Musique populaire

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La musique populaire est un terme pour désigner un certain type de musique par opposition à la fois à la musique savante et aux différentes musiques traditionnelles.
Musique populaire

La musique populaire est un terme pour désigner un certain type de musique par opposition à la fois à la musique savante et aux différentes musiques traditionnelles.

Définition

Le terme musique populaire est employé selon une définition plus ou moins large. Initialement utilisé pour toute musique hors le classique, sa définition évolue au en excluant la musique folklorique, plutôt appelée musique traditionnelle aujourd'hui. En 1985, Frans Birrer donne quatre définitions pour cette musique :
- Définition normative : la musique populaire est une musique de type inférieur.
- Définition par la négation : la musique populaire est celle qui n'est pas quelque chose d'autre (classique, folk, etc.)
- Définition sociologique : la musique populaire est celle qui est associée à (produite par ou pour) un groupe social particulier.
- Définition technico-économique : la musique populaire est celle qui est diffusée par les mass média et/ou pour des marchés de masse. Ces définitions sont insatisfaisantes. En particulier, il manque une définition qui fasse référence aux caractéristiques musicales, sans laquelle dans toutes ces définitions le mot « musique populaire » pourrait être remplacé par n'importe quel produit de consommation courante. Voici donc quelles sont ces caractéristiques musicales.

Caractéristiques

- La musique populaire est capable de s'inspirer de divers courants de musique savante ou de musique traditionnelle, ou encore, de profiter des plus récentes découvertes en matière de technologie d'enregistrement ou de traitement du son (la musique électronique, par exemple). Plus ou moins dérivée du jazz et des rythmes afro-américains, elle peut également se nourrir de nombreuses traditions musicales non occidentales. Cette facilité n'est pas la moindre de ses caractéristiques : pour elle, en effet, les traditions représentent plus des opportunités stimulant l'inspiration des musiciens en leur permettant de nouvelles réalisations, que des contraintes ou des usages à respecter.
- La musique populaire a hérité du système modal, du système tonal et des instruments de la musique classique. Mais contrairement à cette dernière, sa principale caractéristique est l'oralité dans l'apprentissage comme dans la transmission, sans référence à l'écrit (solfège et partitions).
- La musique populaire se définit avant tout comme la musique la plus consommée dans les pays industrialisés : sa diversité est telle qu'on la trouve dans toutes les cultures à la surface du globe. À l'heure actuelle, peu de groupes sociaux, quelles que soient leurs traditions, peuvent se soustraire à son influence.
- Le terme « musique populaire » est parfois utilisé pour désigner de manière péjorative une musique simple aux paroles faciles. En fait chaque composition musicale, même populaire, est une création originale. La musique populaire est parfois divisée entre trois courants : la musique de variété, la musique d'auteur et la chanson à texte. On les distingue par leur contenu : :
-la musique d'auteur serait porteuse d'un message politique ou philosophique (musique de Georges Brassens, Bob Dylan, Woody Guthrie par exemple), elle est interprétée par des chanteurs dits « engagés » ; :
-la musique de variété évoque des situations sentimentales, dont une nette majorité fait référence à l'amour ; elle est diffusée par des chanteurs de variété (Joe Dassin, Claude François, Bee Gees, Abba). :
-certains chanteurs accordent une importance particulière à la poésie de leurs textes ; on parlera de chansons à texte (Jacques Brel, Yves Duteil, Félix Leclerc). En réalité, cette distinction ne permet pas de classer les auteurs ni même les chansons. Les chanteurs traditionnellement dits "engagés" ont souvent composé plus de chansons d'amour que ne l'ont fait des chanteurs de varieté; inversement, un chanteur de variétés comme Michel Sardou a fait de nombreuses chansons dites "engagées". En outre, l'importance accordée au texte peut être trouvée dans tous les genres: plusieurs chanteurs engagés sont également qualifiés de "chanteurs à texte", voire de "poètes" (Brassens par exemple). Le terme "chanson à texte" relève de la notion subjective d'auteur, l'auteur se voulant plus exigeant au niveau des paroles, de la mélodie, des arrangements, et plus apte à résister à l'effet de mode. Les genres ne sont donc pas cloisonnés: par exemple, Where the Streets Have No Name, du groupe U2, peut être qualifiée à la fois de chanson d'amour, de chanson engagée et de chanson à texte.

Les formes répandues

La musique populaire se base sur quelques standards musicaux et commerciaux. Elle est aussi à l'origine d'un certain vocabulaire.

