Lutte ouvrière

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Lutte ouvrière (ou LO) est le nom de l'hebdomadaire de 'Union communiste' (trotskiste), principale organisation du regroupement international Union communiste internationaliste. L'utilisation du nom « Lutte ouvrière » est cependant généralisée pour désigner ce parti politique français d'extrême gauche. Communiste, internationaliste, Lutte ouvrière défend les idées du trotskisme et met l'accent sur le rôle central de la classe ouvri
Lutte ouvrière

Lutte ouvrière (ou LO) est le nom de l'hebdomadaire de 'Union communiste' (trotskiste), principale organisation du regroupement international Union communiste internationaliste. L'utilisation du nom « Lutte ouvrière » est cependant généralisée pour désigner ce parti politique français d'extrême gauche. Communiste, internationaliste, Lutte ouvrière défend les idées du trotskisme et met l'accent sur le rôle central de la classe ouvrière.

Histoire

L’origine

Lutte ouvrière prend ses origines en la personne de David Korner, alias Barta, jeune militant trotskiste roumain qui, avec trois autres camarades, rallie en 1936 les trotskistes français exclus de la SFIO qui viennent de constituer le Parti ouvrier internationaliste. Autour de lui le groupe s’élargit sensiblement lorsqu’avec d’autres il entre sur l’indication de Trotski au PSOP de Marceau Pivert (c’est l'« entrisme »). Indisposé par l’état d’esprit « petit-bourgeois » qui règne dans la IV internationale au moment de l’éclatement de la seconde guerre mondiale, Barta se retire suite à un banal malentendu et avec son groupe composé alors d’une dizaine de militants il constitue modestement l’Union communiste (UC) avec l’intention d’établir « un contact réel et étendu avec la classe ouvrière »… L'UC se consacre principalement à la propagande contre la guerre. Sous l’occupation, le groupe se maintient et diffuse les premiers numéros de , autant que possible, à l’image de Pierre Bois (rare: c'est le monsieur avec casquette et veston gris à la fin du reportage)., alias , jeune cheminot réfractaire au STO ou de Mathieu Bucholz, militant communiste finalement repéré et assassiné à la Libération par des militants du Parti communiste qui l’accusent d’être un « nazi ». L’injustice de ce crime conduit un jeune communiste de 16 ans, Robert Barcia alias Hardy, ami de Mathieu Bucholz, à basculer définitivement dans le trotskisme.

La crise

En 1947, le groupe compte toujours une dizaine de militants. Il déclenche et participe activement à la grève chez Renault. Son militant Pierre Bois en est le dirigeant pratique, Barta le dirigeant politique. Une attaque de tuberculose empêche Robert Barcia de participer. À la suite de la grève, le groupe organise le « Syndicat démocratique Renault » qui comptera jusqu’à 406 syndiqués. Cependant des tensions apparaissent : Pierre Bois et Barta s’opposent sur l’orientation du groupe et à la suite d'un conflit au sujet de la rédaction d'un tract la crise éclate. La lassitude s’empare de la plupart des militants qui cessent peu à peu toute activité. La scission entre le groupe Pierre Bois et Barta est consommée en 1949 et l’UC disparaît en 1950.

La reconstruction

Robert Barcia, démissionnaire à l'été 1948 reparaît dès 1950 et en compagnie de Pierre Bois, toujours actif chez Renault, tente de recoller les morceaux. Pendant 5 ans le groupe tente de se reconstituer. Fondé en 1956 Voix ouvrière regroupe beaucoup d'anciens du « groupe Barta ». Barta participe en écrivant des articles mais ne reprend pas sa place de dirigeant. Voix ouvrière circule sous la forme d’un petit journal d’entreprise, pendant plusieurs années en collaboration avec un autre groupe le PCI-Lambert. Voix ouvrière hebdomadaire commence à être diffusé à partir de 1963 d’abord sur 4 pages, puis sur 8. Après la révolte étudiante et la grève générale de mai-juin 1968, comme tous les mouvements se réclamant du trotskisme et d'autres mouvements d'extrême gauche, Voix ouvrière est interdite et dissoute par un décret du Président de la République du 12 juin 1968, en application de la loi du 10 janvier 1936 modifiée « sur les groupes de combat et milices privées ». Le mouvement se reforme immédiatement sous le nom de son journal rebaptisé puis se renforce en nombre et multiplie les bulletins d’entreprise. À partir de 1971 une initiative audacieuse donne naissance à la première fête de Lutte ouvrière, dans un champ, sur la commune de Presles dans le val d'Oise. Lutte ouvrière sera ensuite le premier groupe politique à présenter une à l’élection présidentielle, en 1974, en choisissant pour porte-parole et candidate nationale Arlette Laguiller. En 1981, c'est l'essor des radios libres et Lutte ouvrière s’y essaie avec « Radio La Bulle », sur un fond de Boléro de Ravel. L’expérience dure quelques mois. Lutte ouvrière connaît par la suite un succès médiatique et politique important. En 2002, Arlette Laguiller obtient 5, 72 % des voix à l’élection présidentielle.

