Ornithorynque

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L'ornithorynque est un petit mammifère semi-aquatique, qu'on ne trouve qu'à l'est de l'Australie. C'est l'un des cinq monotrèmes, les seuls mammifères qui pondent des œufs au lieu de donner naissance à des petits vivants (les quatre autres sont des échidnés).
Ornithorynque

L'ornithorynque est un petit mammifère semi-aquatique, qu'on ne trouve qu'à l'est de l'Australie. C'est l'un des cinq monotrèmes, les seuls mammifères qui pondent des œufs au lieu de donner naissance à des petits vivants (les quatre autres sont des échidnés).

Description

L'ornithorynque (Ornithorhynchus anatinus) ressemble à un castor : le corps et la queue, larges et plats, couverts de fourrure marron, mais il est pourvu de pieds palmés et d'un grand museau caoutchouteux qui l'a fait désigner en anglais par « duck-billed platypus » (« pied plat à bec de canard »). Sa queue mesure de 10 à 15 cm. Les mâles sont habituellement d'un tiers plus gros que les femelles, mais leur taille, entre 40 et 50 cm en moyenne, varie considérablement d'une région à l'autre, sans qu'elle soit liée au climat. Le mâle ornithorynque porte des aiguillons venimeux aux chevilles. Son poison n'est pas mortel pour les humains mais provoque des douleurs atroces et des enflures qui peuvent durer plusieurs mois. Le venin peut être mortel pour un chien ou pour de petits animaux domestiques. Il est noctambule et farouche, presque insaisissable. Mais c'est peut-être sa timidité qui a préservé cette aberrante créature préhistorique. D'aspect mi-reptile mi-mammifère, l'ornithorynque a longtemps passé pour une chimère. Aujourd'hui, les scientifiques voient en lui un des animaux les mieux adaptés du continent australien. Il passe en moyenne 2 heures par jour minimum dans l'eau et peut rester immergé durant de courtes périodes de 12 à 15 minutes. Doublée de tissu adipeux, la fourrure de l'ornithorynque lui permet d'affronter les rivières les plus froides d'Australie. Il supporte moins bien la chaleur et s'évanouit au bout de 7 minutes d'exposition au soleil par 35°C. Après son bain, il aime regagner son terrier sans avoir essuyé son pelage, qui fut jadis très prisé des pelletiers pour ses qualités isolantes et sa grande finesse. Un repli de peau obturant à la fois ses yeux et ses oreilles, en plongée, l'ornithorynque ne peut détecter ses proies qu'avec son bec. C'est un excellent nageur et il passe l'essentiel de son temps dans l'eau. Il peut rester 5 minutes en plongée. Il garde alors les yeux et les oreilles hermétiquement fermés et se sert de ses autres sens pour se diriger mais il détecte souvent ses proies grâce à des détecteurs de champs électriques situés sur son bec (voir plus loin). Les quatre pattes de l'ornithorynque sont palmées. Quand il nage, il se propulse avec ses pattes de devant ; sa queue et ses pattes arrière l'aident à se diriger mais non à se propulser.

Distribution et habitat

L'ornithorynque est un animal semi-aquatique, vivant dans les petits cours d'eau sur un territoire s'étendant des hautes terres de Tasmanie (y dévastant, dit-on, des élevages de truites) et des Alpes australiennes jusqu'aux forêts pluviales tropicales du Queensland côtier aussi au loin vers le nord que le bas de la péninsule du Cap York. À l'intérieur du pays, sa distribution n'est pas bien connue : il s'est éteint en Australie du sud (à l'exception d'une population introduite sur l'île Kangourou) ainsi que dans la plus grande partie du Bassin Murray-Darling, probablement à cause d'une dégradation de la qualité de l'eau provoquée par le défrichement et l'irrigation intensifs. Sa distribution est aléatoire le long des diverses rivières côtières : il semble absent de certaines rivières relativement salubres alors qu'il se maintient dans d'autres passablement dégradées (le bas Maribynong par exemple). Hors de l'eau, l'ornithorynque gîte dans un petit terrier étroit, de section ovale, presque toujours dans les berges, non loin du niveau de l'eau, et souvent caché par l'enchevêtrement protecteur de racines. Pour se reproduire, les femelles creusent un terrier beaucoup plus large et plus élaboré, long de 20 mètres et bloqué par des bouchons à intervalles réguliers. À l'extrémité du tunnel, les roseaux qu'elles apportent servent de nid. À première vue, grâce à son mode de vie aquatique, en terrier et loin des zones habitées, l'ornithorynque ne semble pas en danger immédiat d'extinction : il est quand même répertorié comme vulnérable. Comme tous les animaux aquatiques, il est en effet très sensible à la pollution de l'eau.

