Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples

Infos
Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (ou MRAP) est une association française qui se définie elle-même comme un moyen de revendication pour « l'égalité des droits entre tous les citoyens » Cet objectif, présent dès la fondation de l'association se retrouve dans ses statuts. Par un arrêté du Ministère de la jeunesse et des sports du 21 avril 1983, le MRAP est agréée comme « Association nationale d'éducation populai
Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples

Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (ou MRAP) est une association française qui se définie elle-même comme un moyen de revendication pour « l'égalité des droits entre tous les citoyens » Cet objectif, présent dès la fondation de l'association se retrouve dans ses statuts. Par un arrêté du Ministère de la jeunesse et des sports du 21 avril 1983, le MRAP est agréée comme « Association nationale d'éducation populaire ». C'est aussi une organisation non gouvernementale dotée du statut consultatif auprès de l'ONU. Le MRAP est membre de la Commission nationale consultative des droits de l'homme (ou CNCDH)Voir notamment M. Pierre-Bloch reconduit à la Présidence de la Commission nationale consultative des Droits de l'homme, Dépêche Agence France Presse, Paris, 15 février 1989..

Présentation générale

Idéologie politique

L'action du MRAP s'exerce notamment en faveur de migrants, demandeurs d'asile, immigrés avec ou sans papiers, Roms, Tsiganes et gens du voyage, Juifs, Français d'origine étrangère, des homosexuels et des femmes immigrées. Le MRAP soutient les sans-papiers dans leurs actions contre la politique que la France ou l'Union européenne appliquent à l'encontre des migrants et demandeurs d'asile. Il intente aussi des actions contre ce qu'il considère être de la discrimination raciste dans le travail, le logement, les loisirsQuelques affaires dans lesquelles le MRAP c'est porté partie civile :
-
-. Le MRAP se déclare pour une paix juste et durable au Proche-Orient, le soutien aux démocrates iraniens, les actions contre la peine de mort aux États-Unis et en Chine surtout, le soutien à toutes les victimes innocentes des violences politiques (au Darfour et en Tchétchénie). Il organise chaque année une « semaine d'éducation contre le racisme » dans des établissements scolaires. Il participe, notamment avec la Ligue des droits de l'Homme (LDH), à des campagnes sur la citoyenneté et le droit de vote des étrangers, et communique à ce sujet ses positionsVoir la campagne Votation citoyenne, organisée par la Ligue des droits et à laquelle le MRAP participe, notamment en mettant des urnes dans ses permanences pour faire voter sur l'octroi ou non de ce droit aux résidents étrangers. Voir notamment : .

Liens avec d'autres mouvements

Ce mouvement a pris part à la création de l'association pour la taxation des transactions pour l'aide aux citoyens plus connue sous le nom d'ATTAC, et en est membre à ce titre. Il fait partie du réseau éducation sans frontières (dit RESF), de , de l', et à ce titre participe à une réflexion globale, avec d'autres associations, sur les droits de l'homme aujourd'huiPar exemple :Pour son anniversaire, la Déclaration des droits de l'homme mérite bien un lifting, Libération, Paris, 10-11 décembre 1988..

Une histoire active

1949-1977 : Mouvement contre le racisme, l'antisémitisme et pour la paix

Le , le MRAP a été créé par des membres du Mouvement national contre le racisme (MNCR), de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA), et du mouvement des Francs-tireurs et partisans - Main-d'œuvre immigrée (FTP-MOI) ainsi que par de diverses personnalités telles que le peintre Chagall. Il prend le nom de « Mouvement contre le racisme, l'antisémitisme et pour la paix ».

Positions contre le réarmement de l'Allemagne

De 1950 à 1954, Référence nécessaire|le MRAP participe activement aux campagnes contre le réarmement de l'Allemagne en organisant des rassemblements, des délégations auprès des députés. En 1951, il participe à la vaste campagne de pétitions contre l'arme atomique qui prend le nom d'appel de Stockholm. Le , il organise à l'Hôtel Moderne une conférence contre le réarmement allemand et se rend à l'ONU pour y porter une résolution. Le , le MRAP organise, toujours à l'Hôtel Moderne, une réunion contre la reconstitution de l'armée allemande ou Wehrmacht. Le , sous l'égide de son Président Maître Léon Lyon-Caen, il tient un meeting contre le réarmement allemand. En août 1954, à la veille du vote sur la Communauté européenne de défense, une délégation du MRAP se rend à l'Assemblée nationale pour demander de s'y opposerMRAP, Chronique d'un combat inachevé, Le Temps des cerises, ISBN 2-84109-186-4; informations recoupées par des journaux Droits et libertés d'époque (années 1950).

Actions contre l'antisémitisme

Dans les dix années qui suivent la libération de la France, il y a un renouveau des formations à caractère raciste, notamment par le biais de nombreuses publications (L'Époque, Le Nouveau Prométhée, Aspects de la France, Paroles Françaises)Pour le contexte de l'époque voir : Pour un exemple de publication raciste de l'époque dans laquelle le directeur du journal sera condamné à francs français d'amende : . Le MRAP cherche donc tout d'abord, à utiliser le droit existant pour lutter contre la diffusion des idées racistes mais il complètera son action par du lobbying juridique en vue du renforcement de la législation existante.
Collaboration contre le racisme
Mais le MRAP cherche aussi à développer une solidarité entre les associations de lutte contre le racisme. Dans la nuit du dimanche 28 au lundi 29 septembre 1975, des attentats sont commis contre les deux fils du Président de la LICRA, Jean-Pierre Bloch. Le MRAP condamnera ces attentats.Encart, Le Monde, Paris, 2 octobre 1975. Le samedi 18 et le dimanche 19 octobre 1975 a eu lieu la conférence annuelle « Neï Press » (« Presse nouvelle » en yiddish). Le MRAP, par l'intermédiaire de son Président Pierre Paraf, y participera.
La Justice comme arme contre le racisme
Le 10 février 1951, par exemple, Aspects de la France, hebdomadaire de l'Action française de tendance royaliste est condamné en première instance à francs français de l'époque pour la diffusion d'articles antisémites. L'amende sera portée à francs en appel. Le 18 janvier 1955, Aspects de la France est à nouveau condamné pour avoir attaqué Pierre Mendès France sur sa judéité ; la 17 chambre du tribunal correctionnel de la Seine condamnera Pierre Boutang, alors gérant du journal, à francs français d'amende. L'amende sera portée à francs en appel le 3 mai 1955, notamment pour « la persistance des prévenus dans leur diffamation ».Jacqueline Costa-Lascoux, Andrée Francisci, Manfred Imerglik, Albert Lévy, Martine Mehl, George Pau-Langevin, Francis Pudlowski, Bruno Ryterband, pour le MRAP, Chronique du flagrant racisme, Editions la découverte, 1984, pp. 10-11.
Le Droit comme arme contre le racisme
Déjà en février 1949, dans la revue Droit et Liberté qui deviendra la revue du MRAP trois mois après, Daniel Bess préconise d'engager des poursuites judiciaires contre le Mouvement socialiste d'unité populaire (ou MSUF qui deviendra le Parti républicain d'unité populaire), un groupuscule nazi qu'il suspecte d'être la vitrine légale d'un groupe responsable de plusieurs attentats antisémites dans des magasins à Paris. Mais les limites de la loi sont là car les textes sont difficiles à appliquer et sont insuffisants. Le MRAP accuse les publications d'extrême droite de profiter de cette faille juridique. À la suite de divers procèsCelui de l' association des médecins d'origine étrangère contre L'Époque en mars 1949. Celui intenté par l' Association des anciens internés et déportés juifs et par Union des engagés volontaires et anciens combattants juifs contre Aspects de la France qui affirmait, notamment, que les juifs « sont responsables de quelques-unes des pires conséquences de cette guerre de 1939 »., le MRAP entame une campagne pour obtenir l'interdiction de la presse antisémite. En mai 1952, il diffuse auprès d'un large public une liste de brochures antisémites. Le MRAP accuse en septembre 1952 Charles Maurras, leader de l'Action française de réclamer dans Aspects de la France, un statut pour les juifsVoir MRAP, Chronique d'un combat inachevé, Editions le Temps des cerises, Paris, 1999, p. 23.De manière plus générale, Charles Maurras a également eu des propos contestant la lutte contre le nazisme. Voir le .. Le MRAP demande alors à ses adhérents d'écrire et d'envoyer des pétitions au juge d'instruction du Palais de Justice de Paris pour que Maurras soit le plus rapidement poursuivi devant les tribunaux. Maurras sera effectivement inculpé.

« La loi Pleven »

L'affiche reproduisant le texte de la loi de 1972, réalisée par Jean-Yves Treiber (créateur du premier logo du MRAP), a connu plusieurs éditions. Elle a été apposée dans des lieux publics, sur l'intervention des comités locaux du MRAP : mairies, écoles, commissariats. La loi a été aussi éditée en un petit dépliant, avec des conseils en plusieurs langues pour son utilisation. Carte postale créée lors de la campagne de lutte contre les discriminations du MRAP en 2001. Dessin de Charb, dessinateur notamment à Charlie Hebdo. Dès sa création, le MRAP a exprimé la nécessité selon lui d'une loi pour réprimer le racisme et pour permettre aux associations de se constituer partie civile. En 1959, Léon Lyon-Caen, alors Président du MRAP, rédige un projet qui est envoyé à tous les députés et les sénateurs, mais il restera longtemps sans suite. La problématique à laquelle se confronte le MRAP est symbolisée par plusieurs procès.
L'apologie du racisme : une réalité de la France d'après-guerre
Fraternité Française, en juin 1961, a publié un article antisémite de Pierre Poujade attaquant un candidat du 9 arrondissement de Paris. Le MRAP alertera le Procureur de la République qui intentera un procès, mais en décembre 1961 paraît un second article dans Fraternité Française intitulé « Le régime et les juifs. Pierre Poujade inculpé d'antisémitisme. Un comble ! ». Pierre Poujade accuse le MRAP d'exciter la haine raciale et attaque l'association pour diffamation. Le procès est jugé à Limoges en octobre 1962, où Pierre Poujade et Fraternité Française se verront condamnés chacun à nouveaux francs. Mais Pierre Poujade et le Directeur de Fraternité Française font appel, et en mars 1963, la Cour d'appel casse le jugement de première instance et se range aux arguments de l'avocat de Pierre Poujade selon lequel l'article incriminé ne s'attaquait pas à tous les juifs, mais à une personne en particulier (le candidat aux élections dans le 9 arrondissement de Paris). En novembre 1962, le même Fraternité Française s'attaque à Maître Armand Dymenztajn, venu faire une conférence sur le procès à Limoges. Il portera plainte contre le journal mais sera débouté car la phrase l'incriminant est tournée de telle manière qu'on ne peut affirmer qu'il est personnellement visé. En novembre 1963, Marc Augier, un ancien collaborateur sous l'occupation de la France par les Allemands, publie sous le pseudonyme de « Saint-Loup » une apologie de la Luftwaffe. Le MRAP et des associations de résistants et de déportés demandent en vain l'intervention du Ministère de l'intérieur, invoquant l'interdiction d'apologie de crimes de guerre. Mais le Parquet ne s'estimera pas compétent. En mars 1964, Paul Rassinier, un négationniste notoire, sous le pseudonyme de Jean-Pierre Bermont, nie dans Rivarol l'existence des chambres à gaz (la mortalité dans les camps de concentration serait due selon lui aux prisonniers qui se volaient la nourriture). Attaqué pour diffamation, il est jugé et condamné en octobre 1965; ce sont les résistants qui ont dû faire la preuve, témoignages à l'appui, de leur honnêteté. En novembre 1965, éclate l'« affaire de Bagneux ». Une adolescente prétend avoir été violée par quatre Nord-Africains, puis dément trois jours plus tard. Le journal d'extrême-droite Minute décrit alors les Maghrébins comme des brutes sanguinaires et se lance dans une campagne contre « la criminalité des Nord-Africains ». A la suite d'une plainte de deux Algériens, le procès débute en juin 1967 mais la plainte sera jugée irrecevable, y compris en appel. En juin 1969, la revue du MRAP Droit et Liberté détaille l'argumentaire raciste d'un journaliste de Minute, Pierre Desmaret. Ce dernier poursuivra le MRAP pour diffamation, mais sera débouté.
L'action du MRAP pour la création d'une loi interdisant l'apologie du racisme
À chaque élection législative, le MRAP envoie ses propositions de loi aux députés et aux sénateurs. Il demande une extension des poursuites à toutes les formes de discrimination et de diffamation, la dissolution des groupes fascistes, et la possibilité pour les associations de se constituer partie civile. Le MRAP fait signer des pétitions et continue d'envoyer sans succès ses propositions aux parlementaires (notamment en 1963 et 1966, après l'« affaire de Bagneux »). Le 7 janvier 1971, dans le contexte de l'« affaire du Latin musique »une brasserie du Boulevard Saint-Germain à Paris qui s'entête à refuser de servir des noirs., une délégation du MRAP est reçue par le Premier ministre Jacques Chaban-Delmas et lui demande que la proposition de loi contre le racisme soit inscrite à l'ordre du jour de l'Assemblée. Même si cette proposition n'a pas été suivie d'effet, l'année 1971 a été décrétée année internationale contre le racisme et la France a ratifié la même année la Convention de l'ONU sur l'élimination de toutes les formes de discriminations raciales de 1965. La loi contre le racisme est finalement examinée par l'Assemblée nationale le 7 juin 1972. La LICRA demandera dans un projet concurrent déposé au sénat que seules les associations reconnues d'utilité publique puissent se porter partie civile ; le MRAP propose que seules les associations ayant plus de cinq années d'existence puissent le faire. C'est finalement cette dernière option qui sera choisie et le 22 juin 1972, après plus de 20 ans de lutte, le MRAP obtient une loi contre le racisme, dite « loi Pleven ». Elle sera complétée par la suite, notamment par la « loi Gayssot », qui étend l'application des poursuites au négationisme.

