France Soir

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France Soir est un quotidien généraliste français créé en 1944. Ce journal a été placé en redressement judiciaire à la fin de l'année 2005 et durant le premier trimestre 2006. Au début du mois de février 2006, il s'est illustré en publiant la série de caricatures de Mahomet qui avait valu au journal danois Jyllands-Posten une vive désapprobation du monde musulman. Cette action relança la polémique et entraîna le licenciement du directeur de la publicati
France Soir

France Soir est un quotidien généraliste français créé en 1944. Ce journal a été placé en redressement judiciaire à la fin de l'année 2005 et durant le premier trimestre 2006. Au début du mois de février 2006, il s'est illustré en publiant la série de caricatures de Mahomet qui avait valu au journal danois Jyllands-Posten une vive désapprobation du monde musulman. Cette action relança la polémique et entraîna le licenciement du directeur de la publication Jacques Lefranc.

Histoire

L'époque de Pierre Lazareff

Ce journal a été créé en novembre 1944 par Robert Salmon et Philippe Viannay, deux anciens résistants. Pierre Lazareff, figure emblématique de la presse, en deviendra le directeur historique. C'est lui qui avait obtenu le titre sur les ruines de Défense de la France, et il va réussir à attirer de belles signatures, comme Joseph Kessel, Lucien Bodard, Henri de Turenne, Henri Amouroux, Philippe Labro, Paul Gordeaux... Dans ses bureaux situés à l'époque au « 100, rue Réaumur à Paris », entouré de six secrétaires, « Pierrot les bretelles » gérait à la baguette une rédaction de plus de 400 personnes. En 1949, le quotidien est ensuite racheté par la Librairie Hachette, et Pierre Lazareff est nommé Gérant et Directeur Général de la société éditrice (FEP) et du journal lui même. Le journal devient très prospère pendant les années 1950, atteignant en 1961, 1 115 700 exemplaires vendus en moyenne chaque jour; un bandeau à la une du journal annonce « Le seul quotidien vendant plus d'un million d'exemplaires ». Son succès phénoménal est dû à une politique rédactionnelle simple mais efficace : gros titres accrocheurs, photos, scoops, nombreux faits divers, les bandes dessinees verticalesles amours celebresle crime ne paie pas prix attractif et de nombreuses éditions tout au long de la journée et réactualisées au fur et à mesure de l'actualité. La rédaction tourne presque 24 heures sur 24, et vingt-cinq voitures avec chauffeur sont disponibles à tout instant pour amener les journalistes sur le terrain, dont certains ont même table ouverte chez Maxim's. France Soir est alors une référence dans le paysage médiatique français et les déjeuners dominicaux, donnés par Pierre Lazareff, dans la propriété qu'il loue dans les Yvelines deviennent un lieu de rendez-vous recherché par les dirigeants politiques et les capitaines d'industrie. L'absorption au milieu des années 1960 de Paris-Presse et de son équipe l'empêche de basculer dans un populisme sans limite. Le , France Soir obtient sa plus importante diffusion, avec 2 264 000 exemplaires, pour l'annonce de la mort du général de Gaulle.

