Boussac (Creuse)

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Boussac (Boçac en occitan) est une commune française, située dans le département de la Creuse et la région Limousin. La place de l'hôtel de ville
Boussac (Creuse)

Boussac (Boçac en occitan) est une commune française, située dans le département de la Creuse et la région Limousin. La place de l'hôtel de ville

Géographie

Situé au bord de la Petite Creuse (affluent de la rive droite de la Creuse), Boussac se trouve à 40 km environ au Nord-Est de Guéret. Les habitants sont les Boussaquins

Administration

Démographie

Économie

De lointaines origines

Boussac tire son nom du latin Bociacus/Bociacum ("le domaine de Bocius"). On trouve Cappella de Bociaco (1095), Bocac Ecclesiarum (1104), Botzac las Eglesias - écrit en occitan - (1150) ; en 1150 l'apparition des noms Castrum de Botzac et de Cappella de Botzac le Chastel attestent l'existence d'une seigneurie. En réalité, celle-ci était établie depuis le milieu du suivant l'archiviste Eugène Hubert (1931)Eugène Hubert, Cartulaire des seigneurs de Châteauroux (919-1789), Châteauroux, Badel, 1931.

La postérité de la famille de Brosse D'après Eugène Hubert, ibid. ; Gaspard Thaumas de la Thaumassière, Histoire du Berry, Bourges, 1689 (Laffite reprints, 1976).

Cette seigneurie appartenait à la famille de Déols (parfois qualifiée de "princière", ce qui est abusif, sauf si l'on considère qu'en bas latin princeps peut tout aussi bien signifier "prince" que "seigneur")) Les descendants d'Ebbes I de Déols(mort vers 935) étaient en effet, à cette époque, les plus puissants féodaux du Berry. Au , une alliance entre deux frères de la famille de Brosse et deux filles d'Ebbes III de Déols], mort sans postérité masculine vers 1256, fera passer la seigneurie de Boussac dans le giron de la famille de Brosse, dont le plus célèbre représentant sera Jean de Brosse, maréchal de France (1375-1433), compagnon de Jeanne d'Arc. Le château de Boussac, dominant la vallée de la Petite Creuse. La seigneurie de Boussac restera dans sa lignée directe jusqu'à Jean IV de Brosse, comte de Penthièvre et duc d'Étampes mort en 1565. Celui-ci fut le très complaisant époux d'Anne de Pisseleu, maîtresse de François Ier. Ses domaines, incluant le comté de Penthièvre, passeront ensuite à sa sœur, Charlotte de Bretagne, épouse de Sébastien de Luxembourg, puis à leurs descendants, alliés successivement à la maison de Guise Lorraine, et à César de Bourbon, fils légitimé de Henri IV et de Gabrielle d'Estrées. Jusqu'à la Révolution, Boussac sera administrée par quatre consuls, nommés chaque année . Autant dire que quatre familles et leurs alliés se partagent la responsabilité des affaire municipales d'une génération à l'autre. Ils doivent notamment veiller à la bonne marche de l'hôpital fondé par Louis I de Brosse, Mort en 1356 à la bataille de Poitiers , situé près du cimetière de la cité. Dans la seconde moitié du , selon l'historien du Berry, Thaumas de la Thaumassière, Boussac se présente comme . Le pays d'alentour, où abondent les étangs, les bois, les taillis d'églantiers et de châtaigniers, est réputé pauvre, ne produisant que du blé et du seigle. On engraisse pourtant du bétail avec des raves et des châtaignes. Les foires de Boussac, instituées par Jean IV de Brosse, sont réputées dans tout le Berry et assurent une relative prospérité à ce petit bourg, dont la population dépassera à peine 600 habitants à la veille de la Révolution. Ces foires ont lieu le lundi des Rameaux, le jeudi avant la pentecôte, (en juin), et (en décembre). Echangée par César de Bourbon à un membre de la famille de Loménie, puis vendue à un gentilhomme auvergnat, Jean De Rilhac, la seigneurie de Boussac demeurera dans la postérité de ce dernier jusqu'à la veille de la Révolution. Charles Henri de Carbonnières, son descendant par les femmes, est alors le propriétaire de la seigneurie et du château. En , le comité de surveillance de Guéret dénonce la mansuétude du comité de Boussac à l'égard de la famille de Carbonnières et ordonne l'arrestation de tous ses membres. Ils seront libérés, semble-t-il, en sur l'intervention d'un conventionnel en mission, à l'exception de Charles Henri, transféré à Guéret. On ne sait rien de son sort, mais sans doute fut-il rendu à sa famille après la chute de Robespierre. En 1790, les limites des communes avaient été généralement calquées sur celle des anciennes paroisses. C'est ainsi que la superficie de Boussac n'excédait pas 150 hectares (hier comme aujourd'hui), alors que Boussac-Bourg (qui comporte deux églises, et qui était sans doute la paroisse désignée en 1150 sous le nom de Botzac las Eglesias), en comptait près de 4000.

