Religion

Infos
La religion (du latin, religio, initialement soin, scrupule, puis au sens dérivé pratiques cultuelles - voir la discussion étymologique ci-dessous) désigne au sens premier le culte socialement rendu à la divinité (forme de piété relevant du domaine de la pratique communautaire). Dans le contexte théologique, le terme religion désigne la doctrine (composés de croyances ou dogmes) attachée à un culte donné (relevant du domaine
Religion

La religion (du latin, religio, initialement soin, scrupule, puis au sens dérivé pratiques cultuelles - voir la discussion étymologique ci-dessous) désigne au sens premier le culte socialement rendu à la divinité (forme de piété relevant du domaine de la pratique communautaire). Dans le contexte théologique, le terme religion désigne la doctrine (composés de croyances ou dogmes) attachée à un culte donné (relevant du domaine du discours). D'une manière plus abstraite, le terme religion désigne ce à quoi un homme adhère en matière de croyances et de morale, sur le fondement de ce que lui dicte sa raison et son sentiment (ce qui relève du domaine de la foi). Enfin, pour le croyant, la religion fournit les méthodes et clefs d'accès qui permettent à l'homme d'accéder au divin ou à une réalité transcendante (ce qui relève du domaine de la métaphysique). La religion n'est pas nécessairement en rapport avec une notion de divinité. Le terme religion naturelle désigne une doctrine qui s'appuie sur les seules inspirations de la raison et du cœur; et plus généralement, on désigne souvent par "religion" au sens large les dogmes et croyances d'une communauté sociale, voire simplement ses pratiques tendant à être rituelles. Une porte Torii, symbole shintoïste (Japon)

Racines du fait religieux

Étymologie

Sacrifice d'un porc en Grèce classique. Le mot religion vient du latin religio, onis, dont le nuage sémantique est très riche: au sens propre scrupule, conscience, engagement, obligation, puis par sens dérivé: crainte des dieux, sentiments religieux, croyances, superstitions, pratiques religieuses; enfin caractère sacré, objet ou chose sainte (ou de culte), signe sacré, sainteté. Le sens latin du terme religio se comprend mieux quand on rappelle que la pratique religieuse romaine publique était très ritualiste, faite de rituels qui devaient être scrupuleusement exécutés, et recommencés depuis le départ en cas d'erreur. L'étymologie reste cependant incertaine, et est controversée depuis l'antiquité. On dit volontiers que le mot vient du latin re-ligare, "re-joindre" ou "re-lier", compris généralement comme indiquant la relation de l'humain au divin, mais aussi des humains les uns aux autres, lien à la fois sur le plan de la cohésion sociale et sur celui de l'attachement affectif. Cet étymon est proposé par Lactance et Tertullien, mais il s’agit d’une signification tardive probablement fondée sur la confusion entre religo (de religio, avoir égard à quelque chose) et religo (de ligo, lier). Une autre voie est indiquée par Augustin d'Hippone, qui suggère l'étymologie archaïque suivante : relegere, "relire, reprendre", par opposition à neglegentia, "négligence". Chez Cicéron (De natura deorum, II, 10) on trouve religio, "scrupule", qui évoque le respect et la crainte face aux forces surnaturelles et le souci d’être scrupuleux dans l'observation des rites. En Chine et au Japon, le mot religion est la combinaison de deux sinogrammes :
- shû (japonais) ou zōng (chinois), désignant à l'origine le temple (, le toit, la maison) d'où vient l'esprit (, monition, influence spirituelle), et par extension un groupe uni par le culte des mêmes ancêtres,
- kyô (japonais) ou jiào (chinois), signifiant "enseignement", "école" Le terme shûkyô fut tout d'abord utilisé par les Japonais ; les Chinois l'empruntèrent au tout début du (zōngjiào). Il évoque la transmission (kyô/jiào) d'un savoir, d'une tradition, de rites, de légendes constituant une sorte de catéchisme, au sein d'un groupe (shû/zōng). Le lien généalogique (lignées maîtres-disciples) qu'implique le sens originel de zōng reste important en Chine, où il joue un rôle plus déterminant que la nature exacte de l'idéologie pour le rattachement à une dénomination religieuse. Dans le Zen japonais également, la généalogie religieuse des maîtres est considérée comme une référence importante pour évaluer l'authenticité et la qualité d'une école. On comprend ainsi qu'il s'agit à la fois des croyances et des cultures d'un groupe humain et des pratiques qui en découlent.

