Harold Pinter

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Harold Pinter (né le 10 octobre 1930) est un écrivain, dramaturge et metteur en scène anglais. Ses premières œuvres sont souvent associées au genre dit du théâtre de l'absurde. Il a écrit pour le théâtre, la radio, la télévision et pour le cinéma. Il est Commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique et membre de l'Ordre des Compagnons de l’Honneur. Il reçoit le prix Nobel de littérature en 2005.
Harold Pinter

Harold Pinter (né le 10 octobre 1930) est un écrivain, dramaturge et metteur en scène anglais. Ses premières œuvres sont souvent associées au genre dit du théâtre de l'absurde. Il a écrit pour le théâtre, la radio, la télévision et pour le cinéma. Il est Commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique et membre de l'Ordre des Compagnons de l’Honneur. Il reçoit le prix Nobel de littérature en 2005.

Jeunesse

Pinter est né dans une famille d'origine russe et de religion juive du faubourg d'Hackney à Londres. Son père est un tailleur pour dames. Il commence ses études à la Hackney Downs Grammar school puis passe brièvement à l’Académie royale d’Art dramatique. Jeune homme, il se lance dans la poésie.

Carrière

Il commence une carrière au théâtre en tant qu’acteur, sous le nom de David Baron. Il écrit sa première pièce, The Room ("La Pièce") interprétée en 1957 par les étudiants de l’Université de Bristol. The Birthday Party ("la Fête d'anniversaire") en 1958 n'intéresse pas le grand public, malgré une bonne critique publiée dans le Sunday Times par Harold Hobson. Mais après le succès de The Caretaker en 1960, la pièce est rejouée et reçoit cette fois-ci un accueil favorable. Ses pièces et d’autres œuvres de cette période, telles que The Homecoming en 1964, sont parfois étiquetées comme mettant en scène une « comédie de la menace ». Elles prennent souvent pour départ une situation d’apparence anodine qui devient rapidement menaçante et absurde par le biais des acteurs dont les actions semblent inexplicables aux yeux du public et des autres personnages de la pièce. L’œuvre de Pinter a dès le début été marquée par l’influence de Samuel Beckett. Par la suite, les deux hommes devinrent amis.

Parcours récent

Dans les années 1970, Pinter s'intéresse de plus en plus à la mise en scène et devient directeur associé du National Theater en 1973. Ses pièces récentes tendent à être plus courtes. Elles portent aussi sur des sujets plus politiques et sont souvent des allégories de l'oppression. Dans la même période, Pinter commence à prendre parti sur des problèmes politiques, s'affichant distinctement à gauche. Il mène un combat continu pour porter à la connaissance du public les violations des droits de l'homme et la répression. Ses courriers sont souvent publiés dans les journaux britanniques, comme The Guardian ou The Independent. En 1985, Pinter voyage en Turquie en compagnie du dramaturge américain Arthur Miller et rencontre de nombreuses victimes de l'oppression politique. Lors d'une réception à l'ambassade des États-Unis donnée en l'honneur de Miller, Pinter, au lieu de plaisanter, raconta des histoires de personnes torturées avec du courant électrique appliqué à leurs parties génitales, et fut renvoyé de la réception (Miller le suivit par solidarité). L'expérience de Pinter sur la répression en Turquie et la suppression de la langue kurde lui inspirent sa pièce de théâtre de 1988 intitulée Mountain Language. En 1999, Pinter critique ouvertement le bombardement du Kosovo par l'OTAN. Il prend position contre l'embargo déclaré par les États-Unis contre Cuba. Il s'oppose aussi à l'invasion par les États-Unis d'Amérique de l'Afghanistan, ainsi qu'à celle de l'Irak en 2003. En 2005, il annonce qu'il n'écrira plus de pièces de théâtre mais se consacrera à la politique. Pinter nommé Commandeur de l’ordre de l’empire britannique en 1996 devient un membre des Compagnons de l'Honneur en 2002, ayant précédemment refusé le titre de chevalier. Il est sympathisant du parti politique de gauche britannique RESPECT. En octobre 2005 l'Académie suédoise annonce que Pinter est désigné comme Prix Nobel de littérature 2005, parce que « dans ses œuvres, il découvre l'abîme sous les bavardages et se force un passage dans les pièces closes de l'oppression.» Début décembre 2005, il enregistre une déclaration pour la remise de son prix Nobel, ne pouvant s'y rendre et la faire en personne car son cancer l'en empêche. Elle concerne beaucoup plus la politique que la littérature. Il y déclare :
- « L'invasion de l'Irak était un acte de banditisme, un acte de terrorisme d'État flagrant, la preuve d'un mépris absolu pour le droit international. »
- « Combien de personnes faut-il tuer avant de mériter d'être décrit comme un massacreur et un criminel de guerre ? Cent mille ? »
- « Nous avons amené la torture, les bombes à fragmentation, l'uranium appauvri, d'innombrables assassinats commis au hasard, la misère, la dégradation et la mort au peuple irakien, et on appelle ça 'apporter la liberté et la démocratie au Proche-Orient »
- Il y prend position contre les États-Unis d'Amérique, qui ont « exercé une manipulation très clinique du pouvoir dans le monde entier, tout en se faisant passer pour une force prônant le bien universel. C'est un geste d'hypnotisme brillant, voire plein d'esprit, et très réussi.»

Filmographie

Le premier scénario de Pinter, The Servant, est écrit en 1962 d'après le roman de Robin Maugham . Plus tard, il écrit aussi pour Le Messager (The Go-Between), de Joseph Losey, et La Femme du lieutenant français (The French Lieutenant's Woman), d'après le roman de John Fowles, entre autres. Il publie aussi, à la demande de Luchino Visconti, un script basé sur le roman de Marcel Proust, À la recherche du temps perdu, qui ne fut jamais porté à l'écran. Plusieurs des pièces de Pinter furent également adaptées pour le cinéma : The Servant de Joseph Losey (1963) , The Caretaker (1963), The Birthday Party (1968), The Homecoming (1973) et Betrayal (1983).

Vie privée

En 1977, Harold Pinter causa un scandale public en quittant sa femme, l'actrice Vivien Merchant, avec laquelle il s'était marié en 1956, pour Lady Antonia Fraser, qu'il épousa en 1980 après son divorce. Sa pièce Betrayal (1978) a la réputation d'être une description de cette liaison, mais est en fait basée sur une longue relation amoureuse qu'eut Pinter avec la présentatrice de télévision Joan Bakewell. Pinter eut aussi une dispute publique avec le metteur en scène Peter Hall portant sur sa description dans les Hall's Diaries publiés en 1983, où il était dépeint comme abusant de l'alcool. Néanmoins, les deux hommes se réconcilièrent par la suite.

Œuvres

Pièces

Prose

Poésie

- War (2003) ==
Sujets connexes
Académie suédoise   Afghanistan   Arthur Miller   Cinéma   Cuba   Dramaturge   Droits de l'homme   Elfriede Jelinek   Embargo   Hackney   Irak   John Fowles   Joseph Losey   Kosovo   Kurde   Le Messager (film, 1970)   Londres   Luchino Visconti   Marcel Proust   Octobre 2005   Ordre de l'Empire britannique   Organisation du traité de l'Atlantique Nord   Orhan Pamuk   Politique   Poésie   Prix Nobel de littérature   Radiodiffusion   Royaume-Uni   Russie   Samuel Beckett   The Birthday Party   The Caretaker   The Guardian   The Independent   The Servant   Théâtre   Théâtre de l'absurde   Turquie   Télévision   Université de Bristol  
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