Maurice Barrès

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Maurice Barrès, né le 19 août 1862 à Charmes (Vosges) et mort le 4 décembre 1923 à Neuilly-sur-Seine, est un écrivain et homme politique français, figure de proue du nationalisme français. La famille de Maurice Barrès est, en partie, originaire d'Auvergne (sud-ouest de Saint-Flour). A la fin du XVIème siècle, une des branches de la famille s'installa plus haut nord, à Blesle dont Jean-Françis Barrès (arrière grand-père de Maurice Barrès) fut maire et conseil
Maurice Barrès

Maurice Barrès, né le 19 août 1862 à Charmes (Vosges) et mort le 4 décembre 1923 à Neuilly-sur-Seine, est un écrivain et homme politique français, figure de proue du nationalisme français. La famille de Maurice Barrès est, en partie, originaire d'Auvergne (sud-ouest de Saint-Flour). A la fin du XVIème siècle, une des branches de la famille s'installa plus haut nord, à Blesle dont Jean-Françis Barrès (arrière grand-père de Maurice Barrès) fut maire et conseiller général. L'un de ses fils, Jean-Baptiste Auguste, après s'être engagé dans les vélites de la Garde Impériale, prit sa retraite en 1835, à Charmes-sur-Moselle, dans le département des Vosges, où il s'était marié. De ce mariage avec une lorraine, il eut un fils, Auguste (père de Maurice) qui lui-même épousa Mle Luxer, dont le père fut maire de Charme en 1870.

Biographie

Maurice Barrès a étudié au lycée de Nancy. Il suit ensuite des études à la Faculté de droit de Nancy (son certificat d'inscription est d'ailleurs affiché dans la salle des professeurs de la Faculté).

L'auteur

C'est Paul Bourget qui le premier, en 1888, dans un article au journal "les Débats", attira l'attention sur l'auteur, encore inconnu, de "Sous l'oeil des Barbares". Sacré « Prince de la Jeunesse », exaltant, dans les trois volumes du Culte du moi (1888-1891), l'individualisme, la recherche des expériences et la satisfaction des sens, Maurice Barrès est à l'origine surtout apprécié à gauche, et plus particulièrement par Léon Blum. Avec la publication de L'Appel au soldat (1897) et des Déracinés (1897), qui demeurent avec Le Culte du moi ses œuvres majeures, il évolua, peu à peu, vers le nationalisme français républicain et le traditionalisme avec l'attachement aux racines, à la famille, à l'armée et à la terre natale. Maurice Barrès est aussi le grand écrivain de la Revanche contre l'Allemagne victorieuse en 1871 avec Colette Baudoche, Au service de l'Allemagne. Maurice Barrès retrace son évolution personnelle dans le texte Le 2 Novembre en Lorraine. Il y évoque « la terre et les morts », « les grands cimetières où souffle l'esprit », en finit avec l'individualisme forcené de sa jeunesse, développe l'idée que notre « Moi » n'est que « l'éphémère produit de la société », et en vient à la conclusion que « notre raison nous oblige à placer nos pas sur les pas de nos prédécesseurs ». L'évolution de sa pensée n'est pas sans rapport avec la mort de son père et surtout de sa mère. Il fut élu en 1906 à l'Académie française. On sait qu'il aima, de façon platonique, la poétesse Anna de Noailles, et que cet amour lui inspira Un Jardin sur l'Oronte. Barrès voyagea beaucoup, notamment en Grèce d'avril à mai 1900, un périple qu'il retrace dans son récit de voyage Voyage à Sparte (paru en 1906). Il remonta le Nil en décembre 1907-janvier 1908. De ce voyage, on ne connaît que quelques notes dans ses Cahiers. Barrès retourne en Orient en mai-juin 1914 : Alexandrie, Beyrouth, Damas, Alep, Antioche, etc. Son récit de voyage Une Enquête aux pays du Levant n'a paru qu'en novembre 1923.

