François de Sales

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Saint François de Sales (1567–1622) était l'évêque de Genève mais installé à Annecy, car le siège de l'évêché y avait été transféré depuis que la Réforme protestante s'était installée dans la cité rhodanienne. Théologien et grand prêcheur, fondateur de l'ordre religieux de la Visitation, il fut proclamé bienheureux, puis saint et enfin Docteur de l'Église. Le 24 janvier est son jour consacré.
François de Sales

Saint François de Sales (1567–1622) était l'évêque de Genève mais installé à Annecy, car le siège de l'évêché y avait été transféré depuis que la Réforme protestante s'était installée dans la cité rhodanienne. Théologien et grand prêcheur, fondateur de l'ordre religieux de la Visitation, il fut proclamé bienheureux, puis saint et enfin Docteur de l'Église. Le 24 janvier est son jour consacré.

Biographie

Jeunesse

François de Sales est né le 21 août 1567 au château de Sales près de Thorens-Glières, à une vingtaine de kilomètres au nord d'Annecy. Son père, François de Sales, seigneur de Boisy, et sa mère, Françoise de Sionnaz, appartenaient à de vieilles familles aristocratiques de la Savoie, dans une famille catholique. Le futur saint est l'aîné de six frères. Lors de son baptême, il reçoit le prénom de « François » en vénération pour François d'Assise. Durant les premières années de sa vie, il est éduqué chez des nourrices dévotesSaint François de Sales et ses amitiés, Maurice Henry-Coüannier, Monastère de la visitation, 1979, p11 à 14. puis par un précepteur. Son père, l'envoya à l’âge de 6 ans aux collèges de La RocheVie de Saint François de Sales, par Hamon, révisée par Gonthier et Létourneau (Lecoffre, 1909, 2 vol.) p 23 et d'Annecy, où il fut un bon élèveHistoire du Bienheureux François de Sales, par son neveu Charles-Auguste de Sales (réédité en 1879, Vivès, 2 vol.) Chapitre I, p7. À dix ans il fit sa première communion et sa confirmationSaint François de Sales et ses amitiés, par Maurice Henry-Coüannier, Monastère de la visitation (édité en 1979), p17-18. À onze ans il demanda pour la première fois à devenir prêtre, ce qui lui fut refusé, ses parents le jugeant immature. Son père, qui le destinait à la magistrature, l’envoya de 1583 à 1588, continuer ses études à Paris, au collège de Clermont (fondé par des Jésuites, aujourd’hui disparu et remplacé par le Lycée Louis-le-Grand), où il étudia la rhétoriqueSaint François de Sales et ses amitiés, par Maurice Henry-Coüannier, Monastère de la visitation (édité en 1979) p21, mais aussi le latin, le grec, l’hébreu, la philosophie et la théologieHistoire du Bienheureux François de Sales, par son neveu Charles-Auguste de Sales (réédité en 1879, Vivès, 2 vol.) Chapitre I p12 Saint François de Sales, par Margerie (Lecoffre 1913, Collection Les Saints) Chapitre I 48, lui permettant ainsi d’ « apprendre les exercices de la noblesse »Histoire du Bienheureux François de Sales, par son neveu Charles-Auguste de Sales (réédité en 1879, Vivès, 2 vol.) Chapitre I p 10. Dans le même temps il