Soutient aux migrants dans l'après-guerre

Les guerres coloniales et le recours à une main d'œuvre immigrée durant les « Trente Glorieuses » ont changé les données de la lutte contre un racisme qui prenait des formes diverses. La France des années 50, qui était la deuxième puissance coloniale au monde derrière l'Angleterre, a favorisé au cours de la Première et de la Deuxième guerre mondiale l'immigration de ses « coloniaux » : Indochinois, Algériens, Antillais, Sénégalais, etc. qu'elle a intégrés à ses troupes, comme les Spahis et les Tirailleurs sénégalais. Raymond Sarraute, Secrétaire général du Comité français pour la défense des immigrés dénonce en 1953 « le cycle des persécutions contre les immigrés qui se développe en France depuis 5 ans et qui constitue, avec notre politique coloniale, l'un des plus tristes aspects de la politique française de l'après-guerre ».Raymond Sarraute, De la Libération à la répression. Étude sur la situation des immigrés en france, Paris, Ed. du Comité français pour la défense des immigrés, 1953. Cité dans Gérard Noiriel, Immigration, antisémitisme et racisme en France
, Fayard, Paris, p. 518. Le MRAP en collaboration avec la journaliste Madeleine Jacob réussit à piéger un hôtel du 2 arrondissement qui refusait des logements sur des critères de faciès. Cette situation préoccupe le MRAP dès sa création. Dans les « journées contre le racisme, l'antisémitisme et pour la paix » qui suivent la création du Mouvement, la référence au sort des travailleurs migrants est constante. À partir des années 50, le magazine du MRAP, Droit et Liberté publie plusieurs reportages qui expliquent les raisons qui poussent les migrants à quitter leur pays et qui dénoncent les conditions d'accueil en France. C'est essentiellement l'immigration des Maghrébins qui est étudiée puisqu'elle est majoritaire. Des bidonvilles commencent à apparaitre à Nanterre, où vivent près de Maghrébins, populations la plus en proie à l'oppression à l'époque, notamment en raison des revendications pour une « Algérie libre et indépendante » qui accroissent la répression ; des camps d'internement où s'exerce la répression politique des Algériens sont ouverts sur le territoire métropolitain dès 1959Voir notamment L'immigration : l'installation en métropole des populations du Maghreb (de Pascal Blanchard, Eric Droo, Driss El Yazami, Pierre Fournié et Gilles Manceron) et Le crime : violence coloniale en métropole (de Jean-Luc Einaudi), in' Pascal Blanchard et Sandrine Lemaire, Culture impériale, 1931-1961, Editions Autrement, Collection Mémoires, Paris, 2004, pp. 213-235.. De part l'intention de ses objectifs, lesquels s'opposent par définition au colonialisme, le MRAP se positionnera en faveur des victimes de l'occupation coloniale de l'Algérie. Dans ce contexte, et à plusieurs reprises, des travailleurs maghrébins sont pris à partie par des officiers de police et molestés dans les commissariats. Des campagnes se développent dans des journaux comme France Dimanche, Le Parisien Libéré, et l'AuroreGuillaume D'Hoop, (extrait), Mémoire de maîtrise d’histoire sociale, sous la direction de Michel Pigenet, Université Paris I Panthéon Sorbonne, 2001, 205 pages. Le MRAP accuse dès 1951 ces journaux d'organiser des campagnes contre les Maghrébins, et d'imputer à eux seuls les phénomènes de délinquance. Il est l'une des rares organisations à condamner les méthodes du préfet Maurice Papon et le massacre d'Algériens à Paris le 17 octobre 1961.

1977-nos jours : Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples

Le changement de nom

Entre 1971 et 1979, le MRAP aurait recensé selon lui 104 crimes à caractère raciste. Le mercredi 27 octobre 1971, Djellali Ben Ali, agé de 15 ans, est assassiné au 53 rue de la goutte d'or à paris (18 arrondissement) par le gardien de son immeuble, Daniel Pigot. Le MRAP lancera un appel intitulé : « Le racisme tue en France ».
Qui a tué Djellali, Droit et liberté, n°308, décembre 1971, p. 7, article de Jacques Desmoulins Cette affaire suscite une mobilisation importante, dont celle de Jean-Paul Sartre et Michel Foucault.Cf. l'encadré , « La question immigrée après 68 », Michelle Zancarini-Fournel, Professeur d'histoire contemporaine IUFM de Lyon in « Immigration : trente ans de combat par le droit », Plein Droit n° 53-54, mars 2002. Le meurtrier, Daniel Pigot, est finalement condamné à deux ans de prison ferme (juin 1977). Le 28 novembre 1972, Mohammed Diab, 32 ans, est tué au commissariat de Versailles par le sous-brigadier Robert MarquetCf. « Fragments du singulier, archive du collectif », Philippe Artières, Historien, chargé de recherches au CNRS, in « Immigration : trente ans de combat par le droit », Plein Droit n° 53-54, mars 2002. , qui sera finalement inculpé pour homicide involontaire. Maître Gisèle Halimi, avocate du MRAP, affirmera que cet homicide est à caractère raciste : la chambre d'accusation de Cour d'appel de Paris prononcera un non-lieu en 1980Cf. Le président de la Cour d’assises des Yveline, M. Bernard Daeschler, a prononcer le huis clos, à la demande de la partie civile, dès l’ouverture vendredi du procès de Mourad Diab, l'Humanité, 18 mai 1991.. En juin 1973, le ministre du Travail et des Affaires sociales, M. Gorse, annonce la suppression de la concordance entre permis de travail et titre de séjour. Le ministre annonce également le renforcement du contrôle de l'immigration. La circulaire Fontanet inaugure l'ensemble des lois qui seront prises dans les décennies suivantes pour empêcher l'entrée des immigrés en France. Le MRAP les étudie avec beaucoup d'attention. Maître George Pau-LangevinPrésidente du MRAP de 1981 à 1988. Elue députée en 2007. écrit régulièrement pour le MRAP des articles où elle décortique ces projets et en explique les conséquences. Fin 1973, 35 000 immigrés ont déposé des demandes de régularisation comme les y autorisait la circulaire Fontanet, alors que le solde migratoire était de 105 000 personne en 1972. Pour le MRAP : « Tout se passe comme si l'objectif visé n'était pas fondamentalement le contrôle de l'immigration mais des immigrés, facilitant à moindre frais l'utilisation de cette main-d'oeuvre. »Cf. 50 ans contre le racisme : Chronique d'un combat inachevé, sous la Direction d'Albert Levy (Secrétaire général du MRAP, 1971-1989), Edition le Temps des Cerises, p. 86.. « A l'origine sociale égale, écrit l'historien Gérard Noiriel, les fils d'immigrants ont plus de chance d'être ouvriers et moins de chance d'être employés que les nationaux. Le même constat vaut pour les femmes. »Gérard Noiriel, Immigration, antisémitisme et racisme en France, Paris, Fayard, p. 529. Fin août 1973, un déséquilibré mental, Salah Bougrine, blesse mortellement un chauffeur de bus. A la suite d'une campagne de presse violenteLe Méridional écrit par exemple : « Nous en avons assez. Assez des voleurs algériens, assez des casseurs algériens, assez des fanfarons algériens, assez des trublions algériens, assez des syphilitiques algériens, assez des violeurs algériens, assez des proxénètes algériens, assez des fous algériens, assez des tueurs algériens. » (27 août 1973), sept algériens sont assassinés à Marseille dans les jours qui suivent l'enterrement du chauffeur. Le gouvernement algérien suspend officiellement l'émigration car la sécurité de ses ressortissants n'est plus selon lui assurée. Le MRAP écrit à l'ambassade d'Algérie pour exprimer sa compréhension. En janvier 1974, le journal d'extrême droite Minute titre : « Dehors les Algériens ! Ils n'ont plus leur place chez nous après le coup de force des pirates du pétrole. »Début 1974, l'OPEP avait restreint ses livraisons de pétrole aux USA et aux Pays-Bas. Par un curieux raccourci, on rend la population arabe généralement coupable de la crise économique qui a lieu en France. De grandes entreprises, prétextant la crise « créée » par l'OPEP, annoncent qu'elles ne renouvèleront pas leur contrat avec des travailleurs étrangers. Pour le MRAP, cette argumentation spécieuse cache non seulement des licenciements, mais contient un fond raciste évident.. En mars 1975, le MRAP élabore un projet de loi contre ce qu'il estime être des expulsions arbitraires. A l'époque, un étranger entré régulièrement sur le territoire français et titulaire d'un titre de séjour peut être expulsé s'il « constitue une menace pour l'ordre ou le crédit public ». Quand une expulsion est prononcée, il faut deux ans avant que le cas soit réexaminé et le cas échéant, que la personne puisse revenir. Malgré certains arrêts du Conseil d'Etat, le sort des étrangers reste entre les mains des autorités politiques. George Pau-Langevin, Albert Levy, Mouloud Aounit, François Grémy (vers 1989). Les policiers sont confrontés par les déclarations du ministre de l'Intérieur Poniatowski, qui affirme sans aucune preuve dans un bulletin du ministère confidentiel de juillet 1976 que les immigrés sont responsables de plus de crimes que les Français.Cf. note confidentielle envoyée à tous les préfets et cotée « CAC 19950493 ». Son article 6 précise par exemple «Pour l'immédiat, le gouvernement a décidé d'interrompre temporairement le recrutement de nouveaux travailleurs étrangers ainsi que l'admission des familles. ». Cité dans "Suspendre l'immigration" : " 1974 " passé au crible d'une sociologie de l'(in)décision, par Sylvain Laurens, LaSSP – GTMS (EHESS). Voir http://barthes.ens.fr/clio/revues/AHI/articles/preprints/laurens.html Le MRAP rédige un argumentaire en dix points en réponse aux affirmations du ministre. Il organise à Saint-Denis une Semaine de l'immigration. L'année suivante, sous l'impulsion notable de son Secrétaire genéral Albert Lévy, le MRAP cesse de signifier Mouvement contre le racisme, l'antisémitisme et pour la paix pour devenir le Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples. Le changement de nom du MRAP reste encore aujourd'hui l'objet de débats passionnés. Pour certains, le retrait du terme « antisémitisme » signifie l'abandon de cette lutte, tandis que pour d'autres le changement de nom n'est qu'un signe de l'engagement du MRAP aux côtés des victimes de tous les racismes. « Les organisations nées dans le cadre de la Résistance, écrit l'historien Gérard Noiriel, principalement le MRAP, ont en effet joué un grand rôle pour inscrire le combat contre l'antisémitisme dans une perspective plus vaste de lutte contre le racisme colonial, en étroite relation avec le mouvement ouvrier. »Gérard Noiriel, Immigration, antisémitisme et racisme en france, Fayard, 2007, p. 678.