Élections

350px Lutte Ouvrière a présenté des candidats dans toutes les grandes élections depuis 1973. Arlette Laguiller, porte-parole de l'organisation depuis 1973 a été candidate aux élections présidentielle de 1974, 1981, 1988, 1995, 2002 et 2007. Si elle a dépassé 5 % lors de deux scrutins, réalisant 5, 3 % (1 615 552 voix) en 1995 et 5, 72 % (1 630 045) en 2002, en 2007 avec 1, 34 % (488 119) elle semble ne plus être supportée que par son électorat traditionnel. Aux élections municipales de 1995, LO a présenté 49 listes, obtenant 2, 81 % des voix, soit 39 879. En 2001, LO a présenté 128 listes dans 109 villes différentes, qui ont recueilli 4, 37 % des suffrages, soit 120 347 voix. LO obtient ainsi 303 élu(e)s dont 11 femmes, dans 22 villes différentes, sans fusionner ses listes au second tour avec la gauche plurielle. Lors des élections régionales de 1998, LO a présenté des listes dans 68 départements, obtenant 4, 5 % et 20 élus. Lutte Ouvrière s'est plusieurs fois associée à la Ligue communiste révolutionnaire dans des élections, notamment lors des élections Européennes de 1979, celles de 1999, et lors des élections régionales de 2004. LO avait également appelé à voter pour Alain Krivine lors de l’élection présidentielle de 1969. Lors les élections régionales de 2004, Lutte ouvrière proposé une alliance électorale à l'autre grand mouvement trotskiste français, la Ligue communiste révolutionnaire. Selon LO (LDC n° 77 de décembre 2003-janvier 2004), cette alliance était inspirée par l'hypothèse qu'il était probable qu'un fort courant d'électeur préférerait voter PS pour donner une gifle à la droite. Leur résultat de 4, 95 %, représente une légère augmentation par rapport au résultat des élections régionales de 1998 (4, 83 %) mais bien en dessous du résultat de la présidentielle de 2002 (10 % en les additionnant). La réforme du mode de scrutin a fait que les révolutionnaires (LO et LCR) ont perdu tous leurs élus dans les conseils régionaux, malgré un score supérieur à 1998. A la différence des élections municipales de 2001, où LO n'avait présenté que des listes autonomes, le parti a annoncé pour les scrutins de 2008 des contacts avec le PCFhttp://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2051&id=2 pour présenter des candidats sur la liste soutenues par le PCF (Aubervilliers, La Courneuve...) ou des listes d'union de la gauche menées par le PS (Saint-Brieuc, Angers, Pontarlier...). Cette orientation inattendue est justifiée par Georges Kaldy « Nous n'offrons pas nos services au PS, mais là où la gauche peut être supplantée par la droite ou regagner une municipalité, nous discutons. Nous ne voulons pas que notre score puisse favoriser la droite» qui ajoute « changement de contexte politique. En 2001, on n'avait pas envie de cautionner la gauche au pouvoir. L'élection de Sarkozy et son offensive générale contre les travailleurs ont changé la donne.» LO note qu'elle s'était déjà alliée avec le PSU en 1971 puis avec le PCF en 1995. Voir Résultats électoraux de l'extrême-gauche en France.

