Jean d'Angleterre

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Jean d'Angleterre (Histoire de l'Angleterre de Cassel, 1902) Jean d'Angleterre (27 décembre 1166Marie-Aline de Mascureau, Chronologie, primitivement publiée dans Aliénor d'Aquitaine. Revue 303, hors-série n° 81, p 218-223, Nantes 2004, in Edmond-René Labande, Pour une image véridique d’Aliénor d’Aquitaine, réédité avec une préface de Martin Aurell par la Société des antiquaires de l'Ouest-Geste éditions en 2005. ISBN 2-84561-
Jean d'Angleterre

Jean d'Angleterre (Histoire de l'Angleterre de Cassel, 1902) Jean d'Angleterre (27 décembre 1166Marie-Aline de Mascureau, Chronologie, primitivement publiée dans Aliénor d'Aquitaine. Revue 303, hors-série n° 81, p 218-223, Nantes 2004, in Edmond-René Labande, Pour une image véridique d’Aliénor d’Aquitaine, réédité avec une préface de Martin Aurell par la Société des antiquaires de l'Ouest-Geste éditions en 2005. ISBN 2-84561-224-9, p 131– 18 octobre 1216), fut duc de Normandie (1199-1204) et roi d'Angleterre de 1199 à 1216. Son sobriquet, Jean Sans Terre (en anglais, John Lackland) vient de ce que son père n'a pas de terres à lui donner jusqu'à la mort de ses frères aînés. Il est le seul roi d'Angleterre à être couronné sous le nom de Jean. Membre de la dynastie angevine des Plantagenêts, il était le cinquième et dernier fils du roi Henri II d'Angleterre et d'Aliénor d'Aquitaine.

Biographie

Jean naquit au palais de Beaumont, à Oxford, très certainement en 1166, et non en 1167, comme il a été affirméMarion Meade, Aliénor d'Aquitaine, p.283-285. Le roi Henri et la reine Aliénor n'étaient pas ensemble durant les neuf mois qui précèdent décembre 1167, mais bien en mars 1166. Par ailleurs, Jean vit le jour à Oxford vers Noël, mais Aliénor et Henri passaient Noël en Normandie, en 1167. Le chanoine de Laon, écrivant un siècle après, affirma que Jean fut nommé en référence à l'apôtre Jean, dont la fête est célébrée le (27 décembre). Ralph de Diceto considère également que John naquit en 1166 et que c'est la reine Aliénor qui choisit son prénom. Il était le demi-frère de Marie de France et d'Alix de France, filles nées lors du premier mariage de sa mère avec Louis VII de France, le frère de Guillaume, comte de Poitiers, d'Henri le Jeune, de Mathilde d'Angleterre, de Richard cœur de lion, de Geoffroy II, duc de Bretagne, d'Aliénor d'Angleterre et de Jeanne d'Angleterre, reine de Sicile.

Jeunesse

Alors que Jean était le fils préféré d'Henri, étant le plus jeune, il ne pouvait espérer une part importante de l'héritage. La vie de sa famille fut tumultueuse, ses frères aînés entrant en révolte contre leur père en 1173-1174. Henri fit emprisonner Aliénor en 1173, alors que Jean était un petit enfant. Sa mère confia une partie de son éducation à l’abbaye de FontevraudAurell, in Edmond-René Labande, Pour une image véridique d’Aliénor d’Aquitaine, paru dans le Bulletin de la Société des antiquaires de l'Ouest, 1952, p. 175-234 ; réédité avec une préface de Martin Aurell par la Société des antiquaires de l'Ouest-Geste éditions en 2005. ISBN 2-84561-224-9, p 10. En 1185, son père l'envoya gouverner la seigneurie d'Irlande, dont il fut contraint de partir après seulement huit mois. Son frère Richard, une fois monté sur le trône d'Angleterre en 1189, le créa comte de Cornouailles. Le 29 août 1189, il épousa Isabelle de Gloucester, comtesse de Gloucester et devint comte en son droit. Peu après son accession au trône, en 1199, il se débarrassa de son épouse en faisant annuler ce mariage par le pape Innocent III pour cause de consanguinité (ils étaient cousins au second degré, tous deux descendants d'Henri I d'Angleterre).