Musique

- Il s'agit essentiellement de chanson (des paroles soutenues par une musique instrumentale ou un petit chœur).
- Une chanson dure entre 3 et 5 minutes (durée initiale de la face d'un disque vinyle 78 tours ou 45 tours).
- Les paroles utilisent du vocabulaire courant, pour faciliter la mémorisation.
- La musique est essentiellement tonale, écrite dans le mode majeur ou en mode mineur.
- Sa structure repose souvent sur une alternance entre un refrain et quelques couplets (en général, moins de cinq).
- L'ensemble, musique et paroles, est facile à mémoriser par écoute répétée.
- Pour briser la monotonie, il n'est pas rare qu'il y ait un pont musical, au cours duquel des instruments improvisent ou rejouent une partie du thème chanté.
- La musique s'efforce d'être diffusable sur le plus de continents possibles : utilisation d'instruments courants (guitares, claviers, cuivres, cordes, percussions), arrangements musicaux standards, quasi-monopole de la langue anglaise pour les paroles de la version dite « internationale ».

Promotion

- Avant l'invention des médias audios modernes (radio, télévision, disques), la diffusion était assurée par des chanteurs de rue qui vendaient les partitions sur les marchés en entonnant eux-mêmes les chansons.
- La généralisation de la radio a favorisé l'émergence d'une diffusion sur les ondes par des chanteurs qui initialement interprétaient en direct puis se sont enregistrés.
- Aujourd'hui, la diffusion est massive et se fait par ondes radio, par CD et par diffusion de clips vidéo au cours d'émissions de télévision.

Vocabulaire

- Un tube, ou un hit, est une chanson qui a particulièrement « bien marché », c'est-à-dire qu'elle a atteint des sommets de vente.
- Un disque d'or ou de platine récompense l'auteur d'une musique qui s'est bien vendue.
- Un hit-parade, ou chart en anglais, est une compétition permanente de musique populaire organisée par des chaînes de radio ou de télévision. L'objectif est d'être n° 1 (être « au top »), ce qui est théoriquement déterminé par le nombre de disques vendus ou par le vote des auditeurs. Plus longtemps une chanson est en tête du hit-parade, plus elle s'assure une large diffusion, favorisant les retombées commerciales.

Histoire

Les Orphéons

Dès le début du , les orphéons fédèrent les masses. Au tout départ, il s'agit de chorales d'enfants puis d'ouvriers. Quelques noms : Wilhem, pédagogue et fondateur du premier orphéon en 1833. Delaporte qui contribuera dans la seconde partie du à donner une ampleur nationale au mouvement. À partir des années 1850, le terme "Orphéon" désigne les chorales, les fanfares et les orchestres d'harmonies qui ont connus un essor dû au développement de l'industrie des instruments de musique. Les héritiers actuels du mouvement sont le mouvement À cœur joie (chorales) l' UFF (fanfares) la CFBF (batterie-fanfare), la CMF (orchestres d'harmonie, orchestres à plectre). livre de référence : Les Travaux d'Orphée, Philippe Gumplowicz, éd. Aubier, 2001. Le chanteur de rue est une personne (homme ou femme) qui chante sur la voie publique dans l'espoir de recueillir quelque argent de la part de ses auditeurs. Le principe est de captiver le maximum d'auditoire en un temps très court. Pour ce faire, le chanteur s'appuie sur une musique mélodieuse et/ou un texte accrocheur. Très populaires avant l'invention des média modernes (radio, télévision, enregistrement sonore), ils ont largement contribué à la diffusion d'idées ou d'informations au même titre que les journaux. En effet, en dehors de quelques grands standards de la musique populaire, leur répertoire s'inspirait souvent de faits majeurs ou de faits divers remarquables, assurant une publicité à ces évènements. Habitués à se mettre en public dans des conditions difficiles, les chanteurs de rue avaient souvent une personnalité originale et extravertie. L'augmentation du volume sonore lié à la vie moderne, la difficulté d'occuper la voie publique, l'accusation de mendicité et surtout la banalisation des enregistrements sonores ont réduit la présence des chanteurs de rue. Il en reste malgré tout, y compris officiellement (cf. la politique d'accréditation des par la RATP). Une profession connexe était celle de marchand de musique sur feuilles volantes, profession aujourd'hui disparue en Europe. Il s'agit de personnes qui vendaient des partitions de chant en entonnant elles-mêmes la musique. Ils parcouraient les rues des villes ou se déplaçaient de foire en foire. Ils proposaient leurs chansons sous forme de feuille volante, souvent grossièrement imprimée, à des personnes qui ne savaient globalement pas lire la musique mais qui étaient intéressées soit par la mélodie, soit par le texte de la chanson. Certains marchands de musique ne savaient eux-mêmes pas déchiffrer une partition, mais avaient une bonne mémoire des airs. Leurs feuilles volantes sont une mine d'information sur les idées, les coutumes et les centres d'intérêt des Européens au et au début du . On peut aussi noter la fête de la musique en France, le 21 juin, où chaque musicien peut utiliser librement l'espace public pour faire connaître ses talents de compositeurs ou d'interprète. Créée en 1982 à l'initiative du ministre de la Culture de l'époque, cette fête jouit d'une grande popularité parmi les gens de tous âges et de toutes classes sociales. L'idée a depuis été reprise par plus de 100 pays.

