Secte

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Le mot secte a d'abord désigné soit un ensemble d'hommes et de femmes partageant une même doctrine philosophique, religieuse, etc. soit un groupe plus ou moins important de fidèles qui se sont détachés de l'enseignement officiel d'une Église et qui ont créé leur propre doctrine. Il est devenu un terme polémique, qui désigne un groupe ou une organisation le plus souvent à connotation religieuse dont les croyances ou le comportement sont jugés obscurs ou dévoyés. G
Secte

Le mot secte a d'abord désigné soit un ensemble d'hommes et de femmes partageant une même doctrine philosophique, religieuse, etc. soit un groupe plus ou moins important de fidèles qui se sont détachés de l'enseignement officiel d'une Église et qui ont créé leur propre doctrine. Il est devenu un terme polémique, qui désigne un groupe ou une organisation le plus souvent à connotation religieuse dont les croyances ou le comportement sont jugés obscurs ou dévoyés. Généralement les responsables de ces groupes sont accusés d'une part de brimer les libertés individuelles au sein du groupe ou de manipuler mentalement leurs disciples afin de s'approprier leurs biens, de les maintenir sous contrôle, etc. et d'autre part d'être une menace pour l'ordre social. Différentes organisations spirituelles (et certains juristes et sociologues) trouvant les termes du débat médiatique apparu dans les années 1990 sujets à la méprise et à l'amalgame, plaident le fait que certains courants spirituels minoritaires fonctionnant sur le mode associatif regroupent des citoyens aussi « sains » et inoffensifs que les citoyens dont la croyance est soit athée soit affiliée à des religions ou philosophies plus établies.

Historique

Étymologie

D'un point de vue étymologique, le mot secte vient du latin secta, défini comme une voie qu'on suit, une doctrine philosophique, une secte (religieuse)Dictionnaire Garnier-Flammarion latin-français, 1966. Ce terme est dérivé du verbe sequi, qui signifie « suivre ». Toutefois, certains étymologistes le font dériver du latin "secare", qui signifie « couper », par opposition à religion, qui pourrait venir du latin religare, « relier ») désignait soit une sous-branche d'une religion reconnue et bien établie, soit un groupe de personnes qui se regroupent autour d'un maître de pensée. Le mot secte en grec, équivalent de la secta latine est hairesis. Une hérésie est une école de pensée. Le jardin d'Épicure était une hairesis. C'est dans le sens de sous-branche de religion que l'on peut parler de secte pour les groupements issus du bouddhisme, de l'hindouisme, du shintoïsme ou du taoïsme. Mais autant ces religions ont toujours été plus ou moins ouvertes à la dissidence, autant le christianisme, se voulant par nature universel, l'a longtemps combattue : dans les pays catholiques, toute dissidence, qualifiée d'hérésie, a donc toujours eu une connotation péjorative. Dans d'autres cultures que la française, les connotations du mot 'secte' sont beaucoup moins négatives; le mot 'sect' en anglais, par exemple, est plutôt neutre. L'emploi indépendant de deux mots différents permet de lever une partie de l'ambiguïté du terme français. sect tend à correspondre à la définition étymologique (comme pour les sectes protestantes qui n'a alors guère de portée négative), alors que cult tend à correspondre à la définition sociologique du terme français secte (comme pour cargo cult ou cultes du cargo qui décrivent péjorativement une secte illuminée). En dehors de la France et la Belgique, le désir de catégoriser tout ce qui est hors-commun comme 'secte' est beaucoup moins en évidence.

Sectes historiques et hérésies

Certaines grandes religions actuelles furent à l'origine des sectes de religions plus anciennes et déjà bien implantées. Ainsi, le christianisme s'est d'abord développé comme une secte au sein du judaïsme, dont il a repris une partie des enseignements. Néanmoins, ces religions ont acquis au fil du temps un grand nombre d'adeptes et une reconnaissance officielle importante. L'Antiquité ne donne pas de valeur négative aux termes de secte ou hérésie, mais fait par contre une disctinction entre religion licite, ou pas. C'est en tant que religion illicite que les premiers chrétiens, lors des persécutions du IIe siècle, se verront qualifier par Pline le Jeune de « superstition déraisonnable et sans mesure » Correspondance de Pline le Jeune et de Tajan sur les chrétiens de Bithynie - Cité dans L'empire romain et le christianisme, Claude Lepelley, Questions d'histoire/Flammarion page 29 et 90 et que Celse leur reproche des dérives telles que de viser à « miner l'ordre social et former un État dans l'État » ou de nuire « à la santé publique en détournant les adeptes des médecins attitrés au profit des promesses illusoires de guérison »Cité par Nathalie Luca, Les sectes, Que sais-je page 14. Par la suite, par volonté d'établir un monopole religieux, l'association de ces doctrines au pouvoir politique (après Constantin I) va faire apparaître la notion d'orthodoxie. Selon certains auteurs, la religion ne serait que la secte du roi. Au , les sociologues Max Weber et Ernst Troeltsch définissent la secte comme un groupement religieux extrémiste, intransigeant et en rupture avec la société. L'Église est alors l'alternative sociale de la religion qui prend sa place au milieu des institutions profanes. Certains considèrent que cette définition, qui perdura jusqu'à la fin du , est aujourd'hui inadaptée aux changements modernes de sens qu'a pris le mot secte. Les polémiques sur le sujet ne facilitent pas l'accord sur le sens du mot et donc sa définition. Dans ces conditions, la définition sociologique est encore considérée par certains intellectuels comme la meilleure. Dans cette définition sociologique, la rupture entre la secte et la société est fondamentale. Cette rupture est pratiquement toujours considérée comme un dommage, qui selon les points de vue sera imputée aux membres de la secte ou au contraire à la société. Qui dit dommage dit rétribution, avec là encore des interprétations variables : prévention et juste punition pour les uns, persécution pour les autres. L'affaire peut dégénérer en conflit ouvert et guerre civile. C'est ainsi que le protestantisme a longtemps été considéré comme une hérésie par l'Église catholique et a entraîné une grande répression de ses membres à la Renaissance, qui débouchera sur de longues guerres en Europe (guerres civiles en France et Allemagne, guerre entre pays de religions différentes) et des massacres, notamment lors de la nuit qui suivit la Saint-Barthélemy, le 24 août 1572 ou lors de la prise de Magdebourg. Quelques siècles plus tôt, les persécutions de l'Inquisition Église catholique avaient été encore plus fortes contre ce qui était appelé l'hérésie cathare. Des sociologues de religion comme Sabrina Pastorelli ou Danièle Hervieu-Léger ont travaillé sur ce thème. Dans son livre Approche de la sociologie religieuse, , Danièle Hervieu-Léger cette dernière, après une brève présentation de l’incapacité de la justice à offrir une définition convenable et un historique des politiques gouvernementales de lutte contre les « menaces » sectaires, résume la vision symbolique française du phénomène sectaire : celui-ci serait en fait identifié à une maladie qui attaquerait le corps social. Le rôle de l’État serait de détruire cette maladie et de venir en aide aux victimes. Hervieu-Léger note au passage le rôle des associations antisectes dans l’élaboration de cette vision, en particulier avec le « délit de manipulation mentale ». Elle présente sous la forme d’un marché de biens symboliques un portrait de la religion (qu'elle définit comme une inscription dans une lignée croyante) et de la spiritualité (bricolage symbolique, au sens de Roger Bastide de manière individuelle). Hervieu-Léger, à cause de la neutralité axiologique du sociologue, ne peut pas évaluer qui est dangereux et qui ne l’est pas. Elle propose donc simplement un cadre de discussion qui présuppose que l’État doive intervenir pour « réguler » les comportements religieux. Cependant, celui-ci doit connaître le nouveau contexte religieux contemporain (pluriel, individuel, etc.) afin d’« assurer la protection des personnes et protéger le droit à la radicalité religieuse ». Elle rappelle ainsi l'aberration conceptuelle d'un individu choisissant d'entrer dans une secte qui n'exercerait en fait aucune volonté autonome.

