La Femme de trente ans

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La Femme de trente ans est roman français d’Honoré de Balzac en six parties, écrites entre 1829 et 1842. L’ouvrage est classé dans les Scènes de la vie privée de la La Comédie humaine. L’historique de sa (ses) publication(s) est difficile à retracer dans la mesure où Balzac n’a cessé de retoucher ce texte, le découpant en fragments publiés de manière éparse, y rajoutant des chapitres, avant de réunir l’ensemble sous son titre défin
La Femme de trente ans

La Femme de trente ans est roman français d’Honoré de Balzac en six parties, écrites entre 1829 et 1842. L’ouvrage est classé dans les Scènes de la vie privée de la La Comédie humaine. L’historique de sa (ses) publication(s) est difficile à retracer dans la mesure où Balzac n’a cessé de retoucher ce texte, le découpant en fragments publiés de manière éparse, y rajoutant des chapitres, avant de réunir l’ensemble sous son titre définitif en 1842, dans l’édition Furne.

Histoire du texte

En 1830, Balzac publie sans signature Une vue de Touraine dans la Silhouette qui sera l’essentiel de la première partie du roman, complétée en 1831 dans la Revue des Deux Mondes et parue sous le titre Le Rendez-vousLa Femme de trente ans, Histoire du texte, La Pléiade. t. , p. 1039.Folio classique, Gallimard, p. 336-41.. Cette même année, la Caricature publie sous pseudonyme La Dernière Revue de Napoléon qui formera le début de cette première partie. La Revue de Paris publie en 1831, sous le titre les Deux rencontres, le texte qui sera la cinquième partie du roman, puis le Doigt de Dieu, qui formera la première moitié de la quatrième partie. La troisième partie du roman, publiée en 1832 dans la Revue de Paris, est intitulée À trente ans. Cette même année, les quatre parties, auxquelles l’auteur a ajouté l’ExpiationTranformé ensuite en : la Vieillesse d’une mère coupable., sont réunies dans les Scènes de la vie privée chez Mame-Delaunay sans qu’un titre global les réunisse. C’est en 1834 que Madame Charles-Béchet publiera l’ensemble remanié, avec les noms des protagonistes modifiés, et deux ajouts importants : la Vallée du torrent et Souffrances inconnues sous le titre Même Histoire. D’autres transformations auront lieu pour la publication du texte chez Werdet en 1837, puis chez Charpentier en 1839. La Femme de trente ans ne prendra son titre définitif, avec les parties reliées entre elles, que dans l’édition Furne de 1842.

Thème

D’une manière étonnante, Balzac ose parler de la jouissance sexuelle des femmes, et des conséquences du manque d’orgasme. Le phrasé enrobe-t-il si bien le thème que le sujet ne fit aucun scandale à l’époque ? Ou bien Balzac lui-même était-il un personnage assez scandaleux pour qu’on ne s’étonne de rien venant de lui ? Il faut comparer le peu d’agitation qui entoura ce texte, assez dérangeant pour l’époque, (adultère, anorgasmie), avec l’invraisemblable procès que l’on fit à Flaubert pour la bien moins scandaleuse Madame Bovary. Les notices de résumé de ce roman passent d’ailleurs souvent discrètement sur ce phénomène. Ainsi trouve-ton dans la notice d’Isabelle Miller cette jolie phrase elliptique : Quand Julie de Chastillon épouse, en 1813, le fringant colonel Victor d’Aiglemont, elle ne se doute pas que ce serait, à peine un an plus tard, pour se plaindre des souffrances du mariage. Dans la chambre de Julie. On parle beaucoup de la structure du texte, de la qualité inventive de l’auteur (...) avec la Femme de trente ans qui est un des plus mal bâtis, un des plus mal venus, un des mal écrits, comme on dit, de ses romans, Balzac a réussi une performance (...) nommer une réalité.(...). On a dit que Balzac avait la femme de trente ans (comme Parmentier a inventé la pomme de terre)Pierre Barbéris, Introduction à La Femme de trente ans, Folio Classique, p. 14.. Mais il faut piocher dans le Dictionnaire des œuvresLaffont-Bompiani. tome , p. 67., pour trouver une référence à la question de l’amour physique chez la femme:(...) Julie de Chastillon est éprise d’un bel officier, Victor d’Aiglemont. Le père de la jeune fille, connait toute la délicatesse d’âme de sa fille et la vulgarité profonde de Victor; aussi cherche-t-il vainement à s’opposer à cet amour. Quelques mois plus tard, les jeunes gens sont mariés: l’incompatibilité de leurs caractères ajoutée à l’aversion physique qu’elle éprouve maintenant pour son mari tourmente cruellement Julie. Ou encore dans les notes de Samuel S. de Sacy qui traduit clairement les sous entendusNote 34, p. 84 de l’édition Folio classique de Samuel S. de Sacy.. Quand la tante de Victor, Madame de Listomère, sonde adroitement les sentiments de la jeune Madame d’Aiglemont : En réalité, c’est plutôt la trop fidèle et trop vertueuse Julie qui va subir les inconvénients du mariage. Adorée par un jeune Lord anglais qu’elle trouve séduisant, elle ne lui cède pas et provoque involontairement sa mort. Rongée de remords, elle finit par se résigner jusqu’à ce que Charles de Vandenesse réussisse à la tirer de son abattement. De cet amant, elle aura un enfant, un garçon adorable que sa sœur jalouse et qui meurt dans des circonstances mélodramatiques, (sans doute poussé dans la rivière par Hélène, fille de Julie et de Victor d’Aiglement que sa mère n’aime pas. Julie d’Aigement va payer très cher son adultère. Sa fille Hélène sait que sa mère est une femme adultère. Et à la suite de circonstances pour le moins rocambolesques et qui relèvent du feuilleton, Hélène s’enfuit avec un brigand poursuivi par la police et qui deviendra pirate des mers. Hélène meurt aussi. Et le roman se termine sur la vieillesse expiatoire d’une mère coupable. Si ce roman n’est pas, en effet, un des meilleurs de Balzac, il a le mérite d’enrober dans un mélodrame des questions très personnelles aux femmes. C’est, malgré le style un peu ampoulé, un roman très moderne.

