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Ville de Tōkyō au Japon Une ville est une unité urbaine étendue et fortement peuplée (par opposition aux villages) dans laquelle se concentrent la plupart des activités humaines : habitat, commerce, industrie, éducation, politique, culture. Les principes qui gouvernent la structure et l'organisation de la ville sont étudiés par la sociologie urbaine et l'urbanisme. En Belgique, ville est un titre honorifique officiel qui est données par arrêté royal aux communes aya
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Ville de Tōkyō au Japon Une ville est une unité urbaine étendue et fortement peuplée (par opposition aux villages) dans laquelle se concentrent la plupart des activités humaines : habitat, commerce, industrie, éducation, politique, culture. Les principes qui gouvernent la structure et l'organisation de la ville sont étudiés par la sociologie urbaine et l'urbanisme. En Belgique, ville est un titre honorifique officiel qui est données par arrêté royal aux communes ayant eu une importance historique, notamment depuis le Moyen Âge. Au Canada, il s'agit aussi d'un statut officiel pour les municipalités. En France, où l'organisation municipale est devenue uniforme, l'INSEE définit la ville selon le critère de l'importance du peuplement et de la continuité de l'habitat.

L'apparition des villes

Les villes apparaissent entre 3500 et 1500 avant J-C dans les régions fertiles de Syrie, d'Egypte, de Mésopotamie, de la vallée du Jourdain, de la vallée de l'Indus et du Yangzi Jiang. Selon la tradition biblique, ce serait les descendants de Caïn qui ont fondé les premières villes, et la plus ancienne serait Jéricho. Les premières villes apparaissent dans la Haute-Antiquité avec la civilisation des palais dans les quatre grandes plaines alluviales fertiles de la Mésopotamie, du Nil, du Fleuve Jaune et du Gange. L'apparition de villes coïncide avec l'émergence de l'agriculture durant la période du néolithique. À cette époque, la ville se caractérise par 3 éléments :
-le mur d'enceinte monumental,
-la superficie (la ville mésopotamienne d'Uruk s'étend sur 400 ha),
-la population (la population de Xi'an est estimée à un million d'habitants 1000 ans avant l'ère chrétienne). La ville de Mexico au Mexique Les raisons de l'apparition des villes sont probablement liées aux richesses des civilisations rurales capables de dégager des surplus de production, mais surtout au développement d'une division du travail. Les cultures relativement intensives favorisent la spécialisation des personnes dans d'autres domaines que l'agriculture, et tout particulièrement dans les fonctions religieuses, artisanales puis administratives et militaires. Les édifices rel

Les définitions de la ville

La difficulté de la définition de la ville tient à ses propres caractéristiques : une taille, mais également des fonctions diverses et surtout une autonomie politique. Pour les géographes contemporains comme Pierre George, une ville se définit comme un groupement de populations agglomérées caractérisé par un effectif de population et par une forme d'organisation économique et sociale ». On fait aussi souvent la distinction entre ville et village avec les activités dominantes, en tenant compte de la population : la ville n'a pas une activité essentiellement agricole ou artisanale, contrairement au village, elle a aussi une activité commerciale, politique, intellectuelle. Avec cette définition, une ville pourrait être plus petite qu'une agglomération fortement peuplée à partir d'un réseau de communication.

