Bataille de Normandie

Infos
La bataille de Normandie est l'une des grandes batailles de la Seconde Guerre mondiale sur le théâtre européen. Elle se déroule entre juin et août 1944 en Normandie, et permet aux forces alliées d’ouvrir un nouveau front en Europe, face aux troupes allemandes. Elle débute le — appelé Jour J — par le débarquement et le parachutage des premières troupes alliées sur et aux abords des plages de l'ouest du Calvados et de l'est du Cotentin pour finir entre le 19 (pre
Bataille de Normandie

La bataille de Normandie est l'une des grandes batailles de la Seconde Guerre mondiale sur le théâtre européen. Elle se déroule entre juin et août 1944 en Normandie, et permet aux forces alliées d’ouvrir un nouveau front en Europe, face aux troupes allemandes. Elle débute le — appelé Jour J — par le débarquement et le parachutage des premières troupes alliées sur et aux abords des plages de l'ouest du Calvados et de l'est du Cotentin pour finir entre le 19 (premières unités alliées traversant la Seine) et le 21 août (fermeture de la poche de Falaise), ouvrant la voie à la Libération de Paris le 25 août. Certains historiens considèrent que la fin de la bataille de Normandie s'achève le 12 septembre avec la libération du Havre. Plus de 60 ans après, cette bataille reste la plus grande opération logistique de débarquement, 3 millions de soldats principalement américains, britanniques, canadiens mais aussi d'autres forces alliés (Armée française, troupes polonaises, belges, tchécoslovaques, néerlandaises et norvégiennes) traversant la Manche pour débarquer en Normandie le jour J et les semaines suivantes. L'objectif des Alliés dans cette opération est de créer un second front, réclamé par Staline depuis 1942, en Europe du Nord-Ouest (opération Overlord), par la mise en place d'une tête de pont qui puisse ouvrir un accès assez rapide vers le coeur de l'Allemagne. La progression du front italien, trop lente, ne permet pas, en effet, d'espérer une issue rapide en Europe. Le plan d'exécution en Normandie s'articule en deux phases :
- S'emparer d'une tête de pont afin de prendre le nœud routier de Caen et le port de Cherbourg (opération Neptune).
- Élargir la zone par la conquête de la Bretagne et des ports de la façade atlantique d'une part, avancer jusqu’à une ligne Le Havre-Le Mans-Tours d'autre part. Cette ligne est l'objectif planifié à 40 jours. L'objectif optimiste à trois mois (soit début septembre) est une zone s'étendant jusqu’à la Loire au sud et à la Seine au nord-est. Si le débarquement le jour J est partiellement réussi, les suites de l'opération se révèlent beaucoup plus difficiles et plus longues que prévues avec des combats acharnés en Normandie, connus sous le nom de bataille de Normandie.