L'absence de Richard

Durant l'absence de Richard, lors de la Troisième croisade, entre 1190 et 1194, Jean tenta de renverser Guillaume Longchamp, évêque d'Ely, désigné régent par Richard. C'est l'un des événements qui amenèrent plus tard des écrivains à le présenter comme un traître dans leurs récits de la légende d'Hereward l'Exilé, devenu Robin des Bois, qui se situe à l'origine un siècle avant l'époque de Jean. Jean était plus populaire que Longchamp à Londres et, en octobre 1191, les principaux citoyens londoniens lui ouvrirent les portes de la ville, tandis que Longchamp était emprisonné dans la Tour. Jean promit à la cité de lui accorder le droit de se gouverner elle-même en contrepartie d'une reconnaissance comme héritier présomptif de RichardStephen Inwood, Une Histoire de Londres, Londres, Macmillan, 1998, p.58.. Lors de son retour de la Croisade, Richard fut capturé par Léopold V, duc d'Autriche et emprisonné par l'empereur Henri VI. Il a été dit que Jean avait envoyé une lettre à Henri pour lui demander de garder Richard loin d'Angleterre aussi longtemps que possible, mais les partisans de Richard payèrent une rançon pour sa libération car ils pensaient que Jean serait un mauvais roi. À son retour en Angleterre, en 1194, Richard pardonna à Jean et le désigna comme son héritier. Plusieurs historiens avancent que Jean n'avait pas tenté de renverser Richard, mais, au contraire, fait de son mieux pour améliorer la situation d'un pays ruiné par les taxes excessives levées par Richard pour financer la Croisade. Il est plus probable que cette image de trahison, attachée au personnage de Jean soit venue plus tard, par la plume des moines chroniqueurs, indignés par son refus de prendre part à la Quatrième croisade.

