Séville

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Séville (Sevilla en espagnol) est une ville du sud de l’Espagne, capitale de la province éponyme et de la Communauté autonome d’Andalousie"La capital de Andalucía es la ciudad de Sevilla, sede del Parlamento, de la Presidencia de la Junta y del Consejo de Gobierno (...)" (La capitale de l'Andalousie est Séville, siège du Parlement, de la Présidence de la Junta et du Conseil de Gouvernement) - Article 4 du Titre Préliminaire du Statut d'autonomie de l'
Séville

Séville (Sevilla en espagnol) est une ville du sud de l’Espagne, capitale de la province éponyme et de la Communauté autonome d’Andalousie"La capital de Andalucía es la ciudad de Sevilla, sede del Parlamento, de la Presidencia de la Junta y del Consejo de Gobierno (...)" (La capitale de l'Andalousie est Séville, siège du Parlement, de la Présidence de la Junta et du Conseil de Gouvernement) - Article 4 du Titre Préliminaire du Statut d'autonomie de l'Andalousie, approuvé par référendum le 18 février 2007 - Consultable sur le . Peuplée par habitants en 2006, située au centre d'une riche région agricole, traversée par le Guadalquivir et connectée à un important réseau de communication, la cité est le cœur économique, politique et culturel de l’Andalousie, et constitue l’une des plus importantes villes du pays, mais aussi de l'Europe du Sud. C’est également une ville au passé prestigieux, ayant légué un patrimoine artistique d’une immense richesse, qui en fait une des destinations touristiques les plus prisées d’Europe, et l’auréole d’un certain prestige. Ses monuments, les nombreux artistes qui y sont nés ou y ont œuvré, son histoire glorieuse, ses fêtes traditionnelles, mais aussi son climat ont ainsi contribué à sa renommée.

Étymologie, devise, blason

Le nom de Sevilla provient de l’ancien toponyme Ishbiliya qui lui fut donné à l’époque musulmane. La devise de Séville est NO 8 DO. Le 8 représente ici un écheveau de laine, madeja en espagnol. La phrase se lit donc : no madeja do, contraction de No me ha dejado, elle ne m’a pas laissé. Cette formule fait référence au roi Alphonse X le Sage, lequel, chassé du pouvoir par son fils Sanche, futur Sanche IV, en 1282, se réfugia à Séville, l’une des très rares villes de sa couronne à lui être restées fidèles face à son fils rebelle. Il y mourut en 1284. Cette devise figure sur le drapeau municipal. Le blason, quant à lui, représente le roi Ferdinand III de Castille, conquérant de la ville en 1248, entouré de saint Isidore et de son frère saint Léandre qui furent tous deux archevêques de Séville aux s. La devise de la cité figure au bas du blason Pour l'ensemble de ce chapitre, voir : , et ..

Histoire

L'Antiquité

Selon la légende, Séville fut fondée par les Tartessiens autour du , sous le nom de Ispal ou Spal (selon les sources latines). Le premier site de peuplement stable a été localisé au bord du Guadalquivir, sur un petit promontoire, aujourd’hui connu sous le nom de Cuesta del Rosario. C’est à cet endroit que le fleuve cesse d’être navigable pour les grandes embarcations. La ville fut ensuite peuplée par les Phéniciens et les Grecs. Séville se retrouve au cœur de la Deuxième Guerre punique : les Carthaginois s'en emparent en -216. La bataille d'Ilipa permet aux Romains de la conquérir en -206. La ville est rebaptisée Hispalis, et est reconstruite. Son tempérament mouvant amène néanmoins les Romains à fonder une autre cité à proximité : Itálica, qui devient la ville résidentielle, tandis qu'Hispalis conserve ses fonctions commerciales. Jules César la dote d'une nouvelle enceinte en -49, puis l'élève en -45 au rang de colonie romaine. Elle devient alors une cité importante, dominant toute la Bétique. Au moment des Grandes invasions, Séville est conquise successivement par les Vandales en 426, puis par les Suèves en 441. Ces derniers seront néanmoins chassés par les Wisigoths après la bataille du fleuve Órbigo en 456.