Prélude

La planification de l'invasion du continent européen débute le 14 janvier 1943 lors d'une rencontre à Casablanca entre Roosevelt, Churchill et Staline alors que ce dernier réclame avec insistance l'ouverture d'un second front en Europe pour soulager l'Armée rouge qui supporte l'essentiel du poids de la guerre en Europe. Le rayon opérationnel des avions de chasse et les contraintes logistiques réduisent les possibilités de débarquement à deux choix : le Pas-de-Calais et la Normandie. Bien que le Pas-de-Calais offre les meilleures plages et un accès plus rapide vers l'Allemagne, il est considéré comme un choix trop évident risquant d'être trop bien défendu. La Normandie est donc choisie. L'échec du débarquement de Dieppe (le 19 août 1942) a montré qu'il n'est pas souhaitable d'attaquer directement un port pour débarquer. De plus, la capacité défensive des grands ports a été considérablement accrue depuis 1942, les rendant quasi-imprenables par un assaut venant de la mer. Les généraux Dwight Eisenhower et Bernard Montgomery sont nommés respectivement commandant suprême des forces expéditionnaires alliées et commandant opérationnel des forces d'invasion terrestres en décembre 1943 et janvier 1944. À ce moment, le plan prévoit le débarquement de trois divisions par la mer et de deux brigades par les airs. Ce total est rapidement porté à cinq divisions par la mer et trois par les airs par Montgomery. Le Jour J, initialement fixé au , est repoussé au puis au 5 juin 1944, ce délai permettant de bénéficier d'un mois supplémentaire de production de barges de débarquement. Finalement, le débarquement sera reporté au 6 juin en raison de mauvaises conditions météorologiques. , article en Pour leurrer l'Axe et le persuader d'un débarquement dans le Pas-de-Calais, les Alliés mettent en place un large plan de désinformation appelé opération Fortitude. Une armée fictive est entièrement créée, le First US Army Group, "commandée" par le redouté général Patton, utilisant des bâtiments et un équipement factices (dont des chars d'assaut gonflables), envoyant même de faux messages radios. Les Allemands, désireux de connaître le lieu du débarquement, ont un réseau d'espions dans tout le sud de l'Angleterre. Les espions de ce réseau sont cependant, pour la plupart, contrôlés par les Alliés (opération « double-cross ») et envoient des messages confirmant que le Pas-de-Calais doit être le point d'attaque. En conséquence de nombreuses divisions blindées allemandes y sont mises en réserve. Des engins militaires spécialisés sont mis au point spécialement pour l'assaut. Sous les ordres de la 79th Armored Division du Major-General Percy Hobart, des tanks Sherman amphibies sont mis au point, ainsi que des tanks démineurs, poseurs de ponts et de génie routier. Ces chars sont connus sous le nom de Hobart's Funnies ou la « ménagerie de Hobart ». En novembre 1943, lorsque Hitler décide que les risques d'une invasion de la France ne peuvent plus être ignorés, Erwin Rommel est nommé inspecteur des défenses côtières puis commandant du groupe d'armées B (défense du nord de la France). Rommel est persuadé que la meilleure façon de repousser un débarquement côtier est de contre-attaquer à l'aide de blindés le plus vite possible. Il demande donc que des divisions de Panzers soient disposées à proximité des côtes, mais son autorité est limitée par le fait qu’il n'est pas commandant en chef des forces armées occidentales, poste occupé par le maréchal Von Rundstedt, et que certaines divisions blindées (Panzerdivision de réserve) sont placées sous l'autorité directe de Hitler. Von Rundstedt, soutenu par Heinz Guderian, inspecteur-général des troupes blindées, préfère concentrer les divisions de Panzers plus à l'intérieur des terres afin de pouvoir lancer une contre-attaque massive une fois l’endroit du débarquement déterminé. L'accord consiste donc à garder trois divisions sous les ordres directs de Rommel, près des côtes, tandis que trois autres restent placées en arrière et ne peuvent être débloquées sans l'ordre express de l'équipe opérationnelle de Hitler. La couverture aérienne est assurée par 169 avions de chasse (ce qui est ridiculement peu par rapport à la force aérienne alliée). La bataille commence en Angleterre par la construction de ports provisoires qui doivent être acheminés avec les troupes, les plans de reconstruction des lignes de chemin de fer et des routes étant prêts.

Le débarquement

Omaha beach, 6 juin 1944 Le débarquement allié, connu sous le nom de Jour J (en anglais, D-Day), représente les premières heures de cette opération. Initialement fixé au 5 juin, le débarquement sera reporté au 6 juin en raison de mauvaises conditions météorologiques. , article en Le 6 juin 1944, 1.213 bateaux de guerre, 736 navires de soutien, 864 cargos et 4.126 engins et péniches débarquent 20.000 véhicules et 156.000 hommes sur les plages de Normandie et du Cotentin. Les opérations de débarquement, elles, se poursuivront pendant encore plusieurs semaines. Le débarquement marque le début de la bataille de Normandie. Cette bataille commence le 6 juin 1944 pour se poursuivre les semaines suivantes jusqu’à la chute de la poche de Falaise le 21 août et la libération de L'Aigle le 22 août. Certains historiens considèrent que la fin de la bataille de Normandie s'achève le 12 septembre avec la libération du Havre. Les plages choisies, protégées par les fortifications du mur de l'Atlantique, sont regroupées en 5 zones entre Ouistreham à l'Est, à l'embouchure de l'Orne, et Saint-Martin-de-Varreville, dans le Cotentin, à l'Ouest :
- Utah Beach
- Omaha Beach
- Gold Beach
- Juno Beach
- Sword Beach
- la Pointe du Hoc (située un peu à l'ouest d'Omaha), si on la considère comme un point de débarquement Forces en présence : forces alliées (américains, britanniques, canadiens, Armée française, troupes polonaises, belges, tchécoslovaques, néerlandaises et norvégiennes etc.) contre troupes du IIIe Reich (Allemands, mais aussi des supplétifs issus de troupes principalement russes vaincues à l'Est qui défendaient le Mur de l'Atlantique). 5.000 bateaux, dont 4.000 barges de débarquement et 130 navires de guerre, sont impliqués. 12.000 avions sont engagés afin d'assurer le soutien du débarquement, dont un millier d'avions transportant les parachutistes. 5.000 tonnes de bombes sont larguées sur les côtes normandes.

