histoire tibétaine reste en fait assez mystérieuse. Les documents ne deviennent plus nombreux qu’à partir de la seconde vague d’influence bouddhiste (X–XI siècles). La tradition fait remonter les premiers contacts avec cette religion au règne de Songsten Gampo (609 ?-650) - bien qu’une légende prétende que dès 433, sous le règne de Lhatho-Thori-Nyentsen, un texte bouddhique et des objets sacrés auraient atterri sur le toit du palais royal. On raconte que Songtsen Gampo aurait épousé deux bouddhistes, une Népalaise et une Chinoise, et qu’elles apportèrent avec elles les premières statues de bouddha, dont le fameux Jowo exposé au temple de Jokhang dont la construction est attribuée au trio royal. D’autres temples auraient été bâtis par les deux reines, assimilées ultérieurement par la tradition à deux incarnations du bodhisattva Tara. Les destructions dues aux invasions n’ont laissé au Népal que peu de traces de l’époque et aucune de la princesse Bhrikuti. Quant à la princesse chinoise Wencheng, nièce de l’empereur Tang Taizong titrée pour l’occasion, et dont l’identité exacte est inconnue, on ignore si elle était bouddhiste ou taoïste, religion officielle de la famille impériale. Tout au moins la figure de ces deux reines représente-t-elle les deux sources principales de l’influence bouddhique dans le pays des Neiges. Un siècle et demi plus tard, en 792, on voit les moines chinois chan chassés sur ordre du roi Trisong Detsen après une joute de magie et débats ayant tourné à l’avantage des Indiens Le roi Trisong Detsen aurait joué un rôle déterminant dans l’orientation religieuse du pays en y invitant un abbé de Nalanda, Shantarakshita (arrivé avant 767 et décédé en 802), puis le légendaire maître tantrique Padmasambhava (arrivé vers 817). Ensemble ils auraient fondé le premier monastère de Samye, Shantarakshita jetant les bases et Padmasambhava luttant contre les démons et les forces négatives (identifiés aux traditions religieuses locales dont le bön) contre lesquels les moines ordinaires sont impuissants. La tradition crédite ainsi Trisong Detsen d’avoir appuyé le bouddhisme contre le bön, et choisi le vajrayana d’origine indienne contre le mahayana non-tantrique du monde chinois. La légende de Yeshe Tsogyal, épouse de Trisong Detsen offerte à Padmasambhava qui lui confiera son enseignement ésotérique afin qu’elle le cache au bénéfice des générations futures, symbolise l’appropriation du vajrayana indien par le Tibet. Le monastère de Samye, premier centre bouddhiste attesté, attribué à Shantarakshita et Padmasambhava Ce serait également sous son règne et sous son égide qu’aurait été entrepris le premier travail de traduction de sutras et tantras qui devait fournir le corpus de la « tradition ancienne » nyingmapa. En fait, beaucoup de ces textes -ainsi que des textes bön- sont des redécouvertes ultérieures par vision ou inspiration, appelés « trésors cachés » (terma). Selon la tradition, Padmasambhava, Yeshe Tsogyal et les premiers maîtres auraient en effet dissimulé leurs enseignements pendant ces temps troublés. En effet, l’affiliation religieuse bouddhiste/bön se mêle vite aux rivalités politiques, donnant lieu à des persécutions mutuelles. Le règne de Langdharma (836–842) fut ainsi défavorable au bouddhisme et on prétend qu’il fut assassiné par un ascète de cette tradition. De manière générale, le bouddhisme pénètre autant en absorbant les traditions religieuses locales qu’en rivalisant avec elles. Le monachisme occupe au mieux une place mineure et c’est seulement vers la fin du IX siècle qu’on distingue clairement le clergé « rouge » monastique du clergé « blanc » laïc, qui devait constituer au début l’essentiel du lot. À cette époque, les Tibétains entrent également en contact avec d’autres religions comme le manichéisme pratiqué entre autres par les Ouighours et le nestorianisme en expansion vers l’Orient. Au VIII siècle, le patriarche Thimotée Ier (727-823) mentionne l’existence à Tubo d’une communauté prometteuse pour laquelle il réclame l’envoi d’un évêque.Erica Hunter The Church of the East in Central Asia Bulletin of the John Rylands University Library of Manchester, 78, no.3 (1996)G. Uray Tibet's Connections with Nestorianism and Manicheism in the 8th-10th Centuries Wiener Studien zur Tibetologie und Buddhismuskunde 10 (1983), pp. 407, 421

Le Tibet divisé

A la mort de Langdarma (841 ou 842), une lutte s’élève entre deux héritiers potentiels, Yumtän (Yum brtan) et Ösung ('Od-srung) (843-905 ou 847-885). Bien que le parti d’Ösung réussisse à conserver le contrôle de Lhassa et que la lignée royale se perpétue un certain temps, le pouvoir central disparaît et les tombes royales sont vandalisées en 910. Yumtän crée une autre dynastie dans la vallée de Yarlung. Un des fils d’Ösung, Thrikhyiding (Khri khyi lding), encore appelé Kyide Nyigön (Skyid lde nyi ma mgon), fonde une dynastie dans le Ngari. Nyima-Gon, apparenté lui aussi à la famille royale, fonde la première dynastie du Ladakh. Ses deux fils cadets fondent Pu-hrang et Guge. À partir du milieu du , la lignée sakyapa dirigée par le puissant clan Khön de Tsang domine le Tibet central. Au , ses hiérarques seront investis du titre de vice-roi du Tibet par les Mongols.

Deuxième introduction du bouddhisme

Durant un bon siècle et demi, on est presque sans nouvelles du bouddhisme dans le Tibet central, le Ü-Tsang. Au Ngari par contre, le bouddhisme est bien préservé dans le royaume de Guge dont un prince-moine, Jangchub Yeshe Ö (Byang Chub Ye shes' Od), envoie des étudiants au Cachemire et invite Atisha en 1040, initiant la seconde transmission du bouddhisme au Tibet (phase dite Chidar - Phyi dar). Atisha rédige de nombreux ouvrages dont le plus connu est La Lampe pour le cheminement vers l'illumination (sk. Bodhi Pradipa, tib. Byang chhub lam gi rdon mey). Par ailleurs, le bouddhisme a également subsisté visiblement au Kham et au mont Dantig dans l’Amdo, où se seraient réfugiés trois moines. Leur disciple Muzu Selbar (Mu-zu gSal-'bar), encore appelé Gongpa Rabsal (Dgongs-pa rab-gsal) (832-915), devient chef d’une petite communauté de jeunes gens que lui a confié un descendant d’Ösung fixé près de Samye ; ils seront missionnaires à U-Tsang (Tibet central). Bientôt apparaissent des lignées se réclamant de sages indiens contemporains d’Atisha et comme lui en majorité bengalis (Virupa, Tilopa). Sakya, fondée par le clan Khön dominant dans la région de Tsang, jouera un rôle non seulement religieux mais politique en prenant le contrôle du Tibet jusqu’au milieu du ; le monastère de Sakya est fondé en 1073 à Ponpori (Shigatse) par Khön Konchog Gyalpo. Dromtonpa de la région de U, disciple direct d’Atisha, fonde en 1057 à Radreng au nord de Lhassa le premier monastère kadam, précurseur de gelug. Les nombreuses lignées kagyu se dégagent progressivement de l’héritage de Marpa, disciple de Tilopa via Naropa ; le monastère de Tsourphou est fondé en 1159 par le 1 Karmapa. Ces nouveaux courants, basés sur des traditions orales d’importation récente et des textes nouvellement traduits sont regroupés sous le terme de samarpa (nouvelle tradition). D’autres bouddhistes, comme Muzu Selbar, se réclament du maître de la première transmission, Padmasambhava, et s’appuient sur ses textes « redécouverts », les termas ; ils constituent la tradition ancienne nyingmapa. Le bön aussi reparaît sous une forme appelée Yungdrung qui offre des ressemblances avec le bouddhisme.

