Jean Lescure

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Jean Lescure (14 septembre 1912, Asnières-sur-Seine - 17 octobre 2005, Paris) est un écrivain et poète français.
Jean Lescure

Jean Lescure (14 septembre 1912, Asnières-sur-Seine - 17 octobre 2005, Paris) est un écrivain et poète français.

Biographie

Né le 14 septembre 1912 à Asnières, où ses parents ont transformé leur bistro-salle de bal en cinéma, l'Alcazar, Jean Lescure est de 1921 à 1928 interne au collège de Saint-Germain-en-Laye où il côtoie Mounir Hafez et Armel Guerne. Après des études de philosophie à la Sorbonne (Étienne Gilson, Léon Brunschvicg, André Lalande) et de psycho-pathologie à Sainte-Anne (Georges Dumas), il fait partie en 1934 du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes. L'année suivante il participe à la première randonnée au Contadour proposée à ses lecteurs par Jean Giono. Il devient son secrétaire, élabore le projet des Cahiers du Contadour et en dirige en 1936 les deux premiers numéros. En 1938, Lescure prend la direction de la revue poétique Messages dont il a retracé l’histoire dans Poésie et liberté. Après un premier cahier autour de William Blake, le deuxième, préparé avec l'aide de Jean Wahl, a pour titre Métaphysique et Poésie. À cette occasion Lescure demande à Gaston Bachelard un texte qui va orienter la réflexion du philosophe vers l'imaginaire poétique, rencontre René Char, se lie avec René Daumal et Benjamin Fondane et noue une « affection fraternelle » avec Pierre Emmanuel. En 1942, Lescure engage Messages dans la résistance littéraire pour en faire avec le soutien de Jean Paulhan « l'anti-NRF» de Drieu La Rochelle. Le premier cahier paraît en mars (textes de Pierre Emmanuel, Eugène Guillevic, Jean Follain, Raoul Ubac…). Après interdiction, les deux suivants (Claudel, Jean Tardieu, Francis Ponge, Paul Éluard, Raymond Queneau, Loys Masson…) sont antidatés. Le quatrième (Bachelard, André Frénaud, Michel Leiris, Queneau, Jean-Paul Sartre, Bataille…) est publié à Bruxelles. Jean Lescure participe simultanément à la diffusion de la presse clandestine, collabore aux « Lettres françaises » dont il est co-directeur, fait partie du Comité national des écrivains et du groupe armé « Ceux de la Résistance ». Domaine français (Messages, 1943), rassemblant une soixantaine des plus grands noms d'écrivains, manifeste une insoumission collective de la littérature : François Mauriac, Paul Claudel, André Gide, Valéry, Georges Duhamel et Romain Rolland y côtoient Henri Michaux, Albert Camus et Jean-Paul Sartre. Dans le bureau de Paulhan chez Gallimard, Lescure prépare parallèlement avec Éluard, dont il passe pour le « lieutenant », la publication clandestine en juillet, aux Éditions de Minuit, du premier volume anthologique de « L'Honneur des Poètes », auquel il collabore sous le nom, choisi par Éluard, de Jean Delamaille, puis du second volume « Europe ». En avril 1944 Jean Lescure rencontre André Malraux et enregistre clandestinement avec Éluard les poèmes de « L'Honneur des Poètes » au Club d'Essai de Pierre Schaeffer. Avec Camus, Sartre et Frénaud, il se trouve dénoncé dans un tract, donc à la Gestapo. Jean Lescure, Poésie et Liberté, Histoire de Messages, 1939-1946, Paris, Editions de l’IMEC, 1998 (471 pages). À la Libération, Lescure est appelé en août 1944 par Jean Guignebert et désigné par le Centre national des écrivains pour prendre la direction du Service littéraire de la Radiodiffusion, où il introduit Raymond Queneau et Jean Tardieu, Pierre Desgraupes et Pierre Dumayet. Tandis qu'il poursuit la publication de Messages jusqu'en 1946 il commence à nouer des amitiés durables avec les peintres de la nouvelle École de Paris. Devant quitter la Radio en 1946 il est brièvement secrétaire général des Éditions de Minuit auprès de Vercors de mai à décembre. Il écrit dans les années suivantes pour le théâtre, notamment pour la Comédie de Saint-Étienne de Jean Dasté, participe aux Rencontres internationales de Genève (1945-1958), à la création et aux assemblées de la Société européenne de culture (1950-1960). S'associant en 1956 à son père pour diriger le cinéma l'Alcazar d'Asnières, il en fait l'une des premières salles de banlieue consacrée au cinéma d'art. Avec l'aide d'André Malraux, il prépare les conditions du fonctionnement de l'« Association française des cinémas d’Art et Essai » dont il sera le président de 1966 à jusqu'en 1992, devenant plus tard président de la Confédération internationale des cinémas d'art et d'essai (1981-1986). Directeur littéraire du « Théâtre des nations » de 1957 à 1960, membre des commissions Peinture, achats de l'État, et Décoration des bâtiments publics, il participe au choix des décorations de la Faculté des Sciences de Jussieu dont Malraux a confié la reprise du projet à l'architecte Édouard Albert. De 1960 à 1965 Il est conseiller au Service de la Recherche de l'ORTF de Pierre Schaeffer puis de Pierre Emmanuel à l'Institut national de l'audiovisuel de 1975 à 1977. Jean Lescure en 1986 Lescure est en 1960, à la suite d'une décade à Cerisy qu'il dirige avec Georges-Emmanuel Clancier sur Queneau et à laquelle participent notamment Maurice de Gandillac, François Le Lionnais, Albert Memmi, l'abbé Morel, Jacques Bens, Jean Follain, André Frénaud, Eugène Guillevic, Michel de Smet, l'un des membres fondateurs de l'Oulipo, l'inventeur de la méthode S + 7 et l'auteur en 1964 de la première Histoire de l’OulipoJean Lescure, Petite histoire de l’Oulipo, dans La littérature potentielle (Idées/Gallimard, 1973; Folio/essais. Il apparaît ainsi constamment dans les comptes rendus des réunions de l'Oulipo rédigés par Jacques BensOulipo, 1960-1963, Christian Bourgois, 1980; édition revue et augmentée : L'Oulipo, Genèse de l'Oulipo, 1960-1963, Le Castor Astral, 2005). Il est simultanément « Régent d'Anabathmologie » du Collège de 'Pataphysique. On doit par ailleurs à Jean Lescure de nombreux livres, articles et préfaces sur ses amis les peintres de la Nouvelle École de Paris qui ont illustré ses poèmes de leurs gravures ou lithographies. Jean Lescure a reçu en 1984 le Prix Valéry Larbaud et le Prix Audiberti, en 1992 le Grand Prix Poncetton de la Société des gens de lettres pour l'ensemble de son œuvre. Son dernier ouvrage, Une antibiographie de l'auteur des Antimémoires, est consacré à André Malraux. Il a également tenu à partir de 1928 un Journal qu'il a souhaité être conservé à l'IMEC avec les archives qu'il y avait déposées depuis 1998, mais ne pas être publié avant cinquante ans. Jean Lescure est mort le 17 octobre 2005 à Paris.