Le règne

Conflit avec le roi de France et Arthur de Bretagne

Portrait du roi Jean d'Angleterre dans Historia Anglorum (1250-1259), British Library, Royal Quand Richard mourut, il devint roi d'Angleterre le 6 avril 1199, mais tous n'étaient pas prêts à le reconnaître. Plusieurs regardaient son jeune neveu, Arthur Ier de Bretagne, fils de son frère Geoffroy, comme l'héritier légitime. Arthur se lança dans sa lice contre son oncle et revendiqua le trône, avec le soutien du roi Philippe-Auguste. Le conflit entre Arthur et le roi Jean eut des conséquences fatales. Par le traité du Goulet, en mai 1200, Philippe reconnut Jean contre Arthur, et les deux souverains s'accordèrent sur les termes concernant les conditions de la vassalité de Jean à propos de la Normandie et des territoires angevins. Cependant, la paix fut éphémère. Les maladresses de Jean à l'égard de quelques barons du Poitou amenèrent ces derniers à chercher réparation auprès du roi de France, suzerain de Jean pour ses possessions continentales. En 1202, Jean fut convoqué à la cour de France afin de répondre des charges portées contre lui. L'une d'elles était le fait qu'il ait enlevé la toute jeune Isabelle d'Angoulême, fille unique d'Aymar Taillefer, comte d'Angoulême, alors fiancée à Hugues X de Lusignan, pour l'épouser le 24 août 1200, à Bordeaux. Face à cette forfaiture, Hugues IX de Lusignan, le père du jeune Hugues X, fit alors appel au roi de France. Appelé à se justifier devant la cour de Philippe, Jean ne se présenta pas. Conformément à la loi féodale, le roi de France prononça la commise – confiscation – de ses biens continentaux (1202). Fallait-il encore pour lui s'emparer de ces territoires. Devant mener la guerre sur le continent, en 1203, Jean ordonna à tous les chantiers navals d'Angleterre (y compris à l'intérieur des terres, comme à Gloucester) de fournir au moins un bateau, plusieurs villes, comme la nouvelle base navale de Portsmouth, ayant la responsabilité de plusieurs chantiers. Il fit de Portsmouth le nouveau siège de la marine (les rois anglo-saxons, comme Édouard le Confesseur, avaient un port royal à Sandwich, dans le Kent). À la fin de 1204, 45 grandes galères étaient disponibles, avec une moyenne de quatre nouveaux navires par an. Il créa également une amirauté de quatre amiraux pour commander cette nouvelle marine. Durant le règne de Jean, des améliorations sensibles furent réalisées dans la conception des bateaux, notamment l'addition de voiles et les châteaux amovibles à l'avant. Il créa également les premiers grands navires de transport, appelés "buisses". Jean est parfois crédité de la fondation de la Royal Navy moderne. Les éléments dont nous disposons, concernant cette marine, viennent de rôles de l'époque, ce qui explique que ces réussites aient complètement été ignorées par les chroniqueurs et les premiers historiens. Dans le cadre de la guerre, Arthur tenta de s'emparer de sa grand-mère, Aliénor d'Aquitaine, à Mirebeau, mais il fut battu et capturé par les troupes de Jean. Arthur fut emprisonné d'abord à Falaise, puis à Rouen. Nul n'est certain de ce qu'il est advenu à Arthur, par la suite. D'après les Annales de Margam, le 3 avril 1203 : . Cependant, Hubert de Burgh, l'officier commandant la forteresse de Rouen, affirma avoir remis Arthur, autour de Pâques 1203, aux agents du roi, envoyés pour le castrer ; Arthur serait mort suite à l'opération. Par la suite, Hubert rétracta son témoignage et affirma qu'Arthur vivait toujours, mais personne ne revit jamais Arthur vivant, et la rumeur de son assassinat provoqua en Bretagne, puis en Normandie, une révolte contre Jean. Outre Arthur, John captura également sa nièce, Aliénor de Bretagne. Aliénor demeura prisonnière le reste de sa vie (qui s'acheva en 1241) ; par ce geste, Jean acquit une réputation d'homme impitoyable. Dans l'espoir d'éviter des troubles en Angleterre et au Pays de Galles, tandis qu'il combattrait au loin pour recouvrer ses possessions françaises, Jean constitua en 1205 une alliance en mariant sa fille illégitime, Jeanne, au prince des Gallois Llywelyn le Grand. En trois ans, le roi de France Philippe Auguste réussit à s'emparer d'une bonne moitié des possessions continentales du roi d'Angleterre, en particulier de la Normandie et de l'Anjou (1204-1205). L'"empire Plantagenêt" qu'avait créé son père se trouvait très sérieusement amputé. Arthur fut investi de l'ensemble des fiefs confisqués à Jean (hormis la Normandie) et fiancé à Marie, la fille de Philippe.

Relations avec Bordeaux

En 1203, Jean exempta les citoyens et les marchands de Bordeaux de la "Grande Coutume", qui était la principale taxe sur leurs exportations. En échange, les régions de Bordeaux, Bayonne et Dax s'engagèrent à le soutenir contre les rois capétiens. Cette mesure donnait aux seuls marchands gascons libre accès au marché du vin en Angleterre dans un premier temps. Les années suivantes, Jean octroya les mêmes privilèges à La Rochelle et au Poitou Hugh Johnson, Vendanges : l'Histoire du vin, Simon and Schuster, 1989, p.142.

