Grand Schisme d'Occident

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Carte historique du grand schisme d’Occident. On appelle grand schisme d’Occident (ou parfois simplement grand schisme) la crise pontificale qui touche le catholicisme au tournant des et (1378 - 1418). Cette crise survient en Europe en pleine guerre de cent ans, à la faveur des transformations d'un système féodal qui ne répond plus aux besoins d'une société en pleine mutation. Inscrite dans une crise profonde du sentiment et de la pensée religieuse,
Grand Schisme d'Occident

Carte historique du grand schisme d’Occident. On appelle grand schisme d’Occident (ou parfois simplement grand schisme) la crise pontificale qui touche le catholicisme au tournant des et (1378 - 1418). Cette crise survient en Europe en pleine guerre de cent ans, à la faveur des transformations d'un système féodal qui ne répond plus aux besoins d'une société en pleine mutation. Inscrite dans une crise profonde du sentiment et de la pensée religieuse, elle est marquée par deux successions pontificales simultanées - l'une à Rome (légitime) et l'autre à Avignon (antipape) - qui divisent la chrétienté catholique en deux obédiences. L'Église dont une partie du rôle social et culturel a été pris en charge par la bourgeoisie depuis le sort moralement et spirituellement affaiblie de cette crise : le gallicanisme se développe, les particularismes nationaux s'exacerbent, le sentiment religieux se modifie, de nouvelles hérésies émergentPour une synthèse sur le Grand Schisme, voir Jean Chélini, Histoire religieuse de l'Occident, chapitre VI, "Le temps des schismes", Hachette, 1991. .

Les sources du conflit

Mutation sociétale

Le mouvement de la paix de Dieu assoit par des décisions conciliaires le rôle de chacun des trois ordres dans la société médiévale Depuis le et le mouvement de la Paix de Dieu, l'Église a divisé la société en trois ordresChristian Lauranzon-Rosaz, Paix de Dieu et Stéphane Pouyllau, La Paix et la Trêve de Dieu, . Laissant le pouvoir temporel et militaire à la noblesse, elle devient le garant moral de l'équilibre social. Concentrant, toutes les connaissances depuis la fin de l'antiquité et étant le principal promoteur de l'enseignement et des progrès scientifiques et techniques (principalement au sein des abbayes), Le clergé se positionne comme l'élément central et indispensable de la société médiévale. Les clercs, sachant lire et compter, gèrent les institutions ; les religieux font fonctionner les œuvres caritativesMarie-Thérèse Lorcin, Des Restos du cœur avant la lettre pages 48 à 51 et les écolesColette Beaune, Petite école, grand ascenseur social pages 42 à 47 ; par le biais des fêtes religieuses le nombre des jours chômés atteint 140 par anJean-Michel Mehl, Près de cent quarante jours chômés par an pages 58 à 64. Maîtrisant les échanges culturels et bénéficiant des meilleures connaissances techniques, les abbayes se taillent vite la part du lion dans le tissu économique encore majoritairement agricole. L'apogée de la puissance économique, culturelle, politique et même militaire (du fait des ordres militaires qui permettent de pouvoir compter sur des forces armées permanentes sans avoir à les solder) de l'Église est atteinte pendant les croisades. Mais à partir de la fin du , l'équilibre entre les trois ordres se rompt. D'une part la bourgeoisie atteint une puissance économique qui la rend petit à petit indispensable politiquement (princes et ecclésiastiques lui empruntent des fonds)Jacques Le Goff, Marchands et banquiers du Moyen-Âge, Que sais-je ?, PUF 2006, p.60-62. D'autre part, pour les besoins du commerce, puis pour sa propre ascension sociale elle a pris en charge une partie de la culture, créant des écoles laïquesJacques Le Goff, Marchands et banquiers du Moyen-Âge, Que sais-je PUF 2006, p.97-98 et finançant un mécénat culturelJacques Le Goff, Marchands et banquiers du Moyen-Âge, Que sais-je PUF 2006, p.104-108. De la même manière elle finance nombres d'œuvres socialesMarie-Thérèse Lorcin, Des Restos du cœur avant la lettre pages 48 à 51. La plupart des innovations techniques sont alors le fait de laïcs, ingénieurs, architectes (tels Villard de Honnecourt)Jean Gimpel, La révolution industrielle du Moyen Âge, Éditions seuil 1975 p. 113-140, artisans (tels Jacoppo et Giovanni di Dondi concepteurs de l'horloge à échappementJean Gimpel, La révolution industrielle du Moyen Age, Éditions seuil 1975 p. 149-157)... La place de choix accordée à l'Église dans la société pour son rôle culturel et social, se justifie de moins en moins. Les travaux de Pierre de Maricourt sur le magnétisme permettent la mise au point de compas : Epistola de magnete (1269) Alors que le clergé était à la pointe du progrès scientifique et philosophique avec des universitaires comme Roger Bacon, Robert Grossetête, Pierre de Maricourt, Pierre Abélard ou Thomas d'Aquin, certains de ses membres craignent alors d'être dépassés par des évolutions qui risquent de remettre en cause la place du clergé et un virage est pris le 7 mars 1277 : L’évêque de Paris Étienne Tempier condamne les averroïstes (Siger de Brabant) et certaines thèses de Thomas d'AquinJean Gimpel, La révolution industrielle du Moyen Âge, Éditions Seuil, 1975, p. 188-190. L'Église devient alors conservatrice et se fait protectrice de positions mystiques, laissant la bourgeoisie prendre un rôle croissant dans le progrès scientifique et philosophique. Confrontée à sa perte d'influence spirituelle, elle tente d'accaparer le pouvoir temporel, ce à quoi Philippe le Bel réagit très violemment, s'appuyant en particulier sur les universitaires et la bourgeoisie auxquels il donne une place politique via la création des États généraux. Les s sont marqués par la lutte entre deux conceptions de la société qui transparaît en filigrane dans la guerre de cent ans où l'ordre féodal est menacé par la demande de reconnaissance politique des villes (Étienne Marcel, ordonnance cabochienne…).

