Boris Vian

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Boris Vian Boris Vian (10 mars 1920, Ville-d'Avray (Hauts-de-Seine) - 23 juin 1959, Paris) est un écrivain français, ingénieur de l'École centrale, inventeur, poète, parolier, chanteur, critique et musicien de jazz (trompettiste). À ces multiples talents, il convient d'ajouter ceux de conférencier, scénariste et traducteur (anglo-américain). Il a également publié sous les pseudonymes de Vernon Sullivan ou Bison Ravi, Baron Visi ou Brisavion
Boris Vian

Boris Vian Boris Vian (10 mars 1920, Ville-d'Avray (Hauts-de-Seine) - 23 juin 1959, Paris) est un écrivain français, ingénieur de l'École centrale, inventeur, poète, parolier, chanteur, critique et musicien de jazz (trompettiste). À ces multiples talents, il convient d'ajouter ceux de conférencier, scénariste et traducteur (anglo-américain). Il a également publié sous les pseudonymes de Vernon Sullivan ou Bison Ravi, Baron Visi ou Brisavion (anagrammes de son nom).

Biographie

Une reproduction du Diplome de l'ordre de la Grande Gidouille de Boris Vian, le 22 Palotin 80 . Document tiré de la revue trimestrielle "Bizarre", J. J. Pauvert, numéro spécial B. Vian de février 1966 - Une reproduction de la carte d'élève ingénieur de l'école Centrale de Boris Vian (54 ème sur 72, promo 42B). Document tiré de la revue trimestrielle "Bizarre", J. J. Pauvert, numéro spécial B. Vian de février 1966 - reproduction du diplôme de membre du Collège de 'Pataphysique de Boris Vian Enfant, Boris Vian a été couvé par son père, Paul Vian, et surtout par sa mère. En effet, il a été victime, à 12 ans, d'un rhumatisme articulaire aigu qui lui a occasionné une insuffisance aortique. Cette maladie de cœur, dont ses œuvres porteront la trace, en fera la cible de l'affection trop étouffante de sa mère. Il en parlera d'ailleurs dans l'Herbe rouge, et plus encore, dans l'Arrache-cœur. Après le lycée Condorcet, à Paris, il entre à l'École Centrale en 1939, puis travaille comme ingénieur à l'Association française de normalisation (AFNOR), jusqu'en 1946, où il profite de ses instants de liberté pour écrire et jouer de la musique jazz. Il fréquente les cafés de Saint-Germain-des-Prés, café de Flore ou des Deux Magots à l'époque où ceux-ci rassemblent intellectuels et artistes de la rive gauche : Jean-Paul Sartre (Le Jean-Sol Partre de L’Écume des jours), Raymond Queneau, Simone de Beauvoir, Juliette Gréco, Marcel Mouloudji, ou Miles Davis. Son premier roman célèbre (sous l'hétéronyme de Vernon Sullivan) est J'irai cracher sur vos tombes, écrit en 1946. Le roman est très controversé, notamment parce qu'il est retrouvé sur les lieux d'un crime passionnel. Boris Vian est condamné en 1950 pour outrage aux bonnes mœurs. S'ensuivent des romans tout aussi noirs et sarcastiques : Les morts ont tous la même peau, Et on tuera tous les affreux, Elles se rendent pas compte. Si le succès des œuvres signées Vernon Sullivan lui ont permis de vivre, elles ont aussi occulté d'autres œuvres plus importantes aux yeux de Vian: les romans signés de son nom. En effet, seuls ces derniers, d'après lui, avaient une véritable valeur littéraire. Après l'échec de l'Arrache-cœur, Boris Vian décide donc d'abandonner la littérature. Passionné de jazz, il joue de la trompette de poche (rebaptisée « trompinette ») au Tabou, célèbre club de Saint-Germain-des-Prés. Il est aussi directeur artistique chez Philips et chroniqueur dans Jazz Hot de décembre 1947 à juillet 1958, où il tient une « revue de la presse » explosive et extravagante. Henri Salvador disait de lui : « il était un amoureux du jazz, ne vivait que pour le jazz, n'entendait, ne s'exprimait qu'en jazz ». Les années 1951-1952 seront des années sombres pour Boris Vian. Il vient de quitter sa femme Michelle Léglise, dont il a eu deux enfants, Patrick en 1942 et Carole en 1948, et il vit difficilement de traductions dans une chambre de bonne au 8 boulevard de Clichy. Il n'a plus un sou mais le fisc s'acharne à lui soutirer des impôts anciens qu'il ne peut payer. Son esprit fécond l’amène cependant à collaborer au collège de 'Pataphysique (la science des solutions imaginaires), fondé en 1948. Il y retrouve Raymond Queneau, et il est nommé Équarrisseur première classe en 1952 puis satrape en mai 1953. Dans cette aimable corporation, il donne libre cours à son imagination pour fournir des communications et des inventions baroques telles que le gidouillographe ou le pianocktailLe pianocktail, mot-valise créé par Vian et inspiré par le fameux orgue à bouche de Huysmans (dans A rebours) est un piano qui produit de la musique (de jazz, évidemment) et des mélanges alcoolisés. Il unit ainsi, par une fausse synesthésie artistique, deux plaisirs sensuels, l’ivresse de l’alcool (gustatif) et celle de la musique (auditif).. En 1954, il épouse Ursula Kübler. Il fait quelques apparitions sur scène, au théâtre et dans quelques films. Il joue par exemple le Cardinal de Paris dans Notre-Dame de Paris de Jean Delannoy. Le matin du 23 juin 1959, Boris Vian est à la première de J'irai cracher sur vos tombes, film inspiré de son roman. Il a déjà combattu les producteurs, sûrs de leur interprétation de son travail, et publiquement dénoncé le film, annonçant qu'il souhaitait faire enlever son nom du générique. Quelques minutes après le début du film, il s'effondre dans son siège et meurt d'une crise cardiaque en route vers l'hôpital. Le Collège de Pataphysique annonce la mort apparente du « Transcendant Satrape ». Son œuvre connut un immense succès public posthume dans les années 1960 et 1970, notamment pendant les événements de 68. Les jeunes de la nouvelle génération redécouvrent Vian, l'éternel adolescent, dans lequel ils se retrouvent.

