Perestroïka

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La perestroïka (Перестройка signifie en russe : reconstruction, restructuration, avec un élément novateur de péré- = refaction, et stroïka = construction en russe) fut le nom donné aux réformes sociales et économiques de Mikhail Gorbatchev menées d'avril 1985 à décembre 1991 en Union soviétique.
Perestroïka

La perestroïka (Перестройка signifie en russe : reconstruction, restructuration, avec un élément novateur de péré- = refaction, et stroïka = construction en russe) fut le nom donné aux réformes sociales et économiques de Mikhail Gorbatchev menées d'avril 1985 à décembre 1991 en Union soviétique.

Les origines

Après la Seconde Guerre mondiale, Staline considéra comme un objectif diplomatique majeur de pouvoir traiter d'égal à égal avec les États-Unis. Cette politique fut reprise par ses successeurs, au début avec un incontestable succès : la parité nucléaire est rapidement atteinte dans le domaine militaire (1949/53) et, dans la conquête de l'espace, l'Union soviétique avait au début une longueur d'avance (1957/65). La première déconvenue arrive avec la course à la Lune dont la victoire revient aux Américains en juillet 1969. Dans un premier temps, les Soviétiques firent croire que leurs priorités budgétaires étaient ailleurs, mais en réalité, ils ne maîtrisaient pas les systèmes informatiques indispensables à une expédition lunaire. Dans les années 1970, toujours à la recherche de la parité, les Soviétiques obtiennent des Américains un vol commun Apollo-Soyouz (1975). À cette occasion, le retard soviétique en informatique devient patent. L'URSS chercha ensuite à développer les relations scientifiques et organisa des congrès entre médecins et chercheurs soviétiques et américains : le monde entier prit alors connaissance de l'énorme retard de la Patrie du Socialisme sur le Leader du Camp Impérialiste. Ainsi, le régime soviétique, en voulant à tout prix être considéré par les USA comme son égal, a mis à nu son échec. En effet, dans trois domaines-clés du , l’informatique, l'espace et la biochimie, l'Union soviétique était en train de perdre la compétition avec l'Occident.

Le diagnostic interne

La cause profonde de ce retard résidait dans l'extrême centralisme de l'économie de l'URSS qui supprimait toute initiative. Durant les années 1960, l'économiste soviétique Libermann avait déjà vu le problème et avait proposé d'accorder l'autonomie aux entreprises, en leur permettant, notamment de fixer elles-mêmes leur production en fonction des commandes reçues et non des objectifs du plan. Alexis Kossyguine, élu président du conseil des ministres en 1964, devait la mettre en application. La réforme fut abandonnée dans les années 70 parce qu'elle retirait aux membres du Parti leur pouvoir au profit de technocrates gestionnaires. L'inconvénient majeur de ce blocage risquait de provoquer le déclin accéléré de l'URSS. Devant ces déconvenues, à la fin des années 70, le KGB dirigé par Iouri Andropov, diligenta une enquête confidentielle pour évaluer le PNB soviétique selon les critères qualitatifs occidentaux, c’est-à-dire en y intégrant le concept de valeur ajoutée, et non plus seulement en volume (nombre d'unités produites) comme le voulait la tradition socialiste. Le résultat fut très défavorable et apportait la preuve du déclin de l’Union soviétique qui avait vu son économie dépassée par celles du Japon et de la RFA, anciens ennemis de l’URSS. D’autre part, à partir de 1978, la République populaire de Chine dirigée par Deng Xiaoping, entreprit une véritable révolution économique qui rétablissait en fait le capitalisme et insufflait ainsi un dynamisme considérable à l’économie chinoise. L’URSS était ainsi confrontée à une situation géopolitique nouvelle, plus grave que dans les années 1930 : :– le Japon et la RFA disposaient désormais chacun d’une économie plus puissante que la sienne ; :– la Chine commençait une croissance économique exceptionnelle ; :– les USA, toujours aussi hostiles, accroissaient l’écart entre les deux pays. Or, tous ces pays étaient plus ou moins limitrophes de l’URSS et entretenaient un contentieux territorial sérieux avec elle (sauf les USA).

Le remède

Consciente du danger, la direction vieillissante du PCUS porte au pouvoir, le 11 mars 1985, le représentant d’une nouvelle génération, Mikhaïl Gorbatchev, qui n'a alors que 54 ans, mais qui fut aussi un pur produit du régime. Le nouveau secrétaire général du PCUS s’efforcera de sauver le système par des réformes de structures très profondes par rapport aux principes léninistes classiques : 1) restitution (mais pas la vente) de la terre aux paysans qui bénéficieront de baux à très long terme (50 ans), pour des exploitations personnelles, 2) autorisation pour les particuliers de créer des entreprises personnelles (restaurants, salons de coiffure, artisanat, etc.), 3) tentative de libéraliser l'activité des grandes entreprises d'état en responsabilisant le personnel (lien entre les prix et les revenus avec la qualité des produits fournis, élection des directeurs, autonomie financière), 4) diminution du rôle du Parti à partir de 1988/89 par une libéralisation réelle et instauration d'un pluralisme politique (libération d'Andreï Sakharov, nouvelle loi sur la presse, glasnost), 5) réforme de la Constitution de 1977 (instauration d’une fonction présidentielle, élections quasiment libres avec des candidats multiples pour les soviets, etc.) Lénine, en mars 1921, avait lancé la NEP pour sauver le régime soviétique naissant, sur les mêmes principes : autosuffisance des entreprises d'État, libéralisation du commerce intérieur, privatisation des terres agricoles, etc.

Les causes de l’échec

Cependant, ces réformes souvent brouillonnes ne s’accompagneront pas de l’instauration d’un véritable état de droit : l’arbitraire reste omniprésent et les cadres du PC feront tout pour les entraver parce qu'ils perdaient leurs privilèges et leur toute puissance. L'instauration d'un véritable climat de confiance, garantie par une législation précise et respectée par l'État lui-même, indispensable pour la réussite des réformes, échoue. L'obstacle politique, la toute puissance du Parti, que la réforme Libermann avait soulevé, demeurait. D'autre part, le Parti communiste s'était transformé en structure de corruption, quasiment mafieuse, notamment dans les républiques musulmanes, qui accaparait les richesses produites au profit de ses propres membres. Le résultat sera l’effondrement de toute l'économie soviétique dans une pénurie aggravée. Gorbatchev avait comme but de transformer l'économie stagnante et inefficace de l'URSS en une économie décentralisée de marché, toujours sous l'égide du Parti communiste. Néanmoins, cette politique de réformes socio-économiques, combinée avec la glasnost (transparence, liberté de paroles) dans les médias, n'avait aucunement en vue de remettre en question les dogmes communistes : il s'agissait bel et bien de consolider le régime communiste, affaibli par l'immobilisme de la gérontocratie des dernières décennies (Brejnev, Andropov, Tchernenko) en s'appuyant sur une relance de la croissance et la hausse de productivité. Pour Gorbatchev, cette politique devait permettre de donner un second souffle au socialisme soviétique en l'adaptant aux évolutions de la société. ===
Sujets connexes
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