Capitale et majuscule

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La capitale (du latin capitalis, « qui concerne la tête ») est, en typographie, la casse à utiliser pour composer en « grandes lettres » dans les écritures bicamérales. Ainsi, l'œil (tracé apparent du caractère) B est la capitale de b dans l'alphabet latin, de β dans l'alphabet grec et de в dans l'alphabet cyrillique. Le tracé des capitales, que l'on oppose aux minuscules, diffère très souvent non pas seulement par le format mais auss
Capitale et majuscule

La capitale (du latin capitalis, « qui concerne la tête ») est, en typographie, la casse à utiliser pour composer en « grandes lettres » dans les écritures bicamérales. Ainsi, l'œil (tracé apparent du caractère) B est la capitale de b dans l'alphabet latin, de β dans l'alphabet grec et de в dans l'alphabet cyrillique. Le tracé des capitales, que l'on oppose aux minuscules, diffère très souvent non pas seulement par le format mais aussi par l'œil. On appelle de tels caractères lettres capitales car ils se trouvent en haut de la casse, c'est-à-dire la tête. Par opposition, les minuscules, situées dans le bas de la casse, sont aussi appelées lettre en bas-de-casse ou tout simplement bas-de-casse. Il existe en outre de petites capitales : La majuscule (du latin majuscula, « un peu plus grande »), quant à elle, est un caractère situé au début de certains mots. Chaque langue en fixe l'usage. Le plus souvent, mais pas exclusivement, les majuscules sont représentées par des capitales (d'où la confusion). Quelques lettres de même origine dans trois alphabets

Les capitales ne sont pas des majuscules

Il ne faut donc pas confondre les capitales et les majuscules. Ainsi, la phrase : « LONGTEMPS MARCEL S'EST COUCHÉ DE BONNE HEURE » est écrite en capitales, mais seule la première et la dixième lettres sont majuscules. On s'en rend mieux compte si on écrit cette phrase en petites capitales : « Longtemps Marcel s'est couché de bonne heure.» Capitales et majuscules se distinguent par leur fonction :
- l'utilisation d'une majuscule est dictée par les règles de l'orthographe : en français, on les utilisera par exemple pour la lettre initiale d'une phrase ou d'un nom propre.
- les capitales relèvent, elles, d'un choix de composition typographique. Leur emploi relève moins d'une norme que d'une décision particulière. Un journal ou un site Web pourra par exemple, dans sa charte graphique, décider de composer les titres d'articles en capitales et les sous-titres en petites capitales. Les règles d'utilisation des majuscules varient d'une langue à l'autre. Chaque langue utilisant une écriture bicamérale possède ses propres règles concernant l'emploi des majuscules : en français, par exemple, on n'écrit pas les noms de langues avec une majuscule ; c'est pourtant le cas en anglais. En allemand, tous les noms, communs ou propres, prennent une majuscule. Certains digrammes, quand ils doivent être en majuscule capitale, sont notables : en français, la ligature Oedipe est incorrecte ; le digramme capital s'écrit en effet Œ : Œdipe. En néerlandais, le digramme lié ij s'écrit IJ en majuscule capitale : IJsselmeer et non Ijsselmeer. « Écrivez en majuscules », à cet égard, n'a aucun sens en typographie. C'est pourtant une expression courante, de même que « majuscule initiale », expression intrinsèquement redondante. La confusion entre ces deux termes est tellement fréquente, même dans des ouvrages didactiques comme une encyclopédie, qu'il serait vain de vouloir la corriger à tout prix : de fait, la distinction entre les deux mots appartient surtout au jargon de la typographie.

Clarification sur la confusion (assez courante) entre majuscules et capitales dans les titres d’œuvre

