Allemand

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300px Connaissance de l'allemand dans l'Union Européenne et les pays candidats. L'allemand (Deutsch en allemand), est une langue appartenant au groupe des langues germaniques occidentales de la famille indo-européenne. C'est la langue la plus parlée au sein de l'Union européenne.
Allemand

300px Connaissance de l'allemand dans l'Union Européenne et les pays candidats. L'allemand (Deutsch en allemand), est une langue appartenant au groupe des langues germaniques occidentales de la famille indo-européenne. C'est la langue la plus parlée au sein de l'Union européenne.

Répartition géographique

- en Europe :
- L'allemand est langue officielle en Allemagne, en Autriche, au Liechtenstein, en Suisse, au Luxembourg, en Belgique et dans la région italienne du Tyrol du Sud;
- Il est également parlé, sans toutefois avoir le statut de langue officielle, en France (Alsace, Moselle), Danemark, République tchèque, Slovaquie, Hongrie, Pologne, Russie (Allemands de la Volga), Roumanie (Transylvanie/Banat) ;
- en Afrique : Namibie, Togo, Afrique du Sud, Tanzanie ;
- en Amérique : Amérique du Nord (souvent dans des variantes dialectales ou archaïques, en particulier en Pennsylvanie aux États-Unis où vit une communauté amish importante), Amérique du Sud (Paraguay, Chili, Argentine, Brésil). Note : que l'allemand soit devenu langue officielle dans certains États des États-Unis d'Amérique est une rumeur infondée. Haïti 500 - tous des intellectuels et mordus de la Langue Source : wikipédias allemand et espagnol (en désaccord entre eux). À vérifier depuis une source plus sûre.

Langues dérivées

- Le yiddish est une langue dérivée du moyen-haut-allemand médiéval, dans lequel ont été introduits des mots d'origine slave ou hébraïque.
- L'unserdeutsch est un créole formé à partir d'un lexique allemand.

Histoire

Première mutation consonantique

Avec la première mutation consonantique (erste germanische Lautverschiebung) aux environs du , naissait le germanique commun à partir d'un dialecte indo-européen. Cette transformation explique des différences entre les langues germaniques (plus l'arménien) et les autres langues indo-européennes. On peut, pour simplifier, présenter les faits ainsi :
- k → h : cord en latin — Herz en allemand, heart en anglais
- p → f : pater en latin — father en anglais, Vater en allemand
- t → th : tres en latin — three en anglais, drie en néerlandais, drei en allemand
- d → t : decem en latin — ten en anglais, tien en néerlandais, zehn en allemand
- g → k : gula en latin — Kehle en allemand, keel en néerlandais
- bh → b : bhrātā en sanskrit (frater en latin) — Bruder en allemand, brother en anglais
- dh → d : adham en sanskrit — deed en anglais, daad en néerlandais, Tat en allemand
- gh → g :
-ghostis en indo-européen (hostis en latin) — Gast en allemand, guest en anglais Pour résumer, on a :
-gh / g / k -> g / k / h (ou x)
-bh / b / p -> b / p / f
-dh / d / t -> d / t / th

Seconde mutation consonantique

On commence à parler de langue allemande lorsque les dialectes parlés dans le Sud-Ouest de l'Allemagne subirent la seconde mutation consonantique (zweite germanische Lautverschiebung ou hochdeutsche Lautverschiebung, que l'on situe grosso modo vers le ), au cours de laquelle la langue commença à se différencier des dialectes du nord (Niederdeutsch, bas-allemand). Cette modification phonétique explique un certain nombre de différences entre l'allemand actuel et, par exemple, le néerlandais ou l'anglais :
- k → ch : ikich (je) ; ookauch (aussi) ; make/makenmachen (faire)
- d → t : dag/dayTag (jour) ; bedBett (lit); do/doentun (faire)
- t → s : wat/whatwas (quoi) ; street/straatStraße (rue) ; eat/eetessen (manger)
- t → (t)z : sitten/sitsitzen (être assis) ; two/tweezwei
- p → f : slapen/sleepschlafen (dormir) ; schip/shipSchiff (bateau) ; help/helpenhelfen (aider)
- p → pf en début de mot : peper/pepperPfeffer (poivre) ; paardPferd (cheval)
- v, w, f → b : geloof/believeGlaube (croyance) ; avond/eveningAbend (soir) pour résumer,
-k /
-p /
-t -> ch / pf (ou f) / ts (ou s) Le nom d'allemand est également donné aux dialectes du nord qui n'ont pas ou peu subi cette transformation phonétique, même si l'appellation est considérée par les linguistes comme abusive.

