Prison de l'Abbaye

Infos
La prison de l'Abbaye était, en France, une prison d'État parisienne construite en 1522, composée d'un rez-de-chaussée et de deux étages, flanquée de deux tourelles et d'une échauguette et qui fut le théâtre de l'un des épisodes les plus terribles de la Révolution française. Elle a été construite par Gamard (1631).
Prison de l'Abbaye

La prison de l'Abbaye était, en France, une prison d'État parisienne construite en 1522, composée d'un rez-de-chaussée et de deux étages, flanquée de deux tourelles et d'une échauguette et qui fut le théâtre de l'un des épisodes les plus terribles de la Révolution française. Elle a été construite par Gamard (1631).

Emplacement

Elle occupait une partie du boulevard Saint-Germain à Paris et se trouvait située à l'angle de l'enclos de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Ladite abbaye datait des premiers temps de la ville de Paris quand Childebert I fonda, à l'emplacement d'un temple voué à Isis ou Cérès selon la légende, un monastère consacré à la Sainte-Croix et à Saint Vincent et qui prendra le nom de Germain, l'évêque qui l'administra. La basilique de Saint-Germain où fut enterré, entre autres, Childebert I était le « Saint-Denis des Mérovingiens ». Ceci la situe dans une très ancienne tradition de l'Histoire, et donne une valeur symbolique d'autant plus grande aux massacres qui y furent perpétrés en septembre 1792.

Massacres

Pendant la Révolution, on y renferma une foule de personnes de toutes conditions, accusées d'opposition au régime républicain. Les 2 et 3 septembre 1792, un groupe de forcenés, conduits par Stanislas-Marie Maillard, dit Tappe dur, y massacrèrent 164 prisonniers, dont 18 prêtres. Parmi les prisonniers, se trouvaient le comte Montmorin de St-Hérem, l'abbé Lenfant, Cazotte et Sombreuil. De toutes les prisons de Paris qui furent le cadre des massacres de septembre 1792, comme la prison voisine des Carmes, celle de l'Abbaye est, en un certain sens, la plus marquante comme lieu de profanation. Dans cette prison plus de 300 personnes furent tuées dans des conditions qui dépassent l'entendement, victimes de la folie meurtrière d'une cinquantaine d'énergumènes conduites par Stanislas-Marie Maillard, qui était pourtant supposé les maîtriser. À l'Abbaye, on avait fait du massacre un spectacle. On entassa les vêtements au milieu de la cour pour en faire une sorte de matelas. La victime, lancée de la porte dans cette sorte d'arène, était passée de sabre en sabre et tombait sur le « matelas » trempé et retrempé de sang. Les spectateurs s'intéressaient à la manière dont chacun courait, criait et tombait. Ils relevaient le courage ou, au contraire, la lâcheté qu'avait montré telle ou telle vicime, et semblaient juger en connaisseurs. Les femmes, surtout, prenaient un grand plaisir : leur première répugnance passée, elles devenaient des spectatrices terribles, insatiables, comme furieuses de plaisir et de curiosité. Les massacreurs avaient installé des bancs, des bancs pour les messieurs, des bancs pour les dames.

Destruction

L'Abbaye fut ensuite une prison militaire. Elle a été démolie en 1854. ===
Sujets connexes
Abbaye de Saint-Germain-des-Prés   Boulevard Saint-Germain   Childebert Ier   Commune de Paris (1792)   France   Germain de Paris   Liste des massacres   Liste des prisons de Paris lors de la Révolution   Paris   Prison des Carmes   Révolution française   Stanislas-Marie Maillard   Terreur (Révolution française)   Vincent de Saragosse  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^