John Maynard Keynes

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John Maynard Keynes était un économiste et un mathématicien britannique né le 5 juin 1883 à Cambridge et décédé le 21 avril 1946 à Firle dans le Sussex suite à ses complications cardiaquesEn 1937, les premiers symptômes de la maladie cardiaque qui va l’emporter l’obligent à réduire ses activités. Son héritage intellectuel s'étend des sociaux-démocrates aux libéraux Concernant la position "centriste" de Keynes entre d'une part Friedrich von Hayek et d'autr
John Maynard Keynes

John Maynard Keynes était un économiste et un mathématicien britannique né le 5 juin 1883 à Cambridge et décédé le 21 avril 1946 à Firle dans le Sussex suite à ses complications cardiaquesEn 1937, les premiers symptômes de la maladie cardiaque qui va l’emporter l’obligent à réduire ses activités. Son héritage intellectuel s'étend des sociaux-démocrates aux libéraux Concernant la position "centriste" de Keynes entre d'une part Friedrich von Hayek et d'autre part Harold Laski, il est possible de se réferer au livre de Kenneth R. Hoover, 2003, Economics as Ideology, Rowman&Littlefield publishers, inc.. Il est l'inspirateur du keynésianisme, courant de pensée économique dont les adeptes ont retenu notamment, parmi la richesse des analyses de Keynes, sa position en faveur de l'intervention active de l'État à certains moments précis au sein de l'économie pour assurer le plein emploi. Ce courant s'oppose vigoureusement à l'école néoclassique et a été dominant de 1945 jusqu'aux années 1970, voire 1980 selon les pays. Keynes est reconnu par un grand nombre des économistes contemporains comme étant le plus grand économiste du .

Biographie

Le baron John Maynard Keynes est né dans une famille d'universitairesJohn Maynard Keynes est né dans un milieu bourgeois victorien caractérisé par le sens des affaires, le goût des belles choses, l'intellectualisme et l'élévation morale . Son père, John Neville Keynes, était lecteur à l'Université de Cambridge et enseignait la logique et l'économie politique. La mère de John Maynard, Florence Ada Brown, était un auteur à succès et une pionnière des réformes sociales. Ce garçon né d'une famille bourgeoise est décrit comme un génie et un maladif. À quatre ans et demi, il se questionne déjà sur la nature de l'intérêt; à six ans, sur le fonctionnement de son cerveau. Il savait ses lettres et l'arithmétique avant d'entrer à la maternelle, et apprit le latin, le grec et la géométrie dès l'âge de neuf ans. Il fait preuve d'un certain talent en mathématiquesMooridge, Maynard Keynes. An Economist's Biography, pp. 25-29..

Études

À sept ans, il entre à Pfde School. Deux ans plus tard, il entre à St Faith's. Avec les années, il se montre très prometteur. Un an plus tard, il intègre le collège d'Eton (Eton College) où il est un élève brillantJohn Maynard Keynes… repéré en 1900 par l'un de ses professeurs d'Eton… Très jeune, il assiste à des réunions de salon très animées entre quelques éminents intellectuels victoriens. qui gagne en 1899 et en 1900 le prix de mathématiques. En 1901, il finit premier en mathématiques, histoire et anglais. En 1902, il gagne sa place pour le King's College de Cambridge où il poursuit ses études de mathématiques jusqu'en 1905. Il y appartient à la société des Cambridge Apostles. Après deux ans au service de l'État britannique où, second au concoursSidelsky, 2003, p. 105. Le premier a choisi le Trésor., il est affecté à l'Indian Office (ministère de l'Inde), il reprend ses études à Cambridge cette fois-ci avec de nouvelles disciplines comme l'histoire et la logique. C'est finalement Alfred MarshallJohn Maynard Keynes y étudie sous la direction de A. Marshall… – un des plus célèbres économistes néoclassiques dont il sera alors l'élève – qui le convainc de se consacrer à l'économie et il connaîtra à Cambridge les meilleurs économistes de son époque : Henry Sidgwick, Edgeworth, Sraffa, Kahn, Bertil Ohlin, etc. Un autre de ses professeurs, néoclassique lui aussi et auquel il s'opposera ensuite radicalement, est Arthur Cecil Pigou. Il ne connaîtra guère d'autre tradition en science économique mais deviendra lui-même enseignant au King's College en 1909. Il s'inspire beaucoup de l'économiste Antoine de Montchrestien, l'un des rares Français qu'il admire avec Montesquieu, et reçoit de son père le goût pour la controverseVoir http://www.scienceshumaines.com/keynes-john-maynard_fr_12693.html. Site visité le 6 juin 2007.