L'œuvre poétique

Poèmes, essais, préfaces et articles sur la poésie, la peinture, le cinéma ou la philosophie même de la création, l'œuvre de Jean Lescure, dans laquelle apparaissent encore plusieurs pièces de théâtre et textes de films, des traductions ou adaptations, s'étend sur plus de deux cents titres. L'écriture poétique en constitue la veine fondamentale, d'autant plus que pour Lescure c'est à sa présence qu'un texte, quel qu'il soit, doit sa qualité littéraire. L'œuvre plus spécifiquement poétique de Jean Lescure s'est développée de 1939 à 2002 au long d'une douzaine de recueils, composés pour la plupart de longs poèmes ou suite de poèmes qui représentent chacun plusieurs mois ou années de travaild'après Michel-Georges Bernard : Jean Lescure, dans "Cahier du Centre Culturel du Parvis", Ibos, 1978 (pp. 13-14); Jean Lescure, dans "Dictionnaire de Poésie de Baudelaire à nos jours, sous la direction de Michel Jarrety", Presses Universitaires de France, Paris, 2001, , (pp. 428-429); Jean Lescure ou Les matins de la parole, suivi d'un choix de poèmes, dans "Poésie/première", n° 29, Éditions Editinter, Soisy-sur-Seine, juillet-octobre 2004 (pp. 40-52).

