Afrique romaine

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Rome compta en Afrique jusqu'à huit provinces différentes (d'est en ouest) : la Tripolitaine, la Byzacène, l'Afrique Proconsulaire, la Numidie Cirtéenne, la Numidie ). L'Afrique romaine est un tout, étudié par les historiens dans son ensemble, malgré de très fortes disparités régionales et de grandes ruptures chronologiques dans les huit siècles de son histoireVoir sur ce point, Claude Lepelley, « Deux ruptures dans l'histoire de l'Afrique romaine : les Flaviens et les Vandales », <
Afrique romaine

Rome compta en Afrique jusqu'à huit provinces différentes (d'est en ouest) : la Tripolitaine, la Byzacène, l'Afrique Proconsulaire, la Numidie Cirtéenne, la Numidie ). L'Afrique romaine est un tout, étudié par les historiens dans son ensemble, malgré de très fortes disparités régionales et de grandes ruptures chronologiques dans les huit siècles de son histoireVoir sur ce point, Claude Lepelley, « Deux ruptures dans l'histoire de l'Afrique romaine : les Flaviens et les Vandales », Pallas, 68, p. 49.. Les deux grandes problématiques historiques concernant ces provinces sont actuellement les questions de leur romanisation et de leur christianisation. Le terme Afrique romaine désigne ainsi :
-soit les terres d'Afrique qu'a dominées Rome
-soit la part romanisée de l'Afrique.

Débats historiographiques et sources

L'histoire de l'implantation romaine en Afrique est complexe et comporte encore de nombreuses zones d'ombre. L'historiographie de l'Afrique romaine a longtemps souffert d'une comparaison établie entre colonisation antique et colonisation moderneVoir par exemple, Marcel Bénabou, La Résistance africaine à la romanisation, François Maspero, 1976 analogie parfois « inversée » selon la formule d'Yvon ThébertYvon Thébert, « Romanisation et déromanisation en Afrique : histoire décolonisée ou histoire inversée ? », Annales. Histoire, Sciences Sociales, 1978, 33, n°1, pp. 64-82.. Pendant longtemps, cette Historiographie a été la chasse gardée des Savants Francais et ce dès le XIX° siècle, suite à la colonisation. La découverte de l'Histoire de l'Afrique romaine n'a donc pas été faite par ses habitants. Cette historiographie recèle dès le début d'enjeux idéologiques. Les Français veulent faire comme les romains et veulent pour cela avec l'aide de savants, étudier le modèle.Ainsi en 1855, Louis Rénier, bibliothécaire de la Sorbonne publie les "Inscriptions latines d'Algérie qui rassemblent plus de 4400 inscriptions. Ils peuvent aussi justifier la conquête puisqu'ils disent ne pas être pas les premiers conquérants. Lors de la période Post-coloniale, le discours change, on assimile notamment le combattant algérien au résistant berbère. Le sous développement du pays est mis en parallèle avec la richesse de Rome ou de la France qui exploitent la région. Le terme de résitant, connoté positivement suite à la 2° guerre mondiale, joue son rôle ici. On étudie alors la résistance à la romanisation. Aujourd'hui on essaye de sortir de ces discour pour se poser notamment les question des romanisés partiels , on recherche plus les complémentarités que les strictes oppositions.L'Afrique Romaine 69-439, F.Prévot ( Dir.), Atlande, Paris, 2006 Les recherches récentes on tenté d'une part de replacer l'histoire de ces territoires dans un contexte méditerranéen et d'autre part d'évaluer la spécificité des cultures africaines dans le cadre impérial.