eut une vie de prière importante, ainsi que de pénitence. Il tira de ce séjour un grand amour pour la France, pays pourtant souvent en conflit avec le sien, la Savoie, mais dont il se sentait proche par la géographie, la manière de vivre et la langue. François de Sales à 12 ans étudiant à Paris Château de Thorens C'est à Paris qu'il commença à étudier la théologie. Les discussions sur la prédestination le jetèrent longtemps dans un terrible désespoir dont il se sentit soudain libéré alors qu'il s'agenouillait devant une image miraculeuse de la Vierge. Il fit alors vœu de chasteté et se consacra à elle. En 1588 il quitta Paris et rentra en Savoie après 6 ans d’absence. Son père décida alors de parfaire ses études en l’envoyant voyager et étudier en Italie. En 1588 il étudia le droit à Padoue, grande ville intellectuelle de l’époqueSaint François de Sales et ses amitiés, par Maurice Henry-Coüannier, Monastère de la visitation (édité en 1979) p 30, où le père jésuite Possevin fut son directeur spirituel, et il suivait des cours de théologie en supplément de ses cours ordinaires car, disait-il à un ami : « J'ai étudié le droit pour plaire à mon père et la théologie pour me plaire à moi-même ». Dans cette université, aux mœurs fort relâchées, notre jeune homme eut bien du mal à défendre sa vertu, et il lui fallut même une fois tirer l'épée pour se défendre contre une bande de ruffians. Cependant refusant la vie mondaine, il garda une vie très austère. Il tomba gravement malade, et croyant mourir il demanda même que l’on donne son corps à la science : « qu’au moins, je serviray de quelque chose au public puisque je n’ay servi de rien en ma vie »Histoire du Bienheureux François de Sales, par son nepveu Charles-Auguste de Sales (réédité en 1879, Vivès, 2 vol.), Chapitre I p 37. Il guérit quelque temps plus tard, et au bout de deux ans d’études à Padoue il reçut son diplôme de doctorat des mains du fameux Pancirola en 1592. Il fit alors un voyage à travers l’Italie, à Lorette, Rome, Venise puis retourna en SavoieSaint François de Sales et ses amitiés, par Maurice Henry-Coüannier, Monastère de la visitation (édité en 1979) p34. Quand il revint en Savoie en 1593, son père lui donna des terres, ainsi qu’un titre afin qu’il devienne avocat au Sénat de ChambéryHistoire du Bienheureux François de Sales, par son neveu Charles-Auguste de Sales (réédité en 1879, Vivès, 2 vol.) Chapitre I p50. Il était sur le point d'être nommé sénateur. Tandiqs que son père lui avait choisi une des héritières les plus nobles de Savoie pour devenir sa partenaire de vie future, François lui fit savoir son intention d'embrasser la vie religieuse. Une lutte acharnée s'ensuivit entre le fils et le père qui n'admettait pas de voir ses attentes ainsi contrariées. C'est alors que Claude de Granier, évêque de Genève, obtint pour François, de sa propre initiative, la position de prévôt du chapitre de Genève, un poste qui dépendait du pape. C'était l'office le plus élevé dans le diocèse, son père céda et François reçut les ordres sacrés le 12 juin 1593.