Parcours

La figure de John Maynard Keynes est complexe : auteur extrêmement prolifique à la fois économiste reconnu par ses pairs et homme d'affaires à la carrière réussie, il restera longtemps universitaire et s'impliquera dans l'évolution politique du Royaume-Uni. Keynes fut doué d'une incroyable énergie intellectuelle et d'une capacité de travail surprenante, bien qu'il soit maladif. J. M. Keynes se fait connaître du grand public avec sa publication Les Conséquences économiques de la paix en 1919 où il critique le traité de Versailles. Il était en effet représentant du ministère des finances britannique à la Conférence de la Paix de Paris et démissionna trois jours avant la signature du traité. Dans son pamphlet, il dénonce le poids des réparations exorbitantes auxquelles doit faire face l'Allemagne et prédit la ruine de l'économie germanique ; il développera à nouveau ce sujet dans son ouvrage Nouvelles moches sur les conséquences de la paix (The Revision of the Treaty, 1921). L'hyper-inflation allemande qui succédera à la guerre confirmera entièrement ses thèses. Le critique le plus connu de cet ouvrage fut Étienne Mantoux. Bien avant ce livre il écrit en 1913 « Indian currency and Finance», le meilleur ouvrage anglais sur l’étalon de change-or, selon Schumpeter, ce qui lui vaut une réputation de maîtriser aussi bien les problèmes techniques que les difficultés politiques et humaines. En 1921, Keynes publie le Traité des probabilités à partir des travaux qu'il avait réalisés entre 1905 et 1908. Alors membre du Parti libéral depuis 1912, il écrit de nombreux articles pour la presse qui en est proche, principalement le Manchester Guardian pour qui il couvrira d'ailleurs la Conférence monétaire internationale de Gênes en 1922. À partir des articles qu'il rédige à cette occasion, il composera son Essai sur la réforme monétaire (1923), critique de la théorie monétaire classique où il prône l'abandon du système de l'étalon-or. Lorsque Winston Churchill, alors chancelier de l'Échiquier, annonce le retour à l'étalon-or à la parité d'avant-guerre, Keynes écrit Les Conséquences économiques de M. Churchill (1925) où il prédit que cette parité sera impossible à maintenir, ce qui entraînera une crise mondiale. Keynes devient rapidement un des plus célèbres économistes au monde et à ce titre, il devient conseiller financier de la Couronne et gouverneur de la Banque d'Angleterre. En 1942, il est élevé au rang de Baron Keynes de Tilton. Lors des accords de Bretton Woods en 1944, il présidera la délégation britannique. Il tente d'y faire valoir l'idée d'une monnaie mondiale, le bancor, et d'une banque supranationale, qui sera repoussée par les Américains (conduits par Harry White, sous-secrétaire aux Finances) soucieux de placer le dollar au centre du Système monétaire international.

Vie privée

Dans sa jeunesse, Keynes rencontre Lytton Strachey et Leonard Woolf et entre chez les Cambridge Apostles, un club d'élite philosophique et sociale dont bon nombre de membres sont homosexuels. Ces trois personnages sont également les cofondateurs du groupe de Bloomsbury. En 1908, à Londres, il rencontre le peintre Duncan Grant alors qu'il travaille au sein du service gouvernemental administrant l'Inde. Ce fut l'un des plus grands amours de sa vie. Leur relation fut d'abord clandestine parce que Grant était alors en couple avec Lytton Strachey. Keynes et Grant se séparent quelques années après mais restent amis toute leur vie. Keynes se marie en 1925 avec la ballerine russe Lydia Lopokova (danseuse étoile de la compagnie des Ballets russes de Serge Diaghilev) sans jamais renier son homosexualité . Il ne laissera pas de descendance. Son frère, Sir Geoffrey Keynes (1887–1982), était un brillant chirurgien, érudit et bibliophile. Son premier neveu, Richard Keynes (né en 1919), est un physiologiste et le second, Quentin Keynes (1921–2003), un aventurier et un bibliophile. Keynes était un grand collectionneur de livres et partageait cette passion avec Friedrich Hayek, philosophe et économiste libéral avec lequel il entretenait une forte amitié bien qu'ils fussent en profond désaccord en matière d'économie. Pour préserver cette amitié, ils durent même convenir de ne plus parler de ce sujet ensemble. Keynes réunit dans sa collection de nombreux manuscrits d'Isaac Newton concernant l'alchimie et les notes de John Conduitt. Une des dernières publications de Keynes fut ainsi Newton, l'Homme (Newton, The Man) parue pour le tricentenaire de la naissance du physicien (1942) sous la forme d'article puis en livre en 1946. Keynes meurt le 21 avril 1946 d'une crise cardiaque, ses problèmes de cœur s'étant aggravés suite à la charge de travail qu'il doit supporter à l'occasion des accords de Bretton Woods et des problèmes financiers internationaux de l'après-guerre. Il connut une vie éminemment heureuseJ. Schumpeter, Histoire de l’analyse économique, Paris, Galimard, 1983, Tome 3, p.563].

La pensée de Keynes

Les questions méthodologiques et épistémologiques

Keynes possédait une attitude intellectuelle faite de réalisme, de critique et d'innovation. Il était attaché aux enjeux contemporains, utilisant des faits concrets pour poser un diagnostic correct, et une logique solide fondée sur des principes et des intuitions. De tous les économistes venus avant ou après lui, à l'exception peut-être de Marx, Keynes a eu l'épistémologie la plus développée et la plus riche. Ce qui valut l'assistance aux conférences de Whitehead sur la géométrie non-euclidienne. Il a forgé sa conception de la science au contact des plus grands philosophes analytiques anglais tels G. E. Moore, Ludwig Wittgenstein, Alfred North Whitehead et Bertrand Russell. Son sens de l'observation poussé lui apporte des exemples justificatifs de l'interventionnisme étatique, dont il a eu l'occasion d'observer la possibilité et l'efficacité lors des deux Guerres Mondiales et de la Grande Dépression.