Jean sans terre et la Papauté

Après la mort, le 13 juillet 1205, d'Hubert Walter, archevêque de Cantorbéry, les moines du chapitre de la cathédrale s'affirment seuls en droit d'élire son successeur. Toutefois, les évêques anglais et le roi avaient un intérêt dans le choix de cette fonction stratégique. Le roi souhaitait voir accéder à cette charge son ami John de Gray, évêque de Norwich. De leur côté, les moines, qui défendaient la candidature de Réginald, l'un des leurs, l'élirent secrètement. Une seconde élection, imposée par Jean, aboutit à une autre élection. Quand les deux candidats comparurent à Rome, le pape Innocent III désavoua l'un et l'autre et consacra un théologien anglais, Etienne Langton, malgré les objections des ambassadeurs de Jean. Innocent passait ainsi outre les droits du roi à choisir ses propres vassaux. Les barons anglais et de nombreux évêques soutinrent le roi et refusèrent d'accepter Langton. Jean expulsa les moines de la cathédrale de Cantorbéry en juillet 1207 et refusa l'entrée de Langton en Angleterre. En réponse, le Pape jeta l'interdit sur le royaume, le 23 mars 1208. Jean réagit aussitôt en confisquant les biens de l'Église, au nom de la rupture du serment féodal. Le Pape, cependant, était conscient des dangers que le retrait de l'Église faisait peser sur la foi du peuple et donna la permission à plusieurs églises d'accueillir leurs ouailles en 1209. En 1212, il autorisa les derniers sacrements aux mourants. Malgré son poids, l'interdit n'aboutit à aucune rébellion contre Jean. En novembre 1209, Jean fut lui-même excommunié et, en février 1213, Innocent menaça de prendre des mesures plus sévères si Jean ne se soumettait pas. En mai 1213, il fut obligé de se soumettre à une humiliante capitulation, en présence du légat pontifical (selon Matthieu Paris, à l'église des Templiers de Douvres) : Le favori du pape, Étienne Langton, fut admis comme archevêque, Jean devait payer des dédommagements au clergé et se reconnaître vassal du Pape, tout en acceptant de lui verser un tribut par an équivalent à environ un soixantième des taxes directes de tout le royaume (1000 marks annuels, 700 pour l'Angleterre et 300 pour l'Irlande)Christopher Harper-Bull, « Jean et l'Église de Rome », dans S. D. Church, Le roi Jean : Nouvelles interprétations, p. 307.. Grâce à cette soumission, formalisée dans la Bulla Aurea (bulle d'or), Jean put obtenir le soutien du Pape dans la querelle qui l'opposait aux barons anglais.

Querelle avec les barons

Le Roi Jean d'Angleterre signe la Magna Carta Ayant vaincu avec succès l'insurrection galloise de 1211 et résolu sa dispute avec la Papauté, Jean tourna son attention vers ses intérêts continentaux. Allié avec l'empereur germanique Otton IV contre le roi de France, il débarqua en 1214 avec une armée à La Rochelle. Mais il est battu par le fils de Philippe Auguste, Louis, à la Roche aux Moines (en fait il ne combattit pas mais préféra fuir devant l'adversaire), tandis qu'Otton perdait la bataille de Bouvines. Vaincu, Jean dut accepter une paix défavorable avec le roi de France. Cet échec et cette paix conduisirent à la révolte des barons (plusieurs s'étaient déjà rebellés contre lui après son excommunication). Il rencontra leurs chefs à Runnymede, près de Londres, le 15 juin 1215, où il signa la Grande Charte, appelée en latin Magna Carta, document limitant les pouvoirs royaux. Par cette charte, qui est l'une des bases de la démocratie britannique, la royauté en Angleterre n'est dorénavant plus absolue. Prétendant avoir signé sous la contrainte, Jean résolut, avec l'approbation du Pape, de reprendre sa parole. Mécontents, une partie des barons anglais offrirent la couronne à Louis, le fils de Philippe Auguste. Cependant, ce dernier, s'il réussit à débarquer sur l'île en 1216, ne parvint pas à conquérir le royaume qui lui était offert. Jean traversa le pays pour s'opposer aux forces rebelles, notamment lors du siège de deux mois contre le château de Rochester.