Les Papes d'Avignon

Arnolfo di Cambio, Statue de Boniface VIII, Museo dell'Opera del Duomo (Florence) Philippe le Bel Philippe le Bel a besoin de finances pour entretenir une armée et une marine capable de maîtriser les velléités d'autonomie des riches villes flamandes et lève en 1295 un impôt occasionnel sur le clergé, la « décime ». Le pape Boniface VIII publie une bulle, Clericis laicos, où il précise à l'ensemble des souverains que le clergé ne peut être soumis à aucun impôt sans l'accord du Saint-Siège. Les évêques eux-mêmes sont tenus de suivre les recommandations du Saint-Siège sous peine d'excommunication! Dans le même temps, Philippe Le Bel interdit toute exportation de valeurs hors du royaume de France, ce qui a pour effet de priver le pape d'une grosse partie de ses ressources. Les rapports avec Rome se tendent et en 1300, par la bulle Unam Sanctam, Boniface VIII déclare la supériorité du pouvoir spirituel sur le pouvoir temporel, et par ce biais la supériorité du pape sur les rois, ces derniers étant responsables devant le chef de l'Église John Wyclif's Political Philosophy, . C'en est trop pour Philippe le Bel, qui réunit un concile des évêques de France pour condamner le pape, réunit également des assemblées de nobles et de bourgeois à Paris : le roi cherche l'appui de tous ses sujets, afin de légitimer la lutte qu'il mène contre le papeLaurent Theis, Histoire du Moyen Âge français, Perrin 1992, p. 240-241. Ce dernier menace d'excommunier Philippe IV et de jeter l'interdit sur le royaume de France.Tombe de Boniface VIII, grotte vaticane Le roi, fort du soutien de la population et des ecclésiastiques, envoie son Garde des Sceaux le chevalier Guillaume de Nogaret avec une petite escorte armée vers l'Italie, dans le but d'arrêter le pape et de le faire juger par un concile. Nogaret est bientôt rejoint par un ennemi personnel de Boniface VIII, Sciarra Colonna, membre de la noblesse romaine, qui lui indique que le pape s'est réfugié à Anagni. Le 8 septembre 1303 le pape Boniface VIII est giflé par Guillaume de Nogaret. Sous le coup de l'émotion, il meurt quelques semaines après. Il est le dernier pape à avoir rêvé d'une suprématie du Saint-Siège sur les dynasties d'Occident. Son successeur Benoît XI est élu le 22 octobre 1303 dans une atmosphère détestable. Il annule la plupart des mesures de nature à vexer le puissant roi de France avant de mourir lui-même le 7 juillet 1304. Pendant onze mois ont lieu de pénibles tractations entre le parti français, conduit par la famille romaine des Colonna, et le parti du défunt Boniface VIII, conduit par les Caetani. On décide finalement de choisir le pape à l'extérieur du Sacré Collège des cardinaux et l'unanimité ou presque se fait sur le nom de Bertrand de Got, prélat diplomate et juriste éminent, resté neutre dans la querelle entre le roi Philippe le Bel et le pape Boniface VIII. Le 5 juin 1305, les cardinaux réunis en conclave à Pérouse portent à la tête de l'Église Bertrand de Got qui choisit le nom de Clément V. C'est le premier pape français depuis Sylvestre II. Il monte sur le trône de Saint Pierre à l'âge de quarante ans alors que l'Église traverse une grave crise politique. Le nouveau pape renonce à se rendre à Rome par crainte des intrigues locales et des risques liés au conflit des guelfes et des gibelins
Le Moyen Âge en Occident, Michel Balard, Jean-Philippe Genet et Michel Rouche, Hachette 2003, page 285: Il choisit en définitive de se faire couronner à Lyon, en terre d'Empire, le 1 novembre. Façade du Palais des Papes à Avignon Clément V fait son possible pour se concilier les bonnes grâces du puissant Philippe le Bel mais repousse sa demande d'ouvrir le procès posthume de Boniface VIII qui aurait pu justifier l'attentat d'Anagni. En 1307, il a un entretien avec le roi capétien où il est question en particulier du sort des Templiers. Philippe le Bel veut abattre cet influent et riche ordre de moines-chevaliers. C'est chose faite le vendredi 13 octobre 1307 sans que le pape ait pu s'y opposer. Comme il n'est toujours pas en mesure de s'établir à Rome et veut suivre de près le procès des Templiers, Clément V décide en 1309 de s'établir «provisoirement» dans un couvent de dominicains à Avignon, sur des terres d'Empire qui lui sont cédées par le roi de Sicile, par ailleurs comte de Provence. Même «provisoire», cet établissement aux frontières du royaume de France traduit l'abaissement de la papauté depuis l'époque où Innocent III, un siècle plus tôt, prétendait soumettre les rois à son autorité.