Œuvres

Il a écrit onze romans, quatre recueils de poèmes, plusieurs pièces de théâtre, des nouvelles, de nombreuses chroniques musicales (dans la revue Jazz Hot), des scénarios de films, des centaines de chansons (notamment pour Serge Reggiani et Juliette Gréco), etc., le tout avec une verve qui lui est propre. Sous son propre nom, il a écrit des romans plus fantastiques, poétiques et burlesques, les plus connus étant L'Écume des jours et L'Automne à Pékin, d'autres étant L'Arrache-cœur, L'Herbe rouge, etc. Il est également auteur de pièces de théâtre, de nouvelles (L'Oie bleue, La Brume, Les Fourmis, …) de chansons, et fervent défenseur de la 'Pataphysique. Sa chanson la plus célèbre (parmi les 460 qu'il a écrites) est Le Déserteur, chanson anti-militariste écrite à la fin de la guerre d'Indochine (soit le 15 février 1954), juste avant la guerre d'Algérie. Cette chanson fut interdite sur les ondes dans sa version d'origine en raison du couplet final litigieux : :Si vous me poursuivez :Prévenez vos gendarmes :Que j'emporte des armes :Et que je sais tirer (Version attestée par Françoise Renaudot, dans son ouvrage il était une fois Boris Vian) Ce couplet fut tardivement remplacé par : :Si vous me poursuivez :Prévenez vos gendarmes :Que je n'aurai pas d'arme :Et qu'ils pourront tirer Boris Vian fut l'objet de poursuites de la part de paramilitaires d'extrême-droite. Sous cette deuxième forme, la chanson eut un réel succès dans les années 1960, chantée par Peter, Paul and Mary ; mais Vian était déjà mort. Amoureux de la culture américaine, il a traduit en français le grand classique de la science-fiction qu'est Le Monde des Ā d'A. E. van Vogt, tout comme sa suite Les Joueurs du Ā. Il a également traduit Raymond Chandler, le poème Jabberwocky de Lewis Carroll extrait de De l'autre côté du miroir et les mémoires du Général Omar Bradley A Soldier's Story. Il a aussi traduit la biographie romancée du trompettiste de jazz américain Bix Beiderbecke (1903-1931). Il s'agit de l'ouvrage intitulé Le jeune homme à la trompette, rédigé par Dorothy Baker en 1938. Boris Vian a réalisé cette traduction pour Gallimard en 1951.

Romans et nouvelles

- Sous son nom :
- Conte de fées à l'usage des moyennes personnes (roman inachevé) - 1943
- L'Écume des jours - 1947
- L'Automne à Pékin - 1947
- Vercoquin et le plancton - 1947
- Les Fourmis (recueil de nouvelles) - 1949
- L'Herbe rouge - 1950
- Le Ratichon baigneur (recueil de nouvelles) - 1950
- L'Arrache-cœur - 1953
- Troubles dans les Andains - 1966
- Le Loup-garou (recueil de nouvelles) - 1970
- Les Lurettes fourrées (recueil de nouvelles)
- Sous le pseudonyme de Vernon Sullivan :
- J'irai cracher sur vos tombes - 1946 (éditions du Scorpion et édition illustrée par Jean Boullet 1947 )
- Les morts ont tous la même peau - 1947
- Et on tuera tous les affreux - 1948
- Elles se rendent pas compte - 1950

Théâtre

- L'Équarrissage pour tous (1947)
- Le Dernier des métiers (1950)
- Tête de Méduse 1951 (comédie en un acte)
- Série Blême (1952) (tragédie en trois actes et en vers)
- Le Chasseur français (1955) (vaudeville lyrique - musique composée par Stéphane Varègues)
- Le Goûter des généraux (1962)
- Adam, Ève et le troisième sexe
- Les Bâtisseurs d'empire
- Cinémassacre ou les cinquante ans du septième art

Poésies

- Barnum's Digest (recueil de dix poèmes) 1948
- Cantilène en gelée (recueil de poèmes) 1949
- Je voudrais pas crever (recueil de vingt-trois poèmes publié à titre posthume) 1962
- Cent sonnets Extrait du recueil "Je voudrais pas crever" 1962 TOUT A ÉTÉ DIT CENT FOIS :Tout a été dit cent fois :Et beaucoup mieux que par moi :Aussi quand j'écris ces vers :C'est que ça m'amuse :C'est que ça m'amuse :C'est que ça m'amuse et je vous chie au nez

Essais

-Manuel de Saint-Germain-des-Prés, 1951.
-En avant la zizique...Et par ici les gros sous, Le Livre contemporain, 1958.