Origine des différentes provinces

Le début de la conquête romaine en Afrique date de la troisième guerre punique. Après la chute de la puissance carthaginoise en -146, fut créée la première province romaine en Afrique, nommée Africa. Province de taille modeste, moins de 25 000 km², à peu près le nord-ouest de l'actuelle Tunisie, elle était gouvernée soit par un préteur, soit par un propréteur. Sept villes toutefois gagnèrent leur liberté pour avoir pris position contre Carthage, dont Utique, Hadrumète, Thapsus et Leptis Minor (Lamta). Suite à la guerre civile opposant César et Pompée, et après la mort de ce dernier, Jules César bat ses partisans à Thapsus en -46. L'alliance des pompéiens à Juba , roi de Numidie, permet à Jules César d'annexer ses territoires. Une nouvelle province est créée, l'Africa nova, par opposition à la première province, nommée dès lors Africa vetus. La frontière ouest de la province est protégée par une marche, donnée à Publius Sittius, allié de César. Quatre colonies voient l'installation de Sittius et de ses mercenaires : Cirta, Rusicade, Milev et Chullu qui, si elles ne restèrent pas indépendantes de la province romaine après la mort de Jules César, gardèrent des privilèges de ce passé. Lors du partage des provinces entre le Sénat et Auguste en janvier -27, l'Afrique est réunie en une unique province sénatoriale, nommée Afrique Proconsulaire. La Numidie est rattachée à cette province. Toutefois, une légion séjourne sur son territoire, la IIIe Auguste, commandée par le proconsul, ce qui en fait une exception parmi les provinces sénatoriales. En 37, l'empereur Caligula nomme un légat pour diriger la III légion Auguste, qui dépendait jusqu'alors théoriquement du proconsul de la province. En 40, Caligula fait assassiner Ptolémée, roi de Maurétanie, à Lugdunum (Lyon) et annexe son royaume, qui était déjà de facto sous tutelle romaine depuis Auguste. En 42, Claude le divise en deux provinces procuratoriennes, Maurétanie Tingitane à l'ouest et Maurétanie Césarienne à l'est. Sous Septime Sévère, la province de Numidie est créée (avant 200), séparant cette région de l'Afrique Proconsulaire, et mettant fin à la situation étrange où légat et proconsul se côtoyaient au sein d'une même province. Sous la Tétrarchie, Dioclétien engage une réforme administrative des provinces africaines. La Maurétanie Sifitienne (ou Tabienne) est d'abord créée entre 284 et 288, se séparant ainsi de la Maurétanie Césarienne mais le praeses de Césarienne est toujours responsable de la défense régionale. Puis c'est en 303 qu'interviennent les autres changements. La Numidie est brièvement partagée en deux provinces: la Numidie Cirtéenne (capitale Cirta) et la Numidie Militienne (ou Militaire). Ces deux provinces sont de nouveau réunies en 314. Enfin, la Proconsulaire est divisée en trois unités administratives : la Proconsulaire (au nord), la Byzacène (au centre) et la Tripolitaine (au sud-est). Le commandement militaire est remis pour tout le diocèse d'Afrique à un comte (sauf la Maurétanie Tingitane qui est rattachée au diocèse d'Hispanie). Le vicaire d’Afrique devient le chef hiérarchique de tous les gouverneurs à l'exception du proconsul.

De la conquête au

« Punico-romaine jusqu’à César, romano-punique ensuite, l’Afrique du Nord ne devint vraiment romaine que sous les Flaviens. » Ce constat proposé par Marcel Leglay Marcel Leglay, « Les Flaviens et l’Afrique », Mélanges de l’École française de Rome, Tome 80, 1968. témoigne des grandes ruptures que connut l'Afrique romaine, en particulier lors de la politique volontariste de la dynastie flavienne. L'intervention de Rome en Afrique peut-être lue ainsi comme une « dépunicisation » à l'échelle des provinces et des communautés.

Les royaumes berbères à la veille de la conquête romaine

LAfrica sous les Julio-Claudiens

À l'issue de la Troisième Guerre punique, après la victoire de -146, « l’Afrique fut le prix de la victoire ; et le monde ne tarda pas à suivre le sort de l'Afrique » comme le fait remarquer Florus, historien aux origines africaines. César annexe à l'empire le royaume numide qui devient la province dAfrica nova et les royaumes indigènes se trouvent confrontés à un nouvel Etat, à des possessions romaines. Sittius, condottiere campanien allié à César, se vit attribuer la Numidie occidentaleClaude Lepelley, Rome et l'intégration de l'Empire, « L'Afrique », p. 75.. Cependant, la pénétration romaine en Afrique du nord fut longue et l’annexion des provinces n’a pas été suivie par leur occupation systématique mais est restée superficielle. Mais Rome ne se contenta pas de « veiller sur la dépouille » du royaume punique, selon la formule de Theodor Mommsen. Le premier espace assujetti et contrôlé en profondeur par les Romains est un espace qui connaît un haut degrés de civilisation urbaine : les régions de Carthage, Cirta, Sicca Veneria, ainsi que douze colonies de vétérans créées par Auguste en Maurétanie. La province de Proconsulaire et le nouveau royaume de Maurétanie sont assignés à la défense de l’Afrique du nord. Sous Auguste, la domination romaine va dépasser la fossa regia. Ainsi, dans les premiers temps du principat, les Romains se mettent en rapport avec les espaces restés en marge de la romanisation, en repoussant les limites méridionales de la province.

LAfrica sous les Flaviens

Denier avec galère et portrait de Clodius Macer. Le règne des Flaviens a constitué pour l'Afrique une période de nécessaire stabilisation après les troubles et les gains territoriaux. À en suivre Marcel Le Glay, c'est « sous le règne des Flaviens que, préparées de loin par les actes des Julio-Claudiens, mais précipitées par l'œuvre même de Vespasien et de ses fils, se sont opérées, lourdes de conséquences pour l'avenir, les grandes mutations qui ont affecté des domaines essentiels de la vie publique et privée des Africains » . À son avènement, Vespasien, qui avait été proconsul, fut mal accueilli par les Africains. Les provinces africaines ont connu précédemment une période de troubles politiques - incursions des Garamantes - et le nouvel empereur devait s'assurer la fidélité de légat et du proconsul. L'année précédente, lors de l' année des quatre empereurs, le légat de la III Legio Augusta, Clodius Macer, s'était révolté contre Rome et avait menacé de priver Rome du blé africain . La priorité de Vespasien est la mise en ordre des provinces et pour cela il renouvelle le personnel dirigeant, en cherchant les proconsuls au sein des riches familles italiennes Marcel Le Glay, « Les Flaviens et l'Afrique », article cité.. La romanisation s'accélère dans les provinces et les communautés du sud sont soumises à un plus grand contrôle, voire à une mise sous tutelle. Dans la même logique, on constate une multiplication du nombre de promotion juridique sur le territoire de Africa nova et même au-delà, comme le prouve la création de la colonie de Madaure« Poste de surveillance et foyer de vie romaine en pays musulame », Marcel Le Glay, « Les Flaviens et l'Afrique », article cité p. 222 , aux confins de la Numidie, entre la fin du règne de Vespasien et le règne de Nerva.