Prêtre et prédications

Depuis la Réforme protestante, et l’émergence du Calvinisme, le siège de l'évêché de Genève avait été transféré à Annecy. C'est là que le nouveau prévôt se consacra à la prédication, à la confession et aux autres tâches de son ministère. La réforme s'était répandue à la faveur d'une brève domination bernoise (1535-1564) et le Chablais avait gardé depuis la nouvelle religion. Le duc Emmanuel-Philibert de Savoie, satisfait d'avoir repris le pays, s'était montré fort tolérantd’après l’Encyclopœdia Britannica, mais son fils Charles-Emmanuel de Savoie voulait quant à lui faire revenir le catholicisme dans toutes les régions qui étaient sous sa domination dont le Chablais, "par la douceur si l'on pouvait, par la violence s'il le fallait". Ainsi Charles Emmanuel demanda à l’évêque de Claude Granier, d’envoyer des missionnaires en 1594, François de Sales se proposa alors afin de ramener au catholicisme le Chablais.

François de Sales missionnaire dans le Chablais

Il établit son quartier général à la forteresse d'AllingesSaint François de Sales et ses amitiés, par Maurice Henry-Coüannier, Monastère de la visitation (édité en 1979), p54 , voyageant dans tout le pays et prêchant au risque de sa vielEncyclopedia Catholica. Il fit ses premiers sermons à Thonon, sur l’autorité de l’Église Catholique et la succession apostolique, ainsi que sur les points de divergences entre catholiques et protestants. Très vite cependant une ordonnance publique interdisait à tout calviniste de l’écouter. Comme les hérétiques refusaient d'assister à ses sermons, il les fit imprimer sur des feuilles volantes pour les distribuer à la population, ce qui à l'époque était une innovation majeure dans la communication. C'est pour cette raison que l'Église romaine fera de lui le saint patron des journalistes et des écrivains. Une partie de ses sermons écrits ont été réunis et publiés sous le titre : Les controverses. Il s'installa alors à Thonon, principale ville du Chablais, chez madame de Foug Rue de Vallon à Thonon-les-Bains. On tenta de le tuer, mais François de Sales refusa toute escorte affirmant qu’il ne voulait pas prendre les armes et rester un apôtre, voulant se différencier de CalvinLa vie du vénérable serviteur de Dieu, François de Sales, par Messire Henry de Maupas de Tour, 1869, p 81. Outre les conversions du seigneur d'Avully et de l'avocat Poncet, il ne réussit cependant à convertir que très peu de personnes ; ainsi au bout d’un an, il écrivit à Charles-Emmanuel de Savoie : « on a commencé de prêcher icy, avec fort peu de fruict ». Toutefois il put, suite à sa renommée de plus en plus grande en Chablais, commencer à discuter avec des ministres de la ville et en public d’arguments de foiSaint François de Sales et ses amitiés, par Maurice Henry-Coüannier, Monastère de la visitation (édité en 1979), p69 à 77. C'est ainsi que la conversion du seigneur d'Avully intervint suite à un débat en public que lui avait demandé Antoine de la Faye, un professeur de philosophe calvinisteHistoire du Bienheureux François de Sales, par son nepveu Charles-Auguste de Sales (réédité en 1879, Vivès, 2 vol.) Vol I, p 128-129. François de Sales demanda alors l'appui du duc de Savoie, qu'il eut, lui permettant de rétablir la messe à Thonon, ainsi que de commencer à recevoir des biens que l'Ordre de saint Maurice avait pris, avec l'accord du pape, afin d'éviter le pillage lors de la guerre qui entraîna la domination bernoise Saint François de Sales et ses amitiés, par Maurice Henry-Coüannier, Monastère de la visitation (édité en 1979), p84 à 90. À la fin de l'année François de Sales reçut du pape Clément VIII l'ordre de discuter avec Théodore de Bèze, que l'on surnommait le "Patriarche de la Réforme". Ce dernier le reçut aimablement et aurait été troublé quelque temps par ses arguments mais n'aurait pas eu le courage de franchir le pasC'est au moins ce que raconte la ; on ne lira bien sûr rien de tel dans la protestante (accessible seulement sur inscription). François de Sales recevant les bulles du pape Clément VIII Une grande partie des habitants du Chablais n'en était pas moins revenue au