Corsaire

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Un corsaire est un membre de l'équipage d'un navire civil armé, autorisé par une lettre de course (ou lettre de marque) à attaquer tout navire battant pavillon d'États ennemis, et particulièrement son trafic marchand. Cette forme de guerre navale est appelée guerre de course.
Corsaire

Un corsaire est un membre de l'équipage d'un navire civil armé, autorisé par une lettre de course (ou lettre de marque) à attaquer tout navire battant pavillon d'États ennemis, et particulièrement son trafic marchand. Cette forme de guerre navale est appelée guerre de course.

Étymologie

Le mot « corsaire » a été emprunté de l'italien corsaro lui même dérivé du latin cursus, « course ».

La guerre de course

La guerre de course a souvent été utilisée par un belligérant pour pallier l'insuffisance de ses moyens à l'encontre d'un adversaire disposant de la suprématie navale. C'est ainsi la stratégie des Français contre les Anglais pendant une grande partie du et pendant les guerres de la Révolution et de l'Empire. Les deux ports principaux en France étaient Dunkerque et Saint-Malo, suivis par Calais, Boulogne, Grandville et autres. La course est abolie par traité international en 1856. De même, au cours des deux guerres mondiales, bien que l'expression "corsaire" soit utilisée abusivement dans ce contexte, la marine allemande a armé des bâtiments marchands pour la guerre au commerce allié dans des théâtres secondaires où le trafic n'était pas organisé en convois (Océan Indien, Pacifique, Atlantique sud). Les aventures de ces "corsaires" sont généralement pittoresques mais sans grande conséquence sur le déroulement des deux conflits.

Navires corsaires

Les corsaires, à tort confondus avec les pirates, exercent leur activité uniquement en temps de guerre et avec l'autorisation de leur gouvernement. Capturés, ils ont droit au statut de prisonniers de guerre. Ils utilisaient souvent des navires de petite taille, rapides, manœuvrants et discrets pour exécuter des abordages en mer plus par surprise que par force. Lorsque la « fortune » leur souriait, ils pouvaient enlever des bateaux de fort tonnage (l'emblématique capture du Kent par la flûte la Confiance de Robert Surcouf le 31 août 1800) mais souvent marchands, peu propices à leur activité et qu'ils revendaient souvent.

Le butin

Lorsqu'un corsaire revenait à bon port avec une prise, il y avait vente aux enchères de cette prise. Le produit de cette vente était alors partagé entre les personnes ayant collaboré à la capture de l'ennemi dans l'ordre des priorités :
-Le roi prenait entre 20 et 40 pour cent (c'est lui qui fournissait la lettre de marque).
-Les frais (on payait la nourriture, la poudre, les munitions, ainsi que les réparations faites durant le voyage).
-Les veuves et les blessés (les veuves prenaient deux fois la part de leurs défunts maris, et les blessés avaient une indemnité, fixée au départ en fonction de la partie du corps manquante, en plus de leur part).
-L'armateur prenait ensuite 50 pour cent du reste.
-Enfin, chaque homme avait sa part en fonction de sa place dans l'équipage (le mousse=demi-part, le capitaine=25 parts, le chirurgien=25 parts etc…) Pour davantage d'informations, consulter les articles sur les navires corsaires.

Corsaires modernes

De nos jours, la "course" est abolie à l'exception notable des États-Unis. Selon la constitution américaine, le Congrès conserve le droit de " déclarer la guerre, d'accorder des lettres de marque et de représailles et d'établir des réglements concernant les prises sur terre et sur mer" (Article 1, section VIII). Les États-Unis n'ont jamais signé la déclaration de Paris de 1856 qui abolissait la course. Au cours de la Seconde Guerre Mondiale, l'Allemagne a utilisé des navires corsaires pour porter le conflit dans les océans du Sud afin de désorganiser le commerce britannique. Des navires marchands ont été armés, leurs superstructures modifiées et ces bâtiments ont arboré des pavillons de pays neutres. Ainsi transformés en croiseurs auxiliaires ils ont sillonné l'océan Indien austral notamment entre 1940 et 41. L' Atlantis (coulé par le croiseur anglais Devonshire le 21 novembre 1941), le Pinguin (coulé par le Cornwall ), le Komet écumèrent les eaux des îles Kerguelen. Il y eut également Orion, le Widder, le Thor, le Kormoran (coulé par le croiseur australien Sydney), le Michel (coulé devant le Japon), le Stier (coulé par un navire américain en Atlantique sud) ont écumé tous les océans du mondeLes îles australes françaises par Gracie Delépine, Ed. Ouest-France, 1995 pp. 140-155. Tout récemment, l'administration Bush, après les attentats du 11 septembre 2001, a renforcé le droit constitutionnel de prises en mer en faisant voter une loi, September 11 Marque and Reprisal Actes of 2001, qui autorise le Département d'État à octroyer des lettres de marque sans attendre l'aval du Congrès. Ainsi des personnes ou des sociétés peuvent se voir confier des missions militaires navales offensives. En 2007, une société américaine privée, la société Pistris, s'est vu accorder une lettre de marque pour armer un navire battant pavillon américain chargé de traquer les pirates dans le golfe d'Aden.Ouest France, 3-4 novembre 2007 "Washington lache des corsaires dans l'océan Indien"

Notes et références

Voir aussi

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Sujets connexes
Congrès des États-Unis   Déclaration de Paris   Golfe d'Aden   Guerre navale   Jacques Nougier   Lettre de course   Lettre de marque   Liste de bateaux corsaires français aux Antilles   Mercenaire   Pirate   Robert Surcouf   Stratégie  
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