Ange Guépin

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Ange Guépin Ange Guépin, médecin, homme politique et écrivain français, auteur régionaliste nantais, est né le 30 août 1805 à Pontivy (département du Morbihan), il est mort le 21 mai 1873 à Nantes (Loire-Atlantique). Physicien et professeur de médecine, chirurgien et homme d'État, il devient conseiller général d'un canton de Nantes. En 1835 , il se spécialise dans l'ophtalmologie et, selon Hirsch, fonde la première clinique de l'œil en Europe. C'est un médecin
Ange Guépin

Ange Guépin Ange Guépin, médecin, homme politique et écrivain français, auteur régionaliste nantais, est né le 30 août 1805 à Pontivy (département du Morbihan), il est mort le 21 mai 1873 à Nantes (Loire-Atlantique). Physicien et professeur de médecine, chirurgien et homme d'État, il devient conseiller général d'un canton de Nantes. En 1835 , il se spécialise dans l'ophtalmologie et, selon Hirsch, fonde la première clinique de l'œil en Europe. C'est un médecin philanthrope et homme politique républicain socialiste. Il œuvra considérablement pour la promotion des idées socialistes en Bretagne. Il contribua également à l'organisation du premier congrès scientifique et philosophique organisé en France (1833). Ange Guépin est une personnalité qui a joué un rôle actif dans les transformations de la société française au XIX siècle. Il s'est interrogé sur les causes et conséquences de ces transformations, dans la perspective de réduire la misère des hommes de son temps et de créer les conditions pour que le progrès des connaissances aille vers plus de bonheur et de liberté. Ange Guépin est particulièrement représentatif des milieux sociaux de la France provinciale de cette époque, qui ont été les agents de ces transformations, en liaison étroite avec l'intelligentsia parisienne, nationale et internationale, démocrate et républicaine, féministe et socialiste, scientifique et littéraire.

Biographie

La vie d'Ange Guépin est toute entière orientée par l'idée d'un progrès de l'humanité fondé sur le développement de la science et des techniques appliquées à l'industrie, idée qu'il avait héritée de son père (Victor Guépin) révolutionnaire de 1789 et retrouvée lors de ses études de médecine à Paris, auprès des disciples de Saint-Simon et des premiers théoriciens du socialisme utopiste français. Guépin fit ses études au collège de Pontivy, aux cotés de son cousin, Louis-Adolphe Morhéry. Il prépara Polytechnique (1821) mais, fils de libéral et libéral lui-même, son nom fut rayé de la liste. Il s'orienta alors vers la médecine. Lui et son cousin Morhéry arrivèrent à Paris en 1824. Ange Guépin suivit à la faculté de Paris, les cours d'Orfila dont il devint le préparateur. En 1828 il obtient le premier prix de chimie. Il soutient sa thèse de doctorat le 26 novembre 1828 : "Quelques considérations sur le Cancer". Le maire de Nantes, L. Levesque, l'appelle dans sa ville et le fait nommer professeur de chimie et d'économie industrielle en même temps que professeur à l'Ecole de Médecine (1829). Rapidement il se spécialise dans l'ophtalmologie ; en 1832 il est chirurgien suppléant de l'hôpital. Dès 1824, Guépin fait de la politique militante aux côtés de son cousin Morhéry, qui, dès 1827, s'est imposé comme le chef des étudiants républicains engagés dans la conspiration qui devra mener à la Révolution des Trois Glorieuses. Arrivé à Nantes en 1828, et accueilli par Camille Mellinet dans les milieux de la bourgeoisie libérale, il va prendre part à la Révolution de 1830, y faisant la rencontre des ouvriers républicains. Il découvre alors la réalité de la misère dans laquelle vit la plus grande partie des travailleurs et, après avoir écrit une Histoire de Nantes, célèbre mais traditionnelle, il décrit avec son collègue Eugène Charles Bonamy, dans Nantes au XIX siècle, la ville elle-même sous tous ses aspects, urbains, artistiques, intellectuels, économiques et sociaux. Cette description prend place dans un mouvement général d'interrogation sur les conditions d'une évolution sociale produisant ce qu'on dénomme alors le "paupérisme" et qui va devenir la « question sociale ». C'est la naissance des grandes enquêtes sociales menées par Louis René Villermé (dont s'inspirent à petite échelle les deux nantais), Parent-Duchâtelet, Alexis de Tocqueville, Villeneuve-Bargemont, Blanqui et bien d'autres. En 1845, Guépin devient conseiller général de la Loire-Inférieure, collabore au "Populaire" de Cabet et accepte le 28 février 1848, le poste de commissaire du gouvernement de ce département qu'il échange le 14 mars pour le même poste dans le Morbihan d'où il est révoqué le 10 juillet. Il reprend sa place au conseil général où il dépose un projet de banques départementales de bienfaisance. Il participe en 1849 à la fondation de l'Association des travailleurs de Nantes et de la Fraternelle universelle qui seront dissoutes par le pouvoir en octobre 1850. Il publie alors la "Philosophie du socialisme ou étude sur les transformations dans le monde et l'humanité", qui le fera révoquer de ses fonctions de médecin de la Douane et de professeur. Guépin devenu propriétaire foncier écrit alors de vastes ouvrages à prétention encyclopédique, fortement marqués de déisme, en même temps qu'il rejoint nombre de ses amis dans la franc-maçonnerie. Il publie "Le socialisme expliqué aux enfants du peuple" (1851). Après le coup d'état, il est naturellement placé sous surveillance ; il est même arrêté durant quelque temps l'année suivante. Sous l'Empire, l'essentiel de son combat va porter sur ce qui aura été une constante de sa vie : la diffusion de l'enseignement, et plus particulièrement la reconnaissance de l'enseignement pour les filles, pour lequel il lutte avec sa femme Floresca. Il faudra attendre la fin du Second Empire et surtout la Troisième République pour que l'action d'Arsène Leloup, d'Ange et Floresca Guépin et de leurs amis républicains aboutisse à la création des écoles municipales de quartier pour les garçons, d'une école municipale de filles, et d'un enseignement professionnel féminin, futur lycée Vial. En 1865 il revient au conseil général de Loire-Inférieure et en 1867 il entre à la Loge Mars et les Arts à l'Orient de Nantes, dont il sera le vénérable. Il publie une "Esquisse d'une philosophie maçonnique" (1868). Guépin est élu au conseil municipal de Nantes en 1869, sur le programme de Gambetta et devient premier adjoint du maire républicain catholique Waldeck-Rousseau. La même année, il est candidat aux élections législatives mais sans succès. Le 4 septembre 1870 il redevient préfet de la Loire-Inférieure, mais démissionne un mois plus tard pour reprendre l'exercice de la médecine, qu'à vrai dire il n'avait jamais abandonné : Guépin est en effet connu pour avoir soigné avec un désinteressement sans exemple. Il a ouvert la première clinique en France pour soigner des travailleurs du bâtiment victimes d'accidents du travail, et il a créé le premier dispensaire nantais gratuit pour les indigents. Il est aussi l'un des premiers médecins à opérer de la cataracte. Après 1870, Guépin se démarque encore de l'opinion dominante en soutenant avec son journal Union démocratique, les idées de la Commune de Paris et en s'opposant avec la franc-maçonnerie à sa répression sanglante. La fin de sa vie c'est aussi la participation aux côtés de Victor Hugo, Charles Lemonnier et Charles-Louis Chassin, à la Ligue internationale pour la Paix et la Liberté qui demande l'instauration d'États unis Europe.