Un exercice du silence

Que le silence me nomme, écrit Jean Lescure au dernier vers de l'un des poèmes de Drailles (1968) et, à la dernière page des Gnomides (1999), Entre dans le silence. Tu entendras. Cette allusion au « silence » est aussi fréquente dans ses poèmes que dans les essais qu'il a consacrés à l'écriture poétique et en 1942 Exercice du silence était déjà le titre qu'il donnait à un numéro de sa revue, Messages. Un silence, non pas donné mais conquis, serait bien le climat essentiel, le sol fondamental de sa poésie. Une « Poétique du Non » s'y déploie, analogue à la « Philosophie du Non » que n'a cessé d'analyser dans les développements de l'esprit scientifique son ami Gaston Bachelard. A chaque instant, pour Jean Lescure, « homo loquens » ne vit que bien peu de ce que le monde du langage lui propose d'accès au monde même. Manifestant l'un des visages les plus exigeants de l'anti-romantisme moderne, du refus de l'exaltation de la subjectivité, sa poésie entreprend de récuser narration, description, mémoire ou fiction, discours, rationnel ou affectif. L'expérience poétique ne saurait constituer la seule conséquence d'expériences passées, la transcription de sensations, passions ou idées qui lui préexisteraient. Trop longtemps ce qu'on appelait la poésie ne fut que le véhicule plus ou moins convaincant d'une pensée qui lui était antérieure, d'une expérience qui lui était étrangère, observait Lescure dès 1945. Il s'agira donc pour lui de purifier la conscience poétique, de la dégager de ce qui pourrait la distraire, l'altérer, lui interdire de s'apercevoir dans ses pouvoirs propres. Le poète doit ainsi apprendre à de se délivrer de son onéreuse personnalité. Il lui faut d'abord en lui-même établir un désert. Des mouvements du langage qu'une voix en lui a pouvoir d'accueillir et qu'il n'ose plus reconnaître pour siens, des objets qui s'y trouvent se constituer, il accepte son effacement. Il préfère découvrir la réalité qu'ils inaugurent plutôt que retrouver en eux l'illusoire reflet des humeurs et opinions de son existence privée.

Langage et réalité

Comme Malraux, le poète ne s'intéresse guère : dans son « attentive inculture du moi » (« La Tentation de l'Occident »), « peu lui importe ce qui n'importe » qu'à lui (« Antimémoires »). Tout autre est en effet l'objet de son attente et de sa découverte. « La poésie n'exprime pas quelque chose qui lui demeure étranger. Il n'y a pas de poésie antécédente à l'acte du verbe poétique. Il n'y a pas de réalité antécédente à l'image littéraire », analysait semblablement Bachelard. Et Frénaud pouvait constater que la poésie était « l'ennemie du poème », tout comme la « parole parlée », selon Merleau-Ponty, de l'authentique « parole parlante ». La réalité, dans la poésie de Jean Lescure, coïncide ainsi avec sa nomination. Dans la voix dont le poète est le lieu plus que le maître, se donnent à éprouver, comme obliquement, des expériences fugitives des choses et des êtres qu'évoquent les mots. La parole poétique y devient l'expression d'une approche du monde qui n'a pu s'effectuer avant cette expression, qui ne pourra s'effectuer hors de cette expression. Loin d'être le simple outil d'une transmission, le langage poétique constitue chez Jean Lescure le vecteur de relations neuves au réel, invécues et invivables autrement ou ailleurs que dans les paroles qui les forment en les communiquant, des expériences exclusivement poétiques puisque contemporaines et indissociables de leur expression. Ce qui est en jeu dans l'écriture est donc essentiellement pour Jean Lescure le pouvoir humain de susciter de la réalité par la parole. Les concrétions verbales qui composent le poème créent leurs propres phénomènes et de ce pouvoir extrême Jean Lescure entreprend de faire la condition même de sa poésie. Tu vas naître si tu te perds, écrit-il dans un poème de Drailles. Faisant taire le vacarme des voix ameute l'existence quotidienne, évacuant son « je », le perdant au bord du silence en une réalité éphémère et incertaine, indistincte du langage qui la nomme, c'est une ascèse parente du cheminement mystique que pratique le poète et qu'il va réclamer de son lecteur. Le silence actif dont naît sa poésie et qui l'accompagne, le vacillement d'être qu'elle affronte, son lecteur devra les partager.