Le plan

Plan d'attaque du débarquement en Normandie A bord d'une barge, face à Omaha (photo de Robert Capa) D'Est en Ouest, l'ordre de bataille était approximativement le suivant :
- La 6 division aéroportée britannique, à laquelle était attachée le 1 bataillon de parachutistes canadien, pour partie parachutée et pour partie aérotransportée en planeurs, atterrit à l'est de l'Orne pour couvrir le flanc gauche.
- Le 1st Special Service Brigade comprenant les commandos britanniques No.3, No.4, No.6 et No.45 (RM) débarquent à Ouistreham dans le secteur Queen Red (à l'extrême gauche). Les hommes du No.Commando 4 sont renforcées par le 1st Troop et le 8 Troop (dont les 177 fusiliers marins français du commandant Kieffer) des 10 commandos interalliés.
- La 3 division d'infanterie britannique et la 27 brigade cuirassée à Sword Beach, de Ouistreham à Lion-sur-Mer.
- 41 (RM) commando (de la 4 Special Service Brigade avec les 46 (RM), 47 (RM) et 48 (RM) commandos), débarque à la droite de Sword Beach.
- La 3 division d'infanterie et la 2 brigade blindée de l'armée Canadienne, la 2de brigade cuirassée et le 48 (RM) commando à Juno Beach, entre Saint-Aubin-sur-Mer et Courseulles-sur-Mer.
- Le 46 (RM) commando à Juno doit escalader la falaise à gauche de l'estuaire de l'Orne et y détruire une batterie (la puissance de feu de cette batterie étant apparue comme négligeable, le 46 commando est mis de côté comme une réserve flottante et débarque à Jour J+1).
- La 50 division britannique et la 8 brigade cuirassée à Gold Beach, de La Rivière à Arromanches.
- Le 47 (RM) commando sur le flanc Ouest de Gold beach.
- Le 5 Corps US (1 division d'infanterie et 29 division d'infanterie) de l'US Army à Omaha Beach, de Sainte-Honorine-des-Pertes à Vierville-sur-Mer.
- Le 2 bataillon de rangers US à la pointe du Hoc.
- Le 7 corps US (4 division d'infanterie plus d'autres éléments) à Utah Beach, autour de Pouppeville et La Madeleine.
- La 101 division aéroportée US parachutée autour de Vierville (opération Albany).
- La 82 division aéroportée US parachutée autour de Sainte-Mère-Église, protégeant le flanc droit (opération Boston). Les actions des FFI, Forces françaises de l'intérieur, ou Maquis aident à perturber les lignes de communications allemandes. Le rivage a été largement fortifié par les Allemands de l'Organisation Todt dans le cadre du mur de l'Atlantique. Il est gardé par 4 divisions, dont une seule, la 352e division d'infanterie, est de qualité standard. La plupart des autres unités est constituée d'hommes qui (souvent pour des raisons médicales) sont considérés comme inaptes au front de l'Est et de troupes étrangères, surtout Russes ou ex soviétiques, les Osttruppen ayant incorporé l'armée allemande plutôt que de devenir des prisonniers de guerre. La
21.Panzerdivision est positionnée entre Caen et Falaise, le 6 régiment de chasseurs parachutistes (Fallschirmjäger) défend Carentan et la 12.SS-Panzerdivision est stationnée entre la Seine et l'Orne autour de Dreux. Les hommes de cette dernière sont recrutés parmi les Jeunesses hitlériennes à partir de l'âge de 16 ans, et acquerront une réputation de férocité dans les combats à venir. Les marécages proches de Utah Beach ont été inondés pour prévenir tout parachutage et rendre difficile une sortie des plages. Avant la bataille, les Alliés ont soigneusement cartographié les zones de débarquement, en prêtant une attention particulière à la météo dans la Manche. Les conditions propices à un débarquement sont hasardeuses : entre un jour avant et quatre jours après la pleine lune pour des raisons de marée ; temps calme, avec des vents inférieurs à la force 3 (moins de 12 km/h) sur la côte, et de force 4 (moins de 20 km/h) au large ; couverture nuageuse peu épaisse jusqu’à une altitude de 2 400 m, et la base des nuages au-dessus de 900 m d'altitude ; visibilité supérieure à 4, 5 km. Pour ces mêmes raisons, les Allemands ne craignent pas de débarquement à cette date.

Le bilan

: 00:05 Bombardement des positions allemandes entre Le Havre et Cherbourg : 00:15 Largage des pathfinders, parachutistes chargés des balisages des zones de saut : 00:20 Atterrissage des planeurs britanniques à proximité du Pegasus Bridge : 01:00 Largage des parachutistes des divisions aéroportées : 03:20 Atterrissage des planeurs avec le matériel lourd des divisions aéroportées : 06:00 Début du bombardement naval de la côte normande : 06:30 Heure H, débarquement sur les plages américaines : 07:30 Heure H, débarquement sur les plages britanniques et canadienne Au soir du 6 juin, 156 350 hommes avaient débarqué. Les pertes alliées s'élevaient à 10 300 dont le tiers en tués. Pertes matérielles : : 2 navires de guerre : 131 LCT ( Landing Craft Tank ) : 117 LCA ( Landing Craft Assault ) : 43 LCI ( Landing Craft Infantry ) : 27 avions perdus et 63 endommagés