Moyen Âge

Entre le et le eut lieu une diphtongaison dans les parlers du Sud-Ouest concernant l'articulation en deux phonèmes de ei, eu et au. Cela explique à nouveau certaines différences entre l'allemand standard et, par exemple, le néerlandais (les lettres dans les parenthèses expliquent la prononciation en utilisant la langue française):
- û (ou), → au (aou): hūsHaus (maison) ; mūsMaus (souris)
- î, (î) → ei (aille) : wīseWeise (manière) ; zītZeit (temps)
- iu (û) → eu (≈oï): liuteLeute (des gens) ; hiuteheute (aujourd'hui) Contrairement aux États voisins, les contrées germaniques sont restées morcelées (Kleinstaaterei) au cours de l'ensemble du Moyen Âge contribuant au développement de dialectes très différents et, parfois, mutuellement inintelligibles. Un premier pas vers une langue interrégionale correspond au Mittelhochdeutsch poétique des poètes de cour vers le , bien que l'influence sur la langue vulgaire fût quasiment nulle, en raison de la faible alphabétisation. Aussi les régions germaniques restèrent-elles longtemps coupées en deux régions linguistiques :
- Au Nord, et en particulier du temps de la Hanse, le bas-allemand servait de langue véhiculaire de la mer du Nord à la mer Baltique.
- Au Sud se développait petit-à-petit, essentiellement à l'écrit, depuis le une « langue compromis » entre les différents dialectes du haut-allemand qui devint l'allemand standard (Standarddeutsch). Il est à noter que ce processus est assez différent de celui des États voisins qui adoptèrent la langue de leur capitale.

Influence de la Réforme

En 1521, Martin Luther traduisit le Nouveau Testament dans cet allemand standard en développement et en 1534, l'Ancien Testament. Bien que Luther ne fut pas, comme il fut considéré autrefois, le pionnier dans l'établissement d'une langue interrégionale — en élaboration depuis le — il n'en reste pas moins que la Réforme contribua à implanter l'allemand standard dans les administrations et les écoles, y compris dans le Nord de l'Allemagne qui finit par l'adopter. Mais, jusqu'au début , le Hochdeutsch resta une langue souvent écrite, que beaucoup d'Allemands, en particulier dans le Sud, apprenaient comme une langue étrangère.

L'allemand en Europe centrale

Avec la domination de l'Empire austro-hongrois en Europe centrale, l'allemand y devint la langue véhiculaire. En particulier, jusqu'au milieu du , les marchands et, plus généralement, les citadins y parlaient l'allemand, indépendamment de leur nationalité : Prague, Budapest, Bratislava, Zagreb et Ljubljana constituaient des îlots germanophones au milieu des campagnes qui avaient conservé leur langue vernaculaire.

Normalisation de l'orthographe et de la grammaire

Johann Christoph Adelung publia en 1781 le premier dictionnaire allemand exhaustif, initiative suivie par Jacob et Wilhelm Grimm en 1852. Le dictionnaire des frères Grimm, publié en seize tomes entre 1852 et 1960, reste le guide le plus complet du vocabulaire allemand. Cette normalisation progressive de l'orthographe fut achevée grâce au Dictionnaire orthographique de la langue allemande de Konrad Duden en 1880, qui fut, à des modifications mineures près, déclaré comme référence officielle dans la réforme de l'orthographe de 1901.

Classification

C'est une langue germanique de la branche ouest, proche, notamment, du néerlandais.

Langues régionales

bas-allemand

- néerlandais
- afrikaans
- allemand du Nord
- bas-saxon

haut-allemand

- moyen-allemand
- moyen allemand occidental
-
- moyen-francique
-
- francique mosellan
-
- luxembourgeois
-
- francique ripuaire
-
- francique rhénan
-
- palatin
-
- hessois
- moyen allemand oriental
-
- thuringeois (haut-saxon)
-
- berlinois (brandebourgeois)
-
- dialectes de Lausitz
-
- yiddisch
- allemand supérieur
- francique
-
- francique oriental
-
- francique méridional
-
- francique du Main
- allemand pennsylvanien
- bavarois
-
- autrichien
-
- dialectes de Bavière
- alémanique
-
- alsacien
-
- souabe
-
- suisse alémanique
-
- bas alémanique
-
- haut alémanique

Écriture

L'allemand s'écrit avec les 26 lettres de l'alphabet latin, trois voyelles surmontées d'un Umlaut (sorte de tréma) ä, ö et ü, et un symbole graphique spécial ß, eszett (fusion de « s » et de « z », ou de deux « s ») ou scharfes S, utilisé en lieu et place de ss dans certains cas (principalement après une voyelle longue ou une diphtongue). La Suisse n'utilise plus le ß depuis les années 1930. Jusque dans les années 1940, l'allemand était imprimé en écriture gothique (Fraktur) et écrit en sütterlin, qui sont différentes versions de l'alphabet latin.