Principes et activités

Arlette Laguiller à Paris 2005 Lutte ouvrière se présente comme une libre association de militants qui œuvrent à la création d’un parti ouvrier, communiste, révolutionnaire capable de défendre les intérêts des travailleurs, à courts termes (licenciements, chômage, salaires, conditions de travail et de logement…) et à long terme (inégalités entre hommes et femmes, pollution, guerres, famines…). Selon LO, tous ces problèmes découlent de l’organisation capitaliste de la société et de la course au profit, et ne concernent pas que les travailleurs, mais l’ensemble de la population mondiale qui en subit les conséquences. Lutte ouvrière justifie son existence séparée au sein du mouvement trotskyste par sa volonté d'orienter son action en priorité vers la classe ouvrière.

Fondements programmatiques

Lutte ouvrière estime que l’écart croissant entre les moyens techniques de plus en plus perfectionnés dont dispose l’humanité et la persistance, voire dans certaines régions l’aggravation, de la misère et des inégalités, rend possible et nécessaire le remplacement de la société capitaliste par une société communiste, c'est-à-dire par la mise en commun et le contrôle démocratique par l’ensemble de la population des capacités de production et d’échange dont dispose l’humanité pour assurer tous ses besoins. Pour Lutte ouvrière, une société communiste serait bien éloignée de la caricature qu’en ont donnée les pays de l’Est et l’URSS, mais serait au contraire une société plus libre, plus démocratique que le capitalisme actuel, en donnant à l’ensemble de la population des moyens d’agir sur des choix qui sont pris actuellement dans les conseils d’administrations de banques ou de multinationales. Selon LO, les possibilités matérielles pour une telle société existent d’ores et déjà, ce qui n’était pas le cas dans la Russie de 1917. Lutte ouvrière voit par ailleurs dans la classe ouvrière la seule force sociale qui ait à la fois la force et l’intérêt de prendre en main une telle réorganisation des mécanismes de production et de redistribution des richesses. LO estime qu’une telle transformation de la société ne pourra que résulter d’une confrontation entre « ceux qui n’ont que leur travail à vendre » et ceux qui détiennent les grands moyens de production. C’est pourquoi LO se dit révolutionnaire. LO se revendique pour son héritage politique de Karl Marx et Friedrich Engels, qui ont analysé les rouages et contradictions internes du capitalisme naissant (valeur des marchandises, rôle de la classe ouvrière dans le processus de production), de Rosa Luxembourg, de Lénine, qui a conduit la révolution russe de 1917 et de Trotsky, qui a analysé les raisons de la dégénérescence de la révolution russe en bureaucratie stalinienne. Dans la continuité de ces militants, Lutte ouvrière estime qu’il est nécessaire au prolétariat de disposer d’un parti qui défende ses intérêts. C’est ce parti, ouvrier, communiste, révolutionnaire, que LO cherche à construire. Lutte Ouvrière fait également sienne la formule de Marx « les prolétaires n’ont pas de patrie ». Pour Lutte ouvrière, l’internationalisme découle de l’organisation même de la société capitaliste, qui est déjà mondiale et met en relations tous les peuples de la planète. De ce fait, Lutte ouvrière estime qu’un bouleversement de l’ordre social actuel ne pourra être que mondial, et qu’il est de ce fait nécessaire aux militants qui travaillent à ce bouleversement de créer une nouvelle Internationale. Pour LO, aucun des regroupements internationaux existants ne peut prétendre à un tel titre, n’ayant ni le crédit, ni l’expérience, ni la force militante pour jouer un rôle véritable à l’échelle Internationale.
- , par LO.

Liens internationaux

LO est membre de l'Union communiste internationaliste dont sont membres plusieurs groupes et partis politiques dans le monde :
- Antilles : Combat Ouvrier
- Afrique : Union africaine des travailleurs communistes internationalistes
- Espagne : Lucha de Clase
- France : Lutte ouvrière
- Haïti : Organisation révolutionnaire des travailleurs
- Royaume-Uni : Workers Fight
- Turquie : Sinif Mucadelesi Deux autres groupes sont en relation fraternelle avec l'Union communiste internationaliste :
- États-Unis d'Amérique : The Spark
- Italie : L'Internazionale Lutte Ouvrière se revendique du trotskisme, qui est à ses yeux le seul courant communiste révolutionnaire à avoir toujours combattu le stalinisme, et à exister à l'échelle internationale. Cependant, contrairement à la plupart des autres groupes trotskystes, Lutte Ouvrière estime qu'aucune des organisations internationales qui se nomment elles-mêmes Quatrième Internationale ne constitue une véritable internationale. De même que Lutte ouvrière milite en France pour la création d'un parti ouvrier révolutionnaire, elle milite pour la construction d'une véritable internationale.

