Rhône

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Le Rhône est un fleuve d'Europe. Long de 812 kilomètres, il prend sa source au glacier du Rhône dans les Alpes suisses (231 km) et finit son cours dans le delta de Camargue en France (581 km) pour se jeter dans la mer Méditerranée. Il alimente au passage le lac Léman. Après le Nil, le Rhône a le plus gros débit de tous les fleuves s'écoulant en Méditerranée. Se jetant dans une mer sans marée, le fleuve a formé un delta avec des bras qui se sont déplac
Rhône

Le Rhône est un fleuve d'Europe. Long de 812 kilomètres, il prend sa source au glacier du Rhône dans les Alpes suisses (231 km) et finit son cours dans le delta de Camargue en France (581 km) pour se jeter dans la mer Méditerranée. Il alimente au passage le lac Léman. Après le Nil, le Rhône a le plus gros débit de tous les fleuves s'écoulant en Méditerranée. Se jetant dans une mer sans marée, le fleuve a formé un delta avec des bras qui se sont déplacés globalement d'ouest en est au cours de la période historique. Désormais endigué, son delta est figé hormis lors de crues exceptionnelles comme par exemple en 1993, 1994 et 2003. Il est parfois identifié à l'Éridan qui est le nom d'un dieu fleuve de la mythologie grecque, fils d'Océan et de Thétys.

Sémiologie

L’origine et la signification du nom de ce fleuve sont encore sujettes à discussion. D'après l'hypothèse celtique Rhodanus ou Rodanus viendrait de Rhôdan, qui signifie « tourner vivement » ; mais la forme de ce nom paraît plus grecque que celtique, et Pline l'Ancien dans son Histoire naturelle estimait que le Rhône tire son nom de Rhoda ou Rhodanusia, colonie de Rhodiens bâtie jadis à l’une de ses embouchures, aux environs d’Aigues-Mortes.

Géographie

Le Rhône naît du glacier du Rhône Saint-Maurice. Le Rhône naît au-dessus de Gletsch dans le massif du Saint-Gothard, en Suisse. Sa source est constituée par les eaux de fonte du glacier du Rhône qui comble le sommet de la vallée de Conches, sous les cols de la Furka et du Grimsel. Puissant torrent de montagne, il coule d'abord dans une direction est-ouest tout au long de la vallée du Rhône ; à Martigny sa vallée se rétrécit fortement et il remonte vers le nord avant de se jeter dans le lac Léman ; il en ressort à Genève, où il reçoit l'Arve, puis pénètre en France ; le tracé de son cours est sinueux jusqu'aux environs de Lyon ou il reçoit la Saône, son plus long affluent ; dans cette section, la vallée sépare les massifs alpin (rive gauche) et jurassien (rive droite). À partir de Lyon, il coule vers le sud, entre Alpes et Massif Central, pour se jeter par le delta de la Camargue dans la mer Méditerranée.

Principaux affluents

Suisse

France

Affluents majeurs (plus de 100 m³/s) Autres affluents (moins de 100 m³/s)

