Vénus de Milo

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Vénus de Milo La Vénus de Milo est une célèbre sculpture grecque de l'époque hellénistique (-) représentant la déesse Aphrodite (Vénus pour les Romains), actuellement conservée au musée du Louvre.
Vénus de Milo

Vénus de Milo La Vénus de Milo est une célèbre sculpture grecque de l'époque hellénistique (-) représentant la déesse Aphrodite (Vénus pour les Romains), actuellement conservée au musée du Louvre.

Découverte

Le buste de la statue est mis au jour en avril 1820 à Milo, une île de la mer Égée, par un paysan nommé Yorgos Kentrotas à la recherche de pierres pour bâtir un mur autour de son champPasquier, p. 24.. Par hasard, un élève officier de marine français, Olivier Voutier, assiste à la découverte. Passionné par l'archéologie, alors une discipline récente, il incite le paysan à continuer à creuser. Apparaissent alors la partie inférieure de la statue et quelques fragments appartenant de toute évidence à la statue, comme le nœud du chignon. En l'état, le buste n'a déjà plus ses bras, comme en témoigne le dessin exécuté par Voutier. Celui-ci prévient Louis Brest, vice-consul de France à Milos, pendant que le paysan, poursuivant sur sa lancée, met au jour :
- un fragment de main tenant un fruit, une pomme ou une grenadeMa 400, Hamiaux 53, p. 44-45. ;
- un fragment de brasMa 401, Hamiaux 54, p. 45. ;
- un fragment d'avant-bras avec une partie de la paume de la mainMa 402, Hamiaux 55, p. 45. Hamiaux l'identifie comme appartenant à un bras droit, mais plusieurs auteurs estiment qu'il appartient au fragment de bras gauche ci-dessus, notamment Ridgway, p. 168. ;
- un fragment de pied gaucheMa 4794, Hamiaux 56, p. 46. ;
- deux piliers hermaïques, ensuite rejoints par un troisième : l'un avec une tête d'Hermès et les deux autres avec une tête d'HéraclèsRespectivement Ma 405 + Ma 1441 (base), 57, p. 46-48 ; Ma 404, 58, p. 49 et Ma 403, 59, p. 49-50. ;
- deux blocs inscrits, qui seront ensuite rejoints par un troisième. Voutier fait alors pression sur le consul pour que l'État français achète la statue. De son côté, Jules Dumont d'Urville, alors enseigne de vaisseau, a également vu la statue et alerte le marquis de Rivière, ambassadeur de France auprès de la Sublime Porte. Celui-ci dépêche sur place un secrétaire d'ambassade, cependant qu'un dignitaire grec travaillant à l'arsenal de Constantinople, s'efforce lui aussi d'obtenir la statue. Au moment où le bateau du diplomate français pénètre en rade de Milo, la statue est chargé sur un bateau turc pour être offerte au sultan. Après une intervention en urgence de Louis Brest et de longs pourparlers, la statue est débarquée et finalement achetée à titre personnel par le marquis de Rivière. Elle rejoint d'abord l'ambassade de France à Constantinople, puis repart en bateau, escortée par Rivière en personne, vers l'île de Milo, probablement dans le but de retrouver les bras. Elle arrive finalement à Toulon en novembre 1820 et le 1 mars 1821, Rivière l'offre à Louis XVIII, qui en fait aussitôt don au musée du LouvrePour l'ensemble du paragraphe : Pasquier, p. 24 et 28..