Les sectes de nos jours

Dans les années 1980 et suite à des scandales qui ont alarmé la société française (suicides collectifs, affaires politico-financières, infractions au code du travail, exercice illégal de la médecine, etc.), le terme secte a pris une forte connotation péjorative, devenant synonyme de groupe totalitaire et dangereux, ou en tout cas, de système aliénant et forçant ses adeptes à se placer en position de rupture avec la société et ses normes.

Tentatives de définition

Le seul fait d'être en rupture avec les normes de la société ne suffit pas à définir une secte. Par exemple, certains mouvements politiques, sans être forcément dangeureux, ont des visions politiques bien différentes de celle qui est pratiquée. En un temps, les termes de « mouvement coercitif » avait été préféré au terme secte, mais cela aurait permis d'englober dans cette définition, certains groupes politiques totalitaires. En France, la Commission nationale consultative des droits de l'Homme proposait fin 1993 cette définition : "Groupement se présentant ou non comme une religion, dont les pratiques constatées sont susceptibles de tomber sous le coup de la législation protectrice des droits des personnes ou du fonctionnement de l'État de droit ; comportement sectaire : refus des lois, en exerçant des voies de fait, en accomplissant des détournements, des abus de confiance, des infractions financières et fiscales, des mauvais traitements, de la non-assistance à personne en danger, des incitations à la haine raciale, des trafics de stupéfiants." Commission nationale consultative des droits de l’homme - 10 décembre 1993 Le rapport de 1999 de la MILS donnait la définition plus brève : "Association de structure totalitaire, déclarant ou non des objectifs religieux, dont le comportement porte atteinte aux droits de l'Homme et à l'équilibre social."

Critères

On étudie aujourd'hui plus le comportement du groupe vis-à-vis de ses membres que les préceptes du groupe en lui-même, par divers critères tels que la manipulation mentale des adeptes, l'organisation pyramidale et la centralisation du pouvoir aux mains d'une personne avec autorité charismatique, comme un gourou, ou d'un collège restreint de dirigeants, l'extorsion de fonds ou encore le fait que la doctrine se présente comme exclusive.

Contestation et critique de ces critères

Ces critères ne font pas l'unanimité et ne s'appliquent pas dans leur totalité à tous les mouvements parfois considérés comme sectaires. En outre, ce ne sont pas les seuls critères permettant de qualifier une organisation de secte. De ce fait, les acteurs de la lutte anti-sectes ne sont parfois pas tous d'accord pour combattre certains groupes en particulier, comme par exemple l'Office culturel de Cluny, les mormons ou l'anthroposophie. Il apparaît en effet que la relative nouveauté d'un groupement religieux, sa petite taille et son décalage par rapport aux normes établies ne sont pas étrangers à la dénomination de secte d'une organisation. Jean-François Mayer relève qu'il existe de nombreuses similitudes entre les accusations faites au début du contre des nouveaux mouvements religieux, comme l'Armée du Salut, et les critiques actuelles contre les groupes qualifiés de sectaires. Selon le professeur de théologie Harvey Cox, quatre mythes sont récurrents dans la mise à l'index de ces mouvements, le mot mythe ne signifiant pas ici que ces aspects ne puissent pas être présents dans un groupe, mais plutôt que ces thèmes reviennent invariablement, quand bien même ils n'existeraient pas dans ce groupe :
- le mythe de la subversion (la secte représente une menace pour la société),
- le mythe sexuel (la secte se livre à des pratiques sexuelles perverties : orgies ou abstinence totale),
- le mythe de la dissimulation (la secte est volontairement trompeuse),
- le mythe du mauvais œil (la secte a recruté ses adeptes par la manipulation mentale, car personne n'y aurait adhéré volontairement).