LAfrica sous les Antonins

L'Africa sous la Tétrarchie

Les rapports avec les tribus

En Afrique du Nord, les sources anciennes grecques et romainesAinsi Hérodote, Strasbon, ou Pomponius Mela, . distinguent une zone urbanisée, une zone tribale Le terme gens est le plus souvent utilisé dans les sources pour désigner la tribu dont les membres sont désignés sous le terme gentiles et le nom de la tribu est usuellement employé au pluriel à l'instar des communautés urbaines. Le terme peut désigner soit la tribu elle-même ou alors un ensemble, une confédération de tribus. On trouve aussi les termes familia et domus pour désigner les peuples indigènes d'Afrique romaine. Sur cette question voir par exemple Jacques Gascou (sous la direction de), Inscriptions antiques du Maroc, II, Paris, 1982. où domine le pastoralisme, ainsi qu'une zone méridionale peuplée de nomades, qualifiée de Gétulie. Cette distinction a été consacrée par l'historiographie Voir par exemple, .Les Romains ont exercé un contrôle rapide sur les première et seconde zones, mais ont peu dominé la troisième d'où une nécessaire distinction entre provinces romaines d'Afrique et occupation romaine en Afrique. Si la place de la civilisation urbaine en Afrique du nord fut importante avant et après la conquête romaine, l'organisation tribale occupe une situation appréciable au sein des sociétés africaines. Les relations des tribus avec les représentants de Rome furent nombreuses et complexes du fait de la diversité et de la spécificité des tribus et donc des attitudes du pouvoir romain. Une séparation entre les régions orientales - plus intégrées et romanisées et où l'influence des cités est prépondérante - et occidentales semble toutefois être marquée dans les rapports qu'entretiennent Rome avec les communautés tribales. On ne peut pas sérieusement analyser les révoltes indigènes sans prendre en compte l’hétérogénéité des situations africaines. Le phénomène est vécu sensiblement différemment selon les provinces. Cette disparité amène Rome à traiter diversement selon les soulèvements.

Principales tribus d'Afrique romaine

Pline l'Ancien dénombrait cinq cent seize populos entre l’Ampsaga et les « Autels des Philènes » L'Histoire naturelle, . L'autel des Philènes correspond à l'actuelle ville de Ras Lanuf en Libye dans le Golfe de la Grande Syrte., donc dans la grande Proconsulaire, tribus dont l'importance numérique et la place dans les sources sont très variables. La question de la répartition géographique des tribus et peuples a suscité une importante bibliographie mais aucune carte ne semble pouvoir prétendre à l'exhaustivité ni à la précision absolue.
- Autotoles
- Baniurae
- Baquates
- Bavares
- Cinithii
- Garamantes du Fezzan
- Gétules
- Marchubi
- Massyles
- Musulames
- Musuni
- Nasamons
- Nattabutes
- Nicives
- Nybgentii
- Quinquegentanei
- Suburbures
- Vamacures
- Zegrenses

Fait urbain et culture urbaine

Ruines de Volubilis La diffusion d’une culture urbaine et civique en Africa fut entamée bien avant la conquête romaine. Elle nous est connue par des témoignages archéologiques et épigraphiques aussi riches que diversifiés à propos desquels on a pu parler d'« Afriques » et du caractère pluriel de son urbanisationPaul-Albert Février, « Urbanisation et urbanisme de l'Afrique romaine », Aufstieg und Niedergang der römischen Welt, II.10.2, 1982, p. 322.. Cependant, à l’origine de ce développement se trouve un facteur commun, la conquête et les nouveaux rapports - politiques mais aussi économiques et sociaux - qu’elle suscite. On peut situer l’apogée de la civilisation urbaine dans l’Afrique du nord au second et au premier tiers du troisième siècle. Elle est liée à la prospérité que connaissent les provinces jusqu'à l'époque sévérienne, due en partie au développement du marché de l'huile africaine. Il est nécessaire de distinguer le développement et la densification du réseau urbain et la romanisation juridique, octroi d’un statut juridique par décision impériale à des communautés plus ou moins intégrées à l'empireVoir par exemple, Hans-Georg Pflaum, « La Romanisation de l'ancien territoire de Carthage punique à la lumière des découvertes épigraphiques récentes », Antiquités Africaines, IV, 1970, pp. 75-117.

