Bataille de Crécy

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La bataille de Crécy est une victoire écrasante de l’armée anglaise sur la chevalerie française en 1346, au début de la guerre de Cent Ans.
Bataille de Crécy

La bataille de Crécy est une victoire écrasante de l’armée anglaise sur la chevalerie française en 1346, au début de la guerre de Cent Ans.

Le contexte

La Bataille de Crécy se déroule dans le conflit du Moyen-âge que l'on nomme Guerre de Cent Ans. Ce conflit, est né des suites de la déshérence du trône de France (à partir de février 1328) : les deux plus grandes monarchies d'Europe vont se disputer le trône de France durant un conflit à forts rebondissements et multiples trêves. Le 7 octobre 1337, à l'Abbaye de Westminster, le roi d'Angleterre Édouard III lance publiquement un défi à son cousin, le roi de France. Il conteste la légitimité de Philippe VI de Valois et revendique la couronne de France pour lui-même. C'est le début de la guerre de Cent Ans. La première campagne d'Edouard III en 1339 passe relativement inaperçue. En 1340, après avoir tenu sa cour à Gand et pris le titre de "roi d'Angleterre et de France", Édouard III, engage la seconde campagne sur terre et sur mer qui se solde par la défaite française lors de la bataille navale de l'Ecluse. En 1346, Édouard III entreprend une troisième campagne ayant pour but de prendre Paris. C'est au sein de cette campagne qu'a lieu la bataille de Crécy.

La campagne

En 1346, Édouard III entreprend une campagne ayant pour but de prendre Paris. Édouard III prépare un nouveau débarquement, qu'il ne sait encore où fixer. Son adversaire, le roi de France, lui épargne de trop longues hésitations en condamnant à l'exil un grand seigneur normand, Geoffroy d'Harcourt, sire de Saint-Sauveur-le-Vicomte, lequel court se réfugier à la cour d'Angleterre, offrant ainsi à Edouard III le prétexte idéal d'un libre accès en Cotentin. Le 7 juillet, le roi d'Angleterre réunit un millier de navires dans la rade de Portsmouth et met la voile. Le 12 juillet, il débarque avec 20 000 hommes à Saint-Vaast-la-Hougue et s'empare de la Normandie. Surpris et terrorisés par l’horreur organisée par les Anglais, les Normands ouvrent leurs villes dont les défenses n’auraient pu résister à un assaut. Après avoir saccagé et pillé le Cotentin, les troupes d’Edouard III assiègent et prennent Caen, pourtant bien défendue. La flotte qui les a suivies repart d’Ouistreham vers l’Angleterre chargée d’un considérable butin.

Vers l'affrontement

Edouard III fait alors mouvement vers le nord pour rejoindre ses alliés flamands. Pour cela il doit d'abord franchir les obstacles naturels que constituent la Seine et la Somme. Il doit franchir la Seine et tente de passer par Rouen qui lui refuse le passage. Il se retire sans livrer bataille et s’installe à Poissy, le temps d’établir un pont sur la Seine qu’il franchit le 15 août. Il faut maintenant faire très vite, Philippe VI de Valois rassemble des troupes de plus en plus nombreuses à Saint Denis et s’apprête à livrer bataille. Comme en Normandie, Edouard III sème la terreur sur son passage et esquive, quand c’est possible, le combat frontal. Rien ne semble pouvoir l’arrêter. Mais il lui faut encore franchir la Somme. Edouard III, qui a vécu à Abbeville dont il est le suzerain, connaît bien la Somme et le peu de sympathie des communes picardes qui commandent le passage du fleuve, à l’égard des Anglais. Il s’installe donc à Airaines afin de repérer et de tester les passages possibles. À la différence des villes normandes, les villes de la Somme sont puissamment fortifiées et bien défendues. Elles paraissent imprenables. La situation devient critique. Le roi de France, à la tête d’une considérable armée, a rejoint Amiens et risque de le prendre en souricière entre le fleuve et la mer. Il reste deux solutions : prendre Saint-Valery-sur-Somme pour rejoindre l’Angleterre par voie de mer ou trouver un passage non fortifié. Devant l’échec de la prise de Saint-Valery-sur-Somme, il faut absolument trouver le gué dont Edouard III avait connaissance sans pouvoir vraiment le situer. Or les Picards sont peu bavards. Il finit par trouver un paysan qui, ne comprenant pas bien l’intérêt de l’information, lui indique, moyennant finance, le passage de Blanquetaque, non loin de Noyelles-sur-Mer. L’armée anglaise fait immédiatement mouvement à l’aube du 24 août et franchit le fleuve en bousculant facilement les quelques milliers d’hommes venus du nord pour protéger le passage. Philippe VI de Valois, qui le poursuit, arrive au moment où le dernier anglais franchit le gué. La marée montante le cloue sur place. Edouard III reprend la main : il pourra désormais livrer la bataille sur son terrain.