Origine historique de la distinction administrative

En France, la différence entre une ville (plus exactement un bourg) et un village est historique. Elle n'est pas une question de population ou de forme, mais de statut politique. Un village désigne ordinairement une paroisse ou une partie de paroisse dont le seigneur local assure la sécurité, la justice et l'administration, soit directement, soit au moyen d'un procureur fiscal qui applique la coutume locale. Avec la renaissance des villes, à partir du Xè siècle, dans les paroisses ayant le titre de bourg, les habitants portent le titre de bourgeois et possèdent le droit collectif de s'administrer et de se défendre. Ils sont dotés, par une chartre municipale passée avec le seigneur haut-justicier dont ils dépendent, d'une personnalité juridique collective, d'un sceau, d'un trésor; ils ont le droit d'élir un conseil municipal, de délibérer, de tenir un marché, de former des communautés de métiers, de lever des taxes, une milice et de se clore de murs pour assurer leur défense. Les droits municipaux des villes varient considérablement selon leur ancienneté et leur importance : les plus ordinaires ne possèdent que la basse et moyenne justice, c'est-à-dire la voirie et la police, tandis que les villes anciennes, qui ont le titre de cité, possèdent la haute justice, c'est-à-dire le statut d'une baronnie ou d'une vicomté. Du fait que leurs échevins, consuls ou capitouls exercent les fonctions nobles de la haute justice et de la guerre en fournissant un contingent d'hommes d'armes, du fait qu'ils dépendent directement du comte ou du roi et qu'ils envoient des députés aux États généraux, les charges de consul ou d'échevins de ces villes sont souvent anoblissantes. L'appellation de ville repose par conséquent sur l'existence d'une municipalité dont l'origine est soit un usage conservé depuis l'Antiquité, soit un acte rédigé lors de leur fondation par le seigneur supérieur qui accorde à tous ses habitants présents et à venir des coutumes, libertés ou des franchises, c'est-à-dire un règlement d'administration publique qui vient compléter la coutume locale. Cette distinction administrative entre village, bourg et cité a été supprimée avec tous les autres privilèges de la noblesse sous la Révolution française. Toutes les anciennes paroisses des bourgs et de la campagne, au nombre de 36 000, sont transformées en autant de municipalités pour lesquelles est promulgué un Code des communes uniforme. Avec cette réforme, et la vente comme biens nationaux de tous leurs bâtiments municipaux (collèges, hôpitaux, bien-fonds…) les anciens bourgs perdent une grande partie de leur richesse, de leur autonomie et de leurs pouvoirs, notamment pour la fiscalité, les affaires sociales, l'instruction, la culture ou l'urbanisme, qui se trouvent centralisés au niveau de l'administration départementale ou centrale. À partir de cette époque, les appellations de ville, de bourg et de village se spécialisent pour distinguer les agglomérations urbaines selon leur taille, les bourgs étant des petites villes ou de gros villages établis à la campagne.

Définition par le critère du minimum de population

Le seuil est un indicateur de la conception de la ville et pose la question des représentations de la ville selon les pays. Ce critère varie beaucoup selon les pays. Les statistiques des Nations unies sur cette question montrent les différences de seuil entre les instituts nationaux de statistiques (il en existe presque 200 à travers le monde). En France, le seuil est de 2 000 habitants agglomérés, en Espagne et en Suisse de 10 000, au Danemark de 250, aux États-Unis de 2 500, en Islande de 300, au Canada de 1 000, au Japon de 30 000 à 50 000… Les Nations unies se réfèrent quant à elles au seuil de 20 000 habitants. Notons encore qu'une définition statistique internationale de la population urbaine a été déterminée lors de la Conférence de Prague en 1966). La ville de New York au États-Unis

Variétés de villes

Il existe des villes sur tous les continents et depuis bien longtemps. Au fil des siècles et les villes n'étaient pas construites de la même façon, cela dépendait aussi de l'endroit où elles se trouvaient. Les premières villes datent depuis bien longtemps avant l'ère chrétienne. Elles étaient autrefois un regroupement de personnes. Ce furent de petits villages qui se peuplèrent autour d'un endroit cultivable. Le plus souvent un fleuve ou la mer était les meilleurs endroits pour habiter. En Amérique du Nord, les villes n'avaient que très peu d'habitants au début. La densité était faible, on construisit ainsi une maison pour chaque famille. Ensuite petit à petit ces villes commencèrent à s'industrialiser en se peuplant d'immeubles modernes. Malgré la diversité des situations, il est possible de dresser une typologie des villes :
- ville industrielle : le secteur secondaire occupe une part importante de la population ; exemples : villes de la Ruhr, Wolfsburg ( emplois industriels sur habitantsClaude Mangin, L’Allemagne, Belin, Paris, 2003, , p.90
- ville administrative : les capitales nationales ou des états fédérés ; exemples : Bruxelles, Berlin, Washington DC, Brasilia, etc.
- ville touristique : vivant du tourisme culturel (Paris, New York), balnéaire (Nice), thermal (Aix-les-Bains, Évian-les-Bains), hivernal (Morzine, Courchevel) etc.
- ville portuaire : qui s'est développée grâce à son port (Marseille, Singapour, Hambourg, Rotterdam, Hong-Kong)
- ville universitaire : exemples : Chicago, Heidelberg, Oxford, Toulouse, Louvain-la-Neuve, Marburg ( étudiants sur habitantsClaude Mangin, L’Allemagne, Belin, Paris, 2003, , p.92), Boston, etc