Principales villes bordant le Rhône

Hydrologie

Régime

Le régime hydraulique du Rhône est caractérisé par des maxima automnaux liés aux pluies méditerranéennes, et printaniers en raison de la fonte des glaces. L'hiver présente souvent des débits soutenus mais moins marqués et le régime hydraulique minimum est estival. Longtemps qualifié de « fleuve fantasque », en raison de ces crues puissantes (plus de 11 000 m³/s à l’aval), il est d’usage de parler aujourd’hui de « fleuve dompté » depuis l’aménagement général par la CNR. Les crues de 1993-1994 et de 2002-2003 ont montré, s’il en était besoin, que l’aménagement hydroélectrique ne gère que les débits ordinaires, mais n’empêche en aucun cas la formation de grandes crues similaires à celles du 19 siècle. Le Rhône se caractérise par la diversité de son bassin versant :
- apports alpins soutenu entre mai et juillet (fonte des neiges et des glaciers)
- apports océaniques d’hiver, à crues lentes (Saône)
- apports méditerranéens et cévennols à crues violentes d’automne et étiages sévères d’été. Il en résulte un régime hydrologique très complexe, et une très grande diversité dans la formation des crues et leur déroulement. On distingue les types de crue suivantsTerritoire Rhône - Safege - Etude globale des crues du Rhône - volet "hydrologie" - 2001:
- les crues océaniques, dans lesquelles la Saône joue un rôle prépondérant
- les crues méditerranéennes extensives (janvier 1994), avec une forte contribution des affluents méditerranéens de rive gauche (Durance, notamment)
- les crues cévennoles (septembre 2002) avec un rôle prépondérant des affluents méditerranéens de rive droite (Ardèche, Cèze, Gardon)
- les crues généralisées (type 1856) Le débit moyen interannuel du fleuve relevé à Beaucaire est de 1.700 m³/s (données 1920-2005). On considère que le Rhône est en crue dès que son débit dépasse les 5000 m³/s. Le record récent mesuré date de décembre 2003 avec un débit annoncé initialement à 13000 m³/s à Beaucaire Voir . Le débit a été depuis révisé à 11500 m3/s +- 5% Conférence organisée par la DIREN de bassin en juillet 2005 . Voir aussi Compagnie nationale du Rhône Cf. Rapport de la CNR et mairie d'Arles Cf. Courrier de la mairie d'Arles adressé à la DIREN, évoquant la divergence d'appréciation des chiffres de la crue . Les services de l'Etat, pour l'évaluation du risque d'inondation (élaboration des Plans de Prévention des Risques d'Inondation, PPRi), retiennent comme crue de référence la crue de 1856, estimée à 12500 m3/s à Beaucaire: elle serait ainsi un peu plus forte que la crue de 2003. La plus grosse crue historique est probablement celle survenue en novembre 1548, voire celle de 580. La crue millénaire, quant à elle, est estimée à plus de 14000 m³/s (entre 14000 m³/s et 16000 m³/s, selon les auteurs, avec un consensus plus marqué pour 14000-14500 m³/s). Le Rhône est celui des cinq fleuves français dont le débit est le plus élevé. Le delta du Rhône, d'abord avant le puis jusqu'au

Principales crues historiques (à compléter)

Avant tout, les travaux de l'historien George Pichard sur les chroniques de crues du Rhône depuis le Moyen-Âge sont à signaler

Avant l'an 1

- Vers 175 av. JC : une importante crue du fleuve recouvre une large partie de l’agglomération d'Arles et provoque la destruction irrémédiable des quartiers sud. Ces quartiers périphériques méridionaux sont par la suite abandonnés pendant deux siècles.


- Vers 150 : traces d'une importante crue à Arles

- Vers 280 : des sources historiques indiquent une crue importante à Lyon ravagée par une inondation. L'archéologie confirme à Arles la destruction par les eaux d'un habitat romain à la fin du .


- 346 : crue généralisée du Rhône

- 579 ou 580 (plus probablement en 580) : crue d'automne avec inondation à Lyon et à Arles.
-A Lyon, Grégoire de Tours rapporte : Au commencement d'octobre, après deux jours de pluies continuelles, le Rhône et la Saône entrèrent en crue. Chose qui ne s'était jamais produite, les deux rivières vinrent se rejoindre au milieu de la presqu'île et formèrent un courant si violent qu'une partie des murs de la ville fut renversée, d'où l'on peut juger du nombre de maisons qui durent être entraînées par les eaux.
-A Arles, le cirque romain est abandonné après cette catastrophe.