De la science économique

Keynes était paradoxal. Il n'était ni très bien formé comme économiste ni même très soucieux des progrès de la science économique. Finalement, il ne faisait même pas grand cas de l'économie en tant que science, ayant tendance à considérer que sa capacité supérieure à fournir des justifications théoriques était un instrument dont il avait le droit de se servir pour persuader le public de suivre les politiques que son intuition lui désignait comme la nécessité du moment, écrit Hayek. Keynes pense, cependant, qu'être économiste nécessite la mise en commune de plusieurs disciplines. Il écrit: L’économiste doit être mathématicien, historien, politicien et philosophe. Il doit aborder simultanément l’abstraction et la réalité et étudier le présent à la lumière du passé en vue de l’avenir sans qu’aucun aspect de la nature des institutions ne lui échappeG.Lelarge, Dictionnaire thématique de citations économiques et sociales, Hachette Education, Paris, 1993, p.127.
Pour l'hétérodoxie en économie
Selon Schumpeter, on peut presque dire qu'il détestait les mathématiques, et il ne fut pas, pour sûr, un progressiste pour ce qui est des méthodes analytiques. En fait, selon Mooridge, il débutait avec une intuition, puis utilisait tous les outils formels et mathématiques à sa disposition pour détailler et prouver cette intuition, et ce n'est que s'il n'y parvenait pas qu'il tentait d'inventer de nouveaux instruments d'analyse. Il croyait surtout que la mathématisation ne dispensait pas d'avoir une science morale, ce qui le mènera à sa conception de l'économie comme étant un art plutôt qu'une science. Il critique aussi sévèrement, autant sur le plan technique que sur le plan logique, la nouvelle science économétrique, l'accusant entre autres de dénaturer la logique intellectuelle de la modélisation en tentant d'ancrer le modèle dans la réalité avec des paramètres concretsSchumpeter, Ten Great Economists, pp. 261, 287 et Mooridge, Maynard Keynes. An Economist's Biography, pp. 165, 553, 621.. Il écrira: « Une beaucoup trop grande part de travaux récents d'économie mathématique consiste en des élucubrations aussi imprécises que les hypothèses de base sur lesquelles ces travaux reposent, qui permettent à l'auteur de perdre de vue les complexités et les interdépendances du monde réel, en s'enfonçant dans un dédale de symboles prétentieux et inutiles » (Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie, 1936)Alain Beitone et alli, Dictionnaire des sciences économiques, Armand Colin, Paris, p.191. On retrouve chez Keynes un grand nombre des caractéristiques des économistes hétérodoxes. Il tenait compte du cadre institutionnel, de l'histoire et du rôle de la monnaie pour étudier l'économie. Le pouvoir, les conflits, la répartition et les affects étaient au cœur de ses analyses économiques. Il était d'un pragmatisme exemplaire. Il remet en cause la question de l'individualisme méthodologique en privilégiant l'analyse en terme d'agrégat économique, qui aura pour conséquence la naissance de la macroéconomie moderne. Ses différents livres en témoignent largement.
Keynes et le problème temporel
« À long terme nous serons tous morts » : cette formule devenue célèbre est une phrase de Keynes, qui indique que s'en remettre aux seuls mécanismes de marché pour sortir de la crise peut nécessiter une patience infinie. L’analyse de Keynes repose sur l'indifférence explicite qu'il manifeste envers l'horizon temporel long ; ainsi, cette analyse est par construction plus efficace à court terme qu'à long terme. Cette façon de voir lui a valu très vite des critiques, qui lui reprochent par exemple son « amnésie ». Ce postulat court-termiste de Keynes disqualifie, pour certains, l'épargne — seule source de financement du développement économique durable et notion que l'on retrouve dans ses travaux — et glorifie la consommation. Il s'agit néanmoins d'un postulat qui demeure partiel puisque dans la théorie générale existe un chapitre intitulé note suscinte sur les cycles économiques. Ce chapitre du titre final laisse à croîre de Keynes dans les cycles et donc dans une dynamique et à un dépassement du court terme.

En mathématiques

En dehors de la science économique, Keynes étudiait les mathématiques. En 1921, il édita son Traité sur la probabilité, un de ses écrits les plus fameux et réussis. Bertrand Russell dira de ce livre qu’il était « au dessus de toute éloge ». Ce livre qui contribua à cette branche des mathématiques mêla l'analyse des phénomènes aléatoires et la philosophie, soutenant que les probabilités n'étaient plus ou moins que des valeurs de vérité intermédiaires entre la vérité et la fausseté simples. Il en tira entre autres la conclusion de l'impossibilité de l'absolu dans la connaissance, ainsi que la distinction entre vérité et rationalité ; d'où sa préférence envers ce qui est possible plutôt que ce qui est vrai. Il en tira également une méthodologie propre à la connaissance, centrée vers l'action, dont un des axiomes principal est l'emphase et l'importance accordées au débat et à la controverse académiqueMooridge, Ibidem, pp. 32 et 339..

