Saint-Pierre-et-Miquelon

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Carte de l'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon Carte de l'archipel et de Terre Neuve Saint-Pierre-et-Miquelon est depuis 1985, une collectivité territoriale à statut particulier, au sein de la République française et de l'Union européenne. Il porte le numéro 975 au sein de la numérotation des départements et son code postal pour tout l'archipel est 97500. Ce minuscule archipel est situé à l’est du Canada, à 25 km au sud de l’île et de la provin
Saint-Pierre-et-Miquelon

Carte de l'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon Carte de l'archipel et de Terre Neuve Saint-Pierre-et-Miquelon est depuis 1985, une collectivité territoriale à statut particulier, au sein de la République française et de l'Union européenne. Il porte le numéro 975 au sein de la numérotation des départements et son code postal pour tout l'archipel est 97500. Ce minuscule archipel est situé à l’est du Canada, à 25 km au sud de l’île et de la province de Terre-Neuve. Avec la Guadeloupe, la Guyane et la Martinique, c'est l'un des quatre territoires français en Amérique et le seul en Amérique du Nord, dernière parcelle de l’ancienne Nouvelle-France. Nommé Isle Sainct Pierre par Jacques Cartier lors de son passage en juin 1536, Saint-Pierre-et-Miquelon avait d'abord reçu le nom d’archipel des onze mille vierges par José Álvarez Faguendes, navigateur portugais débarqué en 1520, le jour de la Sainte Ursule.