À la veille du schisme : le contentieux franco-italien et la guerre des Visconti contre l'Église

Cinq papes d'Avignon successifs et 80% des cardinaux qui nomment légats et gouverneurs des provinces ecclésiastiques d’Italie, sont français et généralement proches du roi de France. Ceci se fait au détriment des Italiens habitués à recevoir les bénéfices liés à ces charges. Cette mésentente est encore compliquée par les soubresauts du conflit opposant les Guelfes - derrière le roi de Naples angevin - au le parti gibelin - dont les représentants de la puissante famille des Visconti sont le les dirigeants tout désignés. De 1360 à 1375, en haute Italie, une succession de conflits oppose la ligue du pape aux ViscontiIl s'agit en réalité d'un contentieux déjà ancien, le pape étant en conflit depuis 1317 avec les Visconti. Voir Bruno Galland , « Le rôle du comte de Savoie dans la ligue de Grégoire XI contre les Visconti (1372-1375) », Mélanges de l'École française de Rome. Moyen-Age, 1993, vol. 105, n° 105-2, .. Or, dans les années 1370, Grégoire XI exprime le souhait - souhait déjà exprimé par son prédécesseur - de ramener le siège pontifical à Rome. Pour cela, le souverain pontife doit s'assurer la tranquillité des Visconti avant de regagner la Curie romaine. En 1371, les seigneurs de Milan Bernabò et Galeazzo Visconti, en guerre contre le marquisat d'Este, menacent les possessions de l'Église. Une coalition attachée aux intérêts pontificaux se forme sous la conduite de Nicolas de Beaufort et de Raymond de Turenne et où s'illustra John Hawkwood, à la tête de l'armée papale contre les villes libres de Toscane. La coalition des armées du pape, comprenant les princes de Montferrat, Este et Carrare, le royaume de Naples, la Maison de Savoie, les républiques de Gênes et de Florence s'oppose à Milan Guillio Maffii, article « Hawkwood, Sir John », in Christopher Kleinhenz (sous la direction de), Medieval Italy, An Encyclopedia, Routledge, 2004.. Défaits dès 1373, les deux princes de la famille de Visconti sont déclarés parjures et déchus de leur rang de chevalier par le pape bien qu'une trêve soit signée en juin 1375 à BologneAnne-Marie Hayez, article « Grégoire XI », in Philippe Levillain, (sous la direction de), Dictionnaire historique de la papauté, 1994. . Les Florentins voient ainsi s'échapper des charges ecclésiastiques qui sont traditionnellement leurs (et de plus fort lucratives). Inquiets des succès de la papauté et son influence croissante dans ses États , les Florentins se rallient à Bernabò Visconti en juillet 1375Anne-Marie Hayez, article cité.. La grande famine qui touche Florence en 1374 met le feu aux poudres. En effet, la ville se voit refuser par l'abbé de Marmoutier, vicaire général, toute importation de grain. Florence prend la tête du parti des mécontents en Toscane et se révolte au nom de la libertas des villes italiennes et contre la « nouvelle captivité à Babylone ». Bernabò et les Florentins tentent de faire éclater des insurrections dans le territoire pontifical, spécialement chez ceux (et ils sont nombreux) qui sont exaspérés par l’attitude et la rapacité des légats du Pape en Italie. Ainsi, en 1376, la plupart des cités d'Italie sont en révolte contre les légats pontificaux. Ils réussissent si bien qu’en peu de temps le Pape est dépossédé de la totalité de son patrimoine. Grégoire XI Fortement irrité par les démarches séditieuses des Florentins, Grégoire XI place la République sous interdit, excommuniant tous ses habitants, y compris femmes et enfants. De plus, pour faire bonne mesure, il les proscrit, eux et leurs possessionsRichard C. Trexler, The Spiritual Power - Republican Florence Under Interdict, Brill, 1974, p. 170 - 172. La perte financière des Florentins est inestimable. Ils demandent à Catherine de Sienne d’intervenir pour eux auprès de Grégoire XI, mais, dans le même temps, sabotent tous ses efforts en reprenant les hostilités contre le pape. Au milieu de ces graves troubles Grégoire XI, exauçant les prières pressantes de CatherineLes lettres et la visite de la sainte en Avignon en 1376 ont sûrement pour beaucoup renforcés le souverain pontife dans son choix ; voir Anne-Marie Hayez, article cité., décide de replacer le siège pontifical à Rome et de rejoindre la curie. Si sa décision est prise dès février 1374, le voyage est ajourné en raison du conflit milanais Anne-Marie Hayez, article cité.. En dépit des protestations du roi de France et de la majorité des cardinaux, il quitte Avignon le 13 septembre 1376 et embarque à Marseille le 2 octobre pour l’Italie. Il parvient à Corneto, via Gênes, le 6 décembre. Il y reste jusqu’à ce que les arrangements nécessaires aient été pris à Rome au sujet de son gouvernement et de sa future installation. Le 13 janvier 1377, il quitte Corneto, débarque à Ostie le jour suivant et remonte le Tibre vers le monastère San Paolo, d’où il effectue son entrée solennelle dans Rome le 17 janvier 1377. Mais son retour vers Rome n’a pas mis un terme aux hostilités. Le terrible massacre de Césène, commandité par le cardinal Robert de Genève (qui deviendra l’antipape Clément VII), révolte encore plus les Italiens contre la papautéPhilippe Contamine, La guerre au Moyen Age, Presses Universitaires de France, 1992, p. 288. . Les émeutes romaines quasi-continues conduisent Grégoire XI à se retirer sur Anagni vers la fin du mois de mai 1377. S’étant peu à peu remis de ses émotions, il revient à Rome. Gravement malade, se sentant menacé dans son palais même, il finit cependant par prendre Rome en aversion et seule la mort l’empêche de retourner à Avignon. Il meurt en effet à Rome le 27 mars 1378, alors que des négociations en vue d’un processus de paix débutaient à Sarzana , laissant l'Église dans une situation périlleuseVoir sur la fin du pontificat de Grégoire XI et le détail de la succession l'article de , Mélanges de l'École française de Rome. Moyen-Age, Temps modernes, 1977, Volume 89, n°1. .

