Marais salants

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Les marais salants (le terme « marais salants » est toujours au pluriel) ou salines sont un ensemble de bassins de faible profondeur, appelés carreaux, dans lesquels est récolté le sel, obtenu par évaporation de l'eau de mer, sous l'action combinée du soleil et du vent. Marais salants sur l'Île de Ré Marais salants de la Baie de San Francisco Toutes les salines ne sont pas littorales, telles les Salines de Bilma, au Niger, ici en décembre 1985 Ils constituent une explo
Marais salants

Les marais salants (le terme « marais salants » est toujours au pluriel) ou salines sont un ensemble de bassins de faible profondeur, appelés carreaux, dans lesquels est récolté le sel, obtenu par évaporation de l'eau de mer, sous l'action combinée du soleil et du vent. Marais salants sur l'Île de Ré Marais salants de la Baie de San Francisco Toutes les salines ne sont pas littorales, telles les Salines de Bilma, au Niger, ici en décembre 1985 Ils constituent une exploitation de type agricole, dont l'activité se nomme saliculture. Les personnes qui récoltent le sel des marais salants sont appelées des paludiers, saliculteurs, ou sauniers. Celles qui le transportent pour le vendre sont également appelées des sauniers .

Principe

Hormis quelques exceptions, les salines sont littorales et fonctionnent avec de l'eau de mer. L'eau de mer est conduite par gravité lors des marées moyennes et fortes (coefficient supérieur à 80) à travers un grand réseau de canaux (les étiers) jusqu'à des réservoirs ou bassins intermédiaires, appelés vasières, cobiers, fares et adernes. De là, elle est ensuite conduite dans les bassins de récolte, les cristallisoirs ou œillets. En saison chaude, tout au long de ce parcours, la salinité augmente régulièrement avant même l'entrée de l'eau dans les cristallisoirs. Dans les vasières, profondes de plusieurs dizaines de centimètres, les matières en suspension se déposent par décantation, formant une couche de plusieurs centimètres par an, nettoyée durant la saison hivernale. En plus d'être un bassin de décantation, la vasière peut parfois servir de réserve d’eau pendant l’entretien et la récolte (période de février à octobre). Le cobier, moins profond (quelques centimètres), assure une décantation secondaire et permet d'entamer le processus d'évaporation proprement dit. Les fares sont des pièces d’eau rectangulaires et permettent une augmentation importante du degré de salinité de l’eau. Enfin, les adernes ont deux fonctions : poursuivre l’évaporation tout en stockant l’eau nécessaire au remplissage des œillets (elles permettent de réapprovisionner, en eau fortement chargée en sel, les œillets après une journée d’évaporation). À partir de là, des canaux plus fins, les sauniers, alimentent en eau fortement chargée en sel des aires de cristallisation ou cristallisoirs, fréquemment appelés œillets ou aire saunante. Dans ces petits bassins rectangulaires généralement, la faible couche d'eau (inférieure au centimètre, de l'ordre de 5 mm en général) est favorable à son réchauffement et donc à son évaporation jusqu'à précipitation du sel. Les bords de l’œillet sont généralement plus creux (en pente douce sur les 50 premiers centimètres du bord) pour récupérer un maximum de fleur de sel car autrement il n’y a pas une épaisseur d’eau suffisante pour la récolte. Dans les cristallisoirs, le sel est récolté sous forme de relativement gros cristaux précipitant au fond de la mince couche d'eau saturée. Le paludier peut aussi cueillir de la fleur de sel constitué de cristaux plus petits restant à fleur d'eau si les conditions sont favorables (présence de vent). La production elle-même n'a lieu que de mi-juin à mi-septembre dans l'hémisphère Nord ; le reste de l'année étant consacré à l'entretien de la saline ou à sa préservation des intempéries par submersion par la mer. Image:San_Francisco_Bay_Salt_ponds_2002.jpg|Vue aérienne de marais salants dans la baie de San Francisco Image:Marais salants 1999.jpg|Marais salants sur l'Île de Noirmoutier Image:Maraissalantsarsenre.jpg|Marais salants d'Ars-en-Ré sur l'Île de Ré Image:Marais salants.jpg|Marais salants de la presqu'île guérandaise Image:Maraissalantsiledere.jpg|Marais salants sur l'Île de Ré Image:Tasdeseliledere.jpg|Tas de sel, Île de Ré Image:France_salin_de_giraud_salt_mountain.jpg|"Camelles" (Colline) de sel aux Salins du Midi à Salin-de-Giraud (Arles)