Orthographe

L'orthographe allemande se déduit en général de la prononciation et d'un minimum de connaissances. Il est toutefois à noter que les fortes disparités régionales au niveau de la prononciation peuvent rendre la tâche ardue. Les principales difficultés orthographiques de l'allemand résident dans :
-les Fremdwörter (mots d'origine étrangère) : ils sont souvent écrits conformément au mot d'origine (par ex. Milieu, Mayonnaise) mais la récente réforme de l'orthographe (voir plus loin) autorise la germanification des termes importés comme par exemple l'écriture de Jointventure en un mot !) ;
-les lettres ä et e (e ouvert ou fermé), dans certains cas homophones et dans d'autres de prononciations voisines (par ex aufwendig dérivé de Aufwand, où l'orthographe réformée permet d'aussi écrire aufwändig) ;
-la distinction entre consonne simple et consonne double qui, dans un nombre limité de mots et contrairement à la règle habituelle, n'a pas d'influence sur la longueur de la voyelle (par ex. Tip mais tippen, Platz mais plazieren) (voir plus loin : Prononciation) ;
-la séparation entre les mots (par ex. radfahren « aller à vélo » à côté de Auto fahren « aller en voiture ») et la (non-)capitalisation de certaines expressions (par ex. im dunkeln lassen « laisser incertain » à côté de (jemanden) im Dunkeln lassen « laisser (quelqu'un) dans un endroit obscur »). Afin de supprimer une partie des difficultés décrites ci-dessus, les représentants allemands, suisses et autrichiens convinrent d'une réforme de l'orthographe. Elle est entrée en vigueur en 1998 en Allemagne et est devenue obligatoire à partir de la mi-2005. La dernière réforme datait de 1901 et portait entre autres sur la suppression du h dans Thor et sur l'ajout du e pour les voyelles longues et accentuées dans la conjugaison des verbes, par exemple kritisirt -> kritisiert). Les principaux changements concernent :
-l'homogénéisation de la graphie des mots de même famille (
aufwändig de Aufwand, mais toujours aufwenden) ;
-l'utilisation du ß uniquement après les voyelles longues et les diphtongues (on aura alors toujours der Fuß, die Geiß, mais der Fluss, ce qui est analogue aux règles pour les autres consonnes) ;
- dans les mots composés (voir agglutination/Linguistique), aucune lettre ne sera plus supprimée (
Geschirr + Rückgabe > Geschirrrückgabe ou, alternativement, Geschirr-Rückgabe) ;
-la généralisation plus exhaustive de l'écriture en plusieurs mots des expressions figées (
auseinander reißen), ce qui est la chose la plus critiquée et qui a aussi créé des nouveaux problèmes : "Furcht erregend" (intimidant, traditionnellement "furchterregend") mais toujours "noch furchterregender" (encore plus intimidant)
-la systématisation de la capitalisation des substantifs (
der Dritte) ;
-la simplification de la césure et de l'emploi de la virgule ;
-la simplification (phonétisation) de termes issus du grec et l'abandon du ph (Fotografie) Cette réforme rencontre une forte critique en Allemagne. Le Land de Schleswig-Holstein a voté le retour à l'orthographe traditionnelle en 1998 (décision annulée pourtant par le parlement régional) et certains journaux et éditeurs ont depuis décidé de revenir à la graphie conventionnelle.