Du protectorat mongol à la suzeraineté chinoise (1246-1720)

Mongols, Chinois et Mandchous

Kubilai Khan, khan mongol et empereur de Chine, confie officiellement en 1265 la régence du Tibet aux sakyapa Après la chute des rois de Tubo, le Tibet se constitue en une théocratie féodale, les lignées religieuses étant contrôlées ou au moins soutenues chacune par un clan puissant, puis parfois, une puissance étrangère (mongole ou chinoise) ; les lignées nyingma et bön se tiennent relativement à l’écart de ces luttes dont gelug sort vainqueur au XVII siècle, les dalaï lamas devenant définitivement chefs du pays. À partir du , la puissance mongole s’impose au Tibet qui ne possède pas de pouvoir central fort. Bien qu’il ne s’agisse pas réellement d’une occupation car ils pénètrent au total peu dans le pays, les Mongols considèrent le pays des Neiges comme faisant partie de leur empire et en délèguent le gouvernement à une puissance locale (tout d’abord les sakya, plus tard les gelug), comme ils le font avec d’autres régions ; ils renforcent ainsi le pouvoir local des lignées élues. À l’exception des Phagmodrupas kagyu (1354-1481) plus indépendants, les différentes factions tibétaines prennent d’ailleurs l’habitude de rechercher des protecteurs étrangers pour asseoir leur position ou lutter contre une menace militaire. La suzeraineté mongole subit les conséquences de l’évolution de l’empire des steppes qui, malgré l’existence de grands khans, se divise en branches indépendantes et rivales. Suzerainetés mongole et chinoise se trouvent liées par les événements : (Kubilai Khan devient empereur de Chine au milieu du XIII siècle (dynastie Yuan) et les Mandchous prennent le titre de Khan au milieu du XVII siècle, peu avant de devenir à leur tour empereurs de Chine (dynastie Qing). Le Tibet exerce pour sa part une influence culturelle non négligeable sur les Mongols, qui adoptent sporadiquement le bouddhisme tantrique dès le XIII siècle en complément de leurs propres pratiques religieuses, avant de le prendre pour religion officielle au XVI siècle. Des tulkus sont découverts en leur sein. Les Mandchous au pouvoir en Chine soutiendront également le bouddhisme tibétain.

Régence Sakya (1246-1354)

Drogön Chögyal Phagpa, premier régent du Tibet En 1227 Gengis Khan conquiert l’empire Tangout. En 1239, son fils Köden prend le contrôle du Kokonor et envoie l’année suivante le général Doorda Darqan en reconnaissance au Tibet où il incendie les monastères kadam de Redreng et Rgyal-lha-khang. En 1244, Köden manifeste son désir de rencontrer Sakya Pandita, chef des sakya dont il reconnaît la prééminence dans le pays et attend allégeance. Ce dernier se rend en 1246 à la cour de Köden avec ses neveux Drogön Chögyal Phagpa ('Phags-pa; 1235-80) et Chana Dorje (Phyag-na Rdo-rje) (1239-67) Möngke, devenu khan en 1251, distribue les différentes régions du Tibet en apanage à des membres de sa famille. Drogön Chögyal Phagpa suit dans ses campagnes Kubilaï, qui deviendra khan en 1260 et fondera en 1271 la dynastie chinoise Yuan. En 1265, Phagpa se voit confier officiellement la régence (sde srid ou desi) du Tibet. De retour, il s’efforce d’imposer effectivement son contrôle en nommant en 1267 Shakya Bzangpo gouverneur (dpon chen) ; les hiérarques sakya passeront en effet l’essentiel de leur temps à la cour chinoise. Un recensement a lieu en 1268 et le pays est divisé en 13 parties. En 1269, Drogön Chögyal Phagpa se rend de nouveau à Kanbalik auprès de Kubilaï désormais empereur de Chine, et lui présente un projet d’écriture censée transcrire toutes les langues de l’empire chinois et remplacer les sinogrammes dans les documents administratifs. Il s’agit d’une commande de Kubilai connue comme l’écriture Phagspa. Elle aura un usage limité, mais peut être retrouvée sur des objets de la dynastie Yuan qu’elle permet ainsi de dater. Kubilaï nomme Phagpa Maître national guoshi (國師), la plus haute distinction chinoise pour les religieux et érudits, et confirme la régence des sakyas. Ils garderont le pouvoir jusqu’au milieu du XIV siècle, mais devront mater une révolte (1285-1290) de Drikhung Kagyu aidée par des troupes envoyées par Houlagou, qui possède un apanage dans la région où se trouve le siège de Drikhung.

Pouvoir des Phagmodrupas (1354-1481)

Une cinquantaine d’années plus tard, une autre lignée kagyu (Phagdru Kagyu) issue de l’ermite Phagmodrupa (Phag mo gru pa 1118-1170), ayant pour centre le monastère de Densatil (gDan-sa-mthil) à Nêdong (Sne'u gdong), arrache le contrôle du Tibet central aux sakya et éloigne par la même occasion l’influence sino-mongole, sans toutefois bouleverser l’organisation du pays qui conserve la structure acquise durant la régence. À partir de 1251, avec la perte de puissance à la fois de l’empire de Chine et des Houlagides qui détiennent le territoire en apanage, Janchub Gyaltsän (Byang chub rgyal mtshan, 1302-1364), chef du clan Lang (Rlang) qui contrôle la lignée, combat ses voisins dont les sakya et gagne en puissance. En 1354 il obtient le pouvoir effectif sur le Tibet central, qui restera aux mains de sa famille jusqu’en 1481, perdant néanmoins en puissance à partir de 1434. Les chefs Lang se donnent les titres de lha btsun (roi divin) et de phagmodrupa, chefs de la lignée Phagdru Kagyu. Leur capitale est à Tsetang (Rse thang) dans le comté de Qonggyai.

Ascension des gelug (à partir du XVI siècle)

Lobsang Gyatso, 5 Dalaï lama, premier chef gelug de la théocratie tibétaine kalmouk protecteur de gelug Altan Khan (1507-1582), chef de l'Aile Droite des Mongols, s’efforce de réunifier les tribus pour retrouver la puissance initiale de l’alliance ; il renoue les liens avec le Tibet. La puissance Sakya étant passée, c’est les Gelug qu’il distingue. Il offre le titre de « Dalaï » (Océan de Sagesse) à Sonam Gyatso, chef du courant réformateur, titre qui fut appliqué rétrospectivement à ses deux prédécesseurs. En retour, le 3 Dalaï lama confère à Altan Khan le titre de « Brahma », roi de la religion. Altan Khan invite le Dalaï Lama en Mongolie en 1569 et 1578 et se convertit au bouddhisme tibétain durant la seconde visite ; il promulgue un édit en faisant la religion officielle de son peuple. En 1588, le 3 Dalaï Lama meurt alors qu'il enseigne en Mongolie. Lobsang Gyatso (1617-1682), 5 Dalaï Lama, est renommé pour son sens politique. Il maintient l'indépendance du Tibet contre les pressions des pouvoirs chinois et mongol. En 1640, l'Empereur mongol Güshi Khan de la tribu des Qoshot (Khoshuud ou Kalmouks) envahit le Tibet et vainc le Roi de Tsang. Du fait des liens des lignées Kagyu et Jonang avec ce roi, le 10 Karmapa, chef de l'école Karma Kagyu, doit s'exiler durant 20 ans. Les Jonangpas sont persécutés par les Gelugpas et semblent disparaître, mais ils subsisteront jusqu'à nos jours et seront reconnus par le 14 Dalaï Lama. En 1642, Güshi Khan instaure le 5 Dalaï Lama chef spirituel et temporel du Tibet, qui s'étend alors de Dartsedo, aux portes de la Chine, jusqu'aux frontières du Ladakh. En 1645, le 5 Dalaï Lama établit la capitale à Lhassa et fait débuter la construction du Palais du Potala qui prendra près de 43 ans et où siègera le gouvernement du Tibet. En 1649, le chef temporel du Tibet est invité à Pékin par l'Empereur Shunzhi de la dynastie mandchoue, qui vient à sa rencontre, parcourant 20 km depuis Pékin en quatre jours. Dans la capitale chinoise, le Dalaï Lama demeure au Palais Jaune construit pour lui par l'Empereur. Les deux dirigeants échangèrent des titres honorifiques. En 1653, Lobsang Gyatso retourne au Tibet. Les Dalaï Lamas successifs, ou leurs régents dans l'intervalle, seront en charge du gouvernement du Tibet jusqu’en 1959. A la fin du XVII siècle, à la suite d’une dispute avec le Bhoutan, le Tibet envahit son allié le Ladakh, amenant la conversion du roi de ce pays à l’islam, condition exigée - avec la construction d’une mosquée – par les Cachemiri pour leur aide. Un traité est signé en 1684, mais l’incident précipite la perte d’indépendance du Ladakh au profit du Cachemire. Estimant que le 6 Dalai Lama mène une vie dépravée, les Kalmouks Khorshuud qui se considèrent comme les protecteurs du courant Gelug décident d’intervenir, approuvés par Ligdan Khan, chef des Mongols, et l’empereur chinois Kangxi. Lhazhang Khan, petit-fils de Güshi Khan, envahit le Tibet en 1705, apportant avec lui un nouveau dalai lama, Ngawang Yeshi Gyatso, intronisé en 1707 mais non reconnu par Gelugpa. En 1706, Tsangyang Gyatso a été évacué à Gongganor au sud de Kokonor où il meurt – assassiné, pensent les historiens – ou disparait mystérieusement vers la Chine ou la Mongolie selon la légende. Les Tibétains cherchent de l’aide auprès d’une autre branche kalmouke, les Dzungar, qui ont raison de Lhazhang Khan mais s’installent à Lhassa où ils n’en font qu’à leur tête. C’est ce qui amène l’intervention militaire chinoise de 1720. Les troupes chinoises chassent les Dzungars et mettent en place le 7 dalai lama, Kelzang Gyatso, qui reconnaît la Chine comme pouvoir protecteur.