Actions contre l'antisémitisme

- Le 16 octobre 1981, Robert Henri Petit, le secrétaire de l'ancien commissaire aux affaires juives est condamné à un an de prison avec sursis et 20.000 francs français de l'époque. Il avait attaqué dans une revue qu'il éditait à Argenteuil Simone Veil, Michel Debré, des juifs, et les habitants de l'Etat d'Israël. Le MRAP et la LICRA s'étaient portés partie civile.
Le secrétaire de l'ancien commissaire aux Affaires juives condamné pour diffamation, Le Havre Livre, Le Havre, 17 octobre 1981.
- Le 22 mars 1982, Mark Frederiksen, ex-dirigeant du groupe néo-nazi « Fane » a été condamné suite à une plainte du MRAP à 6 mois de prison avec sursis et 6.000 francs français de l'époque pour apologie de crimes de guerre, provocation à la haine et à la violence raciale, diffamation et injures raciales. Il avait repris dans la revue « Notre Europe » la thèse du négationiste Robert Faurisson selon laquelle les chambres à gaz n'avaient pas existées. Il avait déjà été condamné pour les mêmes faits en 1980 et 1981.
Marc Frederiksen de nouveau condamné, Centre Presse, Poitiers, 23 mars 1982 ; Encart dans l'Yonne Républicaine, Auxerre, 23 mars 1982 ; Le néo-nazi MarkFrédriksen de nouveau condamné, La Marseillaise, Marseille, 23 mars 1982.
- Début 1990, dans une brochure destinée aux cadres du Front national, on peut lire : « Ce qu'il faut par contre, c'est s'en prendre aux lobbys, aux groupes de pression, par le truchement desquels ces milieuxles juifs. interviennent, qu'il s'agisse du MRAP, de la LICRA, de la LDH, de SOS Racisme, du CRIF, etc... et constituent la partie émergée du parti de l'étranger ou encore du lobby pro-immigration. »Cité dans Les nouveaux visages de l'antisémitisme, Le Droit de Vivre, Paris, mars 1991.
- En avril 1996, le MRAP porte plainte contre le journal de rue Le Réverbère, pour provocation à la haine raciale et à la discrimination. Dans le numéro du 17 février, le MRAP relève « des digressions antisémites calomniant l'ensemble des professions juridiques » dans un article signé de Georges Mathis, directeur de la publication. Celui-ci s'y interroge sur l'implication « des personnes de confession juive dans l'absence d'indépendance de la justice ».Voir le MRAP porte plainte contre le journal de rue Le Réverbère, pour « provocation à la haine raciale et à la discrimination », Le Monde, Paris, 23 avril 1996.
- En mars 2000, 13 juifs iraniens sont incarcérés par le régime iranien pour un prétendu espionnage au profit d'Israël et des Etats-Unis. Ils encourrent la peine de mort. Le CRIF suivra l'affaire de très près et agira, en France, pour que ces treize juifs puissent être sauvés. Le MRAP apportera son entier soutien au CRIF dans cette démarche, ainsi que la LICRA, SOS Racisme, de nombreuses organisations d'avocats et de magistrats, dont le barreau de Paris.Voir Le CRIF s'inquiète du sort des treize juifs iraniens accusés d'espionnage, Le Monde, Paris, 5 avril 2000
- Alain LBihel, employé à l'usine nucléaire de la Cogema à La Hague (Manche), a comparu, lundi 15 novembre 1999, devant le tribunal correctionnel de Paris, poursuivi pour « injure raciale » par le MRAP qui lui reproche d'avoir dit, lors d'une manifestation en marge de la visite du candidat Verts aux élections européennes, Daniel Cohn-Bendit à Cherbourg : « Avec quoi, les Allemands vont-ils faire brûler leurs centrales ? Avec des Juifs ? ».
Alain Bihel poursuivi pour « injure raciale » par le MRAP, Le Monde, 17.11.19999.
- MRAP proteste contre l'enregistrement, au Journal officiel du 25 novembre dernier, d'une association intitulée " Amnistie nationale pour les internés et les victimes de la loi Gayssot ", qui se donne pour objet d'" ouvrir un débat contradictoire sur la question des chambres à gaz homicide durant la seconde guerre mondiale ". Le MRAP se déclare " stupéfait par cette légalisation officielle de la propagande négationniste " et demande " la dissolution de cette association ". Il indique qu'il a, à cette fin, " interpellé le ministère de l'intérieur ", " saisi l'ensemble des groupes parlementaires " et " initié une procédure ", le 10 décembre, devant le tribunal de grande instance de Fontainebleau, " afin qu'il soit procédé à l'annulation de ladite association ". Saisissant le ministère de l'intérieur et la justice, Le MRAP s'indigne de l'enregistrement d'une association " négationniste " au " Journal officiel , Paris, Le Monde, 01.01.93.

Le racisme sur Internet

- Le lundi 13 juillet, le MRAP dépose plainte contre la société Yahoo! « tant qu'elle n'aura pas moralisé ses services ». Yahoo vendait des armes ornées de croix gammées. Plusieurs associations antiracistes, dont le MRAP, poursuivent en justice le géant américain de l'Internet, accusé notamment de donner accès à un site de vente aux enchères sur lequel figurent des objets à la symbolique nazie (Le Monde du 26 juillet). Le juge des référés doit rendre sa décision dans cette affaire le 11 août.
- Le MRAP appelle le 31 juiller 2001 à une manifestation qui appelle au boycott de la société Yahoo, notamment pour y avoir vendu des armes recouvertes d'insignes nazis.le MRAP a appelé au boycott de la société Yahoo !, Paris, Le Monde,

Soutien aux migrants et demandeurs d'asile

Action dans le cadre de Migreurop
- Le MRAP a soutenu le 16 juillet 2004 l'action de Migreurop "Cap Anamur, cap au pire : l’Europe contre l’asile se fait sous nos yeux"Voir http://www.migreurop.org/article583.html
- Le 25 mars 2005, le MRAP soutenu à nouveau l'action de Migreurop "L’Italie expulse des boat-people, l’UE ferme les yeux"Voir http://www.migreurop.org/article791.html
- En avril 2006, le MRAP a participé à l'action Migreurop "La « réinstallation » contre le droit d’asile".Voir http://www.migreurop.org/article915.html
- Le 22 août 2007 s'est ouvert à Agrigente en Italie le procès de sept pêcheurs tunisiens qui ont recueilli à leur bord 44 migrants dont l’embarcation allait sombrer. En tant qu'association soutenant le réseau migreurop en France, le MRAP a participé à la mobilisation européenne de soutien aux pêcheurs tunisiens en soutenant la manifestation organisée par la FTCR (Fédération tunisienne pour une citoyenneté des deux rives) devant l'ambassade d'Italie à Paris le 7 septembre 2007. « Auparavant, les navires de sauvetage italiens et maltais, tout comme d’autres bâtiments de pêche, avaient refusé de les prendre à leur bord, « effet tragiquement palpable des intimidations croissantes » dont ils font l’objet, explique le Mrap. »Voir Emprisonnés pour avoir aidé des migrants, Politis, Paris, jeudi 6 septembre 2007 (http://www.politis.fr/Emprisonnes-pour-avoir-aide-des, 1816.html). Voir aussi Des associations tunisiennes réclament la libération des pêcheurs interpellés en Italie, dépêche Associated Press, Paris, 7 septembre 2007

Lobbying contre une rue Richepanse

Le MRAP a produit des actions de lobbying pour le changement de nom de la rue Richepanse (général qui rétabli l'esclavage en Guadeloupe en 1802) en rue du Chevalier Saint-Georges, dans le Ier arrondissement de ParisDate ? Cf. article Bertrand Delanoë, rubrique « Toponymie »..

Soutien aux femmes immigrées, iraniennes et afghanes

- Le 1 octobre 2001, par la présence de ses militants et de Mouloud Aounit, le MRAP participe à la manifestation organisée par l'association Negar-soutien aux femmes afghanes afin de protester contre le sort des femmes afghanes sous le régime des Talibans. La manifestation réunira 5000 personnes et plusieurs autres personnalités et organisations y participeront : Brice Lalonde (Génération Ecologie), Halima Boumédienne, députée européenne des Verts, des soeurs de la Grande Loge féminine de France, l'association Mix Cité, Alain Lipietz et Noël Mamère, le PCF, la CGT, le Groupe des Dix, la FSU notamment.Voir A Paris, 5 000 personnes manifestent pour soutenir les femmes afghanes, Le Monde, Paris, 2 octobre 2001.
- Le 8 mai 2001, Mouloud Aounit, alors Secrétaire général du MRAP, publie dans L'Humanité une tribune en soutien aux femmes aghanes intitulée : « Ils devront répondre de ce crime contre ton humanité ».« Toi la mère, la femme, l’épouse, la soeur, condamnée à vivre sans exister, transformée en ombre fantomatique. Toi la mère qui a donné la vie à des tortionnaires dont l’aveuglement t’interdit de visage, ils te nient dans ton droit à être toi-même dans la colère, la joie ou le chagrin. Ta vie confisquée blesse notre conscience qui s’interroge douloureusement. Ces êtres au cour sec, dont l’esprit de ténèbres oblitère le visage innocent des fillettes et t’enchaîne, pour tous tes déplacements, à ton mari, ton père, ton cousin, sont à mettre au ban de l’humanité. Viendra le jour où, à l’instar des bourreaux qu’a charrié l’histoire la plus lointaine, ceux-là mêmes devront répondre de ce crime contre ton humanité. Qu’ils sachent que ne restera pas sans réparation l’humiliation quotidienne qu’ils te font subir, la douleur d’être publiquement battue dans les rues de Kaboul. Un jour viendra où seront citées à comparaître au tribunal des " hommes libres " pour non-assistance à femmes en danger et complicité de haine et d’obscurantisme les nations qui ont porté et maintiennent au pouvoir les taliban. Et ces derniers devront répondre, ce jour aussi, du mal terrible fait aux musulmans en renvoyant une image caricaturée, déformée, moyenâgeuse de l’islam. Dans ta vie faite de torture permanente, l’impuissance parfois te ronge, accentue tes souffrances. Sache cependant que les oppressions les plus insupportables ont toujours libéré et stimulé révolte, colère et résistance collective. Regarde ces femmes qui, au péril de leur vie, défient toutes les interdictions pour continuer à exercer leur métier dans la clandestinité. Vois ces familles qui persistent à envoyer leurs filles à l’école. Pense à tous ces hommes assoiffés de liberté et de justice qui, en Afghanistan, luttent dans les conditions les plus extrêmes pour tirer ton peuple vers la démocratie et la modernité. Ce sont autant de petites étoiles d’espoir dans les ténèbres qui se sont étendues sur ta terre. Enfin, toi que je regarde sans te voir, je ne te quitte pas. Je lance vers toi ma solidarité d’homme, ton frère d’humanité. Toi dont les souffrances, souvent, m’empêchent de dormir. » http://www.humanite.fr/popup_imprimer.html?id_article=243922.

Soutien au mouvement lesbien-gay-bi-trans

- En 1996, Mouloud Aounit sera présent à la Gay Pride et y représentera le soutien du MRAP.Voir La Gay Pride ou la grande fête pour le contrat d’union sociale, L'Humanité, Paris, 24 juin 1996 (http://www.humanite.fr/1996-06-24_Articles_-La-Gay-Pride-ou-la-grande-fete-pour-le-contrat-d-union-sociale) Il participera tous les ans au nom du MRAP à la Marche des fiertés.
- Le 8 juin 2004, le MRAP en tant que Mouvement et Mouloud Aounit en tant que personnalité soutiendront l'appel "Contre l’extrême droite homophobe : solidarité avec les antifascistes inculpés !"Voir par exemple : http://solidarite.samizdat.net/article1.html
- Le MRAP soutiendra et appuiera depuis le début de cette lutte toutes les démarches de lobbying des associations de lutte contre l'homophobie afin que ces associations puissent se porter partie civile contre les actes et les paroles homophobesVoir par exemple le communiqué du MRAP du 23 juin 2003 intitulé .