Prononciation

Contrairement a des langues telles que l'anglais, l'allemand classique (
Hochdeutsch) se prononce de manière assez conforme au texte écrit, hormis pour les mots d'emprunt. Presque toutes les lettres se prononcent clairement, voire longuement. Toutefois, les francophones qui apprennent l'allemand rencontrent généralement quelques difficultés, listées ci-dessous. Toutes les lettres qui ne figurent pas ici se prononcent toujours de la même manière qu'en langue française (a, i, o, f, k, r, x…). Dans tous les cas…
-ä correspond au è français : Ärzte (médecins), März (mars - le mois)
-ö correspond au e français : öffnen (ouvrir), Österreich (Autriche), Höhle (grotte)
-ü correspond au u français : über (au-dessus), für (pour) (les trémas indiquent également la prolongation des sons)
-u correspond au ou français : ufer (rivage), Blume (fleur)
-j correspond au i français : ja (oui), Jagd (chasse), jemand (quelqu'un), Jahr (année), Maja (l'abeille et l'Indien), Jesus (Jésus), jammern (gémir, pleurnicher), Maracuja (fruit de la passion)
-e correspond au é ou au è français (voir plus bas)
-y correspond au u français : Gymnasium (équivalent du lycée)
-z correspond aux ts, tz, ds, dz français : Zeit (temps), Zeitung (journal), Zirkus (cirque), Satz (phrase), Salz (sel), März (mars - le mois), Marzipan (massepain -pâte d'amande-), Zimmer (chambre)
- avant c, f, m, n, r et ss (ß), e correspond au son : E
cke (coin), Effekt (effet), empfehlen (recommander), Ente (canard), er (il), ersten (premier), Erwachsene (adulte), es (il impersonnifié dans Il était une fois ou Il fait beau, pronom neutre, ou le de Je le lui ai donné), essen (manger)…
- avant b, d, g, h, k, l, p, s, t, w et x, e correspond au son : e
ben (justement, quand même), Edel (noble, précieux), Egal (égal, peu importe), ehe ("avant" ou "par mariage"), ekel (dégoût), Elefant (éléphant), Epidemie (épidémie), Esel (âne), Etikett (étiquette), ewig (éternellement), express (exprès)… Quand il n'y a qu'une consonne pour lettre après le e, le son est .
- lorsque le e apparaît en première voyelle après une ou plusieurs consonnes, il se prononce è : Stern (étoile), rennen (courir), Brennen (brûler), Pfeffer (poivre)
-le e en fin de mot (Woche -semaine-, Nase -nez-) ou de en - notamment des verbes (Eisen -fer-, machen -faire-), -
el (Edel -précieux-), -er (Pfeffer -poivre-) est avalé - très léger, mais il n'est pas à omettre. Règle également valable pour le ver qui composant un nom : vergessen (oublier), Verlag (éditeur, édition), verlassen (abandonner), vergleichen (comparer), verwechseln (confondre), vertrauen (faire confiance)…
- le h suivant immédiatement le e le change en é, malgré la reglè ci-dessus, mais ne se prononce pas : Le
hrer (enseignant), Lehren (enseigner, à ne pas confondre avec Lernen, qui signifie apprendre)…
- les lettres se suivant l'une derrière l'autre (a et e uniquement) marquent l'allongement du son, comme le h suivant une voyelle : P'aar
(couple), L'eer (vide)
- généralement, w correspond au son v français (Wetter, temps au sens météo) et le v correspond au son f français (Vogel, oiseau). Exemples d'exeptions - mots d'emprunt : Far-west (
w à l'anglaise), Revolution (v à la française).
- eu correspond à un son entre et : eu' (nouveau), Heu (foin), Feuer (feu), Europa (Europe), eu'n (neuf - le chiffre)
- ei correspond au son : Ei (œuf), ein (un), eins (un - le chiffre), einmal (une fois)
-äu correspond au son eu allemand : Mäuse (souris - au pluriel)
-ng correspond au son ng anglais : Englisch, E
nglish
- Deux des trois prononciations du ch n'existent pas en français :
- après a, o et u, il se prononce /χ/, comme en espagnol dans
Juan (Jean) ; cependant, il est aujourd'hui atténué et plutôt prononcé comme le r français en début de mot (renard, route), ou alo'rs : Bach (rivière), machen (faire), Nacht (nuit), Loch (trou), doch (si - en réponse à "non"), Woche (semaine), Wachen (gardes), Tochter (fille - lien avec les parents), Buch (livre), brauchen (avoir besoin, devoir)… Le nom Ba'ch (le compositeur allemand de musique baroque par exemple) se prononce également de cette façon en allemand.
- après i, e, ä, ö, ü et une consonne, il se prononce /ç/, comme en grec moderne dans Όι