Notes et références

Bibliographie

À la Bièvre.
- Richard Bolster, « Balzac in Debt again: The Sexual Theme in La Femme de trente ans », French Studies Bulletin, Winter 1992-1993, n° 45, p. 19-20.
- Richard Bolster, « Did Balzac Really Discover the Woman of Thirty? », French Studies Bulletin, 1993 Summer, n° 47, p. 19.
- Eric Bordas, « De l’héroïne à la lectrice: L’Inscription du narrataire dans La Femme de trente ans », Champs du Signe, 1994, n° 4, p. 85-94.
- Frédérique Bué-Proudom, « La Femme de trente ans et Le Lys dans la vallée ou l’écriture de l’indicible », Champs du Signe, 1994, n° 4, p. 61-69.
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- Kirsten Lund Hansen, « A Baudelaire : A Balzac : A Paris », (Pre)Publications, Nov 1991, n° 17 (130), p. 3-12.
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- Martine Leonard, « Construction de ‘l’effet-personnage’ dans La Femme de trente ans », Le Roman de Balzac : recherches critiques, méthodes, lectures, Montréal, Didier, 1980, p. 41-50.
- Jacques Martineau, « Les Soupirs de la sainte et les cris de la fée : les Voix du désir dans La Femme de trente ans et Le Lys dans la vallée », Op. Cit., Nov 1993, n° 2: 107-19.
- Éva Martonyi, « Balzac ‘frénétique’ ? », Cahiers du Centre d’Études des Tendances Marginales dans le Romantisme Francais, 1994, n° 4, p. 3-13.
- J. H. Mazaheri, « Myth and Guilt Consciousness in Balzac’s La Femme de trente ans », Lewiston, Mellen, 1999.
- Paul Pelckmans, « Névrose ou sociose ? Une Lecture de La Femme de trente ans de Balzac », Revue Romane, 1977, n° 12, p. 96-122.
- Paule Petitier, « Balzac et la ‘signifiance’ », L’Année balzacienne, 1995, n° 16, p. 99-115.
- Christine Planté, « Même histoire, autre histoire ? Mères et filles dans La Femme de trente ans et Le Lys dans la vallée », Genèses du roman : Balzac et Sand, Amsterdam, Rodopi, 2004, p. 155-68.
- Humbelina Loyden Sosa, « Balzac o la monogamia de aplicación universal », La seducción de la escritura: Los discursos de la cultura hoy. Mexico, , 1997, p. 182-8.
- Raymond L. Sullivant, « L’Édition Werdet de La Femme de trente ans », L’Année balzacienne, Paris, Garnier Frères, 1965, p. 131-42.
- Raymond L. Sullivant, « La Femme de trente ans : quelques emprunts de Balzac à la littérature et à la vie anglaises », L’Année balzacienne, Paris, Garnier Frères, 1967, p. 107-14.
- Alain Vaillant, « Balzac : la Poétique de l’outrance », L’Année balzacienne, 1995, n° 16, p. 117-31.

Voir aussi

- Catégorie:Roman français Catégorie:Roman paru en 1842 Catégorie:Roman de la Comédie humaine
Sujets connexes
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