La règle d’écriture des articles initiaux des titres est applicable à d’autres noms propres : en effet ils sont mutables après une préposition (« à le » -> « au », « de le » -> « du », « de les » -> « des ») ou remplaçables par un possessif ou un démonstratif (voire un numéral !). Aussi ils ne sont pas pris en compte dans les classements alphabétiques primaires (voir les dictionnaires de noms propres ou de titres d’œuvres. L’article y est souvent reporté à la fin, entre parenthèses ou après une ponctuation séparatrice comme la virgule. L'article n'y est pris en compte QUE comme clé secondaire). L’article n'a donc pas de majuscule, mais seulement une minuscule écrite en capitale en début de phrase. Pour saisir la nuance, il faut comprendre la différence entre
- une majuscule, propriété intrinsèque et invariable de l’initiale d’un mot ou des initiales ou d’un sigle (ce mot ne pouvant pas être ni contracté ni muté, etc. qui fait du mot un mot propre, et qu’on ne peut pas écrire avec une "bas-de-casse" ou une "petite capitale"), propriété qui s’oppose à la lettre minuscule utilisée dans tous les autres cas de lettres médiales ou finales ainsi que pour tous les mots communs dont toutes les lettres sont toujours une lettre minuscule (même en initiale placée en début de phrase !), et
- une capitale (aussi appelée "haut-de-casse") qui désigne uniquement une casse typographique pour l’écriture, concept lié en français à la règle orthographique qui interdit l’écriture en "bas-de-casse" ou "petite capitale" mais impose l’écriture d’une casse "capitale" ou d’une casse "grande capitale", à tous les mots en début de phrase, que ceux-ci soient propres ou communs, et donc indépendamment du fait que ces mots commencent par une majuscule ou une minuscule). Noter qu’historiquement certaines minuscules françaises avaient aussi plus que les trois casses encore utilisées aujourd'hui (la "bas-de-casse" communément mais improprement appelée "minuscule" en milieu et fin de phrase, la casse "capitale" qui est un concept différent de la "majuscule" trop souvent employé à tort, et la casse "petite capitale") avec des casses supplémentaires suivant la position dans le mot ou la phrase (cas du s, ou du z qui distinguait aussi les casses "médiales" et "finales" parmi les "bas-de-casse", et du i ou du u avant qu'ils soient dissociés orthographiquement des nouvelles lettres j et v). Les majuscules par contre n'existent généralement qu'en une seule casse aujourd'hui (la "capitale"), mais la "grande capitale" (souvent appelée "lettrine" quand elle est décorative et enjambe plusieurs lignes) existe encore parfois aussi en début de paragraphe (mais uniquement aujourd'hui de façon décorative), alors qu'avant la distinction avait valeur de ponctuation permettant de savoir si la phrase continue le paragraphe précédent ou débute une nouveau paragraphe. Les différentes casses ne sont pas une propriété intrinsèque du mot, au contraire de la distinction très stricte en français entre minuscule et majuscule. La confusion entre majuscule/minuscule (propriété invariante et intrinsèque de composition des mots) et haut-de-casse/bas-de-casse (propriété mutable des caractères écrits, dans les limites des règles ortho-grammaticales) est courante puisque sur un clavier usuel (ainsi que dans le codage des caractères d’un texte, même avec Unicode), on ne saisit QUE la distinction entre deux des casses possibles (les autres casses étant obtenues par des fonctions de mise en forme des traitements de texte et non codées dans le texte lui-même), mais jamais la distinction (pourtant sémantique et fondamentale) entre majuscules et minuscules qui composent les mots (et ont des touches improprement appelées majuscule ou verrouillage majuscule alors que ce sont exactement des touches haut-de-casse et verrouillage haut-de-casse) !!! Mais les dictionnaires et encyclopédies, eux, font cette distinction (notamment car cela permet de repérer le bon usage orthographique des différentes casses autorisées et interdites). C’est pourquoi lors de la composition de textes, il faut encore plus redoubler d’attention (notamment dans tout ouvrage à caractère encyclopédique ou dans un dictionnaire) sur le bon emploi des hauts-de-casse (capitales, grandes capitales, lettrines) d’une part, et des bas-de-casse ou petites capitales d’autre part, notamment car cela permet de déterminer (au moins partiellement) la nature intrinsèque des mots composés de minuscules et majuscules invariables, et de repérer les mutations orthographiques, grammaticales et morphologiques et phonétiques autorisées par la langue. L’article reste nécessaire comme partie du titre, mais sa place ou sa forme (contractée ou non) n’est pas imposée car il est non signifiant au premier niveau seul étant conservé sa sémantique distinguant les déterminations définies/indéfinies (et encore pas toujours). Exemples :
- « En composant sa Marche turque, Mozart (…) »,
- « J'ai beaucoup aimé l’interprétation de cette Marche turque. ».
- « C'est une Marche turque des plus réussies que j’ai dû entendre de la part de ce concertiste. ».
- « Cette deuxième Marche turque est celle que je préfère. » (note que la capitale sur le premier mot signifiant est indispensable pour éviter la confusion avec un autre titre similaire, alors que l’italique n'est pas obligatoire orthographiquement).
- Dans les dictionnaires de titres d’œuvre on trouvera le titre écrit « Marche turque (la). », ou bien écrit « la Marche turque. » mais l’œuvre sera toujours classée à la lettre M, pas à la lettre L…
- Dans un annuaire téléphonique ou un dictionnaire français, en regardant les noms propres (de personne, de villes et lieux géographiques, etc.) commençant par "la", "le", "les", "l’", "aux" : on voit que s’il n’y a pas de trait-d’union, l'article est en minuscule, séparable, et n'est pas pris en compte dans le tri au premier niveau, sinon il est pris en compte en tant qu’élément invariable. Par exemple, "les Bouches-du-Rhône", "le Mans" (pas de trait d’union car c'est un article nécessaire, mais mutable ou déplaçable). Les titre d’œuvres suivent aussi la même logique française, car en tant que tels ce sont des noms propres, même s’ils sont composés de mots communs et propres (Hormis l’article initial non signifiant, tout le reste du titre est invariable).
- Noter que la langue anglaise possède elle aussi cette distinction entre mots signifiants et non signifiants dans les titres d’œuvres, la seule différence étant que le français ne demande une haut-de-casse (capitale) obligatoire que pour le premier mot signifiant du titre, alors que l’anglais la demande sur tous les mots signifiants. Les deux langues demandent une haut-de-casse pour le premier mot du titre que s’il est commun et signifiant, ou propre, ou s’il est en tête de phrase.
- Le français requiert l’écriture en bas-de-casse (ou petite capitale) pour toutes les autres occurrences de lettres minuscules (et leur interdit les haut-de-casse (capitales ou grandes capitales), au contraire de l’anglais qui, s’il permet mais n’impose pas les hauts-de-casse sur le premier mot commun d’un titre lorsqu’il est non signifiant, impose les hauts-de-casse (capitales) sur les initiales de tous les termes signifiants du titre.
- Dans les deux langues, l’écriture entièrement en capitales n’est vraiment pas recommandée sauf pour les noms propres (mais leurs accents intrinsèques devraient toujours être conservés pour préserver les distinctions orthographiques d’homographes possibles). Les règles sont bien établies dans les ouvrages de référence et notamment les dictionnaires et encyclopédies (même si ailleurs on prend moins soin de la typographie). Wikipédia devrait employer les conventions typographiques des encyclopédies puisque ces conventions sont établies et même normalisées : il y a de nombreux textes légaux et reconnus par des normes internationales (notamment des normes ISO, appliquées en France par des normes AFNOR, au Canada par des normes CSA, etc.) concernant par exemple les références bibliographiques, la toponymie, les noms de personnes et les transcriptions aux fins de références. Et la confusion est loin de se terminer, au vu de l’inventivité des typographes qui sont parvenus aussi à créer et utiliser la casse "grandes minuscules" comme casse additionnelle pour transcrire des mots composés avec des… majuscules, ou encore utilise la casse petite capitale (qui normalement transcrivent des lettres minuscules) au lieu et place de la casse capitale, pour transcrire en caractères des mots composés avec des majuscules. (voir l’exemple ci-dessous des titres de reliures de certains livres).