Les violences policères

Le terme « violences » est entendu ici aussi bien comme étant physiques que morales. Les faits seront classés par la suite dans deux sous-titres correspondants à ce type de violences.
- Vendredi 21 et samedi 22 octobre 1988, le MRAP et le SNAPC (premier syndicat chez les inspecteurs de police) organisent un colloque « Justice et police face au racisme ».Voir Flics et MRAP : même combat contre le racisme, Libération, Paris, 24 octobre 1988; Le policier, le magistrat, et l'immigré, L'Humanité, Paris, 14 octobre 1988; Un colloque "Justice et police face au racisme" à Paris, Dépêche Agence France Presse, 17 octobre 1988; L'avenir en garde à vue, La Croix, paris, 18 octobre 1988. Christian Naijeon, du SNAPC, déclare : « L'image que beaucoup de policiers se font du MRAP : "c'est une organisation qui s'empresse à la moindre occasion de les persécuter" »
Flics et MRAP : même combat contre le racisme, Libération, Paris, 24 octobre 1988.. « Attitude courageuse, écrit Libération : le SNAPC et la CFDT-Police étaient tout seuls face aux magistrats du syndicat de la Magistrature et aux avocats du syndicat des Avocats de France, des personnels pénitencières de la CFDT, CGT, de la FEN, et des membres des organisations antiracistes. Les débats auraient pu tourner à la partie de boxe entre les policiers et les autres. Chacun a balayé devant sa porte. »Flics et MRAP : même combat contre le racisme, Libération, Paris, 24 octobre 1988.. Les associations, les magistrats et les avocats soulignent l'importance des crimes racistes en France, tandis que les policiers se plaindront des politiques qui ne prévoient pas des termes déontologiques aux lois qu'ils votent. « Etre obligé de garder dans des commissariats des étrangers, sans structures pour les accueillir plusieurs jours, conduit les policiers à reporter leur mauvaise humeur contre l'administration sur celui qui gêne »Flics et MRAP : même combat contre le racisme, Libération, Paris, 24 octobre 1988.. Selon Thierry Spizer : « Quand un directeur de prison organise un tabassage de détenus maghrébins ou distribue des tracts racistes, des briquets du front national à l'intérieur de sa taule, déclare Thierry Spizer de la CFDT Justice, il n'y en a pas beaucoup qui bavent. »Flics et MRAP : même combat contre le racisme, Libération, Paris, 24 octobre 1988.. Les organisations décident de se revoir et de mener des actions ensembles.
- Début 1994, Mme Ben Brahim se présente au commissariat d'Aubenas (Ardèche) pour déposer une plainte suite à l'agression de son mari par un forain et son hospitalisation pour une fracture du crâne. Les policiers répondent à Mme Ben Brahim que son mari doit venir lui-même déposer la plainte. Le comité local du MRAP est sollicité par Mme Ben Brahim et les militants locaux mettent quatre jours pour que la plainte soit finalement enregistrée. Nadia Kurys, alors Présidente du Comité local d'Aubenas et Vice Présidente du MRAP depuis 2004, écrit le 10 février 1994 au Procureur pour dénoncer l’« inertie » des services de polices à enregistrer la plainte ; elle termine sa lettre par : « Nous osons espérer que ce n’est pas l’origine maghrébine de la victime qui a ainsi suscité l’attitude inconcevable des services de police. ». Le procureur de la République poursuit immédiatement Nadia Kurys pour lui avoir « dénoncé un fait de nature à entraîner des sanctions disciplinaires contre les services de la police nationale d’Aubenas, en l’espèce leur inertie à diligenter une enquête judiciaire, en sachant que ce fait était totalement ou partiellement inexact ». Elle encourt jusqu’à cinq ans de prison et une très lourde amende. Elle comparait le 1 février 1995 devant le tribunal correctionnel de Privas ; une pétition est lancée pour participer à un rassemblement de soutien devant le tribunal avec notamment pour signataires Jean Ferrat, Mouloud Aounit, Mgr Gaillot, Albert Jacquard, Gilles Perrault, Jack Ralite, le professeur Schwartzenberg, l’ASTI, la Ligue des droits de l’homme, la Fédération des oeuvres laïques, Terre des hommes, les Amis de « Témoignage chrétien », l’Appel des cent, la FDIRP, la CGT, le SNES, la FSU, la CFDT-Santé, le PCF, le PS, les Verts.
Quand le procureur cite le MRAP à comparaître, L'Humanité, Paris, 31 janvier 1995. http://www.humanite.fr/1995-01-31_Articles_-Quand-le-procureur-cite-le-MRAP-a-comparaitre. Voir aussi Nadia Kurys refuse l’arbitraire, L'Humanité, Paris, 31 janvier 1995 Le 2 février 1995, l'Humanité écrit : « Au nom du MRAP, Mouloud Aounit, président national, s’est indigné de "l’affront qui était fait à Nadia et à tous ceux qui sont attachés aux valeurs fondamentales". Après avoir dénoncé la "brutalité" et la "nocivité" de l’arsenal que constituent les lois Pasqua, il a souligné que "l’affaire Nadia Kurys n’était pas un fait divers, mais bien un fait de société". »Nadia Kurys devant les juges, L'Humanité, Paris, 2 février 1995. http://www.humanite.fr/1995-02-02_Articles_-Nadia-Kurys-devant-les-juges Elle est relaxée le 1 mars 1995, mais le Procureur fait appel et Nadia Kurys comparait à nouveau, cette fois devant la cour d'appel de Nîmes, le 23 février 1996Cf. Nadia Kurys victime du devoir, L'Humanité, Paris, 21 février 1996. http://www.humanite.fr/1996-02-21_Articles_-Nadia-Kurys-victime-du-devoir Elle est finalement relaxée le 5 avril 1996Nadia Kurys reconnue dans son droit, L'Humanité, Paris, 6 avril 1996. http://www.humanite.fr/1996-04-06_Articles_-Nadia-Kurys-reconnue-dans-son-droit, après deux ans d'acharnement judiciaire sur une militante des droits de l'homme qui s'est interrogée sur un dénis de droit de la part des autorités policières.
- Le 27 juillet 2006, la Présidente du Comité Local du MRAP de Sarreguemines, Vice Présidente de la Fédération de la Moselle et membre du Réseau éducation sans frontière, a été arrêtée et mise en garde à vue pour avoir pris soin des deux enfants d'une famille congolaise interpellée par les gendarmes pour une reconduite à la frontière (les enfants avaient été laissés sur place par les gendarmes). Mouloud Aounit, alors Secrétaire général du MRAP, avait écrit au Ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy. Nicole Mussle fût libérée devant la mobilisation citoyenne au terme légale de la garde à vue (48 heures).Voir par exemple http://actu.fsu.fr/spip.php?article307
- Le 27 mars 1991, le jeune . Au début de l'après-midi, le MRAP déposait une gerbe de fleurs à l'endroit où était morte la victime. Une voiture de police qui passait par là a été prise à partie par plusieurs jeunes. Kamel Zouari, 28 ans, le vigile, a été inculpé dans la journée d'homicide involontaire par les juges d'instruction de Versaillles.
Sartrouville : des jeunes parmi les nouveaux vigiles de la cité des Indes, Corse Matin, Bastia, 19 mars 1991. Voir Sartrouville : baisse de tension, CHarante Libre, Angoulêmeme, 29 mars 1991. Voir aussi Sartrouville s'enflamme, 29 mars 1991. Voir aussi On ne tourne pas la page, La Liberté, Lille, 29 mars 1991. Dans la nuit du 28 au 29 mars, c'est l'émeute : des magasins et des voitures brûlent et de grands renforts de police sont ammenés.Sartrouville : une nuit de violence, Dernières nouvelles d'Alsace, Strasbourg, 29 mars 1991. 'Sartrouville : apaisement et dialogue, La Liberté de l'Est, Epinal, 29 mars 1991. Nouvelle émeute, Le Maine Libre, Le Mans, 29 mars 1991. Encore une nuit chaude, Eveil de la Haute Loire, Le Puy, 30 mars 1991. Sartrouville après l'émeute", Le calme après les vifs incidents, La voix du nord, Lille, 28 mars 1991, Divergences enttre le maire et le Préfet, La voix du Nord, Lille, 28 mars 1991. Sartrouville : violents incidents entre jeunes et forces de l'ordre, Nice Matin, Nice, 29 mars 1981. Sartouville : des jeunes parmi les jeunes vigiles de ma cité des Indes, Le Var, Toulon, 29 mars 1991. Regain de violence à Sartrouville, Nord Eclair, Roubaix, 29 mars 1991. Le MRAP déclarera le 28 mars 1991, dans La Liberté (Lille) : « Ce drame révélé, si besoin est, d'une part la substitution au profit de sociétés privées du rôle préventif de la puissance publique et de la paix sociale, d'autre part, il illustre le déficit des lieux de vie, de rencontres, d'animations au sein de cités rongées par les exclusions.Des réponses urgentes, La Liberté, Lille, 28 mars 20990.. Le comité local d'Epinay se rendra le 26 mars au foyer des travailleurs immigrés pour y exprimer leur indignation."Solidarité, Actualité, Drancy, 5 avril 1991. Hier : de violents incidents entre jeunes et forces de l'ordre à Sartrouville, Nord Littoral, Calais, 19 mars 1991 ; Sartrouville : l'apaisement, Vaucluse matin, Avignon, 29 mars 1999. L'appaisement, Sud Ouest, Bordeaux, 29 mars 1991.

