Missile balistique

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Tir d'un missile Titan II depuis son silo; cet engin fut opérationnel à partir de 1962. Un missile balistique est un missile dont une partie de la trajectoire est balistique, c'est-à-dire influencée uniquement par la gravité et la friction aérodynamique (traînée). La phase balistique est précédée par une phase d'accélération alimentée par un moteur-fusée donnant à l'engin l'impulsion nécessaire pour atteindre sa cible. Si certains missiles anti-char, anti-aéron
Missile balistique

Tir d'un missile Titan II depuis son silo; cet engin fut opérationnel à partir de 1962. Un missile balistique est un missile dont une partie de la trajectoire est balistique, c'est-à-dire influencée uniquement par la gravité et la friction aérodynamique (traînée). La phase balistique est précédée par une phase d'accélération alimentée par un moteur-fusée donnant à l'engin l'impulsion nécessaire pour atteindre sa cible. Si certains missiles anti-char, anti-aéronef ou anti-navire sont balistiques, il est inhabituel d'en parler comme tels. Par conséquent, cet article décrit uniquement les missile balistique tactiques ou stratégiques, ce qui est le sens habituel du terme. Ces deux catégories sont distinguées par le rôle du missile dans le cadre de la politique de défense de l'Etat qui en dispose.
- Le missile tactique (dit aussi opérationnel ou de théâtre) est destiné à étendre la capacité offensive des forces armées au delà de celle de l'artillerie traditionnelle. Généralement sa portée se limite à quelques centaines de kilomètres et il est doté d'une charge conventionnelle.
- Le missile stratégique est destiné à un rôle dissuasif ou d'intimidation. Il est généralement doté d'une charge non-conventionnelle, particulièrement nucléaire. Par sa capacité à frapper les intérêts de l'ennemi sans réelle possibilité d'interception, il permet à l'Etat en disposant d'attaquer même lorsque ses forces armées ne sont pas en mesure de le faire. Du fait de l'impact politique et social du missile balistique stratégique doté d'une charge nucléaire depuis la fin de la seconde guerre mondiale, il n'est pas rare que le terme «missile balistique» soit utilisé en parlant de cette arme.

Composition

Sur le principe, il s'agit simplement d'une fusée trop peu puissante (ou trop chargée) pour atteindre la satellisation. Historiquement, nombre de lanceurs spatiaux sont d'ailleurs dérivés plus ou moins directement de missiles balistiques. L'engin se compose de plusieurs étages, le ou les premiers contenant le carburant et les moteurs tandis que le dernier étage contient la charge utile. Lors de la phase propulsée, le missile gagne de l'altitude et de la vitesse, les différents étages de propulsion se séparent au fur et à mesure de la montée. Après arrêt du fonctionnement de tous les étages propulsifs, la tête contenant la charge utile continue sa route sans aucune propulsion, suivant une trajectoire balistique (d'où le nom du missile).

Case à équipements

Tous les équipements servant au fonctionnement du missile (mais c'est la cas également pour les fusées lanceurs d'engins spatiaux) sont regroupés dans une case à équipements (Equipment bay, en anglais) : pilotage, guidage, alimentation électrique, télémétrie, gestion de la charge utile, etc., le tout géré généralement par un ordinateur embarqué.

Histoire

Une copie de missile allemand V2 au musée de Peenemünde Le premier engin que l'on puisse qualifier de missile balistique est la fusée V2, d'une portée de 200 km environ, développée par l'Allemagne nazie dès 1938 et utilisé pendant la Seconde Guerre mondiale. Dès la fin de la guerre, les Etats-Unis d'Amérique et l'URSS se lancent dans le développement de missiles balistiques tactiques, d'abord basés sur le V2 comme le Scud-A puis de plus en plus sophistiqués. Ces deux pays resteront seuls à la pointe de la technologie des missiles balistiques tout au long de la guerre froide et jusqu'à aujourd'hui. Dans les années 1950 et 1960, la portée des missiles va augmenter de manière spectaculaire. En URSS par exemple, un missile vole 550 km en 1949 (R-2), 1 200 km en 1955 (R-5), 8 000 km en 1957 (R-7), 13 000 km en 1961 (R-9) pour atteindre une portée planétaire en 1965 (R-36O). Souvent armés de charges nucléaires et du fait de leur portée toujours plus grande, les missiles balistiques ont un intérêt stratégique évident. Aux États-Unis d'Amérique, c'est en 1959 qu'est mis en service le premier missile balistique à portée intercontinentale spécifiquement dédié à un rôle stratégique: le missile Atlas d'une portée de 11 000 km qui sera par la suite utilisé comme fusée pour le programme Mercury. En 1960, un missile américain Polaris est lancé depuis un sous-marin. Bien qu'ayant une portée inférieure à 2000 km il sera traité, ainsi que tous les missiles balistiques lancés par un submersible, comme un missile stratégique. En effet, sa capacité d'être lancé à proximité du territoire ennemi lui donne un évident effet dissuasif. Durant les années 1970 et 1980 le problème de la portée des missiles stratégiques devient caduc : on sait attaquer n'importe quel point du territoire ennemi. D'autres propriétés sont recherchées.
- Afin d'augmenter la probabilité de détruire des cibles durcies pour lesquels même l'arme nucléaire doit être appliquée avec précision (silos de missiles en particulier) on améliore le guidage de l'arme. Des précisions de l'ordre de 200-300 m sont obtenues dans les années 80 comme sur le SS-18.
- Afin de rendre le système de missile plus résistant aux attaques on réduit la taille de l'engin, ce qui permet de le rendre mobile. Des missiles stratégiques sont installés sur des trains ou des camions. Les silos blindés deviennent eux-aussi plus résistants car les missiles qu'ils contiennent sont plus petits.
- Enfin, vu le coût prohibitif des missiles et les besoins de destruction totale que la doctrine stratégique de l'époque demande, on installe sur un seul missile parfois jusqu'à 13 ogives atomiques séparées. Le développement des missiles balistiques tactiques continuera en parallèle avec celui des missiles stratégiques, mais avec moins d'urgence. En 1988, le traité américano-soviétique sur les forces nucléaires à portée intermédiaire interdit la possession de missiles sol-sol nucléaires ou conventionnels dont la portée est comprise entre 500 km et 5 500 km. Ceci stoppe définitivement le développement de missiles balistiques tactiques dans ces deux pays. D'autres pays, tels le Pakistan, l'Inde, Israël, l'Iran ou la Corée du Nord continuent aujourd'hui à développer des missiles balistiques tactiques.