La mort

Retraitant devant les troupes du prince Louis, Jean emprunta une route dégagée vers le pays marécageux du Wash, pour éviter la région rebelle d'East Anglia. Plus lent, cependant, le train des bagages (comprenant les joyaux de la Couronne), prit une route directe à travers la région, où il fut emporté par une marée montante inattendue. Cette perte causa à Jean une grande tristesse, qui affecta sa santé et l'état de son esprit. Succombant à la dysenterie et se déplaçant de place en place, il séjourna une nuit au château de Sleaford, avant de mourir, dans la nuit du 18 au 19 octobre 1216, au château de Newark, dans le Nottinghamshire (à cette époque, dans le Lincolnshire, maintenant sur la frontière du Nottinghamshire avec ce comté). Très vite, de nombreux récits, tous fictifs, circulèrent après sa mort, affirmant qu'il aurait été victime d'un meurtre, tué par de la bière ou des prunes empoisonnées, ou d'un "excès de pêches". Il fut inhumé dans la cathédrale de Worcester, dans la ville de Worcester. Il est le premier roi de la dynastie Plantagenêt à être enterré en Angleterre. Il laissait un fils âge de neuf ans, qui lui succéda sous le nom d'Henri III d'Angleterre. Bien que Louis continuât à revendiquer le trône anglais, les barons prêtèrent allégeance au nouveau roi, forçant le prince français à renoncer à ses projets et à signer le traité de Lambeth en 1217.

Familles et descendance

Le 29 août 1189, Jean épousa Isabelle de Gloucester, fille et héritière de Willima Fitz Robert, 2 comte de Gloucester, avec laquelle il n'eut aucun enfant. Peu après son accession au trône, en 1199, il fit annuler ce mariage par le pape Innocent III pour cause de consanguinité. Isabelle épousa en secondes noces Geoffrey de Mandeville, puis Hubert de Burgh. Jean se remaria à Bordeaux, le 24 août 1200, avec Isabelle d'Angoulême, de vingt ans sa cadette, fille d'Aymer Taillefer, comte d'Angoulême. Jean l'avait enlevée, alors qu'elle était fiancée à Hugues X de Lusignan. Ils eurent ensemble cinq enfants :
- Henri (1207 – 1272) qui lui succède,
- Richard de Cornouailles (1209 – 1272), qui en 1231 épouse Isabelle de Pembroke († 1240). En 1243, il se remarie avec Sancie de Provence (1228 – 1261) fille de Raymond-Bérenger V comte de Provence. En 1269, il épouse Béatrice de Falkenstein (1253? – 1277), et en a une fille légitime,
- Jeanne d'Angleterre (1210-1238), qui épouse en 1221 Alexandre II d'Écosse (1214-1249),
- Isabelle d'Angleterre (1214 – 1241), qui épouse en 1235 Frédéric II, empereur allemand (1194 – 1250),
- Aliénor d'Angleterre (1215 – 1275), qui épouse en 1224 Guillaume de Pembroke (1190 – 1231), puis en 1239 se remarie avec Simon V de Montfort (1208 – 1265), comte de Leicester. Les chroniqueurs de son temps accordent à Jean un goût très sensuel, ajoutant divers embellissements à leur récit. Matthieu Paris l'accuse d'avoir été envieux de nombre de ses barons et d'avoir séduit leurs filles et sœurs les plus attirantes. Roger de Wendover décrit un incident qui eut lieu quand Jean tomba amoureux de Margaret, l'épouse d'Eustace de Vesci et fille illégitime du roi Guillaume Ier d'Écosse. Eustace aurait placé une prostituée à la place de sa femme au moment où, profitant de l'obscurité de la nuit, le roi aurait rejoint le lit de Margaret ; le lendemain matin, quand Jean serait venu se vanter devant Vesci des dons de son épouse au lit, Vesci aurait confessé la tromperie et se serait enfui. Jean eut plusieurs enfants illégitimes :
-Jeanne, princesse de Galles, épouse du prince Llywelyn Fawr de Galles
-Richard Fitz Roy, (avec Adela, fille de son oncle Hamelin de Warenne)
-Oliver FitzRoy, (avec une maîtresse prénommée Hawise) qui accompagna en 1218 le légat du pape Pélage à Damiette, d'où il ne revint jamais. D'une ou plusieurs maîtresse(s) inconnue(s), Jean eut également plusieurs autres enfants :
-Geoffrey FitzRoy, qui prit part à l'expédition du Poitou en 1205, où il trouva la mort.
-John FitzRoy, devenu clerc en 1201.
-Henry FitzRoy, mort en 1245.
-Osbert Gifford, qui reçut des terres dans l'Oxfordshire, à Norfolk, dans Suffolk, et dans le Sussex, et vécut au moins jusqu'en 1216.
-Eudes FitzRoy, qui accompagna son demi-frère Richard, comte de Cornouailles en Croisade et mourut en Terre sainte en 1241.
-Bartholomew FitzRoy, membre de l'Ordre des frères prêcheurs.
-Maud FitzRoy, abbesse de Barking, morte en 1252.
-Isabel FitzRoy, épouse de Richard Fitz Ives.
-Philip FitzRoy, encore en vie en 1263. Le surnom franco-normand "FitzRoy" signifie "fils du roi.