Processus d'adhésion

Sectes et religions

La plus grande partie des polémiques autour du terme secte ont leur source dans le fait que ce terme recouvre plusieurs définitions et opinions . On peut observer, suivant les personnes qui l’utilisent :
-le sens étymologique : la nouvelle branche d’une religion installée,
-le sens de nouveau mouvement religieux (Ou simplement groupe d'individus libres exerçant ensemble une activité dans le champs de la spiritualité comme d'autres œuvrent dans le champs artistique), avec son système de croyances ou sa philosophie originale, plus ou moins perfectionné et des adeptes apparemment non mentalement manipulés,
-le sens négatif fort : toute organisation, y compris les sociétés secrètes, ayant été condamnée pour préjudice sur ses adeptes manipulés mentalement,
-le sens négatif étendu : toute organisation soupçonnée d’exercer une manipulation mentale sur ses adeptes afin de les exploiter. Partant du principe que ce sont majoritairement les deux sens à connotation négative qui ont été adoptés par l'offensive médiatique et donc ensuite par la population, les ennemis des religions ont tendance à minimiser toute différence entre le terme secte et le terme religion ou spiritualité, en adoptant le sens nouveau mouvement religieux. Par contre, les défenseurs des grandes religions ont plutôt tendance à adopter le sens négatif étendu, pour désigner par secte tous les mouvements qu’ils jugent dangereux. Quant à eux, les défenseurs des libertés spirituelles préfèrent le limiter au sens négatif fort à partir de critères objectifs, afin d’éviter que la dénomination secte n'entraîne une méfiance injustifiée vis-à-vis de groupes religieux ou philosophiques où manifestement il n'y a pas de manipulation mentale dans le fonctionnement (Pas plus, au demeurant, que dans n'importe quel groupe humain). Ces différentes positions proviennent essentiellement de la notion de manipulation mentale, difficile à identifier et, plus particulièrement, à distinguer de l’endoctrinement "religieux". Certaines personnes pensent que:
- Tenter de faire une différence entre secte et religion est une utopie
- le rôle de l'État est de s'assurer que tous les individus peuvent bénéficier au mieux des droits de la personne
- si un organisme quelconque (dit religieux ou autre) les brime, l'État doit intervenir
- la religion est d'abord une affaire personnelle et doit rester en dehors de l'État
- l'État a cependant à s'assurer que les pratiques religieuses ou autres laissent chaque personne tout à fait capable d'exercer son libre-arbitre en tout temps, s'il n'est pas contraire à la bonne marche de la société civile. Selon certains auteursAnne Morelli développe par exemple cet argument dans son ouvrage: Morelli, A. (1997). Lettre ouverte à la secte des adversaires des sectes, Bruxelles: Labor., les grandes religions présentent des caractéristiques qui peuvent laisser penser qu'elles ne diffèrent pas essentiellement des mouvements sectaires. Pour appuyer leurs dires, ils relèvent les affaires de pédophilies autour de prêtres catholiques et les cas de fanatisme islamique et judaïque . La présence de sectes au sein des « grandes religions » peuvent aussi autoriser le doute; cela ne permet pourtant pas de déclarer les « grandes religions » comme sectes. D'autres auteurs apportent un point de vue différent, en considérant que les « grandes religions » ne peuvent être assimilées aux sectes, en tout ou en partie, parce qu'elles sont reconnues, admises et intégrées à la société. En résumé, c'est l'appréciation du gouvernement du pays qui les héberge qui donnerait aux groupes religieux la qualification de secte ou non et, dans le dernier cas, interdirait en conséquence toute enquête sur les agissements qui pourraient être jugés sectaires . Selon certains de leurs détracteurs, ces religions (l'Église catholique étant souvent la plus visée, selon les catholiques) profiteraient du climat de méfiance qui existe à l'encontre des sectes pour essayer de marginaliser les groupements réputés non orthodoxes et pointer du doigt les « dérives » de la foi. Par ailleurs, des communautés appartenant à des Églises "institutionnelles" sont également considérées comme des "sectes" (au sens péjoratif du terme) par les mouvements antisectes, ainsi que par les médias (par exemple l'Opus Dei et la Communauté Saint Jean chez les catholiques).

Scandales autour des sectes

Certaines sectes ont défrayé la chronique depuis 1978. La mort massive de membres de groupes sectaires a profondément choqué l'opinion publique, d'autant plus que certaines des victimes étaient des enfants. Faits marquants :
- 18 novembre 1978 : 914 adeptes du Temple du Peuple (People's Temple), dont 260 enfants, meurent par absorption de cyanure lors d'un suicide collectif ou sont tués dans leur temple de Jonestown au Guyana ;
- 19 septembre 1985 : 60 adeptes de Datu Mangayanon se suicident à Mindanao aux Philippines ;
- 1986 : 7 adeptes de l'Église des amis de la vérité se suicident à Wokayama au Japon ;
- 28 août 1987 : 32 adeptes de Park Soon Ja se suicident à Séoul en Corée du Sud ;
- 1993 : 72 adeptes davidiens décèdent dans l'incendie de leur ferme lors du Siège de Waco au Texas alors que la police les assiégeait depuis plusieurs semaines. ;
- 4 octobre 1994 : 53 adeptes de l'Ordre du Temple solaire (dont 16 enfants) sont retrouvés morts, suicidés ou assassinés, dans deux villages de Suisse, Cheiry et Salvan ;
- 1995 : le chef spirituel des Chevaliers du Lotus d'or, Gilbert Bourdin, est mis en examen suite à des accusations de « viols et agressions sexuelles » sur une ex-adepte ;
- 20 mars 1995 : l'attentat au gaz sarin perpétré par des membres de Aum Shinrikyo dans le métro de Tokyo fait 12 morts et plus de ;
- 23 décembre 1995 : 16 adeptes de l'Ordre du temple solaire, parmi lesquels 3 enfants, sont retrouvés carbonisés dans le Vercors en France ;
- 24 mars 1997 : 5 adeptes de l'Ordre du temple solaire sont trouvés morts au Québec ;
- 26 mars 1997 : 39 adeptes de la secte Heaven's gate (Porte du Paradis) se suicident par ingestion de phénobarbital, dans une villa de Rancho Santa Fé, en Californie ;
- 18 mars 2000 : En Ouganda, près de adeptes de la secte apocalyptique le Rétablissement des Dix Commandements de Dieu organisent un suicide collectif, en s'immolant par le feu, dans une église ;
- 26 décembre 2002: la société Clonaid prétendait avoir abouti à la naissance du premier bébé cloné, une fille nommée Ève, créée par le Mouvement raëlien toujours au Québec. L'information n'a depuis jamais été confirmée par des preuves sérieuses ;

Médiatisation du phénomène sectaire

La multiplication des scandales liés à certaines sectes, en particulier des affaires de suicides collectifs ou d'agressions sexuelles, a entraîné une importante médiatisation du phénomène, interprétée par les défenseurs des sectes comme une recherche de sensationnalisme afin de mieux imprégner une opinion publique. La forte médiatisation du « phénomène sectaire » a pu conduire à amalgamer entre elles des organisations aux aspirations pourtant très différentes. Ainsi, par le même terme générique de « secte », on a désigné autant des groupes criminels, dangereux, pédophiles, totalitaires que des nouveaux groupements religieux, ésotériques ou simplement excentriques (en décalage avec la société) qui n'ont jamais été coupables de tels crimes. Cela s'explique selon les détracteurs des sectes, par le contenu de la définition moderne. Si cette médiatisation a eu pour effet de mettre en lumière des abus au sein de certains groupements, elles ont parfois été très préjudiciables à des personnes ou des organisations. Ainsi, la liberté de culte et la liberté de conscience, pourtant garanties par la Déclaration universelle des droits de l'homme, ont parfois été bafouées. Selon les défenseurs des mouvements dit sectaires, certaines personnes, suite à la découverte de leur appartenance à des groupements considérés comme sectaires, ont été licenciées, se sont vues refuser la garde d'un enfant ou ont subi la rupture de leurs contrats commerciauxhttp://www.coordiap.com/temo00.htm. L'exemple de la chanteuse française Sylvie Mestre, dite Nayah, est assez représentatif du poids des médias et du climat de méfiance vis-à-vis des sectes qui régnait à l'époque. Alors que cette chanteuse connaissait une ascension qui la fit désigner en 1999 comme représentante de la France au concours de l'Eurovision, ses liens avec l'organisation raëlienne mirent un terme prématuré à sa carrière. Les pressions sur ses producteurs, exercées par des associations de lutte contre les sectes essentiellement, furent telles qu'après l'annulation de passages télévisés et de concerts, ses contrats furent finalement rompus.