La diffusion de la cité

La société des cités africaines. L’émergence d’une élite municipale

Principales villes d'Afrique romaine


-Auzia
-Bulla Regia
-Carthage
- Cirta
- Dougga
- Hadrumète
- Pupput
- Hippone
- Iol Caesarea
- Columnata
- Leptis Magna
- Leptis Minor
- Mactar
- Melilla
- Musti
- Pupput
- Rusadir
- Rusicade
- Sabratha
- Tébessa
- Thapsus
- Thysdrus
- Timgad
- Tingis
- Thuburbo Majus
- Sufetula
- Utique
- Volubilis (ville)

Voir aussi

Liste des noms latins des villes d'Afrique

L'économie africaine

L'Afrique du Nord fut considérée de longue date comme une terre particulièrement riche et comme une terre de talentueux agronomes à l'exemple de (Magon). Sa divinité tutélaire, Africa, est souvent représentée tenant une corne d'abondance et un boisseaux de blé (modius) à ses pieds. As d'Hadrien (136), représentant sur l'avers Africa, portant une dépouille d'éléphant, tenant un scorpion et une corne d'abondance, un modius de blé à ses pieds. Dès le règne de Massinissa, une agriculture commerciale se développa en Afrique. Aux yeux des conquérants romains, cette terre de céréales doit nourrir le peuple romain. La production devient rapidement excédentaire, fortement encouragée par Auguste et ses successeurs. Les terres de l'ouest exportent leur production vers le reste du bassin méditerranéen et le blé africain fournit les deux-tiers de l'annone destiné au ravitaillement de Rome. L'Afrique est aussi pourvue d'une arboriculture riche et variée où l'on trouve vignes, oliviers, grenadiers et des plantations d'oasis. Les cultures locales sont tout aussi importantes (truffes, pois, légumes) mais la polyculture fut souvent sacrifiée au profit de la culture du blé. Lors de la période romaine les terres africaines virent leurs rendements croître et les terres du Sud et de l'Ouest furent mises en valeurs. Les plus anciennes zones de cultures - emporia de Tripoliatine et territoire de Carthage - furent aussi transformées par le développement de cultures d'exportations fortement rémunératrice. Ainsi, la production frumentaire passa pour la Proconsulaire d'environ 840 000 quintaux de blé par an à l'époque césarienne à prêt de neuf millions de quintaux sous NéronSoit environ 126 000 000 modi. Il est a noter que les frontières de la province ont été agrandie entre les deux règnes. Voir sur ce point G-. Ch. Picard, « Néron et le blé d'Afrique », Cahiers de Tunisie, n° 14, 1956, pp. 163-173. Pour une synthèse sur la question des cultures africaines voir François Décret, Mhamed Fantar, L’Afrique du Nord dans l’Antiquité. Histoire et civilisation (des origines au siècle), Paris, 1981.. Les convois de blé étaient déposés à Ostie par une corporation d'armateurs privés, les navicularii africani, réorganisée par Commode au second siècle. La vallée de la Medjerda, l'arrière-pays d’Hadrumète, les terroirs de Cirta, de Numidie Sitifienne et les plaines de Volubilis furent dévolues à la culture céréalière. Cependant, il semble que la prospérité commerciale africaine ne vit véritablement le jour qu'à la fin du siècle avec l'essor de l'oléiculture et dans une moindre mesure de la viticultureMarcel Leglay, « Les Flaviens et l'Afrique », Mélanges d'archéologie et d'histoire, 1968, n° 80, p. 231.. Sufetula