Les Conséquences économiques de la paix

Conséquences économiques de la paix, 1919 En 1919, Keynes a participé à la Conférence de la Paix de Paris en tant que délégué du trésor britannique et a plaidé pour une paix beaucoup plus généreuse. Cependant, Keynes ne finit pas la conférence car il démissionne trois jours avant la signature du traitéKeynes, qui était membre de la délégation britannique à la Conférence de paris et qui en démissionna en avril 1919 pour rédiger son pamphlet, explique aux Européens qu’un comportement généreux serait le calcul le plus réaliste. Réintégrer l’Allemagne au flux normal des relations économiques – en un mot renoncer aux réparations – signifierait assurer sa propre prospérité et panser rapidement les plaies de la Grande Guerre.. La même année, il publie Les Conséquences économiques de la paix qui deviendra vite un best-seller dans le monde entier. « un chef d’œuvreA.Samuelson, Les grands courants de la pensée économique, PUG, 1990, p.397 » que résume Schumpeter en ce terme : « le capitalisme du laissez faire cet épisode extraordinaire a rendu l’âme en 1914» J. Schumpeter, Histoire de l’analyse économique, Paris, Galimard, 1983, Tome 3, p.567]. Ce livre se révèle être un fulminant pamphlet contre les accords de paix négociés en 1919 à Paris. Dans les conséquences économiques, il compara le Traité de Versailles à une « paix carthaginoise », par référence à la rigueur du traité de paix à la fin de la Deuxième Guerre punique. Il y critique à la fois les clauses irréalistes du traité, l'oubli total de la dimension économique du problème et le comportement des principaux acteurs de cette conférenceSon premier grand succès littéraire, The Economic Consequences of the Peace (1919), était un fulminant pamphlet contre les accords de paix négociés à Paris, négociations auxquelles il avait d'ailleurs participé, ou plus certainement assisté...Paris était un cauchemar et tout le monde y était mal à l'aise. Le sentiment d'une catastrophe imminente dominant la frivolité du spectacle, - la vanité et la petitesse de l'homme en face des grands événements, qui s'opposent à lui, - le sens confus et l'inexistence des décisions, - la légèreté, l'aveuglement, l'arrogance, les cris confus de l'extérieur, - tous les éléments de l'ancienne tragédie y étaient. En vérité, celui qui était assis au milieu des ornements théâtraux des salons officiels français pouvait se demander si les figures extraordinaires de Wilson et de Clemenceau, avec leur aspect et leurs signes distinctifs si marqués, étaient en réalité des visages véritables et non les masques tragico-comiques de quelque drame ou de quelque guignol. J.M. Keynes, Les Conséquences économiques de la paix, . Ce livre a aidé à consolider l'opinion publique américaine contre le traité et pour leur participation à la Société des Nations (à laquelle ils ne participèrent finalement pas). La perception par une grande partie du public britannique que l'Allemagne avait été traitée injustement à leur tour était un facteur crucial dans le soutien public de la politique dapaisement dans les années 1930. Le succès du livre va établir rapidement la réputation de Keynes comme le principal économiste de gauche et une célébritéParu le premier, "Les Conséquences économiques de la paix" est aussi le plus connu des deux textes. Il valut à celui qui n’était pas encore devenu le plus grand économiste du siècle une célébrité instantanée en Europe et aux États-Unis.. En 1944, lorsque Keynes fut l'un des acteurs principaux des Accords de Bretton Woods, il s'est rappelé les leçons de Versailles aussi bien que la Grande Dépression. Le plan Marshall après la deuxième guerre mondiale était un système semblable à celui qu'il avait proposé dans Les Conséquences économiques de la paix.Quand aux accords de Bretton Woods, il défend dans un premir temps une postion spécifique vis-à-vis du système de change. cette postion a d'ailleurs permis la discussion et l'aboutissement d'accord plus élaborés

La nature de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie

Circonstance de la théorisation

Au cours des années 1920, Keynes prend position sur les grandes questions économiques : le retour de l’étalon-or, la lutte contre le chômage…etc, à travers ses articles au « Manchester Guardian » et à « The Nation » dont il est président. Il n’obtient cependant pas l’adhésion des responsables politiques ; il paraît manquer une théorie économique intégrée qui lui soit propre pour contrebattre les bases de raisonnement qui étayent les analystes prévalentes des économistes et des hommes politiques de l’entre deux guerres. En 1923 « A Tract on Monetary Reform » (brochure sur la réforme monétaire) se prononce contre le retour de la Grande-Bretagne à l’étalon-or. Il fut le seul à défendre cette opinion. Les « conséquences économiques de M.Churchill » (1925) proposent de financer de grands travaux publics pour résorber le chômage, même au prix du déficit budgétaire. En fait Keynes avait attaqué la politique de déflation dès 1927 et depuis lors ses prises de positions s’affirment.Ses propositions ne sont cependant toujours pas théoriquement étayées « A treatise on Money » (1930) représente un grand effort pour élaborer une théorie de la monnaie conçue comme une théorie d’ensemble du processus économique. Dans les « équations fondamentales » de la valeur de la monnaie développées dans cette œuvre (non traduite) Keynes affranchit déjà l’investissement de la contrainte de l’épargne de façon à justifier les politiques de grands travaux ; il préconise l’action de la banque centrale en faveur de la baisse des taux d’intérêt. L’œuvre capitale paraît en 1936 : « Théorie générale de la m… » : en après sa sortie Keynes reprend du service comme conseiller au Trésor quand la guerre éclata. « How to pays for the war » (1940) propose des solutions neuves aux problèmes financiers d’après-guerre : il négocie des prêts avec les USA...A. Samuelson, Les grands courants de pensée économique, PUG, 1990, p.398. Avec cette oeuvre, Keynes comble le vide qui stagne jusques là. Et son point de vue ne s'attarda plus à s'imposer partout.