Lutte contre les sectes

Ce qui est communément appelé "les sectes" pose un épineux problème d'ordre public en même temps que cela pose le problème des libertés. En effet, évaluer l'influence et la dangerosité sectaire est difficile . Un débat oppose depuis longtemps ceux qui pensent que, face aux mouvements considérés comme sectaires et dangereux, l'autorité se doit d'intervenir pour protéger les citoyens et, de l'autre côté, ceux qui estiment que l'État n'a pas le droit d'enfreindre les libertés de religion et d'association des citoyens. C'est l'opinion qu'exprime le sociologue canadien Daniel G. Hill : :« La société qui apprécie ses libertés doit accepter de ne pas pouvoir toujours protéger ceux qui renoncent volontairement à leur indépendance, consacrent leur biens à des causes vaines ou s'engagent dans des pratiques qui leur sont nuisibles. Là où les questions de foi et d'association sont en cause, l'individu qui est vraiment libre n'est pas seulement libre de jouir de ses choix mais aussi d'en souffrir. » Cité par J.F. Mayer, dans Sectes nouvelles, un regard neuf, Cerf, Paris, 1985. Selon Mme Hervieu-Leger, il est nécessaire de connaître le nouveau contexte religieux contemporain (pluriel, individuel, etc.) afin d’« assurer la protection des personnes et protéger le droit à la radicalité religieuse ». Elle rappelle l'aberration conceptuelle qui fait croire qu'un individu choisissant d'entrer dans une secte n'exercerait en fait aucune volonté autonome. Les états sont donc contraints d'osciller entre la tolérance applicable à toutes formes de religion et d'adhésion à un dogme, et la protection des individus et de la société. En fonction de leur propre définition du terme secte et des organisations classées comme sectes dans leur pays, certains gouvernements ont mis en place des procédés de lutte contre certaines pratiques et certaines organisations.

En Europe

En Europe, la mobilisation des gouvernements des principaux pays a permi d'améliorer la prévention des sectes. La France, la Belgique et l'Allemagne ont réuni des commissions dont le travail a permis de constituer des listes non exhaustives de mouvements sectaires.