catholicisme entre 1597 et 1598). L'évêque Claude de Granier choisit alors François comme coadjuteur (1598), malgré son refus. Il accepta mais tomba gravement malade pendant plusieurs moisOn ne sait pas grand chose de sa maladie, elle est décrite comme une fièvre, ce qui nous donne peu d'indications ; pour l'anecdote il aurait été guéri par un bouillon d'or potable, Saint François de Sales et ses amitiés, par Maurice Henry-Coüannier, Monastère de la visitation (édité en 1979), p97. Durant l’été 1598, le cardinal-légat de Médicis (futur pape Léon XI) fit une visite dans le Chablais, le duc de Savoie Charles-Emmanuel de Savoie organisa alors une somptueuse fête dans l’église Saint-Augustin. Il y eut plus de 2300 convertis en onze joursla Liste serait visible aux archives du Vatican. Suite à cette fête, Charles-Emmanuel de Savoie, décida de restaurer complètement le catholicisme dans le Chablais en employant un plan de coercition (qui annonçait celui que Louis XIV emploierait plus tard contre les protestants français) : confiscation et destruction des livres protestants, expulsion des ministres calvinistes avec interdiction d’exercer toute charge publiqueHistoire du Bienheureux François de Sales, par son neveu Charles-Auguste de Sales (réédité en 1879, Vivès, 2 vol.) Vol I, p 214 à 217. Il fit venir des Jésuites et des moines, dont les arguments étaient renforcés par des troupes de militaires, composées de vétérans des guerres indiennes au Mexique, et qu'on faisait loger chez les habitants réfractaires. Quant à ceux qui persistaient, Charles-Emmanuel de Savoie leur offrit l’alternative de se convertir ou de partir en exil dans les trois joursSaint François de Sales et ses amitiés, par Maurice Henry-Coüannier, Monastère de la visitation (édité en 1979), p101 à 103. En fin d'année 1598, l'evêque Claude de Granier envoya François de Sales auprès du pape afin de lui présenter des requêtes et postuler les bulles de co-adjuteur. Ayant entendu parlé de François de Sales par le cardinal-légat de Médicis, le pape Clément VIII, assisté de trois théologiens, décida de l'"examiner" et de le confirmer commme coadjuteur de l'évêque de Genève. Après avoir attendu trois mois les bulles du pape, sur le chemin du retour, il passa à Turin afin de récupérer et de restituer aux paroisses du Chablais les biens qui étaient détenus par l’Ordre de saint Maurice. Durant les deux années qui suivirent François de Sales réorganisa la région (administration, problèmes d’économie, lutte avec l’Ordre de saint Maurice), dont il reste peu de traces. En 1600, le duc Charles-Emmanuel Ier de Savoie entra en conflit avec le roi de France Henri IV; pendant cette période de guerre qui se termina par le Traité de Lyon, une partie des biens régionaux furent pris par les calvinistes. Lors de sa visite en 1600, Henri IV se rendit à Annecy, (ville allié du roi de France et siège de l'évêché de ChablaisSaint François de Sales et ses amitiés, par Maurice Henry-Coüannier, Monastère de la visitation (édité en 1979), p107) et rencontra l'évêque Claude de Granier ainsi que François de Sales à qui il promit de protéger tout ce qu'il avait fait dans cette régionHistoire du Bienheureux François de Sales, par son nepveu Charles-Auguste de Sales (réédité en 1879, Vivès, 2 vol.) Vol I, p 293. En 1602, Claude de Granier envoya François de Sales en mission diplomatique à Paris, auprès du roi Henri IV, afin d'obtenir de lui que les biens confisqués lors de la guerre de Savoie fussent rendus au clergé. Au cours de ce voyage, il commença à connaître une réelle renommée suite aux prêches qu'il fit à la cour. Il eut même quelques entretiens avec le roi de France qui lui demanda de devenir archevêque, ce qu'il refusa. Au cours de ces neufs mois passés à Paris, il rencontra la mystique Marie de l'Incarnation (future bienheureuse), et l'aida dans la mission qu'elle s'était donnée d'introduire pour la première fois en France l'Ordre du Carmel. Lorsqu'il rentra en Savoie, il apprit la mort de l'évêque Claude de GranierSaint François de Sales et ses amitiés, par Maurice Henry-Coüannier, Monastère de la visitation (édité en 1979), p114 à 130.