De la vassalité à la colonisation 1720-1908

palais d'été à Chengde) : de gauche à droite, le mandchou, l'ouïghour, le chinois, le tibétain et le mongol En 1720, le Tibet devient un État vassal des empereurs de la dynastie mandchoue des Qing qui a réunifié la Chine après l'effondrement des Ming et se ferme aux influences étrangères. Toutefois, ce protectorat chinois se révèle fluctuant à l’usage. Il est réel en périodes troublées (guerre civile, rébellions…), avec une main mise sur la politique intérieure ; il s’avère beaucoup plus souple en temps calmes, marqué par un retrait des Chinois qui se contentent de remplir leur rôle de protecteur ; ainsi, en 1791, ils interviennent pour stopper une tentative d’invasion des Gurkhas népalais, puis se retirent. Après la disparition de Qianlong, et à la suite des invasions occidentales, l’affaiblissement de la Chine rend ce protectorat totalement virtuel ; les Chinois n’assurent plus leur rôle de protecteur et laissent les Tibétains se débrouiller seuls face aux agressions étrangères. Les deux Ambans présents à Lhassa, dont les injonctions ne sont jamais respectées par les Tibétains, se contentent d’un rôle de simples observateurs impuissants, et maintiennent uniquement l’illusion de la domination chinoise. Le Tibet est tombé sous la coupe d’une Chine ambitieuse et expansionniste, du fait de ses dissensions internes, mais il a retrouvé une souveraineté de facto au XIXème siècle, tout en acceptant une « dépendance nécessaire » (une protection militaire), du fait de son statut particulier. Le premier contact du Tibet avec le monde occidental se fait par l’intermédiaire de la Grande-Bretagne, puissance coloniale à la fin du . Sur le plan géopolitique, les Britanniques disaient vouloir anticiper sur d’autres prétentions colonialistes, en particulier celles des Russes dont les ambitions dans la région ont sans doute été surévaluées par les Britanniques. Les premières approches britanniques en direction du Tibet se soldent par des échecs, avec une fin de non-recevoir de la part des autorités tibétaines qui refusent de s’ouvrir aux influences occidentales ou de voir leur territoire traversé par des commerçants. C’est donc vers la Chine, considérée comme puissance tutrice, que les Anglais vont se tourner pour arriver à leurs fins. L’ouverture vers la Chine va s’opérer en deux phases, avec un changement d’orientation très net dans la stratégie anglaise lorsqu’ils percevront clairement la réalité locale. Dans un premier temps, ils multiplient les signatures de traités avec la Chine ; les plus significatifs sont :
- 1876 : la Convention de Chefoo où la Chine accorde un droit de passage anglais au Tibet ; cet accord constitue la première reconnaissance implicite de l’autorité chinoise sur le Tibet par une puissance occidentale ;
- 1890 : le Traité de Calcutta qui fixe la frontière entre le Sikkim anglais et le Tibet ;
- 1893 : le « Tibet Trade Regulation » qui autorise le commerce britannique au Tibet et leur permet d’ouvrir un comptoir commercial à Yatung, en territoire tibétain. Ces traités légitiment les revendications de souveraineté chinoise et son « droit » à mener la politique extérieure du Tibet. L’Angleterre admet une quasi-souveraineté chinoise car cela va dans le sens de ses propres intérêts, mais va très vite prendre conscience que la Chine n’a aucun moyen pour imposer ces accords au Tibet. les Tibétains entendent rester maîtres de leur territoire et de leurs choix et ne se sentent pas concernés par des conventions signées par dessus leur tête ; ils refusent donc catégoriquement de les appliquer. Dès qu’ils comprennent que la souveraineté chinoise n’est que nominale, les Britanniques changent de stratégie et traitent directement avec Lhassa :
- En 1899, une première tentative de Lord Curzon, Vice-Roi des Indes, d’établir un contact direct est éconduite poliment ;
- En 1904, devant l'impossibilité d'imposer pacifiquement leur présence, les Britanniques lancent une opération militaire au Tibet ; menée par le colonel Francis Younghusband, elle vise officiellement à sécuriser l’Empire des Indes menacé par une éventuelle mainmise de la Russie sur le Tibet. Cette opération aboutit à l’occupation de Lhassa et à la fuite du 13 Dalaï Lama. L'extrême brutalité de cette action militaire, marquée par le massacre de la défense tibétaine, convaincra les Tibétains de l'intransigeance britannique ;
- Un traité signé à Pékin le 27 avril 1906 permet à la Chine de réaffirmer sa suzeraineté sur un Tibet fermé aux étrangers, alors que, dans le mouvement de ce qui a été appelé le « dépeçage de la Chine », le Royaume-Uni s’attribue au Tibet des privilèges commerciaux et diplomatiques ;
- En 1907, les Britanniques imposent la signature du Traité de Lhassa qui entérine leur présence au Tibet, matérialisée par une représentation à Lhassa et trois bases commerciales, et contraint les Tibétains au versement d’une indemnité. Après avoir compris que l'emprise chinoise n'était que virtuelle, les Britanniques ne vont ainsi plus s’adresser qu’aux seuls Tibétains, reconnaissant implicitement la souveraineté du Tibet. Cette perception de la situation locale par les Britanniques sera d'ailleurs confirmée par l’accord anglo-russe de 1907, où il est fait allusion à la suzeraineté chinoise, et non à sa souveraineté ;
- En 1908, les Britanniques retirent leurs troupes du Tibet mais continuent, en vertu des traités, d’y exercer un droit de regard.