« Les matins de la parole »

Tandis que dans la communication quotidienne les mots ne cessent de s'évader vers leur sens; en poésie, pour Lescure comme pour Valéry, c'est leur sens qui ne cesse de s'effondrer devant eux. Le langage y accomplit la vocation différente de constituer des objets qui ne s'abolissent pas dans leurs significations. De la parole poétique, elles ne sont pas pour autant absentes mais, sans cesse naissantes et renaissantes, elles ne peuvent, à peine surgies, que clignoter et se dissoudre ou s'éteindre. Toujours sur le point de s'imposer, elles en sont, dans l'écriture de Jean Lescure, interminablement retenues par la présence irréductible des mots, comme impatients de les refuser et d'accéder, en les taisant, à une existence autre. Un continuel avènement de sens à partir des mots et, en retour, des mots dans leur saveur sensible sur la ruine de leur sens, telle serait l'expérience offerte au lecteur par le poète. Ces concrétions verbales opérant au milieu du silence, que n'enchaîne la logique d'aucun discours, replacent à l'origine même de l'être parlant. Rendant contemporain du langage et du monde l'un par l'autre naissants, c'est au vertige, à la stupeur, à la fascination des commencements qu'elles conduisent. De là ce climat particulier aux poèmes de Jean Lescure d'un langage et d'un monde d'une extrême transparence et d'une opacité aveuglante. Matin sans fin des choses, écrit-il : au long des rêveries de la blancheur, de la lenteur et de l'attente mêlées, c'est bien souvent dans cette heure sans heures que s'enracinent ses poèmes. Les arbres et les pierres, les plantes et les bêtes, le vent, la dune ou l'étang, les maisons et les corps paraissent y surgir, devant l'anonyme « je » du poète ou de son lecteur simultanément renaissant, au milieu de la vie, de l'amour, du triomphe de la mort. Vous n'avez pas vu les choses qui sortent de la nuit à l'aube si vous ne les avez pas vues humides et comme trempées d'une naissance mystérieuse, confie Jean Lescure dans son Journal. Les « matins de la parole » qui se lèvent dans ses poèmes sont tout à la fois matins des choses suspendues en leur secrète naissance et matins de la présence même.