Enjeux économiques

Il est notable que l'aspect commercial et promotionnel soit une caractéristique dominante de la musique populaire depuis la 2e moitié du : première en terme de part de marché dans le monde de la musique, la musique populaire est l'objet d'enjeux commerciaux énormes pour les producteurs de musique, ce qui justifie l'emploi de méthodes marketing poussées, identiques à celles utilisées pour les produits de consommation courante (méthodes dites des « grands lessiviers » : Procter & Gamble, Henkel, etc.). C'est ainsi qu'une musique fait l'objet d'une « politique de lancement » pour toucher une « cible privilégiée », qu'on « fait la promotion » d'un nouveau chanteur en espérant que ses ventes « décollent », ou qu'on résilie le contrat d'un chanteur qui ne « se vend plus assez » (Jacques Higelin) ou dont le genre « arrive en fin de vie » (Claude Nougaro), quitte à le rappeler s'il « rebondit ». Les droits d'exploitation des musiques les plus populaires représentent une source importante de revenus que l'on ne cède pas facilement, cf. les vaines tentatives de Johnny Hallyday pour récupérer les originaux de ses enregistrements. La principale production de musique populaire est donc le résultat d'une politique visant à générer du profit. A contrario, les musiciens qui se lancent dans ce genre musical sont plus motivés par la musique que par l'aspect mercantile. Il en résulte des tensions permanentes dans le monde de l'industrie musicale. Ces enjeux commerciaux sont surtout le fait des grandes majors du disque (Universal, EMI, Sony, BMG) qui utilisent la musique pour faire du profit. Les maisons de disques indépendantes (ex:tôt ou tard, naïve...) jouent un rôle important dans l'émergence de nouveaux talents. Certains musiciens ne trouvant pas de maisons de disque s'autoproduisent mais il bénéficient alors d'une distribution et d'une visibilité réduite.!

Présence amateur

Si l'enregistrement de musique en studio fait toujours appel à des professionnels, la musique populaire est la musique la plus jouée (chantée) par des non professionnels. Parce qu'elle est faite pour être mémorisée et qu'elle nécessite peu de connaissances musicales, cette musique est facile à interpréter. De nombreux « groupes de garage » se créent dans le but d'interpréter leur musique préférée à partir des enregistrements de leurs vedettes. Les plus talentueux et les plus constants pourront même arriver à jouer en public (soirées privées, clubs d'étudiants, bals, etc.). Ce type de réinterprétation à partir des disques a remplacé le modèle de la musique traditionnelle basé exclusivement sur la transmission par bouche à oreille ; sociologiquement, il remplit la même fonction. Bien qu'inférieur au niveau de connaissance exigé en musique classique, le niveau musical nécessaire pour jouer la musique populaire tend à s'élever. Comme l'a dit Gilles Servat sous forme de boutade : « Il n'est pas nécessaire de connaître le solfège pour jouer de la musique, mais ça aide ! ». De nombreux groupes de rock, de pop ou de jazz ont commencé par faire de la musique sous cette forme. Parmi les plus célèbres on peut citer les Beatles et les Rolling Stones. Le karaoké est également une forme de réinterprétation devenue courante : à partir d'un enregistrement de l'arrangement musical « réputé exact », un soliste au micro chante la mélodie. Très utilisé dans les soirées conviviales et exclusivement basé sur des chansons à succès, le karaoké laisse une part d'interprétation au soliste. A noter aussi une arrivée de musiciens amateurs qui profitent de la vulgarisation des outils d'enregistrement et de reproduction (stations de mixage, samplers, logiciels de mixage, graveurs de CD, etc.) pour autoproduire leur musique et n'hésitent plus à la diffuser, par internet notamment.

Bibliographie

-Gilles Servat, Chantez la vie, l'amour et la mort. Une chanson où l'auteur, chanteur engagé, explique ce qu'est pour lui une chanson populaire.
- Frans A. J. Birrer, Definitions and research orientation: do we need a definition of popular music? (Définitions et axe de recherche : avons-nous besoin d'une définition de la musique populaire ?), 1985, in D. Horn, ed., Popular Music Perspectives, 2 (Gothenburge, Exeter, Ottawa and Reggio Emilia), p.99-106. ==
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