Actions contre l'apartheid

Vue générale
- Le 5 mars 1977, Albert Levy, alors Secrétaire général du MRAP, signe une tribune dans Le Monde intitulée « Les armes de l'apartheid ».
- En 1979, Droit et liberté, l'organe de production du MRAP, publie La France et l'apartheid aux éditions L'Harmattan. Ce livre est le résultat des travaux d'une commission mise en place par le MRAP en 1976 et 1977. Cet ouvrage détaille les organisations qui luttent contre l'apartheid et les sources idéologiques de l'apartheid
L'apartheid à la loupe, Afrique - Asie, Paris, 25 juin 1979..
- En septembre 1979, le MRAP soutien l' action engagée par la CGT contre l'importation de charbon d'Afrique du SudCf. Le salut du syndicat d'Afrique du Sud, L'Humanité, Paris, 21 septembre 1979. Dans cet article, la centrale syndicale d'Afrique du Sud (Sactu) remercie la CGT pour son geste..
- Le 17 octobre 1979, le MRAP proteste contre « des liens de plus en plus étroits qui semblent se tisser entre la télévision française et l'Afrique du sud raciste », notamment en s'élevant contre la co-production franco-sud-africaine Pour tout l'or du Transvaal (feuilleton passant sur Antenne 2)
Le MRAP condamne les liens noués avec l'Afrique du Sud, Le Monde, Paris, 19 octobre 1979 ; La TV et l'Afrique du Sud, La Marseillaise, 23 octobre 1979..
- Le MRAP a participé à l' édition de nombreux ouvrages dénonçant l'apartheid : 75 photographes contre l'apartheid, MRAP et les éditions Différences, Paris, 1988 (ISBN 2-9503169-0-5) ; L'apartheid : le dos au mur, Droit et Liberté-L'Harmattan, recueil d'affiches ; L'apartheid, les dossiers du MRAP, Paris, recueil de textes avec des illustrations de Sechaba, organe de l'ANC.
- En 1980, le MRAP a été la principale organisation, avec l'Association française d'amitié et de solidarité avec les peuples d'Afrique (AFASPA), à soutenir l' annulation de la tournée de l'équipe de rugby française en Afrique du sud à la fin de l'année 1980 ; il a fait partie de la délégation reçue à l'époque au ministère des Affaires étrangèresCf. Rugby et anti-apartheid, L'Indépendant, Perpignan, 19 octobre 1980. ; à la même époque, le MRAP a demandé la libération de Nelson Mandela et a fait pression sur les organismes bancaires pour que les prêts à l'Afrique du sud soient stoppésCf. Réunion du comité national anti-apartheid, Dépêche Agence France Presse, 5 octobre 1980..
- Le 20 juin 1980, à la suite de l'arrestation de 1270 noirs au cours d'une « opération de routine »
Afrique du Sud : nouvelle flambée de luttes, Roge, Montreuil, 14 juin 1980., le MRAP organise une manifestation devant l'ambassade d'Afrique du Sud à ParisCf. Manifestation contre l'apartheid devant l'ambassade d'Afrique du Sud à Paris, La Liberté, Lille, 20 juin 1980 ; Le Monde, Paris, 21 juin 1980..
- Le 22 mai 1981, le MRAP organise, avec le Mouvement anti-apartheid, un meeting de soutien aux peuples d'Afrique du Sud et de Namibie ; dénonçant le racisme dont sont victimes les Noires d'Afrique du Sud, « Albert LevySecrétaire général du MRAP. critiquait aussi vertement les gens qui ne protestent contre la violation des droits de l'Homme que dans certains pays. »
A propos du meeting contre l'Afrique du Sud organisé à Paris le 22 mai, L'Humanité rouge, Paris, 5 juin 1981. Voir aussi Afrique du Sud, Le Continent, Paris, 19 mais 1981, et Le Monde, Paris, 22 mai 1981. L'article Jane Fonda indésirable en Afrique du Sud, Combat socialiste, Paris, 25 juin 1981 fait également état de la campagne du MRAP, tout comme l'article Un tournant s'impose, Révolution, Paris, 29 mai 1981. Cf. également Afrique du Sud : appel du MRAP, Dépêche Agence France Presse, 18 juin 1981. Le nouveau Président français fraichement François Mitterrand adressera un message au MRAP, à l'AFASPA, et au Mouvement anti-apartheid pour réaffirmer le soutien de la France dans les sanctions contre l'Afrique du Sud : cf. La conférence internationale sur des sanctions contre l'Afrique du Sud, dépêche Agence France Presse, 19 mai 1981..
- En février 1982, le MRAP a organisé, en collaboration avec plusieurs associations d'amitié franco-africaine, une semaine d'information sur l'Afrique australe
Moscou et Washington veulent introduire le conflit Est-Ouest en Afrique australe, Le Matin, Paris, 27 février 1982..
1978 : année internationale contre l'apartheid (1978)
En 1978, année internationale de lutte contre l'apartheid, le MRAP met en oeuvre en France toute une série d'actions contre l'apartheidCf. 1978 - Année internationale pour la lutte contre l'apartheid, Bulletin n°1/78 du Centre des Nations Unies contre l'apartheid, avril 1978. :
- Il distribue aux membres de l'Assemblée nationale un document qui demande la convocation spéciale des députés le 16 juin 1978 (anniversaire du massacre de Soweto)
- il écrit au ministre des sports afin d'annuler la venue de l'équipe sud-africaine de rubby, les Springbok
- il parraina une série de conférence à travers le territoire français d'un représentant de l'ANC (African National Congress of South Africa)
- il publiera un livre La France et l'apartheid, en coédition avec l'Harmattan, 1978. Cet ouvrage a été réalisé à partir des travaux de la commission d'enquête contre l'apartheid, réunissant plusieurs organisations.
- le 21 mars 1978, a organisé des projections de films anti-apartheid suivis de débats à Colombes, Malakoff, Nimes, Carcassonne, Saint-Etienne, Orléans (plus de 400 personnes), et une exposition de peinture à NantesVoir A la Mairie : une expo du MRAP contre le racisme, Ouest-France, rennes, 4 novembre 1977.. Le MRAP lancera une souscription pour du matériel scolaire et une participation financière pour les jeunes réfugiés d'Afrique du SudTracts. Archives du MRAP, 43 boulevard Magenta, 75010 Paris.
1978 et 1982 : l'apartheid et les rues de France
A la mi 1978, le MRAP lance une première campagne auprès des maires des principales villes de France pour qu'ils donnent à une artère de leur ville un nom évoquant les luttes de libération en Afrique du Sud. Sur les treize réponses reçuesArchives du MRAP, 43 boulevard Magenta, 75010 Paris., cinq villes acceptent immédiatement et organisent très rapidement les inaugurations : le square Soweto à Malakoff ; la rue Nelson Mandela, la rue Albert Luthuli, et l'allée de Soweto à Reims ; la rue des Martyrs de Soweto à Villeneuve le Roi ; le Pont Soweto à Yerres ; la rue Albert Luthuli à Montpellier. Quatre villes donnent un accord d'intention et s'engage à proposer ces noms lors de créations de rues : Nimes, Béziers, Mâcon, Chalette-sur-Loing. Les trois lettres de refus proviennent de la ville d'Henin-Beaumont (accusé de réception poli), Neuilly-sur-Seine (« Je dois vous signaler que, depuis longtemps, le Conseil Municipal se refuse à modifier le nom des rues de la Ville, les riverains sont, en effet, généralement hostiles à tout changement de ce genre qui pose des problèmes divers tels que remplacement du papier à lettres, incidents d'acheminement de courrier, etc... »), et Bagneux (« Notre Commune qui connait de très graves difficultés budgétaires, ne peut pour le moment, subventionner votre oeuvre, et croyez que nous le regrettons amèrement. »). Le 14 juin 1982, une seconde campagne est lancée et le secrétaire général du MRAP Albert Levy adresse aux principales villes de France une lettre dans laquelle le MRAP « suggère aux municipalités, dans un délai aussi rapproché que possible, de donner le nom des "Martyrs de Soweto" à une artère ou une place de leur ville. Le soutien à ceux qui combattent l'apartheid pourrait également être signifié par des plaques portant le nom de Nelson Mandela, de Salomon MalhanguMédecin et militant syndicaliste sud-africain. Assassiné en prison le 5 février 1982. ou du Docteur Neill AggettCombattant contre le système raciste d'apartheid. Exécuté en Afrique du Sud à l'âge de 23 ans, le 6 avril 1979.. »Archives du MRAP, 43 boulevard Magenta, 75010 Paris. Le maire de Paris est le premier à répondre favorablement le 23 juin 1982Cf. duplicata des lettres qu'Albert Levy a envoyé le 1 juillet 1982 à Henri Meillat, Président du groupe communiste au Conseil de Paris, à George Sarre, Président du groupe socialiste au Conseil de Paris, à Pierre Bas, Président du Groupe RPR au Conseil de Paris, à Paul Pernin, Président du groupe Libertés de Paris au conseil de Paris, à Raymond Long, Président du Groupe Paris-Renouveau au Conseil de Paris. Archives du MRAP, 43 boulevard Magenta, 75010 Paris La décision sera reportée aux prochaines délibérations. Sur les 26 réponses, une précise qu'elle a déjà fait l'objet de cette mesure (Malakoff) ; le maire de Vitteaux se plaint de ses moyens ; la mairie de Yerres décide de donner le nom de la petite ville de Soweto. Plusieur villes donnent leur engagement de principe: Clermont-Ferrand, Oissel, Epinay sous senard, saint Brieuc, Evreux, Alençon, Laon, Chelles, Nantes, L'Orient, Amilly, Dreux, Roche sur yon, Talant, Sarhues, Saint Quentin, Annecy, Aulnoye-Aymeries, saint-Leu d'Esserent, Rive de giers, Roanne, Tremblade, Champigny sur marne, Bézier.
1986 : sanctions internationales contre l'Afrique du Sud
Lors de l'anniversaire de création de l'ANC, le MRAP appellera et participera à une manifestation le mardi 21 janvier 1986 devant l'ambassade d'Afrique du Sud à Paris.
L'ANC a 74 ans, L'Humanité, Paris, 10 janvier 1986. Début octobre 1986, le congrès des Etats-Unis vote des sanctions économiques sévères contre l'Afrique du Sud. En Europe, le Danemark et les Pays-Bas se félicitent de cette décision et le ministre des affaires étrangères néerlandais a proposé que la CEE adopte plus rapidement son plan de sanctions contre l'Afrique du Sud (sanctions qui comprennent l'arrêt des importations de charbon). Au Royaume-Uni et en Allemagne, des sanctions sont aussi demandées. « A Paris, le MRAP "appelle le gouvernement français à prendre sans délai des mesures semblables et à intervenir instamment pour que la Communauté européenne fasse de même".Sanctions contre Prétoria : bon exemple américain, L'Humanité, Paris, 6 octobre 1986.. a adressé aux présidents du Sénat et de la chambre des représentants des Etats-Unis un message "félicitant ces deux assemblées d'avoir voté des sanctions significatives à l'encontre du régime raciste sud-africain"Les courriers sont signés par Albert Lévy, Secrétaire général, et George Pau-Langevin, Présidente. Duplicata des courriers, archives du MRAP, 43 boulevard Magenta, 75010 Paris.. Le MRAP estime que "les autres pays qui assurent par leur collaboration économique la survie de ce régime sanglant, ne sauraient faire moins. Il appelle le gouvernement français à prendre sans délai des mesures semblables et à intervenir instamment pour que la communauté européenne fasse de même. L'inquiétude manifestée à Prétoria confirme que la rupture totale des relations avec le système d'apartheid est le seul moyen d'aboutir à son effondrement", conclut le MRAP. »Dépêche Agence France Presse du 7 octobre 1986 référencée « FRA0270 4 I 0243 FRA /AFP-KZ59 » Le MRAP recévra une lettre de Pierre Mauroy, Premier ministre, dans laquelle, il explique que la visite de boghta ne saurait changait l'opinion du PS sur ce sujet.
1986 : action contre le mémorial sud-africain de Longeval
Le 11 novembre 1986, Pieter Botha, alors Président de la République Sud-Africaine, se rend au cimetière militaire de Longeval (au sud de Bapaume) afin d'inaugurer un monument aux morts sud-africains des deux guerres mondiales. Le MRAP organise alors, avec la Ligue des Droits de l'Homme et SOS Racisme, une manifestation de protestation sur placeCf. Interdit de séjour, La Liberté, Lille, 30 octobre 1986 ; Levée de boucliers contre le venue de Pieter Botha, Le Courrier Picard, Amiens, 5 novembre 1986 ; Botha en France : une présence contestée, L'Indépendant, Perpignan, 10 novembre 1986 ; La manif des antiracistes, Midi Libre, Montpellier, 12 novembre 1986 ; La visite de M. Botha à Longeval, La Voix du Nord, Lille, 12 novembre 1986 ; Botha à Longeval : le chef de l'apartheid sous haute protection, La Marseillaise du Berry, Chateauroux et L'Echo Dordogne, Perigueux, 12 novembre 1986. Il faut préciser que la CGT est la première organisation à avoir fait du 6 novembre 1986 une journée d'action contre cette visite « de la honte ». Cette mobilisation a donné lieu à une manifestation de 15 000 personnes à Paris et plusieurs dizaines en province, le 6 novembre 1986 dont le MRAP a été une des principales organisations, tandis que des dizaines de personnalités se joignaient au cortège (Bernard Lavilliers, Salif Keita, Rachid Bari, Jean Ferrat, Bernadette Lafont, Isabelle Huppert, Didier Daeninckx, des dirigeants de la CGT, de l'OIM, de l'ANC, du PCF, de la SWAPO, de la FEN, du SNES, de la jeunesse communiste, de l'AFASPA - Association française de solidarité avec l'Afrique et l'Asie -, etc.). Cf. Persona Non Grata, La Liberté, Lille, 6 novembre 1986 et Révoltés, La Liberté, Lille, 7 novembre 1986.. Ils sont rejoints par le Parti Communiste Français (section de Lille), la LCR, des associations regroupant des immigrés, le Comité Régional Anti-Fasciste et Anti-Raciste (CRAFAR), la CGT, l'Union locale de Lille CFDT, le Mouvement de la paixCf. Nord Matin, Lille, 8 novembre 1986.. « Ces organisations estiment que Botha n'a aucun droit à utiliser le souvenir des guerres mondiales alors que le cimetière de Longeval est organisé selon les principes de l'apartheid : des tombes et des plaques pour les Blancs, la fosse commune sans aucun nom pour les Noirs. »Cf. Nord Matin, Lille, 8 novembre 1986. Voir également Visa pour la Honte, dans je journal Révolution, Paris, du 14 novembre 1986, qui contient une photo de A. Senna des pierres tombales. Par ailleurs, le MRAP a « dénoncé le "mémorial de l'apartheid" et affirme que le monument ne comporte pas de noms de Sud-Africains Noirs, "serviteurs des soldats blancs" »Cf. Lyon Matin, Lyon, Saint-Etienne, 11 novembre 1986 ; Le Dauphiné Libéré, 11 novembre 1986 ; Vaucluse matin, Avignon, 11 novembre 1986.. A cette occasion, le MRAP « a planté, devant l'église de Longeval, deux arbres, l'un à feuilles blanches et l'autre à feuilles rouges, pour dénoncer un régime qui classe les hommes selon la couleur de leur peau. »
Le visiteur de la honte, Témoignage chrétien, du 17 au 23 novembre 1986, p. 3. Botha, le FN et les paras font la Somme, Libération, Paris, 12 novembre 1986.. Lors de la manifestation, « les manifestants ont forcés les barrages (...). Quatre cent cinquante gendarmes et une garde rapprochée n'ont pas réussi à défendre le périmètre de Botha et de ses invités sud-africains et français. L'inauguration du monument dressé par le régime de l'apartheid, dans le bois de la Delville, s'est déroulé sous les huées de milliers d'antiracistes »Racistes sous protection, La Liberté, Lille, 12 novembre 1986.. Un militant du MRAP aux anciens combattants déclarera avec véhémence aux dignitaires : « Mon grand-père est mort pour la France, je n'ai pas de leçons à recevoir de vous ! »Longeval sur apartheid, Courrier de l'Oise, Chalon sur Saône, 12 novembre 1986. L'article contient par ailleurs une photo de ce militant du MRAP en train de crier sur un dignitaire (photo de G. Grignier). Voir également Le Courrier Picard d'Amiens du 12 novembre 1986.. Les manifestants sont même allés jusqu'à jeter un grand nombre d'éclairs au chocolat sur les dignitaires présentsLongeval (Somme) : l'Afrique du Sud s'offre une belle contre publicité, Nord Matin, Lille, 12 novembre 1986 ; Le Président Sud-African dans la Somme : Représentant le gouvernement français, le sous-préfet de Péronne est hué par la foule en déposant une gerbe ; la manifestation anti-apartheid tourne à la bataille d'éclairs au chocolat, Nord Eclair, Roubaix, 12 novembre 1986.. On notera également la présence du Front national et des bérets rouges (l'Union nationale des parachutistes) qui ont applaudi le président sud-africain lors de cet hommageBotha, le FN et les paras font la Somme, Libération, Paris, 12 novembre 1986..