Évêque

Blason de Saint Francois de Sales Le 8 décembre 1602, François de Sales accéda au siège épiscopal de Genève. En tant que nouvel évêque, il institua le catéchisme afin de diffuser et de faire connaître au peuple la foi catholique. En mars 1604, on réclama François de Sales afin qu'il vienne faire les sermons du carême à Dijon, ce qu'il accepta. C'est dans cette ville qu'il rencontra deux de ses plus grandes disciples, Jacqueline Coste, ancienne servante de Genève, mais aussi Jeanne de Chantal. En voyant cette dernière, il crut reconnaître la personne qui, lui étant apparue lors d'une vision, devait fonder un nouvel ordre religieux
Sainte Jeanne-Françoise de Chantal. Mémoire sur sa vie et ses vertus, par Mère F.-M de Chaugy (Plon 1893) p 42La vie du bienheureux Mre François de Sales, par le R. P. Dom Jean de Saint-François p 225Histoire du Bienheureux François de Sales, par son nepveu Charles Auguste de Sales (réédité en 1879), p337. De cette période commença une correspondance entre François de Sales et plusieurs personnes qui seront à l'origine de son ouvrage Introduction à la vie dévote, dans lequel il pousse à la prière mais avant tout à la charité. Quelque temps plus tard, il devint le directeur spirituel de Jeanne de Chantal, lui ordonnant : "Il faut tout faire par Amour, et rien par force, il faut plus aymer l'obéissance que craindre la désobéissance". Une partie de leurs échanges a pu être retrouvée et publiéeSainte Jeanne-Françoise de Chantal. Mémoire sur sa vie et ses vertus, par Mère F.-M de Chaugy (Plon 1893) p 65 à 80. François de Sales était aussi un écrivain remarquable, et le premier à utiliser le français contemporain afin de se rapprocher de ses lecteurs. En 1607 avec le juriste Antoine Favre, président du Sénat de Savoie, il fonde l'Académie florimontane qui regroupe ses membres parmi l'élite intellectuelle et artistique de la région. Cette fondation, voulue pour éduquer et instruire, inspira peut être, 28 ans plus tard, la création de l'Académie française par RichelieuSaint François de Sales et ses amitiés, par Maurice Henry-Coüannier, Monastère de la visitation (édité en 1979), p175 à 180. En 1609, François de Sales reçut l'ordre de rétablir l'ordre de saint Benoît dans l'abbaye de Talloires, ce qu'il fit. Il se lia d'amitié avec Jean-Pierre Camus, l'évêque de Bellay, qui plus tard écrira l'une des premières biographies du saint, Esprit du Bienheureux François de Sales. Quelque temps plus tard, le pape Paul V l'envoya en mission diplomatique en Franche-Comté afin de régler le litige sur la propriété des sources de Salins qui opposait le clergé et la famille des HabsbourgSaint François de Sales et ses amitiés, par Maurice Henry-Coüannier, Monastère de la visitation (édité en 1979), p215 à 223.
- Introduction à la vie dévote C'est au cours de l'année 1609 qu'il écrivit son oeuvre la plus connue Introduction à la vie dévote. Au début, François de Sales écrivait de nombreux conseils à sa cousine qui voulait apprendre à être dévote, et connaître une vie de prière. François de Sales écrivait donc à sa cousine Madame de Charmoisy, lui prodiguant des conseils spirituels. Or celle-ci faisait lire les lettres de François de Sales autour d'elle, jusqu'à ce qu'un jésuite lui demanda de les publier. François de Sales accepta donc de reprendre les lettres et de publier après quelques retouches les lettres sous le titre d