Histoire

Qui a découvert l'archipel et quand ? On cite souvent la date du 21 octobre 1520 et le navigateur portugais Faguendes (Fagundes), mais cet évènement pourrait être antérieur, puisqu'il est parfois attribué à d'autres explorateurs, comme Jean Cabot en 1497, ou Verrazano en 1524. Quoi qu'il en soit, il semble avéré que les îles servaient de base aux pêcheurs bretons et basques au et l'on date de 1604 les premières installations permanentes de ces derniers. Ils y pratiquaient la chasse baleinière (si l'on se réfère à leur arrivée précoce pour cette activité en Amérique du Nord, la date pourrait être bien antérieure), certainement la baleine franche (dite "baleine des Basques"), la baleine du Groenland et la baleine grise avant sa disparition au . Ces origines provinciales françaises se retrouvent sur le drapeau de l'archipel. Au , les îles furent toutefois abandonnées lors de la ratification du traité d'Utrecht pour ensuite être récupérées officiellement par la France lors du traité de Paris de 1763. Après une défaite infligée par les troupes américaines et françaises, les forces britanniques présentes en Nouvelle-Écosse attaquèrent les îles en 1778 et déportèrent la population y compris des réfugiés de la déportation des Acadiens de 1755. Lors de la Révolution française, la communauté acadienne quitta subitement l'île de Miquelon pour se réfugier aux îles de la Madeleine, alors que l'exercice républicain à Saint-Pierre connut un terme brutal lors de la nouvelle attaque britannique de 1793. Il fallut attendre la restauration de Louis XVIII pour que la dernière rétrocession des îles Saint-Pierre-et-Miquelon soit définitive. Pendant la deuxième moitié du l'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon connut un essor économique important grâce à la pêche à la morue. L'archipel eut un certain rôle lors de la Prohibition des États-Unis d'Amérique puisque du fait de son statut de colonie française, la loi américaine (Volstead Act) n'y était pas applicable. L'île connut, de 1919 à 1933, une réelle prospérité avec le trafic d'alcools, de vins français et de whisky, acheminés clandestinement sur les côtes canadiennes et américaines par des goëlettes ou des vedettes rapides (rum runners) construits au Canada montées par des Saint-Pierrais. Ce fut l'époque des bootleggers. Pendant la Seconde Guerre mondiale, après la capitulation de la France en juin 1940 et son occupation par les Nazis, le gouverneur vichyste Gilbert de Bournat dut négocier avec les autorités de Washington afin d'obtenir quelques subsides financés par les réserves d'or françaises. À cette même époque, le Canada voisin avait préparé, avec l'aval de Washington, un projet de débarquement pour prendre possession de Saint-Pierre-et-Miquelon. Plusieurs prétextes furent avancés, parmi lesquels des émissions radio qui se faisaient l'écho de la propagande de Vichy. Certains avancèrent même, sans preuve, que cette station radio aidait les U-Boots allemands présents sur les bancs de Terre-Neuve. Le premier ministre canadien William Lyon Mackenzie King ne permit pas l'exécution de ces plans. C'est à cette époque que le géologue suisse Edgar Aubert-de-la-Rüe fut astreint en résidence à Saint-Pierre. Sous les ordres de Charles de Gaulle, l'amiral Émile Muselier orchestra la libération de Saint-Pierre-et-Miquelon à l'insu et contre l'avis des autorités américaines et canadiennes. L'affaire du 24 décembre 1941 fit couler beaucoup d'encre, et cristallisa la méfiance entre Franklin Roosevelt et Charles de Gaulle. Ce dernier fit organiser un plébiscite qui lui fut favorable. Saint-Pierre-et-Miquelon fut ainsi l'une des premières terres françaises ralliées à la France Libre. Le général de Gaulle lui marqua sa reconnaissance par une visite en 1967. L'une des trois seules visites d'un chef d'État (également François Mitterrand en 1987 et Jacques Chirac en 1999). D'autres voyageurs illustres l'avaient précédé, dont Châteaubriand, en 1791, qui immortalisera l'archipel dans les Mémoires d'Outre-Tombe. L'archipel devint territoire d'outre-mer (TOM) en 1946, puis département d'outre-mer (DOM) en 1976, avant d'acquérir le statut de collectivité territoriale par la loi 85-595 du 11 juin 1985. La révision constitutionnelle du 28 mars 2003, qui crée la catégorie générique des collectivités d'outre-mer (COM), y englobe Saint-Pierre-et-Miquelon. Son statut actuel est fixé, dans le Code général des collectivités territoriales, par la loi organique 2007-223 du 21 février 2007. Traditionnellement, Saint-Pierre-et-Miquelon représentait un intérêt économique important en raison des droits de pêche attachés à la zone économique exclusive de 200 milles marins. L'interprétation divergente de la France et du Canada sur l'application de cette règle internationale donna lieu, à partir de 1988, année de l'arraisonnement du chalutier "Croix-de-Lorraine" par les Canadiens, à un contentieux entre la France et le Canada Suite à l'arbitrage international sans appel de de New-York en 1992, la zone maritime attribuée depuis lors à l'archipel se limite à la zone économique exclusive de 12 milles marins à l'est, 24 milles marins à l'ouest, et un corridor de 200 milles de long par 10 milles de large orienté nord/sud.

Administration et institutions

Saint-Pierre, le chef-lieu, est le siège du conseil territorial (souvent désigné par son ancien nom conseil général) présidé par Stéphane Artano (Archipel demain) et celui d'une préfecture à la tête de laquelle se trouve le préfet Yves Fauqueur. Le conseil territorial comprend 19 membres élus, représentant deux circonscriptions qui correspondent aux deux communes : Saint-Pierre (15 conseillers) et Miquelon-Langlade (4 conseillers). Il a des compétences élargies en matière fiscale, douanière, urbanisme, logement et partiellement, de nature régionale. Il est assisté par un Comité économique, social et culturel. La commune de Saint-Pierre a pour maire Karine Claireaux (PS). Le chef des services d'Éducation est un inspecteur d'Académie, Marc Fouquet, dépendant du rectorat de Caen. La Justice dispose d'un Tribunal supérieur d'appel, d'un Tribunal de première instance et d'un Tribunal administratif Représentation nationale :
- un député Annick Girardin (PRG),
- un sénateur Denis Detcheverry (maire de Miquelon-Langlade - divers droite)
- une conseillère au Conseil économique et social, Jacqueline André.
Voir aussi
- Liste des députés de Saint-Pierre-et-Miquelon
- Circonscription législative de Saint-Pierre-et-Miquelon
- Liste des sénateurs de Saint-Pierre-et-Miquelon
- Liste des préfets de Saint-Pierre-et-Miquelon