De la destitution à une autorité retrouvée 1904-1929

En 1904, le 13 Dalaï lama, que l'expédition militaire britannique de Younghusband avait contraint à s'enfuir vers Ourga en Mongolie, est reçu par le Khutuktu et les représentants russes. Mais le Tsar, qui mène une guerre qu’il va perdre contre le Japon, ne peut pas voler au secours du Tibet. Pékin destitue le 13 Dalaï lama qu'il accuse de lâcheté. Les Anglais recevront des dommages de guerre en soixante quinze versements annuels et occuperont la vallée du Tchumbi, tant que la somme convenue ne sera pas soldée. Le Tibet s'engage à ne pas céder ou louer une partie de son territoire sans l'accord de la Grande-Bretagne. Aucune puissance étrangère ne sera autorisée à envoyer des représentants officiels ou des personnes privées au Tibet, quelles que soient les motifs de leur séjour, que ce soit pour construire des routes, des voies ferrées, installer le télégraphe, prospecter ou exploiter des mines, sans le consentement de Londres. L'accord est signé, avec apparat, dans la salle du trône du Potala, à la demande du chef de l'expédition britannique. Les troupes peuvent se retirer de Lhassa. Les Anglais vont occuper pendant 75 ans une partie du territoire tibétain. Cet accord, négocié sans la participation des Chinois, est parfois interprété comme une reconnaissance implicite de l'indépendance du Tibet par les Anglais. Les traités passés avec la Grande-Bretagne restreignaient cependant la souveraineté du Tibet, celui-ci ne pouvant pas autoriser la venue d'étrangers sur son territoire sans l'accord de Londres; l'ouverture de relations diplomatiques avec des puissances présentant une menace potentielle pour l'Empire des Indes aurait donc été très difficile. En 1905, la Chine entreprend la construction d’un télégraphe destiné à relier au Sichuan la ville de Chamdo (Kham), un important nœud de communications. Pékin envisage de recoloniser la région et d’en exploiter les ressources minières. L’afflux de Chinois provoque un début de disette à Batang. Le nouvel envoyé de Pékin, Zhao Erfeng, qui vient d’y arriver, souhaite réduire le nombre des moines considérés comme des bouches inutiles. Animée par les monastères gelugpas, qui menacent de mort tous ceux qui aideraient les Chinois, le soulèvement gagne toutes les régions du Kham. Le général mandchou Zhao Erfeng envahit l'est du Tibet avec une extrême brutalité. Ses troupes rasent les monastères, massacrent les moines, décapitent les fonctionnaires tibétains et installent des Chinois à leur place avec l’approbation des Français et aussi celle des Britanniques. L’éradication du bouddhisme tibétain et la colonisation du Kham sont les buts avoués de l’entreprise. Des paysans du Sichuan doivent remplacer les Khampas chassés de leur terre. En 1906, le 13 Dalaï lama quitte Ourga. Les Chinois négocient avec les Britanniques le traité de Pékin. Echaudés par les déconvenues qu’ils viennent d’essuyer, affaiblis par la chute du ministère Balfour à Londres, les Anglais décident de se montrer conciliants avec les Chinois. La convention de Lhassa est aménagée. Il n’y aura pas d’occupation anglaise du territoire tibétain. L’indemnité de guerre se règlera en trois fois. La suzeraineté de la Chine sur le Tibet est réaffirmée. Cette dernière puissance règle les sommes dues aux Anglais par les Tibétains. Les rivalités des grandes puissances ont renforcé la tutelle de la Chine qui s’affaiblissait. Le Tibet est devenu le jouet d’enjeux qui le dépassent et qu’il ne peut pas maîtriser. L’étouffement dans le sang de la révolte des Khampas et la volonté affichée par la Chine impériale de coloniser la région, avec l’accord des Français et des Britanniques, marque un tournant dans l’histoire du Pays des Neiges. Au début du XXe siècle, son avenir est en train de se décider. Le Dalaï lama réside à Kumbum jusqu’à 1908. En 1907, l’amban de Lhassa exige la destitution de Youthog Phuntsog Palden accusé d’être le responsable de l’ouverture des marchés britanniques au Tibet. Un programme de réforme est élaboré. Il prévoit la création à Lhassa d’un hôtel des monnaies. La mise sur pied d’une armée et la réduction des privilèges accordés aux religieux. Le recours à des mandarins est envisagé. Zhao lance un train de réformes dans les territoires sous son contrôle. L’administration est partagée entre Chinois et Tibétains. L’influence des monastères est réduite par l’interdiction de s’agrandir et la réduction du nombre de leurs moines. Des écoles sont ouvertes. Le servage est aboli. Un état civil est créé. La fiscalité est modifiée. La monnaie mandchoue et les lingots d'argent sont les seuls admis comme moyen de paiement. L’hygiène corporelle et le port du pantalon sont imposés. Les colons chinois sont incités à s’installer dans la région. Leur mariage avec des Tibétaines est encouragé… Bref, la sinisation du pays est en marche. Mécontente de la concurrence commerciale que lui impose l’Angleterre au Tibet, la Chine interdit l'usage des roupies indiennes à l'ouest des terres sous son contrôle et envisage la création d'une banque à Lhassa. En 1908, le 13 Dalaï lama s’installe au Wutai Shan (Shanxi). Il y reçoit de nombreux visiteurs étrangers et cherche à nouer des relations diplomatiques. Il souhaite se rapprocher de la France. A cette fin, il admet l’ouverture de missions catholiques au Tibet à condition que les conflits qui les opposeraient aux monastères bouddhistes soient réglés par Lhassa. Ces tentatives resteront sans lendemain. Paris craint de mécontenter Londres, Saint-Pétersbourg et Pékin. La stabilité européenne milite pour une entente avec les deux premières capitales. Une brouille avec la Chine hypothèquerait la situation du Tonkin. Et puis, les contrats économiques proposés par la Chine sont beaucoup plus juteux que ceux du Tibet. Le 13 Dalaï Lama se rend à Pékin. On l’oblige à fléchir le genou devant Cixi, l’impératrice douairière pour marquer sa dépendance. Mais il ne se laisse pas intimider. Un décret le rétablit dans ses fonctions de chapelain de la cour mandchoue. Un second amban s’installe à Lhassa. La tentative de main mise chinoise se confirme. Nouveau traité sino-britannique signé à Calcutta. Après des débats houleux, la Convention de 1893 est confirmée. La Chine est militairement garante de l’application de l’accord au Tibet. En 1909, le 13 Dalaï Lama retourne à Lhassa. Il se montre gracieux avec les Tibétains et ignore ostensiblement les Chinois. Le cœur des soldats chinois est noir de rage, selon l’expression de l’un d’entre eux. Le 13 Dalaï Lama crée un Bureau des affaires étrangères, embryon d’un futur ministère. Une armée chinoise entre au Tibet soit disant pour faire respecter les accords sino-britanniques. La chine entend en réalité prendre sa revanche, suite à l'agression britannique, et affirmer son autorité sur le Pays des Neiges. Le second amban est destitué. Il aurait tenté de négocier avec l’entourage du Dalaï lama. Le Dalaï lama réclame l’aide de Saint-Pétersbourg. Les ambassadeurs du Japon, de la France, de la Russie et de la Grande-Bretagne à Pékin sont approchés par des émissaires tibétains. Le Japon s’interroge. Les autres puissances préfèrent privilégier leur alliance avec la Chine. L'armée chinoise de Zhao Erfeng entre à son tour à Lhassa. L’intention des Chinois est d’arrêter le Dalaï lama et de mettre à mort trois de ses ministres. Le Dalaï Lama est contraint de fuir une seconde fois. Des unités de l’armée tibétaine se sacrifient pour arrêter ses poursuivants. Il se réfugie en Inde chez les Britanniques. En 1910, le Dalaï-lama est destitué par les Chinois en termes méprisants, juste avant la chute de l'empire en 1911. Un gouvernement prochinois est constitué. Le 9 Panchen lama, resté au Tibet, refuse la proposition des Chinois de remplacer le Dalaï Lama. Les démarches engagées par le Dalaï lama pour solliciter l’intervention des puissances étrangères demeurent lettre morte. Les Anglais reconnaissent le nouveau gouvernement tibétain installé par les Chinois. La situation instable du sous-continent ne les incite pas à risquer une confrontation avec l’empire mandchou. Les Anglais s’opposent même à un déplacement du Dalaï Lama en Russie. Tant qu’il sera sur leur territoire, il devra cantonner son action aux affaires religieuses. En 1911, le 13 Dalaï Lama profite de son exil en Inde pour s’initier à la politique étrangère. L’idée de créer une armée nationale germe dans son esprit. Il entre secrètement en relation avec la résistance tibétaine et prépare une insurrection. Zhao Erfeng est décapité par les révolutionnaires chinois à Chengdu. En 1912, le 13 Dalaï Lama revient à Lhassa. Le Tibet profite de la révolution de 1911 pour remettre en cause la présence chinoise sur son territoire et expulser les troupes chinoises. Mandaté par le Dalaï lama, Dordjieff (ou Agvan Dorjiev (1853/54–1938)) se rend en Russie pour obtenir la reconnaissance de l’indépendance du Tibet. La même démarche est entreprise auprès de la France et de l’Angleterre. Tous ces efforts resteront vains. La Chine étant hors jeu, les cartes vont être redistribuées en Asie et les nouvelles zones d’influence ne sont pas encore attribuées. Une reconnaissance prématurée de l’indépendance du Tibet serait de nature à réduire la marge de manœuvre des puissances coloniales en le soustrayant par avance à leurs appétits. En 1913, un accord de reconnaissance mutuelle d’indépendance est signé entre la Mongolie et le Tibet. Les relations établies entre les deux nations permettent l’acheminement d’armes japonaises du Japon vers le Tibet en transitant par la Mongolie. Le 8 janvier et le 14 février 1913, le 13 Dalaï lama, Thubten Gyatso, proclame l'indépendance de son pays par une proclamation publique et un discours resté célèbre. Conscient des forces centrifuges qui travaillent le Tibet, il exhorte son peuple à l’union sous sa bannière, celle de Songtsen Gampo dont il se veut l’héritier. En 1924, le Panchen lama se réfugie à Nankin. En 1929, la Chine accepte de reconnaître l'autorité du Dalaï-lama, mais obtient certains avantages en échange.