Littérature Potentielle

Cet effacement du poète devant le poids de ses mots, on le retrouve sous une forme différente dans les poèmes d'une inspiration souvent humoristique que Jean Lescure joint à ses recueils, La Marseillaise bretonne (dont des extraits sont publiés dès 1942) pour les Treize poèmes (1960) ou les Poèmes carrés pour Drailles (1968). Lescure a raconté lui-même dans La Belle jardinière (1988) comment s'étaient simultanément décidées en 1943 l'écriture des poèmes en prose de La Plaie ne se ferme pas qu'il publie en 1949 et celle des « Exercices de style » que fait paraître Queneau en 1947. Raymond me dit « tu devrais écrire des poèmes avec des mots pas courants comme dans Le Voyage immobile (...) Je te donne dix mots, tu veux ? » (...) Moi je lui dis : « tu écris la même histoire de dix manières différentes ». Il l'écrira plus tard de cent manièresJean Lescure, La belle jardinière, Clancier-Guénaud, Paris, 1988. Dans cette veine pré-oulipienne, il faudrait encore classer les nombreux acrostiches dUne anatomie du secret (1948). L'Oulipo créé en 1961, la contribution majeure de Lescure à ses activités est la mise au point de la célèbre « méthode S + 7 ». À partir d'un texte quelconque, elle permet de produire de nouveaux textes en remplaçant chaque substantif (mais aussi chaque adjectif ou verbe) par le septième (ou le xième) qui le suit dans un dictionnaire assez réduit de façon à ce que l'opération déborde la famille du mot initial. Aux oulipotages auxquels ne cessera de s'exercer Jean Lescure se rattachent le recueil entier de La Belle jardinière ainsi que maints poèmes du Satyre est con (1998) et des Gnomides (1999). Le langage capable de parler tout seul ne nous paraît nullement absurde, constate Lescure, c'est l'homme qui nous paraît naïf de s'être cru le centre du monde et le maître des mots. Nous vérifions que sa modestie est sa grandeur. Jeté au milieu du langage, il voit autour de lui, à mesure qu'il fait taire en lui la petite voix obstinée de sa science et de ses organes mêlés s'agiter et surgir des figures innombrables. Il constate que c'était lui qui les empêchait de se former et de paraître. Il apprend que des techniques somment le langage de constituer ses figures, que les contraintes qu'il s'impose sont pleines de vertus et forcent des combinaisons insoupçonnées à se former. Ce que l'on croyait obstacle à l'inspiration est ouvrier de réalité.

Bibliographie sélective

Poésie

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Le Voyage immobile, Jean Flory, Paris, 1939.
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Une anatomie du secret, Ides et Calendes, Neuchâtel et Paris, 1946.
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La Plaie ne se ferme pas, avec une lithographie de Maurice Estève, Charlot, Paris, 1949.
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Treize poèmes suivis de La Marseillaise bretonne, Gallimard, Paris, 1960.
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Noires compagnes de mes murs, avec 8 dessins (Roger Chastel, Jean Coulot, Marcel Fiorini, Léon Gischia, Charles Lapicque, Mario Prassinos, Raoul Ubac et Jean Villeri), Florentin Mouret, Avignon, 1961.
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Drailles suivi du Petit meccano poétique n°00, Gallimard, Paris, 1968.
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Itinéraires de la nuit, Clancier-Guénaud, Paris, 1982.
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Il trionfo della morte, Clancier-Guénaud, Paris, 1984 .
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La Belle Jardinière, suivie par Le Jardinier d’Empédocle avec quelques recettes d’oulipotage dont Mort à l’élément terre, Clancier-Guénaud, Paris, 1988 .
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Le Satyre est con, Préludes à l’après-midi d’un Satyre & Fugues, 26 linos et dessins de Léon Gischia, Éditions Proverbe, Marchainville, 1998 .
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Gnomides (Trois petits Traités), Éditions Proverbe, Marchainville, 1999 .
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Journal de la Boue, Éditions Proverbe, Marchainville, 2001 .
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Feuilles de tremble, Éditions Proverbe, Marchainville, 2001 .
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Poèmes métaphysiques (1938-1946), Éditions Proverbe, Marchainville, 2002 .