-618 : crue probable avec des inondations

Le Rhône vu de la passerelle d'Illarsaz, dans le Bas-Valais.
- 808 : crue de printemps ? Cette année, l'hiver fut très «mou» et très pernicieux. On fut affligé à sa suite d'inondations terribles
- 809 : crue d'hiver généralisée ? En 809, l'inondation surpassa toutes les inondations connues. Elle emporte les moissons des champs riverains et força les habitants des bords de rivières à chercher un refuge sur les hauteurs. L'abondance des pluies en fut la cause. Elle atteignit son apogée le 28 décembre.
- 821 ou hiver 821-822 : crues généralisées en France. Il y eut en France une si grande abondance de pluie que les fruits de la terre en furent perdus et qu'on ne put rien semer au printemps suivant. Les rivières sortirent de leur lit et les eaux se répandirent au loin dans les campagnes.
- 822 : crues généralisées à la fin de l'hiver ou au début du printemps
- 868 : crue historique généralisée des fleuves à la suite de pluies incessantes


- 1226 : crue d'automne (fin septembre) et inondations à Avignon peu de jours après la reddition de la ville aux troupes du roi Louis VIII qui assiègeaient la cité depuis le début de l'été. À quelques jours près, la cité eût été sauvée.

- 1308 : une lettre du comte de Provence Charles II évoque les cultures détruites, les ponts emportés et les bestiaux noyés à la suite d'une crue.
- 1345 : crue et inondations catastrophiques
- 1352 : crue et inondations. À Arles, à la suite des inondations de 1352, le Chapitre ne peut plus être ravitaillé correctement (d'après un texte du 5 octobre 1352)
- 1353 : inondations catastrophiques
- 1358 : inondations catastrophiques Le Rhône sort du lac Léman à Genève ; l'Arve est visible à l'avant-plan.
- Entre 1368 et 1373 : crue mal datée, probalement en 1372.
- 1396 : crue du 14 novembre 1396 signalée par le chroniqueur arlésien Bertrand Boysset : «… il y eut un grand déluge d’eau du Rhône et des marais… et noya Montlong, La Cape, la Haute-Camargue et les marais salants de Peccais…. (A Arles ) L’eau monta du lundi soir au mardi à l’heure de tierce, de onze palmes de hauteur…(soit environ 2, 20 m). J’ai eu tant d’eau dans ma maison que cela recouvrait les six premières marches de l’escalier…».
- 1398 : crue d'octobre signalée par le chroniqueur arlésien Bertrand Boysset.


- 1401 : crue de décembre signalée par le chroniqueur arlésien Bertrand Boysset.
- 1404 : crue de février signalée par le chroniqueur arlésien Bertrand Boysset.
- 1424 : crue de fin de printemps (mi juin).
-À Tarascon il est rapporté que "le 16 juin 1424, des inondations du Rhône, mettent la ville en grand péril". À la fin de cette même année 1424, le conseil et les Syndics de Tarascon se préoccupent de faire réparer les brèches ouvertes dans les levées du Rhône Cf. délibérations du mois d’octobre 1424).
-En Camargue, 80 % au moins des blés sont anéantis par les inondations.
- 1426 : crue de printemps avec des inondations en Camargue.
- 1432 : crue de printemps avec des inondations en Camargue.
- 1433 : crue d'automne (fin novembre). Des récits rapportent les détails de l'inondation d'Avignon : « après plusieurs jours de pluies continuelles, le Rhône, la Durance et la Sorgue avaient débordé et inondé les bas quartiers de la ville. Le 29 novembre, les eaux atteignirent la porte de la chapelle des Pénitents Gris. Les eaux se retirèrent le 1 décembre.»
- 1442 : crue de printemps (avril) avec de nombreux dégâts recensés dans la campagne arlésienne.
- 1471 : crue d'automne décrite à Lyon et dans la région d'Avignon. Pour Lyon, un texte mentionne : « …remise accordée à Pierre Sales, fermier de la barre du pont du Rhône, sur le prix de son bail. Dans sa requête adressée au consulat Pierre Sales explique que " le passaige de ladite barre a esté de bien petite valeur " à cause de l'inondation qui eut lieu au mois d'octobre (1471), de… »