De 1929 à 1949

En 1929, Tchang Kaï-chek envoie l’abbé du Temple Jaune de Pékin auprès du 13 Dalaï lama. Ce dernier accepte un échange de représentants à condition que la Chine lui fournisse des armes. Les négociations tournent court. En 1930, un conflit armé entre 2 monastères du Kham dont l'un est soutenu par les troupes chinoises d’un seigneur de la guerre chinois. Les Chinois sont repoussés et les guerriers khampas entrent au Sichuan. Le 9 Panchen lama occupe une place d’honneur à la conférence de révision de la constitution chinoise. La suzeraineté de la Chine sur la Mongolie et sur le Tibet y est rappelée. En 1932, une nouvelle tentative de conquête chinoise au Kham à l'initiative d’un seigneur de la guerre chinois. Les territoires perdus face aux Tibétains sont récupérés. Le Panchen lama, nommé par la Chine commissaire pacificateur des provinces frontières de l’ouest, est courtisé par les factions chinoises. Des démarches diplomatiques du Potala s'engagent, y compris auprès de la SDN, mais sans résultat. Des négociations s'ouvrent avec la Chine pour régler le problème frontalier. Le 13 Dalaï lama accepte de reconnaître la suzeraineté de la Chine. En 1933, le 13 Dalaï lama meurt prématurément. Il aurait choisis de partir afin qu'un Dalaï Lama plus jeune ne soit présent lors de l'intervention chinoise, comme cela fut suggéré. Voici quelques lignes prémonitoires extraites de son testament écrit alors que la Mongolie est devenue une république populaire : Il se peut qu’un jour, ici, au cœur du Tibet, la religion et l’administration soient attaquées simultanément, du dehors et du dedans. A moins de sauvegarder nous-mêmes notre royaume, il arrivera que les Dalaï Lamas et les Panchen Lamas, le père et le fils, les dépositaires de la Foi, les glorieuses Réincarnations soient jetés à terre et leurs noms voués à l’oubli. Les communautés monastiques et le clergé verront leurs monastères détruits… Les administrations des Trois Grands Rois Religieux (Tri Songtsen Gampo, Trisong Detsen et Tri Ralpachen) seront affaiblies. Les fonctionnaires de l'Etat religieux et séculier, se verront saisis de leurs terres et de leurs autres possessions. Et, eux-mêmes devront servir leurs ennemis, ou errer dans le pays comme des mendiants. Tous les êtres seront plongés dans des grandes difficultés, les jours et les nuits sombreront lentement dans les souffrances. Ne soyez pas des traîtres vis à vis de la communauté religieuse ou de l'Etat en travaillant pour un autre pays que le vôtre. Le Tibet est heureux, et dans le confort maintenant. La situation est entre vos mains. Dans ce document, il insiste sur la nécessité d’entretenir de bonnes relations de voisinage avec l’Inde, dominée par les Anglais, et la Chine, encore nationaliste. Il exhorte laïcs et religieux à faire front contre les dangers qui menacent le pays. La Chine profite de la vacance du pouvoir pour renouer les négociations avec le Tibet. Les autorités tibétaines reconnaissent sa tutelle mais entendent que l’armée et les relations internationales demeurent en leur pouvoir. Le Panchen lama accepte une escorte chinoise pour rentrer à Tashilhunpo. En 1935, le 14 Dalaï lama naît dans l' Amdo. En 1936, le Panchen lama rencontre le régent à Jyekundo (Préfecture autonome tibétaine de Yushu) et lui fournit des indications pour trouver le tulkou du Dalaï lama. En 1938, l'agression japonaise et des victoires communistes contraignent le gouvernement de la République de Chine à fuir au Sichuan. Des centaines de civils, effrayés par les exactions nippones, se réfugient à l’ouest de la Chine dans des territoires autrefois tibétains. Ceux-ci vont désormais être majoritairement peuplés de Chinois. Un seigneur de guerre chinois musulman, Ma Bufeng, terrorise les populations de l’Amdo sur lesquelles il prélève des contributions. 1939 voit la création du Parti communiste du Tibet par Phuntsok Wangyal. En 1940, le 14 Dalaï lama est enfin intronisé dans sa capitale. Un représentant de la Chine nationaliste arrive à Lhassa. Il ne jouera pratiquement aucun rôle, sauf celui de faciliter le retour à Shigatse de la dépouille du Panchen Lama. En 1941, Tchang Kaï-chek se rend à Lhassa où il visite le monastère de Drepung. 1942 voit la création de l'office des affaires étrangères du Tibet. En 1943, un projet d’ouverture d’une route militaire d’approvisionnement entre l’Inde et la Chine via le Tibet inquiète Lhassa qui réplique en expulsant le représentant de la Chine. L'office tibétain des affaires étrangères prévient le gouvernement nationaliste chinois qu’il devra désormais s’adresser à lui. Une sorte de ministère des Affaires étrangères est ainsi créé à Lhassa. Les troupes de Tchang Kaï-chek s’apprêtent à envahir le Tibet à partir du Sichuan pour construire la route. La Chine nationaliste exige aussi la fermeture de l'office tibétain des affaires étrangères. Heinrich Harrer, un alpiniste autrichien, évadé du camp de prisonniers anglais de Dehradun, où il était prisonnier de guerre, arrive à Lhassa. Il a réussi à franchir l'Himalaya et à traverser les déserts du plateau central, ce qui constitue un véritable exploit. Il restera plusieurs années au Tibet. En 1944, Phuntsok Wangyal crée à Lhassa une organisation secrète d’inspiration communiste: « L’Association des Jeunes Tibétains sous Serment. » Le régent accepte l’ouverture d’une école anglaise à Lhassa, pour la formation de techniciens en télégraphie et en électricité. Sous la pression des conservateurs religieux, elle fermera au bout de quelques mois. Les Tibétains voudraient obtenir des Anglais la participation de leur pays aux accords de paix qui mettront fin à la seconde guerre mondiale. Londres se montre évasive. Les Tibétains affirment leur volonté d’indépendance. En violation des accords de Simla, ils exigent la possession de visas aux Chinois entrant sur leur territoire et prétendent régler le sort des populations du Kham et de l’Amdo sous administration chinoise. Des émissaires du Tibet se rendent à l’ouverture de l’Assemblée constituante de Chine. Ils vont s’y trouver aux côtés des représentants de l’Amdo et du Kham sous contrôle chinois. Ils quitteront l’Assemblée avant la fin des travaux pour ne pas avoir à signer l’acte d’allégeance à la Chine. L'Inde obtient son indépendance et la Grande-Bretagne se désengage vis à vis de Lhassa. Le vice-roi des Indes annonce au gouvernement tibétain que les Britanniques ne sont plus en mesure de respecter les accords signés par ses prédécesseurs. Le gouvernement indien se considère comme l’héritier des accords passés par la puissance impériale. Lhassa se refuse à reconnaître les droits revendiqués par New Delhi. Les Tibétains viennent de s’attirer l’animosité de leur puissant voisin du sud. Les représentants du Tibet siégent avec leur drapeau parmi les délégations de 32 nations à la conférence pan asiatique réunie à New Delhi. 1949, Mao Tse Toung triomphe en Chine continentale et instaure la République populaire de Chine. Tchang Kaï-chek et les nationalistes s'enfuient à Taiwan. Encouragés par l’arrivée au pouvoir de Mao en Chine, Phuntshok Wangyal et son « Association des Jeunes Tibétains sous Serment » réclament un changement de gouvernement et l’avènement d’une société moderne et démocratique. Le pouvoir de Lhassa réplique en décidant l’expulsion de tous les Chinois et des signataires de la pétition. Les relations avec les autorités chinoises sont rompues. Une levée de boucliers et des bruits de bottes intempestifs accompagnent ces mesures. Le Tibet fait acte de candidature à l’ONU. Mais il est diplomatiquement isolé. Personne ne le soutiendra. De plus, cette candidature se heurterait au veto de l’URSS.

De 1949 à nos jours

La prise de contrôle par la Chine communiste

En 1949, Armée populaire de libération intervient au Tibet, juste après la chute du gouvernement nationaliste chinois. En 1950, la Chine annonce ce qu'elle appelle la « libération » du Tibet. En 1951, l'armée chinoise pénètre dans Lhassa. Par l'Accord en 17 points sur la libération pacifique du Tibet signé à Pékin le 23 mai 1951 par la délégation tibétaine, sans l'accord officiel de son gouvernement (document de l'Administration Centrale Tibétaine), le Tibet devient une province de la Chine, officiellement gouvernée par le Dalaï lama et le Panchen lama. Ces événements marquent pour le Tibet l'instauration d'un nouveau régime qui le place sous la dépendance du gouvernement de Pékin. Cependant, ce dernier retarde la mise en œuvre des réformes communistes dans la province nouvellement sous contrôle, et ne les introduit que dans les régions plus anciennement intégrées à des provinces chinoises, appartenant aux provinces historiques tibétaines du Kham et de l'Amdo . En 1956 débute à Litang dans le Kham une révolte des Tibétains, qui s'étend la même année à ses autres secteurs, puis en 1957 et 1958 à l’Amdo, et en 1958 et 1959 à Ü-Tsang, le cœur du Tibet nouvellement intégré à la République populaire de Chine. En même temps, entre 1957 et 1961, les Américains ont entraîné des guérilleros tibétains, dans le but de la guerre froide.