Données géographiques

Île aux Marins

Démographie

La population, en progression lente depuis la Première Guerre mondiale, comptait 6 316 habitants au recensement de 1999, dont 5 618 sur la plus petite île portuaire de Saint-Pierre et 698 sur les îles de Miquelon-Langlade. Le français parlé ressemble au français parlé en Normandie. Les habitants descendent très majoritairement de colons normands, bretons, basques. Si la descendance acadienne est modeste, on doit par contre souligner une significative filiation anglaise et irlandaise de la population, conséquence de nombreuses unions de ces "colons" avec de jeunes femmes venues de la côte voisine de Terre-Neuve pour tenir des emplois domestiques, notamment au 19ème siècle et jusqu'à la moitié du 20ème.

Géographie physique

C'est un petit archipel de huit îles, totalisant 242 km², bas et érodé (240 m au Morne de la grande Montagne à Miquelon et 210 m à Saint-Pierre). Il est formé de roches volcaniques - Miquelon et St-Pierre - et de roches métamorphiques diverses - Langlade, p.île du Cap -(orogenèse et chaîne des Appalaches datant du Précambrien). L'aspect est rude, sauvage, des côtes échancrées, le tout profondément modelé par la grande glaciation quaternaire canadienne qui recouvrit également Terre-Neuve et l'estuaire du Saint-Laurent. L'archipel est constitué essentiellement de la petite île de Saint-Pierre (26 km² avec les îlots contigus et 8 km du sud-ouest au nord-est) et de la plus grande île de Miquelon (216 km² et 80 km du nord au sud), elle-même formée de deux îles, Miquelon (110 km²), au sud de laquelle se trouve la lagune du Grand Barachois et Langlade (91 km²), aussi appelées Grande et Petite Miquelon et reliées depuis 1783 par un long isthme sableux qui provoqua, au siècle dernier, de nombreux naufrages. L'intérieur est occupé principalement par des tourbières, des étangs, de rares espaces boisés formés de résineux principalement. Une seule rivière digne de ce nom, la Belle Rivière traverse Langlade. D'autres petites îles ou îlots inhabités autour du port de Saint-Pierre au sud-est : l’île aux Marins (ancienne île aux Chiens), l’île aux Pigeons, l’île aux Vainqueurs et à l'Est de Saint-Pierre, le Grand Colombier. Plus au large, en direction de la péninsule Burin (Canada), l'Île Verte est un îlot en limite des eaux territoriales dont la souveraineté appartient au Canada et sur lequel il a érigé un phare.

Climat

L'hiver à Saint-Pierre. Le climat des îles suit les évolutions de Terre-Neuve, c'est un climat océanique froid et humide (1500 mm/an - Taux d'humidité > 80%) avec une forte modération maritime. Balayées rapidement par les dépressions atlantiques naissantes, la position de Saint-Pierre-et-Miquelon en fait un lieu d'affrontement entre les poussées d'air froid arctique et les masses d'air maritime plus douces. C'est également le lieu de rencontre du courant océanique chaud du Gulf Stream et celui froid du Labrador. Ainsi, il est rare de voir des températures inférieures à -10°C l'hiver, la moyenne hivernale n'étant que de -3°C, avec de fréquentes chutes de neige. La température moyenne l'été est de 16°, avec certains jours un brouillard très dense (les fameux bancs de brume de Terre-Neuve) sur juin et juillet. Le facteur éolien ou refroidissement éolien est important.