Le schisme

L’événement fondateur de la grande crise papale est le bris du conclave suite à l’accession au titre de pape d’Urbain VI (1378–1389), successeur à Rome de Grégoire XI. À sa mort, Grégoire laisse au camériste une bulle avec - chose rare - des recommandations sur sa succession. Le souverain pontife pressentait les troubles qui devaient subvenir. La crise et le schisme qui s'en suivit est une événement particulièrement bien documenté du fait du grand nombre de pièces que suscita la polémique. Dans cette querelle le rôle du droit fut réaffirmé. Le schisme offrait le tableau d'une Europe divisée, d'une Église déchirée et d'une papauté affaiblie et exacerbait les manifestations de la conscience troublée de la chrétienté occidentale.

La crise de 1378

Urbain VI Clément VII Soixante-dix ans après le départ du souverain pontife pour Avignon, Rome accueille une partie des cardinaux du Sacré Collège dans une ambiance fiévreuseSeize cardinaux étaient présents dont Pierre de Luna, Guy de Malesset. Trois factions semblent s'être dessinée :
- les Limousins, derrière Jean de Cros et Guy de Malesset
- la faction française, composée entre autre de Pierre de Luna, Hugues de Montalais et Pierre Flandrin
- les Italiens, Jacques Orsini, Pierre Corsini et François Tibaldeschi ; .. La foule romaine, secondée par les habitants du contado, soucieuse de garder un pape « romain ou au moins italien , .», déclenche une émeute le 8 avril, jour de l'élection. Du fait, celle-ci n'est ni tout à fait libre, ni tout à fait valide. L'archevêque de Bari, Barthélémy Prignano reçoit la tiare et prend le nom d'Urbain VI le 18 avril 1377 Hélène Milliet, « Grand Schisme d’Occident (1378-1417) », in Philippe Levillain, op. cit. , pp. 729-735. . Si l'élection s'est faite en grande partie sous la pression du peuple romain en arme, les cardinaux ont opté, dans la précipitation, pour un homme peu puissant et connu pour sa modération passée. Cependant, à peine élu, Urbain VI, se brouille avec une partie des cardinaux restés en Avignon et scandalise par sa volonté réformatrice parfois brutale. Il cherche à imposer au Collège une vie conforme à l'idéal évangélique, demandant aux cardinaux de renoncer à leurs pensions et d'investir dans la restauration de l'Église. Au-delà, c'est bien deux conceptions de l'Église, du fonctionnement de ses institutions et de l'aspect bénéficial, de sa fiscalité et du rôle de ses princes - l'une avignonnaise, l'autre romaine - qui s'opposentRobert-Henri Bautier, « Aspects politiques du Grand Schisme », in Genèse et début du Grand Schisme d'Occident, 1362-1394, Colloques internationaux du CNRS, Paris, 1980, pp. 458 - 459.. Les cardinaux, en majorité français, habitués aux fastes et aux intrigues de couloirs grâce auxquelles ils ont pu accéder à leurs charges si rémunératrices, voient d'un très mauvais œil ce pape moralisateur et intransigeantFrançoise Autrand, Charles V, p. 831, Fayard, 1994.. Profitant de sa brouille avec la reine de Naples, les cardinaux en dissidence se réunissent à Naples et rappelant la non-canonicité de l'élection, le somment d'abdiquer le 2 aoûtFrançoise Autrand, Charles V, Fayard 1994, p. 829 ; . Le 18 septembre, à Rome, Urbain VI nomme 29 nouveaux cardinaux dont vingt Italiens. Les cardinaux français disposent d'un puissant réseau d'influence, très introduit à la cours de Charles V (le Saint Siège est l'épicentre diplomatique de l'occident)Françoise Autrand, Charles V, Fayard 1994, p. 830-831. Ils obtiennent le soutien de la Reine de Naples, opposée aux Visconti, puis font jouer leurs réseaux d'influence et convainquent les conseillers de Charles V puis le roi lui même de la non validité de l'élection d'Urbain VIFrançoise Autrand, Charles V, p. 831, Fayard, 1994 ; l'arrivée à Paris de Jean de Guignicourt, émissaires du “parti” français initia un premier changement d'attitude du roi en août 1378, date à laquelle il semble soutenir financièrement et diplomatiquement les cardinaux, in La France et le grand schisme d'Occident, op. cit., . Le 20 septembre 1378, lors d'un conclave à Fondi dans la région de Rome, le Sacré Collège élit l'un des siens, le cardinal Robert de Genève, qui prend le titre de Clément (1378–1394). Le schisme est consommé.