Foi, sens et croyances

200px L'étymologie montre que la religion relie l'homme à la divinité, et à ses racines originelles, et à la société où il évolue. Ces dimensions (ainsi que le rapport à la mort, implicitement présent dans les cultes des Lares) se retrouvent effectivement à l'origine des religions. Historiquement, dans les sociétés primitives, il n'y a pas de séparation entre le sacré et la société elle-même: la société n'a pas "une religion", c'est la nature même de la société qui est religieuse, la religion est coextensive à la société, et toutes les activités de l'homme qui prennent un aspect transcendant. L'évolution des civilisation a progressivement conduit à laïciser la plupart des activités de l'homme (écriture, art, législation, sexualité ...) qui étaient initialement des actes sacrés. Parallèlement, les questions religieuses se sont marginalisées, et tendent à se spécialiser sur la spiritualité. Mais la religion ne se réduit pas pour autant à une spiritualité personnelle et privée; il n'est pas possible de parler de religion sans mentionner d'une manière ou d'une autre la manière dont elle a structuré sa société, et continue encore à le faire. Sur un plan objectif, pour les préhistoriens, les différences de perception de la mort constituent une pierre de touche de l'humanité: le Rite funéraire est en effet un indice qui signale l'émergence d'une certaine forme de conscience et d'un certain sentiment religieux, qui permet de distinguer d'une manière pratique l'humain des anthropoïdes. En effet, parmi les phénomènes qui effraient l'homme, se dresse en premier lieu la mort. Cette question conserve toute sa force dans les grandes religions, et encore de nos jours. Les grandes religions cherchent à répondre aux questions essentielles sur le sens de la vie, parlant parfois d'espérance pour compenser ce qui semble scandaleux dans la mort. Elles parlent à ce sujet d'un Au-delà, de vie éternelle, de réincarnation, de résurrection, d'immortalité, d'éternité. Dans les temps modernes, à la suite de Descartes, Auguste Comte élabora de même une sorte de culte des morts. Les détracteurs y voient une fuite du réel et une expression de la peur: elle serait l'expression organisée de la soif de sens de l'être humain et son désir d'expliquer ce que son savoir ne peut expliquer. On parle plus volontiers d'une quête de sens, plus ou moins rationnelle et en tous cas multiforme. Depuis que l'homme est au monde, il ne cesse de s'interroger sur la façon dont le monde fonctionne, sur la place qu'il occupe dans celui-ci, sur sa raison d'être. Dans sa tentative d'expliquer l'univers et les phénomènes physiques, la première expression intellectuelle de l'homme a été une expression religieuse. L'homme primitif implique souvent une ou plusieurs déités ou d'autres forces surnaturelles. Ce chapitre religieux pose les questions du rapport au monde, en particulier à la nature, dans les animismes, où toutes les forces de la nature sont sacralisées. Les religions sont souvent imprégnées de diverses croyances, qui peuvent apparaître comme des superstitions, ou des comportements irrationnels pour un esprit extérieur se voulant cartésien. La religion structure également le rapport à l'autre, humain ou non. Une autre problématique dont traite la religion en tant que facteur de cohésion sociale est celle du pur et de l’impur, et du rapport à son autre, c'est-à-dire, au non-religieux dont elle trace les contours. On peut penser ce rapport en termes essentialistes, ceux de sacré et de profane, ce que font, en fait, tous les théologiens qui n'osent plus parler de leurs convictions que par le détour d'un métalangage. Mais on peut aussi aller plus loin, ne pas s'arrêter là où la théologie le demande, et aborder la religion comme on le fait pour n'importe quel autre aspect de la vie sociale. Dans cette approche, la religion ne se pense plus comme une option mais comme l'un des procédés non-optionnels, universels, par lesquels une société se perçoit, trouve et prend sa place dans le monde. Selon Durkheim, la religion, c'est la société elle-même en train de s'auto-légitimer et de s'auto-adorer. Enfin, sur un plan subjectif, les religions sont associées à l'expression d'une "expérience spirituelle" (extase mystique, révélation, éveil) dont on trouve la trace dans toutes les cultures. L'homme se fonde sur cette expérience spirituelle pour donner un sens au monde, ou du moins en réfère-t-il au divin pour en saisir le sens ("sens" doit s'entendre dans ses deux significations, à la fois comme herméneutique et comme direction). Ce chapitre de la religion pose la question du rapport à Dieu ou aux dieux.

Évolution des formes religieuses

Anthropologie et Formes mythologiques

200px En anthropologie, le champ couvert par le terme religion doit être défini par les anthropologues eux-mêmes : « Le mot “religion” n'est pas un terme trouvé sur le terrain, c'est un terme créé par les chercheurs pour leur propre besoin. En conséquence, c'est à eux que revient la tâche de le définir. Il s'agit d'un concept générique, de second degré, qui joue le même rôle dans la mise en place de l'horizon disciplinaire de l'étude de la religion que les concepts de “langage” et “culture” en linguistique et anthropologie. Sans un tel horizon, il n'y a pas de discipline de l'étude de la religion »Critical Terms for Religious Studies (Jonathan Smith). L'analyse historique et scientifique de l'origine des cultes antérieurs à notre ère n'en est devenue que plus spéculative. Considérant les techniques, les sépultures avec des objets proprement cultuels de l'Homme de Néandertal témoignent des premiers cultes dans le Paléolithique moyen vers -100.000 ans au Moustérien. À cette même époque l'homo sapiens intégra les cultes mortuaires de l'Homo neanderthalensis comme semblent l'indiquer les découvertes récentes de La grotte de Skhul dite grotte des enfants. Considérant l'Art, les cultes préhistoriques font aussi témoignage. Selon une hypothèse couramment admise, les cultes sont apparus avec l'invention du langage, qui date d'il y a 200 000 ans. Les formes religieuses typiques dont on retrouve la trace dès la préhistoire sont l'animisme, le fétichisme, le polythéisme. Ces formes ne constituent pas "une" religion particulière, on trouve autant de forme qu'il y a de forme sociale. Toutes ces formes se "perdent dans la nuit des temps": bien que documentées dans la période historique, il n'est pas possible de leur assigner une origine historique précise. Les mythologies remontent souvent à la transition entre préhistoire et période historique, la protohistoire. On peut citer comme exemples de mythologies celles de Sumer, de Babylone, les Dieux égyptiens, voire la mythologie grecque... Ces formes perdurent dans les religions ou spiritualité de différentes zones de la planète: Chamanisme d'Eurasie (Nord sibérien), religions d'Afrique, d'Amazonie, d'Océanie, d'Amérique, etc. On peut également citer d'autres religions maintenant quasiment disparues, le plus généralement polythéistes, maintenant classées en mythologie ou religions antiques, originaires principalement d'Eurasie, d'Afrique, ou d'Amérique. On peut penser que les cultes anciens de notre ère prennent leurs racines dans ces cultes préhistoriques et ces mythologies.

Textes sacrés

right L'invention de l'écriture ouvre à la fois la période historique, et les premiers grands textes sacrés de l'humanité. C'est cette période qui voit notamment apparaître l'hindouisme, retracé jusque vers 5000 av. J.-C., et ses Veda; le monothéisme, retracé jusqu’à Abraham vers 1850 av. JC, le judaïsme, retracé jusqu’à Moïse vers 1250 av. JC, avec la Bible. Il existe deux grands berceaux des religions contemporaines sur Terre, qui ont émergé il y a trois à quatre mille ans:
-Les religions abrahamiques (le Judaïsme, le Christianisme et l'Islam) proviennent géographiquement du Croissant fertile, qui s'étend de la région où naquit Abraham (actuel Irak) à l'Égypte. Elles se décrivent comme étant monothéistes (par opposition au passé polythéiste du bassin méditerranéen) et révélées.
-L'Hindouisme est né au nord du sous-continent indien (actuels Bihar et Uttar Pradesh et confins sud du Népal). On peut néanmoins les décrire comme une forme de polythéisme hénothéiste ou même panenthéiste pour l'hindouisme. Le Popol Vuh des Mayas montre que ce mouvement était également présent dans le nouveau monde. Se rattachent également à cette forme les différents livre des morts rencontrés dans diverses civilisations.