- 1544 (ou 1548 ou 1554?) : crue d'automne (vers le 13 novembre); inondations généralisées au sud d'Avignon.
-Au mois de novembre de l’an 1544, il pleut abondamment en Provence, provoquant une inondation qui fit renverser une partie des murailles de la ville d’Avignon, déterrant les corps des cimetières. Le Rhône a tellement débordé, que depuis la Durance jusqu’à la mer, toute la campagne ne fait qu’un avec elle, à tel point, nous dit Honoré Bouche que l’on peut se rendre par bateau de Château-Renard à Eyragues ou à Saint-Rémy.
-Crue du 12 novembre 1548, citée par Jacques Bethemont lors d'un colloque (Avignon 1994). A cette date, la crue atteignit 8, 45 mètres à l’échelle de Saint-Bénézet (Avignon), contre 7, 83 mètres en 1856... Sur cette base, monsieur Pardé évalue à 16000 mètres cube par seconde le débit de la crue millénaire.
-En Camargue vers 1550, on rapporte une défluviation du Petit-Rhône au niveau de Sylvéréal à la suite d'une grosse crue. Le tracé actuel date de cette époque. Le Rhône à Lyon sous le pont Wilson
- 1556 : crue et inondations catastrophiques
- 1564 : crue automnale ( fin novembre - début décembre) à Arles. "Sur le chemin du retour, la caravane royale (Charles IX et sa mère Catherine de Médicis) fut immobilisée dans Arles par une crue du Rhône. Il entra, le jeudi 16, à Arles, où les eaux le retinrent pendant trois semaines. Il quitta la cité le 7 décembre ..."
- 1570 : crue et inondations catastrophiques
- 1573 : crue et inondation historique du Rhône près d'Avignon (Caderousse)
- 1580 : crue et inondations catastrophiques
- 1581 : crue et inondations catastrophiques
- 1583 : crue estivale (!). Le 24 août 1583, une crue brutale et dévastatrice entraîne l’écroulement d’une partie des remparts d’Arles
- 1587 : crue et défleuvement du Rhône dans son delta . Une grande inondation va bouleverser le lit du Rhône de Grand Passon et créer le canal du Japon (ou Bras de Fer)
- 1593 : crue du grand Rhône la veille de Pâques (mars-avril)


- 1602 : crue et inondations catastrophiques
- 1614 : crue et inondation historique du Rhône près d'Avignon (Caderousse)
- 1638 : crue signalée à Tarascon
- 1647 : inondations (à vérifier)
- 1651 : inondations (à vérifier)
- 1653 : inondations (à vérifier)
- 1657 : inondations (à vérifier)
- 1658 : inondations (à vérifier)
- 1674 : crue d'automne (novembre) et inondations catastrophiques
- Inondation signalée à Avignon;
- Gros dégâts sur les travaux de dessèchement des marais entre Arles et Tarascon.En 1674, l'inondation fut si terrible qu'en 1683, alors qu'une autre inondation majeure se produisit, les réparations des dégâts de 1674 n'étaient pas encore achevées, ce qui entraîna nombre de procès, notamment avec la communauté de Tarscon. Cf. BM, Arles, ms 2219, f°153-154 : Mémoires du directeur du dessèchement, de 1674 à 1683
- 1678 : crue de printemps signalée le 16 avril 1678
- 1679 : crue et inondations catastrophiques
- 1683 : inondations
- 1688 : inondations (à vérifier)
- 1694 : crue d'automne (vers le 15 novembre). Le pont d'Arles est emporté le 15 novembre : « Le 15 novembre 1694, le pont d'Arles résista à une grande crue mais, par comble de malchance, celui de Tarascon ne résista pas et ses débris, emportés par le courant, vinrent heurter et briser le premier.»
- 1698 : inondations (à vérifier)