L'engagement politique

Parallèlement à sa carrière d'écrivain, Barrès eut une activité politique importante. Élu député boulangiste de Nancy à 27 ans, il se voulait aussi socialiste et siégea à l'extrême-gauche. Il fonda l'éphémère revue nationaliste La Cocarde ; il adhéra ensuite à la Ligue des patriotes de Paul Déroulède, et fut antidreyfusard. Alors que le jeune Léon Blum était venu lui rendre visite en espérant le rallier au combat pour la réhabilitation de Dreyfus, il refusa et écrivit un certain nombre d'articles antisémites, affirmant notamment : « Que Dreyfus ait trahi, je le conclus de sa race. » Proche de Charles Maurras, son cadet mais qui exerca sur lui une réelle fascination , Barrès refusa pourtant d'adhérer aux idées monarchistes tout en marquant, jusqu'à sa mort, sa sympathie pour l'aventure intellectuelle de l'Action française. La plupart des penseurs de la nouvelle école royaliste (Jacques Bainville, Henri Vaugeois, Léon Daudet, Henri Massis, Jacques Maritain, Georges Bernanos, Thierry Maulnier...) reconnurent d'ailleurs leur dette vis-à-vis de Barrès, qui fut l'inspirateur de plusieurs générations d'écrivains (parmi lesquels Montherlant, Malraux, Mauriac, Aragon). Il est élu député de la Seine en 1906 et le reste jusqu'à son décès (Il siège alors au sein de l'Entente républicaine démocratique). En 1908, un vif duel oratoire l'opposa encore à Jean Jaurès au Parlement, Barrès refusant la panthéonisation d'Émile Zola défendue par Jaurès. Ami et adversaire politique de Jaurès et des pacifistes à la veille de la Grande Guerre, Barrès vint un des premiers s'incliner avec respect, le 1914, devant le corps de Jaurès, assassiné la veille par le nationaliste Raoul Villain. Pendant la Grande Guerre, Barrès fut un acteur important de la propagande de guerre et du « bourrage de crâne ». Il exalta les combats en cours et gagna auprès des pacifistes le surnom de « rossignol des carnages ». Le pacifisme était certes devenu une opinion très minoritaire, et la lutte contre l'Allemagne impériale pangermaniste, « la guerre du droit », avait emporté l'adhésion même d'une majorité des socialistes et des anarchistes. Ses carnets montrent cependant qu'il n'était pas dupe de l'optimisme de commande qu'il affichait dans ses propres articles : ils révèlent des poussées de pessimisme et un fréquent désabusement, parfois à la limite du défaitisme. Revenant en partie de ses erreurs, Maurice Barrès rendit aussi pendant la Grande Guerre un vibrant hommage aux juifs français dans « Les familles spirituelles de la France » où il les place au côté des traditionalistes, des protestants et des socialistes comme un des quatre éléments du génie national (s'opposant ainsi à Maurras qui en fait les « quatre États confédérés » de l'Anti-France). Il immortalisa la figure du rabbin Bloch, frappé à mort au moment où il tendait un crucifix à un soldat mourant. Avec un certain nombre de chefs nationalistes et militaires tel Ferdinand Foch, il plaida pour une nouvelle frontière plus sûre sur la rive gauche du Rhin. Le 24 juin 1920, la Chambre des députés adopta son projet visant à instituer une fête nationale de Jeanne d'Arc.

La postérité

Maurice Barrès encouragea les débuts littéraires de François Mauriac et de Louis Aragon, et eut de bonnes relations avec le jeune Léon Blum. Pendant la seconde guerre mondiale, son fils, l'écrivain Philippe Barrès, mit sa plume au service de Charles de Gaulle et de la France libre. L'importance de Maurice Barrès pour toute une génération a été rappelée par l'historien Michel Winock dans son livre Le Siècle des Intellectuels (Seuil, 1995) : la première partie de l'ouvrage a pour titre « Les années Barrès », que suivent « Les années Gide » et « Les années Sartre ». L'hommage que lui rendît le jeune Léon Blum, dans "La revue blanche" est resté célébre : "Je sais bien que Monsieur Zola est un grand écrivain; j'aime son oeuvre qui est puissante et belle. Mais on peut le supprimer de son temps par un effort de pensée; et son temps sera le même. Si Monsieur Barrès n'eût pas vécu, s'il n'eût pas écrit, son temps serait autre et nous serions autres. Je ne vois pas en France d'homme vivant qui ait exercé, par la littérature, une action égale ou comparable." Maurice Barrès et l'occultiste Stanislas de Guaita furent amis dès l'année 1878, au Lycée de Nancy; leurs chemins se différencieront en 1882, lors de leur arrivée à Paris. Non croyant, Maurice Barrès était attiré par l'Asie, le soufisme et le chiisme. Il revint toutefois, dans ses dernières années, à la foi catholique et engagea dans l'Écho de Paris une campagne pour la restauration des églises de France, fortement dégradées depuis les lois de séparation de 1905. Sion-Vaudémont, en Lorraine

Le procès fictif de Maurice Barrès

Au printemps 1921, les dadaïstes organisent le procès de Maurice Barrès, inculpé pour « attentat à la sûreté de l'esprit ». Cette manifestation, à l'issue de laquelle Barrès est condamné à vingt ans de travaux forcés, est également la date de dislocation du mouvement dadaïste, les fondateurs du mouvement (Tristan Tzara en tête) refusant toute forme de justice, même organisée par Dada.

