Humanisme au XVIe siècle

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Croquis de Léonard de Vinci, L'homme de Vitruve L'humanisme est un mouvement européen de la Renaissance et une philosophie qui place l'être humain et les valeurs humaines au centre de la pensée. Il englobe les , et s. L'humanisme se caractérise par un retour aux textes antiques, et par la modification des modèles de vie, d'écriture, et de pensée. Au sens moderne, 'humanisme' désigne toute pensée qui met au premier plan de ses préoccupations le dévelop
Humanisme au XVIe siècle

Croquis de Léonard de Vinci, L'homme de Vitruve L'humanisme est un mouvement européen de la Renaissance et une philosophie qui place l'être humain et les valeurs humaines au centre de la pensée. Il englobe les , et s. L'humanisme se caractérise par un retour aux textes antiques, et par la modification des modèles de vie, d'écriture, et de pensée. Au sens moderne, 'humanisme' désigne toute pensée qui met au premier plan de ses préoccupations le développement des qualités essentielles de l'être humain et qui dénonce ce qui l'asservit ou le dégrade.

Introduction

L'an 1453 voit la chute de l'Empire byzantin, suite à la prise par l'Empire ottoman de sa capitale Constantinople. Une nouvelle ère commence alors, qui va voir naître la pensée humaniste. Des hellénistes (érudits versé dans les études grecques) vont émigrer en Italie et profiter du mécénat des citoyens riches des républiques commerçantes génoise et florentine, principalement par la famille Médicis de Florence, ainsi que du Pape. Grâce à ces apports culturels, une nouvelle pensée et un nouvel art vont se développer : ils sortent du cadre rigide hérité des anciennes institutions qui avaient le monopole de la diffusion du savoir, et qui étaient très liées aux autorités ecclésiastiques : monastères, écoles urbaines, universités. Flavio Biondo, qui fut l'un des artisans de ce renouveau, appela l'ancienne période le Moyen Âge, par opposition au Rinascimento (Renaissance en italien). Profitant de l'apparition de l'Imprimerie en Europe (1453) le mouvement se diffuse sur tout le continent aux et s à travers ce qu'on appellera la République des Lettres. Les nouveaux penseurs qui forment celles-ci seront nommés les humanistes, et à partir de la seconde moitié du leur mouvement sera appelé Humanisme. Le terme est formé sur l'allemand Humanismus, venant lui-même du latin : au , l'humaniste s'occupait d'humanités (studia humanitatis en latin) ou lettres antiques). Pour ces érudits de la Renaissance, le terme humanitas avait le même sens qu'à l'époque cicéronienne et représentait « la culture qui, parachevant les qualités naturelles de l'homme, le rend digne de ce nom ». Le terme désigne donc un courant culturel, scientifique, philosophique et, par bien des aspects, politique qui propose un « modèle humain » défini comme synthèse des qualités intellectuelles, sociales, affectives, caractéristiques de la « nature humaine ». L'humanisme est un courant de pensée idéaliste et optimiste qui place l'Homme au centre du monde, et honore les valeurs humaines. Pris au sens large moderne, le terme humanisme peut recouvrir différentes idéologies antagonistes postérieures aux humanistes de la Renaissance : philosophie des Lumières, libéralisme et marxisme notamment.

