Fight Club (film)

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Fight Club est une adaptation cinématographique américaine du roman Fight Club de Chuck Palahniuk, réalisée par David Fincher et sortie le 10 septembre 1999 lors du Venice Film Festival en Italie. La date de sortie officielle aux États-Unis fut le 21 septembre 1999 au CMJ Film Festival et la première fut lancée le 6 octobre 1999.
Fight Club (film)

Fight Club est une adaptation cinématographique américaine du roman Fight Club de Chuck Palahniuk, réalisée par David Fincher et sortie le 10 septembre 1999 lors du Venice Film Festival en Italie. La date de sortie officielle aux États-Unis fut le 21 septembre 1999 au CMJ Film Festival et la première fut lancée le 6 octobre 1999.

Synopsis

Un employé de bureau, expert en assurances (Edward Norton, le narrateur), seul, dans la trentaine, souffrant d'insomnie chronique et désillusionné par la vie, recherche une façon de s'évader de son existence monotone, façon qu'il trouvera grâce à l'aide d'un louche mais charismatique vendeur de savon, mi-nihiliste, mi-terroriste, Tyler Durden (Brad Pitt), qui lui fera découvrir une nouvelle façon de vivre et de voir les choses. Les deux personnages trouveront ainsi leur liberté face à la prison de la réalité à travers un fight club (club de combat) underground qu'ils créeront ; où l'homme peut être ce que le monde lui nie d'être. Mais leur fight club et leurs canulars inoffensifs, tout comme l'apparition d'une fille qui rôde dans les rues, Marla Singer (Helena Bonham Carter), les conduiront vers un cercle vicieux de comportements et de faits incontrôlables.

Commentaire général

-Fight Club est une critique des hommes et des femmes de notre société occidentale. Par Tyler, ils sont décrits comme étant des êtres soumis à l'apparence des mannequins des magazines et des publicités, qui selon l'exposé du film, influencent la perception de leur virilité et dégradent leur jugement inné. Tyler considère que vivre dans une société de consommation, de l'accepter puis de devenir acteur ne peut pas mener au bonheur. Selon lui, la seule possibilité valable serait de vivre primitivement, où l'on chasserait pour manger, où l'on vivrait loin de tous ces faux-semblants. Bien sûr, il reste encore la perspective d'amour, mais Tyler répond tout simplement : « On est une génération d'hommes élevés par des femmes. Je ne suis pas sûr qu'une autre femme soit la solution à nos problèmes. »
-Fight Club est aussi une critique de la manipulation : on a là en effet (si on suit l'hypothèse que seul Tyler a été inventé par le narrateur) un homme, qui, à lui tout seul, arrive grâce à un discours à rallier un nombre incroyable de personnes à sa cause (même des policiers y adhèrent et où qu'aille le narrateur, les gens le saluent). On peut donc le rapprocher de Tueurs nés de Oliver Stone
-Le fight club en lui-même n'est que le prolongement physique de la « non-virilité » de ses participants. À travers ces combats sanglants, ils retrouvent leur envie de se battre pour ce qu'ils sont, de prendre les choses « à bras le corps » ; ils réapprennent littéralement leur robustesse, leur vigueur ; ils comprennent qu'acheter une télévision 16:9 procure beaucoup moins d'adrénaline et de satisfaction personnelle que de mettre un adversaire au tapis ; ils sortent enfin de leur zone de confort pour se heurter aux choses les plus basiques. Peu à peu, ces hommes se transforment en ce que Tyler lui-même souhaite qu'ils se transforment. Ils redeviennent vifs, ils perdent tranquillement leurs désirs maladifs de consommer et Tyler se crée ainsi une « armée » de personnages disciplinés à valeurs simples ; personnes qu'il nomme les « singes de l'espace » (en référence aux singes utilisés comme cobayes pendant la conquête de l'espace).
-« Ni loup ni mouton » pourrait être une morale appropriée au film. Outre la dénonciation explicite de l'individu-mouton, le spectateur peut être amené à se révolter face à ces individus-loups, les « Space Monkeys », qui ont aussi peu de personnalité que le type d'individu qu'ils fuient. Donc l'œuvre peut être perçue comme humaniste, personnaliste, et amène à s'interroger sur les doctrines tout de même marginales que sont l'antispécisme et l'anarcho-primitivisme.
-Tyler méprise le culte de l'apparence ainsi que les futiles préoccupations humaines. Cette partie du film est penchée de façon imagée sur le machisme et même sur le fascisme.
-Fight Club est ironique dans le sens où le film critique le système dans lequel il a été produit et dans lequel il puise ses codes. C'est au second degré qu'il faut certainement percevoir Fight Club ; non pas comme la réelle critique qu'il prétend faire, mais comme une blague (Fincher a lui-même qualifié son film de blague, sans oublier par contre que le film est tiré du livre original de Chuck Palahniuk). La dernière image du film (un pénis en image subliminale) en est la parfaite illustration, même si le film est plus ambigu que le livre sur cette notion de premier/second degré, avec notamment le dénouement « hollywoodien » du film (fin heureuse, présence d'une histoire romantique, etc.), à l'opposé de celui du roman. D'ailleurs cette ironie et ce second degré présentés précédemment se trouvent dans la schizophrénie du personnage qui devient victime de lui-même. Comme les discours anticapitalistes qui dépendent de l'existence même du capitalisme, le personnage devient victime de son refus de la réalité au sein de la réalité, telle qu'elle se présente : abrupte.
-Certains adolescents américains n'ont pas vu le film sous cet angle, et des informations ont été filtrées concernant des agressions « gratuites » de personnes attendant le bus dans une rue d'une ville du Nevada, pour faire comme dans le film, devenu culte chez ceux-ci. On constate donc une même influence pour ce film, qu’Orange mécanique, en son temps, au Royaume-Uni, film auquel Fight Club fait référence par la composition de certains plans (l'agression du notable dans les toilettes de l'hôtel).
-Avant même le début du film, quand on lance le DVD, on a droit à l'habituel « L'œuvre fixée sur ce support est soumis à copyright… », et quelques instants après ce message, un autre texte du même genre apparaît, mais cette fois, il est signé Tyler Durden. Voici ce texte : « Si vous lisez ceci alors cet avertissement est pour vous, chaque mot que vous lisez de ce texte inutile est une autre seconde perdue de votre vie. Vous n'avez rien d'autre à faire ? Votre vie est-elle si vide, honnêtement, que vous ne puissiez penser à une meilleure manière de passer ces moments ? Ou êtes-vous si impressionnés par l'autorité que vous donnez votre respect et vouez votre foi à tous ceux qui s'en réclament ? Lisez-vous tout ce que vous êtes supposé lire ? Pensez-vous tous ce que vous êtes supposés penser ? Achetez-vous ce qu'on vous a dit d’acheter ? Sortez de votre appartement. Allez à la rencontre du sexe opposé. Arrêtez le shopping excessif et la masturbation. Quittez votre travail commencez à vous battre. Prouvez que vous êtes en vie. Si vous ne revendiquez pas votre humanité vous deviendrez une statistique. Vous aurez été prévenu… Tyler."
-Fight Club prône l'autodestruction et l'abandon d'espoir (mais pas le suicide). Tyler explique que seule une soudaine anarchie, et l'anéantissement du mode de vie existant pourrait nous sauver. Il explique que la vie ne sert à rien et que le paradis n'existe pas vraiment : si une personne meurt, après avoir eu une vie moyenne, elle ira au paradis. Mais sur Terre, elle ne laissera aucune trace. Tyler préconise donc que si l'on doit mourir, autant marquer l'Histoire, et choisir l'Enfer. « On a tous le pouvoir de changer le monde. »