Éditions illustrées

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Les Falaises de Taormina, avec des gravures d’Ubac, Limoges, Rougerie, 1949.
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Apologie de l’aveugle, dans "À la gloire de la main", Paris, Librairie Auguste Blaizot, 1949.
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Une Rose de Vérone, avec deux eaux-fortes de Fiorini, Paris, 1953.
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La Couronne de Laure, avec une gravure de Fiorini, dans "Paroles Peintes I", Paris, Éditions O. Lazar-Vernet, 1962.
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Un Herbier des dunes, 20 planches de Fiorini, Paris, Jeanne Bucher, 1963.
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La Saint-Jean d’Été, avec 11 bois gravés de Gischia, Paris, Galanis, 1964.
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Il Trionfo della morte, avec 4 eaux-fortes de Bruno Pulga, Bergamo, Lorenzelli, 1969.
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L’Étang, avec 8 eaux-fortes et aquatintes de Zao Wou-Ki, Paris, Editions Galanis, 1972.
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13 proverbes smyrniotes, avec 13 gravures de Dayez, Izmir, Les raisins de Smyrne (Edmond Charlot), 1973.
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Le Blason du corps blessé, avec 18 lithographies de Singier, Société des Bibliophiles de Normandie, 1974.
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Jardins déserts peut-être, avec 10 pointes sèches de Zoran Music, Braunschweig, Editions Schmücking, 1976.
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Procession des monts, avec 3 pointes sèches de Music, Paris, François Bénichou, 1976.
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Opera-Fellini, dans "Fellini, Hommage de 9 peintres de Paris à Federico Fellini", textes de Hélène Parmelin, Georges Boudaille et Jean Lescure, 9 lithographies de Corneille, Kijno, Labisse, Lindstroem, Messagier, Pignon, Prassinos, Singier et Zao Wou-Ki, Roma, Grégory, 1976.
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De l’Arbre au Masque, avec 3 gravures de James Coignard, Paris, François Bénichou, 1977.
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Malignes Salines, poèmes autographiés avec 17 dessins de l’auteur, Paris, Éditions de l'Orycte, 1977.
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Traité des couleurs, poèmes autographiés avec 51 dessins de Singier, Sigean, L’Orycte, 1980.
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7 poètes et Aristide Caillaud (René Char, François Dodat, Jean-Marie-Drot, Jacques Lacarrière, Jean Lescure, Henri Pichette, Jean Rousselot), gravures de Caillaud, hors commerce, Jaunay-Clan, 1980.
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Ultra crepidam ou Mort à l’élément terre, suivi d’une postface, portrait de Jean Lescure par Calder en couverture, Sigean, Editions de l’Orycte, 1981.
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L'ami, dans Raymond Moretti illustre Malraux, préface de Jacques Chaban-Delmas, textes d'Alain Malraux, Jean Lescure, Pierre Lefranc, Antoine Terrasse et Olivier Germain-Thomas, Editions Armand et Georges Israel, Paris, 1988.
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17 Drailles, dessins de Jean Coulot pour accompagner la première Suite des Drailles de Jean Lescure, Marchainville, Editions Proverbe, 1997.
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Gnomides (12 extraits), 11 gravures et une sculpture emboitage de Marie-Paule Lesage, Olwisheim, 2001.

Essais

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Exercice de la pureté, texte de Jean Lescure et cinq photographies de Raoul Ubac suivies de L’envers de la face, Messages 1942, 3e cahier, Paris, 1942.
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Charles Lapicque, Flammarion, Paris, 1956.
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Dessins de Charles Lapicque, La mer, Editions Galanis, Paris, 1964.
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Images d’images, illustrations d’après Léon Gischia, Editions Galanis, Paris, 1964.
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D’une obscure clarté, Jean Bertholle, avec une pointe sèche de Bertholle, Villand et Galanis, Paris, 1966.
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Un été avec Bachelard, première édition, Luneau Ascot éditeurs, Paris, mai 1983. Nouvelle édition modifiée, septembre 1983 .
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Album Malraux, iconographie choisie et commentée par Jean Lescure, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, Paris, 1986 .
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Bachelard aujourd'hui, présenté par Jean Lescure, Clancier-Guénaud, Paris, 1986.
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Gischia ou les raisons de la couleur, avec deux dessins, le portrait de l’auteur par Léon Gischia et le portrait de Léon Gischia par Édouard Pignon, Éditions de l'Orycte, hors commerce, Paris, 1987.
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Gustave Singier, Canicule à Patmos, Guitardes et Galerie Arnoux, Paris, 1988.
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Le Même est toujours un autre, Georges Dayez, introduction de George Schwab, Collection Terre des Peintres, Editions Jean-Pierre Joubert, Paris, 1991 .
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Poésie et Liberté, Histoire de Messages, 1939-1946, Editions de l’IMEC, Paris, 1998 .
-
En écoutant Fautrier, L'Echoppe, Paris, 1998 .
-
Fondane, Le gouffre et le mur suivi de Quoi ? L’éternité et de Monique Jutrin, Un entretien avec Jean Lescure, Editions Proverbe, Marchainville, 1999 .
-
Léon Gischia, Sketchbook, D’un dessein de dessins aux desseins du dessin, 21 dessins de Gischia, Editions Proverbe, Marchainville, 2000 .
-
André Malraux, Pour une antibiographie (deux extraits), Éditions de l'Orycte, hors commerce, Paris, 2004.
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Mario Prassinos, Éditions de l'Orycte, hors commerce, Paris, 2005.