En France

Contexte
En France, où les relations entre l'État, la société civile et les cultes sont historiquement très différentes de celles qui prévalent aux États-Unis, de nombreuses associations ont voulu considérer les sectes ou assimilées comme telles non comme des cultes, mais comme un nouveau danger, tant pour les personnes que pour la société. Elles entendent s'y opposer par l'information constante du grand public sur les méthodes de recrutement de certains groupements, par le renforcement ou la création de dispositifs législatifs spécifiques (introduction de la notion de "sujétion psychologique" dans le droit positif) et en agissant, le cas échéant, en Justice (constitution de partie-civiles -Article 2-17 du code de procédure pénale). Selon ces associations, la protection des individus passe avant la liberté absolue de culte telle qu'elle est entendue par la jurisprudence américaine, conformément à la Convention Européenne des Droits de l’Homme, qui stipule que la liberté de culte consacrée par l'article 9 n'est pas totale en Europe, les articles 8 et 9 précisent in fine que les "droits et libertés d'autrui" doivent être protégés (interdiction de l'abus de droit : Article 17). Leur point de vue est qu' « une secte est un groupe totalitaire qui se sépare de la société et s'y oppose »http://www.ac-amiens.fr/EPICAR/docs/Sectes.PDF. Elles redoutent que la nécessité ou l'obligation d'adhérer sans réserve à certains rites, certaines doctrines ou certains modes de vie se résume en simple manipulation mentale, à but très prosaïquement lucratif, avec des effets parfois redoutables sur la santé psychique, voire physique des adeptes. C'est en ce sens que le législateur français a voulu protéger les individus contre eux-mêmes et contre ceux qui utiliseraient un état de faiblesse pour obtenir des libéralités, des donations, du travail non rémunéré voire des faveurs de nature sexuelle. Une nouvelle catégorie d'atteinte aux personnes est définie par la Loi du 12 juin 2000 modifiant l'Article 223-15 2 du Code pénal. Ces associations s'inquiètent également de la propagation, par les sectes, de quelque nouvelle forme de totalitarisme, au motif que ceux qui croient ou prétendent détenir la vérité ne renonceront à aucun moyen pour l'imposer. Il est incontestable à cet égard que certains groupements religieux ou para-religieux se sont dotés de puissants moyens financiers. On peut ainsi légitimement s'inquiéter de ce que ces fonds aient pu être en partie obtenus en faisant pression sur les adeptes, et dotent ces organisation de moyens considérables. Certains groupements ne se priveraient pas d'infiltrer les centres du pouvoir économique, politique et judiciaire. Certains, comme la sociologue Florence Lacroix, vont encore plus loin en estimant que, de nos jours, la sécurité mondiale est affectée comme au temps des guerres de religion, et que le combat entre sectes et religions comprenant des groupes sectaires, a atteint un niveau planétaire . Ils allèguent que le gouvernement américain s'est permis plusieurs fois d'intervenir dans les affaires de pays européens qui se défendent juridiquement contre l'emprise des sectes, alors que celles-ci bénéficient aux États-Unis d'un cadre législatif beaucoup plus favorable. Enfin, les associations anti-sectes font valoir que certains scientifiques et sociologues ont parfois sciemment minimisé la dangerosité de sectes telles que l'Église de Scientologie, la Famille (ex-Enfants de Dieu), l'Église de l'unification (Moon), Aum vérité suprême au moyen d'études complaisantes dont il a été démontré pour certaines d'entre elles qu'elles avaient été financées par les mouvements qu'elles prétendaient étudier. Aussi dénoncent-elles leur manque d'objectivité et présentent ces sociologues comme autant d'apologistes de la cause sectaire. Le point de vue dit "anglo-saxon" adopté également par certains sociologues des religions... A l'opposé de l'option répressive et préventive qui a guidé la plume de législateurs français, les tenants d'une vision que l'on pourrait appeler nord-américaine ou anglo-saxonne de la liberté de conscience, ne reconnaissent pas les aspects considérés comme dangereux par leurs opposants, et dénoncent les dérapages ayant fait de certaines sectes et de certaines personnes les victimes de persécutions. Ils décrivent les campagnes menées par leurs adversaires comme des « chasses aux sorcières », une inquisition "laïcarde" contre la spiritualité, voire contre la liberté de penser. D'après eux, l'activisme anti-sectes dont font preuve certaines officines ne serait que la rationalisation d'une intolérance antireligieuse très traditionnelle, qui cherche à frapper l'opinion publique, par exemple en utilisant les témoignages d'ex-membres repentisSite du CICNS-Page Apostats. Selon eux, les attaques des anti-sectes reposent sur la mise à l'index des mouvements pris pour cibles. Ils estiment que des campagnes diffamatoires sont souvent entreprises sans grand souci de la vérité. Selon certains défenseurs des sectes , l'Église catholique a même largement favorisé l'essor du mouvement anti-sectes en transmettant à l'ADFI son idéologie, ses connaissances et ses techniques. Selon Joël Labruyère (président de l'OMNIUM des Libertés) dans L'État inquisiteur, « c'est grâce à leur connaissance de l'hérésie sous toutes ses formes et parce qu'ils bénéficient d'un réseau d'informations international que des prêtres catholiques ont pu lancer l'affaire et mettre le pied à l'étrier à des laïcs, en leur livrant, clé en main, une petite machine de guerre contre les nouveaux hérétiques. Il suffisait simplement de recycler le mécanisme des persécutions sous une forme assimilable par la culture moderne. Le CCMM a ensuite laïcisé ces concepts, leur permettant d'intégrer très naturellement les domaines politique et médiatique. Il ne reste, de l'inimaginable cruauté de la Sainte Inquisition, que les techniques « douces » qui consistent à pointer du doigt les « hérétiques » afin de les marginaliser, ce qu'on appelle bien encore communément « la chasse aux sorcières » . Les démons ont été remplacés par les « gourous » qui sont censés laver le cerveau de leurs « adeptes », préalablement lobotomisés. » Certains des critères retenus pour définir un mouvement sectaire (manipulation mentale, centralisation du pouvoir, etc.) sont fort vagues, qu'ils s'appliquent à la quasi totalité des groupes organisés, y compris les religions les mieux établies ou à des groupes autres que religieux : entreprises, clubs sportifs, associations, etc. La société Cedipac SA, anciennement nommée Groupement européen des professionnels du marketing (GEPM), est ainsi incluse dans la liste du rapport parlementaire français, alors que son activité, certes répréhensible, consiste essentiellement en vente pyramidaleCité par Bruno Étienne, La France face aux sectes page 224; les Alcooliques Anonymes se sont également vus accusés de manipulation mentaleAlexander, F., Rollins, R. (1984). “Alcoholics Anonymous: The Unseen Cult, ” California Sociologist, Vol. 7, No. 1, Winter, page 32 cité dans Ragels, L. Allen "Is Alcoholics Anonymous a Cult? An Old Question Revisited" “AA uses all the methods of brain washing, which are also the methods employed by cults ... It is our contention that AA is a cult.” . En France, ce sont les représentants des grandes religions eux-mêmes qui ont souligné que le délit de manipulation mentale prévu par la loi About-Picard pouvait également viser « la