Conflit potentiel avec le Canada

Le nouveau droit de la mer, tel que défini par les lois UNCLOS des Nations unies, permet désormais aux États d'étendre leur zone économique au-delà des 200 milles nautiques et d'inclure le plateau continental avoisinant. A l'initiative de l'ex-député, Gérard Grignon l'idée de réclamer une extension discontinue de la zone économique exclusive de l'archipel est née. Elle a été soutenue par les élus de la Collectivité et le député a poussé le dossier au maximum. C'est maintenant à Paris d'agir, au niveau des Nations Unies. La position du Canada reste sans ambiguïté : elle refuse toute extension des eaux territoriales des îles Saint-Pierre-et-Miquelon au détriment de sa propre zone économique identifiée au Sud de Terre-Neuve. Ottawa s'en tient à la délimitation frontalière maritime telle qu'elle résulte de la sentence du tribunal arbitral de New-York en 1992. La question de la pêche ne pose pas des problèmes qu'entre le Canada et la France, mais entre les provinces canadiennes maritimes elles mêmes et leurs autorités fédérales. Toutefois elle n'a plus la même acuité qu'elle avait avant 1990 du fait de la dramatique diminution de la ressource halieutique et du moratoire global imposé par Ottawa dans l'intégralité de sa zone, depuis cette époque, avec pour conséquence l'effondrement de la pêche industrielle dans toutes les provinces atlantiques canadiennes ainsi qu'à Saint-Pierre et Miquelon.

Codes

Saint-Pierre-et-Miquelon a pour codes :
- PM, selon la norme ISO 3166-1 (liste des codes pays), code alpha-2,
- .pm, selon la liste des Internet TLD (Top level domain),
- LF, selon la liste des préfixes des codes OACI des aéroports,

Voir aussi

-Communes de Saint-Pierre-et-Miquelon ==
Sujets connexes
Acadie   Amérique   Amérique du Nord   Annick Girardin   Appalaches   Archipel   Archipel demain   Arctique   Baleine grise   Bootlegger   Bretagne   Brouillard   Caen   Canada   Charles de Gaulle   Chasse à la baleine   Circonscription législative de Saint-Pierre-et-Miquelon   Climat   Code général des collectivités territoriales   Collectivités d'outre-mer   Communes de Saint-Pierre-et-Miquelon   Conseil général (France)   Conseil économique et social (France)   Denis Detcheverry   Divers droite   Droit de la mer   Département d'outre-mer   Déportation des Acadiens   Député   Euro   France   France d'outre-mer   Français   François Mitterrand   Grand Colombier (Saint-Pierre-et-Miquelon)   Guadeloupe   Gulf Stream   Guyane   Hiver   ISO 3166-1   Inspecteur d'Académie   Isthme   Jacques Cartier   Jacques Chirac   LF   Lagune   Langlade (Saint-Pierre-et-Miquelon)   Libération (histoire)   Liste des députés de Saint-Pierre-et-Miquelon   Liste des préfets de Saint-Pierre-et-Miquelon   Liste des préfixes des codes OACI des aéroports   Liste des sénateurs de Saint-Pierre-et-Miquelon   Loi organique   Louis XVIII de France   Martinique   Mille marin   Miquelon   Miquelon-Langlade   Morue   Navigateur (marine)   Neige   Normandie   Nouvelle-France   Nouvelle-Écosse   Orogenèse   PM   Parti radical de gauche   Pays basque   Plateau continental   Portugais   Prohibition   Propagande   Précambrien   Préfecture   Pêche (halieutique)   Radiophonie   Recensement   Recteur d'académie   Refroidissement éolien   Régime de Vichy   République française   Révolution française   Saint-Pierre (Saint-Pierre-et-Miquelon)   Sainte Ursule   Seconde Guerre mondiale   Stéphane Artano   Terre-Neuve   Terre-Neuve-et-Labrador   Territoire d'outre-mer   Tourbière   Traité de Paris (1763)   Traités d'Utrecht (1713)   Tribunal administratif (France)   Tribunal de première instance   Tribunal supérieur d'appel   Union européenne   Unterseeboot   William Lyon Mackenzie King   Zone économique exclusive  
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