Théories keynésiennes sur la monnaie, l'emploi et l'intérêt

Interventionnisme

Pour des raisons telles que les équilibres de sous-emploi durables, le travail n'étant pas une marchandise, il ne faut pas considérer qu'un marché du travail existe, le chômage n'est pas volontaire car il n'est pas soumis à la volonté des agents. Le chômage est un dérèglement du capitalisme, ...Keynes est arrivé à établir une vérité qu'il juge absolue : dans une économie, le mécanisme du marché seul ne suffit pas. Il ne remet pas en cause l'efficacité du marché mais plutôt ce qu'il qualifie de vieil individualismeLa main invisible n’empêchait pas les enfants de travailler pour des salaires dérisoires dans les usines du siècle, ni les crises de se répéter, jusqu’à celle des années 1930 dont nul ne sait si elle aurait été surmontée sans l’hécatombe de la Seconde Guerre Mondiale. La preuve était faite que le marché ne garantissait pas le plein-emploi. Keynes a construit sa théorie à partir de ces réalités, écrit J. Boissonnat, L’expansion, 6 septembre 1990 cité par G.Lelarge, Dictionnaire thématique de citations économiques et sociales, Hachette Education, Paris, 1993, p.210. . Sur ce, il propose donc une réglementation du capitalisme libéral, l'installation d'une justice sociale, et proclame la fin du laissez-faire. Brièvement, Keynes voulait donc contenir ses excès, compenser ses effets pervers voire l'assister quand il montre des signes d'essoufflement. Et l'ensemble des politiques qu'il propose fondent l'économie mixte ou hybride et le modèle social européen. Ces propositions trouveront vite des opposants. Un des grands économistes, Friedrich Hayek écrit : « La concurrence peut supporter une certaine dose de réglementation, mais elle ne saurait être alliée au planisme dans la mesure où nous le voudrions sans cesser de guider efficacement la production. Et le planisme n'est pas un remède qui, pris à petites doses, puisse produire des résultats qu'on attendait de son application totale. La concurrence et la direction centralisée deviennent de très mauvais instruments si elles ne sont pas complètes; il faut choisir entre les deux pour résoudre un même problème, et le mélange signifie qu'aucune des deux méthodes ne sera efficace, et que le résultat sera pire que si l'on s'était contenté de l'une ou de l'autre » Friedrich Hayek, 1946, La Route de la Servitude, édition Quadrige 1996, PUF, Paris, p. 37.. Par ailleurs, Keynes n'a pas enfanté l’interventionnisme étatique. Déjà Charles Brook Dupont-White, économiste français, avait écrit dans son
Essai sur les relations du travail avec le capital : « L’humanité est meilleure dans l’État que des individus ; elle s’épure, parce qu’elle s’élève, dans cet être collectif »Marc Montoussé (1999), Théories économiques, Paris, Bréal, p.25. Il s’oppose au libéralisme car ce dernier est, pour lui, la cause de l’appauvrissement des travailleurs. Malgré ses propositions interventionnistes, Keynes n'a jamais rejetté le capitalisme; il s'est déclaré de la bourgeoisie éclairée. Il affirma même que l'individualisme est « le plus puissant facteur d'amélioration du futur »Marc Montoussé, Ibem, p.34. Ce dogme du marché autorégulé est retrouvable dans les ouvrages comme « The end of the laissez-faire » (« La fin du laissez-faire ») dès 1926 et Traité sur la monnaie, 1930 et Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie, 1936.

Positions politiques

Bien qu'on retrouve peu de politique au sens de l'art de la gestion dans ses écrits, J.M.Keynes prend de nombreuses positions - à travers ses écrits et ses décisions - sur les débats politiques de son temps et tente, à se fiant à son pragmatisme, son intuition, son sens de persuasion et ses capacités intellectuelles, de contribuer au progrès et au bien-être. Du reste, s'il se déclare de la bourgeoisie éclairée, Keynes ne renie pas le fait qu'il se présente des fois comme un socialiste. Son identification partisane reste encore sujet à discussion. Conservateur pour les marxistes et communistes, crypto-communiste pour certains conservateurs, d'autres le placent au milieu: progressiste, libéral centriste, nouveau libéral...toutes les positions intermédiaires qu'on lui attribue ne demeurent pas. Gilles Dostaler propose, pour comprendre la position politique de Keynes, de la situer dans le contexte de l'évolution de la politique de la Grande-Bretagne. Sur la philosophie politique, Keynes insiste sur « l'incertitude face au futur, l'absence de déterminisme, l'ignorance. Comme l'homme de la rue, le décideur est confronté à cette réalité. Il n'y pas de lois naturelles, de sens de l'histoire, de telle sorte que les acteurs ont un rôle important à jouer. Ces acteurs, ce sont les décideurs, les hommes d'État qui ont l'œil sur le futur lointain et les politiciens qui ont le nez collé sur les problèmes immédiats. Les caractères psychologiques des individus qui sont en position d'agir sur les événements sont d'une grande importance dans l'histoire. Il attribue à la faiblesse des hommes d'État et des politiciens, à leur médiocrité, à leur stupidité et à leurs préjugés, les difficultés sociales, politiques et économiques. Les grands hommes d'État ont pour tâche entre autres, de prévenir les résolutions. …l'homme d'État et le penseur social doivent lutter pour que naisse le monde caractérisé par le calme, la stabilité et le progrès social, et par le respect de règles, des conventions et des traditions. » Sur les questions d'inégalité, Keynes explique qu'il est en fait intolérable de vivre dans une société où les inégalités doivent dominer. Pour cette raison en partie, il propose l'intervention du pouvoir éclairé, c'est-à-dire l'interventionnisme étatique, pour y remédier. C'est dans cette logique qu'il ne désapprouve pas la Révolution française, qui a mis fin à la relation de subordination entre serfs et seigneurs. Sur le capitalisme, il écrit: Je pense que le capitalisme, sagement aménagé, peut être rendu probablement plus efficient pour atteindre les fins économiques que tout système alternatif pour l’instant, mais je pense que ce système était, à bien des égards, extrêmement critiquableG.Lelarge, D
ictionnaire thématique de citations économiques et sociales, Hachette Education, Paris, 1993, pp.42-43.