Le Moyen Âge

La Séville wisigothique

Les Wisigoths sont chassés de Gaule par les Francs en 507. Commence alors une lente mais déterminante conquête de la péninsule ibérique, sur laquelle les Goths avaient commencé à prendre leurs marques au siècle précédent. Hispalis est rebaptisée Spali, et se retrouve au centre des conflits qui déchirent le royaume :
- dans les années 549, Spali est le théâtre de l'élection d'Agila I. Un concurrent, Athanagild lui fait face et retourne la situation en sa faveur, avec le soutien de Spali et l'aide des troupes de Justinien. Celles-ci en profitent pour occuper la Bétique et Spali, qui rechigne à se soumettre aux Wisigoths
- Léovigild nomme son fils Herménégild, duc de la Bétique. Herménégild s'établit à Séville, et profitant des conflits religieux entre tenants de l'arianisme - officiel - et du catholicisme - auquel il s'est converti -, il se proclame à Spali et déclenche une révolte contre son père. Celui-ci assiège la ville qui sert de base à Herménégild, et le met en déroute, avant de le faire mettre à mort, face à son refus d'abjurer le catholicisme. Après ces évènements, Spali reste à l'écart de la vie politique et militaire du royaume. La cité s'exprime désormais à travers la culture, dont elle devient un des plus brillants foyers d'Occident, grâce à l'action de saint Léandre et saint Isidore, les deux plus illustres archevêques de Séville, qui développent notamment la bibliothèque.

La cité musulmane

Séville a été une ville arabe de 712 à 1248. Mais l'influence de la culture musulmane a été plus durable, et se marque notamment dans le style dit mudéjar (surtout Palacio de Pedro el Cruel). Parmi les monuments qui subsistent de l'époque arabe: les hauts murs de l'Alcazar, la tour de l'Or au bord du Guadalquivir, et surtout la Giralda (ancien minaret). Dans un premier temps, la capitale politique d'El-Andalous a été Cordoue, siège d'un émirat promu en califat en 929. En 844, Séville est ravagée par les Normands, puis à nouveau en 858 par le chef viking HastingMichel Dillange. Les Comtes de Poitou Ducs d'Aquitaine (778-1204). La Crèche : Geste éditions, 1995. ISBN 2-910919-09-9, p 57-58. Vers 1010 le califat de Cordoue à cédé la place à plusieurs royaumes musulmans, dont celui de Séville a été particulièrement brillant: le premier roi maure à Séville fut Abad I (1015-1041), d'origine syrienne. Une tradition veut que son arrière-petite-fille Zaida (fille ou belle-fille d'Abad III) soit devenue la maîtresse et peut-être l'épouse d'Alphonse VI de Castille, le roi qui a pris Tolède en 1085, après s'être fait baptisée. En tout cas la politique d'Alphonse VI, alliant force et séduction, inquiéta les rois maures, qui firent appel aux Almoravides en 1086. Ces derniers réunifièrent El-Andalous, avec Grenade pour capitale, et Séville tomba en leur pouvoir en 1091, mais il y eut à nouveau division vers 1150. L'apogée de la Séville musulmane se marque dans la seconde moitié du . C'est l'époque de la dynastie des Almohades, illustrée par Al-Mansour (1184-1199). Les Almohades ont une fois de plus unifié El-Andalous et favorisent Séville.

La ville chrétienne

Après la conquête opérée par saint Ferdinand III (siège de Séville pendant 18 mois), les rois et le clergé catholique ont voulu peu à peu remodeler la ville: construction de nouveaux palais, destruction de la mosquée, remplacée par une cathédrale que l'on voulait l'une des plus vastes de la chrétienté, églises et couvents. En revanche la juderia a peu changé. Si la capitale du royaume de Castille était Burgos, la cour était en fait itinérante, et de nombreux souverains ont pris plaisir à séjourner plus ou moins durablement à Séville (dont Alphonse X le Sage, Pierre I le Cruel). Cela a stimulé l'activité du bâtiment, l'artisanat d'art, la vie culturelle. Grâce à l'irrigation développée par les Arabes, les campagnes de la région sont florissantes. Comme les navires de l'époque ont un faible tirant d'eau, on peut embarquer à Séville pour les navigations océanes (Vespucci, Magellan). La cité est débordante de vie, et Isabelle II crée une Bourse du commerce en 1503. On a peut-être exagéré l'importance de Séville en lui attribuant 400 000 habitants, mais, même si elle n'en a comporté que 200 000, c'était l'une des plus grandes villes du monde de cette époque.