Après le débarquement

Débarquement des troupes et matériels par échouage des bateaux sur les plages normandes Les plans d'invasion alliés comprennent la prise de Caen et Bayeux le premier jour, toutes les plages devant être reliées sauf Utah et une ligne de front avancée à 10-15 kilomètres à l'intérieur des terres. Dans les faits, aucun de ces buts n'est atteint. Cependant les pertes, 4 000 morts et 6 000 blessés, soit moins de trois pour cent des forces impliquées, ne sont pas aussi importantes que prévues et les têtes de pont sont parvenues à repousser les contre-attaques allemandes avec l'appui de l'artillerie navale. Les priorités des jours qui suivent le débarquement furent de relier les têtes de pont, de prendre Caen et de capturer Cherbourg pour disposer d'un grand port. Les têtes de pont anglo-américaines de Omaha Beach et Sword Beach se rejoignent à Bayeux La 12 division blindée SS (
Hitler Jugend, Jeunesses hitlériennes) attaque les Canadiens les 7 et 8 juin, en causant de lourdes pertes, mais ne parvient pas à percer. Pendant ce temps, les plages sont reliées entre elles - Omaha le 10 juin et Utah le 13 grâce à la prise de Carentan par la 101 division aéroportée après d'âpres combats contre les Fallschirmjäger. Les Alliés renforcent leur front plus rapidement que les Allemands. Alors que les Alliés débarquent toutes leurs ressources, la supériorité aérienne alliée et les dommages causés au réseau ferroviaire rendent les mouvements de troupes allemandes lents et dangereux.

La logistique

Un des principaux défis des Alliés était de pouvoir acheminer sans discontinuer pendant des jours et des semaines, des dizaines de milliers d'hommes, des armements lourds, munitions, matériels, carburant, etc ... Si les Alliés sont confiants dans le débarquement le jour J et dans la création d'une tête de pont, le moment critique est situé entre J+3 et J+9, le temps d'acheminer suffisamment de troupes pour faire face aux contre-attaques des forces allemandes. Depuis la tentative ratée du débarquement de Dieppe, ils savent qu'il leur est impossible de prendre un port de manière frontale. Dans le mur de l'Atlantique, tous les grands ports de la Manche sont de redoutables forteresses. L'objectif dans les jours qui suivent le jour J est de s'emparer de Cherbourg, grand port en eau profonde, par la terre. Mais, en attendant de pouvoir en disposer, les Alliés vont mettre en place 2 ports artificiels, les ports Mulberry à Arromanches et à Saint-Laurent-sur-Mer, dérouler un oléoduc sous marin, PLUTO, et organiser ainsi une formidable logistique de ravitaillement de la tête de pont en Normandie grêce à une noria de navires. Une tempête le 19 juin, détruira le port artificiel américain de Saint-Laurent-sur-Mer, obligeant ces derniers à procéder à plus de débarquement à même les plages. Seul celui d'Arromanches pourra être remis en état. Il restera opérationnel durant 8 mois et permettra le débarquement de 20% des hommes, véhicules et matériels qui auront été engagés jusqu'à fin août 1944 sur le théatre d'opérations nord-ouest. En 87 jours de campagne, plus de 2 millions de soldats alliés, plus de 438 000 véhicules, plus de 3 millions de tonnes d'équipements et de ravitaillements auront été débarqués en Normandie.

La bataille de Caen (7 juin – 19 juillet)

Photo aérienne du bocage dans le Cotentin Place centrale de Falaise, le 16 août 1944 Avance alliée au 2 juillet et bocage normand Supposant que Caen est la position-clé de la bataille, Montgomery y mène trois assauts entre le 7 juin et le avant que la ville ne soit encerclée et bombardée le 7 juillet (opération Charnwood). Espérant une percée décisive par la plaine de Caen en direction de Paris, Montgomery lance alors une offensive majeure avec les trois divisions blindées britanniques, nom de code : opération Goodwood. Le succès initial est contrarié par la résistance improvisée mais déterminée des 1 et 12 divisions blindées SS appuyées par des troupes du génie allemandes leur faisant office d'infanterie. Les pertes britanniques en blindés sont importantes. Hitler, qui sous-estime les Américains, concentre ses réserves face aux Anglais. Ceux-ci subissent les inconvénients d'une tête de pont trop étroite, largement exposée aux tirs de l'artillerie ennemie.