vie en noviciat, la clôture définitive, les pratiques d'ascèse, ... les vœux d'obéissance et de pauvreté, la direction spirituelle... » Déclaration de Jean Vernette, secrétaire national de l'épiscopat français pour l'étude des sectes et nouveaux mouvements religieux, le 20 juin 2000. Dès lors la dénomination de secte est arbitraire et source de contentieux. On en vient ainsi à parler de secte pour des groupes qui ne se réclament pas d'une religion (ex.: l'Instinctothérapie, Landmark...), ce qui amène Jeanine Tavernier, ex-présidente de l'UNADFI à déclarer : "De plus en plus, les gens voient des sectes partout. Si on fait du yoga, si on se soigne à l’homéopathie ou à l’acupuncture, on fait partie d’une secte. Je trouve cela extrêmement grave parce qu’on doit avoir une grande ouverture et accepter les médecines parallèles sans juger ni cataloguer." En raison du caractère extrêmement péjoratif qui s'attache désormais au mot secte, les défenseurs desdites sectes ainsi que les organisations concernées (fédérées pour certaines), lui préfèrent l'appellation, selon eux plus neutre et respectueuse, de « nouveau mouvement religieux ».
Dispositifs
Depuis le début des années 1980, plusieurs commissions d'enquêtes ont été initiées à l'Assemblée nationale afin d'enquêter de manière plus approfondie sur le phénomène sectaire. Quatre rapports ont ainsi été publiés : les deux premiers (datant respectivement de 1983 et de décembre 1995) dressent un tableau général de la situation des sectes en France; le troisième (de juin 1999) détaille la situation fiscale, patrimoniale et économique des sectes; enfin, le quatrième (en 2006) aborde la question des mineurs sous influence sectaire. D'après les informations fournies par les Renseignements Généraux (RG), la commission a établi, dans son rapport de 1995, une liste de 173 mouvements jugés sectaires, auxquels se sont ajoutés par la suite d'autres groupes dans le rapport de 1999 (AMORC, Anthroposophie, Fédération d'agrément des réseaux). N'ont été retenus que les mouvements remplissant au moins un des dix critères de comportement sectaire définis par la commission. La commission a établi trois catégories de sectes : les "sectes absolues", qui souhaitent changer la société et avec qui le dialogue est impossible (ex.: l'Église de Scientologie, l'Ordre du temple solaire); les mouvements dont le caractère religieux ou philosophique est incontestable, mais dont certains comportements sont susceptibles de porter atteinte aux droits de l'Homme (ex.: les Témoins de Jéhovah); et les mouvements supposés sectaires mais n'ayant pas vraiment fait l'objet d'étude approfondie (ex.: la galaxie anthroposophique). Le nombre d'adeptes est évalué dans le rapport de 1995 à environ 160 000, tandis que le chiffre atteindrait 500 000 avec les sympathisants et les proches des adeptes. Les deux rapports parlementaires ont suscité depuis leur publication d'importantes controverses : leurs détracteurs allèguent que les commissions de députés comptaient en leur sein nombre de membres du Grand Orient de France et mettent en doute l'objectivité de ces derniers. L'action des mouvements anti-sectes a ouvert la voie à une mobilisation d'un clan laïc qualifié par certains de « laïciste » et qui regroupe notamment le Grand Orient de France et la ligue communiste révolutionnaire. d'après Régis Dericquebourg, chercheur en sociologie et auteur de plusieurs ouvrages sur les religions minoritairesRégis Dericquebourg est entre autres auteur de : Ésotérisme et guérison (éd. l'âge d'homme), Croire et guérir : Quatre religions de guérison (éd. Dervy) et Religions de guérison (éd. Le Cerf). Il a plusieurs fois pris la parole pour défendre l'Église de Scientologie, la secte Aum ou encore l'Ordre du Temple Solaire, accusant les médias d'avoir mal interprété les faits. Ces prises de position, associées à son prestigieux statut de chercheur, font de lui une référence fréquemment utilisée par les défenseurs des nouveaux mouvements religieux « il serait intéressant de connaître le fonctionnement du réseau anti-secte ». Le choix d'établir une liste de sectes le rapport de 1995 n'a pas été sans susciter de nombreuses critiques parfois virulentes. C'est avec prudence que certains spécialistes l'ont accueillie. Ainsi M Vernette déclarait-il au sujet de la liste établie par ce Rapport de la Commission parlementaire française qu'elle « comportait de semblables qualifications abusives pour certains groupes épinglés faussement comme sectes avec toutes les conséquences désastreuses pour leurs membres et leurs activités, la liste étant largement publiée dans les médias. Or aucun n'avait été entendu. Aucun n'a pu obtenir réhabilitation ou nouveau jugement, car aucune instance ne se reconnaît qualifiée pour reprendre le dossier. La chose est grave dans un état de droit et l'on s'inquiète qu'elle risque de se renouveler par un autre biais » . M Vernette est aussi l'auteur d'un « Dictionnaire des groupes religieux aujourd'hui » qui comporte 400 entrées là où le rapport de l'Assemblée nationale n'en mentionne que 173. L'inquiétude de certains responsables catholiques et la prudence de leur réaction sur le sujet s'expliquent en grande partie par la crainte de voir classer parmi les sectes des mouvements le plus souvent charismatiques qui présentent pourtant d'évidentes dérives sectaires en leur sein. Ainsi M Vernette s'inquiétait que certaines organisations par ailleurs reconnues par l'Église, tel l'Opus Dei, puissent être classées comme sectes par les parlementaires. Dans son livre paru en 2007, Yves Bertrand, le directeur des RG de l’époque, estime que « certains groupes se sont vu un peu vite affubler du vocable de secte. »Yves Bertrand, Je ne sais rien mais je dirai (presque) tout, éditions Plon, 1997, page 166. « A coté de sectes authentiques et dangereuses, pratiquant la déscolarisation des enfants, l'abus de faiblesse, voire la pédophilie, certains groupes se sont vu un peu vite affubler du vocable de secte. ». La Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS) publie son premier rapport Le 7 février 2000 et conclut qu'il faut « renforcer la prévention et la répression des mouvements sectaires portant atteinte aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales ». Suite à ce rapport établissant une liste de sectes, la loi About-Picard qui concerne les mouvements sectaires est adoptée en 2001. Cependant le gouvernement français semble avoir amorcé des changements sur la manière de qualifier de secte des mouvements spirituels. La Mils a d'abord été dissoute et remplacée par la Miviludes. -"L'action menée par le Gouvernement est dictée par le souci de concilier la lutte contre les agissements de certains groupes, qui exploitent la sujétion, physique ou psychologique, dans laquelle se trouvent placés leurs membres, avec le respect des libertés publiques et du principe de laïcité. L'expérience a montré qu'une démarche consistant, pour les pouvoirs publics, à qualifier de « secte » tel ou tel groupement et à fonder leur action sur cette seule qualification ne permettrait pas d'assurer efficacement cette conciliation et de fonder solidement en droit les initiatives prises." Une circulaire gouvernementale du 27 mai 2005 a remis en cause les conclusions des rapports parlementaires en affirmant que le fait d'établir des listes de sectes n'était pas pertinent, et qui plus est contraire au respect des libertés et au principe de laïcité. La surveillance des groupes