La révolte de 1959

Un soulèvement du peuple tibétain débute en mars 1959, suite à une rumeur selon laquelle les autorités chinoises seraient sur le point d'arrêter le Dalaï lama , p. 71. Le , le Dalaï-Lama, qui sent sa vie menacée, se décide à s'enfuir en traversant l'Himalaya pour rejoindre l'Inde, accompagné des membres du gouvernement tibétain, où il arrive le 31 mars. La révolte est durement réprimée par l'armée chinoise. Selon un document présenté comme un rapport secret de l'armée chinoise, tibétains auraient été éliminés dans la région de LhassaUn document d'origine chinoise fournit des détails sur l'origine du chiffre de tibétains tués : , Yan Hao (Institute of Economic Research, State Department of Planning Commission, Beijing), p. 20, note 21 : il s'agirait d'un document secret de l'Armée chinoise datant de 1960, dont la résistance tibétaine se serait emparé en 1966, et qui a été publié pour la première fois en 1990 en Inde par une organisation bouddhiste tibétaine. Dans ce document il est dit que 87000 tibétains ont été "éliminés", ce qui d'après certains ne voudrait pas forcément dire "tués"., , tibet-info.net : "Selon une estimation chinoise, près de 87 000 Tibétains furent massacrés dans le seul Tibet central.", , Le passé composé, n°3, mars 2001 : "Selon une estimation chinoise, près de 87 000 Tibétains furent massacrés dans le seul Tibet central.", , globalsecurity.org : "An estimated 87, 000 Tibetans were killed, arrested, or deported to labor camps"., , savetibet.org : "This marks the forty-first anniversary of the 1959 Lhasa uprising over the course of which over 87, 000 Tibetans were killed, arrested, or deported to labor camps by the People's Liberation Army." . Depuis, le 14 Dalaï Lama réside à Dharamsala. Réfugié en Inde où l'ont rejoint plus de compatriotes tibétains, il forme le gouvernement tibétain en exil dès 1959. Des résistants — les Khampas, originaires de la région du Kham — réfugiés dans les montagnes népalaises et soutenus par l'Inde et les États-Unis (dans une stratégie d'endiguement du communisme), mèneront une lutte armée contre les Chinois. Dans le chapitre « La résistance tibétaine au Tibet », notamment « Des guerriers Khampas furent emmenés aux États-Unis dans un camp d’entraînement du Colorado, Camp Hale, où la CIA leur enseigna les techniques de guérilla et le maniement d’armes modernes. » et « La deuxième raison tient au refus de l’Inde, partenaire de l’opération, de risquer un affrontement avec son puissant voisin. », , How the CIA sponsored and betrayed Tibetans in a war the world never knew about. . Au Tibet, le Panchen lama dirige le gouvernement, avant d'être destitué en 1965.

La mise en place des « réformes » et la Révolution culturelle

À partir de 1959, juste après avoir réprimé ce qu'il qualifie de révolte de l'ancienne classe privilégiée du vieux Tibet, le gouvernement communiste met en place au Tibet une série de réformes, notamment l'abolition du servageCent questions sur le Tibet, publication du gouvernement chinois, 2001. Extrait de la réponse à la question 13 : . En 1959-1961 le « Grand bond en avant » provoque au Tibet ainsi que dans d'autres régions de la Chine une famine qui fait des dizaines de milliers de victimes. Les Chinois engagent en 1961 la collectivisation de l'économie tibétaine. Mao fait construire des routes et des écoles. Selon des Tibétains en exil, la scolarisation aurait à cette époque été faite uniquement en langue chinoise, et l'apprentissage du tibétain aurait été interdit, The Department of Information and International Relations: Central Tibetan Administration, 1996. p. 75-76. . Selon certaines sources occidentales, des dizaines de milliers de femmes tibétaines auraient été contraintes par la force à épouser des colons chinois article de Nano Riley, automne 1996, citant le documentaire , réalisé par le réalisateur californien Ellen Bruno : , et de nombreuses autres auraient été l'objet d'esclavage sexuel et de prostitution au sein de l'armée chinoise Sur http://www.tibetjustice.org, le site du Tibet Justice Center, anciennement International Committee of Lawyers for Tibet. .. En 1966, éclata la Révolution culturelle qui atteignit le Tibet en août : gardes rouges à Lhassa se livrent à toutes les déprédations et se combattent en factions rivales. Toute pratique religieuse est interdite et la destruction des monastères se poursuit. Sur un total de moines et nonnes, plus de sont torturés et mis à mort et défroqués de force. Les objets culturels en métaux précieux sont pillés ou fondus. Plus de 6000 temples et monastères seront détruits, The Department of Information and International Relations: Central Tibetan Administration, 1996. p. 85. sur http://www.tibetanculture.org. sur http://www.savetibet.org. . En 1970, les premières communes populaires sont créées. La collectivisation est achevée en 1975. La population tibétaine est soumise à des séances de rééducation d'une violence extrême, allant jusqu'à des exécutions sommaires. Le gouvernement tibétain en exil estime à 1, 2 million de morts tibétains le bilan de la répression maoïste entre 1949 et 1979. . "Over 1.2 Million Tibetans Died Under Chinese Rule, " Tibetan Review, March 1984, p 7., The Department of Information and International Relations: Central Tibetan Administration, 1996. p. 53. .Le document chinois , Yan Hao (Institute of Economic Research, State Department of Planning Commission, Beijing) présente un tableau détaillé avancant le chiffre de 1, 278, 387 de morts tibétains, page 19 (Table 4 : Distribution of Tibetan deaths directly resulting from China’ s invasion, by causes of death and regions (1949–79)) dont la source indiquée est "l'Office du Tibet, Human Rights, 1984".La page sur http://www.tibet.com, le site basé à Londre du gouvernement tibétain en exil, au chapitre "1949-1979: Killings and destructions" on peut lire: et avec un tableau détaillé donnant le chiffre total de 1, 207, 387 de morts tibétains.Tendzin Choegyal, le conseiller du Dalai Lama, dans un discours fait en 1999 au Hillsdale’s Center pour un seminaire sur les alternatives constructives, intitulé "Faith and Freedom Around the World" : . Tendzin Choegyal, "The Truth about Tibet" Imprimis (publication of Hillsdale College, Michigan), April 1999. Un dossier du groupe interparlementaire d'amitié liant le Sénat français au Tibet, intitulé "" , chapitre "2.3. Bilan de l'occupation du Tibet par la Chine" avance : ..

L'après Révolution culturelle

En 1980, Hu Yaobang alors Secrétaire Général du Parti Communiste visite le Tibet. Ce qu'il va découvrir va l'inciter à promouvoir une politique pragmatique au Tibet, demandant le retrait de milliers de cadres Han chinois de la Région Autonome du Tibet, et pensant qu'il fallait donner les pouvoirs aux Tibétains pour administrer leurs propres affaires. Parmi ses propositions de réforme, négligés par le Parti, on peut noter : accord d'une autonomie régionale au Tibet ; retrait des cadres superflus ; aide aux Tibétains pour l'élevage et l'agriculture ; et revivifier l'économie du Tibet en diminuant les charges fiscales pesant sur ses citoyens. Malheureusement, ce réformateur favorable à la démocratie meurt d'un infarctus, le 15 avril 1989. Sa mort a été un élément déclencheur majeur des Manifestations de la place Tian'anmen. Les Tibétains se souviennent de Hu Yaobang comme du seul dirigeant chinois à avoir formuler des excuses officielles envers eux pour les actions du Parti au Tibet. Interdit depuis 1966, le Festival de la grande prière (Monlam) a été rétabli en 1986, décision marquant le retour officiel de la pratique religieuse au Tibet. Cela a permis au 10 Panchen lama de retrouver l’important rôle religieux qu’il avait perdu. Si la fête de l’année 1987 s’est terminée dans la joie, celles de 1988 et 1989 se sont achevées par des manifestations violentes : les 5 mars 1988 et 1989, les Tibétains ont choisi le dernier jour du Festival de la grande prière pour clamer bruyamment leur mécontentement. Quant à celle de 1990, elle fut annulée pour cause de loi martiale. Depuis 1980, la Chine entrepose au Tibet ses déchets nucléaires.notamment sur l'ancien site de production d'armes nucléaires situé près du lac Qinghai, dans le comté de Haiyan de la province du Qinghai : Le gouvernement chinois accusa le congrès d’ingérence dans les affaires intérieures de la Chine et exécuta en public 2 Tibétains et la condamnation de 9 autres Tibétains devant personnes. Quelques jours plus tard, un groupe de 30 moines du Monastère de Drepung organisent une manifestation à Lhassa le 27 septembre 1987. Beaucoup furent arrêtés, emprisonnés et torturés pendant plusieurs mois. Le 1 octobre 1987, un groupe de moines du Monastère de Séra organisent une nouvelle manifestation qui se transforme en violentes émeutes. Le 6 octobre 1987, 12 Tibétains furent tués au cours d'une manifestation pacifique, environ 600 furent arrêtés, emprisonnés et torturés. Le gouvernement chinois accorda au 10 Panchen lama le nouveau rôle de stabilisateur et de modérateur après ces émeutes. Le Panchen lama qui était maintenu à Pékin se rendit alors au Tibet dans le but d’examiner la situation sur place. En dépit de cela, de nouvelles manifestations éclatèrent à Lhassa en mars 1988. Peu après, le 4 avril, Nagpo Ngawang Jigme condamna violemment l’attitude des Tibétains tandis que le 10 Panchen Lama évitait d’accuser le 14 Dalaï Lama d’être à l’origine des troubles. Le 10 Panchen Lama était devenu l’indispensable médiateur entre les Tibétains et le Parti communiste chinois. À ce titre, le lendemain, il fut officiellement réhabilité. A partir de 1988, le 10 Panchen Lama se fit plus actif. Il chercha à rétablir l’usage de la langue tibétaine dans l’administration et il ouvrit des instituts bouddhiques. Surtout, il dénonça l’absurdité de certaines des politiques conduites au Tibet. En janvier 1989, il se rendit à son Monastère de Tashilhunpo dans le but d’inaugurer un stupa rénové rassemblant les dépouilles des précédents Panchen Lamas profanés par les Gardes Rouges. Il y prononça un discours très incisif envers le Parti communiste chinois, puis mourut brutalement le 28 janvier, officiellement d’une crise cardiaque. En mars 1989, la loi martiale est décrétée par le secrétaire provincial du Parti communiste Hu Jintao.