Entre 1705 et 1719, crues et inondations quasi annuelles
- 1705 : crue d'automne (octobre) et inondations En 1705, les eaux du Rhône détruisent entièrement les ouvrages de dessèchement autour d'Arles.
- 1706 : crue d'hiver (janvier) et inondations
- 1708 : crues et inondations (hiver, printemps, les deux ?). Dans ses Mémoires, Louis Pic dit que dans l’été 1708, les inondations et les chaleurs ont provoqué des fièvres : « plus de la moitié des habitants furent attaqués, de sortes qu’elles donnèrent la mort à un grand nombre de personnes »
- 1709 : crue de printemps après le rude hiver 1709. En mars 1709 : « en un temps que le pays (Camargue) est tout inondé et que la plus grande partie des habitants ont déserté »
- 1711 : crue d'hiver (début février) et inondations.
-À Lyon, le Rhône et la Saône mèlent leurs eaux sur la place Bellecour (11 février) et causent des désastres immenses.
-Dans le delta du Rhône, cette crue provoque un changement du cours du fleuve : « en 1711, à la suite d'une crue particulièrement importante et à cause de la distraction d'un eygadier, le Rhône change une nouvelle fois de lit abandonnant le tracé du Rhône du Bras de Fer qui devient un bras secondaire qui ne tarde pas à se colmater.» Beaucaire à Tarascon
- 1713 : crue et inondation historique du Rhône près d'Avignon (Caderousse)
- 1715 : crue et inondations catastrophiques
- 1719 : inondations (à vérifier)
- 1740 : inondations (à vérifier)
- 1747 : crue et inondations catastrophiques
- 1748 : inondations (à vérifier)
- 1749 : inondations (à vérifier)
- 1754 : crue et inondations catastrophiques
- 1755 : crue automnale (30 novembre - 1 décembre).
-A Arles la cote atteint 5, 88 m.
-Aux Saintes-Maries-de-la-Mer, cette crue se conjugue avec un niveau élevé de la mer qui provoque la destruction du pays : "il s’agit au départ d’une grosseur du Petit-Rhône d’ampleur exceptionnelle, à la suite de fortes pluies ayant provoqué la fonte des neiges précocement tombée sur l’arrière pays montagneux.Et bientôt, par violente tempête de Sud-Est la mer menace immédiatement la Ville et le terroir, sans rencontrer de défense efficace".
- 1760 : inondations (à vérifier)
- 1763 : inondations (à vérifier)
- 1765 : inondations de fin de printemps ? -
- 1774 : crue automnale ?
- 1786 : inondations (à vérifier)
- 1788 : crue automnale ?
- 1790 : crue de printemps
- 1791 : crue d'hiver et inondations(en particulier en Camargue)