Couleur

La couleur des marais salants varie selon la salinité et dépend des micro-organismes présents dans l'eau. Elle peut aller du vert pâle au rouge intense. Les marais dont la salinité est plutôt basse auront une couleur verte du fait de la prédominance d'algues de cette couleur. Quand la salinité augmente, l'algue Dunaliella salina produit une teinte s'étalant du rose au rouge. De petites crevettes évoluant dans des eaux de salinité moyenne donnent une teinte orangée aux marais. Des bactéries comme Stichococcus contribuent également aux teintes.

Conditions de production

Un cristallisoir mesure de 20 à 100 m. La surface des cristallisoirs représente une faible fraction de la surface totale de la saline. De nombreux paramètres influent sur la production annuelle d'un œillet : elle est de l'ordre d'une tonne de sel. Le savoir-faire du paludier (ou « saunier » suivant la région) repose avant tout sur l'exploitation optimale des conditions naturelles, surtout météorologiques. L'évaporation est accélérée par les facteurs suivants (par ordre d'importance) : (1) le vent, (2) une épaisseur d’eau aussi faible que possible, (3) le soleil et (4) la mise en mouvement de l'eau. En dehors de la période de production, le paludier a également une importante responsabilité dans l'entretien individuel et collectif de la saline. Ces divers investissements justifient souvent la recherche d'une reconnaissance quelconque de la qualité spécifique du sel produit.

Utilisation

Le sel marin peut être utilisé pour l'alimentation, l'agroalimentaire (agent conservateur), certains usages industriels ou de loisirs, et plus rarement pour le dessalage des routes (on lui préfère le sel de carrière moins coûteux).

Principales zones de marais salants

France

Marais salants de la côte atlantique :

Ils se caractérisent par une exploitation artisanale non mécanisée avec de faibles volumes de production.
-Marais salants de la presqu'île guérandaise : Bassin salicole de Guérande : sur les communes de Guérande, Batz-sur-Mer, Le Croisic, La Turballe et le bassin salicole des Marais du Mès : sur les communes de Mesquer et Pénestin.
-Marais breton (pays de Retz, Bourgneuf-en-Retz)
-Île de Noirmoutier
-Marais d'Olonne (Olonne-sur-Mer)
-L'Île-d'Olonne (Marais salants de l'île d'Olonne)
-Île de Ré
-Île d'Oléron
-Saint-Armel (Golfe du Morbihan)
-Bassin salicole de Carnac

Marais de la côte méditerranéenne :

Production souvent fortement mécanisée, avec des volumes très importants.
-Salin-de-Giraud (en bordure de la Camargue)
-Les Salins-d'Hyères (Hyères)

Maroc

-Marais salants d'Oualidia

Voir aussi

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Sujets connexes
Arles   Ars-en-Ré   Baie de San Francisco   Batz-sur-Mer   Bourgneuf-en-Retz   Camargue   Carnac   Cristallisation   Dunaliella salina   Décantation   Eau de mer   Exploitation agricole   Golfe du Morbihan   Guérande   L'Île-d'Olonne   La Turballe   Le Croisic   Les Salins-d'Hyères   Marais   Marais breton   Marais d'Olonne   Marais salants d'Oualidia   Mesquer   Olonne-sur-Mer   Pays de Retz   Pénestin   Saint-Armel (Morbihan)   Saliculture   Salin-de-Giraud   Saunier   Sel alimentaire   Soleil   Vent  
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