La question tibétaine sur la scène internationale

La Commission internationale des juristes fut saisie de la question tibétaine dès mai 1959. Cette organisation non gouvernementale ayant un statut consultatif auprès du Conseil économique et social de l'ONU rédige un premier rapport qui conclut que le Tibet était un État indépendant de fait avant 1950 : il était formé d'un territoire, d'une population et d'un gouvernement libres de toute immixtion étrangère. Selon ce rapport, la Chine aurait violé l'accord en 17 points, Point 26 (b) et se serait rendue coupable de génocide, Point 27 : aux termes de la Convention pour la prévention et la répression de génocide adoptée par les Nations unies en 1948. Un second rapport a été publié après enquête. En septembre 1959, le Dalaï Lama en appelle à l'ONU avec l'espoir que l'organisation prenne enfin une position claire face à la Chine. Grâce au soutien de l'Irlande, de la Malaisie et de la Thaïlande, le Tibet a gain de cause. Le 21 octobre, l'Assemblée générale de l'ONU adopte une première résolution où elle se déclare gravement préoccupée et consciente de la nécessité de préserver les droits élémentaires des Tibétains. En 1960, après la publication du second rapport de la Commission internationale de juristes, le Dalaï Lama lance un second appel à l'ONU. Pour la deuxième fois, l'Assemblée générale vote une résolution constatant la violation des droits de l'homme et des règles internationales et mettant la Chine en demeure de les respecter. Le 18 décembre 1965, l'ONU vote une troisième résolution dénonçant la violation continuelle des droits fondamentaux des Tibétains. L'Inde, qui jusqu'alors s'était toujours abstenue sur la question tibétaine, l'a votée. Mais le silence de la République populaire de Chine n'entraîne aucune mesure de coercition de la part des États membres de l'ONU. En 1987, le Dalaï lama présente son Plan de paix en cinq points pour le Tibet qui propose (1)la transformation de l'ensemble du Tibet en une zone de paix, (2) l'abandon par la Chine de sa politique de transfert de population qui met en danger l'existence des Tibétains en tant que peuple, (3) le respect des droits fondamentaux et des libertés démocratiques du peuple tibétain, (4) la restauration et la protection de l'environnement naturel du Tibet, ainsi que cessation par la Chine de sa politique d'utilisation du Tibet dans la production d'armes nucléaires et pour y ensevelir des déchets nucléaires, (5) l'engagement de négociations sérieuses à propos du statut futur du Tibet et des relations entre les peuples tibétain et chinois. Le Prix Nobel de la paix décerné au Dalaï-lama en mars 1989 a été le début d’une prise de conscience internationale de l’urgence d’une solution pacifique au Tibet; il a constitué aussi un énorme encouragement pour l’ensemble du peuple tibétain.

L'organisation administrative actuelle du Tibet

La totalité de l'Amdo et une partie importante du Kham sont annexées aux provinces chinoises du Qinghai, du Sichuan, du Gansu et du Yunnan. La partie restante du Tibet, composée de Ü-Tsang et d'une petite portion du Kham a été dénommée en septembre 1965 par les autorités chinoises « Région autonome du Tibet ». Aujourd'hui la Chine ne se réfère qu'à cette région lorsqu'elle parle du Tibet.

Controverses

Drapeau du Tibet (1912-1959) dans sa version présentée par le 13 Dalai Lama, Thubten Gyatso, en 1912 qui continue à être employée par le gouvernement tibétain en exil, mais est proscrite par la République populaire de Chine. Son origine remonte au VII siècle sous le règne du roi du Tibet Songtsen Gampo.

Invasion-Colonisation vs. Libération-Modernisation

Cette section présente les deux visions de l'histoire, dans le but d'avoir le point de vue de chaque camp.

Pour le gouvernement tibétain en exil et l'Occident : une invasion suivie d'une colonisation

L'Occident et le gouvernement tibétain en exil qualifient couramment d'invasion l'entrée de l'APL au Tibet en 1950, The Office of Tibet, sur le site ., . European Parliament, July 13th, 1995. Voir les points A et B de la résolution :
-B) considering that, throughout it history, Tibet succeeded in maintaining a national, cultural and religious identity distinct from China until this began to be eroded following the Chinese invasion;
-C) reaffirming the illegal nature of the invasion and occupation of Tibet by the People’s Republic of China; whereas, before the invasion by China in 1950, Tibet was recognized de facto by many countries and whereas it is an occupied territory according to the principles laid down by international law and the resolutions of the United Nations. Le terme de colonisation revient souvent pour stigmatiser l'immigration des colons chinois Han, leur main mise sur l'économie et le pouvoir politique ainsi que l'influence de la culture chinoise au détriment de la culture tibétaine, The Office of Tibet, ., , tibet-info.net. Suivant en cela la tradition impériale, la République populaire de Chine considérerait les peuples des minorités comme barbares, rapport publié par la Campagne Internationale pour le Tibet (ICT) à la veille de la Conférence Mondial Contre le Racisme de l'ONU en 2001.. Elle se sentirait investie d'une mission civilisatrice à leur égard sur http://www.tibet-info.org. : . et mettra en œuvre une politique qui comportera bien des traits du colonialisme classique, sur http://www.chine-informations.com. .. Au Tibet, cette politique se traduit par un afflux de colons chinois, sur http://www.chine-informations.com. . Elle a aussi pour conséquence l'envoi d'enfants tibétains dans la région de Pékin, en vue de les initier à la culture han, sur http://www.chine-informations.com. . L'argument fréquemment utilisé par les Chinois selon lequel les cadres politiques et administratifs de la Région autonome du Tibet sont très majoritairement tibétains ne correspond pas à la hiérarchie réelle en Chine. En effet, le monopole du pouvoir y est détenu dans les faits par le parti communiste, largement dominé par des Chinois d'origine han, ce qui est particulièrement vrai pour le poste stratégique de secrétaire régional du parti pour le Tibet, qui a toujours été dévolu à un membre de cette ethnie« Quelle solution politique pour le Tibet ? », rapport du groupe interparlementaire français d'amitié n° 77 (2007-2008) - 17 octobre 2007 : .