Les Africains à Rome

Les crises du

La crise de 238

Amphithéâtre de Thysdrus En 235, dans un contexte de grave conflit avec les Alamans, un coup d’État amène Maximin le Thrace au pouvoir. Issu des humiliores, mal accepté par le Sénat, il le lui rend bien en adoptant une politique hostile à son égard ; mais, brillant militaire, il est populaire auprès des soldats. Il consacre tous ses soins au réseau routier et sa politique répond exclusivement aux impératifs militaires. Cette politique défensive exige une fiscalité accrue, pression fiscale dont le poids explique pour partie la révolte africaine. La crise, qui devait profondément marquer l'empire romain, survient en janvier 238 dans la région de Thysdrus (El Djem) . Des habitants de la cité assassinent le procurateur en place qui s'était rendu odieux aux yeux des contribuables et proclament Gordien, un riche sénateur, et son fils, empereursHérodien, Histoire des empereurs romains - Livre VII, 10.. On a du mal à distinguer les acteurs précis de cette révolte. Selon Hérodien , très critique vis à vis de Maximin, les révoltés sont essentiellement des jeunes de la région, définis selon différents historiens comme appartenant à l’aristocratie de la cité ou émanant de la grande propriété foncière, soutenus par des membres des classes populaires liés à eux par des relations de patronnage. Sur ce point voir aussi François Jacques, « Humbles et notables, la place des humiliores dans le collège des jeunes et leur rôle dans la révolte africaine de 238 », Antiquités africaines, t. 15, 1980, pp. 217 - 230. . Quoi qu’il en soit, ce profond mécontentement bénéficie du soutien de la population africaine. Le mouvement ne tarde pas à se propager en Italie et dans les provinces orientales, développé par l’aristocratie urbaine qui soutient le proconsul d’Afrique Gordien contre l’empereur Maximin. La guerre civile est imminente quand le Sénat rejoint le camp des mécontents et déclare l’Empereur ennemi du peuple romain. Gordien I Pourtant, la situation n’est pas encore renversée. Capellianus, un sénateur fidèle à Maximin, mis en place par ce dernier au poste de gouverneur de Numidie, entame une marche sur Carthage afin de mettre à mal la révolte. Il possède une force militaire importante car il est légat de la IIIe légion Auguste, basée en Numidie pour contenir la présence des Maures nombreux dans la région. Hérodien, dans son Histoire des Empereurs Romains de Marc-Aurèle à Gordien III, souligne la cruauté de la répression de Capellianus et rend compte de la gravité de la crise interne : « Capellianus, entré dans Carthage, fit périr tout ceux des premiers citoyens de cette ville qui s’étaient échappés du combat. Il n’épargna point les temples, qu’il pilla, ainsi que toutes les fortunes privées et les trésors publics. Il parcourut ensuite les autres cités qui avaient renversé les statues de Maximin, punit de mort les principaux habitants et de l’exil les citoyens obscurs Hérodien, Histoire des empereurs romains, livre VII, XXIV». L’auteur ne manque pas de préciser que ces actes barbares ne sont pas sans arrière-pensée politique : possédant une armée qui lui est dévouée, il pourrait selon les circonstances se rapprocher du titre d’Empereur. Sous la pression populaire, à Rome, Gordien III est nommé par le Sénat, à treize ans, comme héritier de l'Empire. Maximin meurt peu de temps après et l’avènement de Gordien III met un terme à une crise courte mais profonde. Si Gordien III ramène l’équilibre dans l’Empire, sa nomination n’est pas sans conséquence pour l’Afrique. Sous son règne la IIIe légion Auguste est dissouteMarcel Leglay, « Administration centrale de la province de Numidie de Septime Sévère à Gallien », Antiquitiés africaines, t. 27, 1991, pp. 83 - 92. et remplacé par un « système plus défensif » et la mobilisation de troupes auxiliairesYann Le Bohec, La Troisième Légion Auguste, éd. CNRS, Paris, 1989, p.456, ce qui a pour conséquence de diminuer l’influence romaine dans la région. Outre son rôle de « romanisation » chez les soldats qu’elle intégrait, elle donnait l’image d’une Rome protectrice en contenant les éléments externes qui pouvaient entraver la production agricole africaine.

Les soulèvements des tribus maures

Le soulèvement de tribus indigènes en Afrique n’est pas un fait nouveau du . En plus des camps militaires permanents, l’envoi de détachements de légions romaines, depuis le , n’est pas rare pour endiguer les révoltes récurrentes des populations autochtones ou gentes, en particulier celles des Maures qui jouissent de par leur puissance d’une relative autonomie. Ces évènements vont néanmoins prendre une nouvelle dimension dans les années 250-260. En 253- 254, une vague insurrectionnelle part de Maurétanie Césarienne et atteint la Proconsulaire. Les acteurs de cette révolte sont généralement des peuples qui, venant de l’intérieur des terres, ont été beaucoup moins touchés par la romanisation. Le soulèvement est vite répriméMarcel Bénabou, La Résistance africaine à la romanisation, Maspero, Paris, 1976.. C’est à l’ouest de l’Afrique Romaine que l’Empire rencontre le plus de problèmes. En Maurétanie Tingitane, il doit faire preuve de diplomatie en signant des traités de paix - fœdus, i - avec les tribus. Le gouverneur de la province rencontre régulièrement les Baquates, principale tribu de la région. Associée aux Macénites ou encore aux Bavares, cette tribu constitue un important rempart à la romanité. L’Empire finira même par perdre son hégémonie sur certains territoires, ne contrôlant plus que la côte et le nord de la province. Un peu plus à l’est, en Maurétanie Césarienne et en Numidie, l’insurrection est plus forte encore et menace la région d’Auzia. La tentative d’imposer des préfets aux tribus n’est pas suffisante. Pour remédier à cette conjoncture défavorable, la IIIe légion Auguste est reconstituée -entre 253 et 258 selon les sources-, mais elle provoque un regain de brigandage et d’instabilité. Preuve en est, le gouverneur de Césarienne obtient la charge de dux pour l'ensemble des provinces romaines, ce qui montre la gravité de la situationMarcel Bénabou, La Résistance africaine à la romanisation, éditions La Découverte, 2005, p. 217. . Un nouveau gouverneur de Numidie, Cornelius Macrinius DecianusMichel Christol, « Caius Macrinius Decianus, gouverneur de Numidie, et l'histoire militaire de la province au milieu du IIIe siècle », Zeitschrift für Papyrologie und Epigraphik, 138, 2002, p. 259–269, tente de mettre fin à la crise vers 260 et se trouve confronté à des alliances de tribus. Il parvient toutefois à repousser les Bavares qui s’étaient alliés à des rois locaux, les Quinquegentanei qui, établis dans le massif montagneux de la Djurdjura, avaient envahi la Numidie en 253, ainsi que les Fraxinenses. Les raids barbares qui ont dévasté une bonne partie de la Numidie sont finalement contenus, et les opposants à l’hégémonie romaine doivent se résoudre peu à peu à reculerMarcel Bénabou, La Résistance africaine à la romanisation, éditions La Découverte, op. cit., 2005. . L’Afrique Proconsulaire a quant à elle été moins touchée par les révoltes, mais n’est pas pour autant sous domination exclusive des Romains. En Tripolitaine par exemple, c’est généralement le système de délégation qui fait acte. Opposés à l’ouest de l’Afrique à des attaques violentes, les Romains préfèrent laisser une certaines autonomie aux autochtones, tout en préservant leur influence sur la région. Dans certains endroits, comme en Byzacène, Rome a su garder un contrôle quasi-total. L’accélération au milieu du siècle des mouvements d’insoumission et de révolte des tribus africaines est indéniable. Elle a nécessité une reconcentration et une restructuration des effectifs militaires romains. Pour autant, il ne faut pas y voir un phénomène capable de remettre en cause sérieusement la présence et l’hégémonie de l’Empire. Hormis la révolte des Maures de Grande Kabylie et les nombreuses invasions en Maurétanie Césarienne et Numidie rendues possibles par la disparition momentanée de la légion, Rome a pu maîtriser la situation. La romanisation, tout du moins dans la partie orientale de l’Afrique romaine, n’est pas en danger et peut continuer à se développer. Pour autant ce qu’on a coutume d’appeler la « crise du siècle » n’est pas terminée en Afrique. L’empire fait face à un nouvel adversaire depuis déjà quelques années : le christianisme.