Chansons

Entre autres :
- Le Déserteur, 1954
- La Complainte du progrès, 1955
- La Java des bombes atomiques, 1955
- Le Petit Commerce, 1955
- Le Blouse du dentiste
- Les Joyeux Bouchers
- Fais-moi mal Johnny
- L'Arbre des pendus : Textes de la chanson générique V.F. du film "La colline des potences" de Delmer Daves.
- Mozart avec nous (sur les motifs de La Marche Turque)

Collaboration à des périodiques

Entre beaucoup d'autres, les plus importantes sont :
- Jazz Hot, de 1946 à 1958.
- Collège de 'Pataphysique, de 1953 à 1959.
- Les Temps modernes, n° 9 à 13, et 108 à 111.

Citations

-Le travail est l'opium du peuple... Je ne veux pas mourir drogué !
-Le travail c'est la santé ! Rien faire, c'est la conserver.
-On commence à avoir des malheurs quand on a cessé de ne penser qu'à soi.
-Les oiseaux sont responsables de trois au moins des grandes malédictions qui pèsent sur l’homme. Ils lui ont donné le désir de grimper aux arbres, celui de voler, celui de chanter.
-Les gens sans imagination ont besoin que les autres mènent une vie régulière.
-Le jour où personne ne reviendra de la guerre, ce sera parce que la guerre aura été bien organisée.
-Le propre du militaire, c'est le sale du civil.
-Quand une femme est malade, elle n'est plus bonne à rien.("L'Écume des jours")
-Sexuellement, c'est-à-dire avec mon âme.
-Ce qui m'intéresse, ce n'est pas le bonheur de tous les hommes, c'est celui de chacun. (L'Écume des jours)
-Le plus clair de mon temps, je le passe à l'obscurcir. (L'Écume des jours)
-On se trouve toujours des excuses pour vivre.
-Pour faire un soldat, il faut défaire un civil.
-Généralement. Pourquoi LE ment - on devrait écrire GÉNÉRAL : MENT, comme pijonvol.
-Dans la vie, l'essentiel est de porter sur tout des jugements a priori. Il apparaît, en effet, que les masses ont tort, les individus toujours raison...

Notes et références


- Noël Arnaud, Les Vies parallèles de Boris Vian, Pauvert, 1966.
- Françoise Renaudot, Il était une fois Boris Vian, Seghers, 1973.

Voir aussi

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Sujets connexes
A. E. van Vogt   Anagramme   Années 1960   Années 1970   Association française de normalisation   Biographie   Bix Beiderbecke   Café de Flore   Cardinal (religion)   Chambre de bonne   Chanteur   Collège de 'Pataphysique   Conte de fées à l'usage des moyennes personnes   De l'autre côté du miroir   Delmer Daves   Elles se rendent pas compte   Et on tuera tous les affreux   France   Français   Gallimard   Guerre d'Algérie   Guerre d'Indochine   Henri Salvador   Hétéronyme   Infarctus du myocarde   J'irai cracher sur vos tombes   J'irai cracher sur vos tombes (film)   Jazz   Jazz Hot   Jean-Paul Sartre   Jean Boullet   Jean Delannoy   Juliette Gréco   L'Arrache-cœur   L'Automne à Pékin   L'Herbe rouge   L'Écume des jours   L'Équarrissage pour tous   Le Déserteur (chanson)   Le Goûter des généraux   Le Loup-garou (Vian)   Le Monde des Ā   Le Ratichon baigneur   Les Bâtisseurs d'empire   Les Deux Magots   Les Fourmis (Vian)   Les Joueurs du Ā   Les Lurettes fourrées   Les morts ont tous la même peau   Lewis Carroll   Lycée Condorcet   Marcel Mouloudji   Miles Davis   Mot-valise   Notre-Dame de Paris (film, 1956)   Noël Arnaud   Omar Bradley   Paris   Parolier   Peter, Paul and Mary   Philips   Poète   Pseudonyme   Raymond Chandler   Raymond Queneau   Revue de presse   Roman (littérature)   Satrape du Collège de 'Pataphysique   Science-fiction   Serge Reggiani   Simone de Beauvoir   Synesthésie   Trompette   Troubles dans les Andains   Ursula Vian-Kubler   Vercoquin et le plancton   Vernon Sullivan   Ville-d'Avray  
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