Fiche technique

-Étiquette officielle (en anglais) : Mischief. Mayhem. Soap.
-Scénario : Jim Uhls, d'après le roman éponyme de Chuck Palahniuk
-Pays d'origine : États-Unis
-Genre : Thriller, drame
-Dates de sortie : 10 septembre 1999 (Venice Film Festival) / 21 septembre 1999 (CMJ Film Festival) / 10 novembre 1999 (France)
-Certification (pays populaires) : UK : 18 ans et plus / CA : 18 ans et plus / FR : 16 ans et plus / SU : 15 ans et plus / É.-U. : Doit être accompagné d'un parent ou d'un tuteur sous l'âge de 17 ans

Distribution

- Edward Norton : le narrateur / "Jack"
- Brad Pitt : Tyler Durden
- Helena Bonham Carter : Marla Singer
- Meat Loaf : Robert "Bob" Paulson
- Jared Leto : Gueule d'ange
- Zach Grenier : Richard Chesler
- David Andrews : Thomas
- Rachel Singer : Chloé
- Tim De Zarn : inspecteur Bird
- Ezra Buzzington : inspecteur Dent

Commentaires spécifiques


- Autre remarque aussi dans l'avion, quand Tyler annonce « Maintenant, une question de protocole : pour passer, je vous présente mon cul ou bien ma queue ? », il ne manque pas de présenter sa "queue" quand il croise l'hotesse de bord qui se penche dans le couloir pour servir un passager.

