Cananéens

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Le terme Cananéens provient du nom de Canaan, petit-fils noir de Noé et désigne, dans la Bible, les peuples habitant le pays de Canaan avant sa conquête par les Israélites sous la direction de Josué. Pour certains, Cananéen peut en fait être considéré comme un synonyme de Phénicien, car les deux peuples parlaient la même langue et avaient les mêmes dieux. Ils estiment que les Hébreux n'ont pas fait disparaître les Cananéens mais se seraient mélang
Cananéens

Le terme Cananéens provient du nom de Canaan, petit-fils noir de Noé et désigne, dans la Bible, les peuples habitant le pays de Canaan avant sa conquête par les Israélites sous la direction de Josué. Pour certains, Cananéen peut en fait être considéré comme un synonyme de Phénicien, car les deux peuples parlaient la même langue et avaient les mêmes dieux. Ils estiment que les Hébreux n'ont pas fait disparaître les Cananéens mais se seraient mélangés à eux et auraient adopté certaines de leurs coutumes. Certains passages bibliques et le fait que l'hébreu biblique soit linguistiquement très proche du phénicien le prouveraient. Le roi Hiram de Byblos, dont le sarcophage a été conservé, était ami avec Salomon, roi d'Israël. Cependant, les récentes découvertes effectuées dans les années 1990 par l'archéologue Israël Finkelstein remettraient en cause le mythe d'une invasion massive des Hébreux sur le pays de Canaan mené par Josué. Selon sa thèse, retenue par la commauté scientifique, l'apparition des premières communautés israelites sur les hautes terres de Canaan dès -1200, tendrait à prouver que ces derniers seraient en fait eux-mêmes essentiellement de souche cananéenne (probablement des groupes dissidents, réfractaires à l'occupation égytienne de cette époque).

Langue cananéenne

Le cananéen désigne aussi un groupe de langues sémitiques du nord-ouest. Ce sont les dialectes hébreux d'Israël et de Juda, le phénicien, (incluant la langue de Carthage, le punique, le moabite, le , l'édomite et l'amorrite, ainsi que l'araméen).

Homonymie

Le terme de "Cananéen" sera réemployé par un groupe sioniste nationaliste de droite marginal, actif des années 1940 aux années 1970 et qui entendait opérer une rupture néo-païenne avec le judaïsme. Ce néo-paganisme était le produit de leur engagement sioniste sans concession : en prônant l’enracinement dans la terre des ancêtres hébreux et en en revendiquant l’indépendance, ils avaient découvert les dieux propres à leur terre, les dieux vénérés par leurs ancêtres avant que ceux-ci ne gardent plus, dans leur exil babylonien, que le souvenir d’un dieu unique. Mais l’évolution vers le néo-paganisme conduisit ces ultra-sionistes à rompre avec cette idéologie. Le premier intellectuel qui développa ces idées païennes fut un juif russo-italien Adyah Gurevitch (il adopta le pseudonyme de Gur Horon, en référence à un dieu cananéen) qui partagea sa vie entre la France - où il enseigna les langues sémitiques à la Sorbonne et où il fut le premier dirigeant du Betar - et les U.S.A. Dans diverses conférences, puis dans la revue Shem (Sémite), il exposa que Yahvé appartenait au panthéon cananéen, que les Phéniciens étaient des Hébreux à part entière et qu’il fallait séparer le sionisme du judaïsme. Il trouva un disciple enthousiaste dans le juif polonais Uriel Halperin (alias Yonatan Ratosh), un ami proche et un conseiller d’Abraham Stern, le chef du Lehi. Ce fils de rabbin était un poète et un philologue reconnu. En 1942, il créa le « Comité pour la cristallisation de la jeunesse hébraïque ». Ses membres, qui se définissaient comme « Les Jeunes Hébreux », se moquaient de la religion juive, de ses rituels et du yiddish. Ils se faisaient un point d’honneur de prononcer l’hébreu de la manière la plus gutturale possible, comme étaient censés l’avoir parlé leurs ancêtres, et ils idéalisaient les dieux cananéens ainsi que la vieille civilisation méditerranéenne. Ratosh, dans ses écrits, exhortait ses concitoyens à rompre avec la diaspora, à redécouvrir le passé hébraïque pré-judaïque et à se construire un avenir hébraïque sans lien avec le judaïsme. Selon ses propres termes, il fallait « nettoyer le pays des Hébreux du sionisme et nettoyer le cœur des Hébreux du judaïsme ». Le 6 novembre 1944, le Lehi organisa un attentat contre le ministre-résident britannique au Caire, lord Moyne. Les deux auteurs de l'attentats s'appelaient Eliahou Beit Tsouri et Eliahou Hakim et étaient membres du Comité pour la cristallisation de la jeunesse hébraïque. Arrêtés peu après, ils furent jugés l’année suivante. Lors de leur procès ils déclarèrent clairement qu’ils n’étaient pas sionistes et qu’ils ne luttaient pas pour constituer un Foyer national juif mais pour la liberté de tous « les fils de la Palestine » contre la Grande-Bretagne. Condamnés à mort, ils seront exécutés le 22 mars 1945. Ils resteront fidèles à leur cananéisme jusqu'au bout, et refuseront l’assistance d’un rabbin lors de leurs derniers instants. Après la naissance de l’État d’Israël, les « Jeunes Hébreux » publièrent la revue Alef qui eut une audience importante. Mais l’arrivée massive de nouveaux immigrants sionistes organisée par l’Agence juive modifia rapidement et radicalement le paysage politique, culturel et sociologique de la Palestine et entraîna la marginalisation puis la disparition en Israël du cananéisme. Toutefois le courant judéo-païen n’était pas mort. Jusqu'à son décès, en 1981, Yonatan Ratosh l’évoqua dans ses poèmes érotico-mystiques. Paradoxalement, ses références cananéennes trouvèrent un écho loin d’Israël : dans l’importante communauté juive des Etats-Unis. Abandonnant les considérations politiques et ajoutant aux thèses religieuses de Gurevitch et de Ratosh des références au culte de la Déesse et à la magie, naquirent ainsi diverses organisations : Qadash Kinannu, selon sa propre définition « un Temple phénicien-cananéen » ; Beit Ashera Congregation (Congrégation du temple d’Ashera ) ou le Sanctuary Phoenicia (Sanctuaire phénicien)Sourcee : Christian Bouchet, Le Néo-paganisme, Editions Pardès; Marius Schattner, Histoire de la droite israélienne de Jabotinsky à Shamir, Complexe, 1991..

Références

Voir aussi

- Canaan
- Pays de Canaan Cananéens Cananéens Catégorie:Peuple du Proche-Orient ancien
Sujets connexes
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