Propositions

Dans les élections, LO défend les revendications dont elle estime qu’elles pourraient mettre un coup d’arrêt à la dégradation des conditions de vie de toute une partie pauvre de la population. Elle affirme qu'il faut prendre sur les profits des grandes entreprises pour résoudre les trois problème principaux du monde du travail :
- pour lutter contre le chômage', il faut créer des emplois qui manquent dans les hôpitaux, les transports en commun, l'enseignement, le bâtiment; etc.
- il faut augmenter les salaires, pensions de retraites à un niveau qui permette de vivre décemment, soit au moins 300 euros d'augmentation pour tous
- il faut que l'État prenne en charge la construction des centaines de milliers de logements qui manquent. Pour l’élection présidentielle de 2007, Arlette Laguiller met l'accent sur la nécessité que la population puisse contrôler les choix économiques des grandes entreprises, insistant sur le fait que « la gestion capitaliste des entreprises, menée dans le secret des conseils d’administration en fonction de la seule rentabilité financière, est non seulement catastrophique pour les travailleurs mais aussi pour toutes les autres couches populaires, et même pour toute la société » (Arlette Laguiller, Presles, 3 juin 2006). LO défend depuis plusieurs années un « plan d'urgence » :
- interdire les licenciements dans les entreprises qui font des profits et imposer le maintien des emplois en défalquant des profits les sommes nécessaires ;
- imposer une augmentation de 300 euros de tous les salaires :
- mettre fin aux contrats précaires ;
- rétablir l’impôt sur les bénéfices des sociétés à 50 % au moins et augmenter de façon importante l’imposition sur les hauts revenus ;
- arrêter toute subvention, tout aide, au patronat sous quelque prétexte que ce soit, en consacrant l’argent ainsi économisé à embaucher du personnel dans les hôpitaux, dans l’enseignement, dans un grand service public de construction de logements sociaux. Concernant toutes ces propositions, LO affirme à chaque élection, dans les professions de foi, ses tracts, son journal, qu'elles ne constituent pas un programme électoral au sens où il suffirait d’élire un représentant pour qu’il soit appliqué, mais que par contre de telles revendications devraient être mises en avant lors d’une mobilisation des travailleurs. (''Ces objectifs ne se réaliseront pas par la magie des résultats électoraux ou par des changements de majorité, mais par la lutte collective du monde du travail")

Activités politiques

Pour LO, être révolutionnaire ne signifie pas attendre passivement le « grand soir », mais militer dès aujourd’hui pour contribuer à modifier l’état d’esprit de la classe ouvrière, par la propagande générale pour ses idées, et par les participations à des luttes (grèves, manifestations…). LO avance en effet l’idée que c’est dans les luttes que les travailleurs peuvent apprendre à s’auto organiser et prendre conscience de leur poids dans la société et de leur force. LO définit son orientation comme principalement tournée vers les travailleurs, y compris les travailleurs du rang. Sa principale activité consiste en l’organisation de travailleurs dans les entreprises, notamment autour de « bulletins d’entreprises », qui dénoncent l’exploitation et les injustices ressenties quotidiennement par les travailleurs. De l’ordre de 500 000 travailleurs, ouvriers ou employés peuvent lire cette presse d’entreprise tous les 15 jours. Lutte Ouvrière soutient également, dans la mesure de ses forces, de nombreux combats particuliers comme celui des , d'associations comme Droit au logement, les mouvements féministes et de défense du droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Dans la tradition du mouvement communiste, Lutte ouvrière participe aux élections dans la mesure de ses forces. À cette occasion, elle cherche à faire de la propagande pour ses idées, et notamment pour des mesures immédiates de défense des intérêts des travailleurs (voir les Propositions ci-dessus). Elle cherche de plus à mesurer par-là son influence, et à estimer le moral et la combativité des travailleurs. Quand Lutte ouvrière dispose d'élus (conseillers municipaux, conseillers régionaux, députés européens), son principe affiché est de soutenir les mesures qui lui semblent aller dans le sens des intérêts des travailleurs, et de voter contre celles qui dégradent leurs conditions de vie. Des comptes rendus des votes des élus sont par ailleurs rendus publics sur le site le LO. Par ailleurs, Lutte Ouvrière organise régulièrement des conférences sur des sujets de politique générale (sujets d'actualités ou historiques). Ainsi, à Paris, le Cercle Léon Trotsky (CLT), qui rassemble environ un millier de personne. LO organise enfin des fêtes politiques, dont la fête annuelle de Presles, qui rassemble un large public le week-end de la pentecôte. Dans ces fêtes, une grande place est faite à la culture et à la science, écrivains, intellectuels ou scientifiques venant partager leurs connaissances avec des travailleurs.