Cultes et pratiques rituelles

Stèles du tophet de Carthage Il est délicat de recenser l'ensemble des cultes traditionnelles présents en Afrique romaine. Avec la conquête romaine, la religion romaine antique et les religions traditionnelles d'Afrique, libyques et puniques, font faire l'objet de réinterprétation et de manifestation de syncrétisme. Une manifestation de ces phénomènes est illustré par le culte africain par excellence, celui de Saturne dit l'Africain qui occupe une place centrale dans le panthéon. Le culte de Saturne a laissé une importante documentation épigraphique et archéologique. Il représente selon Marcel Leglay et pour l'Afrique romaine, « la meilleure expression de son africitas » Marcel Leglay, Saturne africain. Histoire, éditions de Boccard, 1966 . À l'exemple du grand dieu africain, les divinités gréco-romaines ont été assimilées tout en conservant des caractéristiques “nationales”. Le souci des morts et de leur souvenir -multiplication des épitaphes et des stèles dans les provincesCette caractéristique de la religiosité africaine fut vivement attaquée par les auteurs chrétiens ainsi Tertullien : « Pour honorer vos dieux, que faites-vous que vous ne fassiez aussi pour honorer vos morts ? À eux aussi des temples ; à eux aussi des autels. Même attitude et même insignes dans les statues des uns et des autres : le mort, devenu dieu, garde son âge, sa profession, son occupation. Quelle différence y a-t-il entre le banquet de Jupiter et le repas funèbre, entre le vase à sacrifice et le vase à libations funèbres, entre l’haruspice et l’embaumeur des morts ? En effet, l’haruspice remplit aussi des fonctions auprès des morts. » , XIII, 7.-, la place faite aux cultes agraires, ouraniens et chtoniens, l'importance accordée aux dieux locaux et domestiques ont marqué la religiosité africaine Pour une synthèse sur ce point voir . L'Afrique romaine passe aux yeux de ses contemporains pour une terre de magie ; les pratiques magiques y sont répandues comme dans tout l'empire mais entretiennent des rapports privilégiés avec de nombreux aspects sociaux, , 10, 2005. .