Enseignements

Bouddha Amitabha représenté en position d'enseignement (Vitarka-mudrâ). A partir du premier millénaire avant notre ère, l'émergence de la pensée philosophique issue d'un auteur marque un tournant dans la forme des religions: les nouvelles formes se rattachent à l'enseignement personnel d'un maître. On voit ainsi apparaître de cette manière:
- Le jaïnisme, retracé jusqu'au Tîrthankara historique Parshwanath, VIIe siècle, VIIIe siècle av. J.-C.
- Le zoroastrisme, retracé jusqu’à Zoroastre vers 650 av. JC
- Le taoïsme, retracé jusqu’à Lao Zi vers 600 av. JC
- Le bouddhisme, retracé jusqu’à Bouddha vers 560 av. JC
- Le confucianisme, retracé jusqu’à Confucius vers 550 av. J.-C.
- Le christianisme, retracé jusqu'au début de l'ère chrétienne avec Jésus-Christ
- L'islam, retracé jusqu’à Mahomet entre 609 et 632 (Hégire en 622).
- Le sikhisme, créé par Nanak Ji vers 1500 ... sans compter les grands courants de la pensée philosophique non nécessairement rattachés à l'idée de religieux. Ces formes de religion ont en commun de fournir une explication à nos grandes questions philosophiques. Elles n'en ont cependant pas l'exclusivité, et ces questions ont été aordées par tous les grands systèmes philosophiques qui émergèrent dans le premier millénaire avant notre ère. Dans l'Antiquité gréco-romaine, les philosophes abordent les mêmes questions sur un plan purement métaphysique, en les détachant de la pratique religieuse. En Inde et en Asie, le bouddhisme, le confucianisme, shintoïsme etc.. forment plutôt une philosophie en tant que mode vie, une spiritualité ou une forme de religion polythéiste.

Écoles théologiques

Les deux derniers millénaires de notre histoire se caractérisent par une meilleure maîtrise du savoir et de sa transmission, qui s'améliore tout au long du premier millénaire - les universités naissent au tournant de l'an mille, et le savoir devient progressivement un pouvoir politique. Les ruptures religieuses de cette période sont caractérisées par les liens qu'elles ont avec les enjeux politiques du moment: le discours théologique sur lesquelles elles se fondent n'est souvent qu'une affaire de spécialistes, et sert trop souvent de prétexte à des guerres de religion: 200px
- Le catholicisme orthodoxe, retracé jusqu'entre 431 et 1054
- Le shintoïsme, religion animiste apparue vers 650
- Le catholicisme romain, tracé en 112, affirmé en 1054
- Le bouddhisme Nichiren, créé par Nichiren vers 1250
- Le protestantisme au début du . Différents courants dont :
- Le luthéranisme, initié par Martin Luther en 1517
- L'anglicanisme initié par Henri VIII en 1531
- Le calvinisme, initié par Jean Calvin en 1536
- ...

Recherches moderne du salut

200px A partir du 17ème siècle, mais surtout du dix-neuvième siècle, on voit apparaître dans la société moderne fortement teintée de rationalisme de nouvelles formes de religions (à caractères plus ou moins sectaires), qui se caractérisent souvent par la volonté de se distinguer (voire de se séparer) d'une société qu'elles critiques, pour adopter un style de vie spécifique et orienté vers un but spirituel. On peut citer dans cette nombreuse catégorie:
- Les "Quackers", ou Société religieuse des Amis, sont fondés par George Fox en 1652.
- Le mormonisme, c’est-à-dire l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, organisé par Joseph Smith en 1830
- Les Témoins de Jéhovah sont fondés par Charles Taze Russell en 1881.
- Le bahaïsme, fondée par Mirza Husayn Ali Nuri surnommé Bahá'u'lláh en 1844.
- L'Église de l'Unification fondée par Sun Myung Moon en 1954.
- L'église de Scientologie, fondée par L. Ron Hubbard en 1954.
- L'Association internationale pour la conscience de Krishna fondée par A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada en 1966.
- ... et autres nouveaux mouvements religieux.

Principales religions dans le monde

Classement historique et géographique

Atlas Wikimédia des religions, dans Commons. On distingue quelquefois les religions éteintes, les religions actives et les nouvelles religions émergeantes. Les premières, également appelées religions antiques, reparaissent parfois dans la dernière catégorie lorsqu’elles font l'objet d’une tentative de résurrection (néo-druidisme, néo-paganisme...). On peut également regrouper les religions du point de vue de l'aire géographique, qui est souvent aussi une aire culturelle. La proximité géographique va souvent de pair avec des emprunts et influences mutuelles, voire une communauté de sources. Par exemple :
- Religions du monde indien : hindouisme, bouddhisme et jaïnisme, religions profondément liées, et par ailleurs le sikhisme, influencé par l'hindouisme et l'islam.
- Cartes et graphiques :
-

Classement théologique, philosophique ou anthropologique

On peut classer les religions selon le nombre de leur dieux, les relations qu’ils entretiennent entre eux, avec l’univers et les fidèles, ou la présence de certains concepts ou pratiques en leur sein : Les religions monothéistes ne reconnaissent qu'un seul Dieu : christianisme, islam, judaïsme en sont les exemples les plus typiques. Ces trois religions sont appelées abrahamiques, car elles reconnaissent toutes les trois la figure d'Abraham comme premier patriarche. Les religions polythéistes reconnaissent plusieurs dieux, différemment liés. L'ensemble polythéiste peut être subdivisé en différents types : hénothéisme, monolâtrie par exemple. Le panthéisme est une philosophie selon laquelle tout est Dieu. Les religions révélées sont des religions qui affirment détenir leur connaissance de source divine, soit par des apparitions (théophanies), soit par l'inspiration à des prophètes de textes considérés comme d’origine divine. Les religions abrahamiques en sont un exemple. Les religions peuvent être fondées sur une orthodoxie (christianisme) ou une orthopraxie (judaïsme, hindouisme). La présence de certaines croyances ou pratiques (animisme, chamanisme etc..) peut aussi caractériser les religions et permettre un regroupement. La distinction entre religions sacrificielles ou non sacrificielles est particulièrement importante en anthropologie.