Confluent avec la Durance
- 1801 : crue de printemps (vers le 24 mars) et inondations.
- A Avignon, côte de 6, 95 m
- A Arles, côte de 5, 27 m ; dans cette cité, un dessin de E. Tassy, conservé dans une collection particulière, représente l’actuelle place Voltaire et le quartier de la Cavalerie inondés et couverts de barques.
- 1810 : crue de printemps (les 25-26 mai) et inondations. Cote 4, 91 m à Arles le 26 mai 1810 (une autre source indique 5, 13 m)
- 1811 : crue de printemps (mai) et inondations catastrophiques. À Arles côte de 5, 38 m.
- 1826 : inondation historique du Rhône près d'Avignon (Caderousse)
- 1827 : crue d'automne (octobre) et inondations catastrophiques - A Arles, côte de 5, 10 m.
- 1840 : crue d'automne (début novembre) ; débit estimé à 12000 m³/s.
-La crue de novembre 1840 a été provoquée par une succession (4 au total) d'averses méditerranéennes torrentielles, dont une au moins accompagnée de pluies océaniques diluviennes. C'est « l'événement météorologique le plus grandiose et le plus déconcertant qui se soit jamais produit dans le bassin du Rhône « (Maurice Pardé).
-La crue est très forte en amont de Lyon et exceptionnelle en aval à cause des apports de la Saône. À Lyon, pendant tout le mois de novembre, le centre de la ville est sous les eaux; 600 maisons s’écroulent !
-A Avignon, la crue de la Durance, est concomitante avec celle du Rhône qui atteint dans cette cité le niveau de 8, 65 m. La crue de novembre 1840 constituerait donc la plus forte crue connue avec celle de 2003, en aval d'Avignon.
-Plus au sud, la crue est amoindrie en raison des nombreuses brèches dans les digues du Gard, notamment à Bellegarde, et de Tarascon. À Beaucaire, la côte est mesurée à 6, 85 m. À Arles, elle ne s'établit plus qu'à 5, 05 m. En contrepartie toute la vallée du bas Rhône est dévastée.
-La Camargue est inondée. Le 3 novembre 1840, le delta, des salins d’Aigues-Mortes (Peccais) jusqu’à Port de Bouc, est entièrement submergé. Aigues-Mortes doit fermer les portes de la ville pour ne pas subir ce même sort. Le grand fleuve qui venait de rompre ses digues, reconquit son ancien domaine et baigna les murailles de la ville subitement transformée en île; les portes furent fermées. Pendant plusieurs jours, les plus gros bateaux du Rhône vinrent accoster les remparts comme de véritables quais, et purent ainsi ravitailler la population protégée par son enceinte contre cet ennemi d'une autre nature.
- 1841 : crue d'automne (octobre) avec des inondations. Le 26 octobre 1841, il se produit de terribles inondations qui portent leurs ravages sur la Camargue.
- 1843 : crue d'automne (novembre). À Beaucaire le niveau mesuré est supérieur à celui de 1841. Les salins d'Aigues-Mortes sont encore inondés
- A Avignon, côte de 7, 04 m
- A Arles, côte de 5, 15 m.
- 1846 : crue d'automne (octobre) - A Arles, côte de 5, 04 m.
- 1856 : crue de printemps (fin mai); débit estimé à 12000/12500 m³/s. Repère de crues à Livron (26)
-
" La crue de mai-juin 1856 fut la plus simple et la plus brutale des crues générales connues du Rhône (avant celle de décembre 2003). Il s’agit de la plus grosse inondation connue du au sud de Bellegarde"''.
-A Tarascon, la crue atteint le débit de 12.000 m³/s et la côte de 8, 5 m de haut. Le 31 mai à Beaucaire, elle est mesurée à 7, 95 m. À Avignon, le niveau atteint 7, 95 m (une autre source indique 7, 83 m sur l'échelle de Saint-Bénézet) et 5, 58 m à Arles.
-Le la décrue commence à Arles, mais les dégâts sont immenses : 1 juin, 8 heures 37, soir. - Le Rhône a baissé de près de 2m depuis minuit. Cette baisse est arrivée trop tard ; 4 digues étaient rompues en différents points. La Camargue est couverte de 2 ou 3m d'eau. La plaine, depuis Tarascon jusqu’à la mer, est inondée ; 100.000 hectares environ, dont 60.000 en culture, sont sous l'eau. Toutes les récoltes sont perdues. Dans la ville de Tarascon, l'eau s'est élevée à 3 ou 4m. Nous sommes obligés d'envoyer de Marseille le pain nécessaire aux habitants. Il est probable qu'en Camargue, la plus grande partie des bestiaux est noyée. Extrait des Dépêches télégraphiques des Préfets aux Ministres de l'intérieur et des travaux publics, faisant connaître les diverses phases des inondations de mai et juin 1856, dans le bassin du Rhône / Documents officiels. - Administration des ponts et chaussées. - Ministère des travaux publics .
-A Avignon, le 3 juin 1856, l'inondation emporte une partie des remparts entre la porte St-Roch et la porte St-Dominique.
-A Lyon, les dégâts Voir dégâts de l'inondation de 1856 à Lyon : sont très importants. La crue cause des dégâts énormes dans le territoire de la rive gauche en pleine période de construction et entraîne la mort de dix-huit personnes dans la commune de la Guillotière.
-Le photographe Édouard Baldus, à la demande de l’administration des Beaux-arts réalise un reportage (probablement un des tous premiers reportages photographiques) sur les inondations dévastatrices du Rhône, à Lyon Voir inondations de 1856 photographiées par Baldus , Avignon Voir et Tarascon. Nous disposons aussi des clichés réalisés par Louis Froissard photographe du Service municipal de la voirie de Lyon Voir inondations de 1856 à Lyon, photographies de Louis Froissard . Le delta du Rhône (ici le Petit-Rhône) vu par avion
- 1889 : crue de printemps (avril) et inondation.
- A Arles, le peintre Vincent van Gogh signale dans une de ses lettres (N°588 - du 30 avril 1889) une inondation du Rhône qui cause des dégâts à son appartement et à son travail entreposé là.
- Toujours à Arles, une gravure de Gérardin dans le Monde Illustré représente l'avenue de Tarascon inondée à hauteur de la paroisse actuelle du Trébon, avec des gens secourus par barques.
- 1896 : crue d'automne (novembre). Le 2 novembre 1896 une crue est signalée à Sablons (Isère)