La fin de l'âge d'or

La mort de Pierre Lazareff, en 1972, marque la fin de l'âge d'or du quotidien. Les radios et la télévision lui livraient déjà une concurrence terrible, en particulier Europe 1 avec ses flashs d'information toutes les heures, et le , le bandeau « million d'exemplaires » avait déjà été supprimé. Mais, désormais, ce sont les hésitations de choix de la ligne éditoriale qui vont finalement lui faire le plus de mal, entre un journal populaire à l'anglo-saxonne ou un journal généraliste concurrent du quotidien Le Parisien. En 1976, Hachette revend le titre, alors diffusé à 600 000 exemplaires par jour, au groupe Presse Alliance de Paul Winckler, qui en rétrocède aussitôt la moitié à Robert Hersant, avant de lui en céder le contrôle total. Sur les 200 journalistes, 80 font jouer la clause de conscience. Des grèves à répétition font chuter le lectorat, mais la diffusion se situe toujours autour de 400 000 exemplaires en 1983. En 1998, lance un ambitieux plan industriel, comprenant le passage au format tabloïd, une réduction du prix de 22%, passant de 5 francs français à 3, 90, une nouvelle imprimerie avec une rédaction installée à Aubervilliers. La Socpresse de Robert Hersant vend à Georges Ghosn le titre déficitaire en 1999. En juin 2001 une restructuration aboutit à la suppression de 60 emplois. Entre 2002 et 2003, Philippe Bouvard a un nouveau projet éditorial, qui fait la part belle à la télévision et au sport, c'est le projet France Soir +, mais la nouvelle formule n'obtient pas le succès escompté et Philippe Bouvard quitte le quotidien. Il est remplacé par André Bercoff qui devient le onzième directeur de la rédaction depuis 1982, et en octobre 2004 le quotidien est vendu à Raymond Lakah.

La difficile reprise

Presse Aliance, possédé par Poligrafici à hauteur de 30 % et Ramy Lakah à 70 %, a été mis en cessation de paiement jeudi 27 octobre 2005, depuis août, le journal ne paraîssait plus dans le sud de la France, suite à un contentieux avec l'imprimerie Riccobono. Déficitaire à hauteur de 6 millions de francs français, le tribunal de commerce de Bobigny a décidé le lundi de la mise en redressement de la société Presse Alliance, la société éditrice du quotidien, pour une période de six mois. Cette décision permit la poursuite de l'activité et donna du temps aux administrateurs judiciaires pour trouver une solution de continuité, mais la diffison du quotidien est tombée à 45 000 exemplaires. La société Presse Alliance est propriété à 70% du groupe Montaigne Press Limited dont la gérant est Raymond Lakah. Cinq repreneurs ont été en lice pour la relance de France Soir. La date limite de dépôt des dossiers de reprise du titre, fixée par le tribunal au 12 janvier 2006, fut plusieurs fois repoussée. Le , l'homme d'affaires Arcadi Gaydamak annonce un projet de reprise du titre par l'intermédiaire de sa société Moscow News. Ce projet obtient le soutien du SNJ. Le , c'est le projet de reprise du journaliste Olivier Rey et de l'homme d'affaires Jean-Pierre Brunois qui est choisi par le Tribunal de commerce de Lille, provoquant dans la foulée une grève des journalistes de France Soir décidée et reconduite avec une quasi unanimité. Ils contestent le peu de crédibilité du projet rédactionnel du repreneur désigné, ainsi que l'ampleur et la nature du plan social prévu. Celui ci, validé par le tribunal de commerce sur la base d'un projet du repreneur, empêche toute application des règles du droit social, dans le but de faire payer par les fonds publics de garantie les indemnités des salariés les plus anciens. Les représentants des salariés font appel du jugement du tribunal de commerce. Les salariés de France Soir obtiennent le soutien de l'ensemble des organisations syndicales ainsi que de nombreuses personnalités des médias, de la société civile et du spectacle, et notamment de la petite fille de Pierre Lazareff, Katherine Icardi-Lazareff qui dénonce "l'éradication de services entiers du journal, la politique, la culture, les fondements de ce qui fut le journal de mon grand-père". Cette grève et l'appel à la mémoire de Pierre Lazareff ont été dénoncés comme une manœuvre, qualifiée de suicidaire, par François Lazareff, neveu de Pierre, journaliste et directeur de journal équestre dans le grand ouest de la France. Il a rappelé qu'une des maximes de Pierre Lazareff était et que les journalistes de France Soir faisaient tout pour ne pas l'être.