Oppositions dans Lutte ouvrière

Durant les années 1970, Lutte ouvrière connait des ruptures d'importances variables. Une première rupture est celle, en 1973, d'un militant parisien, "Bérard", qui signera la brochure "Rupture avec Lutte ouvrière et le trotskysme" (en réalité rédigée par le groupe Révolution Internationale qu'il avait rejoint après sa sortie de LO). Cette brochure influence d'autres militants, comme ceux qui publient peu de temps après le texte "Pour que les travailleurs ne votent plus à gauche et ne se fassent plus massacrer, six militants quittent Lutte ouvrière". En 1974, une fraction oppositionnelle se constitue dans Lutte Ouvrière, en particulier sur Bordeaux, à partir de la critique de la caractérisation de l'État russe comme « État ouvrier ». Ceci conduit à la diffusion, le 10 octobre, au sein de l'organisation d'une texte intitulé « Table rase de la confusion ». Suivant cette diffusion, la section de Bordeaux de Lutte ouvrière est dissoute le 3 novembre, et les oppositionnels se constituent en fraction indépendante qui publiera à partir de décembre 1974 le journal « Union ouvrière, pour l'abolition de l'esclavage salarié ». L'Union ouvrière évolue ensuite vers des positions « ultra-gauche ». Union ouvrière disparaitra apres un an d'activités. Une autre partie de la fraction oppositionnelle, présente à Paris, Bordeaux et quelques autres villes, constituera le groupe Combat Communiste qui publiera le journal mensuel du même nom. Combat Communiste nouera des liens avec plusieurs organisations, notamment l'OCRIA (Organisation des communistes révolutionnaires internationalistes d'Algérie), publiera des bulletins d'entreprise et disparaitra en 1990. Certains de ses militants rejoindront Lutte ouvrière. Lutte ouvrière comprend une petite fraction depuis 1996, qui obtient environ 3 % des voix lors du congrès annuel de l'organisation. Suite à un désaccord initial sur l'évolution de l'ex-URSS depuis 1989, ces militants ont demandé à fonctionner séparément, c'est-à-dire en fraction. D'autres désaccords avec le reste du parti sont apparus ensuite, comme la question des relations entre militants de Lutte ouvrière et les autres militants de gauche. Cette fraction, la fraction l'« Étincelle de Lutte ouvrière », édite un journal, Convergences révolutionnaires. Elle dit chercher au maximum l'action commune avec les autres militants et groupes d'extrême gauche, à chaque fois qu'il y a accord politique, et voudrait que l'ensemble de Lutte Ouvrière adopte cette attitude. Au congrès de 2005, la fraction contestait l'attitude de la majorité sur les émeutes de 2005 dans les banlieues françaises, soutenait qu'il s'agissait d'« une rébellion d'une partie de la jeunesse ouvrière », tout en critiquant les formes prises par cette révolte, telles que les destructions de bâtiments publics et les attaques contre des bus et des pompiers, et rappelait que Lutte ouvrière avait par le passé soutenu les émeutiers de Vaulx-en-Velin, dans des conditions assez proches de celles de novembre 2005. La direction pour sa part niait ce caractère de « révolte d'une partie de la jeunesse ouvrière » et considérait que ces violence résultaient certes de la crise du système capitaliste et du chômage, mais étaient aussi pour beaucoup le résultat de la carence d'éducation d'une partie des jeunes déclassés de banlieue et que ces actes essentiellement négatifs ne pouvaient pas être assimilés à une révolte de classe.

