Anno Domini

Infos
Dionysius Exiguus a inventé les années Anno Domini pour prévoir la date de Pâques. Anno Domini, ou plus exactement Anno Domini Nostri Jesu Christi, signifie littéralement An du Seigneur, An de notre Seigneur Jésus-Christ. Ce terme évoque l’année supposée de la naissance de Jésus-Christ telle qu'elle fut évaluée au . Décrétée an 1, cette année inaugure l’ère chrétienne, parfois appelée ère convent
Anno Domini

Dionysius Exiguus a inventé les années Anno Domini pour prévoir la date de Pâques. Anno Domini, ou plus exactement Anno Domini Nostri Jesu Christi, signifie littéralement An du Seigneur, An de notre Seigneur Jésus-Christ. Ce terme évoque l’année supposée de la naissance de Jésus-Christ telle qu'elle fut évaluée au . Décrétée an 1, cette année inaugure l’ère chrétienne, parfois appelée ère conventionnelle pour éviter la référence à la religion ; ce système de datation est compris — sinon approuvé — par toutes les organisations mondiales. Cette datation a été calculée en se basant sur le de Denys le Petit, publié vers 525 ; il avait été chargé par le chancelier papal Bonofacius de concevoir une méthode pour prévoir la date de Pâques selon la « Règle Alexandrine ». Jusque-là, la date de naissance de Jésus reposait sur l'indication de l'évangéliste Luc : Jésus avait 30 ans en l'an 15 de Tibère. Clément d'Alexandrie faisait coïncider cette datation avec la 28 année suivant la prise d'Alexandrie par Auguste, Hippolyte de Rome et l'historien Orose avec l'année 752 ab urbe condita, Eusèbe de Césarée avec la 42 année d'Auguste. Or Denys le Petit prit pour départ le 25 mars de l'année suivante, 753 ab urbe condita, parce qu'elle offrait une coïncidence avec la Nouvelle Lune de Printemps. En effet, cette année-là - qui correspondait à l’an 1 avant l'ère chrétienne, soit l'an 0 sur - la nouvelle lune de printemps se produisit le 24 mars à 11h28 TU. Les années proches n'offraient pas cette coïncidence. Depuis le l'Annonciation, fête de l'Incarnation, était commémorée le 25 mars. Aussi Denis le Petit n'hésita pas à sacrifier la rigueur des repères donnés par l'évangéliste Luc, à une coïncidence astrale. Son calendrier des dates de Pâques, approuvé par le pape Jean II en 533, servit à déterminer la nouvelle ère qui devait succéder à celle de Dioclétien. La naissance de Jésus s'en trouvant reportée au 25 décembre 753, l'an 1 de l'Anno Domini fut aligné sur l'année Julienne, 754 ab urbe condita. Anno Domini est abrégé en A.D. Ce terme est utilisé par les anglophones pour caractériser les années postérieures à cette naissance dans le calendrier julien puis le grégorien. En français on parle des années après Jésus-Christ (« ap. J.-C. » en abrégé). Dans les textes anciens, on retrouve la locution après Notre-Seigneur Jésus-Christ (ap. NSJC). En France, elle ne sera utilisée qu’à partir du . À peu près conjointement, Bède le Vénérable introduisit son usage dans le monde anglo-saxon. Elle sera cependant longtemps en concurrence avec d’autres points d'origine.Par exemple dans cette définition de l’édition de 1798 du dictionnaire de l'Académie française : :ère. s. f. Terme de Chronologie. Point fixe d’où l’on commence à compter les années. L’ère d’Espagne est plus ancienne que l’ère Chrétienne. L’ère de Nabonassar. L’ère des Séleucides. Fixer l’ère. La naissance de Jésus-Christ est l’ère des chrétiens ; et celle des mahométans ou l’Hégire est la fuite de Mahomet. Il se dit aussi de la suite des années que l’on compte depuis ce point fixe. L’ère des Espagnols commence environ 38 ans avant l’ère des chrétiens, et finit vers 2352. Inversement aux années « A.D. », les Anglo-Saxons parlent des années « B.C. » (before Christ) ou « B.C.E. » (before Christian Era ou before Common Era) pour les années qui précèdent l’Anno Domini. Les francophones parlent d’années avant Jésus-Christ (« av. J.-C. » en abrégé). Il y existe aussi la forme « av. NSJC » pour avant Notre-Seigneur Jésus-Christ. Le calendrier grégorien est employé par la majeure partie du monde, qui utilise de fait une datation faisant référence au christianisme.