potentiellement à risque est naturellement maintenue, voire renforcée, mais les amalgames hâtifs entre des groupes fondamentalement indépendants ne sont plus encouragés. L'action gouvernementale s'est recentrée sur la notion de "dérive sectaire" qui permet de prendre en compte des aspects beaucoup plus large du phénomène. Fondée sur les mêmes critères de dangerosité émis par les rapports parlementaires, l'action gouvernementale peut désormais exercer une surveillance et prévention sur des domaines qui portent en germe des dérives sectaires et non plus seulement sur tel ou tel groupement. Ainsi, le coaching ou le développement personnel sont des domaines qui comptent de très nombreuses formes de dérive sectaire mais qui ne sont pas forcément tous soumis à des organismes identifiés comme secte. La nouvelle notion permet de prendre en compte ses aspects ainsi que l'évolution du phénomène sectaire dans son ensemble. De la même manière certaines dérives sectaires sont composées de réseaux de personnes, conférenciers, séminaires, stages, mouvance, sites internets sans être des organismes structurés et identifiables. C'est le cas pour la mouvance "New âge" que la nouvelle notion de dérive sectaire permet de mieux appréhender. Par contre, le Conseil d'état a reconnu en juin 2005, lors d'un procès intenté par la scientologie - procès perdu définitivement par celle-ci -, que cette même "Liste des Sectes" avait une "valeur informative" et il ajoutait : "En outre, eu égard aux risques que peuvent présenter les pratiques de certains organismes communément appelés « sectes », alors même que ces mouvements prétendent également poursuivre un but religieux, les circulaires ne méconnaissent pas le principe de la liberté religieuse …/…" - reconnaissant ainsi l'appellation "sectes" et le danger que certaines représentaienthttp://www.antisectes.net/jugt-conseil-etat-2005.html.
Les actions judiciaires
En 1997, le 4 avril, au sein de la communauté Tabitha's place (à Sus, dans les Pyrénées-Atlantiques), les parents d'un bébé de 19 mois atteint de rachitisme et mort par faute de soins adéquats sont condamnés à une peine de prison alourdie en appel ; le 4 juin, Robert Spatz, fondateur d'Ogyen Kunzang Chöling, est incarcéré, avec 5 proches, pour séquestration, escroquerie et non-assistance à personne en danger ; le 20 juin, Maïté Castano, fondatrice du groupe Horus (situé à La Coucourde dans la Drôme), est mise en examen pour non-assistance à personnes en danger, suite à deux décès au sein de sa communauté ; Le 6 septembre 2001, la statue géante du chef spirituel de l'Association du Vajra triomphant (Mandarom), Gilbert Bourdin, est abattue sur ordre de la justice suite à un procès relatif au permis de construire. Le Mouvement raëlien décide alors sa propre dissolution, parlant de « discrimination ». Avant de disparaître, il incite les Français à voter pour Jean-Marie Le Pen afin que la France ait « un régime en harmonie avec sa politique liberticide », mais aussi « parce que, en cas de succès de Le Pen, une révolution est envisageable qui pourrait amener à la Géniocratie »http://www.rael.org/int/french/raelspeaks/raelspeaks/elections.htm. La Justice française s'est aussi attaquée à l'Église de Scientologie qui a perdu un procès suite à l'utilisation abusive de noms d'ex-membres dans un fichier informatique. L'Église de Scientologie a également été mise en examen en tant que personne morale pour « escroquerie en bande organisée ». En fait, cette secte aurait perdu des centaines de procès dans le monde (information non vérifiable), dont plusieurs procès à propos de morts suspectes. Elle en aurait aussi gagné des centaines. En 2004, la première application de la loi About-Picard a permis la condamnation de Arnaud Mussy, leader du groupe Néophare, pour sujétion psychologique, après le suicide d'un de ses adeptes. La Cour de Cassation a confirmé l'arrêt de la Cour d'appel de Versailles en ordonnant la taxation à hauteur de 60% sur les offrandes faites à Association les Témoins de JéhovahVoir l'article Témoins de Jéhovah et taxation des dons manuels en France, association à but non lucratif (loi du 1 juillet 1901). Parmi les motifs courants de procès et de condamnations de mouvements religieux de type sectaire, énumérons : les infractions au code du travail, l'escroquerie, la non-assistance à personne en danger, l'exercice illégal de la médecine et la maltraitance des enfants. La loi française ne connaît pas le délit de « manipulation mentale » (proposé en 2000 par la Commission nationale consultative des droits de l'homme mais non retenue) et ne se penche pas sur la perte de vie sociale forcée de personnes majeures et apparemment consentantes. La lutte gouvernementale contre les sectes passe aussi par l'information et la publication de rapports décrivant les pratiques de certaines sectes.
Réactions internationales à la politique française
La France est, depuis la publication du rapport parlementaire de 1995, le pays européen le plus engagé dans la lutte antisectes. Le Parlement européen est plus réservé et estime dans un rapport en 1997 Maria Berger - Commission des libertés publiques et des affaires intérieures que l'arsenal juridique des différents états est suffisant et que rien ne nécessite une politique européenne commune sur la question. Dans un rapport sur la liberté religieuse en France, les États-Unis critiquent la liste des sectes du rapport parlementaire en raison de l'absence de procédure contradictoireLes sectes, Nathalie Luca, Que sais-je (p 102), et en 2002 s'inquiètent de ce que cette politique pourrait être un modèle pour d'autres pays : :« Ce qui se passe en France est suivi de manière attentive, et parfois imité, par bien des pays tels que la Lithuanie, la Russie, le Cambodge, la Chine, Haïti et le Chili. Les pouvoirs publics français et surtout les responsables de la MILS – se sont rendus dans plusieurs de ces pays pour promouvoir leurs initiatives contre les mouvements sectaires. Cependant, ces pays, qui ont déjà un lourd passé de répression religieuse, ne disposent pas des mécanismes de protection des droits de l’homme tels que ceux qui existent en France. » En effet, si la position des associations de lutte contre les sectes reste prudente envers le statut du Falun Gong, certaines personnalités ont pris des initiatives, contestées par les défenseurs des mouvements dits sectaires, et qui ont été interprétées comme donnant une forme de caution à la politique de répression du gouvernement chinois contre le Falun Gong. C'est notamment le cas de la visite d'Alain Vivien en Chine - sur invitation officielle du gouvernement chinois et alors qu'il était président de la MILS - rapportée dans ces termes par le Bulletin du CCMM de décembre 2000 : :« La France est souvent citée en exemple en raison de l'ampleur et de la cohérence des mesures prises pour répondre à la menace sectaire. Les représentants français, parmi lesquels Alain Vivien, invités au symposium ont reçu un accueil chaleureux et fait l'objet d'une écoute particulièrement attentive. ». Le gouvernement iranien s'est aussi montré un franc sympathisant des actions de la MILS. D'autres critiques seront formulées contre la politique française après le vote en 2001 de la loi About-Picard, jugée contraire aux libertés garanties par la Convention européenne des droits de l'homme; l’Assemblée parlementaire européenne demande en 2002 au Gouvernement français de revoir cette loi sur le site du Conseil de l'Europe.