Le christianisme en Afrique romaine

Selon Claude Lepelley, le christianisme occidental latin est né en Afrique du Nord. Au milieu du siècle, les communautés chrétiennes y étaient déjà très nombreuses et dynamiques. Et au siècle, l'Afrique vit la naissance de Saint Augustin, père de l'Église dont la pensée devait avoir une influence déterminante sur l'Occident chrétien au moyen-âge et à l'époque moderneAlain Corbin, Histoire du christianisme p.120 (Saint Augustin), Ed. Seuil, 2007. Faute de documentation assez complète, il est difficile de reconstituer les étapes et les lieux de diffusion qui ont précédé l’arrivée des chrétiens dans les provinces africaines. De plus, ce sont essentiellement les sources chrétiennes – notamment celles de Tertullien - qui permettent de retracer l’histoire de l'Église africaine au siècle, ceci posant évidemment un problème d’objectivité. Au-delà, la majorité de sources de l'époque sont carthaginoises Cependant, Paul-Albert Février a pu montrer, en s'appuyant sur les témoignages épigraphiques, le dynamisme du christianisme en Afrique maurétanienne ; . On situe l’apparition en Afrique des premiers chrétiens avant l’an 180. Le premier document qui nous permet d'appréhender le christianisme en Afrique sont les Actes des martyrs scillitains. Il s'agit du procès-verbal de la comparution, le 17 juillet 180, d'une dizaine de chrétiens d'une bourgade de Proconsulaire non-localisée devant le proconsul d'Afrique. Largement minoritaires, les chrétiens adoptent dès le départ une attitude offensive pour propager leur foi et se dirigent sans trop d’appréhension vers un conflit ouvert avec le pouvoir impérial païen. L’histoire des débuts du christianisme en Afrique est étroitement liée à la personne de Tertullien. Né de parents païens, il entre dans la communauté chrétienne de Carthage vers 195 et devient proche de l’élite municipale, qui saura le protéger contre la répression des autorités. Ayant reçu la prêtrise, il s’emploie dans ses premiers écrits à lutter pour que l'Église chrétienne soit reconnue officiellement par l’Empire. On peut parler, à la suite de Tertullien, de « christianisme africain » tant ce dernier adopte un caractère spécifique, se faisant remarquer par son intransigeance. Afin de progresser en nombre d’adeptes et de s’ancrer dans la vie populaire africaine, la doctrine chrétienne à travers les écrits de Tertullien cherche à s’émanciper de toutes les institutions païennes qui structurent la société romaine de l’époque. Il faut voir dans ce travail d’écriture plus une transcription et une mise en valeur des problèmes spécifiques d’une nouvelle communauté que la volonté d’un homme d’imposer à de fervents croyants une doctrine qui ne leur convient pas. Les chrétiens refusent donc de participer aux nombreuses cérémonies fondant la vie civique. Dans son œuvre De l’idolâtrie, Tertullien précise la nature des activités déconseillées aux chrétiens : ils doivent, pour les plus riches, refuser de participer à la vie politique de la cité en tenant un quelconque poste, refuser tout métier agricole qui pourrait fournir des produits et animaux aux séances de sacrifices. Les chrétiens ne doivent pas non plus exercer le professorat qui les obligerait à enseigner les mythes et cultes païens Tertullien, De idololatria, De spectaculis. Mais ce qui sépare et oppose le plus les autorités romaines et la communauté de chrétiens, c’est sans aucun doute le fait que ces derniers refusent de servir l’armée de l’Empire. Tertullien souligne la difficulté de concilier le serment militaire avec celui prononcé lors du baptême . Outre l’omniprésence des rites païens dans la vie militaire, le plus grand dilemme pour les chrétiens est la probabilité de tuer des adversaires pendant les combats, chose incompatible avec le message de la vie du Christ : c’est une transgression du sixième commandement. Ce choix politico-religieux a été à l’origine de conflits parfois violents, les chrétiens étant accusés de mettre en péril la cité quand leur refus de service militaire se faisait pendant une période qui nécessitait un besoin accru de soldats. Il a amené des sanctions qui ont parfois été jusqu’à la mise à mort, créant la situation de martyr très spécifique à la religion chrétienne. La multiplication des martyrs, de leurs cultes et de leurs récits, comme le martyre de Perpétue et Félicité, fut l'un des traits marquants du christianisme africain Voir sur cette question l'ouvrage de Victor Saxer, Morts, martyrs, reliques en Afrique chrétienne aux premiers siècles. Les témoignages de Tertullien, Cyprien et Augustin à la lumière de l'archéologie africaine, Paris, Beauchesne, 1980, 340 p.. Tertullien lui-même prône la souffrance et le martyre comme issue vers le salut , amenant des choix assez éloquents de la part des chrétiens : certains choisissaient des mort « héroïques », en combattant par exemple contre des lutteurs égyptiens . Le martyre devenait un acte de résistance et de mémoire, inscrit dans un calendrier commémoratif, base du calendrier chrétien. À travers cette base doctrinale extrêmement stricte et difficile à défendre devant une population qui ne comprend pas la plupart du temps les choix des chrétiens, Tertullien cherche à éviter à sa communauté de se mélanger aux rites et coutumes païens afin de garder toute sa spécificité et de préserver ses chances d’éclosion. Pour autant, il ne veut pas s’éloigner de la vie de la cité, encore moins de celle de l’Empire « Nous ne nous séparons pas du monde: marins, soldats, laboureurs, négociants, acheteurs, gens d'art ou de métier nous vivons comme vous et de notre commerce avec vous ; l'excès, l'abus, voilà seulement ce que nous fuyons », Tertullien, Apologétique, XLII, cité par . Il aime l’Empire et est convaincu de ses bienfaits dans les provinces africaines. Les chrétiens ont cependant aidé, via leur intransigeant besoin à la fois de démarcation et d’affirmation au sein de la société africaine, à instaurer un climat de tension entre eux et le reste de la population, mais surtout avec le pouvoir impérial qui devant cette menace de division, ne tarde pas à réagir. La doctrine chrétienne qui a pris pied en premier lieu sur les côtes africaines s’est développée par la suite à l’intérieur des terres. Si l'on ne situe pas précisément la ville dont sont originaires les martyrs scillitains (Scillium, Scillitium ? dans la région de Carthage), ceux de Madaure, Miggin et Namphamo, sont attestés à la même époque : les chrétiens connaissent leurs premiers martyrs dans un contexte politico-religieux en constante évolution. Le siècle connaît une fragilisation importante des fondements religieux du pouvoir impérial. Censé être protégé des dieux, le mythe de l’empereur qui se situe au dessus des hommes est remis en doute par les païens, en particulier après la mort de Dèce au combat, en 251. Les coupables sont vite trouvés : par leur impiété, les chrétiens sont accusés d’avoir provoqué la colère des dieux. Dèce lui-même avait déjà instauré cette notion de « bouc émissaire » pendant ce qu’on appelle la « persécution de Dèce », de 249 à 251. La persécution romaine, la première attaque officielle contre l'Église africaine, est entérinée par un édit promulgué dès 249 qui oblige les chrétiens à prier pour le salut de l’empereur, et à procéder en suivant à des sacrifices ou des libations. Cette nouvelle donne force les chrétiens à un choix. Plusieurs attitudes sont relevées : certains suivent les consignes des autorités relayées par les cités africaines et se plient à l’édit, allant jusqu’aux sacrifices d’animaux - chose formellement interdite par leur dogme - ; d’autres pour qui il est inconcevable de renier l’Évangile préfèrent fuir ; d’autres encore choisissent de déclarer ouvertement leur mécontentement à la population, mettant leur vie en péril. L’autorité romaine en formulant cet édit a divisé la communauté chrétienne qui suite à cette crise montre encore une fois toute son intransigeance. Ceux qui ont cédé aux demandes de Dèce et ont participé aux supplications – les lapsi - se voient très mal accueillis par les « résistants » quand vient l’heure de leur réintégration. Les évêques qui ont « péché » sont pour la plupart pardonnés mais se voient refusé le retour à leur fonction. La persécution a engendré une telle crise au sein de l'Église africaine que le concile de Carthage propose, en 256, de rebaptiser les fauteurs afin qu’ils redeviennent purs. Il se heurte là violemment à l’évêque de Rome pour qui ce double baptême est tout bonnement inconcevable car il dé-crédibiliserait le rite sacré et unique de l’évêque. (Voir aussi Donatisme) Après une brève période de calme, les persécutions recommencent en 257 sous l’impulsion de Valérien. Ce sénateur romain, proche des élites hostiles au christianisme, emploie une nouvelle tactique pour affaiblir les chrétiens. Il décide de couper l’élite chrétienne de sa base. Les gouverneurs de province ont pour ordre d’exiler tout évêque ou clerc qui refuserait de s’adonner aux rites sacrificatoires. Ainsi Cyprien de Carthage, grande figure du christianisme africain est mis en exil ; d’autres sont condamnés aux mines. La persécution devient sanglante un an plus tard quand Cyprien et d’autres clercs, victimes des nouvelles mesures romaines, sont condamnés à mort et décapités. Il faut attendre la mort de Valérien en 260 pour que le calme règne à nouveau en Afrique. Son fils Gallien se montre beaucoup plus conciliant : il arrête les poursuites contre les Chrétiens et promulgue un édit de tolérance : La petite paix de l’Église. Cette cohabitation pacifique permet à l’Église africaine de se développer dans les provinces et d’augmenter le nombre de ses fidèles. Dioclétien, en 284 au début de la Tétrarchie, devait provoquer le retour des persécutions.

