Jennifer Jones

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Jennifer Jones, de son vrai nom Phyllis Flora Isley, est une actrice américaine née le 2 mars 1919 à Tulsa dans l'Oklahoma. La Colline de l'adieu (1955)
Jennifer Jones

Jennifer Jones, de son vrai nom Phyllis Flora Isley, est une actrice américaine née le 2 mars 1919 à Tulsa dans l'Oklahoma. La Colline de l'adieu (1955)

Biographie

Passions et ambitions

Jennifer Jones est née Phyllis Isley, le 2 mars 1919 à Tulsa. Elle est fille unique d’acteurs ambulants, propriétaires d’une compagnie théâtrale puis de salles de cinéma. Elle monte sur les planches, enfant, dans le théâtre de ses parents. La passion pour la comédie grandissant, elle décide de faire ses études à l'Académie des Arts Dramatiques de New York en 1936 où elle obtient une bourse d’études supérieures. C’est là qu’elle rencontre un étudiant de l’Académie dont elle tombe amoureuse, Robert Walker, il deviendra son mari en 1939, Jennifer a 19 ans. Ils tentent ensuite leur chance ensemble, tout d’abord pour des émissions à la radio de Tulsa, puis ils partent à Hollywood. Robert Walker travaille comme acteur radiophonique pour TBS et Jennifer Jones après des essais infructueux à la Paramount, obtient des petits rôles notamment dans un western, New frontier, au coté de John Wayne à la Republic Pictures, petite compagnie spécialisée dans les westerns de série B.

Une ascension fulgurante

En 1941, attirée par un casting pour le film Claudia, elle passe des bouts d’essais. Elle rencontre le producteur du projet, David O. Selznick et, après avoir fait une forte impression, elle décroche un contrat de sept ans chez ce Pygmalion et découvreur de stars tel Ingrid Bergman, Joan Fontaine ou Alida Valli. On transforme le nom de Phyllis Isley par celui de Jennifer Jones et Selznick, ne voulant pas la lancer trop tôt au cinéma, attends deux ans avant de trouver un rôle à sa mesure. Chose gagnée avec Le Chant de Bernadette en 1944, puisque non seulement Jennifer recueille toutes les éloges de la critique dans le rôle de la sainte Bernadette Soubirous, mais de plus, pour sa première interprétation importante, elle reçoit l’Oscar de la meilleure actrice des mains de Greer Garson. Les ambitions de Selznick se reportent dés lors sur la jeune actrice et faire de sa découverte une grande star, deviendra une obsession.

Les années Selznick

Jennifer Jones enchaîne avec un second rôle dans Depuis ton départ, pour lequel elle aura une deuxième nomination aux Oscars, elle y joue avec son mari Robert Walker, qui entre-temps a décroché un contrat chez MGM. Mais rien ne va plus entre les conjoints et malgré deux enfants le couple va divorcer en 1944, l’affection de Jennifer Jones s’étant reportée sur Selznick. L’actrice continue sa carrière, elle reçoit une nouvelle nomination pour son personnage romantique dans Le Poids d’un mensonge (1945) de William Dieterle, elle tourne également, dans une de ses rares incursions dans la comédie, avec Ernst Lubitsch pour le délicieux film La Folle ingénue. En 1946, Selznick donne à nouveau la vedette à Jennifer Jones dans le somptueux mélodrame Duel au soleil. Le producteur est persuadé d’avoir enfin trouvé avec le roman de Niven Busch « Duel au soleil », un sujet digne d’égaler sa production la plus célèbre Autant en emporte le vent. Extraordinaire épopée avec des décors et des couleurs flamboyants à couper le souffle (Selnick avait fait appel à Josef von Sternberg comme conseiller pour les couleurs), Duel au soleil sera une des productions les plus coûteuses jamais réalisés jusqu’alors. King Vidor est à la réalisation mais il abandonne suite aux interventions despotiques du producteur, il est remplacé par William Dieterle. Le budget de six millions de dollars sera augmenté de deux millions rien que pour le lancement du film. L’érotisme exacerbé de certaines scènes déchaînera la censure, le film sera condamné pour « immoralité » par l’église et les ligues de décence. Malgré cela, le film sera un énorme succès public et rapportera dix sept millions dollars à son producteur. Comme chaque année depuis Le Chant de Bernadette, Jennifer Jones obtient une nouvelle nomination aux Oscars pour le film. Elle retrouve ensuite le réalisateur William Dieterle dans Le Portrait de Jennie, ce film à l’atmosphère onirique est une œuvre remarquable et Jennifer offre une composition des plus envoûtante mais le film est un échec et Selznick qui a mis sa fortune en jeu doit vendre son studio de production. Mais rien n’arrête l’ascension de la star. Après un film avec John Huston, elle incarne Madame Bovary et fait une prestation éblouissante et émouvante sous la direction Vincente Minnelli. Jennifer devient Madame Selznick en 1949, mariage qui se déroulera en Italie. Elle aura une fille en 1953, la même année où elle apprend le suicide de son premier mari Robert Walker. Le début des années cinquante sera faste, après une nouvelle production de Selznick pour La Renarde, elle tourne avec de grands réalisateurs, William Wyler, à nouveau avec King Vidor et John Huston, Vittorio De Sica... Mais c’est en 1955 qu’elle renoue avec la popularité dans La Colline de l'adieu, un des plus grand succès de la 20th Century Fox et un des sommets du box-office, et qui donnera une cinquième nomination aux Oscars à Jennifer Jones. Suite à ce regain de popularité, elle tournera quelques films à la Fox avant que son mari ne mettent à nouveau des moyens considérables pour sa nouvelle production L'Adieu aux armes. Ce sera son chant du cygne, le film est un échec et les critiques sont désastreuses. Ce sera la dernière production du grand Selznick. Jennifer Jones attendra cinq ans avant de reprendre le chemin des studios, entre temps elle prendra des cours à l’Actors Studio et recherchera des conseils et des professeurs pour la guider. Son retour se fera pour un film d’Henry King, Tendre est la nuit. Mais le public et les critiques boudent le film. Viennent des années sombres pour Jennifer Jones avec le décès de son époux en 1965 qui la laisse démunie. Les comptes de Selznick étant dans le rouge, elle trouvera une issue au théâtre notamment pour Une Fille de la province à Broadway et tournera encore quelques films. L’inactivité et la dépression la pousse à une tentative de suicide en 1967. Elle reprend le dessus et en 1971, elle épouse Norton Simmons collectionneur d’art. Après un retour remarqué dans le film catastrophe La Tour infernale, sa fille Mary Jennifer se suicide en 1976. Elle tourne définitivement le dos au cinéma pour se consacrer à la psychologie, elle crée la Jennifer Jones Simon Foundation for mental health and education.