Prises de positions concernant le milieu scolaire

Affaires de voiles islamiques et de foulards à l'école
L'Humanité titre le 6 octobre 1989 : « Le renvoi de trois collégiennes musulmanes soulève la protestation du MRAP et de SOS Racisme. Pendant que le SNES appelle à la tolérance, l'administration annonce la reprise du dialogue avec les familles. » Mouloud Aounit, qui venait d'être élu Secrétaire général du MRAP un mois auparavant, déclare : « Menace sur l'emploi, menace sur la santé, menace sur l'identité culturelle et maintenant menace intégriste. Le racisme commence toujours par chercher des boucs émissaires à des difficultés sociales qui ont des racines économiques et politiques. (...) Pourquoi la pratique de la religion musulmane serait-elle nécessairement intégriste, fanatique, ou intolérante ? »L'Humanité, 6 octobre 1989, « Au nom de la laïcité ». Le MRAP publiera un communiqué dans lequel il réclamera des « moyens pédagogiques » en lieu et place des « mesures autoritaires ». « En France, déclare le MRAP, d'autres communautés manifestent leur appartenance religieuse par le port d'autres symboles, sans qu'elles fassent l'objet de sanction. »Le Monde, samedi 7 octobre 1989, « Les réactions ». Le mercredi 25 octobre 1989, Lionel Jospin, alors ministre de l'éducation, fait à l'Assemblée nationale une déclaration saluée par le MRAP comme une déclaration « courageuse et pédagogique »Le Bureau exécutif du Parti socialiste contestera nénamoins la position de Lionel Jospin. Cf. Le Monde, vendredi 27 octobre 1989, « La position du ministre de l'éducation contestée au sein du bureau exécutif du PS »., dans laquelle il affirme notamment qu'« en cas de blocage , l'école doit accepter et accueillir »Le Quotidien de Paris, vendredi 27 octobre 1989, « Tchadors : les profs refusent Jospin »., ce qui sera une position constante du MRAP depuis l'affaire de Creil. Un éditorial de Claude Cabanes dans l'Humanité du 26 octobre 1989 critiquera néanmoins violemment la position de Lionel Jospin, accusé d'« offrir sur un plateau à la droite le brevet de défenseur intraitable de la laïcité ». Deux députés socialistes (Edmond Vacant et Jacques Lavédrine) arrivent à l'Assemblée nationale coiffés d'un foulard sur lequel est imprimé la déclaration des droits de l'hommeLe Quotidien de Paris, jeudi 26 octobre 1989, « Deux députés socialistes avec le foulard ». afin de protester contre le discours de Lionel JospinLe Quotidien de Paris, vendredi 27 octobre 1989, « Le député PS Jacques Lavédrine : "Pourquoi j'ai porté le voile" ».. Le jeudi 26 octobre 1989, le MRAP dépose plainte, par l'intermédiaire de Maître Gilbert Collard, contre Mme Vouland-Fessard, proviseur du LEP Marie-Laurencin dans le 14 arrondissement de Marseille, pour avoir refusé en cours une élève voilée, Souan FlijanVoir plus haut. Cf. également Le Quotidien de Paris, vendredi 27 octobre 1989, « Une nouvelle plainte contre un proviseur ». Toutes ces affaires viennent relancer un climat délétère : sans discontinuer, les prises de position et analyse des médias connaîtront un déferlement incroyable pendant 7 jours. La violence des débats le disputera à la cacophonie.
- France Soir, fait sa Une, le 2 novembre 1989, sur les nombres d'immigrés en France, « ce qu'ils coûtent et rapportent à la sécurité sociale », leur « taux de fécondité » (sic) et leur « taux de criminalité ».
- A droite, Pierre Bernard (condamné à plusieurs reprises pour discriminations racistes)Pierre Bernard a été condamné en 1989 et 1991 pour discrimination raciale après avoir refusé pendant de longues années d'inscrire des enfants immigrés dans "ses" écoles municipales. Le MRAP sera à l'origine des deux plaintes. Cf. Montfermeil, ville-laboratoire de la droite extrême, Informations Syndicales et Antifascistes, juillet 2006., montre du doigt le prétendu comportement raciste des immigrés, et Brunot Maigret (alors membre du mouvement nationaliste Front national) affirme que la cohabitation n'est pas possible entre des « communautés ethniques religieuses différentes »
France Soir, jeudi 2 novembre 1989..
- A gauche, Julien Dray (PS), réclame un « ministre de l'Intégration » le 2 novembre 1989
France Soir, jeudi 2 novembre 1989., mais prônera deux jours après l'acceptation des filles voilées à l'école qui, ainsi, « évolueront d'elles-mêmes »
- Chez les religieux Le même jour, Le Figaro rend compte d'une polémique autour de la création d'une mosquée à Marseille : « Alors que la question du voile islamique déchire la gauche, Robert Vigouroux (alors maire de Marseille) relance le débat sur un front parallèle, avec la construction d'une "mosquée cathédrale" à Marseille »
Marseille : le maire veut une mosquée "belle comme une cathédrale", Le Figaro, Paris, 2 novembre 1989.. Dans une tribune dans Libération le 3 novembre intitulée Le symbole ou la vérité, Etienne Balibar (Maitre de conférence en Philosophie à l'Université Paris-I), tout en pronant la tolérance, pose le problème de la laïcité à l'école dans toute sa complexité et rend compte des divergences ou convergences d'opinion à ce sujet qui traversent tous les courants politiques (le débat perdurera en ces termes jusqu'en 2006, date où une loi sera spécifiquement votée pour trancher la question des signes religieux à l'école). Lors de la séance à l'assemblée nationale le 3 novembre 1989, Lionel Jospin (soutenu par Jack Lang, alors ministre de la culture), est vivement critiqué par « l'opposition libérale et le Parti communiste, mais aussi par plusieurs députés socialistes » parce qu'il ne respecte pas le principe de laïcité ; les enseignants du collège de Creil demande à Lionel Jospin de venir dans l'établissement pour expliquer ses directives ; La Voix de l'Islam, une association ultra-musulmane (dite « islamiste »), avait appelé à une manifestation pour le port du voile à l'école, mais l'avait annulé pour organiser « un débat sur les droits et les devoirs des musulmans en France » le 11 novembre 1989.L'opposition dénonce la "triple faute" de Lionel Jospin, Creil : Jospin "invité" par les enseignants, La Voix de l'islam ne défilera pas, Lang d'accord avec le ministre de l'Education, Le Quotidien de Paris, Paris, 4-5 novembre 1989.. Le 4 novembre 1989, c'est au tour de Danielle Mitterrand de se prononcer pour le respect des traditions et accepter les filles voilées à l'école, Danielle Mitterrand qui sera accusée par Marie-Claire Mendès-France de faire le lit de la « charia musulmane ». De son côté, Julien Dray (PS) prôner l'acceptation des filles voilées qui, ainsi, « évolueront d'elles-mêmes » tout en soulevant la problèmatique d'intégration de la population d'origine étrangère, opinion partagée par Jean Bousquet (Député UDF de Nîmes). De son côté, la démarche de Lionel Jospin est rapprochée, dans Le Monde du 4 novembre 1989, de celle d'Eugène Spüller, ministre des cultes en 1894 : « En mettant en avant l'impératif de tolérance, écrit le journaliste du Monde Alain Rollat, à l'époque comme aujourd'hui, il s'agissait pour le gouvernement de la gauche de pratiquer une politique centriste de rassemblement ».D'Eugène Spuller à Danielle Mitterrand, L'Humanité, Paris, 4 novembre 1989.. Le débat est clairement posé sur l'identité culturelle de la France face à l'IslamCf. Les voies de l'Islam, Les mosquées entre prière et polémique, Le Quotidien de Paris, Paris, 4-5 novembre 1989.. Le maire PC de Clichy-sous-Bois, André Deschamps, dit « "comprendre" l'attitude de son collègue de Montfermeil Pierre Bernard (Divers droite) qui avait décidé d'exclure du service public deux écoles maternelles de la cité des Bosquets, les Directrices de ces dernières ayant inscrit, sans son accord, 40 enfants d'immigrés nouvellement installés dans la commune »Cf. Un maire PC "comprend" celui de Montfermeil, Le Quotiden de Paris, Paris, 4-5 novembre 1989. Rappellons que Pierre Bernard a été condamné pour discrimination raciale à deux reprises suite à deux plaintes du MRAP pour ces refus de service public. Cf. Montfermeil, ville-laboratoire de la droite extrême, Informations Syndicales et Antifascistes, juillet 2006.. Une pétition qui fait « Le pari de l'école » et qui reconnait « le signe de l'oppression et de la contrainte exercée sur les femmes musulmanes », mais qui affirme que « l'exclusion sera toujours la pire des solutions » est signée dans Libération du 6 novembre 1989 par plusieurs personnalités, dont Marguerite Duras (écrivain), Catherine Barma (productrice), Elli Medeiros (artiste), Catherine Lara (artiste), Noria Allami (auteur de "voilées et dévoilées"), Monique Ewange-Epee (recordwoman de France du 100 mètres haie), Souad Benami (Présidente de "nana beurs"), Ségolène Royal (PS), Anne-Marie Granger ("Chahiers du féminisme"), Halima Boumédienne, etc. Michel Rocard, alors Premier Ministre, défend de son côté la défense de la laïcité et le principe de refus des exclusionsPour "une laïcité de la ville", Libération, Paris, 6 novembre 1989.. Libération ne parle plus de « tchadors », mais de « foulards ». Au milieu de ce capharnaüm, le Conseil d'Etat est saisi pour trancher la question et Lionel Jospin invitera à déjeuner trois chefs d'établissement, dont celui du collège de Creil, pour leur expliquer sa position.Concilier l'inconciliable, un jeu délicat pour le Conseil d'Etat, Libération, Paris, 6 novembre 1989. Cette édition de Libération publie d'ailleurs 9 pages sur la thématique du voile à l'école. Voir également Coup de pied en touche, L'Humanité, Paris, 6 novembre 1989. Et les pages 2 à 6 de l'édition du 6 novembre 1989 du Quotidien de Paris. Jean-Marie André, maire (droite) de Beaucaire dans le Gard, s'apprête à exclure une trentaine d'enfants marocains des établissement scolaires de "sa" commune, mais reculera devant la mobilisation de la FCPE.Parents très vigilants, L'Humanité, Paris, 6 novembre 1989.
L'emballement au sein du MRAP (novembre 1989)
Le MRAP n'échappe pas non plus à des divisions internes sur la question. Comme le dit Libération du 23 octobre 1989 à propos du débat de société qui vient de s'engager, « les clivages ne recoupent pas les frontières politiques et idéologiques traditionnelles. Ils départagent ceux qui prônent l'interdiction par crainte du développement de l'intégrisme et les partisans de l'autorisation, eux-mêmes différemment motivés. ». Le 6 novembre 1989, le comité local de Marseille marque sa désaprobation avec la position nationale du MRAP (contre le port du voile mais contre les exclusions). Baya Bouhouné-Jurquet rend publique une résolution adoptée en assemblée générale par le comité de Marseille « opposé à la tolérance de toute représentativité religieuse à l'intérieur des établissements d'enseignement public. ». Selon elle, « la position adoptée par le secrétariat national dans un communiqué flagorneur soutenant la position prise par Lionel Jospin à propos du voile coranique dans les écoles, constitue une violation de l'orientation de la dernière session du bureau national. Devant cette situation, écrit-elle, je me trouve dans l'obligation d'en appeller, publiquement pour être entendue, à une convocation urgente du conseil national du MRAP. ». Elle s'étonne que le MRAP « puisse soutenir une attitude obscurantiste et sexiste vis-à-vis des femmes musulmanes. ». Tout en rappelant son origine maghrébine, elle affirme qu'elle a pu « s'affranchir du port du voile après l'avoir subi pendant quinze ans » et que « toute concession accordée à l'intégrisme ne peut provoquer un nouvel essor du racisme ». Elle affirmera à l'AFP que cette divergence avec les instances du MRAP « ne marque pas une rupture, mais simplement une discussion sur un problème sensible. » Zizanie au MRAP, le Quotidien de paris, Paris, 7 novembre 1989..
Affaire Louis Chagnon (2004)
Voir ci-dessous les controverses sur les prises de position du MRAP.

Le MRAP et l'ONU

Le MRAP est admis comme ONG auprès de l'ONU depuis 1975. Il peut introduire des témoins, à qui la parole est accordée. Ce fut notamment le cas de José Ramos Horta, dirigeant pour l'indépendance du Timor oriental, qui a reçu le Prix Nobel.

Prise de position spécifique

Carte postale MRAP du 21 mars, journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale. Concours d'affiches réalisées pour le MRAP en 1997 à l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Appliqués et des Métiers d'Art Olivier de Serres (ENSAAMA Olivier de Serres). Deuxième prix : Marie-Amélie Cotillon. Très sensible aux questions internationales, le MRAP milite notamment contre l'apartheid en Afrique du Sud et le racisme anti-noir aux États-Unis. Il défend notamment le journaliste membre des Black Panthers Mumia Abu-Jamal, dont la condamnation à mort pour le meurtre d'un policier a fait débat au sujet d'une éventuelle erreur judiciaire. En France, il continue à s'exprimer contre l'antisémitisme (bien qu'il supprime de son appellation la mention « contre l'antisémitisme »), défend les droits des travailleurs immigrés, des gens du voyage, et plus généralement toutes les formes de racisme. Il exprime un avis, son avis politique, contre l'extrême droite, la droite et même le Parti socialiste lorsque Ségolène Royal annonce son programme en matière de sécurité, estimant qu'elle se lance « dans le populisme le plus dangereux » http://www.mrap.asso.fr/communiques/sarkolene. Le MRAP s'oppose aussi à Philippe de Villiers. En 1998, le MRAP s'est engagé comme personne morale dans la création d'Attac, et ainsi dans le mouvement altermondialisme. Le mouvement concentre actuellement son action contre les lois en matière d'immigration et pour les droits des immigrés, dans la dénonciation du racisme sur internet et contre le négationnisme (procès à Bruno Gollnisch). Il estime par ailleurs que l'islamophobie est une forme de racisme et doit être combattue au même titre que l'antisémitisme.

L'affaire Rosenberg

Symboles de la guerre froide, les époux Rosenberg ont été exécutés le 19 juin 1953. Des millions
L'exécution des époux Rosenberg, Le Monde, Paris, 22 octobre 2004. de manifestants à travers le monde n'ont pu empêcher que le 19 juin 1953, Ethel et Julius Rosenberg, un couple d'américains de sensibilité communiste, soient exécutés dans la prison de Sing Sing (New-York, États-Unis). Ils ont été accusés d'avoir « donné le secret de la bombe atomique à l'Union soviétique » et condamnés pour espionnage durant la période du maccarthisme (campagne anticommuniste aux Etats-Unis de 1950 à 1956). Le MRAP a été à l'initiative de la création en France du Comité de défense des Rosenberg. Le siège de l'Association pour le réexamen de l'affaire Rosenberg est encore aujourd'hui situé au MRAP.

Prises de positions contre l'apartheid

Le MRAP s'est opposé à la politique d'apartheid, directement inspirée des théories racistes et ségrégationnistes, en Afrique du Sud jusqu'à la chute de ce régime en 1994.
- Dès 1950, dans sa revue Droit et Liberté, le MRAP condamne l'arrivée au pouvoir du Parti National en Afrique du Sud et cite des extraits du livre L'Afrique du Sud cette inconnue d'Andrée Viollis.
- Le 2 juillet 1974, le MRAP proteste contre le jumelage de la ville de Nice avec la ville de Cape Town en Afrique du Sud
Protest, Paris, The Standard, Nairobi, 2 juillet 1974 ; Le Monde, 22 juin 1975 ; Twinning of French city with Cape Town attacked, Daily news international, 3 juillet 1974..
- Le 29 novembre 1974, le MRAP organise une manifestation contre la venue de l'équipe sud-africaine de rugby en FranceTract. Archives du MRAP, 43 boulevard Magenta, 75010 Paris. Parmi les signataires : CFDT, CGT, SNEP, SNES, FSGT, Jeunesses socialistes, Jeunesses communistes, Jeunes radicaux de gauche, UNEF, PCF, PS, PSU, CIMADE, etc..