De l’Afrique romaine au Maghreb arabe

Notes

Voir aussi

Bibliographie

- Yann Le Bohec, L’Afrique romaine (146 avant J.-C. - 439 après J.-C.), éd. Picard, 2005 (Paris), 600 p. ISBN 2-7084-0751-1
-François Décret et Mhamed Fantar, L’Afrique du Nord dans l’Antiquité. Histoire et civilisation - des Origines au Ve siècle, Paris, 1981.
- Noëlle Géroudet, , L’Afrique romaine. De l’Atlantique à la Tripolitaine (69-439). Paris, Belin, 2005, 231 p.
- Hélène Guiraud, Jean-Luc Lamboley, André Laronde, Monique Dondin-Payre, (collectif), Pallas, n° 68, L'Afrique romaine : Ier siècle avant J.-C, début Ve siècle après J.-C, Colloque de la Sophau, 2005, Toulouse PU Mirail.
-Christophe Hugoniot, Rome en Afrique. De la chute de Carthage aux débuts de la conquête arabe, Coll. Champs Université, Paris, Flammarion, 2000.
-Hélène Ménard, Noëlle Géroudet, L'Afrique romaine : de l'Atlantique à la Tripolitaine (69-439), Belin sup histoire , 2005.
-Nacéra Benseddik, "Saturne et ses fidèles : à propos de stèles de Cuicul, Mopth et Sitifis", Colloque international sur L’Algérie antique: permanences, relations, représentations, Identités et culture dans l'Algérie antique, Rouen, avril 2003 , p. 261-292 (en coll. avec C. Lochin)
-Marcel Leglay, Saturne africain. Histoire, éditions de Boccard, 1966.
-Elisabeth Smadja, « L'empereur et les dieux en Afrique romaine », Dialogues d'histoire ancienne, 1985, 11, pp. 540-555. ===
Sujets connexes
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