Traductions

-Shakespeare, Mesure pour Mesure, traduction et adaptation de Jean Lescure, Comédie de Saint-Étienne (Jean Dasté), Saint-Étienne, 1949.
-Giuseppe Ungaretti, Les Cinq Livres, Éditions de Minuit, Paris, 1953.
-Paul-Émile Victor, Ah ! que le monde est beau !, poèmes inuit mis en vers français par Jean Lescure, Editions Proverbe, Paris, 1994 .

Cinéma

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Mario Prassinos, film de Lucien Clergue, commentaire de Jean Lescure, Production Pierre Braunberger, Films de la Pléiade, 1969.
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Georges Braque ou le temps différent, film de Frédéric Rossif, texte de Jean Lescure, Prod. Hachette, Paris, 1974.
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Reynold Arnould, film de Martine Lancelot, texte de Jean Lescure, 2001.

Préfaces et postfaces

:
Littérature
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Introduction à la poétique de Bachelard, postface à Gaston Bachelard, "L’intuition de l’instant", Gonthier, Paris, 1966 .
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Postface à Michel-Georges Bernard, "D’après les pierres", Editions de l’Orycte, Sigean, 1979.
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Hier demain toujours, préface à Lucien Scheler, "La Grande Espérance des poètes, 1940-1945", Temps Actuels, Paris, 1982.
-
Claude Aveline ou Une poétique de la prose, postface à Claude Aveline, "Histoires nocturnes et fantastiques", Editions Imprimerie nationale, Paris, 1989 .
-
Préface à Jacques R. E. Poirier, "La Girafe a un long cou", Fanlac, Périgueux, 1992 ; Editions du Félin, Kiron Espace, Paris, 2003 .
-
Préface à François Lachenal, "Éditions des Trois Collines, Genève-Paris", Editions de l’IMEC, Paris, 1995 . :
Peinture'
-Roger Chastel, Galerie Drouant-David, Paris, 1942.
-Raoul Ubac, Librairie Francis Dasté, Paris, 1943.
-Maurice Estève, Louis Carré, Paris, 1945.
-Roger Chastel, Galerie Aimé Maeght, Paris, 1946.
-Jean Bertholle, Galeries Jeanne Bucher et Roque, Paris, 1956.
-Roger Chastel, Galerie Numaga, La Chaux-de-Fonds, 1959.
-Jean Coulot, Galerie Pierre Domec, Paris, 1961.
-Françoise Gilot, Galerie Coard, Paris, 1961.
-Roger Chastel, Musée Rath, Genève et Musée Maison de la Culture, Le Havre, 1962.
-André Beaudin, Musée Maison de la Culture, Le Havre, 1962.
-André Beaudin, Galerie Louise Leiris, Paris, 1963.
-Prassinos, Singier, Tourlière, La Demeure, Paris, 1963.
-Olivier Debré, Nouveau Musée des Beaux-Arts, Le Havre, 1966.
-Pierre Lesieur, Galerie Coard, Paris, 1968.
-Jean Villeri, Château-Musée, Cagnes-sur-Mer, 1968.
-Jacques Lagrange, Galerie Galanis, Paris, 1971.
-Michel Moy, Musée municipal, Les Sables-d'Olonne, 1971.
-Georges Bauquier, Centre d’art international, Paris, 1971.
-Aristide Caillaud, Maisons de la Culture de Bourges et de La Rochelle, Musée des Beaux-Arts de Nantes, Musée d’Art et d’Industrie de Saint-Étienne, 1971.
-Gustave Singier, Musées des Beaux-Arts de Caen et de Rennes, 1973.
-Michel Moy, Musée des Arts Décoratifs, Château des ducs de Bretagne, Nantes, 1977.
-Édouard Pignon, Maison de la Culture, Nevers, 1977.
-Jacques Lagrange, Galerie Villand et Galanis, Paris, 1978.
-Aristide Caillaud, Musée Sainte-Croix, Poitiers, 1978.
-Jean Villeri, Ancien couvent royal, Saint-Maximin, 1980.
-Roger Chastel, Manège royal, Saint-Germain-en-Laye, 1984.
-Léon Gischia ou les raisons de la couleur, Paris Art Center, Paris, 1985.
-Édouard Pignon, Galeries nationales du Grand-Palais, Paris, 1985 .
-Coulot, Galerie Thibaud, Paris, 1992.
-Jean-Claude Janet, Mairie du VI, Paris, 1996.