Introduction à la vie dévote. Le langage et le style utilisés étaient très simple pour l'époque, sans citations latines ni grecques, permettant une lecture beaucoup large que les traités spirituels de l'époque. Le livre, ayant eut très vite un énorme succès, fut ainsi réimprimé plus de quarante fois du vivant de François de Sales, et Henri IV lui même le lut ainsi que son épouse qui en offrit un exemplaire "orné de diamants", au roi d'Angleterre. Cet ouvrage, proposant des conseils de prières aux hommes et aux femmes, se divise en cinq parties. La première partie enseigne comment passer du désir de Dieu à sa réalisation, la deuxième partie cherche à apprendre la perfection, la troisième partie sur la pratique des vertus, la quatrième partie indique les obstacles à la prière et enfin la façon de renouveler la ferveur du dévot Saint François de Sales et ses amitiés, par Maurice Henry-Coüannier, Monastère de la visitation (édité en 1979), p200 à 210.
- Fondation de l'Ordre de la Visitation 1610: Saint François remet les règles aux sœurs de l'Ordre de la Visitation Les premiers projets de l'Ordre de la Visitation apparurent vers les années 1608-1610. François de Sales entretenait une correspondance épistolaire avec Jeanne de Chantal, or celle-ci était veuve mais voulait devenir religieuse. François de Sales ne voulait pas créer de nouvel ordre religieux avant que Jeanne de Chantal ait éduqué ses enfants. Il attendait donc le moment propice, mais les correspondances et les écrits des deux fondateurs nous indiquent que le projet était déjà en place. Pendant cette période Jeanne de Chantal était en Bourgogne, et ne correspondait avec François de Sales que par courrier. Ce n'est qu'en 1609 que Jeanne de Chantal vint à Annecy durant un mois, et repartit en Bourgogne, projetant de fonder l'ordre religieux. Suite à la mort de sa mère, François de Sales renonça à tous ses titres de noblesse. Quelque temps plus tard, le dimanche 6 juin 1610, il fonda l'Ordre de la Visitation avec la baronne Jeanne de Chantal (qui deviendra elle-même sainte de l'église catholique), et avec Charlotte de Bréchard. Pour créer son ordre, il choisit une minuscule maison édifiée sur le premier contrefort du Semnoz. La cave, conservée, a été aménagée en oratoire, et des pèlerins du monde entier viennent aujourd'hui encore visiter le berceau de l'ordre. François de Sales choisit le nom de "filles de la Visitation" "parce qu'en visitant les pauvres, elles devraient imiter Marie, quand elle visita Elisabeth portant la grande joie qu'était en elle". Pour cet ordre devant se consacrer à la contemplation, mais aussi à l'aide des pauvres et au travail ménager, François de Sales recommande l'une de ses maximes les plus connues : "traités des affaires de la terre avec les yeux fichés au ciel... Tout ce qui se fait pour l'amour est amour...Lettre de Saint François de Sales à Jeanne de Chantal lors du début de l'ordre de la Visitation, Oeuvre de saint François de Sales, édition complète (imp. Niérat 1892-1919, volume XV p 101". L'Ordre de la Visitation comportera à son apogée 87 monastères dans toute l'Europe. De 1610 à 1615, François de Sales va connaître des périodes difficiles. Ainsi de 1610 à 1613, le duc de Savoie refusera qu'il sorte de Savoie afin de répondre aux invitations des évêques français. Ce refus était motivé par la crainte que François de Sales aurait pu comploter au profit du roi de France, il dut donc, à de multiples reprises, prouver son innocence. Plus tard, plusieurs personnes cherchèrent à salir la réputation de François de Sales. Ainsi un faussaire imita son écriture et écrivit un billet doux, faisant naître des rumeurs sur la vie de François de Sales notamment auprès du duc de NemoursSaint François de Sales et ses amitiés, par Maurice Henry-Coüannier, Monastère de la visitation (édité en 1979), p263 à 271. Il réussit cependant a être innocenté. Durant cette période François de Sales commençait à jouir d'une réputation de sainteté, et de nombreuses personnes malades venaient le voir dans l'espoir d'une guérison. François de Sales leur affirmait donc qu'il ne guérissait pas mais que Dieu seul pouvait faire des miracles pour ceux qui le prient avec foi, il y aurait ainsi eu des guérisonsPlusieurs histoires sont racontés dans le livre, reprenant les récit en vieux français;Saint François de Sales et ses amitiés, par Maurice Henry-Coüannier, Monastère de la visitation (édité en 1979), p270 à 288.