Le temps de la sous-préfecture

La loi du 28 pluviôse an VIII créa l'arrondissement de Boussac, composé des cantons de Boussac, Chambon, Châtelus, et Jarnages. Boussac, jusque là chef lieu de district, devint le siège de la nouvelle sous préfecture, qui fut supprimée, avec d'autres en France, en 1926. Parmi les sous-préfets de Boussac figure Joseph Joullietton, auteur de la célèbre Histoire de la Marche et du pays de Combraille2 vol., Guéret, 1814-1815. Nommé en 1825, il resta en fonction jusqu'à sa mort en 1829. Dans les années 1840, les avis sont partagés sur le charme de la ville de Boussac. En , Prosper Mérimée, inspecteur général des monuments historiques, qui effectue une tournée dans la région, se montre plus que sévère : . Dans son roman Jeanne (1836), George Sand avait pris par avance le contrepied de celui qui fut son éphémère amant Elle écrit en effet :. Plus loin, elle décrira le château comme .

Le château

Construit au , le château a été remanié aux . Cédant aux objurgations de la société populaire de Lépaud, relayée par l'administration du département, la municipalité de Boussac, sans enthousiasme, avait décidé le démantèlement du château en avril 1794. L'adjudicataire, pour une somme de 8400 livres (payables en assignats ?), y procèda à partir du mois de juillet : il combla les fossés, rasa le donjon, ainsi que les toitures "orgueilleuses" des tours, abattit le portail, etc. Le corps principal de bâtiment restait pourtant à peu près intact. Sa porte d'entrée comporte encore aujourd'hui, au dessus du linteau, les armes de la famille de Brosse (trois "brosses") sculptées dans la pierre.Cour intérieure du château de Boussac Vendu en 1833 à la municipalité de Boussac par Pauline de Carbonnières, fille de Charles Henri, devenue comtesse de Ribereix, racheté par le département, le château abrita, à partir de 1838, le siège de la sous-préfecture de Boussac, puis, après 1926, une caserne de gendarmerie. Il a été acquis au début des années 1960 par M. et Mme Blondeau qui l'ont superbement restauré et meublé (se renseigner pour les horaires de visite). Il se compose d'un bâtiment rectangulaire flanqué d'une grosse tour ronde. Côté rivière il présente un façade sévère flanquée de deux tours rectangulaires. Au deuxième étage on peut voir la chambre que George Sand occupa à plusieurs reprises, notamment pendant une épidémie qui l'obligea à s'éloigner de Nohant. Contrairement à des légendes bien établies, le prince turc Djem ("Zizim") n'a jamais séjourné à Boussac ; à plus forte raison, il n'est pour rien dans la confection des tapisseries dites de "La Dame à la licorne".

Les célèbres tapisseries

La salle des gardes du château abrita, à partir du , les six tapisseries de "La Dame à la licorne". Exécutées dans les Flandres entre 1484 et 1500, ces tapisseries s'inspiraient d'une légende allemande du . Commandées par Jean Le Viste, président de la Cour des Aides de Lyon, elles parvinrent à Boussac à la suite d'héritages successifs, des Le Viste aux La Roche-Aymon, puis aux Rilhac, barons de Boussac, et enfin aux Carbonnières, propriétaires de Boussac à la veille de la Révolution. Elles demeurèrent dans le château à la suite de la vente de celui-ci. La municipalité de Boussac les céda pour la somme de 25.000 francs-or en 1882 à un riche collectionneur, M. Du Sommerard, qui les exposa dans son hôtel de Cluny, à Paris. Ces spendides tapisseries figurent aujourd'hui parmi les pîèces majeures du Musée du Moyen Âge (ancien hôtel de Cluny, légué par Du Sommerard à la Ville de Paris avec les collections qu'il y avait amassées). Le produit de la vente des tapisseries permit de paver la place de l'actuel Champ de foire, qui en avait sans doute bien besoin, d'autant qu'elle attirait des foules importantes les jours de marché et de foire aux bestiaux ; le solde, dit-on, servit à ériger en 1903 la statue de Pierre Leroux et à aménager le square qui porte aujourd'hui son nom.

Bibliographie sommaire

- Henri Aucapitaine, Notes historiques sur la ville, le château de Boussac et la famille de Brosses (sic), Paris, Dumoulin, 1853
- Henri de Lavilatte, Esquisses de Boussac, Paris, Emile Paul, 1907
- Gilles Rossignol, Le Guide de la Creuse, Lyon/Besançon, La Manufacture 1996.
- Voir la bibliographie de l'article "Jean de Brosse"

Personnalités liées à la commune

La statue de Pierre Leroux
- Pierre Leroux (1797-1871): philosophe, ami de George Sand fut maire de Boussac en 1848, maire de Boussac en 1848, député de Paris (juin 1848-2 décembre 1851). Son frère Jules (1805-1883), fut député de la Creuse (mai 1849-1851).
- George Sand (1804-1878), y situa en partie l'action de son roman champêtre : Jeanne (1836).

Voir aussi

- Communes de la Creuse ==
Sujets connexes
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