Courants

Vieille femme tibétaine portant un moulin à prières dans le circuit de pélerinage bouddhiste du Barkhor à Lhasa au Tibet. Le Barkor, un rectangle de rues entourant le temple de Jokhang est à la fois le centre spirituel et le principal quartier commerçant de la cité sainte. Chaque religion peut comporter en son sein plusieurs sous-groupes ou courants. Certains peuvent se voir comme orthodoxes, définissant les autres comme hétérodoxes, voire hérétiques. Lorsqu'un groupe se dissocie profondément de l'ensemble, on parle de schisme. Pour désigner les différents groupes, on utilise parfois le terme dénomination (anglicisme) ou, pour les différents sous-groupes chrétiens, Église. Secte, employé dans un contexte historique, peut aussi désigner un courant, mais dans la France du , il a un sens plus spécifique de groupe restreint aux caractéristiques très marquées, et présente souvent une connotation négative. Quand il y a mélange d’influences, on parle de syncrétisme.
-Branches de l'islam, par ordre d'importance (non exaustif): Sunnisme, Chiisme, Kharidjisme
-Branches du christianisme (non exaustif) : Catholicisme, Orthodoxie, Anglicanisme, Protestantisme (Luthériens, Réformés, Églises évangéliques), Mormonisme
-Branches du bouddhisme : Hinayana, Mahayana, Vajrayana

Problèmes de dénombrement

À travers l'Histoire, les hommes ont adopté de multiples religions. Certaines se sont répandues dans le monde entier et sont très pratiquées. Divers types de classements sont possibles. Il est difficile d’obtenir des statistiques exactes et précises concernant le nombre d’adhérents aux différentes religions et d’incroyants, ce pour plusieurs raisons :
- Difficulté de mise en œuvre, diversité et validité des modes de comptage : une documentation disponible n’existant pas toujours, le recueil de statistiques est une entreprise qui consomme beaucoup de temps et de ressources ; les différents modes de comptage - inscription sur des listes officielles, estimation selon d’autres critères (ethnique p.ex.), auto-déclaration - peuvent donner des résultats différents, chaque mode comportant ses risques d’erreur.
-Manque d’objectivité : les statistiques religieuses sont souvent établies par des organismes rattachés à un ensemble idéologique donné ; il peut y avoir sur- ou sous-comptage délibéré de certains groupes. Certains environnements imposent ou interdisent certaines idéologies, empêchant l’accès à l’opinion réelle des sondés.
-Définition des ensembles religieux et idéologiques : les statistiques sont établies par des personnes appartenant à une zone géographique et culturelle donnée. Certaines religions y sont bien connues, donc clairement définies ; d’autres religions "exotiques" peuvent être mal identifiées. Par ailleurs, même pour les religions bien connues, le regroupement peut varier : mormons, témoins de Jéhova et nouvelles sectes d’inspiration chrétienne peuvent ainsi être inclus dans l’ensemble des chrétiens ou comptés à part. Les incroyants peuvent avoir des difficultés à se situer dans un groupe précis (athée, agnostique, libre-penseur), ce choix réclamant un travail introspectif et des connaissances philosophiques de base pour être fait en connaissance de cause.
-Adhésion exclusive et multi-adhésion : si certaines religions réclament un rattachement exclusif, il existe des zones culturelles (monde chinois p.ex.) où la multi-adhésion est courante, brouillant les statistiques.
-Les statistiques générales ne font pas apparaître le degré d’adhésion réelle aux pratiques ou concepts. Les statistiques au niveau mondial sont une tâche particulièrement ardue, et la source la plus consultée
World Christian Encyclopedia (Oxford University Press), sur laquelle s’appuie l’Encyclopedia Britannica et en grande partie repose depuis plus de deux décennies sur le travail de David B. Barret et de ses collaborateurs, particulièrement en ce qui concerne le christianisme. Cet ancien missionnaire anglican devenu évangéliste déclare déplorer le manque de concurrence.

Chiffres

Source : Worldwide Adherents of All Religions, Mid-2005, Encyclopaedia Britannica

Éléments des religions

On s'accorde souvent pour nommer religion l'ensemble des pratiques et des rites propres à chacune de ces familles de croyances. Certains considèrent qu'une religion nécessite au moins deux choses : le principe d'un dogme (que l'on ne remet pas en question) et d'un mythe fondateur. Pragmatiquement, une religion peut comprendre plusieurs dimensions plus ou moins présentes. ::« There is only one religion, though there are a hundred versions of it. » George Bernard Shaw (
Il n'y a réellement qu'une seule religion, mais il y en a des centaines de versions).

Univers invisible

200px Une religion prend racine dans le domaine surnaturel, un monde de l'esprit, où l'homme peut entrer en relation avec des forces ou des personnages invisibles quels qu'ils soient: dieux, anges et démons, esprits des morts, ... Une intervention particulièrement manifeste du surnaturel prend l'aspect d'un miracle, nécessairement extraordinaire et impossible à expliquer par des moyens naturels. La relation active de l'homme avec le surnaturel (par une communication fondée sur l'invocation ou l'évocation de l'esprit) peut avoir deux buts:
- L'homme peut chercher à être guidé ou informé - acquérir de l'information- par des moyens surnaturels (divination, nécromancie, augure, ... et toutes formes d'art divinatoire).
- L'homme peut chercher à se rendre favorable l'action de ces puissances surnaturelles dans le monde, par des demandes, prières, ou liturgies propitiatoires, que ce soit en demandant de ne pas subir une intervention néfaste, ou en demandant une intervention particulière souhaitée. Le surnaturel est probablement l'aspect le plus critiqué par le rationalisme, précisément parce que sa nature (surnaturelle) ne permet pas de la soumettre à la critique de l'expérience ordinaire. L'examen critique d'une telle relation peut se comprendre à deux niveaux. D'une part, la réalité du résultat revendiqué peut être contestable: le "miracle" n'a pas eu lieu, les témoignages sont trompeurs (volontairement ou non). D'autre part, le phénomène extraordinaire d'un thaumaturge n'est pas nécessairement une théurgie (dû à l'intervention d'un esprit extérieur), mais peut être la manifestation de pouvoirs occultes qui sont dans la nature de l'homme mais ne sont pas habituellement maîtrisés (approche de l'occultisme moderne).