Le sens historique

C’est avec Pétrarque (1304-1374) que naît en Italie le mouvement humaniste de la Renaissance. Le poète commence par recueillir les inscriptions sur les vieilles pierres de Rome et poursuit dans les manuscrits sa quête des Anciens. Il retrouve ainsi des lettres de Cicéron, ressuscite un écrivain statufié par les écoles. Il s’illustre également en détectant un faux document au profit de son souverain. Lorenzo Valla (1407-1457), lui aussi va traquer la vérité historique, préconisant l’étude philologique des textes et le retour à la pureté classique. Parti d’Italie, le courant humaniste rayonne dans toute l’Europe cultivée. Les humanistes du s’efforcent de revisiter la pensée des Anciens, dont l’authenticité leur échappe après les présentations et interprétations chrétiennes des deux siècles précédents (voir Moyen Âge). Ils étudient les langues anciennes (grec, hébreu, latin classique, syriaque) et recherchent des manuscrits dans tout le monde méditerranéen. On considère généralement que l'âge d'or de l'humanisme se situe au début du avec les grandes figures d'Erasme, Thomas More ou Guillaume Budé. L'humanisme de la Renaissance prône l'« imitation des Anciens » (une "innutrition" de l'Antiquité), c’est-à-dire un retour aux sources antiques païennes (grecques et romaines) mais aussi chrétiennes (retour aux enseignements purs des Évangiles). Les caractéristiques de l'humanisme du sont l'aspiration à la connaissance des possibilités humaines et la réflexion de l'homme sur lui-même; le refus de tout ce qui fait obstacle au développement de l'esprit ; le rejet de toute autorité arbitraire; la volonté d'une nouvelle organisation de la vie qui se manifestera sur le plan politique, social, esthétique et même religieux. Les Humanistes sont d'abord des « philologues », passionnés pour les langues (latin, grec, hébreu) et les civilisations anciennes. Ils réfléchissent sur les textes, reprennent les mythes et les légendes en les chargeant de nouvelles significations, écrivent des œuvres littéraires et scientifiques, deviennent des éditeurs. Dans un sens étroit, l'Humanisme du est un mouvement littéraire qui cherche à retrouver une image éternelle de l'homme et du bonheur par l'étude de l'Antiquité. Les Humanistes s'opposent aux dogmes de l'Église. Leur pensée touche exclusivement les pratiques ecclésiastiques, et non pas la religion. Ils exigent : le retour aux textes de l'Évangile, la confiance dans la « parole sacrée du texte » et non dans son commentaire, la traduction des textes religieux en langues romanes pour les rapprocher du peuple. Toutes ces exigences sont liées à la volonté de réformer l'Église catholique pour assurer son retour à la pureté primitive du christianisme. Luther en Allemagne et Calvin en Suisse(Genève) créent le mouvement qui porte le nom de la Réforme. Née de l'Humanisme, la Réforme s'en sépare par l'affirmation d'une nouvelle doctrine dont la défense acharnée provoque la scission de l'Église en deux camps, catholique et protestant, et les amène aux guerres civiles sanglantes. Cet humanisme donnera naissance au protestantisme et, avec quelque retard, aux réformes catholiques (concile de Trente). Cet humanisme connaîtra une évolution qui le mènera, en passant par une phase moderne au , à l'humanisme scientifique du . À la Renaissance, l'humanisme a donc consisté en une mise en avant des richesses culturelles contenues dans les littératures anciennes. Cette entreprise a comporté plusieurs aspects :
- l'humanisme philologique fut un immense travail de restitution et de diffusion des textes anciens d'auteurs inconnus des copistes du Moyen Âge. Ce fut la tâche de Pétrarque, de Boccace, de Marsile Ficin, d'Érasme, de Budé, par exemple ;
- l'humanisme pédagogique s'opposa à l'enseignement scolastique en imposant l'étude des lettres latines et grecques dans leurs textes authentiques. François I fonda le Collège de France, à l'instigation de Guillaume Budé, dans le but de faire prévaloir cette pédagogie fondée sur l'étude des « humanités » antiques ;
- l'humanisme philosophique est fondé sur la connaissance de l'homme, l'accomplissement harmonieux de sa nature, sous le contrôle de sa Raison. Pour Rabelais, Érasme, Montaigne, la valeur des œuvres antiques tenait dans la philosophie morale qu'ils y trouvaient. Celle-ci leur apprenait que la mesure des désirs et des ambitions, le courage et la justice conduisaient à la vertu et au bonheur. Alors qu'il n'était pour d'autres que l'étude érudite de textes, l'humanisme fut pour eux une « conception sobre et équilibrée de la vie humaine » (Emile Bréhier). À la fin de Apologie de Raymond Sebond, Montaigne cite Sénèque : « Ô la vile chose et abjecte que l'homme, s'il ne s'élève au-dessus de l'humanité ! » et il commente : « Voilà un bon mot et un utile désir, mais pareillement absurde. Car de faire la poignée plus grande que le poing, la brassée plus grande que le bras, et d'espérer enjamber plus que l'étendue de nos jambes, cela est impossible et monstrueux. Ni que l'homme se monte au-dessus de soi et de l'humanité ». Ainsi, l'homme n'est pas Dieu et l'humanisme consiste à agir « humainement ».
-Voir aussi néoplatonisme

Œuvres humanistes de la Renaissance

- Romans: Gargantua, Pantagruel de François Rabelais ; L'Heptaméron de Marguerite de Navarre.
- Théâtre: L'Eugène, Cléopâtre captive d'Étienne Jodelle; Les Juives de Robert Garnier.
- Poésie: Défense et illustration de la langue française, Les Regrets de Joachim du Bellay; Les Amours de Cassandre de Pierre de Ronsard.
- Textes réflexifs et philosophiques: Les Essais de Michel de Montaigne.
- Peinture: La Joconde de Leonardo da Vinci. ===
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