Héritage scientifique de Keynes

John Maynard Keynes est à la source d'une grande évolution de la science économique avec son œuvre principale, la Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie (
The general theory of employment, interest and money) parue en 1936. L'ouvrage est considéré comme le traité de science économique du ayant le plus influencé la façon dont le monde a abordé l'économie et le rôle du pouvoir politique dans la société. Cet ouvrage est le fruit d'une collaboration au sein d'un cercle de réflexion nommé Circus. Ce dernier rassemblait sous l'égide de Keynes, des auteurs comme Piero Sraffa, Joan, Austin Robinson, James Meade et Richard Kahn . Notons que même si l’apport de Keynes a constitué, selon le terme de L. Klein, une révolution, il n’est pas devenu la base d’une « orthodoxie keynésienne », mais il a suscité une suite d’approfondissement et d’extension du message de Keynes. Ainsi le modèle keynésien n’a cessé d’être enrichi et complexifié par rapport à la « Théorié générale » de 1936 ; il est même adopté par des économistes qui se veulent « anti-keynésiens »A.Samuelson, Les grands courants de la pensée économique, PUG, 1990, p.396. Avec la Théorie générale, Keynes a développé l'hypothèse que la demande est le facteur déterminant pouvant expliquer le niveau de la production et par conséquent de l'emploi. Aujourd'hui de nombreux courants et partis politiques se revendiquent du keynésianisme en n'en retenant que l'idée d'interventionnisme. Keynes, lui-même homme d'affaires, se disait pourtant du coté de « la bourgeoisie éclairée » et insistait sur le rôle fondamental de la création privée d'entreprises. La théorie de la demande, l'une des théories fondatrices du keynésiannisme n'a pas pour père Keynes. Bien qu'il soit considéré comme le fondateur de ladite théorie, on la retrouve déjà Thomas R. Malthus. Malthus, pourtant libéral, a lui aussi annoncé cette théorie. Selon lui, l'offre ne crée pas forcément la demande, car une partie des revenus peut être épargnée, ce qui provoquer un recul de l'activité économique. Il pense que la loi des débouchés est fausse puis que les produits ne s’échangent pas uniquement contre des produits, mais beaucoup s’échangent contre du travail. Or certains travaux sont improductifs (comme ceux des domestiques) alors que d’autres sont productifs ; il en résulte que le niveau de la production et le niveau de la demande ne sont pas nécessairement identiques. Le système capitaliste peut donc craindre une insuffisance de débouchésMarc Montoussé, Théories économiques, Paris, Bréal, 1999, p.25.

Concepts principaux

Parmi les concepts novateurs apportés par Keynes, on retiendra surtout :
- ceux de l'équilibre de sous-emploi où le chômage est possible pour un niveau donné de la demande effective ;
- l'absence d'ajustement par les prix entre les demandes et les offres d'emploi afin de résorber le chômage. L'ajustement se fait donc par les quantités ;
- une théorie de la monnaie fondée sur la préférence pour la liquidité ;
- la notion d'efficacité marginale du capital comme explication de l'investissement, faisant de l'investissement la cause déterminante de l'épargne et reniant de ce fait la loi de Say selon laquelle toute offre trouvera obligatoirement une demande ;
- la loi psychologique fondamentale qui affirme que lorsque le revenu augmente, la consommation augmente moins que proportionnellement ce qui revient à dire que la propension à consommer est comprise entre 0 et 1. Cette propriété découverte par Keynes sera reformulée par la suite dans le cadre de la théorie des choix intertemporels. Ces concepts ont accrédité à l'époque la possibilité de politiques économiques interventionnistes qui élimineraient les récessions et freineraient les emballements de l'économie. L'ensemble de ces notions constitue une méthodologie et a engendré une nouvelle sous-discipline de l'économie appelée macroéconomieLa pensée keynésienne innove tout particulièrement, en ce qui concerne la méthode de l'analyse économique, par son caractère « général » (opposé aux facilités des équilibres partiels), son emploi des quantités globales (opposé au point de vue microéconomique), son insistance sur certaines variables privilégiées (investissement, taux de l'intérêt). l'innovation sur la macroéconomie repose à la fois sur Keynes et sur la modélisation que construit Hicks en paralléle...l'analyse macroéconomique comme branche spécifique de l'analyse économique date de la publication de la Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie de John Maynard Keynes en 1936...Mais la macroéconomie moderne, comme discipline qui s'attache à comprendre pourquoi l'économie connait des épisodes comme la Grande dépression et pourquoi l'emploi et la production fluctuent au cours du temps, commence avec Keynes. Joseph E. Stiglitz, Carl E.Walsh (2004), Principes d'économie moderne, 2 édition, Ed. de Boeck, p.490 .

