Lucifer

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La chute de Lucifer, illustration de Gustave Doré pour Le Paradis perdu de John Milton Lucifer est le nom donné à plusieurs personnages mythologiques, en particulier de la tradition judéo-chrétienne. Aujourd'hui, il symbolise, du point de vue judéo-chrétien (qui conçoit le Bien comme passant par la fidélité à Dieu et l’humilité), une figure du Mal. Un mythe, celui de la chute des anges rebelles, fait de Lucifer un ange qui fut déchu pour s'être reb
Lucifer

La chute de Lucifer, illustration de Gustave Doré pour Le Paradis perdu de John Milton Lucifer est le nom donné à plusieurs personnages mythologiques, en particulier de la tradition judéo-chrétienne. Aujourd'hui, il symbolise, du point de vue judéo-chrétien (qui conçoit le Bien comme passant par la fidélité à Dieu et l’humilité), une figure du Mal. Un mythe, celui de la chute des anges rebelles, fait de Lucifer un ange qui fut déchu pour s'être rebellé contre Dieu. Ce mythe relate son désir de puissance et sa lutte contre les anges fidèles à Dieu, qui précédèrent sa déchéance. Il représente donc l’hybris – qui est le péché d'orgueil en termes judéo-chrétiens, soit la tentation de s'élever au-dessus de sa condition pour dépasser Dieu.

Origine et évolutions

Lucifer signifie en latin « porteur (fere) de lumière (lux) ». Ce nom a pour origine la traduction latine, dans la Vulgate, du Livre d'Isaïe 14.12 par Saint Jérôme, qui traduisit le nom Heylel (nom de la planète Vénus en hébreu) par Lucifer. Chez les Romains, le dieu Lucifer (Phosphoros chez les Grecs) personnifiait la connaissance, à travers une figure qui mêlait des attributs d'Hermès et d'Apollon. Transposé dans la tradition du christianisme, Lucifer est le nom attribué dans les premiers temps du christianisme à Jésus. Ce n'est qu'au Moyen Âge que ce nom désignera le plus grand et brillant de tous les anges. Mais ce dernier, selon le "mythe de la chute des anges rebelles", fut poussé par son orgueil à se rebeller contre Dieu, car il voulait briller plus que son créateur. Il devint alors Satan (l'"Adversaire"), roi des "démons" — qui sont les anges qui, avec lui, se sont révoltés et ont chuté — et ennemi de l'humanité et de Dieu.

Divergences d'interprétations

Il existe plusieurs visions métaphysiques de la figure de Lucifer (qui est le « porteur de la lumière », métaphoriquement « de la connaissance » et donc « de l'hybris ») : il peut être assimilé à Satan (qui est l'« adversaire », l'antithèse de Dieu) par certains alors que d'autres l'en distinguent. Pour les premiers en effet, Lucifer reste un être créé par Dieu et donc ne peut en aucun cas être son opposé. Il ne peut donc, dans cette optique, être assimilé à la figure de Satan. Il est alors plutôt opposé à Michaël, chef des anges fidèles à Dieu. Pour quelques uns de ceux qui partagent cette vision, c'est par une mauvaise interprétation de Isaïe 14.12 que Lucifer a été relié a Satan. Ce passage de la Bible parle effectivement de la chute de Lucifer et d'un "adversaire", et deux interprétations sont possibles à partir de là : soit le texte fait référence au roi qui règnait sur Babylone à l'époque, soit à Samaël qui descendit en Enfer (non déchu, il descendit par choix). Il est en outre à plusieurs reprises désigné, et par Jésus lui même, « le Seigneur de la Terre ».

En alchimie

L'alchimie assimile Lucifer au Diable, non sous la forme populaire et maléfique, mais au contraire sous sa forme rédemptrice: Il représente la Pierre brute, matière initiale de l'œuvre, qui, sous son aspect vil et repoussant, n'en demeure pas moins le pilier de toute l'Œuvre, car recelant en son sein la lumière à suivre, l'étoile que suivirent les mages pour parvenir à l'enfant philosophal.