Première phase du schisme : 1378 - 1394

L'Occident chrétien se divise alors : une moitié de l'Europe reste fidèle à Rome (l'Italie du nord, l'Angleterre, les Flandres, l'Empire et la Hongrie) tandis que l'autre moitié (France , Royaume de Naples, l'Écosse, Duchés de Lorraine, Duché d'Autriche et Duché du Luxembourg) en tient pour le pape d'Avignon. Le territoire de la Suisse actuelle est particulièrement touché de par sa situation entre les blocs et son morcellement politique. Dans la plupart des diocèses suisses, il y a alors deux évêques d'obédience opposéesKathrin Utz Tremp , Grand Schisme d'Occident, . Les royaumes espagnols restent neutres dans un premier temps mais réclament un concile.

Croisades en Flandres

La situation financière de l'Église déjà mauvaise sous les papes d'Avignon s'aggrave: il y a deux saints sièges, avec deux administrations pontificales. Le contrôle de Brugge est un enjeu économique majeur pour les deux papes car le produit de la fiscalité pontificale en Europe du Nord y transiteJean Favier, La guerre de cent ans, Fayard 1980, p 396. Depuis 1379 les Flandres avec Gand en tête sont révoltées contre Louis de Male. Philippe de Artevelde a pris la tête de l’insurrection. Il se rapproche des Anglais, car les importations de laine anglaises sont cruciales pour l’industrie drapière flamande. De ce fait il passe sous l’obédience d’Urbain VI. Une croisade Française soutenue par Clément VII le vainc à Rosenbeke en 1382, dès lors Urbain VI réagit et fait prêcher la croisade en Angleterre par Henri Despenser évêque de Norwich. Celle-ci est acceptée par le Parlement Anglais le 23 Février 1393Jean Favier, La guerre de cent ans, Fayard 1980, p.395. Les Anglais saccagent Gand et s’attirent l’inimitié des Flamands. Louis de Male rappelle les Français à son secours et une trêve est vite obtenue. A sa mort en 1395, Philippe le Hardi prend possession du comté il sait être conciliant permettant à chacun de choisir son obédience: toute la Flandre lui fait allégeance ce qui règle le conflitJean Favier, La guerre de cent ans, Fayard 1980, p.400.

Luttes d'influences pour le contrôle de l'Italie

Jean Galéas Visconti(illustration du XIX siècle) Jean-Galéas Visconti, seigneur de Milan et Florentins continuent leur lutte pour le contrôle de l'Italie. Viscontis et napolitains, jouent la carte française. Il Valentine Visconti (1368 † 1408), fille de Jean-Galéas Visconti et d'Isabelle de France épouse en 1389 Louis d'Orléans, le frère de Charles VI. Louis d'Anjou est lui adopté par la reine Jeanne Ide Naples en 1380, il lie sa cause à celle du pape d’Avignon Clément VII et se lance dans les préparatifs d’une action conjointe en Italie dès la mort de la reine en 1381.

1408 Le Concile de Pise

L'Église considérant que son souverain suprême est le pape, elle se trouve dans l'impossibilité de résoudre sa bicéphalie : elle ne peut pas démettre l'un des deux pontifes Lynn H. Nelson, The Great Schism . Beaucoup de cardinaux des deux bords décident de tenter la voie du concillarisme pour mettre fin au schisme et se réunissent concile de Pise, en 1409. Ils y décident de déposer les deux pape et d'en élire un nouveau : Alexandre (1409–1410). Mais les cardinaux sont excommuniés par les 2 papes rivaux et la situation empire : il y a alors 2 antipapes !.