La percée d'Avranches et l'encerclement de la poche de Falaise

Les Américains, de leur côté, achèvent la conquête du nord Cotentin. Cherbourg, malgré ses puissantes fortifications, se rend le 26 juin. De la mi-juin au 24 juillet, la progression de la 1ere armée américaine vers Saint-Lô est très lente. Gênées par le bocage favorable à une habile défense allemande, les troupes américaines piétinent ainsi plus d'un mois, ne progressant qu'au prix de pertes importantes. Le 24 juillet, les Alliés lancent alors l'opération Cobra. Il s'agit, par un bombardement massif et très concentré ("tapis de bombes"), d'ouvrir une brèche dans les défenses allemandes dans le sud du Cotentin. L'opération réussit et, le 30 juillet, les divisions américaines s'engouffrent dans la brèche ouverte. Patton, avec les divisions blindées américaines (et la 2 DB française de Leclerc) peut alors lancer sa grande percée vers le sud. Il libère la Bretagne, (à l'exception des principaux ports fortifiés), avance jusqu’à la Loire, puis revient vers le nord en prenant à revers le front allemand. Au lieu de se replier, la Wehrmacht, sur ordre d'Hitler et contre l'avis de son état-major, lance une contre attaque baptisée opération Lüttich dans la région de Mortain vers Avranches (7 armée et 5 armée blindée), dans le but de couper les lignes américaines. Dès le début, cette offensive allemande est un échec. Le bocage, qui a entravé l'avance des troupes motorisées alliées, gêne aussi la contre-attaque allemande. L'état major américain n'a pas été surpris, car informé des intentions allemandes, et a pu préparer la réaction. Mais la contre-attaque était surtout vouée à l'échec par sa quasi-absence de couverture aérienne, alors que les bombardiers alliés faisaient 2.000 à 3.000 sorties par jour, pilonnant des troupes allemandes que l'offensive obligeait à se découvrir. Les troupes américaines prennent alors les Allemands à revers par le sud tandis que les Anglais, les Canadiens et les Polonais de la Première DB (gen. Maczek) ferment la tenaille qu'ils ont formée par le nord, en occupant la côte 262. Encerclés dans la poche de Falaise, les Allemands se sauvent péniblement en laissant 10.000 morts et 50.000 prisonniers, les deux tiers de leur effectif encore engagé en Normandie (21 août 1944). L'évolution du front

Chronologie

- Nuit du 5 au 6 juin, quatre sticks du 4e SAS français sont les premiers parachutés en Bretagne. La 82e division aéroportée américaine (opération Boston), la 101e division aéroportée américaine (opération Albany) et la 6e division aéroportée britannique (opération Tonga) sont parachutées en arrière des plages du débarquement.
- 6 juin - Jour J, débarquement des troupes sur les plages normandes
- 7 juin - Têtes de pont établies sur les 5 plages mais, contrairement au plan, elles ne sont pas reliées entre elles et Caen n'est pas pris
- 9 juin - Mise en service des premiers aérodromes alliés sur le continent
- 11 juin - La 1 armée américaine libère Carentan
- 14 juin - Le général De Gaulle débarque à Courseulles, les têtes de pont sont consolidées (plages reliées entre elles et maitrise du terrain sur environ 20 km de profondeur)
- 15 juin - Opération de diversion de la Royal Air Force qui bombarde le port de Boulogne-sur-mer dans le Nord de la France avec 300 bombardiers.
- 16 juin - Début de fonctionnement du port artificiel américain Mulberry à Saint-Laurent-sur-Mer devant Omaha Beach.
- 17 juin - Les Américains atteignent la côte ouest du Cotentin à Barneville-Carteret, isolant les troupes allemandes du Nord Cotentin du reste du front allemand.
- 19-21 juin - Tempête sur la Manche qui détruit le port artificiel américain à Saint-Laurent-sur-Mer et endommage le port britannique à Arromanches
- 25 au 29 juin - Opération Epsom, offensive à l'ouest de Caen, repoussée par la défense allemande.
- 26 juin - Prise du port de Cherbourg, fortement endommagé après plusieurs jours de combats et d'intenses bombardements alliés.
- 2 juillet - Le maréchal von Rundstedt est relevé de ses fonctions de chef d'état-major du front Ouest. Il est remplacé par le maréchal von Kluge.
- 8 juillet - Opération Charmwood, la Seconde armée britannique attaque Caen après un intense bombardement aérien.
- 10 juillet - Caen est libérée
- 17 juillet - Le maréchal Rommel sévèrement blessé dans un mitraillage de sa voiture par un avion allié. Les Américains pénètrent dans Saint-Lô, en ruines. L'attaque a coûté 6.000 hommes à l'armée américaine depuis le 11 juillet.
- 18 au 20 juillet - Opération Goodwood. Attaque blindée anglo-canadienne à l'est de Caen sans avancée significative mais permettant de fixer les troupes allemandes à l'est du front pour favoriser l'attaque américaine à l'ouest
- 20 juillet - Attentat manqué contre Hitler.
- 21 juillet - Le port de Cherbourg recommence à fonctionner
- 21-24 juillet - Pluies torrentielles sur la Normandie
- 25-27 juillet - Opération Spring aux environs de Caen. Échec sanglant avec plus de 5 000 morts alliés, essentiellement des Canadiens.
- 25 juillet - Début de l'opération Cobra lancée par les Américains dans le sud du Cotentin avec un bombardement massif des lignes allemandes (tactique du "tapis de bombes")
- 27 juillet - Le front allemand s'effondre dans le sud Cotentin - Percée d'Avranches
- 30 juillet - Port de Cherbourg remis en activité - lancement par les Britanniques de l'opération Bluecoat
- - La 2e DB du général Leclerc débarque à Utah Beach. La 3 armée américaine de Patton est opérationnelle et déferle sur la Bretagne le lendemain
- 2 août - Soulèvement des maquis bretons qui mènent une guérilla aux troupes allemandes, aidés par des SAS britanniques et français.
- 3 août - En 3 jours, 7 divisions américaines sont passées par la percée d'Avranches en direction de la Bretagne et de la Loire.
- 3 au 9 août - Opération Totalize, au sud de Caen pour tenter d'encercler les troupes blindées allemandes parties sur la contre-offensive de Mortain.
- 4 août - Repli progressif des Allemands en Bretagne sur les ports fortifiés de Saint-Malo, Brest, Lorient et Saint-Nazaire.
- 6 août - Les Américains atteignent Brest et Nantes.
- 7 août - Lancement de la contre-attaque de Mortain par les Allemands en vue de couper le front Allié.
- 8 août - La contre-attaque est contenue par les Américains
- 9 août - Prise du Mans par les Américains
- 12-21 août - Fuite des Allemands vers l'Est par l'étroit couloir de Chambois et sous le bombardement continu des Alliés
- 15 août - Opération Anvil Dragoon, le débarquement allié en Provence.
- 16 août - Prise de Falaise par les Canadiens et les Polonais sur le flanc nord
- 21 août - Fermeture de la poche de Falaise
- 22 août - Libération de L'Aigle
- 25 août - Libération de Paris et de Lisieux.