Filmographie

Actrice

- 1939 : New frontier de George Sherman
- 1939 : Dick Tracy's G Men de William Witney et John English
- 1943 : Le Chant de Bernadette (The Song of Bernadette) d'Henry King : Bernadette Soubirous
- 1944 : Depuis ton départ (Since You Went Away) de John Cromwell : Jane Deborah Hilton
- 1945 : Le Poids d'un mensonge (Love Letters) de William Dieterle : Singleton / Victoria Morland
- 1946 : Duel au soleil (Duel in the Sun) de King Vidor : Pearl Chavez
- 1946 : La Folle ingénue (Cluny Brown) d'Ernst Lubitsch: Cluny Brown
- 1948 : Le Portrait de Jennie (Portrait of Jennie) de William Dieterle : Jennie Appleton
- 1949 : Les Insurgés (We were strangers) de John Huston : China Valdes
- 1949 : Madame Bovary de Vincente Minnelli : Emma Bovary
- 1950 : La Renarde (Gone to Earth) de Michael Powell et Emeric Pressburger : Hazel Woodus
- 1952 : Un amour désespéré (Carrie) de William Wyler : Carrie Meeber
- 1953 : La Furie du désir (Ruby Gentry) de King Vidor : Ruby Gentry
- 1954 : Plus fort que le diable (Beat the Devil) de John Huston : Mme Gwendolen Chelm
- 1954 : Station Terminus (Stazione Termini) de Vittorio de Sica : Mary Forbes
- 1955 : La Colline de l'adieu (Love Is a Many-Splendored Thing) d'Henry King : Dr. Han Suyin
- 1955 : Bonjour Miss Dove (Bonjour Miss Dove) de Henry Koster
- 1956 : L'Homme au complet gris (The Man in the Gray Flannel Suit) : Betsy Rath
- 1957 : The Barretts of Wimpole street de Sidney Franklin
- 1957 : L'Adieu aux armes (A Farewell to Arms) de Charles Vidor : l'infirmière Catherine Barkley
- 1962 : Tendre est la nuit (Tender is the night) d'Henry King
- 1966 : The Idol de Daniel Petrie
- 1969 : Angel, angel, down we go de Robert Thom
- 1974 : La Tour infernale (The Towering Inferno) de John Guillermin : Lisolette
- 1989 : The American Film Institute Salute to Gregory Peck

Récompenses

Oscar

- 1944 : Meilleure actrice pour Le Chant de Bernadette
- 1945 : Nomination Meilleure actrice dans un second rôle pour Depuis ton départ
- 1946 : Nomination Meilleure actrice pour Le Poids d'un mensonge
- 1947 : Nomination Meilleure actrice pour Duel au soleil
- 1956 : Nomination Meilleure actrice pour La Colline de l'adieu

Golden Globes

- 1944 : Meilleure actrice dans un film dramatique pour Le Chant de Bernadette ==
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