, "non" : ich (je et moi), echt (vrai), Bücher (livres), Küche (cuisine), Licht (lumière), Wächter (garde), Löcher (trous), Märchen (conte), Mädchen (fillette), München (Munich, la ville de), Mönch (moine), Suchen (chercher, sans savoir où est ce que l'on cherche)… Exeption : E'cho (écho), le ch se prononçant comme ici celui du mot français.
-avant s, il se prononce k, ce qui donne le son ks (x), comme dans Fuch
s (renard - fox en anglais), mais aussi Wachs (cire), wachsen (grandir), Erwachsene (adulte), Dachs (blaireau), sechs (six), Ochse (bœuf), wechseln (changer), verwechseln (confondre), nächste (suivant)…
-sch se prononce comme le ch français : die Schuhe (les chaussures), die Schule (l'école), der Schlüssel (la clé), das Schwert (l'épée), schreiben (écrire)
-le s en début de mot, s’il est suivi d’une consonne, se prononce comme le ch français : Sport (sport), Stern (étoile), Stuhl (chaise), still (silencieux), Spiel (jeu), Stein (pierre), Stunde (heure), Stabe (bâton), Stadt (ville), Stoßen (cogner), Stube (pièce - au sens salle, chambre), Stufe (marche -escalier-, étape, niveau). Attention aux mots composés.
-le s en début de mot, s’il est suivi d’une voyelle, a un son se situant entre le z et le s (de sec) français : die Sonne (le soleil)
-s en milieu de phrase se prononce comme le z français : Ei
sen (fer). ss se prononce identiquement au français : wissen (savoir). Même prononciation pour ß (ss).
- le e après i et le h après a, ä, e, o, ö, u et ü servent à prolonger la voyelle précédente, si elles-mêmes ne sont pas suivies d'une voyelles : Krieg (guerre), kriegen (recevoir -familier-), Biene (abeille), Fliege (mouche), fliegen (voler - dans les airs), fahren (rouler), Fahrer (conducteur), mahlen (moudre), Zahn (dent), Fährer (conducteurs), Zählen (compter), Zähne (dents), ähnlich (semblable), Mehl (farine), mehr (plus +), Fehler (faute, erreur) wohnen (habiter), wohnung (appartement), ohne (sans), Ohr (oreille), Sohn (fils), wohl (bien, agréable), Möhren (carottes), kühl (frais), Mühle (moulin)
-g correspond au g français (gâteau, guitare) uniquement : le son français n'existe pas en allemand.
-g derrière i en fin de mot, se prononce de préférence (en haut allemand, mais variable selon les Länder) comme le ch de la deuxième manière expliquée ci-dessus : zwanzig (vingt), lustig (drôle), wahnsinnig (incroyable)…
- Le coup de glotte au début des mots (et de certaines syllabes) commençant par une voyelle marque une séparation nette entre les mots. Le français, en revanche, a tendance à lier les mots entre eux.
- Le h est aspiré (ou soufflé) comme en anglais.
- L'accent tonique est assez souvent placé sur la première syllabe, contrairement à la prononciation française standard qui accentue la dernière syllabe. Il revêt une importance capitale. Deux mots apparemment identiques (comme par exemple übersetzen) auront des significations entièrement différentes selon que la préposition (
über) ou le verbe (setzen) sera accentué. :- übersetzen = traduire (passé composé : übersetzt) :- übersetzen = traverser un fleuve, aller sur l'autre rive (p.c. : übergesetzt).
- La longueur des voyelles doit être scrupuleusement respectée. Alors qu'en français, beaucoup ne font pratiquement pas la différence entre les voyelles longues et les voyelles courtes (
pâtes et p'attes, âne et Anne), l'allemand exige de distinguer les deux - au risque de malentendus funestes -. :- Du bist ein Ass = Tu es un as ! :- Du bist ein Aas = Tu es un salaud ! (littéralement : une charogne) ---- | class="wikitable" |+ Les consonnes |- ! b !! c !! ch !! ck !! d !! dt !! dsch !! f !! g !! h !! j |- |, |, |, , | |, | | | |, , |, |
- est parfois retranscrit en .
Note : b = à la fin d'une syllabe ou avant s ou t, devant une voyelle. ch = après a, o ou u, ailleurs, parfois au début d'un mot. d = à la fin d'une syllabe ou avant s ou t, ailleurs. e = dans les syllabes inaccentuées. g = à la fin d'une syllabe ou avant s ou t, avant une voyelle, dans les mots étrangers. ig = . h = allonge la voyelle lorsqu'il la suit, ailleurs. j = dans les mots étrangers, ailleurs. r = entre une voyelle et une consonne : ou il ne se prononce pas, ou ailleurs. s = au début d'un mot et entre deux voyelles, devant t ou p, ailleurs. v = dans les mots étrangers, ailleurs. y = dans les mots provenant du grec, ou ailleurs. dsch, ph, qu et y se trouvent majoritairement dans les mots étrangers.