Le dénouement de la crise

Evêques débattant avec le Pape au Concile de ConstanceC’est l’œcuménique concile de Constance, présidé par le cardinal Jean Allarmet de Brogny qui résoud enfin en 1415 le problème de cette bicéphalie (et, à un moment, tricéphalie) de l’Église. l'Église a recours au conciliarisme pour mettre fin à la crise: « Ce synode, légitimement assemblé au nom du Saint-Esprit, formant un concile général représentant l’Église catholique militante, tient immédiatement de Jésus-Christ son pouvoir, auquel toute personne de tout état, de toute dignité, même papale, est tenue d’obéir, en ce qui regarde l’extinction et l’extirpation du dit schisme (
Obedire tenetur in his quae pertinent ad finem et extirpationem dicti schismatis) » Concile de Constance, 4 session, 30 mars 1414. L'assemblée des évêques se positionne au dessus du Pape et prévoit ses prochaines convocations. Jean , antipape à Pise, est déposé et le pape Romain Grégoire poussé à abdiquer (uniquement pour faire « table rase » de l’ensemble de la crise, ce que Grégoire accepta par esprit de paix). Martin V, élu le 11 novembre 1417 par un conclave composé de cardinaux et de représentants de l’Allemagne, de l’Angleterre, de l’Espagne, de la France et de l’Italie, et avec l’appui du concile de Constance, s’installe à Rome en 1418, mettant ainsi fin au Grand Schisme. Martin aura eu la bonne idée d’annoncer au préalable qu’il ne remettrait pas en cause les nominations de cardinaux effectuées par les deux autres antipapes (qui dès lors étaient reconnus comme papes légitimes dans leurs obédiences respectives jusqu’à la date des prises de fonction de Martin ), ce qui aura probablement facilité le consensus à son sujet.

Les derniers soubresauts

Mais l’antipape d’Avignon Benoît , retiré à Peñíscola, au Royaume d’Aragon (dernier État à le reconnaître), refuse de s’incliner quoique quasiment dépourvu de tout appui. Il meurt antipape en 1423. Trois de ses quatre derniers cardinaux élisent tout de même, à Peñíscola, l’antipape Clément , qui finit par renoncer quand le roi d’Aragon Alphonse V lui-même se rallie au pape de Rome Martin Patricia Briel, . Le quatrième cardinal jugeant l’élection de Clément en Aragon irrégulière forme un conclave à lui seul et proclame Benoît « pape » de l’Église d’Avignon à Rodez, menant à un nouveau schisme minoritaire (et non reconnu) de l’ancienne Église d’Avignon (néanmoins non assimilé au Grand Schisme, que l’élection régulière de Martin par les cardinaux des trois anciennes obédiences avait résolu), avant de reprendre lui-même le titre sous le même nom (titre qualifié d’antipape imaginaire dans les anciens textes, puisqu’aucune élection ni aucun conclave n’eut lieu). Aucun des clergés des Églises de Rome, Pise, Avignon et Aragon ne confère d’ailleurs au successeur de Clément (qui lui s’était rallié à Rome) le titre de pape ou même celui d’antipape, car sa nomination ne relève d’aucun cardinal reconnu. Ce schisme minoritaire perd vite tous ses appuis et ses derniers soutiens dans le clergé sont totalement réprimés en 1467 ou se soumettent au pape de Rome.

Conséquences

La division de l'Église suite au grand schisme d'Occident ouvre un espace à la critique. Des théories nouvelles telles que celles de John Wyclif peuvent se divulguer, alors que les ecclésiastiques se déchirent entres partisans du pape ou de l’antipape se discréditant mutuellement. Le terrain est préparé pour la réforme dont Wyclif est l’un des précurseurs
Le Moyen Âge en Occident, Michel Balard, Jean-Philippe Genet et Michel Rouche, Hachette 2003, page 294..