Typologie

Un missile américain Trident II tiré depuis un sous-marin perce la surface de l'eau. On distingue :
- Les missiles balistiques à courte portée (SRBM : Short Range Ballistic Missile) ou missiles tactiques. Leur portée est inférieure à 800 kilomètres. Exemples : Pluton, Scud, Pershing MGM-31.
- Les missiles à portée "moyenne" (MRBM : Medium Range Ballistic Missile), qui ont une portée comprise entre 1000 et 3000 kilomètres. Exemples : Shahab-3, Nodong-1, Jericho II.
- Les missiles à portée intermédiaire (IRBM : Intermediate Range Ballistic Missile), qui ont une portée comprise entre 2400 et 6400 kilomètres. Exemples : S3B, SS-20.
- Les missiles à longue portée (ICBM : InterContinental Ballistic Missile), qui ont une portée qui va de 6 000 à 13 000 kilomètres. Exemples : Topol-M, Peacekeeper, SS-18.
- Lorsqu'ils sont lancés depuis des sous-marins, les missiles sont désignés SLBM : Submarine Launched Balistic Missile. Exemples : Missile M45, Missile Polaris, Missile Poseïdon

Liste des principaux missiles balistiques

Les tables suivantes indiquent les principaux types de missiles balistiques qui sont ou ont été en service dans le monde. Les différents modèles pour un même type d'engin ne sont pas indiqués. Et les caractéristiques indiquées s'appliquent au premier modèle mis en service. Pour chaque missile, les données suivantes sont incluses.
- Pays: Le pays où l'engin à été développé.
- Dépl.: L'année de mise en service (déploiement) du premier modèle pour ce type d'engin.
- Ogives: Le nombre d'ogives séparées transportées par le missile.
- Charge: La puissance explosive d'une ogive transportée. Pour les armes nucléaires, elle est mesurée en milliers de tonnes d'équivalent TNT (kt) ou en million de tonnes (Mt).
- Masse: La masse du missile au lancement, y compris son carburant.
- Propulsion: Le nombre d'étages de propulsion et leur type. Pour chaque étage, on indique en fonction du combustible soit kér. (kérosène et oxygène liquide), soit hyp. (ergols hypergoliques), soit sol. (ergols solides). Certains missiles disposent d'un moteur supplémentaire pour l'insertion des ogives dans l'atmosphère qui n'est pas mentionné dans la table.
- Portée: La distance maximale que le missile peut parcourir.
- Précision: Le rayon d'un cercle centré sur la cible à l'intérieur duquel la moitié des missiles de ce type atterriront.
- Tir: Le type de pas de tir utilisé; mobile signifie sur camion ou sur rail. Pour les missiles navals, si le missile est tiré en surface ou depuis un sous-marin submergé. Vu la nature sensible des informations sur la plupart de ces engins, les valeurs ci-dessous sont sujettes à des imprécisions importantes.

Stratégiques sol-sol

Stratégiques mer-sol

Tactiques

Autres missiles balistiques par pays

Argentine

-Condor

Corée du Nord

-Nodong-1
-Taepodong-1
-Taepodong-2

Inde

-Agni
-Prithvi
-Surya

Iran

-Shahab-3
-Shahab-4
-Shahab-5

Pakistan

-Abdali-I
-Ghauri-I
-Ghauri-II
-Ghauri-III
-Ghaznavi
-Hatf-I/IA
-Shaheen

Voir aussi

- Missile balistique intercontinental ==
Sujets connexes
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