Grammaire

L'allemand est une langue flexionnelle comportant des conjugaisons et des déclinaisons.

Conjugaison

Le principe de la conjugaison allemande est assez proche du principe de la conjugaison française. Les différences notables sont :
-L'existence du subjonctif, essentiellement destiné à relater les propos d'autrui.
-La différence entre passif-action (Das Haus wird gebaut, la maison est construite) et passif-état (Das Haus ist gebaut, la maison est construite ). En ce qui concerne la morphologie, les deux principaux types de verbes sont
-Les verbes faibles, qui conservent leur radical et ont un participe passé en -(e)t. Ces verbes sont le plus souvent réguliers.
-Les verbes forts, qui modifient leur radical au prétérit, au participe passé et parfois au présent. Ils ont un participe passé en -en. Ils sont dits irréguliers, le changement de radical n'étant pas prévisible. Parmi les verbes irréguliers se rangent également les auxiliaires de mode (können, pouvoir ; dürfen, avoir le droit; etc.), qui sont employés dans un nombre important de contextes différents.

Déclinaison

La déclinaison allemande comporte quatre cas, le nominatif, l'accusatif, le datif et le génitif, auxquels s'ajoutent trois genres, le masculin, le féminin et le neutre ainsi que deux nombres, le singulier et le pluriel. Le porteur essentiel de la marque de déclinaison est le déterminant, secondé par l'adjectif épithète. Les déclinaisons sont employées :
- Pour indiquer la fonction d'un groupe nominal : sujet, objet, complément d'attribution, ou complément du nom.
- Après certaines prépositions (Wechselpräpositionen) pour indiquer s'il y a changement de lieu ou non
- En fonction du cas exigé par les prépositions ainsi que par les verbes, les adjectifs ou les noms suivis d'un complément.

Syntaxe

Voir aussi grammaire allemande L'allemand a pour particularité syntaxique principale de placer des éléments importants, soit en première position dans la phrase, soit en dernière position. L'inversion du verbe et du sujet a lieu quand un complément vient en tête de phrase ; "heute geht es ihm gut

aujourd'hui il va bien" ; le rejet est le renvoi du verbe en fin de phrase dans les subordonnées "..., wenn er Wein trinkt = lorsqu'il boit du vin" Autre exemple : Er nahm gestern trotz aller Schwierigkeiten diese Maschine in Betrieb. Il a mis cette machine en service hier malgré toutes les difficultés. Sont mis en valeur
- Le sujet er (il)
- L'action in Betrieb ( en service) placée en fin de phrase
- L'objet diese Maschine (cette machine) Avant l'action et l'objet sont énumérées les circonstances. L'ordre de la phrase peut être modifié pour insister sur un des éléments, que l'on place alors en tête de phrase : Gestern nahm er trotz aller Schwierigkeiten diese Maschine in Betrieb. C'est hier qu'il a mis cette machine en service malgré toutes les difficultés. Trotz aller Schwierigkeiten nahm er gestern diese Maschine in Betrieb. Malgré toutes les difficultés, il a mis cette machine en service hier. Diese Maschine nahm er gestern trotz aller Schwierigkeiten in Betrieb. C'est cette machine qu'il a mis en service hier malgré toutes les difficultés.

Agglutination

La langue allemande peut se passer d'article au génitif en plaçant côte à côte deux mots (déterminants + déterminé) - ou même beaucoup plus. L'allemand est même connu pour sa capacité à former des composés de grande longueur que les Allemands eux-mêmes appellent par dérision ' (vers solitaires)... Exemples :
- : loi sur le transfert des responsabilités de la surveillance de l'étiquetage de la viande bovine.
- : adjutant d'un capitaine de la Société de navigation à vapeur du Danube
- = veuve de conducteur de locomotive (vu sur une tombe en Autriche)
- = la région de moyenne montagne allemande, avec une monstrueuse succession de 7 consonnes au milieu! Cette « agglutination », qui se distingue de celles des langues agglutinantes, ne se limite pas au couple objet possédé-possesseur (du type Kapitänsmütze = casquette de capitaine) mais aussi à toutes sortes de relations :
- partie du tout : , escalope de veau ;
- but : , escalope pour enfant (petite portion) ;
- temps : , vacances d'été. En français, la possession marquée par « de » a plusieurs sens qui se rendent en allemand de trois manières distinctes :
- formule possessive 1 (génitif) : das Kind der Wölfe (l'enfant des loups : ici, l'enfant appartient aux loups ou vient des loups ; l'enfant est souvent humain ici ; dans ce cas, c'est le mot Wolf qui est l'élément important) ; au singulier, la formule devient das Kind des Wolfes. En anglais, cette formule est of the, c'est-à-dire de la (du) et de les (des).
- formule possessive 2 : MutterS Kind (l'enfant de mère). En anglais, cette formule est Mother'S child. Généralement, si l'on veut mettre le prénom dans l'expression, on utilise cette formulation ; cependant, il y existe des cas comme Die fabelhafte Welt
der Amélie
, Le fabuleux monde d'Amélie (formulation probablement utilisée afin de garder l'ordre du titre original français, le nom étant à la fin).
- mot composé : das Wolfkind (lenfant des loups : l'enfant-loup ou le louveteau ; dans ce cas, le mot important de l'expression composée est Kind - notez qu'il s'agit du dernier mot) ; Prenons le titre du 3 tome de la bande dessinée Broussaille, La nuit du chat. Dans le titre (et dans l'histoire), l'élément (et le sujet) important est le chat, connu et recherché. On va donc préférer Die Nacht der Katze à Die Katze'nacht. Dans cette dernière expression, c'est l'élément nuit qui est visé. Or, généralement, dans l'expression "La nuit des chats", les chats ne sont pas tous connus et ne sont pas comptés, on n'insiste donc pas dessus (sinon, il y aurait peut-être un nombre), et le sujet visé devient ainsi plutôt la nuit. C'est dans ce cas qu'il est préférable de traduire La nuit des chats par Die Katze'nacht (l'élément important se situant derrière le mot composé - le n de Katzen en avalé par le n de Nacht). Cependant, il est toujours possible d'écrire Die Nacht der Katzen, s'il s'agit de la nuit appartenant aux chats.
- provenance : das Kind vom (von dem) Wald (l'enfant de la forêt)
- l'enfant de Paris : das Kind von/aus Paris (notez que l'on ne dit pas d'u
Paris, contrairement à de la forêt). Comme en français, il existe le de des noms, comme Jean DE la Fontaine : Konrad von Habsburg
- Sauvé DES loups : Von den Wölfen gerettet (ge marque généralement le passé) - Attention : ici, l'expression allemande est valable pour Sauvé DES loups (par un chasseur par exemple) comme pour Sauvé PAR les loups ! Lexique