Liturgies, rites

200px Des rites sont des signes, symboles et pratiques "en actions", qui unissent les croyants entre eux et avec la ou les puissances supérieures qu'elles reconnaissent. Les croyants ou fidèles tendent à se réunir pour des cérémonies et célébrations pouvant comporter des rituels et des prières. Les rites adéquats prennent généralement une forme fixée pour le culte, dont l'ensemble constitue une liturgie. Les différentes religions demandent souvent à leur fidèles d'être en état de pureté avant de pouvoir faire certains actes, comme prier, présider à une cérémonie religieuse, etc. La définition précise de la pureté et la manière de l'atteindre (par exemple par des ablutions) varie avec la religion. Les cérémonies ne sont pas nécessairement à caractère religieux; elles continuent à être un facteur de symbolisme et de cohésion sociale y compris dans le domaine profane.

Exercice spirituel

200px Une spiritualité est avant tout une manière d'être en relation avec "quelque chose" de transcendant: une forme (Dieu?) ou plusieurs (dieux, ancêtres, esprits, etc.) une puissances supérieures ou un état autrement insaisissables ("cieux", "enfers", "invisible", "autre monde", etc.) ou tout autre but spirituel : par la méditation, par la prière, par le mysticisme. Pratiquement toutes les grandes religions proposent une approche spirituelle de type mystique, c'est à dire une « approche expérimentale du divin ». Pour Ignace de Loyola, auteur catholique des Exercices spirituels, il s'agit, « par l’examen de conscience, la méditation, la prière et la contemplation, de chercher et de trouver la volonté de Dieu sur l’organisation de sa vie et le salut de son âme. »Ignace de Loyola, Exercices spirituels, 1548, « Annotations préalables », 1. Le but de l'exercice spirituel dépend naturellement de la doctrine religieuse au sein de laquelle il est pratiqué, mais ces exercices se retrouvent dans toutes les religions, voire en dehors de tout contexte religieux (comme dans la plupart des branches du yoga): méditations, jeûnes et autres mortifications corporelles, invocations rituelles. Ces exercices ont généralement pour effet de permettre une meilleure maîtrise de l'esprit (et notamment de le libérer des distractions corporelles), et éventuellement, d'atteindre des états de conscience atypiques (État modifié de conscience, transes, extases), parfois avec l'aide de psychotropes (dans des pratiques shamaniques ou magiques, notamment). Ces exercices spirituels sont par nature des pratiques individuelles: ils répondent à une démarche personnelle, toujours volontaire, et cette voie n'est le plus souvent suivie que par une infime minorité, même dans les sociétés religieuses. Ils sont néanmoins généralement intégrés dans une pratique communautaire, que ce soit à travers les rites qui les accompagnent, ou l'existence d'une vie communautaire spécifique (monachisme) destinée à soutenir la volonté du pratiquant et lui épargner toute distraction par rapport à son but spirituel.

Symbolisme

Chrétien, Juif, Hindou 2. Islamique, Bouddhiste, Shintô 3. Sikh, Baha'i, Jaïn Les religions font grand usage de symboles, le plus souvent particuliers à chacune. Le symbole est en effet nécessaire pour communiquer un discours dans le domaine de la métaphysique, du fait qu'un objet spirituel ne peut pas être directement vu ou manipulé: le symbole est une représentation de l’absent et de l’imperceptible. Un symbole permet de transférer le discours ou l'action sur un objet sensible spécialement consacré à cette représentation. Le symbole peut être un objet ou un concept, mais également un acte, ce qui fait la transition avec la liturgie. Une cosmogonie est une façon d'expliquer le monde et son origine (et par là, son organisation "naturelle"), souvent empreinte de symbolisme. Dans les formes les plus anciennes de la religion, les récits mythologiques sont souvent très fortement symboliques. Pour les adeptes qui lui accordent une signification religieuse, un symbole prend (par sa nature même) un caractère sacré, et doit être respecté à ce titre (c'est ce qui conduit à la mise en place des tabous dans les socitétés primitives). En effet, l'utilisation d'un symbole religieux en dehors de son contexte religieux propre (donc dans une contexte profane) constitue littéralement une profanation, évènement grave pour le fidèle de la religion, parce qu'il tend à rompre le lien entre le symbole et l'objet spirituel qu'il représente. Une profanation volontaire est généralement considérée comme un blasphème, c'est à dire un acte qui manifeste une absence de respect pour le fidèle et sa religion, et appelle des sanctions. Historiquement, la "gravure sacrée" de symboles a été à l'origine des hiéroglyphes, et finalement de notre écriture. Le symbolisme n'est pas nécessairement religieux pour pouvoir déclencher des passions: les espèces monétaires sont par exemple une forme de symbole extrêmement utilisée dans les temps modernes.

Doctrines et croyances

Les sept arts libéraux au service de la théologie, sous la direction d'un théologien. Salzburg, XV° siècle Les religions transmettent des enseignements et des codes de lois religieuses, censés montrer le juste et l'injuste, le bien et le mal, aux fidèles. Elles les dote d'une morale, plus ou moins contraignante, censée orienter le croyant et sa communauté vers son bonheur et, par conséquent, l'éloigner de ce qui pourrait causer son malheur. La doctrine religieuse ne se limite pas au seul domaine du surnaturel, mais peut développer des conséquences dans tous les domaines de la connaissance, et de société. Parmi les codes de lois religieuses, on peut citer le droit canonique romain, les dix commandements, les hadiths, etc.. Une éthique est un ensemble de principes moraux, de commandements, de droits et de devoirs. Les questions éthiques sur la société ont toujours intéressé les religions. Au , le catholicisme a élaboré une doctrine sociale, qui a été mise en pratique dans le catholicisme social. L'environnement est au cœur des interrogations sur la vision du monde et de sa création ou CréationCréation avec une majuscule n'est utilisé que quand la création est envisagée sous l'hypothèse d'une intervention "divine".. Sur ces questions, le bouddhisme a été en avance dans ses réflexions. Il existe aujourd'hui des réunions sur le thème de l'environnement et du développement durable entre les grandes religions et spiritualités. Quand elles sortent du domaine purement spirituel, les doctrines d'inspiration religieuse sont un objet de critique souvent polémique pour les tenants de la liberté de pensée et de la liberté de conscience. La justification spirituelle de ces doctrines est considéré comme étranger au domaine traité, qui revendique sa propre autonomie cognitive; et cette origine religieuse est perçu comme un argument d'autorité, obstacle à la liberté individuelle et à l'autonomie de la raison. Les croyances ne sont pas toujours liées à une religion, comme la croyance aux OVNI, par exemple. Inversement, certains dogmes ou croyances religieuses, comme la réincarnation, peuvent être acceptés isolément sans adhérer au système religieux d’où ils sont empruntés.