Critiques de Keynes

Les critiques de Keynes et des politiques qu'il a inspirées ont toujours soutenu qu'on n'a nul besoin de mettre en cause la capacité des marchés à ajuster les offres aux demandes pour rendre compte du chômage. Ainsi, selon Jacques Rueff, les politiques publiques qui le subventionnent punissent l'embauche par des taxes ou interdisent le plein emploi des ressources, notamment en imposant des prix (New Deal) et des salaires minimum. Dans ces conditions, accroître la demande globale, a fortiori pour les produits finis, n'est qu'un expédient temporaire pour tourner ces contraintes qui doit faire monter les prix. Ceux, notamment les syndicats, qui veulent imposer des rémunérations incompatibles avec le plein emploi finiront par s'en apercevoir et manipuler la demande ne réussira plus à résorber l'offre excédentaire. Les théoriciens des « anticipations rationnelles » ont même démontré que ces politiques ne pouvaient avoir d'effet que si elles réussissaient à tromper les agents économiques sur les effets qu'elles auraient, notamment sur les taux d'intérêt et les salaires réels — et cela indépendamment de leurs conceptions parfois irréalistes de l'incertitude. C'est dans les années 1970 que le problème de la « stagflation » — une inflation croissante sans réduction du chômage, conjonction qu'elle déclarait implicitement impossible — a finalement conduit à remettre en cause l'approche macroéconomique de Keynes — d'où, peut-être, le « prix Nobel » d'économie attribué en 1974 aux interprétations de la conjoncture de type autrichien de Friedrich Hayek. Logiquement, c'est-à-dire si on écarte les explications circulaires de la hausse des prix du genre « inflation par les coûts » (car ces « coûts » ne sont eux-mêmes rien d'autre que des prix), la stagflation ne peut exister que si la demande est simultanément en excédent ici, et en défaut là ; on ne peut donc en rendre compte que si on sort de la « macroéconomie » proprement dite, laquelle n'envisage par hypothèse qu'un défaut ou un excédent global de la demande. Or, justement, la critique autrichienne de Keynes prétend réfuter l'approche macroéconomique en tant que telle : pour elle, les désajustements entre offres et demandes sont forcément locaux. Ceci lui permet d'insister sur la réaction à la politique monétaire des prix relatifs des actifs échangés en amont du consommateur « dans la structure de production » comme éléments essentiels de la conjoncture — à ce titre, la notion d'« inflation des actifs », admise dans les années 1980, est une première prise en compte de cette approche. Ensuite, ces écarts entre les demandes et les offres ne peuvent être que le produit d
erreurs de prévision : si les gens prévoyaient parfaitement la demande pour leurs services, ils ne se retrouveraient jamais avec une demande plus faible (d'où sous-emploi) ou plus forte (d'où hausse des prix) qu'ils ne l'envisageaient. On retrouve une conclusion des « anticipations rationnelles » mais dans une approche qui y ajoute une analyse réaliste des conditions dans lesquelles les gens acquièrent l'information. En effet ces erreurs-là, les critiques de la macroéconomie affirment que la politique de conjoncture ne peut que les aggraver en ajoutant ses propres sources d'incertitude à celles qu'engendrent les choix faits sur les marchés. :— tout d'abord elle ne peut être qu'aveugle, puisque par hypothèse elle ne cherche même pas à identifier ces désajustements spécifiques. Comment en attendre alors qu'elle y distingue en outre, comme elle devrait théoriquement le faire s'agissant de « conjoncture », ceux qui ne sont dus qu'à des changements mal prévus des préférences et des techniques, et qu'il n'y aurait en principe jamais lieu de compenser par une manipulation de la demande, a fortiori globale ? :— ensuite, en centralisant les décisions en dehors des marchés, la politique macroéconomique concentre les erreurs, qui se compenseraient en partie autrement, et les diffuse, pour reprendre l'expression même de Keynes, :: « d'une manière que pas un homme sur un million n'est capable de comprendre. » Pour l'analyse autrichienne donc, les institutions qui affectent la demande globale, notamment le monopole d'émission de la monnaie, sont la cause des crises économiques et financières évitables et ne peuvent pas y porter remède. Plus généralement, elle affirme que les planificateurs étatiques ne peuvent pas connaître l'information nécessaire à la réalisation de leurs projets par les hommes mais ne font au contraire que fausser son acquisition parce qu'ils ne subissent pas les conséquences de leurs choix alors qu'ils privent de leur pouvoir de décision les seuls qui auraient véritablement intérêt à s'informer de façon adéquate, ceux qui les subiront effectivement. Ces considérations, partagées au-delà de l'école autrichienne — Milton Friedman aussi reconnaît qu'on n'a pas besoin de banque centrale, ont inspiré des politiques, notamment monétaires, qui prétendaient davantage être prévisibles que régler la conjoncture. Ces critiques peuvent être enrichies par l'apport d'un économiste pourtant antérieur à Keynes, Frédéric Bastiat, qui montre que l'obsession de l'emploi et du court terme tend à refuser la logique du progrès et de la productivité : en effet, selon la logique keynésienne, l'invention d'une machine plus efficace que l'homme est mauvaise pour l'économie car elle entraîne la mise au chômage de travailleurs et la baisse de la demande effective. Pourtant, l'invention de machines est, selon le principe de productivité, au cœur du processus de croissance économique. Notons au passage qu'une lecture attentive de Keynes incite au protectionnisme même si sur ce point, les auteurs se réclamant de Keynes n'hésitent pas à rompre avec ses excèsÀ propos de Keynes et ses critiques, on peut consulter l'ouvrage récent : G. C. Peden, ed. _Keynes and His Critics : Treasury Responses to the Keynesian Revolution 1925-1946, Records of Social and Economic History Series. Oxford: Oxford University Press, 2004. xv + 372 pp. Bibliography, dramatis personae, index. ISBN 0-19-726322-4..