Exemples

Des majuscules en capitales et en minuscules

La confusion entre les termes de majuscule et de capitale est facilitée par le fait que les majuscules s'écrivent la plupart du temps en capitales. On peut se rendre compte de la différence entre les deux en prenant un exemple ; certains éditeurs présentent les titres et les noms d'auteurs de leurs ouvrages en minuscules sur la couverture. C'est le cas des Éditions de Minuit pour un ouvrage comme le Vocabulaire des institutions indo-européennes d'Émile Benveniste. La couverture est typographiée ainsi : ::émile benveniste :le vocabulaire :des institutions :indo-européennes :::LES ÉDITIONS DE MINUIT On peut dire que le prénom et le nom de l'auteur sont écrits en minuscules ; leur première lettre, cependant, est bien une majuscule : seulement, elle n'est pas en capitale. D'autre part, bien que le nom de l'éditeur soit en capitales, on sait que le É de ÉDITIONS ainsi que le M de MINUIT sont aussi des majuscules.

Le cas du grec

En grec ancien, tel qu'écrit actuellement, les capitales et les majuscules en capitales ne sont pas identiques : un texte écrit au long en capitales n'est normalement pas diacrité, tandis qu'un texte en minuscules avec des majuscules capitales reçoit les diacritiques. De fait, un mot comme ánthrôpos, « homme », s'écrit avec une majuscule capitale, mais ΑΝΘΡΩΠΟΣ en capitales. La capitale de la première lettre du mot est donc un Α alpha nu, la majuscule un diacrité, portant esprit doux et accent aigu.

Dans la messagerie électronique

Dans la messagerie électronique, ON ÉCRIT EN CAPITALES pour indiquer que l'on élève la voix. De façon plus générale, cela permet de mettre en évidence une partie de texte lorsque l'on ne peut techniquement pas utiliser de caractères gras, d'italique, ou d'autres enrichissements visuels. L'utilisation systématique des capitales est agressive et contraire à la nétiquette. Voir Lamer.

Conclusion

Pour résumer, une capitale est un œil (tracé d'une lettre) différent de celui d'une minuscule, un simple format. Une majuscule est un emplacement initial déterminé par les règles d'orthotypographie, qui se réalise la plupart du temps comme une capitale. La confusion est d'autant plus facile que les deux termes semblent particulièrement mal choisis : une capitale devrait, si l'on en croit l'étymologie, être située « en tête (de mot) » tandis que, toujours étymologiquement, la majuscule serait une lettre de plus grand format, s'opposant directement à la minuscule ; or, c'est l'inverse : minuscule et capitale s'opposent par la taille et le format, majuscule n'a pas d'antonyme. Il semble que les deux termes aient été inversés.

Voir aussi

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Sujets connexes
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