Les religions dans la société

Identité religieuse

La religion fournit une identité collective : une manière de se comporter en groupe, de se reconnaitre Rapide résumé par Alain Vignal . On peut rattacher à cette dernière caractéristique l'existence de calendriers spécifiques aux religions. Ces calendriers scandent les fêtes religieuses : calendrier juif (5767 correspond à 2007 EC, EC signifiant ère commune), calendrier grégorien (christianisme), calendrier islamique, calendrier bouddhiste, calendrier hindouiste, ... L'abandon, temporaire, du calendrier grégorien pendant la Révolution française, est un phénomène unique dans l'histoire des civilisations.

Pouvoir spirituel / pouvoir temporel

right Il peut arriver que, dans l'organisation des sociétés, le pouvoir spirituel se mêle au pouvoir temporel, transformant son parti en patrie.
- sans équivoque, quand elle les nomme, tour à tour : païen, agnostique, incroyant, infidèle, ou athée,
- plus subtils, quand il s'agit d'hérésie ou d'hétérodoxie. Ces deux derniers concepts peuvent suggérer, dans certains cas, leur désir de participer à l'organisation de la société sous forme de théocratie ou de théonomie. Dans certains cas, les religions peuvent interférer avec les nations (et de façon plus générale avec tout groupe d'hommes) de telle sorte qu'elles ont souvent besoin d'un ennemi pour se fédérer et se construire. C'est dans cette mesure que Daniel Lindenberg en vient à se poser la question de savoir si les religions « sont naturellement intolérantes ». Historiquement, le clergé a constitué dans certaines religions et à certaines époques une force politique, un État dans l'État. Depuis le début du , il est apparu nécessaire de séparer le pouvoir spirituel du pouvoir temporel. On observe dans le monde occidental un clivage plus ou moins fort entre ces deux pouvoirs religieux et politiques, avec l'apparition du concept de laïcité, en particulier en France. Ce phénomène a pu laisser penser à la disparition progressive des religions, mais la laïcité, du point de vue de ses adeptes, a plutôt remis à sa place la religion. La diffusion d'une culture religieuse laïque, donc pluraliste, est une base indispensable à la connaissance mutuelle des fidèles des diverses religions. Toutefois, la fin du a vu la résurgence, une sorte de "retour" du phénomène religieux. Selon des analystes comme Samuel Huntington, une guerre de civilisations à fondement ou prétexte religieux pourrait se déclencher à l'échelle mondiale. Plus prosaïquement, ce retour administre la preuve que le fait religieux conserve un rôle important dans l'histoire humaine.

Relations inter-religieuses

Voir : Relations entre religions Les civilisations ont entre elles des relations quelquefois conflictuelles, l'une des raisons pouvant être religieuse du fait des différences de croyances. Le dialogue inter-religieux vise à harmoniser les relations entre religions.

Art

250px La religion influence l'art (littérature, peinture, sculpture...), l'inspire ou en restreint l'expression. De ce fait, l'art véhicule une partie des traditions, valeurs et concepts religieux, contribuant à les entretenir et les répandre, parfois à les façonner. Ainsi, l'iconographie peut véhiculer les croyances à travers des icônes religieuses, ou en être absent, les arabesques.

Critiques de la religion

Critique classiques

Les religions laissent rarement indifférent, et peuvent faire l'objet de critiques sur leurs dogmes, leur mode de fonctionnement, leur éventuelle intolérance, etc... Dans l'Antiquité gréco-romaine, les philosophes tentaient déjà d'expliquer l'origine des croyances. Ainsi, Lucrèce, dans De natura rerum, émet l'hypothèse que les hommes ont inventé les dieux pour expliquer les merveilles et les mystères de la nature : pour comprendre ce qu'ils ne maitrisaient pas. Critias pensait que la religion (et la crainte des dieux) avait été inventée pour imposer à chacun le respect de la société : discipline, morale, sens du bien et du mal. Les anthropologues, psychologues et sociologues s'en tiennent encore pour la plupart à ces deux explications. Pascal Boyer, Et l'homme créa les dieux s'appuyant entre autres sur les sciences cognitives et la biologie évolutionniste, y ajoute une explication naturaliste.

Religion et philosophie

La philosophie peut se concevoir comme un questionnement, une réflexion analytique ou une méditation sur des concepts. Un certain nombre de domaines sur lesquels elle se penche font aussi partie du champ religieux (éthique, métaphysique...), c’est pourquoi les religions inspirent souvent des systèmes philosophiques. La philosophie peut être un moyen de trouver un terrain d'entente entre des religions différentes, par le biais notamment de la métaphysique. La philosophie peut aussi désigner un système visant des buts communs avec certaines religions : interprétation globale du monde et de l'existence humaine, recherche de la vérité, du bien, du beau, du sens de la vie, du bonheur, délivrance des aspects négatifs de la condition humaine etc... On peut alors avoir des difficultés à ranger certains ensembles dans lesquels la notion de divinité n’est pas primordiale (bouddhisme p. ex.) dans le champ philosophique ou religieux. Il n'y a pas de contradiction a priori entre religion et philosophie. La rencontre entre la philosophie antique et le christianisme, et dans une moindre mesure l’islam et le judaisme, a donné naissance à la théologie. Cette rencontre n'a pas toujours été heureuse, ainsi Giordano Bruno fut-il torturé et brûlé vif, accusé d'hérésie. Néanmoins, à partir du en Europe, elles ont pu être mises en opposition, la philosophie accompagnant le développement scientifique et technique alors que les institutions religieuses tendaient à lui dénier sa valeur, la philosophie s’appuyant ouvertement sur la raison alors que la religion la subordonnait à la foi. Ce conflit, qui touche dans une certaine mesure d'autres religions (certains courants musulmans p. ex.), s’est poursuivi jusqu’au XX siècle. L'encyclique Fides et ratio (foi et raison) de Jean-Paul IIPour approfondir, on peut consulter également Jacqueline Russ, Panorama des idées philosophiques, qui traite ce thème en particulier. est la mise au point la plus récente concernant la position de l’Église catholique à cet égard. Par ailleurs, certains courants philosophiques ont tendance à nier le fait religieux ou veulent le remplacer. Le déisme pose un dieu créateur mais en refuse l'instrumentalisation religieuse. Le culte de la Raison (voire de la déesse Raison entendue comme allégorie) fut proposé durant la Révolution française. Le saint-simonisme athée fondé par Claude Henri de Rouvroy de Saint-Simon se nommait « nouveau christianisme » ou « religion saint-simonienne ». La « religion de l'humanité » (religion positiviste) d’Auguste Comte, sans dieu mais dotée d'un catéchisme et un calendrier, présentait des caractéristiques historicistes prédisant le remplacement définitif des religions par la science, par une loi des trois états. On peut encore citer la pensée de Friedrich Hegel.