Avenir du keynésianisme

Pour autant, ces critiques n'ont pas sonné le glas du keynésianisme ; les keynésiens actuels ont redonné à la lettre initiale de la Théorie Générale un souffle nouveau en insistant sur le rôle majeur de l'incertitude dans l'économie. Ainsi se dessine une nouvelle ligne de partage : d'un côté ceux qui pensent qu'il est possible de se fonder sur la rationalité des acteurs pour analyser l'économie, de l'autre ceux qui pensent, à la suite des post-keynésiens, que incertitude radicale qui entache les actions humaines, y compris étatiques (?), est trop importante pour conduire ce projet à bien. En ce sens, les post-keynésiens sont moins « interventionnistes » que ceux de la première génération mais sont tout aussi critiques vis-à-vis de la capacité du marché à se réguler de lui-même, s'appuyant en particulier sur les déséquilibres réguliers des marchés financiers et la régularité des crises financières, signe selon eux de l'incapacité de marchés mal encadrés à gérer l'incertitude. Cela n'implique pas nécessairement que l'État intervienne au sens courant du terme puisque la régulation peut être privée — si le marché comme ensemble des relations volontaires potentielles est par hypothèse alternatif de l'organisation, le marché libre comme norme politique inclut toute organisation fondée sur des contrats. Les courants actuels néo-keynésiens et nouveaux keynésiens sont des courants intermédiaires entre le keynésianisme « classique » et l'école néoclassique. On peut également parler en un sens plus général de la N.E.K :Nouvelle économie keynésienne. Pour autant, l'impact de la pensée keynésienne sur les politiques économiques tend à se réduire et de nombreux économistes pronostiquent (ou prônent ?) sa disparition future une fois qu'elle aura été réfutée. Jacques Rueff parle de la « seconde mort de Keynes » dans les années 1970. cela avait pour but de répondre à l'idée qu'a long terme( vision réfutée par Keynes) « nous serons tous Keynésiens ». d'ailleur Rueff a eue en grande partie raison puisque seule Joan Robinson est restée fidèle au precepte de la Théorie générale jusqu'à la fin.

Principaux ouvrages

Ne sont repris ici que les principaux ouvragesLes principaux articles et études consacrés à Keynes de 1936 à 1981 ont été regroupés dans un recueil comprenant 150 contributions : J.C.Wood, éd. ; « JMKeynes : critical assessments », 4 volumes, Beckenham, 1983. P.Delfaud « Keynes et le keynésianisme », Que sais-je ? n°1686, 3 édition, 1983 pour une approche simplifiée.:
- 1913 — La Monnaie et les finances de l'Inde (Indian Currency and Finance)
- 1919 — Les Conséquences économiques de la paix (The Economic Consequences of the Peace) ,
- 1921 — Traité des probabilités (A Treatise on Probability)
- 1923 — La Réforme monétaire (A Tract on Monetary Reform)
- 1925 — Les Conséquences économiques de M. Churchill (The Economic Consequences of Mr. Churchill)
- 1926 — La Fin du laissez-faire (The End of Laissez-Faire)
- 1926 — Réflexions sur le franc et sur quelques autres sujets
- 1930 — Traité sur la monnaie (A Treatise on Money)
- 1931 — Essais de persuasion
- 1936 — Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie (The General Theory of Employment, Interest and Money)
- 1940 — How to Pay for the War : A radical plan for the Chancellor of the Exchequer

Annexes

Citations

- « Lénine aurait déclaré que la meilleure manière de détruire le système capitaliste est de s’attaquer à sa monnaie. Lenine avait bien raison. Il n’y pas de manière plus subtile, plus sûre et plus discrète de renverser l’ordre existant de la société que de vicier sa monnaieThe Economic Consequences of The Peace, London, Macmillan, 1920, pp. 219-220. »
-« Les théoriciens de l'école classique ressemblent à des géomètres euclidiens qui, se trouvant dans un monde non euclidien et constatant qu'en fait les lignes droites qui semblent parallèles se coupent fréquemment, reprocheraient aux lignes leur manque de rectitude »''Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie" ed Payot p 45).
-Au moment de sa mort, il a déclaré : « Je n'ai qu'un regret, celui de ne pas avoir assez bu de champagne. »

Bibliographie

- John Maynard Keynes, in Ten Great Economists, from Marx to Keynes de Joseph Alois Schumpeter, 1953.
- Keynes et la Macroéconomie de Michel Herland, Paris, Economica, 1991, 276 p.
- Keynes ou l'économiste citoyen de Bernard Maris, presses de Sciences-Po, 1999, 98 p.
- John Maynard Keynes de Robert Skidelsky, Macmillan, 2003.
- Une sorte de diable : les vies de John Maynard Keynes de Alain Minc, Grasset, 2007
- Keynes et ses combats, de Gilles Dostaler, Paris, Albin Michel, 2005, 535 p.
- Keynes, Michael Stewart, éditions du Seuil (Points-Economie), 1973 (145 p.)
- Keynes, Gérard Marie Henry, Paris, Armand Colin, 1997 (223 p.) ===
Sujets connexes
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