Prises de position contre le racisme anti blanc

Le MRAP s'est toujours prononcé contre le racisme envers les blancs ou plus généralement les européens, notamment au Zimbabwé ou en Côte d'Ivoire. Il déclarera solennellement par exemple dans un communiqué du :

Organisation du MRAP

Les organisations locales

Image:MrapLyon.png|Comité local de Lyon Image:MrapOrleans.png‎|Comité local d'Orléans Image:MrapAgen.png|Comité local d'Agen Image:MrapStand.png‎|Stand du MRAP Le MRAP est constitué par un siège national situé à Paris. Il s'appuie sur plus de 180 comités locaux et une vingtaine de fédérations situées dans toute la France. Les comités locaux et les fédérations sont indépendantes du siège national et ont des statuts à partAfin de pouvoir effectuer plus rapidement des démarches juridiques..

Les Responsables

De sa création en 1949 au congrès de décembre 2004, le MRAP a été composé de présidents ou de présidences collégiales (rôle politique), de présidents délégués (chargés d'ester en justice), de vice-présidents (rôle politique également), et de Secrétaires généraux (généralement porte-parole du Mouvement). Au delà de 2004, le poste de Secrétaire général a été statutairement transformé en poste de Président(e), et les postes de président(e)s sont devenus des vice-président(e)s.

Les Président(e)s, vices Président(e)s, et Président(e)s délégué(e)s

- 1949 - 1953 : Maître André Blumel (Président).
- 1953 - 1962 : Léon Lyon-Caen (Président).
- 1962 - 1981 : Pierre Paraf (Président), Maître Fred Hermantin (Vice-Président), Charles Palant (Vice-Président), Abbé Jean Pihan (Vice-Président).
- 1981 - 1984 : François Grémy (Président délégué), Maître George Pau-Langevin (Présidente), Charles Palant (Président), Abbé Jean Pihan (Président).
- 1984 - 1988 : Maître George Pau-Langevin (Présidente), Charles Palant (Président).
- 1988 - 1989 : Maître Roland Rappaport (Président délégué), Jacques Chevassus (Président), Pierre-Marie Danquigny (Président), Albert Lévy (Président), Maître Alain Miranda (Président), Charles Palant (Président).
- 1989 - 1996 : Jacques Chevassus (Président délégué), Pierre-Marie Danquigny (Président), Albert Lévy (Président), Maître Alain Miranda (Président), Charles Palant (Président).
- 1996 - 1998 : Jean-Jacques Kirkyacharian (Président délégué), Jacques Chevassus (Président), Maître Pierre Mairat (Président), Paul Muzard (Président).
- 1998 - 2001 : Maître Pierre Mairat (Président délégué), Alain Callès (Président - démissionnaire en 2000), Catherine Lloyd (Présidente), Paul Muzard (Président).
- 2001 - 2004 : Maître Pierre Mairat (Président délégué), Jean-Jacques Kirkyacharian (Président), Paul Muzard (Président), Bertrand Barry (Président). A partir de 2004, le Président est l'équivalent de l'ex-
Secrétaire général, et les Présidents deviennent des Vice-Présidents.
- 2004 - nos jours : Mouloud Aounit (Président), Jean-Claude Dulieu (Vice-Président), Bernadette Hétier (Vice-Présidente), Nadia Kurys (Vice-Présidente), Renée le Mignot (Vice-Présidente).

Les Secrétaires généraux

- 1949 - 1950 : Maître Maurice Grynspan
- 1950 - 1971 : Charles Palant
- 1971 - 1989 : Albert Lévy
- 1989 - 2004 : Mouloud Aounit

Controverses

Sur les prises de position

Depuis l'an 2000, des orientations du MRAP ont été désapprouvées par une partie de ses membres. Sa position en faveur de la libération pour motif humanitaire de Maurice Papon, partagée par Robert Badinter, a été critiquée. Le MRAP est ensuite revenu sur cette position. Alain Callès (un des quatre membres de la présidence collégiale pendant presque deux ans)Voir plus haut pour une liste détaillée des membres de ces présidences collégiales., déclarait à propos du MRAP « il est évident qu'il a abandonné dans son combat antiraciste, ses références aux principes fondamentaux qui constituaient sa colonne vertébrale. En obscurcissant les principes laïques à l'ombre du voile puis en développant le concept d'islamophobie, il ouvrait la voie à un communautarisme à l'anglo-saxonne et perdait progressivement pied avec les principes d'égalité et de citoyenneté. La citoyenneté n'est plus le combat du MRAP » (
Charlie-Hebdo n° 713 du 15/2/06) Deux anciens présidents, François Grémy (Président délégué de 1980 à 1984) et Albert Lévy (Secrétaire général de 1971 à 1989) ont au contraire apporté leur soutien aux orientations actuelles du MRAP à la même période. Sur ces points, lors du congrès de 2004, la ligne de la direction de Mouloud Aounit a été vivement contestée par un certain nombre de ses fédérations. Finalement Mouloud Aounit a été élu au poste de Président du MRAP avec une majorité de 61% des exprimés. Le MRAP a été accusé notamment par des associations dont l'Union des Familles Laïques (UFAL) ou encore par le "Mouvement des Maghrébins Laïques de France"Sur le "Mouvement des Maghrébins laïcs de France", cité en soutien dans cette partie, voir le texte du MRAP « Les communautaristes en délire !... » http://web.archive.org/web/20050105082007/mrap.asso.fr/article.php3?id_article=693. Voir également « Qui tire les ficelles du « Mouvement des maghrébins laïques de France » et de la campagne calomnieuse contre le MRAP ? », par le MRAP, Paris, février 2004 : http://web.archive.org/web/20050105102957/mrap.asso.fr/IMG/pdf/doc-123.pdf de vouloir réintroduire un délit de blasphème, qui n'existe plus depuis la séparation de l'Église et de l'État, et d'œuvrer ainsi contre la liberté d'expression. Ces accusations ont notamment été proférées lorsque le MRAP a saisit le procureur de la République de Nanterre le 22 octobre 2003, avec la Ligue des droits de l'Homme, contre Louis Chagnon, professeur d'histoire, Cf. le jugement du 24 mars 2005 de la 17 chambre du Tribunal de grande Instance de Paris (affaire n°0414009340), page 6. pour avoir dicté à ses élèves les phrases suivantes : « Mahomet va se transformer en voleur et en assassin. Il va piller les caravanes de la Mecque pour se faire de l'argent, ce qui va provoquer une guerre entre les deux villes... Mahommet va imposer sa religion par la terreur. Il fait exécuter 600 à 900 juifs par jour. »Cf. le jugement du 24 mars 2005 de la 17 chambre du Tribunal de grande Instance de Paris (affaire n°0414009340), page 5, qui confirme que « des parents d'élèves devaient constater que les cahiers d'écoliers comportaient, tous, les phrases suivantes » (suit les mêmes phrases que celles citées ci-avant). Le jugement de 17 chambre du TGI de Paris poursuit : « seule comportant des variantes et apparaissant sous la forme « Il a fait exécuter de 600 à 900 juifs par jour » sur un cahier et « 600 à 900 juifs par journée » sur un autre ».; il affirme : « En l'espèce, les propos tenus par M. CHAGNON en classe sont, pour l'essentiel, établis » (ibid., page 8). Dans une Interview de Louis Chagnon dans le Figaro du Vendredi 6 Février 2004, celui nie avoir dicté de tels propos, affirmant que les propos cités comme ayant été dictés seraient diffamatoires pour Louis Chagnon. L'arrêt du TGI de Paris du 24 mars 2005 affirme qu'« une telle analyse des propos poursuivis ne saurait être faitre sienne par le tribunal » (page 7 du jugement).; le MRAP cessera ses poursuites lorsque Louis Chagnon reçu un blâmePar un arrêté du recteur de l'Académie de Versailles du 30 janvier 2004. Cf. le jugement du 24 mars 2005 de la 17 chambre du Tribunal de grande Instance de Paris (affaire n°0414009340), page 6. et quitta l'enseignement « de son propre chef »Cf. le jugement du 24 mars 2005 de la 17 chambre du Tribunal de grande Instance de Paris (affaire n°0414009340), page 6.. L'arrêt de la 17 chambre du TGI de Paris du 24 mars 2005 « relèvera, principalement, que les qualificatifs de "voleur" ou d'"assassin" ou encore le mot de "terreur", rélèvent exclusivement d'un jugement global de disqualification et non de l'énoncé des faits. »Page 9. Le tribunal poursuit : « En tout état de cause, il n'est pas contestable que l'emploi de mots choisis tels que "voleur", "assassin", "terreur", appliqués au prophête Mahomet et donnés pour essentiels à retenr dans le cadre d'un cours sur le monde musulman dispensé à des enfants en classe de 5, âgés d'une douzaine d'année, est chargé d'une force particulière, pour des auditeurs généralement dépourvus à cet âge d'un esprit critique personnel suffisant, ce qui a pu naturellement alarmer des parents, puis le MRAP, saisi par eux, dès lors que cette association s'assigne pour objectif, parmi d'autres, de "favoriser la connaissance mutuelle, la compréhension et l'amité entre les personnes d'origines différentes, comme entre tous les peuples", objectif q'un tel enseinement a pu lui paraître de nature à compromettre. » (page 9). Louis Chagnon sera à nouveau débouté par la 11 chambre de la Cour d'appel de Paris le 9 novembre 2005. Le MRAP a également poursuivi en justice, sans obtenir gain de cause, avec la Ligue française pour la défense des droits de l'Homme et du citoyen et des associations musulmanes, l'écrivain Michel HouellebecqJugement du tribunal correctionnel de Paris (relaxe) rendu le 22 octobre 2002., celui-ci ayant déclaré : « La religion la plus con c'est quand même l'islam ». Le président du MRAP, Mouloud Aounit, déclare Au journal télévisé de 13h00 de France 3 le 13 janvier 2005 dans une réaction aux propos de Jean-Marie Le Pen http://www.atheisme.org/mrap-islam.html: « la liberté de blasphémer et la liberté d'ouvrir le champ au racisme doit être condamnée avec la plus grande fermeté ». Mouloud Aounit précisera notamment le 10 février 2006 sur le site du Nouvel Observateur : « Après les propos de Jean-Marie Le Pen sur les chambres à gaz et le doute qu’il a émis sur le nombre de juifs exterminés, j'ai estimé que cette déclaration était une offense blasphématoire à la mémoire des victimes de la Shoah. Le sens que je donnais à blasphème, c'était le caractère sacré de la protection de cette mémoire. C'est cela qui a été transféré en campagne. ».Voir http://www.nouvelobs.com/forum/archives/forum_497.html. En 2004, lors du débat sur le port du voile islamique dans les établissements publics français, le MRAP soutient les sœurs Levy, filles d'un des avocats du mouvement, lycéennes qui refusent d'enlever leur voile dans le lycée Henri Wallon à Aubervilliers. Il est alors sujet à d'autres critiques qui l'assimilent à un mouvement pour l'unique défense et de prosélytisme de l'islam. Au journal de France 2 le 6 janvier 2005, Mouloud Aounit intervient sur le cas d'élèves exclus de la cantine parce qu'ils avaient refusé de manger des plats non "hallal" et il suggère que les élèves puissent avoir le choix entre plusieurs plats. Cette intervention a été aussi jugée par des détracteurs comme un autre signe de la dérive du MRAP vers un communautarisme musulman "Grandeur et misère de l'antiracisme. Le MRAP est-il dépassé ?" de Maurice Winnykamen, éditions Tribord. Selon Caroline Fourest, « une certaine gauche tiers-mondiste confond volontiers la libre critique de la religion musulmane (ses excès intégristes, sexistes ou homophobes) avec du racisme sous prétexte d’ " islamophobie " »). Néanmoins, lors d'un procès en octobre 2007 dans les Vosges opposant une responsable de gîtes ruraux et une femme voilée, Caroline Fourest estima qu'à l'inverse l'opposition au port du voile pouvait, dans certains cas, avoir des motivations politiques « racistes », la femme refusant qu'une autre porte le voile (Mme Truchelut) fût défendue par un avocat de Philippe de Villiers (un des avocats de la femme voilée étant Michel Tubiana, qui plaidait pour la Ligue des droits de l'Homme). Grégoire Bouvier, avocat de la Licra, déclarera à l'occasion de ce procès : « Le tribunal ne s'est pas laissé abuser par les arguments pseudo-féministes et pseudo-laïcs avancés par Mme Truchelut. Ces arguments sont un faux-nez derrière lesquels on retrouve un comportement raciste. »Discrimination sanctionnée à Epinal, Est républicain, 10 octobre 2007. Le mouvement a participé en 2003 à une conférence avec l'intellectuel controversé Tariq Ramadan au Forum Social Européen à Ivry sur Seine (Mouloud Aounit était à la tribune, avec cinq autres responsables d'associations, dont la Ligue des droits de l'HommeEtaient présents à la tribune : Tarik Ramadan , Ulla Jelpke (Allemagne), lazlo FARKAS (Rom Minorities), Svtlana SIMONOSKA (Antiwar Coalition-Macédoine), Mouloud Aounit (MRAP), Sintayeho TSEHAY (Autriche), Henri WAHLAUM (Réseau Européen de Juifs pour la Paix), et Bahija OUEZINI (FTCR). Modérateurs : Tomas Krausk (Attac hongrie) et Madeleine Rebérioux (LDH); le Forum social européen regroupait une centaine d'autres organisations). Selon l'essayiste et journaliste Caroline Fourest, c'est Tariq Ramadan qui aurait apporté au mouvement le concept de lutte contre l'islamophobie pour faire condamner le blasphème et les critiques de l'islam en FranceTirs croisés, La laïcité à l'épreuve des intégrismes juif, chrétien et musulman de Caroline Fourest (avec Fiammetta Venner), éditions Calmann-Lévy, 2003. Selon Caroline Fourest, la section de Paris du MRAP aurait pris la défense de Tariq RamadanFrère Tariq : Discours, stratégie et méthode de Tariq Ramadan de Caroline Fourest, éditions Grasset, Paris, 2004, (page ?) à la suite de son article controversé sur notamment certains intellectuels juifs http://www.naros.info/article.php3?id_article=258. Michel Tubiana, alors Président de la Ligue des droits de l'homme, déclarera : « Ma judéité m'a protégé. Personne n'a osé me traiter d'antisémite. La haine de soi, ça va comme ça. Mouloud , lui, s'est fait taper dessus. Il en a pris beaucoup plus parce qu'il est arabe. »Michel Tubiana, 52 ans, avocat, président de la LDH, Libération, Paris, 27 avril 2005.. En 2006, suite à la publication des Caricatures de Mahomet du journal Jyllands-Posten dans le journal France-Soir, le MRAP est la principale association avec l'Union des organisations islamiques de France (faisant partie du CFCM) à porter plainte contre ce journal, . Répondant à des internautes inquiets de ce qu'ils perçoivent comme une dérive identitaire et religieuse, Mouloud Aounit répond: « J’estime que le droit au blasphème fait partie intégrante de cette exigence démocratique ». http://www.nouvelobs.com/forum/archives/forum_497.html Cette notion de lutte contre l'islamophobie promue par Mouloud Aounit est contestée au sein même du mouvement et a provoqué des conflits et des démissions de membres estimant qu'il s'agit d'une « rhétorique communautariste et éthniciste, Le Nouvel Observateur, ». Emmanuelle Le Chevallier, ancienne présidente de la fédération de Paris estime que « ce concept va à l'encontre du principe d'universalité et confond défense de l'homme et défense d'une religion ». Pour Gérard Kerforn, président de la fédération des Landes, la promotion de ce concept d'islamophobie est « un tiers-mondisme primaire, qui conduit à tolérer dans les religions dites "des pauvres" ce que l'on n'aurait pas toléré pour d'autres religions ». Fiammetta Venner et Caroline Fourest reprochent des liens entre le MRAP et des associations musulmanes, dont certaines comptent en leur sein des prédicateurs intégristes ou des "antisémites notoires''" Expression employée dans cet article du site Prochoix.org de Fiammetta Venner, Caroline Fourest et Moruni Turlot; http://www.prochoix.org/frameset/news_2004/sarkozyantiraciste.html. Le 7 novembre 2004, la CFDT, la CFTC, la CGT, l'UNSA, la FCPE, la FSU, l'Union syndicale Solidaires, la LDH, la Ligue de l'enseignement, et le MRAP ont organisé une campagne intitulée Vivre ensemble libres, égaux et solidaires, qui a compté parmi ses dizaines de signataires l'UOIF http://www.gisti.org/doc/actions/2004/racisme/index.html. L'affiche de l'époque montre la liste des organisateurs : http://www.gisti.org/doc/actions/2004/racisme/affiche.html (organisation représentant selon la politologue Fiammetta Venner « la mouvance intégriste de l'islam » et dont l'idéologie se base sur des « relents d'antisémitisme, fatwas belliqueuses, financements douteux »L'Express, article intitulé "La Face cachée de L'UOIF" http://www.lexpress.fr/info/societe/dossier/mosquees/dossier.asp?ida=432856). Caroline Fourest adresse aussi ces reproches à la LDH, mais pas aux autres organisations http://www.prochoix.org/frameset/news_2004/sarkozyantiraciste.html.