Principaux ouvrages

Romans

- Le Culte du moi (trilogie romanesque autobiographique)
- Sous l'œil des barbares. – Paris : Lemerre, 1888
- Un homme libre. – Paris : Perrin, 1889
- Le Jardin de Bérénice. – Paris : Perrin, 1891
- L'Ennemi des Lois. – Paris : Perrin, 1893
- Le Roman de l'énergie nationale (trilogie romanesque)
- Les Déracinés. – Paris : Fasquelle, 1897
- L'Appel au soldat. – Paris : Fasquelle, 1897
- Leurs figures. – Paris : Juven, 1902
- Les Bastions de l'Est (trilogie romanesque)
- Au service de l'Allemagne. – Paris : A. Fayard, 1905
- Colette Baudoche. – Paris : Juven, 1909
- Le Génie du Rhin. – Paris : Plon, 1921
- La Colline inspirée. – Paris : Émile Paul, 1913
- Un jardin sur l'Oronte. – Paris : Plon, 1922
- (1888).

Théâtre

- Une journée parlementaire, comédie de mœurs en 3 actes. – Paris : Charpentier et Fasquelle, 1894

Impressions de voyages

- Du sang, de la volupté, de la mort : Un amateur d'âmes. Voyage en Espagne, Voyage en Italie, etc.. – Paris : Charpentier et Fasquelle, 1894
- Amori et Dolori sacrum. La mort de Venise. – Paris : Juven, 1903
- Le Voyage de Sparte. – Paris : Juven, 1906
- Le Gréco ou le Secret de Tolède. – Paris : Émile-Paul, 1911
- Une enquête aux pays du Levant. – Paris : Plon, 1923.

Écrits politiques

- Étude pour la protection des ouvriers français. – Paris : Grande impr. parisienne, 1893
- Scènes et Doctrines du nationalisme – Paris : Juven, 1902
- Les Amitiés françaises. – Paris : Juven, 1903
- La Grande Pitié des églises de France. – Paris : Émile-Paul, 1914
- Une visite à l'armée anglaise. – Paris : Berger-Levrault, 1915
- Les Diverses Familles spirituelles de la France. – Paris : Émile-Paul, 1917
- L'Ame française et la Guerre (chroniques). – Paris : Émile-Paul, 1915-1920
- Faut-il autoriser les congrégations? Les Frères des écoles chrétiennes. – Paris : Plon-Nourrit, 1923
- Souvenirs d'un officier de la Grande armée, par ; publiés par Maurice Barrès, son petit-fils. – Paris : Plon-Nourrit, 1923
- La République ou le Roi, Correspondance Barrès-Maurras, Plon 1965.

Anthologie

- Quelques cadences. – Paris : Sansot, 1904

Citations

« Qu’est-ce que j’aime dans le passé ? Sa tristesse, son silence et surtout sa fixité. Ce qui bouge me gêne. » (cité par André Gide, Journal I). " Tout avoir pour tout mépriser "

Documentation

- Albert Thibaudet: La vie de Maurice Barrès. – Paris : Nouvelle Revue Française, 1924
- François Mauriac : La rencontre avec Barrès. – Paris, 1945 (Neuauflage: La Table ronde, 1993; ISBN 2710306093)
- Jean-Marie Domenach: Barrès par lui-même. – Paris : Éditions du Seuil,
- Zeev Sternhell: Maurice Barrès et le nationalisme français. – Bruxelles : Editions Complexe, 1985
- Emmanuel Godo: Ego scriptor : Maurice Barrès et l'écriture de soi. – Paris : Editions Kimé, 1998; ISBN 2841740994
- Sarah Vajda: Maurice Barrès. – Paris : Flammarion, 2000; ISBN 2080677705

Annexes

Voir aussi

- Action française
- Affaire Dreyfus
- Alsace-Lorraine
- Boulangisme
- Décadentisme
- Paul Déroulède
- Extrême droite
- Guerre franco-prussienne
- Martinisme
- Nationalisme français
- Papus
- Patriotisme
- Première Guerre mondiale
- Ernest Renan
- Revanche
- Stanislas de Guaita

Article connnexe

-Jeanne d'Arc : naissance d'un mythe (pour le rôle de Maurice Barrès en 1920 dans le projet de loi créant une fête nationale en l'honneur de Jeanne d'Arc).

Lien externe

Notes et Références

Catégorie:Écrivain français du XIXe siècle Catégorie:Écrivain français du XXe siècle Catégorie:Personnalité lorraine Catégorie:Ancien député de la Seine (troisième République) Catégorie:Ancien député de Meurthe-et-Moselle Catégorie:Affaire Dreyfus Catégorie:Voyageur Catégorie:Martinisme Catégorie:Boulangiste Catégorie:Nationaliste français Catégorie:Antisémitisme Catégorie:Naissance en 1862 Catégorie:Décès en 1923 Catégorie:Membre de l'Académie française de:Maurice Barrès en:Maurice Barrès es:Maurice Barrès gl:Maurice Barrès it:Maurice Barrès lb:Maurice Barrès nl:Maurice Barrès sv:Maurice Barrès
Sujets connexes
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