Pour la Chine : une libération suivie d'une modernisation

Pour les chinois, l'unification de la Chine est une idée primordiale. Parcellaire, la Chine a connu des périodes sombres : guerres, famines ont été causées par des luttes fratricides organisées par les colonisateurs et envahisseurs. Le Tibet n'était pas détaché de la Chine, faisait partie de la République chinoise, et la souveraineté de la Chine sur le Tibet était reconnue par toutes les puissances étrangères. D'abord parce que, sur le plan de la légalité internationale, aucun Etat ne conteste l'appartenance du Tibet à la Chine, qui l'occupe depuis sa reconquête par l'armée populaire de Mao en 1949/1950. cf « Le lama et l'empereur », une étude réalisée par le département Humanités et Sciences Sociales de l'École polytechnique C'est la carte mondiale d'époque de la première guerre mondiale, probablement, n'est pas encore influencée par la presse occidentale actuelle. Alors, elle indique bien le Tibet faisait une partie de la Chine à cette époque.. Dept. of the Army, Office of the Chief of Military History, 1953.] Dans cette carte datée de 1943, on peux trouver qu'il n'y a pas de frontière entre la province Yunan et l'Ü-Tsang, elle témoigne que les Etats-Unis soutenaient la souveraineté chinoise au Tibet avant la Chine être prise par les communistes. Au bout de cette carte issue de l'armée américaine, on peux trouver qu'il n'existe pas la frontière d'état entre la Chine intérieure et l'Ü-Tsang, ni le grand Tibet revendiqué par le gouvernement tibétain en exil. Par contre, la mongolie occupée par l'URSS et la Mandchourie occupée par le Japon sont bien indiquées. Ça témoigne que les Etats-Unis soutenaient la souveraineté chinoise au Tibet avant la prise de la Chine par les communistes. Cette carte datée de 1922, réalisée par les britanniques, reconnaît la République de Chine est un pays formé par le Tibet, la Manchourie, la Mongolie, la Région Ouïgour, et les provinces des Hans. Le Tibet a un statut de province de la Chine. indique bien , l'Ü-Tsang équvalant 2 tiers de la Région autonome du Tibet actuelle, a un statut de la Région autonome de la Chine, le Kham et l'Amdo sont incorporés dans les provinces des Hans. En 1950, lorsque les troupes communistes entrent au Tibet, les occidentaux ne s'y opposent pas. L'Inde indépendante a même déclaré en 1949 qu'elle reconnaissait que le Tibet faisait partie de la Chinecf « Le lama et l'empereur », une étude réalisée par le département Humanités et Sciences Sociales de l'École polytechniqueNovembre 1949 : Nerhu reconnaît la suzeraineté chinoise sur le Tibet. Les USA demeurent très prudents. L'URSS soutient les revendications chinoises. Le septième panchen lama Kelzang Tséten, installé au Qinghai, se rallie aux communistes.. Du coté des communistes, comme Shanghaï et Pékin, on parle de libération (解放) du Tibet. Du coté des nationalistes, on considère que la totalité du continent chinois, y compris le Tibet, a été pris par les communistes (陷共). Cependant, comme dans beaucoup d'autres régions de Chine, les guerres et les communistes ont fait beaucoup de victimes. Partie intégrante de la Chine, le Tibet s'est modernisé très rapidement, à commencé par l'abolition du servage et de la torture. Le pouvoir central a consacré beaucoup de crédits au développement de l'ouest et énormément d'ouvriers spécialisés ont été envoyés pour les constructions. La culture tibétaine est préservée en tenant compte des exigences de la modernité : le tibétain est enseigné en maternelle, les cours du lycée sont en mandarin et les étudiants appartenant à la nation tibétaine ont des bonus pour rentrer à l'université (discrimination positive). La langue tibétaine est respectée par l'état chinois, même pendant les années maoïste. Par exemple, le tibétain est écrit sur les monnaies chinoiseshttp://news.phoenixtv.com/photo/200611/1121_24_36164_4.shtml La monnaie chinoise d'édition de 1953 écrite en plusieurs langues de la Chine, y compris le Tibétain, http://news.phoenixtv.com/photo/200611/1121_24_36164_8.shtml La monnaie chinoise d'édition de 1965 écrite en plusieurs langues de la Chine, y compris le Tibétain. La radio nationale de la Chine (中央人民廣播電臺) s'adresse en langue tibétaine depuis 1950http://info.tibet.cn/zt2006/06zt_mzdyxz/06zt_mzdyxz_hn/t20060908_147502.htm Mao s'intéresse à l'émission en Tibétain de la Radio nationale de la Chine. Il existe aussi de nombrueses chaines locales d'émission en Tibétain, par exemple: la Radio en Tibétain de la Province Qinghai est fondé en 1952.http://www.qh.xinhuanet.com/2007-07/21/content_10639075.htm la Radio en Tibétain de la Province Qinghai fête son 55 anniversaire L'université de l'ethnie tibétaine, qui est spécialisée en enseignement de la culture de la langue tibétaine, fondée à Xi'an en 1951, s'est installée à Lhassa en 1965http://www.xzmy.edu.cn/structure/index Le site de l'université de l'ethnie tibétaine. En 1959, le taux d'analphabétisme au vieux Tibet est 97%, celui-ci recule chaque année, actuellement le taux de scolarité est environ de 95% http://www.french.xinhuanet.com/french/2005-08/27/content_155071.htm le taux de scolarité dans la Région autonome du Tibet a une réussite de 94, 7% en 2005. Dans dans les écoles de la région autonome du Tibet, les enseignements sont bilingueshttp://french.cri.cn/1/2005/08/23/44@77338.htm dans les écoles de la région autonome du Tibet, les enseignements sont bilingueshttp://info.tibet.cn/zt2006/zywdccyfz/yyxz/t20060605_120346.htm En 2006, uniquement dans la région autonome du Tibet, l'état emploie 10927 enseignant de la langue tibétaine en temps plein. Un nouveau dictionnaire sino-tibétain《漢藏對照詞匯》de plus sort en Chine en 1976, juste à la fin de la révolution culturellehttp://www.mirrorbooks.com/adds/c10pinglun7.html Un nouveau dictionnaire sino-tibétain《漢藏對照詞匯》de plus sort en Chine en 1976. Jusqu'à maintenant, en Chine, il existe centaine journaux et revues en tibétain , dont 23 sont lancés entre 1949 et 1979.http://tech.sina.com.cn/i/2007-09-18/21251747470.shtml centaine journaux et revues en tibétain en Chine. Les officiers travaillent au Tibet sont obligés d'apprendre le tibétain. http://www.bjpopss.gov.cn/bjpssweb/show.aspx?id=3345&cid=48 les officiers de moins 50ans, qui travaillent au Tibet sont obligés d'apprendre le tibétain, à partie de 1987. Étant un pays communiste, la prostitution et le mariage forcé sont interdits. http://french.china.org.cn/fa-book/4/1.htm en 1950, sa première Loi sur le mariage de la République populaire de Chine, qui abolissait radicalement ce système matrimonial, synonyme de mariage forcé, de machisme et d'indifférence devant les intérêts de l'enfant, pour le remplacer par un nouveau système fondé sur la liberté du mariage, la monogamie, l'égalité entre l'homme et la femme, et la protection des intérêts légitimes de la femme et de l'enfant. La première loi de mariage de la R.P.Chine abolissait radicalement le mariage forcé, pour le remplacer par un nouveau système fondé sur la liberté du mariage, la monogamie, l'égalité entre l'homme et la femme, et la protection des intérêts légitimes de la femme et de l'enfant. Cette loi s'applique au Tibet intérieur en 1950 et à la Région autonome du Tibet en 1960, juste après le révolte de l'ancienne classe privilège. Notamment, fréquenter la prostituée est considéré comme une sale mœurs capitaliste, était strictement éliminées pendant les années maoïste. Malheureusement, l'époque de post-Maoïste, l'état a plus en plus de difficulté contrôler la prostitution, mais le gouvernement a toujours adopté une ligne répressive extrêmement dure à l'endroit des organisateurs de la prostitution.http://en.wikipedia.org/wiki/Prostitution_in_the_People%27s_Republic_of_China Prostitution in the People's Republic of Chinahttp://fr.wikipedia.org/wiki/Prostitution_en_R%C3%A9publique_populaire_de_Chine Prostitution en République populaire de Chine http://es.wikipedia.org/wiki/Prostituci%C3%B3n_en_la_Rep%C3%BAblica_Popular_China Prostitución en la República Popular China http://zh.wikipedia.org/wiki/%E4%B8%AD%E5%9B%BD%E5%A4%A7%E9%99%86%E7%9A%84%E6%80%A7%E6%9C%8D%E5%8A%A1%E4%B8%9A 中国大陆的性服务业 . Quant aux soldats chinois risques d'être expulsés en cas de fréquenter la prostituée. http://law.chinalawinfo.com/newlaw2002/SLC/slc.asp?db=chl&gid=11168 les disciplines militaire de l'APL de 1990 à 2005. Le 3 article, le 10 point :interdire maltraiter les captifs. Le 32 article, le 1 point, punition en cas de violer la loi de l'état ( en Chine, fréquenter une pute est un cas violer la loi), le 15 punition en cas de se permettre des privautés envers une femme. Le 17 punition en cas de regarder les pornographiques. (Note sur la véracité des assertions : Certains éléments contredisent ces affirmations notamment concernant la prostitution et la pratique du marriage forcé., ) Actuellement dans la région autonome du Tibet, Le chef et plus de 70% des membres du gouvernement sont les tibétains même. http://www.tibet40.cn/chinese/zhuanti/tibet40y/952300.htm les tibétains présentent plus de 70% de membres du gouvernement et 80 % de députés en 2002, le niveau départemental ce chiffre est encore haut

De 1949 au Tibet moderne, thèses chinoises

Ce paragraphe présente les thèses chinoises. Voici l'Histoire modérée, mais avec l'interprétation pro-unification, telle que la présenterait une majorité des ressortissants de la RPC. Dans l'Histoire, le Tibet et l'empire chinois ont toujours eu des liens forts, par exemple la fonction de premier Grand Lama (futur Dalaï Lama) a été instauré par l'empereur de Chine mongole Kubilai Khan (1215–1294). Avant 1959, le Tibet était une théocratie féodale, dirigée par les grands propriétaires terriens et les prêtres. La majorité de la population rurale avait un statut de serfs ou de paysans, avec une minorité d'esclaves. Une justice sommaire et partiale était rendue par le seigneur ou le Lama, comprenant torture et mutilations. L'occident préfère nier ce vieux Tibet, et croire à une société harmonieuse, tournée vers le bouddhisme. De 1840 à 1949, les guerres avec les pays colonisateurs et la guerre civile ont bouleversé la Chine entière. Les provinces contrôlées par l'étranger se faisaient la guerre, et le Tibet a cédé aux colons britanniques. Mao et le PCC ont libéré le pays des étrangers. Le Dalaï Lama actuel est le symbole de cette aristocratie qui a cédé face à l'envahisseur, une honte nationale. A partir de 1966 et jusqu'à sa mort, Mao a lancé dans toute la Chine la Révolution culturelle. Dans toute la Chine, tout ce qui est culturel (édifices religieux, livres, ...) a été détruit, notamment des temples bouddhistes au Tibet.

Références

Voir aussi

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