Reparution et situation actuelle

Le mercredi , France Soir reparaît après plus d'un mois et demi d'arrêt de diffusion. La une du « n°1 du nouveau France Soir », tiré à 150 000 exemplaires, était composée de Mariah Carey, Guy Roux et d'un titre sur la sécurité routière. Le premier numéro de la nouvelle édition de France Soir se voulait dans l'esprit des tabloïds anglais (voir le Sun), une formule qui rencontre peu de succès jusqu'ici en France. En novembre 2006, le Canard Enchaîné a fait état d'une diffusion avoisinant 30.000 exemplaires. Dans son numéro du 10 novembre 2006, une autre publicaton, "Les 4 vérités hebdo" indique qu' "avec des ventes à moins de 30.000 exemplaires, "France Soir" ne remonte pas la pente, malgré sa reprise en main, en juin dernier, par le trio Jean-Pierre Brunois/François Mattei/Christiane Vulvert". Le quotidien, appartenant désormais à Jean-Pierre Brunois, homme d'affaires, a eu comme directeur de la rédaction François Mattei. Il emploierait actuellement une quarantaine de salariés. Parmi les signatures du journal, on retrouve Dominique Jamet, qui tient un bloc-notes quotidien, Gérard Carreyrou qui signe une chronique politique chaque mardi, Jean-Marc Morandini et Isabelle Morini-Bosc, chroniqueurs pour les pages télévision. En janvier 2007, Henri Lauret, chroniqueur à France Info, ancien journaliste économique, a été nommé directeur de France Soir. Gérard Carreyrou et Dominique Jamet ont été nommés conseillers éditoriaux. Le 15 février 2007, Dominique Jamet, après avoir été secretaire de rédaction de 1961 à 1963, est devenu directeur de la rédaction du quotidien jusqu'au 28 avril 2007, date à laquelle il démissionna de son poste du fait d'un désaccord avec la ligne éditoriale du quotidien. Sa nomination avait été en grande partie à l'origine du départ de Jean-Pierre Thiollet. France Soir a un OJD de 24.000 exemplaires pour le 1 semestre 2007, soit une progression de plus de 14% par rapport au 2 semestre 2006, date de la reprise. L'étude EPIC du 01/07/06 au 30/06/07 attribue près de 200.000 lecteurs quotidiens au journal. Sur le plan technique, France Soir est un quotidien national publié 6 jours par semaine (lundi au samedi). Une forte place est faite au traitement des informations générales. La grande spécificité de France Soir est le cahier Courses. Ce cahier quotidien de 8 pages est imprimé sur papier jaune. Il est inséré au centre du journal. Sa numérotation est en chiffres romains (I à VIII, XII le samedi) alors que le cahier principal est numéroté en chiffres arabes. France Soir imprime à CIPP à Saint-Denis. Il est également imprimé dans cinq autres imprimeries réparties sur le territoire Français. Le journal imprime plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires en 3 éditions :
- - une édition bouclée à 20H30 (Nantes Nancy),
- - une édition intermédiaire (pour les sites d’impression distants) vers 21H45
- - et la « CTD » à 23H00. La pagination moyenne est de 40 pages tabloïd . Le journal est réalisé par une équipe d'une quarantaine de personnes installées à Paris dans le 17 arrondissement. Selon la direction de l'entreprise, les objectifs de développement ont été validés après de nouvelles études marketing. La marque France Soir reste connue, essentiellement parmi les personnes les plus âgées. Selon la direction de l'entreprise, "il y aurait en France une large place pour un journal populaire de qualité". L’équilibre financier du journal dont la masse salariale et les frais fixes auraient été considérablement réduits, se situerait aux alentours de 40.000 exemplaires vendus (pour une diffusion de 90.000 exemplaires). En 2006, la direction de la société avait affiché son intention de mettre en place une "véritable politique de diffusion et de parution" , "avec l’acquisition d’une fréquence de télévision sur la TNT et une fréquence radio organisées dans le même esprit éditorial que le journal", devant "renforcer encore le développement de France Soir dans une intéractivité journal-télévision-radio-internet". Catégorie:Titre de presse créé en 1944 Catégorie:Presse d'information générale française Catégorie:Presse quotidienne française Catégorie:Presse quotidienne en français Catégorie:Presse écrite au format tabloïd da:France Soir de:France Soir en:France Soir eu:France Soir fi:France Soir it:France Soir sv:France Soir zh:法國晚報
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