Considérations politiques

Les débarquements en Normandie sont précédés par une quantité considérable de manœuvres politiques parmi les Alliés. Il y a de nombreux désaccords sur les lieux où le débarquement doit avoir lieu et sur le déroulement de la prise des objectifs. L'ouverture d'un second front pour soulager les Soviétiques est prévu depuis 1942. Les Alliés ont d'abord préféré attaquer le ventre mou que constituaient l'Afrique du Nord et l'Italie. Churchill privilégie cette approche et souhaite lancer de nouvelles attaques en Méditerranée et dans les Balkans afin de prendre en tenaille le gros des armées allemandes mais aussi contenir l'avancée soviétique qu'il craint. Mais il doit céder à la préférence de Roosevelt et de Staline pour un débarquement dans le nord-ouest de l'Europe, plus proche du cœur industriel de l'Allemagne, la Ruhr. Le choix de Montgomery ne plait pas à certains Américains qui préféraient le général Alexander pour commander les forces terrestres. Montgomery lui-même a des doutes à propos de la nomination d'Eisenhower car ce dernier a très peu d'expérience sur le terrain. Dans cette opération, cependant, Montgomery et Eisenhower coopèrent bien. Leurs disputes bien connues viennent plus tard, notamment durant l'opération Market Garden.

Estimation stratégique

En 1944, le matériel et l'armement allemands étaient excellentsLe Sturmgewehr 44 fut le premier fusil spécialement conçu pour l'assaut et la Maschinengewehr 42 est encore utilisée 60 ans après sa création.. Mais les Alliés bénéficiaient d'une production inépuisable, d'une fabuleuse logistique et de la standardisation des munitions. Sans les Liberty ships, des cargos à durée de construction courte sur des plans simples, jamais les Alliés n'auraient pu remporter la bataille décisive. Le débarquement en Normandie est coûteux en termes d'hommes et de matériel pour les Alliés, bien que réussis dans le premier temps de l'opération (établissement d'une tête de pont), grâce à l'expérience acquise dans les débarquements antérieurs, Dieppe (août 1942), Afrique du Nord (novembre 1942), Sicile (juillet 1943), Anzio (janvier 1944)), et surtout, grâce aux énormes capacités matérielles et techniques et à la parfaite coordination des actions. L'échec de la 3 division à prendre Caen, un objectif trop ambitieux pour le premier jour de l'opération, va bloquer l'action pendant un mois. La prise fortuite de Villers-Bocage suivie par l'échec de son renforcement, et sa reprise par la brigade allemande de Michael Wittmann, brise l'offensive des Britanniques. Les Alliés se trouvent confrontés au problème du terrain. Ils vont devoir progresser dans la partie Ouest, dans le bocage, où ils avaient sous-estimé les difficultés de progression, et où ils sont contraints de combattre intensément par le blocage de l'offensive à l'Est et la non-prise de Caen. Ce bocage gêne considérablement la progression des troupes mécanisées alliées et favorise les positions défensives allemandes. Les Alliés vont ainsi piétiner plusieurs semaines dans ce qui sera appelé la bataille des Haies, ne progressant que très lentement et au prix de pertes importantes. À la fin juillet, ils vont utiliser alors leur domination aérienne avec l'emploi massif de bombardiers sur un territoire restreint, appliquant la tactique du tapis de bombes, utilisée notamment avant la percée d'Avranches, pour dégager un corridor d'attaque. La bataille de Normandie n'a pas été la plus grande bataille de l'été 1944. Ce titre revient à la bataille de Biélorussie, où l'Armée Rouge anéantit 30 divisions allemandes. Il faut rappeler que les deux tiers de la Wehrmacht étaient alors engagés sur le front de l'Est. Mais, si les puissances occidentales n'avaient pas ouvert un second front à l'Ouest, la guerre aurait continué encore plus longtemps et l'URSS aurait contrôlé une part encore plus importante de l'Europe après la guerre.