Noms de la langue allemande

La langue allemande (ainsi que le peuple) a la particularité d'avoir des appellations très différentes d'une langue à l'autre (par exemple German, Deutsch, alemán, német, etc.). En effet, six racines différentes entrent en jeu :
- le proto-germanique
-teutā-
pour « peuple » (parfois suffixé) :
- danois tysk ;
- suédois tyska ;
- néerlandais Duits ;
- yiddish daytsh (דייטש) ;
- bas latin thiosticus (cf. Concile de Tours) ;
- latin (lingua) Theodisca ;
- français tudesque (terme vieilli) ;
- italien tedesco ;
- japonais ドイツ (doitsu); :Note : c'est le même radical qui donne Dutch en anglais (pour néerlandais), teuton en français. Le bas latin thiosticus vient du vieux haut allemand diutisc ;
- le nom du peuple germanique en latin, Germānus, (german -> ger = le javelon, man = l'homme):
- albanais Gjermanishte ;
- anglais German ;
- grec moderne Γερμανικά ;
- roumain germană;
- hébreu moderne germanit (גרמנית);
- le nom de la tribu saxonne, du latin Saxō, Saxones (étymologie peu claire) :
- estonien saksa ;
- finnois saksa ;
- le vieux slave pour « muet », à comprendre au sens de « qui ne parle pas notre langue ».
- tchèque němčina ;
- slovène nemščina ;
- croate njemački ;
- hongrois német ;
- russe немецкий ;
- ukrainien німецький ;
- roumain (variante) nemţeşte ;
-serbe nemačka ; :Note : une autre étymologie rapproche cette racine du nom du fleuve Niémen, au-delà duquel vivaient les tribus germaniques avant l'Ostsiedlung.
- le nom de la tribu allemande, vraisemblablement du vieux haut allemand ala manni, « tous les hommes » (cf. alle et Mann en allemand), via le bas latin Alamanus ou Alemanus pour les langues romanes :
- catalan alemany ;
- islandais almennr ;
- français allemand ;
- portugais alemão ;
- espagnol alemán ;
- turc Alman ;
- peut-être un mot pour « ouest » dans les langues baltes :
- letton vācu ;
- lituanien vokiečių.
- en hébreu classique, les pays allemands sont connus sous l'appellation de "ashkenaz" (אשכנז), par généalogie populaire d'après Gen. 10:3. Pour l'hébreu moderne, voyez plus haut.

Emprunts

Un nombre important de mots furent empruntés aux dialectes germaniques par le roman et l'ancien français (par ex. heaume, éperon, cible, fauteuil) ; seuls les mots d'origine plus récente sont encore discernables en tant qu'emprunts lexicaux (frichti, ersatz). À titre d'exemple, voici une liste non exhaustive de mots français provenant de l'allemand ou de l'un des divers dialectes allemands :
- accordéon < Akkordeon
- alpenstock
- arquebuse < hâkenbühse (moyen haut-allemand)
- asticoter < daß dich Gott... « que Dieu te...»
- aurochs < Urochse (taureau primaire)
- beffroi < běrgfrîd (moyen haut-allemand)
- bivouac < Bîwacht (allemand de Suisse)
- blafard < bleichvar (moyen haut-allemand)
- blende
- blinde < blenden « aveugler »
- blockhaus
- bocard < Pochhammer
- bock
- boulevard < Bolwërc « ouvrage de madrier, rampart » (moyen haut-allemand)
- bouquetin < Steinbock « bouc de rocher »
- bourgmestre < Bürgermeister « maire »
- bunker
- choucroute < Sauerkraut
- chic < Schick ,
- cible < schîbe (alémanique, cf. l'allemand Scheibe « disque »)
- ersatz
- hase < femelle du lièvre
- hère < Herr (« Seigneur, Monsieur »), mais cette origine est discutée
- frichti < Frühstück (« petit déjeuner »)
- képi < Kappe
- kirsch < Kirschwasser
- kaputt < kaputt
- leitmotiv
- loustic < lustig « drôle, gai »
- mouise < mues « bouillie » (allemand dialectal du sud)
- putsch
- reître < Reiter « cavalier »
- schlague < Schlag « coup »
- schlitte, schlitter < Schlitten « traîneau »
- schnaps < Schnaps
- schuss < Schussfahrt (composé de Schuss: « coup de feu » et Fahrt: « voyage, promenade »)
- trinquer < trinken « boire »
- valse, valser < Walzer, walzen
- vasistas < Was ist das ? « Qu'est-ce c'est ? » Exemples