Liberté religieuse

La liberté religieuse est aujourd'hui reconnue dans de nombreux pays. Néanmoins dans la pratique, cette liberté peut être conçue et appliquée de façon très différente. Ainsi, aux États-Unis, la manifestion des croyances religieuses fait partie de la vie sociale, alors qu'en Europe, les croyances religieuses sont généralement reléguées à la « sphère privée ». En Malaisie, la liberté de religion est inscrite dans la constitution, mais des dispositions légales privent en fait les musulmans du droit d'abandonner l'islam. La liberté religieuse permet l'apostasie. Les apostats seraient . Ils peuvent être des non-croyants ou des convertis à une autre religion. Le phénomène serait en expansion en Europe : s'appuyant sur les lois Article 40 de la loi du 6 janvier 1978 modifiée relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés issues des directives européennes, un nombre de plus en plus important de personnes ayant été baptisées enfants adressent à leur paroisse de baptême une déclaration d'apostasie pour être débaptisés ou parce qu'elles ne veulent plus « cautionner les propos des dirigeants de ces mouvements religieux ». L'Église catholique romaine est de très loin la principale visée. Voir Apostasie dans le christianisme, Apostasie dans l'islam

Religion et science

La religion interfère aussi avec les sciences et les techniques, à travers les rapports de l'homme au monde "visible" ou "invisible", et des représentations sociales que cela entraine. Les Autodafés chrétiens ont été oubliés dans l'écriture de l'Histoire : beaucoup de connaissances ont été éliminées comme le calcul de du diamètre de la terre par Ératosthène. Que penser de l'abjuration de Galileo Galilei face au tribunal de l'Inquisition Catholique Romain accusé d’hérésie pour la théorie de l’héliocentrisme de Copernic confirmé par ses observations ? La "révélation" du géocentrisme constituait un des fondement de la religion : l'idée que la terre n'était plus le centre de l'Univers (l'héliocentrisme) n'était pas acceptable. Les scientifiques contraints de fournir un âge de l'Univers conforme avec celui fourni par la bible sont légions : – Isaac Newton arrive à un âge de la Terre de 3998 ans avant J.-C. – Johannes Kepler fournit 3993 ans avant J.-C. Benoît de Maillet qui part de l’hypothèse que toute la Terre a émergé de la mer extrapole les vitesses d’élévation des continents. Il aboutit à un âge de la planète de 2 milliards d’années : sous la pression de l'église catholique il écrira clandestinement sous l’anagramme de Telliamed et ne sera par ailleurs publié que dix ans après sa mort... Aujourd'hui, l'apprentissage du Créationnisme aux Etats-Unis et dans le monde musulman montre que le débat est loin d'être fermé... Les religions continuent à favoriser la diffusion de leur pensées totalitaires aux détriments des connaissances scientifiques. Pourtant, l'Islam a parfois appuyé son essor entre le et le sur les sciences et les techniques (voir Sciences et techniques islamiques). Les connaissances progressaient également en occident dans les monastères. La redécouverte, en occident, de pans entiers de la philosophie grecque (Aristote), par les échanges avec d'autres civilisations, et la traduction de nombreux manuscrits antiques entre 1120 et 1190 a permis de diffuser de nouvelles connaissances scientifiques dans tout l'occident. Des savants juifs (Maïmonide) et musulmans se sont joints aux chrétiens dans cette œuvre, ce qui entraîna une véritable renaissance (voir science du Moyen Âge)Bernard Quilliet, la tradition humaniste. La ville de Paris doit son prestige international à la qualité de l'université de Paris qui fut créée à la suite de ces travaux. Les relations entre science et foi ont ensuite donné lieu à des débats à caractère métaphysique, depuis le jusqu’à nos jours. Par exemple, des prises de position jugées inopportunes de l'Église catholique au sujet de Galilée (voir révolution copernicienne) ont contribué, via les écrits philosophiques de Descartes, à jeter un certain discrédit sur le catholicisme, qui s'est répercuté sur les autres religions (accusation d'« obscurantisme »). Pour le christianisme contemporain, la relation entre la foi et la raison est développée dans l'encyclique Fides et Ratio (1998). Cette encyclique mentionne que les positions positivistes consistant à refuser d'admettre comme valable la connaissance religieuse ont été discréditées par la critique épistémologique : : « Le scientisme est un autre danger qu'il faut prendre en considération. Cette conception philosophique se refuse à admettre comme valables des formes de connaissance différentes de celles qui sont le propre des sciences positives, renvoyant au domaine de la pure imagination la connaissance religieuse et théologique, aussi bien que le savoir éthique et esthétique. Antérieurement, cette idée s'exprimait à travers le positivisme et le néo-positivisme, qui considéraient comme dépourvues de sens les affirmations de caractère métaphysique. La critique épistémologique a discrédité cette position, mais voici qu'elle renaît sous les traits nouveaux du scientisme. »Fides et Ratio, 1998, § 88 Certaines religions ont formé un clergé à composante scientifique qui, au cours du , était encore estimé. Elles peuvent aussi disposer d'université, de centre de recherche, comme l'Académie pontificale des sciences, et d'outils de recherche, comme l'Observatoire du Vatican.