Description

Détails du bloc supérieur, partie droite : travail régulier de la section du bras, trous de fixation pour un bracelet métallique (disparu) et, en haut, à gauche du nombril, cavité rebouchée au plâtre de l'étai qui soutenait le bras La statue représente une femme plus grande que natureHauteur sans la plinthe : 2, 04 mètres. Pasquier, p. 23 et Hamiaux, p. 44., debout, en appui sur la jambe droite et la jambe gauche légèrement fléchie, le pied (disparu) dépassant de la plinthe. Le haut du corps est dénudé ; le bas est revêtu d'un himation roulé autour des hanches. Les cheveux sont relevés en un chignon maintenu par un bandeau, dont s'échappent trois mèches tombant sur la nuque. Elle est constituée de deux blocs en marbre de Paros qui se rejoignent au milieu du bourrelet de l'himation. Il ne s'agit pas du résultat d'un accident, mais d'un procédé volontaire, courant à l'époque hellénistique, visant à faciliter le transport des statuesPasquier, p. 30.. Les deux blocs étaient à l'origine raccordés par des goujons métalliques situés sur l'extrémité des hanchesHamiaux, p. 41. ; ils ont été scellés en place par du plomb coulé dans des canaux dont les ouvertures se trouvent dans la section supérieure de la statueRidgway, p. 171.. Chacune des deux sections comprend également des pièces de marbre insérées au niveau des hanches. Il s'agit probablement d'une réparation antique suite à un éclatement du marbre dû à l'oxydation des goujonsPasquier, p. 33.. L'éclat inférieur de la hanche gauche a vu sa surface retouchée au ciseau en 1871 : la statue, démontée et placée en lieu sûr au moment de la Commune, avait été mal remontée et l'éclat formait saillie, que l'on s'est efforcé d'aplanir. Enfin, l'éclat supérieur de la hanche droite se caractérise par l'absence de mortaise : il s'agit probablement d'un morceau sculpté à part, sans remploi du tenon originel. Détails : la ligne de jonction des deux blocs, ainsi que les lignes d'éclatement du marbre au niveau des hanches Pour ce qui est des bras manquants, la mortaise de l'arrachement du bras gauche tend à démontrer que celui-ci était rapporté ; en revanche, la finition régulière de la jonction du bras droit, qui n'a pas de mortaise, résulte probablement d'une autre réparation antique suite à un accidentPasquier, p. 30 et Hamiaux, p. 41.. Le pied manquant présente également une surface très régulière, qui a fait conclure là encore à une pièce rapportéePasquier, p. 30. Hamiaux parle plutôt d'une réparation antique, p. 41.. Enfin, le haut du dos présente des défauts de surface localisés. Des trous de fixation encore visibles sur la statue montrent qu'elle était couronnée d'un diadème (par-dessus le ruban) et qu'elle portait des boucles d'oreille et un bracelet au bras droit. Contrairement à l'usage de l'époque, la statue n'a pas été restaurée lors de son entrée dans les collections du Louvre. Le pied gauche a été un temps restitué en plâtre avant d'être retiréPasquier, p. 35.. Les seules interventions modernes subsistant à l'heure actuelle sont le recollage du chignon et le complément en plâtre d'éclats au bout du nez, sur la lèvre inférieure et sur le gros orteil droit ; la plinthe a également fait l'objet d'une repriseHamiaux, p. 44..

Attribution

Cassure du pied gauche et de la plinthe Un élément de base retrouvé en même temps que la Vénus porte l'inscription : « …andros, fils de Ménidès, d'Antioche du Méandre« », Pasquier, p. 40. ». Nous en possédons deux dessins, exécutés l'un par Voutier, l'autre par un artiste nommé Debay pour Jacques Louis David. Le premier représente le fragment inscrit avec l'un des piliers hermaïques découverts en même temps que la statue ; le second raccorde le fragment à la plinthe brisée de la Vénus, et montre clairement sur sa surface supérieure une cavité carrée destinée sans nulle doute à recevoir un élément rapporté. Le sculpteur, un Alexandros ou Agesandros, est inconnu par ailleurs. Il est tentant d'y voir la signature de l'auteur de la Vénus, mais la connexion entre la base et la statue est récusée dès son arrivée en France par Quatremère de QuincySur la statue antqiue de Vénus découverte dans l'île de Milo en 1820, transportée à Paris par M. le marquis de Rivière, ambassadeur de France à la cour ottomane, Paris, 1821., l'un des plus éminents archéologues français de l'époque, ce qui lui permet de rattacher l'œuvre à l'école de Praxitèle — attribution indéniablement plus prestigieuse. Le comte de Clarac, conservateur des antiques au musée du Louvre, penche pour sa part en faveur d'un original non classique, mais considère la signature comme une restaurationSur la statue antique de Vénus Victrix découverte dans l'île de Milo en 1820, Paris, 1821.. Furtwängler est le premier à rattacher l'œuvre à la base inscrite ; sur cette base et des considérations stylistiques, il date l'œuvre de 150-50 av. J.-C. et propose le rapprochement avec la Vénus de Capoue, copie romaine d'un original du Malheureusement, le fragment a disparu des réserves du Louvre à une date indéterminéeHamiaux, p. 41 et Pasquier, p. 40., ce qui ne permet aucune conclusion certaine.

Interprétation

La Vénus de Capoue La statue a été interprétée comme une Tyché, ou Destinée de la citéRidgway, p. 168. : si la main tenant une pomme (en grec / mễlon) appartient bien à la statue, ce serait un jeu de mot sur le nom de la cité (en grec / Mễlos). On a aussi évoqué Artémis portant un arc, une Danaïde tenant une amphore, une Niké à la trompette, une Amphitrite tenant le trident de son époux Poséidon ou encore une Muse jouant de la LyrePasquier, p. 35.. Cependant, l'hypothèse la plus courantePasquier, p. 41., qui est aussi celle des premiers admirateurs de la statue, en fait une représentation d'Aphrodite, déesse de l'amour. La statue a été trouvée à proximité d'une niche contenant des fragments, dont l'un porte l'inscription : « Bacchios, fils de S. Atius, alors qu'il était sous-gymnasiarque, a dédié cet exèdre et à Hermès et Héraclès« », Pasquier, p. 36.. » Si la Vénus de Milo appartient bien à la niche, Bacchios serait son dédicant.

Déclinaisons, détournements

La notoriété de la Vénus de Milo a poussé bien des artistes à s'en inspirer, citons entre autres :
-Salvador Dali : Vénus de Milo aux tiroirs,
-Arman,
-Etogo,
-Hyvrard: Vélo de Minus.
-Jim Dine,

Notes

Voir aussi

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Sujets connexes
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