Séquelles

Char américain exposé à Bayeux Le cimetière militaire américain de Normandie, à Colleville-sur-Mer. La Normandie a été la région française, avec l'Alsace, la plus durement éprouvée par la Seconde Guerre mondiale. Caen, Cherbourg, Saint-Lô, Le Havre, sont des champs de ruines. De nombreux villages ont été rasés. L'âpreté et la durée des combats, l'utilisation massive des bombardements aériens par les Alliés pour déloger les troupes allemandes de leurs positions retranchées et couper les voies de communication vont faire plus de victimes civiles normandes, dont dans le Calvados, en Seine-maritime, dans la Manche, dans l'Orne et un peu moins de dans l'EureHenri Amouroux - La grande histoire des français sous l'occupation - Tome 8 - Joies et douleurs du peuple libéré p335 à 338. Des centaines de milliers de sans-abri ne seront pas relogés avant plusieurs années et la majorité des infrastructures est détruite. Henri Amouroux dans son œuvre La grande histoire des français sous l'occupation, apporte sa vision sur les sequelles de la bataille de Normandie : Henri Amouroux - La grande histoire des français sous l'occupation - Tome 8 - Joies et douleurs du peuple libéré p335-336 Dietrich von Choltitz, commandant du 84 corps allemand en Normandie, qualifia la bataille d
'immense bain de sangHenri Amouroux - La grande histoire des français sous l'occupation - Tome 8 - Joies et douleurs du peuple libéré p336. Le souvenir de la bataille est partout présent en Normandie, notamment avec de nombreux et vastes cimetières militaires, monuments, stèles ou autres panneaux d'information disséminés sur les nombreux lieux de bataille, des nombreux musées, de toutes tailles dont le grand mémorial de Caen, des rues qui portent le nom des acteurs alliés ou des régiments ayant participé à la libération de la région. On trouve sur la côte, trace des combats avec des blockhaus marqués par les obus mais qui défient le temps qui passe. Il est aussi encore possible de voir quelques caissons de béton qui ont composé les digues du port artificiel au large d'Arromanches. Si le cinquantième anniversaire de la bataille de Normandie (1994) avait été l'occasion de rappeler la dureté des combats et les pertes militaires des 2 côtés, le soixantième anniversaire (2004) a aussi permis d'évoquer la souffrance des populations civiles, passée sous silence ces dernières décennies, et de donner une image moins héroïque des armées alliées. Ainsi, des études récentes d'historiens ont montré que certains soldats américains se livrèrent à des exactions. Comme toute armée en campagne, il y eut des pillages et des viols, qui sont cependant le fait d'individus isolés, et qui n'ont été ni organisés, ni encouragés par le commandement, lequel a d'ailleurs jugé sévèrement ceux portés à sa connaissance (plusieurs condamnations à mort de soldats prononcées par les tribunaux militaires alliés). La longue et éprouvante bataille dans le bocage provoqua également des troubles de stress post-traumatique et refus de combattre chez des conscrits américains dont c'était, pour la majorité d'entre eux, le baptême du feu. La réalité fut donc assez éloignée de l'image des jeunes hommes idéalistes (ou pragmatiques, selon les cas) luttant pour la démocratie véhiculée par les productions d'Hollywood ou d'ailleurs après-guerre. Aux pertes durant les combats, il faut encore ajouter les 1 800 prisonniers de guerre qui ont péri lors des opérations de déminage des plages.