- Traité de l'amour de Dieu En 1615, François de Sales entreprit d'écrire un deuxième traité sur la prière, après Introduction à la vie dévote, il écrivit Traité sur l'amour de Dieu, qui est l'un de ses principaux ouvrages. Différent par le style dIntroduction à la vie dévote, ce livre est écrit en partie pour les soeurs de la Visitation, et traite de la vie spirituelle. François de Sales affirmant "on parle d'une façon aux jeunes apprentis et d'une autre sorte aux vieux compagnons". François de Sales obtint quelque temps plus tard la possibilité de réformer l'abbaye d'Abondance, en pleine décadence. François de Sales prit son temps avant de réformer afin de pouvoir avec calme assurer sa légitimité et réformer l'abbaye. Ainsi il remplaça les Chanoines par les Feuillants. En 1619, il accompagna le fils du duc de Savoie à Paris (pour le mariage du fils du duc de Savoie Charles-Emmanuel 1 - le futur duc Victor-Amédée Ier de Savoie - avec la fille du roi de France Henri IV - Christine de France). Ce fut la première fois que François de Sales eut l'autorisation de prêcher à Paris depuis plus de dix ans. Sa réputation à Paris était de plus en plus grande, et il donnait aussi des conférences et des conseils spirituels. Il devint pour un temps le père spirituel d'Angélique Arnault, abbesse de Port-Royal. Dans la même période il connut le futur saint Vincent de Paul, qui dira que "la ferveur de ce serviteur de Dieu brillait dans ses entretiens familiers; ceux qui y participaient demeuraient suspendus à ses lèvres."Saint François de Sales et sa famille, Mgr Piccard p 268. Il rencontra le cardinal de Retz lui proposa même de devenir son adjucateur et ainsi de lui succéder plus tard. De Paris il demanda l'édification d'un sanctuaire à La Bénite Fontaine, reconnaissant le sanctuaire, qui deviendrala petite Lourdes savoyarde. Il revint à Annecy en 1620 où son frère fût nommé évêque coadjucateur. François de Sales l'enseigna alors sur la charge d'évêque Saint François de Sales peint par les Dames de la Visitation, ses contemporaines, Delorme, Lyon 1840. Un peu plus tard il reçu l'ordre du pape de présider à Pignerol le chapitre de feuillets, ce qu'il fit, puis partit pour Turin, convoqué par la duchesse de Savoie. Cependant au cour de cette période sa santé se fit de plus en plus fragile. Saint François de Sales contribua à la réforme de l'ordre bernardin, grâce à ses nombreuses visites à l'abbaye Sainte-Catherine. Le duc de Savoie demanda encore une fois à François de Sales de l'accompagner pour une mission diplomatique à Paris, et malgré sa fatigue, il l'accompagna. Sachant sans doute qu'il allait mourir, François de Sales fit son testament et ses adieux aux religieux d'Annecy. Lors de son parcours, il visita les différents ordres de la visitations sur son chemin et fit une halte à Lyon où il vit pour la dernière fois Jeanne de Chantal, le 12 décembre 1622. Quelques jours plus tard, il tomba malade et mourut le 28 décembre 1622. Très vite ses reliques furent transférés à Annecy, et l'on raconte que des guérisons miraculeuses eurent lieuSaint François de Sales et ses amitiés, par Maurice Henry-Coüannier, Monastère de la visitation (édité en 1979), p350 à 381.