Nourriture

L'ornithorynque est carnivore. Il se nourrit de vers, de larves d'insectes, de crevettes d'eau douce et d'écrevisses qu'il déniche dans le lit des rivières avec son museau ou qu'il attrape en nageant. La peau recouvrant son bec est très sensible et lui permet de chasser sa nourriture sans avoir à utiliser la vue. L'ornithorynque est le seul mammifère connu à posséder le sens de l'électroperception, c'est-à-dire qu'

Reproduction

Comme tous les monotrèmes, la femelle ornithorynque n'accouche pas de petits vivants, mais pond des œufs dans le nid. Elle ne possède qu'un même orifice (cloaque) pour la reproduction et pour expulser ses excréments, ce qui est caractéristique de la famille des oiseaux et reptiles. Quand les œufs éclosent, les petits émergent et s'accrochent à la mère. Comme pour les autres mammifères, la femelle allaite ses petits. Elle n'a pas de mamelon apparent mais émet son lait à travers de petites ouvertures dans la peau. Les petits ornithorynques lèchent le lait qui coule de leur mère quand elle est étendue sur le dos. Le sexe des mammifères est déterminé par une paire de chromosomes ; la femelle possède deux chromosomes X, et le mâle un X et un Y. Chez les oiseaux, le mécanisme est similaire mais le mâle est ZZ et la femelle ZW. En 2004, grâce à des marqueurs fluorescents, les chercheurs Jenny Graves et Frank Grützner, de l’Université Nationale Australienne de Canberra, ont mis en évidence que l'ornithorynque dispose de cinq paires de chromosomes. La femelle est caractérisée par une séquence XXXXXXXXXX tandis que le mâle dispose d'une séquence XYXYXYXYXY. De plus, les chromosomes du début de la chaîne ont des gènes communs avec les mammifères, tandis que ceux de la fin partagent des gènes avec les oiseaux.information rapportée, entre autres, par les magazines Science & vie de août 2005, par et Nature (DOI 10.1038/nature03021)

Histoire de sa découverte

La première description scientifique de l'animal est due à George Kearsley Shaw (1751-1813) dans Naturalist's Miscellany, en 1799, mais cette publication fut considérée comme un canular par les scientifiques de son époque. Il fallut attendre d'autres travaux, notamment ceux de John Gould (1804-1881), pour que l'on commence à admettre son existence. Voir à ce sujet l'ouvrage d' Ann Moyal (2001). Voir bibliographie pour les références complètes. Le monde entier découvrit l'ornithorynque en 1939 quand le magazine National Geographic publia un article décrivant les efforts pour l'étudier et le maintenir en captivité (tâche très difficile : le premier lieu où il a survécu - et toujours un des seuls - est le Healesville Sanctuary dans le Victoria). Bien peu de jeunes ont pu être élevés jusqu'à présent : la première portée née en captivité a eu lieu en 1944Voir l'ouvrage de David Fleay (1944). Voir bibliographie pour les références complètes.. La référence principale est due à Tom Grant Tom Grant, The Platypus: A Unique Mammal. Voir bibliographie pour les références complètes.. Le nom scientifique ornithorhynchus signifie littéralement « nez d'oiseau » en grec et anatinus renvoie à « canard » en latin. Le nom commun anglais platypus (« flat foot » - pied plat) lui fut originellement donné dans la classification de Carl von Linné (1707-1778) mais on a découvert depuis que ce nom était déjà attribué à un invertébré, un coléoptère de la famille des Platypodidae, super-famille des Curculionoidea, par l'entomologiste Johann Friedrich Wilhelm Herbst (1743-1807).

Étymologie

En 1803, le géologue Barthélemy Faujas de Saint-Fond utilise la graphie ornithoringue. Georges Cuvier, utilise la double orthographe ornithorhynque et ornithorinque dans le Tome 3 les Leçons d'anatomie comparée, respectivement pages 107 et 243 .

Voir aussi


-Faune de l'Australie

Notes

Bibliographie

- David Fleay, We breed the platypus, Robertson & Mullens, Melbourne, 1944. Nouvelle publication, We breed the platypus - 50th Anniversary Edition, Boolarong Publications, Brisbane, 1994.
- Harry Burrel, The Platypus, Rigby, 1927. Nouvelle publication 1974.
- Tom Grant, The Platypus: A Unique Mammal (l'Ornithorynque - un mammifère unique), New South Wales Univ Pr Ltd, 1980.
- Vie Sauvage - Encyclopédie Larousse des animaux, n°115, Larousse, 1992.
- Umberto Eco, Kant et l'ornithorynque, 1999 (Kant e l'ornitorinco, 1997).
- Ann Moyal, Platypus: The Extraordinary Story of How a Curious Creature Baffled the World, Allen & Unwin, Crows Nest, 2001.

Références externes

Espèce

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Genre

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Sujets connexes
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