En Belgique

En Belgique, une tentative similaire a provoqué une violente controverse au Parlement, qui a dû renoncer à définir une liste de sectes mais a publié un rapport détailléhttp://vigi-sectes.org/rapport/rapport_belge_enquete_parlementaire.html.

En Suisse

En Suisse, le Conseil Fédéral se garde de tout amalgame entre des groupes « sans lien entre eux » et se prévaut que « la liberté de conscience et de croyance ainsi que le droit d'association sont des droits ancrés dans la Constitution fédérale ». Ainsi mis à part les actions pénales l'État suisse n'intervient pas directement contre les secteshttp://www.parlament.ch/afs/data/f/gesch/1998/f_gesch_19983136.htm. Toutefois au moins quatre tribunaux suisses ont confirmé que la scientologie n'était pas une religion mais une affaire commercialehttp://www.antisectes.net/jugt-canton-vaud-2001.html.

En Chine

Le gouvernement chinois dit être entré en conflit avec les pratiquants de Falun Gong. Celle-ci a été perçue par les autorités chinoises comme une menace contre la suprématie politique du parti communiste chinois. Les autorités ont interdit cette pratique en la dénonçant comme une "secte hérétique" (xiejiao). Les autorités chinoises affirment que le Falun Gong a répliqué sous l'impulsion de son fondateur, Li Hongzhi, aujourd'hui réfugié aux États-Unis, par des manifestations d'opposition massives et pacifiques de désobéissance civile. Les autorités chinoises expliquent que le Falun Gong ferait courir des risques graves à la santé de ses adeptes et qu'il inciterait même ses membres à se suicider par immolation par le feu. Les pratiquants de Falun Gong affirment n'avoir aucune volonté politique. Selon eux, la répression qui s'est ensuivie a conduit à l'arrestation de pratiquants du Falun Gong, à des procès sommaires aux jugements arbitraires qui se sont soldés par l'internement dans des camps de travail, voire à des condamnations à mort pour certains d'entre eux. Le Rapporteur spécial sur la torture des Nations Unis, Amnesty international et Reporter sans Frontières dénoncent la répression du mouvement parlent d'arrestation illégale et de tortures. Le Falun Gong a toujours nié avoir, sous quelque forme que ce soit, poussé ses adeptes au suicide et déclare condamner de telles actions. Des organisations de défense des Droits de l'homme ont observé que les « suicides » en question étaient en fait des mises en scènes meurtrières montées par les services de sécurité chinois dans le but de discréditer le Falun Gong aux yeux de l'opinion publique mondiale. Elles soulignent enfin que de nombreux cas de tortures infligés aux adeptes lors de leur incarcération ont été porté à leur connaissance. Le film Feu mensonger produit par la chaîne New Tang Dynasty Television et qui soutient leur cause, a fait le tour du monde et a été primé au Festival du film International de Columbus.

Commissions parlementaires

France

En France, certains mouvements sont mentionnés dans le rapport parlementaire de l'Assemblée nationale sans toutefois faire partie de la liste des sectes . À propos de mouvements mentionnés dans le rapport mais ne figurant pas dans la liste des sectes, le texte du rapport dit : « Mais auparavant, il est nécessaire de dissiper un éventuel malentendu : tous les mouvements spirituels autres que les religions traditionnelles et communément appelés sectes ne sont pas dangereux, comme, par exemple, les baptistes, les quakers ou les mormons. Leur rôle peut même être, parfois, considéré comme très positif. … La commission a donc bien pris garde de faire un amalgame entre tous les groupes spirituels existants. Elle a considéré qu'elle devait se cantonner à examiner les nuisances provoquées par les seules sectes dangereuses. Et ce, pour mieux tenter de dégager les moyens de les combattre. » (Source : ).

Belgique

En Belgique, le rapport parlementaire présente un tableau synoptique qui n'est pas une liste de mouvements qualifiés de sectes, mais la liste de tous les mouvements étudiés en vue du rapport parlementaire, soit 189 au total (voir , p. 227).

Mouvements examinés

Sectes historiques

- Les Nizârites, aussi connus sous le nom d'Assassins
- L'Église positiviste d'Auguste Comte
- Le Saint-simonisme de Barthélemy Prosper Enfantin

Notes et références

Voir également

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Sujets connexes
Abus sexuel sur mineur   Alain Gest   Alain Vivien   Alcooliques Anonymes   Allemagne   Amis de l'Homme   Amish   Années 1980   Années 1990   Anthroposophie   Antiquité   Antoinisme   Assemblée nationale (France)   Assemblées de Dieu   Assemblées de Frères   Association de soutien à l'œuvre de Sundari - École de l'essentialisme   Association internationale pour la conscience de Krishna   Athéisme   Auguste Comte   Aum Shinrikyo   Aumisme   Autoritarisme   Barthélemy Prosper Enfantin   Belgique   Bhagwan Shree Rajneesh   Bouddhisme   Brahma Kumaris   Bruno Étienne   CCMM   Californie   Canada   Catholicisme   Celse (philosophe)   Christianisme   Clonaid   Code du travail   Commission nationale consultative des droits de l'homme   Commissions d'enquête parlementaires sur les sectes en France   Communauté Saint Jean   Concours Eurovision de la chanson   Confession   Constantin Ier (empereur romain)   Convention européenne des droits de l'homme   Corée du Sud   Croyance   Culte de la personnalité   Danièle Hervieu-Léger   Diabolisation   Doctrine   Dogme   Déclaration universelle des droits de l'homme   Dénotation et connotation   Eckankar   Enfants de Dieu   Ernst Troeltsch   Europe   Fanatisme   Finance   France   Fraternité blanche universelle   Georges Fenech   Georges Gurdjieff   Gilbert Bourdin   Gourou   Grand Orient de France   Guyana   Harvey Cox   Hindouisme   Hérésie   Information   Inquisition   Instinctothérapie   Invitation à la vie   Islam   Japon   Jardins de la vie   Jean-François Mayer   Jean-Marie Le Pen   Jean-Pierre Brard   Jean Vernette   Joseph Engelmajer   Judaïsme   Latin   Li Hongzhi   Liberté   Ligue communiste révolutionnaire   Loi   Loi About-Picard   Macrobiotique   Magdebourg   Maison de Jean   Maltraitance sur mineur   Manipulation mentale   Massacre de la Saint-Barthélemy   Massif du Vercors   Max Weber   Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires   Mormonisme et caractère sectaire   Mouvement raëlien   Mouvements et partis politiques   Mysticisme   Mythe   Médecine   Méditation transcendantale   Méthode Silva   Nathalie Luca   Nayah   Nizârites   Norme   Nouveau mouvement religieux   Nouvelle Acropole   Office culturel de Cluny   Ogyen Kunzang Chöling   Opus Dei   Ordo Templi Orientis   Ordre du Temple solaire   Orthodoxie   Ouganda   Parole de foi - Évangélisation mondiale   Parti communiste chinois   Pentecôte de Besançon   Philippe Vuilque   Philippines   Philosophie   Pline le Jeune   Politique   Polémique   Prosélytisme   Protestantisme   Pureté   Pyrénées-Atlantiques   Québec   Reiyukai   Religion   Roger Bastide   Roi   République populaire de Chine   Sahaja Yoga   Saint-simonisme   Salut de l'âme   Sanctuary (religion)   Sarin   Sathya Sai Baba   Scandale   Science chrétienne   Scientologie   Sensationnalisme   Shintoïsme   Shri Ram Chandra Mission   Siège de Waco   Sociologie   Sociologie des religions   Société (sciences sociales)   Société secrète   Spiritualité   Suicide   Suicide collectif   Suisse   Surnaturel   Sus (Pyrénées-Atlantiques)   Séoul   Tabitha's place   Taoïsme   Temple du Peuple   Texas   Totalitarisme   Tradition Famille Propriété   Témoins de Jéhovah   Témoins de Jéhovah et taxation des dons manuels en France   Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu   Vente pyramidale   Viol   Yves Bertrand  
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