Publicités

Le film, tel que mentionné plus haut, contient un paradoxe apparent : son contenu agit comme une opposition ferme à la publicité et comme un hymne à la révolte face à la consommation, alors que les images du film elles-mêmes sont bourrées de publicité. Chacun en tirera ses propres conclusions : montrer pour démont(r)er, ironie, duplicité, inspiration situationniste… Cependant bon nombre de ces apparitions est associé à des actes de violence ou de destruction, voire à la critique que fait le narrateur de son propre mode de vie. Voici une liste de ces apparitions :

Musique du film

- La bande originale du film est des Dust Brothers.
- Goin' out west de Tom Waits (musique de l'arrivée du narrateur et de Tyler dans le bar)
- Where Is My Mind? des Pixies interprétée par les Pixies eux-mêmes (musique de la scène finale)

Citations

- « Avec le canon d'un flingue entre les dents, on ne prononce que les voyelles. »
- « Vous voulez en voir de la souffrance? Allez faire un tour à l'église méthodiste le mardi soir: vous verrez des mec avec un cancer des testicules, ça, c'est de la souffrance. »
- « La philosophie de Marla Singer était que l'on pouvait mourir d'un moment à l'autre ; ce qu'il y avait de tragique, disait-elle, c'est qu'elle ne mourait pas… »
- « Une issue de secours à 9000 mètres d'altitude: l'illusion de la sécurité »
- « Maintenant, une question de protocole : pour passer, je vous présente mon cul ou bien ma queue ? »
- « On est une génération d'hommes élevés par des femmes, j'pense pas qu'une autre femme soit la solution à notre problème »
- « Il ne suffit pas de te mettre une plume dans le cul pour avoir l'air d'un coq »
- « On est les sous-produits d’un mode de vie devenu une obsession. J’ai envie de loger une balle entre les deux yeux de tous les pandas qui n'étaient pas foutus de baiser pour sauver leur espèce. »
- « Il y a un adage qui dit qu’on fait du mal à ceux qu’on aime : mais il oublie de dire qu’on aime ceux qui nous font du mal. »
- « Vous n’êtes pas votre travail, vous n’êtes pas votre compte bancaire, vous n’êtes pas votre voiture, vous n’êtes pas votre portefeuille, ni votre putain de treillis, vous êtes la merde de ce monde prête à servir à tout. »
- « C’est seulement lorsqu’on a tout perdu qu’on est libre de faire tout ce qu’on veut. »
- « Perdre tout espoir, c'était ça la liberté. »
- « Les objets qu'on possède finissent tous par nous posséder. »
- « La publicité nous fait courir après des voitures et des fringues, on fait des boulots qu'on déteste pour se payer des merdes qui ne nous servent à rien. On est les enfants oubliés de l'Histoire. On n'a pas de but ni de vraie place. On n'a pas de grande guerre. On n'a pas de grande dépression. Notre grande guerre est spirituelle. Notre grande dépression, c'est nos vies. La télévision nous a appris à croire qu'un jour on serait tous des millionnaires, des dieux du cinéma ou des rockstars, mais c'est faux et nous apprenons lentement cette vérité. »
- « La capote, c'est le soulier de verre de notre génération. » Marla singer
- « Tu m'as rencontré à un moment étrange de mon existence. » Dernière réplique du film.
- Voici les règles du Fight Club énoncées par Tyler :
- 1 règle : « Il est interdit de parler du Fight Club. »
- 2 règle : « Il est INTERDIT de parler du Fight Club. »
- 3 règle : « Quelqu'un crie STOP, quelqu'un s'écroule ou n'en peut plus, le combat est terminé. »
- 4 règle : « Seulement deux hommes par combat. »
- 5 règle : « Un seul combat à la fois. »
- 6 règle : « Pas de chemise ni de chaussures. »
- 7 règle : « Les combats continueront aussi longtemps que nécessaire. »
- 8 et dernière règle : « Si c'est votre première soirée au Fight Club… vous devez vous battre ! »

Critiques

Médias américains

-« Est-ce que Fight Club est un bon film ? Il est tellement bourré d'idées explosives et d'humour féroce que les gardiens de la moralité se mettent à crier : « Danger ! » C'est donc un bon film. » (magazine Rolling Stone)
-« Si vous craignez que ce qui se passe dans le film arrive vraiment, c'est bien, vous devez avoir peur ! C’est le but du film de vous faire peur. De vous donner envie de ne pas être un singe de l'espace, un fou, un autre mouton. » (magazine Aint-it-cool-news)

Médias français

-« Une œuvre brillamment mise en scène, un film coup de poing qui laisse K.-O. » (magazine FHM)
-« Le voile de l'ambiguïté est levé : des deux côtés, c'est l'impasse. Et le cinéaste se tient là, au milieu, porte-voix d'une génération pratiquant l'auto-sacrification. La caméra virtuose au poing. Et la rage au ventre à l'idée de ne savoir où aller. » (magazine Le nouveau cinéma)
-« Il y en aura encore certains pour trouver ce film inventif et drôle (à condition de supporter un spot publicitaire de 2h15 et le cabotinage de Brad Pitt), mais ils n'oseront pas dire que Fight Club est « objet gentil ». » (magazine Les Inrockuptibles)
Fight Club se contente de délayer une mélasse sub-nietzschéenne épicée de violence gratuite. » (magazine Télérama)
-« Fincher adore la décomposition, le sordide, le sombre. Dans Seven, dans The Game, il filmait les têtes coupées, les recoins obscurs, la crasse intime avec un talent évident. Dans Fight Club, ce talent même retourne le film. », Le Nouvel Observateur. ==
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