Voir aussi

Portails de Wikipédia

Le fait religieux est traités à travers de nombreux "portails" sur wikipédia:
- Portail:Spiritualité
- Portail:Théopédia Le portail Théopédia est consacré aux religions et croyances.
- Portail:Christianisme Ce portail est destiné à faciliter la navigation entre tous les articles consacrés à la religion chrétienne comme à ses différentes branches.
- Portail:Monde arabo-musulman La civilisation arabo-musulmane est une des plus grandes civilsations de l'histoire de l'humanité.
- Portail:Bouddhisme Le bouddhisme est l'un des grands systèmes de pensée et d'action orientaux, né en Inde au VIe siècle av. J.-C.
- Portail:Philosophie Le portail de la philosophie.

Généralités

- Religion abrahamique
- Monde (univers)
- Monothéisme
- Polythéisme
- Athéisme
- Sabéisme

Philosophie

- Les notions de Dieu et de dieux
- Concept de Dieu
- Théologie
- La substance, l'être
- Critique de la religion

Sociologie des religions

- Organisations et institutions
- Les , sur
- Clergé (le mot est compris au sens de catégorie socio-professionnelle)
- Fondamentalisme

Spiritualité

Voir : Spiritualité''

Divers


- Critique de l'athéisme
- Ikuan Tao
- Jeûne
- Laïcité
- Ministères ecclésiastiques
- Noachite
- Religion et alimentation
- Humanisme
- Mécréant
- Et l'homme créa les dieux
- Sectes

Notes et références

===
Sujets connexes
A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada   Ablution   Abraham   Académie pontificale des sciences   Action   Agnosticisme   Ange   Anglicanisme   Anglicisme   Animisme   Anthropologie   Anthropoïdes   Antiquité   Apostasie dans l'islam   Apostasie dans le christianisme   Arabesque   Arbre des religions abrahamiques   Aristote   Art   Art divinatoire   Arts libéraux   Association internationale pour la conscience de Krishna   Athée   Athéisme   Au-delà   Augure   Auguste Comte   Augustin d'Hippone   Babylone   Bahaïsme   Benoît de Maillet   Bernard Quilliet   Bible   Bihar   Blasphème   Bouddha   Bouddhisme   Bouddhisme Nichiren   Calendrier   Calendrier grégorien   Calvinisme   Caodaïsme   Cartésien   Catholicisme   Catholicisme social   Catéchisme   Chamanisme   Charles Taze Russell   Chiisme   Choc des civilisations   Christianisme   Christianisme orthodoxe   Cicéron   Civilisation   Civilisation chinoise   Claude Henri de Rouvroy de Saint-Simon   Clergé   Concept   Confucianisme   Confucius   Connaissance   Conscience   Copernic   Cosmogonie   Critias   Critique   Critique de l'athéisme   Critique de la religion   Croissant fertile   Croyance   Création (théologie)   Créationnisme   Culte   Culte de la Raison et de l'Être suprême   Culture   Cérémonie   Daniel Lindenberg   Devoir   Dialogue inter-religieux   Dieu   Dieux   Direction   Divination   Divinité   Doctrine   Doctrine sociale de l'Église   Dogme   Droit   Débaptisation   Déisme   Déité   Démon   Dénomination   Développement durable   Esprit   Espérance   Et l'homme créa les dieux   Eurasie   Exercices spirituels   Expérience   Extase   Fides et Ratio   Foi   Fondamentalisme   Fétichisme   Galileo Galilei   George Bernard Shaw   George Fox   Giordano Bruno   Guerres de religion   Herméneutique   Hindouisme   Histoire   Homme   Homme de Néandertal   Homo sapiens   Humanisme (philosophie)   Hégire   Héliocentrisme   Hénothéisme   Hérésie   Hétérodoxie   Iconographie   Icône (religion)   Ignace de Loyola   Ikuan Tao   Immortalité   Infidèle   Information   Inquisition   Invocation   Irak   Isaac Newton   Islam   Jacqueline Russ   Japon   Japonais   Jaïnisme   Jean-Paul II   Jean Calvin   Jeûne   Johannes Kepler   Joseph Smith   Juche   Judaïsme   Juifs   Jésus de Nazareth   Kharidjisme   L. Ron Hubbard   Lactance   Langage   Lao Zi   Lares (mythologie)   Latin   Laïcité   Le siècle av. J.-C.   Liberté de pensée   Liturgie   Livre des morts   Loi des trois états   Luthéranisme   Mahomet   Martin Luther   Mayas   Maïmonide   Ministères ecclésiastiques   Miracle   Mirza Husayn Ali Nuri   Monachisme   Monastère   Monde (univers)   Monolâtrie   Monothéisme   Morale   Mort   Mortification   Moustérien   Moïse   Mudrâ   Mysticisme   Mythologie   Mythologie grecque   Mécréant   Méditation   Métaphysique   Nation   Naturalisme (philosophie)   Nichiren   Nouveau mouvement religieux   Nécromancie   Néopaganisme   Népal   Obscurantisme   Observatoire du Vatican   Occultisme   Orthodoxie   Oxford University Press   Paganisme   Paléolithique moyen   Panthéisme   Paris   Pascal Boyer   Patrie   Peur   Philosophie   Piété   Polythéisme   Popol Vuh   Prière   Profanation   Profane   Prophète   Protestantisme   Protohistoire   Préhistoire   Psychologue   Raison   Rationalisme   Relation entre science et foi   Religion abrahamique   Religion et alimentation   Religion naturelle   Religion traditionnelle chinoise   Renaissance du XIIe siècle   Rite   Rite funéraire   Réformés   Réincarnation   Révolution copernicienne   Révolution française   Révélation   Sabéisme   Sacrifice   Sacré   Saint-simonisme   Samuel Huntington   Savoir   Schisme   Science du Moyen Âge   Sciences cognitives   Sciences et techniques islamiques   Scientologie   Secte   Sens   Sentiment   Shaman   Shintoïsme   Sikhisme   Sinogramme   Société religieuse des Amis   Spiritisme   Spiritualité   Spirituel   Substance   Sumer   Sun Myung Moon   Sunnisme   Superstition   Surnaturel   Symbole   Syncrétisme   Tabou   Taoïsme   Tertullien   Théocratie   Théologie   Théophanie   Théurgie   Torii   Tradition   Transe   Témoins de Jéhovah   Tîrthankara   Unitarisme   Univers   Université   Université de Paris   Uttar Pradesh   Veda   Vie éternelle   Yoga   Zen   Zoroastre   Zoroastrisme  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^