Nouvelle ecclésiologie et remises en cause

John Wyclif donnant sa version de sa bible aux lollards Les deux pape s'excommuniant réciproquement comme schismatique, le doute s'installe quant à la validité des sacrements prodigués par les deux obédiences . Au-delà du discrédit jeté sur les deux Églises, le Pape et l'Antipape voulant s'assurer le soutien des ecclésiastiques, des universitaires et des princes envoient de nombreux ambassadeurs dans toute l'Europe, prêts à faire des concessions et notamment en matière de nominations ecclésiastiques. L'autorité du Saint Siège s'en trouve inévitablement affaiblie. Les courants de pensée réformateurs ou hétérodoxes sont donc peu combattus durant cette période. En particulier, les thèses de John Wyclif (1320-1384) qui cherchent à régler les désordres existants dans l'Église, se propagent en Angleterre. Elles prônent un retour à l'intégralité de la Bible ainsi qu'à l'augustinisme. Il remet en cause l'autorité et la juridiction pontificale et préconise la désignation du pape par voie conciliairePierre Chaunu (sous la direction de), L'aventure de la Réforme : le monde de Jean Calvin, édictions Complexe, 1991, p. 89 - 90.. Il dénie aux prêtres en état de péché mortel la possibilité de remettre les fautes. Wyclif laisse clairement entendre que l'Église d'Angleterre est pécheresse et coupable de corruptionLilian Crété ,
John Wyclif'' , Historia Thématique, « Les protestants. Une communauté en pleine expansion. Leur histoire, leurs valeurs, leur influence », n°109, septembre-octobre 2007, p.22 ; Pierre Chaunu, op. cit., p. 89 - 90.. Ses ouvrages reflètent ces préoccupations : le De civili domino e De domino divino (1375) refuse aux prêtres et à la communauté ecclésiale tout pouvoir temporel, le De officio regis soutient le pouvoir régalien qui l'a chargé de réaffirmer ses droits dans la tradition anglo-normande, le De veritate Scripturæ Sanctæ sanctionne ses précédentes thèses par l'appui des Écritures (1378). Cette même année, cependant, une réconciliation se tient entre Grégoire XI et le roi. Mais le théologien poursuit son entreprise avec le De potestate papæ (1379), soutenu par l'influent duc de Lancastre - Jean de Gand Stephen E. Lahey, Philosophy and politics in the thought of John Wyclif, Cambridge University Press, 2003, p. 1 - 2. alors régent du royaume. Il gagne ainsi les faveurs d'une partie de la noblesse - Jean de Gand mais aussi les ducs de Northumbrie - . Ses thèses religieuses trouvent une plus large audience : en 1378, de théologien Wyclif se fait pasteur. La population londonienne et, pendant un certain temps, les ordres mendiants s'intéressent à ses idées nouvelles Jacques Paul, Histoire intellectuelle de l'Occident médiéval, A. Collin, 1973, p. 429 qui sont propagées en Angleterre par des prédicateurs itinérants appelés les pauvres prêcheurs ou Lollards. Trois synodes viennent condamner ses idées qui ne cessent de se répandre. Il fait des adeptes à l'étranger tels Jean Hus qui prêche en Bohème, déchirée par les luttes intestines. Jan Hus est frappé d'excommunication alors que les œuvres de Wyclif sont brûlées et il est chassé de la ville. Il continue, dans les campagnes, sa prédication évangélique qui entraîne un soulèvement populaire. Alors que l'Église divisée essaie de se rassembler au concile de Constance pour mettre fin à la crise, il est convié pour faire valoir ses opinions. Il y met en difficulté, les intellectuels de l'Université de Paris et les plus grands canonistes Romains. Emprisonné, il est brûlé vif pour hérésieLilian Crété, article cité, p. 22-23. Mais cette période a permis aux idées de Wyclif de se diffuser : elles peuvent être considérées comme précurseurs de la RéformePierre Chaunu rappelle ainsi que s'il est délicat de qualifier Wyclif et Hus de préluthériens, on peut évoquer dans ce sens la formule de Luther : , op. cit., p. 91..

Affirmations des particularismes nationaux

Après l'épreuve du Grand Schisme d'Occident, l'Église catholique peine à retrouver de l'autorité. Le concile de Constance de 1418 a bien pris quelques mesures, pour restaurer un semblant de discipline mais, à Rome, le souverain pontife n'arrive pas à rétablir son autorité. Aussi Martin V (élu à Constance) convoque un nouveau concile, mais il décède avant qu'il ne se tienne: c'est Eugène IV qui le réunit, d'abord à Sienne puis à Bâle, en 1431La pragmatique sanction de Bourges . Mais, loin de retrouver son autorité , le pape se heurte à une violente opposition de l'assemblée conciliaire: Elle proclame sa prééminence sur le pape qui lui brandit la menace de la dissolution. L'empereur Sigismond et le roi Charles VII proposent une médiation, pour éviter un nouveau schisme. Elle permet de trouver un accord transitoire et le concile peut se poursuivre. Il décide en particulier la suppression d'une redevance qui est une source de revenus importante pour Rome: les annates. Pour contrer ces initiatives, le pape convoque un autre concile à Ferrare, en janvier 1438. Eugène IV ayant réussi à faire pression sur les autorités politiques, seul un petit groupe demeure à Bâle qui élit un antipape. On défait à Ferrare les décisions prises à Bâle... Charles VII représenté en roi mage par Jean Fouquet Au vu des désordres générés par le conciliarisme, Charles VII décide d'organiser l'Église de France à sa manière, en se référant aux réformes entérinées au concile de Bâle. Le 7 juillet 1438, le roi promulgue la Pragmatique Sanction de Bourges qui reprend, avec quelques modifications, une vingtaine de décrets pris par le concile dans l'esprit duquel elle s'inscrit et donne un statut particulier à l'Église de France. Elle constitue en quelque sorte une alliance entre le souverain et le clergé, limite les prérogatives du pape en réaffirmant la suprématie des conciles qui ont clairement défini les pouvoirs du Saint Siègela Pragmatique Sanction de Bourges, limite les prérogatives papales et affirme la supériorité des décisions des conciles de Bâle et de Constance sur celles du pape : voir la page de . L'Église de France elle-même s'affranchissait de la tutelle du Saint-Siège et le souverain pouvait intervenir directement en son royaume en matière ecclésiale. Voir Olivier Guillot, Albert Rigaudière et Yves Sassier, Pouvoirs et institutions dans la France médiévale, t. II, p. 106, Armand Colin, 2003... Dans son préambule, la Pragmatique Sanction de Bourges dénonce les abus de la papauté. Dans son premier article, elle déclare la suprématie des conciles généraux sur le Saint Siège et limite les pouvoirs du pape. Ainsi la libre élection des évêques et des abbés par les chapitres et les monastères est rétablie: Elle supprime les nominations par le Saint Siège et son droit de réserve. La royauté obtient de pouvoir « recommander » ses candidats aux élections épiscopales et abbatiales auprès des chapitres. L'ordonnance de Bourges établit aussi des juridictions permettant de limiter les appels (souvent onéreux) faits à Rome. Enfin, elle fixe un âge minimum pour devenir cardinal, réduit la possibilité du pontife de lever un certain nombre d'impôts (suppression des annates) et restreint les effets de l'excommunication et de l'interdit. Fin politique, Charles VII réussit ce que Philippe le Bel a vainement tenté de réaliser. Bien que se référant à Rome, l'Église de France acquiert une grande autonomie. Le roi s'assure la loyauté du clergé français. Cependant, La Pragmatique Sanction est inacceptable pour le pape, malgré le soutien apporté par Charles VII à Eugène IV contre l'antipape élu par les irréductibles de Bâle. Le premier article sur la prééminence des conciles est absolument inacceptable. Privé de précieux revenus, le Saint Siège demande l'abrogation de la Pragmatique Sanction, ou du moins que celle-ci soit sérieusement amendée. On entame des discussions interminables. La Pramatique Sanction, est acceptée par le clergé Français et par la plupart des parlements, sauf en Bretagne et en Bourgogne.

