Panturquisme

Infos
langue turque a le statut officiel. Le panturquisme est une idéologie cherchant à réunir tous les peuples turcs dans un même État-nation, le « Touran ». Ce concept a été popularisé par les Jeunes-Turcs et en particulier par Enver Pacha. Il fut ensuite rejeté et combattu sous la Turquie kémaliste même si elle s'est beaucoup appuyé sur le nationalisme pour la formation du jeune État-nation turc - au nom du fameux principe kémaliste : "Paix dans le pays, paix dans l
Panturquisme

langue turque a le statut officiel. Le panturquisme est une idéologie cherchant à réunir tous les peuples turcs dans un même État-nation, le « Touran ». Ce concept a été popularisé par les Jeunes-Turcs et en particulier par Enver Pacha. Il fut ensuite rejeté et combattu sous la Turquie kémaliste même si elle s'est beaucoup appuyé sur le nationalisme pour la formation du jeune État-nation turc - au nom du fameux principe kémaliste : "Paix dans le pays, paix dans le monde".

Historique

Dès la dissolution de l'URSS, la Turquie a immédiatement reconnu l'indépendance des républiques turcophones. Elle a apporté son concours à l'insertion rapide de ces républiques aux organisations internationales et régionales. Elle a aussi apporté une aide multiforme non négligeable pour l'ouverture des représentations des républiques turcophones dans différents pays dans le monde. Le 24 janvier 1992, elle a instauré la TIKA (Agence Turque de Coopération Internationale) rattachée au Ministère des Affaires étrangères afin de réguler et de coordonner l'ensemble des actions politiques, économiques, culturels avec les républiques turcophones. La Turquie a signé avec celles-ci plusieurs centaines de protocoles et d'accords à la fois bilatéraux et multilatéraux dont les premiers étaient relatifs au domaine culturel afin de ménager la Russie inquiet du rapprochement des États turcophones. La Russie a d'ailleurs accueilli avec froideur la réunion historique des chefs d'État des pays turcophones d'Asie centrale (Azerbaïdjan, Turkménistan, Ouzbékistan, Kirghizstan et Kazakhstan), à Ankara, le 31 octobre 1992. Par la suite, ces accords, traités et protocoles ont été élargi progressivement aux autres domaines en particulier au domaine économique. L'unification et la latinisation des alphabets turcs ont été une des premières préoccupations des autorités turques dès le lendemains de la défédéralisation de l'URSS. Ce processus s'est accompagné également par la diffusion des émissions des chaînes turques via TURK-SAT sur un espace géographique allant de l'Europe occidentale jusqu'au Turkestan. Avec la création du TURKSOY (Administration Commune des Cultures et des Arts Turcs ou TURCITE) en juin 1993, l'objectif de la Turquie est de réaliser en priorité à moyen terme l'unification culturelle surtout linguistique par des coopération multiformes entre les républiques et les communautés turcophones de l'ex-URSS et la Turquie. L'institution du TÜRKSOY équivaut à celle du Haut Conseil de la Francophonie institué le 12 mars 1984 en France. Pour la réalisation de l'unification économique, Ankara a ouvert des lignes de crédits par le biais de l'Eximbank turc afin de favoriser les investissements et les échanges économiques. Des centaines de joints - ventures sont ainsi entrées en activité. L'ensemble des relations économiques, commerciales, techniques, éducatifs, scientifiques, sociales et culturelle entre la Turquie et les Républiques et les Communautés Turcophones (RCT) sont administrées et coordonnées par la TIKA. Ses activités visent le développement économico - politique des pays turcophones ainsi que les pays limitrophes. Le Turquie ambitionne d'exporter son modèle de développement économique et politique vers les républiques turcophones face à au modèle iranien rejeté par l'Occident globalement hostile à l'Islamisme depuis le retrait de l'idéologie communiste de la scène internationale. Elle forme les cadres dirigeants (entrepreneurs, diplomates, officiers, enseignants etc) des RCT. La question de l'acheminement des hydrocarbures des républiques turcophones vers la Turquie, la Méditerranée et l'Europe a été et demeure un enjeu géopolitique majeur entre les puissances régionales : Russie, la Turquie et l'Iran. Si sur le plan culturel et économique, les républiques turcophones sont d'accord pour envisager la construction "d'un marché commun turc" mutuellement profitable pour le partage des richesses, sur le plan politique, il n'est guère envisageable de réunir en l'état actuel des relations internationales les TCT en une seule entité politique. Tous les chefs d'État des républiques turcophones sont ouvertement contre toute unification politique basé sur le panturquisme considéré comme un rêve dépassé. Les républiques turcophones vivent actuellement ce qu'ont vécu les État-nations arabes après la dissolution de l'Empire ottoman. Elles sont à la recherche de leur identité nationale et les intérêts de chaque pays ne coïncide pas forcément avec ceux de la Turquie. En outre, il existe des divergences fondamentaux entre les républiques turcophones en raison d'un siècle de séparation. Ces républiques et communautés ont des relations économiques déterminantes avec la Russie qui demeure leur partenaire économique privilégié. La Russie est également le premier partenaire commercial de la Turquie dans la région.

Le Panturquisme dans la politique turque actuelle

En Turquie contemporaine, le panturquisme turc représenté par le Parti d'Action Nationaliste (MHP) dirigé depuis plusieurs décennies par Alpaslan Türkeş, un ancien colonel, s'oppose globalement sur le plan idéologique au panturquisme sultangaliévien : le MHP est considéré comme un parti ultra-nationaliste de droite qui a toujours eu sa place dans un système politique (République parlementaire) dans laquelle la formation du gouvernement passe par la formation de coalitions. En outre, il est fortement implanté dans l'Armée qui est et demeure le garant suprême de la république Une et Indivisible et qui a toujours eu son mot à dire sur la gestion du pays. Depuis l'effondrement de l'URSS, le MHP n'a pas obtenu le succès qu'il escomptait notamment lors des dernières élections législatives. Ceci est dû en partie à l'encouragement direct (par le régime) et indirect du défunt parti islamiste (disparition du communisme), le Parti de la Prospérité (Refah Partisi) dirigé par Necmettin Erbakan. Incapable d'endiguer la guérilla PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan) depuis 1984, le régime turc, en privilégiant un parti islamiste tente de lutter à la fois contre l'idéologie marxiste léniniste du PKK (scénario afghan) et tente de rassembler la population autour de la religion, un très fort vecteur de cohésion afin d'assurer l'unité et la stabilité interne du pays tout en isolant le PKK de la masse.

Voir aussi

- Touranisme
- Panslavisme
- Panarabisme
- Pangermanisme Catégorie:Politique de la Turquie catégorie:Nationalisme Catégorie:Génocide arménien de:Panturkismus en:Pan-Turkism fa:پان‌ترکیسم ja:汎テュルク主義 lt:Pantiurkizmas nl:Panturkisme ru:Пантюркизм sv:Panturkism tr:Turancılık tt:Turançılıq zh:泛突厥主义
Sujets connexes
Ankara   Asie centrale   Azerbaïdjan   Communisme   Empire ottoman   Europe   Europe de l'Ouest   France   Francophonie   Idéologie   Iran   Islamisme   Ismail Enver   Jeunes-Turcs   Kazakhstan   Kémalisme   Langues turques   Léninisme   Marxisme   Nationalisme   Necmettin Erbakan   Occident   Ouzbékistan   Panarabisme   Pangermanisme   Panslavisme   Parti des travailleurs du Kurdistan   Peuples turcs   Russie   TIKA   Touran   Touranisme   Turkestan   Turkménistan   Turquie   Union des républiques socialistes soviétiques  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^