La préparation de la bataille

Edouard III désire remonter vers la Canche, il franchit la Somme à Blanquetaque. Il y est accueilli par Catherine d’Artois, fille de Robert III d’Artois son ancien et fidèle compagnon. Puis il se dirige vers Rue, qu’il brûle et pille. Mais il doit bifurquer vers l’est, freiné par la difficulté de traverser les bas-champs de l'Authie inondés à marée haute, et comprenant l’impossibilité de rejoindre facilement Montreuil dans cette région particulièrement pourvue en étangs et marais : zones impraticables à la soldatesque. A l’est, il trouve la forêt de Crécy qu’il contourne, probablement par le sud, sa frange nord étant marécageuse. Il doit ainsi se rapprocher de l’armée française dont il sait qu’elle est à Abbeville avant de repartir vers le nord. Il sait aussi qu’il ne pourra pas conduire ses troupes à marche forcée. Il ne peut donc plus éviter le combat et va devoir livrer bataille. Autant choisir l’avantage du terrain ! Le 25 au soir, il s’installe sur les hauteurs de Crécy et envoie ses barons en reconnaissance. Le 26 au matin, il décide de l’endroit où il attendra les troupes françaises. De son côté, Philippe VI de Valois sort d’Abbeville à la tête d’une impressionnante armée composée, selon Froissart, qui a toujours tendance à exagérer, de 20 000 armures à cheval et de plus de 100 000 hommes. Parmi ceux-ci, 6 000 mercenaires génois ou castillans conduits par Carlo Grimaldi et Otto Doria qui ont la réputation d’être à la fois les plus habiles archers et les meilleurs marins d’Europe. En outre Philippe VI de Valois a également appelé à la rescousse la fine fleur de la chevalerie non seulement française mais également européenne. On trouve dans les rangs français entre autres, Jean I de Luxembourg roi de Bohême, Charles IV fraîchement élu roi des romains, Louis I duc de Savoie, Charles II de Valois duc d'Alençon et frère du roi. Puis Philippe VI et sa considérable armée rejoignent Crécy par l’est.

Les forces en présence

La bataille

350px Le 26 août, l'armée française débouche de la route d’Abbeville en désordre et le roi Philippe VI ne parvient pas à faire appliquer son ordre de reporter le combat au lendemain. La suite de la "stratégie" française ressemble de près à une mauvaise plaisanterie. Les premiers escadrons reçoivent l'ordre de Philippe VI et s'arrêtent à temps. Et c'est alors que la bataille vire au burlesque. Les escadrons suivants voient les autres soldats stoppés, et, s'enthousiasmant, ils se mettent à crier et à accélérer la cadence pour arriver les premiers devant les Anglais. Personne n'entend les ordres répétés du roi de France, et les soldats à l'arrêt sont entraînés par les autres dans une sorte de folie générale. Philippe VI lui-même, gagné par la contagion de démence, pointe son épée en l'air et hurle : "Je vois mon ennemi, et par mon âme, je veux l'affronter !". Philippe VI envoie alors les arbalétriers génois entamer le combat mais leurs armes ont souffert de la pluie : les cordes en cheveux sont humides et perdent de leur puissance, donc les arbalétriers perdent de leur précision (alors qu'une corde en chanvre gagne en dureté lorsqu'elle est mouillée). Les Génois sont épuisés par leur marche avec cette arme lourde alors que les archers gallois n'avaient qu'à détendre leurs arcs. De plus, ils ne tirent qu’à une cadence de 4 coups par minute, et enfin, la précipitation de la bataille les envoie démunis de leurs pavois, qui sont leur seule protection, restés dans les bagages en arrière. Trois bombardes anglaises emportées pour un éventuel siège, se mettent à tonner, provoquant plutôt la terreur que des dégâts. Les Génois mal protégés doivent se replier. Croyant à une trahison, les chevaliers français, dans leur enthousiasme dément, chargent leurs propres mercenaires. Ils poursuivent sur les lignes anglaises dont les tirs les déciment et s'empalent sur les pièges placés la veille par les Anglais. La suite pour les Français n'est qu'une succession de charges inutiles et meurtrières, sans cohérence ni commandement. Jusque tard dans la nuit, les Français effectuent sans succès une quinzaine de charges, brisées par les archers gallois. Ceux-ci, au nombre de , avec leur arc long anglais tirant chacun de 6 à 12 flèches à la minute (soit à flèches), noient sous une grêle de flèches les Français, dont les chevaux ne sont pas encore protégés, ou mal. Le roi de France doit abandonner le champ de bataille avec une petite escorte pour demander asile au château de Labroye quelques lieues plus au nord. Les actes de vain héroïsme se succèdent, dont celui de Jean I de Luxembourg, aveugle, qui charge entouré de ses gens sur son cheval lié par la bride à ceux de sa maison. Cette bataille marque la fin de la guerre dite "courtoise". Édouard III a désormais les mains libres pour remonter vers Calais, et assiéger la ville.

Liste des tués à la bataille de Crécy

- Jean Ide Luxembourg, roi de Bohême
- Charles II de Valois, duc d'Alençon
- Louis de Châtillon, comte de Blois
- Raoul (dit le Vaillant), duc de Lorraine
- Louis 1, comte de Nevers et de Flandre
- Louis II, comte de Sancerre.

Voir aussi

- Édouard III
- Philippe VI
- Charles de Valois
- Loi salique
- Guerre de Cent Ans
- Bataille de l'Écluse
- Siège de Calais

Bibliographie

- Jean Froissart - Chroniques, §§237-287 est la source essentielle sur la bataille de Crécy.
- Françoise VEILLARD, Jean Froissart : Chroniques - Le manuscrit d'Amiens Bibliothèque de l'École des Chartes ==
Sujets connexes
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