Accélération de la dissolution de l'ordre féodal

Les fondements de la société médiévale à 3 ordres sont ébranlés par la crise de la féodalité qui sévit depuis la fin du XIIIe siècle. En Europe du nord, la surpopulation entraîne la réduction des parcelles ne permet plus d’être autosuffisant : les famines deviennent récurrentes. Le poids de la fiscalité augmente avec la modernisation de l’Etat et devient insupportable avec les dépenses dues à la guerre de cent ans, Charles V obligeant les Anglais à entretenir des garnisons en permanence en Aquitaine et dans les places qu’ils tiennent en Normandie, en Bretagne et en picardie. Entre 1377 et 1380 l’impôt par capitation est multiplié par troisJean Favier, La guerre de cent ans, Fayard 1980, p.375. Les contribuables anglais biaisent (en particulier en ne comptant pas les femmes) et l’administration réagit en établissant des listes précises en 1381. Les prêches enflammés des lollards, aux accents égalitaristes sont bien accueillis sur cette population au bord de la révolte. Les idées de John Wyclif vont en grande partie dans le sens des Franciscains, aussi bénéficient elles au départ de puissants appuis politiques (Jean de Gand en tête), elles prennent des accents farouchement égalitaristes. Quand se déclanche la révolte des paysans anglais ils sont entre 20000 et 50000 à marcher sur Londres qui leur ouvre spontanément ses portesJean Favier, La guerre de cent ans, Fayard 1980, p.376: ils demandent l’abolition du servage, l’abolition du système contraignant de réglementation du travail et redistribution des terres d’église aux paysans. Les fondements de la société médiévale sont menacésJean Favier, La guerre de cent ans, Fayard 1980, p.377. Richard II temporise en négociant avec leur chef Wat Tyler, pendant que Robert Knolles monte une armée. Quand celle-ci est prête Tyler est assassiné en pleins pourparlers, comme le fut Guillaume Carle. Décapité, le mouvement s’effondre. Cependant, le grand schisme correspond à une crise religieuse qui s’inscrit dans une crise plus large celle de la société féodale. John Wycliff est l’une des voix qui s’élève pour solutionner cette crise morale, ses idées sont précurseuses de la Réforme, qui constituera une véritable tentative d’adaptation de la religion chrétienne à la société de la Renaissance.

Sources

Notes et références

Bibliographie

-Jean Chélini, Histoire religieuse de l'Occident, chapitre VI, "Le temps des schismes", Hachette, 1991. Catégorie:Histoire du catholicisme Catégorie:Église au Moyen Âge Catégorie:Papauté d'Avignon an:Gran Zisma d'Oczident bg:Папска схизма ca:Cisma d'Occident de:Abendländisches Schisma en:Western Schism es:Cisma de Occidente eu:Mendebaldeko Zisma fi:Suuri skisma (katolisuus) he:הקרע המערבי hr:Zapadni raskol it:Scisma d'Occidente ja:教会大分裂 nds:Grote Schisma nl:Westers Schisma no:Det vestlige skisma pl:Wielka Schizma Zachodnia pt:Grande Cisma do Ocidente ru:Великий западный раскол sh:Zapadna šizma sr:Западна шизма sv:Den stora schismen zh:大分裂
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