Exemples de phrases : Das Wetter ist schön → Il fait beau Ich bin die Mutter → Je suis la mère

Vivacité de la langue

L'allemand crée quotidiennement de nouveaux termes en les agglutinant (voir plus haut). Ceci est une caractéristique intrinsèque de la langue et ne fait pas l'objet du présent article. Tout comme le français a fait un verbe porteur de nombreuses connotations (des pacsés/se pacser) à partir d'une abréviation administrative de l'état-civil (PACS), l'allemand peut adapter dans le langage courant des termes rébarbatifs et leur donner un goût savoureux. Exemple : Le mot apprenti s'était dit pendant des siècles Lehrling du verbe lehren (enseigner) signifiant donc celui à qui l'on enseigne quelque chose, suivi du diminutif ling. Son maître était le Meister. La réforme administrative au début des années 1970 a remplacé le terme Meister par deux termes précisant que l'un enseigne effectivement (der Ausbildende, gérondif de ausbilden, former) et l'autre a le droit et la responsabilité de la formation (der Ausbilder, le formateur). L'apprenti devint logiquement der Auszubildende (c'est-à-dire celui qui doit être formé), en abrégé AZUBI (prononcé ATSOUBI). Le génie de la langue ajouta pour la forme féminine la terminaison habituelle in et l'on prononça le tout ATSOUBINE. Or, le terme Biene (abeille) désigne aussi une jolie fille (peut-être parce qu'elles ont la taille fine, sont douces comme du miel mais peuvent aussi piquer douloureusement) ce qui transforma la sèche abréviation en un joli petit nom câlin ! Une autre version moins tendre rappelle que les apprentis devraient aussi aller chercher la bière pour leurs collègues plus âgés : "Arsch zum Bierholen" !

Spécificités de l'Autriche et de la Suisse alémanique

(à rédiger)

Spécificités de l'ancienne République démocratique allemande (RDA)

Les lecteurs germanisants se reporteront avec grand profit à l'article consacré à ce sujet dans Wikipedia en langue allemande. D'une manière générale, la langue s'était enrichie de termes officiels, spécifiques au régime politique tout comme sous le régime national-socialiste. Dans le langage courant, de nombreux termes tournaient ces derniers en dérision. Par exemple, l'abréviation VEB (pour Volkseigener Betrieb, usine propiété du peuple) devenait Vaters ehemaliger Betrieb (l'ancienne usine de Papa)... De très nombreuses abréviations tirées de l'idéologie communiste avaient cours, les étudiants devaient tous suivre des cours de ML (Marxisme-Léninisme),
-INDUSTRIE / TECHNIQUE Dans le language technique, la matière plastique (der Kunststoff ou das Plastik à l'ouest, die Plaste à l'Est) Grande influence du russe (Kombinat,
-GASTRONOMIE Des néologismes émaillaient le quotidien de créations "savoureuses" : Ex. : Un poulet rôti se disait Broiler (de l'anglais to broil, griller), un Broika était alors bien sûr un... lapin (Broi + Ka, de Kaninchen, lapin). Le plat appelé "Harengs à la Bismarck" fut rebaptisé Delihering (Deli, abr. de "délicatesse" et Hering, hareng) du fait du rôle contestable (aux yeux des dirigeants communistes) de l'ancien chancelier de l'Empereur Guillaume II. La soupe russe "Solianka" fait désormais partie du patrimoine gastronomique de l'Est qui découvrait avec 40 ans de décalage la cuisine méditerranéenne bien implantée à l'Ouest. Le vrai Coca-Cola (boisson de l'ennemi capitaliste) n'ayant pas droit de cité, un ersatz lui ressemblant vaguement fut créé, baptisé Club-Cola. Un "blue jean" (appelé eine Jeans à l'ouest) devint un "pantalon à rivets" (Nietenhose).
-ARMEE Dans les langages de spécialité, comme par exemple celui de l'aéronautique (qui en Allemagne de l'ouest est truffé de termes anglo-américains importés), les Allemands de l'est, placés sous la tutelle de Moscou, étaient au contraire influencés par le russe ou continuaient d'utiliser les termes techniques allemands ce qui provoqua quelques difficultés de compréhension lors de l'intégration dans la Luftwaffe des restes de l'armée de l'Air de la NVA. Notes et références

Voir aussi


- Allemande, danse ancienne

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