Sur Jean Lescure

-Jean Lescure, Le poète et la couleur, scénario et réalisation de Martine Lancelot (52 minutes), High Speed Films - La Sept Arte, Paris, 1998.
-Jean Lescure, Le poète & la couleur, texte du film réalisé par Martine Lancelot, Editions Proverbe, Marchainville, 1999 .
-Hommages à Jean Lescure (textes de Sylvestre Clancier et Jean-François Perraudin), dans "Bulletin de l'Association des amis de Gaston Bachelard", n° 8, Dijon, 2006 (pp. 36-55). d'après Michel-Georges Bernard, Jean Lescure et la peinture, Éléments pour une chronologie, avec un dessin de Gischia, L'Orycte, Paris, 1996 (44 p.); Les Écrits de Jean Lescure, II, Littérature, L'Orycte, Paris, 1999 (30 p.).

Citation

L'exercice poétique révèle bientôt au poète une sorte de capacité de se modifier eux-mêmes que les mots possèdent, et qu'avivent les arrangements à quoi il les soumet. Il voit que les mots attendent de ses opérations qu'elles les animent d'une vie imprévue. S'il se méfie du sens qu'il sent naître en eux, c'est qu'il entend préserver les chances qu'ils ont de s'en évader encore vers des découvertes. (…) Insoucieux des significations, le poète se livre à la fonction d'imprudence du langage. Il ne s'assure du secours d'aucune terre promise dont il aurait la révélation. Il n'attend de l'aide que des mots qu'il manie. Il est la terre et la promesse. En lui de l'être s'accomplit.« » :Jean Lescure, Du calcul des improbabilités, 1964.

Jugement

« Ce qui captive d'abord dans toute l'œuvre de Jean Lescure, c'est l'extrême qualité d'une écriture alliant une ardeur et une transparence raciniennes à la recherche moderne d'un langage qui devient lieu et source d'énigme – celle toujours nouvelle de l'être. Fluidité, musique, égale lumière à la langue, on les retrouve tout au long de son œuvre (…). Il semble qu'un jour sans pièges ni menaces, une eau limpide et lisse baignent chaque page, chaque strophe, chaque vers. Et pourtant cette transparence se révèle être celle d'un secret; elle est comparable à celle d'un cristal si pur qu'on s'étonne de s'y heurter, de ne pouvoir atteindre l'objet perçu dans et à travers lui… » :Georges-Emmanuel Clancier, Dans l'aventure du langage, "Écriture", Presses Universitaires de France, Paris, 1987 .

Notes et références

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