Depuis le début du

- 1928 : crue d'hiver (février). Le 17 février 1928 une crue est signalée à Sablons (Isère)
- 1935 : crue d'automne (novembre); quartiers d'Avignon inondés
- 1936 : crue d'hiver (janvier); quartiers d'Avignon à nouveau inondés
- 1993 : crue d'automne (octobre) en Camargue; débit estimé à 10000 m³/s (9800 m³/s relevé à Beaucaire). Vers Saint-Gilles, les digues cèdent en 14 endroits et 13 000 hectares et 450 maisons sont submergés.
- 1994 : crue d'hiver (janvier) dans la basse vallée du Rhône et inondations en Camargue; débit estimé entre 10500-11000 m³/s (presque 11000 m³/s relevé à Beaucaire). En deux endroits, les digues cèdent encore (2 000 hectares submergés et 45 maisons inondées)
- 2000 : crue et inondations en octobre dans le canton du Valais Voir inondations de 2000 dans le canton du Valais : , elle est considérée comme "exceptionnelle" par les spécialistes avec des débits moyens supérieurs à celle de 1993
- 2002 : crue d'automne (fin novembre).
- A Tarascon, un débit de 9500 m³/s est mesuré.
- A Avignon l'ile de la Bartelasse est inondée ainsi que les environs de Saint-Gilles (vers le 27 novembre)
- 2003 : crue d'automne (début décembre). À cette date, il s'agit de la plus grande crue historique mesurée avec un débit instantané de 13000 m³/s le 4 décembre à 03h00 à Beaucaire Voir inondations de 2003 : et . La Compagnie nationale du Rhône (CNR) dans son rapport de synthèse indique un débit horaire supérieur à 12500 m³/s Voir inondations de 2003, rapport de la CNR : . Les dégâts sont particulièrement dramatiques dans la plaine du bas Rhône (au sud de Tarascon) Voir inondations de 2003, image spot : par suite de rupture des digues.
- Les digues cèdent au nord d'Arles et toute l'agglomération construite au nord-est de la cité depuis 1900 est sous les eaux qui sont bloquées au sud et à l'est par les digues du canal du Viguerat. Pour la seule ville d’Arles la Fédération Française des Assurances (FFA) comptabilise plus de 8 000 sinistrés.
- Plus au sud, d'autres digues cèdent en aval de Fourques Voir inondations de 2003, rupture des digues de Fourques : sur la rive droite du Petit Rhône et la Petite Camargue jusqu’à Aigues-Mortes est submergée comme lors des inondations de novembre 1840. Morphologie et dynamique fluviale

Le Lac Léman induit une coupure totale entre le Haut Rhône et le Rhône aval en matière de charge sédimentaire.

Rhône à l'amont du Léman

Histoire de la protection contre les crues en Suisse Des origines jusqu’au 19e siècle Daniel L. Vischerhttp://assets.wwf.ch/downloads/histoire_protection_contre_cruessuisse.pdf Voir aussi


- Liste de fleuves dans le monde
- Liste des fleuves de France
- Débits des cours d'eau français du bassin du Rhône
- Camargue

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