Interpretation roumaine

En roumain Luceafăr représente la planète Vénus (et Lucifer veut dire le Diable). Les paysans l'associent aussi à un certain nombre d'étoiles. Il fait aussi allusion aussi au géant Hypérion. Souvent le "Luceafăr" anime les démons, mais il ne représente pas le mal absolu ou le Diable (Dracul en roumain). Son origine étymologique vient du verbe luci et l'adjectif luciu. Ce verbe ne se traduit pas en français mais on peut l'approximer par lustre dans l'expression "cet objet a retrouvé son lustre d’antan". En langue courante on dit cependant qu'un objet est lucios lorsque celui-ci est assez propre pour réfléchir la lumière ambiante. L'exemple type d'un tel objet est la carrosserie d'une belle voiture. Au contraire, l'éclat du soleil se dit strălucirea soarelui et en général strălucire veut dire brillance. Cependant la lune et le luceafăr ne font que "luci" car ils émettent moins de lumière. stră provient du latin extra et est un élément de composition qui marque en roumain l'origine éloignée et l'ancienneté. A ne pas confondre avec le verbe lumina qui veut dire illuminer, éclairer ou faire en sorte que la lumière se répande, par exemple en ouvrant la fenêtre comme dans s-a luminat camera qui veut dire la chambre s'est éclaircie/illuminée. Plusieurs astres ont ce nom:
-Vénus le matin:
-Luceafărul-de-Dimineaţă (de Matin)
-Luceafărul-de-Ziuă (de Jour)
-Luceafărul-Porcilor (des Porcs)
-Luceafărul-Boului (du Taureau)
-Vénus le soir:
-Luceafărul-de-Seară (de Soir)
-Luceafărul-de-Noapte (de Nuit)
-Luceafărul-Ciobanilor (des Bergers)
-l'étoile Véga de la constellation Lyre:
-Luceafărul-cel-Mare-de-Miezul-Nopţii (le Grand de Minuit)
-Luceafărul-cel-Frumos (le Beau)
-l'étoile Aldébaran de la constellation du Taureau:
-Luceafărul-Porcesc (qui fait comme un Porc)
-Luceafărul-Porcar (qui s'occupe des Porcs)
-l'étoile Sirius de la constellation Grand Chien (Cainele Mare):
-Luceafărul-de-Ziuă (de Jour)
-Luceafărul-din-Zori (du début du Jour au lever du soleil)
-l'étoile(?) dite aussi Hypérion:
-Luceafărul-cel-Mare-de-Noapte (le Grand de Nuit) Mihai Eminescu a écrit un avec ce nom qui est parmi les plus célèbres de ses œuvres. Une jeune femme tombe amoureuse de "Luceafăr" qui va se métamorphoser et se transformer en un jeune homme avec des cheveux d'or. La fille va lui demander de venir se marier avec elle sur terre ce que ce dernier (appelé aussi Hyperion) refuse. Lorsque la fille lui dit "moi je suis vivante et toi tu es mort", ce dernier refuse de la croire en disant qu'il peut voir les choses avec perspective d'en haut et il dit à la fille qu'elle ne sait pas ce qui l'attend sur terre (c’est-à-dire la mort). Mihai Eminescu dans le poème (là haut dans le jardin des seigneurs/rois) identifie trois types d'yeux:
- negru înfundat et mari: noirs enfoncés et grands, pour un personnage décrit comme cruel et froid
- de foc: de feu, pour des personnages qui sont décrits comme des filles pâles et belles dont les yeux émettent de la lumière
- lucii et multi: lustres et nombreux, ils sont décrits à la fin du poème comme aimant "même la lumière" et assis à une grande table blanche dans un grand salon avec beaucoup d'invités qui ont la parole douce

Voir aussi

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Sujets connexes
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