Validité historique

L'ère chrétienne basée sur le calendrier de Denis le Petit offrait donc deux ans de retard sur les repères chronologiques de l'évangile de Luc et les correspondances proposées par les historiens de l'Antiquité. Il y avait plus de quatre ans de retard sur les repères de l'évangile de Matthieu, selon qui Jésus serait né au moins deux ans avant la mort Hérode le Grand en -4 , si on considère le récit du « massacre des Innocents ». Il convient de reconnaitre que les deux évangiles sont contradictoires. Les repères Lucaniens, parce qu'il s'y prêtent ont pu être étudiés en fonction des sources de l'Histoire romaine, notamment ces premiers versets du second chapitre :En ce temps-là parut un édit de César Auguste, ordonnant un recensement de "toute la terre" (tout l'empire romain). Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie. Tous allaient se faire inscrire, chacun dans sa ville. Joseph aussi monta de la Galilée, de la ville de Nazareth, pour se rendre en Judée, dans la ville de David, appelée Bethléhem parce qu’il était de la maison et de la famille de David, afin de se faire inscrire avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte. Une autre traduction, constatant l’absence d’article dans le texte grec, donne la version suivante : « Quand Quirinius devint gouverneur de Syrie, celui-ci devint le premier recensement », cf. article de Vinandi paru dans la Revue biblique en 1997. La lecture offerte par le Codex Bezae ne présente pas de difficulté grammaticale et correspond à une tournure du grec classique : «Cet enregistrement s’avéra être le premier, Quirinius étant gouverneur de Syrie». En écrivant ces lignes, Luc se rendait compte que le recensement en question n'était que le premier. Il eut lieu en l'an 2 avant l'ère chrétienne ou 752 ab urbe condita, et il est attesté par l'inscription d'Aemilius Secundus appelée Titulus Venetus. Il y eut ensuite un second recensement indiqué en Ac 5:37 et que Flavius Josèphe datait précisément de l'an 6; selon lui, Quirinius avait été alors envoyé dans la province romaine de Syrie comme Juge et Censeur, non comme Gouverneur de province. Il avait donc accompli deux légations en Syrie, qui sont attestées par le que Théodore Mommsen rendait à Quirinius. L'ensemble de ces sources historiques sont cohérentes entre elles, dès lors qu'on ne cherche pas la conciliation forcée des deux évangiles.

Année zéro

Il n'existe pas d'an 0 dans l'ère chrétienne (Anno Domini). On ne dit pas "le siècle 1" ou "le millénaire 1", mais "le premier millénaire". Il existe le premier et le deuxième millénaire après J.-C. ; le premier ou le deuxième siècle avant la naissance de Jésus-Christ existent également. Mais contrairement au décompte de l'âge pour une personne (qui donne "un an" une fois les 12 premiers mois passés, c'est-à-dire 1 an révolu), il y a eu amalgame entre "première année" et "année 1". En effet l’usage du nombre 0 en Europe est postérieur à la création de l’Anno Domini. On passe donc directement de « l’an I av. J.-C. » à « l’an I ap. J.-C. » de l’ère chrétienne. Ainsi 1 marque le début de la première année, de la première décennie, du premier siècle, du premier millénaire, qui finissent respectivement le 31 décembre 1, le 31 décembre 10, le 31 décembre 100, le 31 décembre 1000. Ainsi le et le se sont achevés le ; le et le ont commencé le 2001. Cependant pour simplifier les calculs d’éphémérides, les astronomes modernes définissent une année 0 qui correspond à l’année "-1" des historiens, notée an 1 av. J.C. L’an -1 des astronomes correspondant à l’an 2 av. J.C. des historiens, et ainsi de suite. Note : la notation "an -2 av. J.C." serait une aberration. A noter que le calendrier révolutionnaire français, bien après l'invention du zéro, commence lui aussi directement à l'année 1. Note : c'est en fait normal, car tout calendrier est un système de comptage qui commence forcément à 1, et ce n'est pas une mesure qui commencerait à 0 !

Noël ou le jour de l'an ? Ou le « jour J » du début du calendrier

La circoncision de Jésus qui marque le début du calendrier chrétien. Sculpture de la cathédrale de Chartres. Si le calendrier commence avec la naissance du Christ, pourquoi l'année ne commence-t-elle pas elle aussi le jour de sa naissance ? Dans le judaïsme, la circoncision a lieu au huitième jour du nouveau-né mâle, en présence de dix hommes adultes (miniane) et est un rite fondateur. Il marque l'entrée du nouveau-né mâle dans la communauté des hommes. Dans le christianisme, la circoncision de Jésus est célébrée chaque année le (huit jour après que Jésus-Christ est né symboliquement un 25 décembre) et cette date-là et non sa naissance qui marque l'entrée de Jésus dans la communauté des hommes et le début de l'an 1. Cette date est inscrite, jusqu'en 1970, comme la Saint-Prépuce dans le calendrier catholique romain. Le Saint Prépuce fut même une relique vénérée. Le début du calendrier chrétien est ainsi profondément ancré dans la tradition juive.

Notes et références

Voir aussi


-ère de l’Hégire relative au calendrier musulman.
-calendrier hébreu
-calendrier républicain
-Common Era
-an de grâce ==
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^