Accusations de sectarisme lors des élections de 2002

Lutte ouvrière a parfois été accusé de sectarisme, c'est-à-dire de ne pas se tourner suffisamment vers les autres courants aux idées proches ou de fonctionner replié sur lui-même, par d'autres courants politiques :
- Critiques de la part de personnalités d'autres courants politiques : un article de Daniel Cohn-Bendit et Gabriel Cohn-Bendit dans Libération« Arlette n’est pas une sainte » http://www.denistouret.net/constit/Laguiller.html dans Libération du le 5 avril 2005. Ils y affirment : « si quelqu'un se présentait et qu'on soupçonne derrière cette candidature les Témoins de Jéhovah ou l'Église de scientologie, toute la presse en parlerait. Par contre, presque rien sur l'Union communiste. Rien sur ses méthodes ultra clandestines, sur son sectarisme dénoncé par Jacques Morand (alias Illy, un des principaux responsables de ce parti avant d'en devenir l'opposant numéro 1), rien sur le gourou Hardy qui parle pendant des heures lors des congrès dans un silence religieux. » affirment que LO serait une « secte dirigée par un gourou ». Cet article entraîne un procès en diffamation, il a dans un premier temps été jugé diffamatoire, mais les auteurs ont bénéficié de l’excuse de la bonne foi AFP, 9 septembre 2003 « L'article de Libération, faisant état d'un fonctionnement sectaire, a en revanche été jugé diffamatoire mais les auteurs ont bénéficié de l'excuse de la bonne foi », puis condamné pour avoir laissé entendre que l'organisation obtenait un financement illégal d'entreprises . Gérard Streiff qui avait affirmé dans le journal L'Humanité que « cette secte » tenait un « double discours » est relaxé lors d'un procès en diffamationhttp://www.humanite.presse.fr/journal/2002-04-11/2002-04-11-32049 car « le terme "double discours" était une "appréciation critique" du journaliste, non punissable, et que le mot "secte", employé seul, sans référence à des pratiques moralement ou pénalement condamnables, n'était pas non plus diffamatoire. »AFP, 9 septembre 2003
- Critique d'autres trotskystes ou anciens trotskystes : d'anciens militants de Lutte Ouvrière exclus et ayant formé le courant Voix des travailleurs, qui est ensuite entré à la Ligue communiste révolutionnaire« Les militants à l'origine de notre tendance ont été exclus de Lutte Ouvrière en mars 1997 pour avoir formulé la critique du cours sectaire de sa direction, son repli sur elle-même. ». Bernard Seytre, ayant selon l'Expresshttp://www.lexpress.fr/info/france/dossier/lo/dossier.asp?ida=367858 milité à Lutte ouvrière il y a 20 ans confirme, selon ce journal « la discipline de fer qui rythme la vie de l'organisation trotskiste, dont les cadres n'ont pas le droit d'avoir d'enfant, sous peine d'exclusion Ce que nie Lutte ouvrière, Robert Barcia écrivant « Nous n'interdisons pas à nos militants d'avoir des enfants. Ce choix leur appartient » . » Le journaliste Christophe Bourseiller, spécialiste des mouvements, organisations et partis d'extrême gauche, écrit : « L'union communiste n'est évidemment pas une secte au sens où l'on évoque des sociétés religieuses fermées, exerçant sur leurs membres d'intolérables pressions psychologiques ou financières. Il s'agit d'un mouvement politique, qui s'est constitué dans la période la plus noire de notre histoire et a résolu de faire face, contre vents et marées, dans le but de s'inscrire dans la durée ». Le principal dirigeant de Lutte ouvrière, Robert Barcia, alias Hardy, a publié un livre d'entretiens : La véritable histoire de Lutte ouvrière, qui contient des réponses à ces accusations. Il affirme : « Lutte ouvrière n'est évidemment pas une secte. Ceux qui disent ou suggèrent hypocritement cela seraient bien en peine d'expliquer en quoi notre mouvement aurait les caractéristiques d'une secte Il précise : « Nous ne lavons pas le cerveau de nos adhérents, nous ne les faisons pas rompre avec leur famille, nous ne nous approprions pas leurs biens, s'ils en ont. Chacun d'eux peut nous quitter quand il le veut sans qu'aucune pression s'exerce sur lui avant ou après. Nous ne vivons pas en collectivité. Nous n'avons pas inventé une religion à nous, plus ou moins ésotérique ou mystique. » . C'est à ceux qui affirment que nous sommes une secte de le justifier, plutôt qu'à nous de prouver le contraire. Je porte un pseudonyme comme nombre de militants trotskistes ou anarchistes, et aussi comme beaucoup d'acteurs, d'écrivains, ou encore de journalistes. »

Voir aussi

Références

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