Les divergences avec SOS Racisme

Du fait des positions du MRAP en ce qui concerne ce qu'il appelle la « lutte contre l'islamophobie » et le conflit du Proche-Orient, le mouvement a eu de fortes et parfois vives divergences avec SOS Racisme. Le , Malek Boutih alors encore président de SOS Racisme déclare à propos du MRAP : « Il faut dire, par exemple, que si je prends la société française que je connais, il y a des formes d’antiracismes différentes : il y a celui du MRAP qui défile aux cris de "Mort aux juifs", celui de la Ligue des droits de l’homme qui écrit le texte justifiant la présence de Tariq Ramadan au FSE. Mais, il y a aussi celui de SOS Racisme qui lui organise des débats contre l’antisémitisme et qui l’assume. »http://www.mrap.asso.fr/communiques/haine-malek Le MRAP a porté plainte contre Malek Boutih, les cris incriminés ayant été prononcés par des éléments incontrôlés en marge de la manifestation. Le , la 17 chambre du tribunal correctionnel de Paris a décidé de condamner Malek Boutih pour diffamation à l’encontre du MRAP. Il devra, comme le MRAP l’avait demandé, verser un euro de dommages et intérêts pour le MRAP, 1 000 euros d’amende, et 2 500 euros au titre de l'article 475-1 du code pénal. Cette condamnation a été confirmée par la Cour d'appel de Paris le . En février 2006, suite au meurtre crapuleux avec des préjugés antisémites d'Ilan Halimi, une manifestation est organisée en mémoire du jeune juif assassiné, à l'appel de SOS Racisme, de la LDH, de l'UEJF et de la LICRA et avec la participation de partis politiques UDF, UMP, PS, Les Verts et le MPF. Le MRAP retire son soutien à cette manifestation, au motif de « la participation annoncée du Front national et celle du MPF de Philippe de Villiers. Le soutien de ces deux organisations d’extrême droite met en lumière le caractère ambigu de cette manifestation et son instrumentalisation politique. ». Interviewé par le journal 20 minutes à ce sujet, le vice-président de SOS Racisme Patrick Klugman déclare que de la part du MRAP « cet argument est crapuleux » et qu'il « n’est pas nouveau qu'il y a un malaise au sein de ce mouvement sur les questions de l'antisémitisme ». Le vice-président de SOS Racisme dit aussi se réserver « le droit d’attaquer le MRAP et son dirigeant, Mouloud Aounit, en diffamation »., 20 minutes, . Ce qui ne sera jamais fait. Au sujet de l'antisémitisme, Maya Vigier, membre du conseil d'administration du MRAP, estime qu'au sein du mouvement « au prétexte de ne pas les stigmatiser, on ne peut plus parler du racisme antisémite en banlieues ».

Affaire Robert Redeker

Robert Redeker est un professeur de philosophie qui a écrit un article critique sur l'islam, le coran et Mahomet . Il a exprimé l'idée que l'Islam est une religion de violence et de haine, contrairement aux autres religions. Il a été menacé de mort par divers groupuscules islamistes et vit désormais caché. Le MRAP et Mouloud Aounit ont à la fois critiqué les propos du philosophe et condamné les menaces de mort à son encontre. Lors d'un débat télévisé (« L'Arène de France » le 25 octobre 2006 sur France 3), M. Aounit a associé M. Redeker à Ben Laden dans un même rejet.

Contestation de Mouloud Aounit et de ses positions au sein du mouvement

Suite à ses diverses prises de positions concernant l'islamophobie et les actions engagées dans ce sens (comme dans l'affaire des caricatures de Mahomet du journal Jyllands-Posten), le président Mouloud Aounit est de plus en plus contesté au sein du mouvement. En mai 2007, 26 membres du mouvement dont plusieurs membres du Conseil National signent un appel considérant que Mouloud Aounit ne représente pas « les valeurs universalistes et laïques » du MRAP et estiment qu'il utilise une « rhétorique communautariste et éthniciste » . Gérard Kerforn, Emmanuelle Le Chevallier, Horiya Mekrelouf, René Meyer, Didier Poupardin, Yves Loriette, Anne Savigneux, Maya Vigier et Nadia Kurys, membres du Conseil National du MRAP entendent signifier par cet appel qu'ils ne reconnaissent plus Mouloud Aounit comme le président du mouvement. Gérard Kerforn avait déclaré : « Nous craignons que le Mrap ne s'égare sur une voie qui n'est pas la nôtre celle de la défense d'une religion ». Cette contestation s'est intensifiée quand Mouloud Aounit s'est déclaré candidat au mandat de député dans la 3 circonscription de Seine-Saint-Denis en tant que "candidat des populations issues de l'immigration". Ces membres du Conseil National ont considéré cette candidature « incompatible avec la présidence d'un mouvement qui repose sur des valeurs universelles » et ont donc demandé sa démission.

Publications du MRAP

- MRAP, Chronique du flagrant racisme, Editions la Découverte, Paris, 1984 (ISBN 2-7071-1453-7).
- Pierre ParafPrésident du MRAP de 1962 à 1981., La France de l'affaire Dreyfus, Paris, Droit et liberté, 1978 (ISBN 2-900-213-10X).
- Collectif, Chronique d'un combat inachevé (50 ans contre le racisme), éd. Le temps des cerises/MRAP 1999 ; livre édité à l'occasion du 50 anniversaire du MRAP
- Marie-Agnès Combesque, Racisme, de l'injure au meurtre, éd. Syros/MRAP, 1996
- Jeunes Israéliens et Palestiniens ensemble contre l'occupation et pour la paix, MRAP

Voir aussi

===
Sujets connexes
Action française   Albert Lévy   Albert Lévy (militant des droits de l'homme)   Algérie   Altermondialisme   Amitié   Anne Grynberg   Antoine Richepanse   Apartheid   Appel de Stockholm   Aspects de la France   Assemblée nationale (France)   Association pour la taxation des transactions pour l'aide aux citoyens   Association à but non lucratif   Bapaume   Bertrand Delanoë   Black Panther Party   Bruno Gollnisch   CGT   Calmann-Lévy   Capharnaüm   Caricatures de Mahomet du journal Jyllands-Posten   Caroline Fourest   Charb   Charles Maurras   Charles Palant   Charlie Hebdo   Chine   Citoyenneté   Code pénal (France)   Commission nationale consultative des droits de l'homme   Communauté européenne de défense   Confédération générale du travail   Congrès national africain   Conseil français du culte musulman   Côte d'Ivoire   Darfour   Droit d'asile   Droit de vote des étrangers en France   Droits de l'homme   Déclaration universelle des droits de l'homme   Démocratie représentative   Ethel et Julius Rosenberg   FCPE   FEN   FSU   Fiammetta Venner   France   France Dimanche   Francs-tireurs et partisans - Main-d'œuvre immigrée   Front national (parti français)   Février 2006   George Pau-Langevin   Gilles Manceron   Gisèle Halimi   Gérard Noiriel   Identité juive   Immigration   Islam   Ivoirité   Jacqueline Costa-Lascoux   Jean-Luc Einaudi   Jean-Marie Le Pen   Journal télévisé   L'Aurore (journal 1944)   L'Humanité   Laurent Gbagbo   Le Monde   Le Nouvel Observateur   Les Verts (France)   Libération (journal)   Ligue de l'enseignement   Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen   Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme   Luftwaffe   Maccarthisme   Madeleine Jacob   Madeleine Rebérioux   Malek Boutih   Marc Chagall   Marche des fiertés   Massacre du 17 octobre 1961   Maurice Papon   Michel Houellebecq   Monarchisme   Mouloud Aounit   Mouvement national contre le racisme   Mouvement ouvrier   Mouvement pour la France   Mumia Abu-Jamal   Nelson Mandela   OIM   Organisation des Nations unies   Parti communiste français   Parti socialiste (France)   Partie civile en France   Patrick Klugman   Paul Rassinier   Peuple   Philippe de Villiers   Pierre Boutang   Pierre Mendès France   Pierre Poujade   Proche-Orient   Publications antisémites en France   Racisme   Rivarol (revue)   Robert Badinter   Robert Redeker   Réseau éducation sans frontières   SNES   SOS Racisme   Salomon Malhangu   Sing Sing (prison)   Spahis   Springbok   Suffrage universel   Ségolène Royal   Séparation de l'Église et de l'État   Tariq Ramadan   Tchétchénie   Tirailleurs sénégalais   Trente Glorieuses   Tribunal correctionnel (France)   Union des organisations islamiques de France   Union pour la démocratie française   Union pour un mouvement populaire   Union syndicale Solidaires   Wehrmacht  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^