Notes

Voir aussi

- La suite : La libération

Bibliographie

-Carlo D'Este, Decision in Normandy, London, 1983.
-Cornelius Ryan,
6 Juin 1944, Le Jour le plus Long
-John Keegan, The Second World War, Hutchinson, 1989
-John Keegan, Six armées en Normandie
-Philippe Masson, Une guerre totale 1939-1945
-Eddy Florentin, Stalingrad en Normandie, Paris, Presses de la Cité, 1964
-Eddy Florentin, Guide des Plages du Débarquement et de la Bataille de Normandie, 6 juin - 12 septembre 1944, Perrin - le Mémorial de Caen, 2003, ISBN 9-782702-884065
-Paul Carell, Ils arrivent !, Edition Robert lafont
-Anthony Kemp, 6 juin 1944, Edition Découverte Gallimard, Série Histoire, 1994, ISBN 2-07-058353-8
-Georges Bernage, Gold Juno Sword, Editions Heimdal. ISBN 2840481685
-Georges Bernage, Diables Rouges en Normandie, Editions Heimdal. ISBN 2-84048-158-8
-Dominique Kieffer & Stéphane Simonnet, N°4 Commando, Editions Heimdal, mars 2004. ISBN 2840481804
-Dan van der Vat, préface de John S. D. Eisenhower, Jour J, Editions Racine et Heimdal, Septembre 2003. ISBN 2873863277 et ISBN 22840481829
-Philippe Bauduin, Quand l'or noir coulait à flots, Editions Heimdal, mars 2004. ISBN 2840481871
-Tony Hall, Le Jour J, le débarquement en photographie, PML éditions ISBN 2876288885
-John Man,
Atlas du débarquement'', édition Autrement, avril 1994 ISBN 2862604860 - Des cartes militaires précise et une vue d'ensemble de la bataille captivante et très bien faite.
- Olivier Wieviorka, Histoire du débarquement en Normandie. Des origines à la Libération de Paris 1841-1944, Seuil, coll. L'Univers, 2007 ===
Sujets connexes
Adolf Hitler   Afrique du Nord   Allemagne   Alliés de la Seconde Guerre mondiale   Alsace   Angleterre   Armée Polonaise de l'Ouest   Armée Vlassov   Armée française de la Libération   Armée rouge   Arromanches   Arromanches-les-Bains   Balkans   Barneville-Carteret   Basse-Normandie   Bataille de Normandie   Bataille de Villers-Bocage   Bataille des Haies   Bayeux   Bernard Montgomery   Bocage   Brest   Bretagne   Brigade Piron   Caen   Campagne d'Italie (Seconde Guerre mondiale)   Canada   Carentan   Casablanca   Churchill   Colleville-sur-Mer   Commandos britanniques   Complot du 20 juillet 1944 contre Adolf Hitler   Contre-attaque de Mortain   Cornelius Ryan   Cotentin   Courseulles-sur-Mer   Dietrich von Choltitz   Division militaire   Dreux   Dwight David Eisenhower   Débarquement de Dieppe   Erwin Rommel   Europe   Falaise   Falaise (Calvados)   Fallschirmjäger   Forces françaises de l'intérieur   France   Franklin Delano Roosevelt   Friedrich Dollmann   Front de l'Est (Seconde Guerre mondiale)   George Patton   Gerd von Rundstedt   Gold Beach   Groupe d'armées B   Harold Alexander   Heinz Guderian   Henri Amouroux   Hobart's Funnies   Hollande   Hollywood   Il faut sauver le soldat Ryan   Italie   Jeunesses hitlériennes   John Keegan   Jour J   Juno   Juno Beach   L'Aigle   Le Havre   Le Jour le plus long   Le Mans   Liberty ship   Libération (histoire)   Libération de Paris   Lion-sur-Mer   Lisieux   Loire (fleuve)   Lorient   Manche   Manche (mer)   Maquis (résistance)   Maschinengewehr 42   Michael Wittmann   Montgomery   Mortain   Mur de l'Atlantique   Mémorial de Caen   Nantes   Navire de guerre   Normandie   Norvège   Océan Atlantique   Olivier Wieviorka   Omaha Beach   Opération Bagration   Opération Bluecoat   Opération Cobra   Opération Fortitude   Opération Goodwood   Opération Husky   Opération Market Garden   Opération Neptune (Alliés)   Opération PLUTO   Opération Shingle   Opération Spring   Opération Tonga   Opération Torch   Opération Totalize   Organisation Todt   Orne (fleuve)   Ouistreham   Panzer   Panzerdivision   Parachute   Paris   Pas-de-Calais   Patton   Pegasus Bridge   Percy Hobart   Philippe Kieffer   Philippe Leclerc de Hauteclocque   Plages du débarquement allié en Normandie   Planeur   Poche de Falaise   Pointe du Hoc   Pologne   Port (marine)   Port Mulberry   Provence   Péniche   Robert Capa   Roosevelt   Royaume-Uni   Saint-Aubin-sur-Mer (Calvados)   Saint-Laurent-sur-Mer   Saint-Lô   Saint-Malo   Saint-Martin-de-Varreville   Saint-Nazaire   Sainte-Honorine-des-Pertes   Sainte-Mère-Église   Seconde Guerre mondiale   Seine   Steven Spielberg   Sturmgewehr 44   Sword Beach   Tchécoslovaquie pendant la Seconde Guerre mondiale   Tours   Trouble de stress post-traumatique   Tête de pont   Union des républiques socialistes soviétiques   United States Army   Utah Beach   Vierville   Vierville-sur-Mer   Wehrmacht   Winston Churchill  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^