Grandes villes

Les grandes villes sont le produit de l'étalement urbain ainsi que de la concentration des pouvoirs stratégiques de commandements dans de multiples domaines (politique, administratif, économique, culturel, militaire…). On utilise généralement le terme de "métropole" pour les désigner. Toutefois, de nouvelles expressions permettent de les distinguer, notamment selon leur rayonnement au niveau mondial :
- Les mégapoles, villes de plus de 5 millions d'habitants
- Les mégalopoles et le réseau de l'archipel mégalopolitain mondial
- Les villes globales (Global Cities) ou villes mondiales, selon l'expression de Saskia Sassen (1996), centres de la mondialisation.
- Les 4 métropoles globales
- Les métapolis, selon l'expression de François Ascher (1995), désignant les très grandes villes dans lesquelles on observe une hyper-concentration des pouvoirs de commandement et sa primauté dans la hiérarchie des réseaux.

Expressions

- en ville s'oppose au monde rural - on utilise l'adjectif citadin pour désigner ce qui est relatif à la ville ;
- centre-ville désigne le cœur de la ville, par opposition à la banlieue ;
- la Ville des ducs est un des surnoms de Nancy ;
- la Ville aux sept collines et la Ville éternelle sont des surnoms de Rome ;
- la Ville des vents est un des surnoms de Chicago
- la Ville lumière est un des surnoms de Paris ;
- la Plus petite des grandes Capitales est l'un des surnoms de Genève ;
- la Ville reine est un des surnoms de Toronto ;
- la Ville rose est un des surnoms de Toulouse ;
- la Ville aux cent clochers est un des surnoms de Rouen, Caen, Prague, Poitiers ou Montréal
- la Grosse Pomme est un des surnoms de New York
- la Sérénissime est un des surnoms de Venise
- la Cité Ardente est le surnom donné à la ville de Liège
- la Capitale des Alpes est le surnom donné à la ville de Grenoble

Citation

« Les villes sont des bibles de pierre. Celle-ci n'a pas un dôme, pas un toit, pas un pavé qui n'ait quelque chose à dire dans le sens de l'alliance et de l'union, et qui ne donne une leçon, un exemple ou un conseil. Que les peuples viennent dans ce prodigieux alphabet de monuments, de tombeaux et de trophées épeler la paix et désapprendre la haine. (…) Le genre humain a deux livres, deux registres, deux testaments, la maçonnerie et l'imprimerie, la bible de pierre et la bible de papier. » Victor Hugo, Paris

Sources

Bibliographie

Voir les dictionnaires de géographies donnés dans la bibliographie de l'article Géographie
- Bairoch P., De Jéricho à Mexico : Villes et économie dans l'histoire, Gallimard, Paris, 1985
- Beaujeu-Garnier J., Géographie urbaine, Armand Colin, Paris, 1980 (rééd. 1987)
- Moriconi-Ebrard F., L'Urbanisation du monde depuis 1950, Economica/Anthropos, Paris, 1993
- Paquot t., Lussault M., Body-Gendrot S., La Ville et l'Urbain. L'état des savoirs, La Découverte, coll. "Textes à l'appui", Paris 2000
- Raulin A., Anthropologie urbaine, Armand Colin, coll "Cursus", 2001
- Veltz P., Mondialisation, villes et territoires : l'économie archipel, PUF, Paris, 1996

Revues/articles

Voir aussi

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Sujets connexes
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