Reconnaissance de l'Église catholique

Le procès en béatification de François de Sales fut ouvert par le Saint-Siège dès 1626. Il fut déclaré bienheureux en 1662, puis il fut proclamé saint dès 1665. Sa dépouille funéraire est aujourd'hui conservée dans la basilique de la Visitation à Annecy, près celle de Jeanne de Chantal, avec laquelle il eut une véritable union spirituelle, comme François d'Assise et sainte Claire, ou sainte Thérèse d'Avila et saint Jean de La Croix. En 1877, François de Sales est fait Docteur de l'Église par le pape Pie IX. Saint Jean Bosco fonda un ordre religieux qui eut pour saint patron François de Sales, dont les membres portent son nom: les Salésien. En 1923, le pape Pie XI adressa pour son troisième centenaire une encyclique adressé à tous les évêques : "
Rerum Omnium", le faisant saint patron des journalistes(en) Texte de l'encyclique sur le site du Vatican, http://www.vatican.va/holy_father/pius_xi/encyclicals/documents/hf_p-xi_enc_26011923_rerum-omnium-perturbationem_en.htmlVersion traduite de l'Encyclique (mais la traduction n'est pas complète), http://moulins.visitation.free.fr/rurumomnium.htm. Le pape Paul VI, qui ferma le Concile Vatican II, affirma, lors du 400 anniversaire de sa mort la publication de sa lettre Sabaudiae Gemma: "vous connaissez certainement ce saint. C'est l'une des plus grandes figures de l'Eglise et de l'histoire . Il est le protecteur des journalistes et des publicistes parce qu'il rédigea lui-même une première publication périodique. Nous pouvons qualifier d'"oecuménique" ce saint qui écrivit les contreverses afin de raisonner clairement et aimablement avec les calvinistes de son temps. Il fut un maître de spiritualité qui enseigna la perfection chrétienne pour tous les états de vie. Il fut sous ces aspects un précurseur du IIe concile œcuménique du Vatican. Ces grands idéaux sont toujours d'actualité".

Écrits de saint François de Sales

François de Sales en sa gloire, Anonyme, 1677 Liste exhaustive des œuvres écrites de saint François de Sales.
- L'Introduction à la vie dévote
- Philothée
- Traité de l'amour de Dieu
- Lettre Ouverte aux Protestants (
les Controverses)
- Les Entretiens -
- Avis spirituels - 1
- Avis spirituels - 2
- Petit Traité sur la Communion
- Bien faire sa confession
- L'amour du prochain 1
- L'amour du prochain 2
- Méditations des Mystères Joyeux
- Méditations des Mystères Douloureux
- Traité de la Prédication
- Conseils aux supérieurs
- Sermon sur le Notre Père
- Sermon sur la paille et la poutre
- Sermon sur la Transfiguration
- lettre à Sainte Jeanne de Chantal
- méditation sur la passion
- Sermon pour la Saint Blaise
- Sermon pour Noël
- Sermon pour la Sexagésime 13 février 1594
- Sermon commentaire de Jean XX, 11-18 en date du 26 juillet 1618
- Sermon pour le Vendredi Saint 17 avril 1620
- Sermon pour l'Annonciation 25 mars 1621
- Sermon 2 juillet 1621
- Sermon 1 novembre 1621
- Sermon de saint François de Sales pour le mercredi des cendres 9 février 1622
- Sermon pour le premier Dimanche de Carême 13 février 1622
- Sermon 20 février 1622
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Bibliographie

- Bernard Sésé, Petite vie de François de Sales, Desclée de Brouwer, 2005,
- Claude Morel, Prier 15 jours avec François de Sales, Nouvelle Cité, 2003,
- Joseph Tissot, L'art d'utiliser ses fautes: d'après saint François de sales, Le Laurier, 2002,
- Angelier François, Saint François de sales ou monsieur des abeilles, Pygmalion, 1997,
- André Ravier, Un sage et un saint, François de Sales, Nouvelle Cité, 1995,
- André Ravier, Prier à Annecy avec François de Sales, Desclée de Brouwer, 1993,
- André Dodin, François de Sales, Vincent de Paul, les deux amis, Oeil, 1990,
- Geneviève Pochat, François de Sales et la pauvreté, Sos, 1988,
- Julien Monseigneur, Saint François de sales, Flammarion, 1934, (ASIN B0000DONXF)
- Henry Bordeaux, Le mariage d'amour selon saint françois de sales, Flammarion, 1933, (ASIN B0000DX0XN)
- Julien Monseigneur, Saint françois de sales, Flammarion, 1933, (ASIN B0000DPGKK)
- Henry Bordeaux, Saint François de sales introduction a la vie devote, Cite des Livres, 1930, (ASIN B0000DXQW5)
- Vincent Francis, Saint François de sales, directeur d'âmes, Beauchesne, 1923, (ASIN B0000DU8S4)

Notes et références

Voir aussi

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