Réputation et vue d'ensemble

Jean signant la Magna Carta. Fresque originale par Ernest Normand (1900). Reproduction de 1910. Le règne du roi Jean est traditionnellement regardé comme le plus désastreux de l'histoire anglaise : il commence avec la perte de la Normandie devant Philippe-Auguste durant ses cinq premières années de règne et s'achève avec l'Angleterre sombrant dans la guerre civile, lui même étant tout prêt d'être contraint d'abandonner le pouvoir. En 1213, il fait de l'Angleterre un fief papal pour résoudre le conflit qui l'oppose à l'Église ; et ses barons, en rébellion, le forcent à signer la Magna Carta en 1215, l'acte pour lequel il demeure le plus dans les mémoires. Plusieurs historiens ont affirmé, cependant, que le gouvernement de Jean ne fut ni meilleur ni pire que celui des rois Richard I ou Henri III, ajoutant qu'il passa (au contraire de Richard) la majorité de son règne en Angleterre. Toutefois, sa réputation demeure si entachée qu'aucun monarque anglais n'a plus prénommé Jean son héritier présomptif. Dans l'administration de son royaume, Jean était un gouvernant compétent, mais il gagna la désapprobation des barons anglais en les taxant au-delà des règles féodales traditionnelles de la suzeraineté. La taxe connue sous le nom de "scutage", que l'on payait en échange des combattants que l'on ne pouvait fournir (comme l'exigeait la loi féodale) devint particulièrement impopulaire. Jean était un roi impartial et bien informé. Beaucoup de plaignants en appelèrent à la justice royaleGeorges Minois, « La légende noire de Jean sans Terre », dans L'Histoire, n°164, p. 24-31. En outre, L'emploi par Jean d'un chancelier extrêmement capable et de clercs sûrs aboutit à la première série correcte d'archives - les Pipe Rolls''. L'historien médiéviste C. Warren Hollister considère Jean comme une "figure énigmatique" : Winston Churchill a résumé le legs du règne de Jean : .

Jean d'Angleterre dans la littérature

Jean d'Angleterre est représenté dans de nombreux récits. On le retrouve dans la pièce de William Shakespeare, Le Roi Jean, dans le roman de sir Walter Scott, Ivanhoé, ou encore dans le cycle intitulé Le Fleuve de l'éternité de Philip José Farmer, où il est l'archétype du despote cruel et calculateur. Le prince Jean sans terre apparait aussi dans certaines versions de la légende de Robin des Bois. ==
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