Publications

- Nantes au XIX siècle. Statistique, topographique, industrielle et morale, faisant suite à l'histoire des Progrès de la Ville de Nantes. (Avec la coll.d'Eugène Charles Bonamy.) Nantes, Prosper Sébire, 1835.
- Hygiène physique et morale. (avec la coll.d'Eugène Charles Bonamy). Paris : Hachette, 1971. Reproduction d'un texte extrait de "Nantes au XIX siècle", Nantes : P. Sebire, 1835.
- Études d'Oculistique. Paris, chez Germer-Baillière, 1844. Traité ophtalmologique.
- Philosophie du XIX siècle. Étude encyclopédique sur le monde et l'humanité. Paris Gustave Sandré, 1854. Il décrit dans cet ouvrage fleuve, sous l'inspiration des idées de Saint-Simon et de Pierre Leroux, toutes les formes de vie, les découvertes et les transformations que l'humanité à faite et tous les bénéfices qu'elle peut en tirer pour le bien être de tous.
- "Marie de Beauval", roman écrit en 1850.

Bibliographie

- Jean Maitron, Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français II, p.309.
- Jean-Loup Avril, Mille Bretons, dictionnaire biographique, Saint-Jacques-de-la-Lande, 2002. ISBN 2-914-61210-9 ----- Catégorie:Personnalité de la Deuxième République Catégorie:Homme politique nantais Catégorie:Médecin du XIXe siècle Catégorie:Médecin nantais Catégorie:Écrivain français du XIXe siècle Catégorie:Naissance en 1805 Catégorie:Décès en 1873
Sujets connexes
Alexis de Tocqueville   Charles-Louis Chassin   Chirurgie   Commune de Paris (1871)   Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français   Déisme   Eugène Charles Bonamy   France   Hachette Livre   Hirsch   Jean Maitron   Le Populaire   Loire-Atlantique   Louis René Villermé   Médecine   Nantes   Ophtalmologie   Paupérisme   Physicien   Pierre Leroux   Pontivy   Régionalisme (littérature)   Saint-Jacques-de-la-Lande   Socialisme   Trois Glorieuses   Victor Guépin   Victor Hugo  
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