Séville au Siècle d'Or

Ce qu'on entend habituellement par "siècle d'or" s'étend du règne de Charles Quint à celui de Philippe IV. Le bilan pour Séville est contrasté. En points défavorables: l'ensablement progressif du Guadalquivir, qui entraîne un transfert à Cadix d'une bonne partie du trafic maritime, le départ des juifs et des musulmans. En points favorables: l'existence d'une université fondée en 1504, des travaux commandés par les rois, l'existence d'une brillante école de peinture, où on distingue trois générations: Roela et Pacheco à la première, Herrera le Vieux et Zurbaran à la deuxième, Murillo à la troisième. Velasquez est né à Séville dans ce milieu porteur. Cette école de peinture doit beaucoup à des commandes de monastères, ce qui suggère l'existence d'une vie religieuse intense et une certaine richesse, grâce à des donations faites aux institutions religieuses et aux revenus tirés de propriétés foncières.

Le déclin du

Le déclin du est relatif. Il semble bien que Cadix, où est transféré l'entrepôt du commerce colonial ainsi que la Casa de contratación (chambre de commerce) locale, marque beaucoup de points dans la compétition avec Séville, et l'ampleur des constructions baroques à Cadix en témoigne. Néanmoins Séville n'est pas délaissée, et elle reçoit une belle manufacture de tabac, due à l'architecte Vicente Acero. Le tabac arrive d'Amérique, et on voit que Séville bénéficie de retombées du commerce atlantique. Cette manufacture employait autour de ouvrières (dont plus tard Carmen...). Par ailleurs le roi Charles III a créé une fabrique de canons qui, pour l'époque, utilisait une technologie avancée. Il y avait des métiers textiles (laine, soie), une fabrication importante de porcelaine. On est certain que la population de Séville au était de habitants, ce qui est beaucoup. Séville était une ville de sociétés savantes, de bibliothèques, de savoir encyclopédique.

Séville aux s

Image du site de l'Expo 92
-Exposition ibéro-américaine de 1929‎: longtemps repoussée, notamment à cause de la première guerre mondiale, elle a marqué l'entrée de Séville dans le .
- Exposition universelle de 1992 : la ville accueille l'Exposition universelle de 1992, année faste pour l'Espagne puisque cette même année, Madrid était désignée capitale culturelle de l'Europe et Barcelone accueillait les Jeux olympiques d'été.
- Sommet européen de 2002 : Juin 2002, fin du sommet de l'Europe dont l'un des thèmes principaux fut la mise en place d'une politique anti-migratoire plus stricte, mais la position défendue par José María Aznar, Tony Blair et Silvio Berlusconi fut critiquée par d'autres gouvernements européens. Le 20 juin, une grève générale fut organisée par les partis d'opposition (socialistes et communistes), ainsi que les deux grands syndicats espagnols (UGT, CCOO) pour s'opposer au decretazo, c'est-à-dire la modification des règles de l'allocation du chômage par le gouvernement espagnol. Il faut aussi ajouter que le sommet des 15 pays de l'Union européenne n'a pas été le seul. En même temps un contre-sommet fut orchestré par diverses organisations pour s'opposer à la politique européenne (car selon eux, elle défend une Europe du capital et égoïsme néolibéral) pour s'opposer aux restrictions contre l'immigration et pour défendre une mondialisation sociale.

Géographie

Situation

Située au sud-ouest de l'Espagne, Séville bénéficie d'un emplacement privilégié, largement ouvert vers l'extérieur et qui s'appuie sur deux caractéristiques géographiques majeures. D'une part, la cité est traversée par le Guadalquivir, navigable jusqu’à la capitale andalouse. Le fleuve lui offre un accès à la mer, ce qui explique sa place prépondérante dans l'histoire d'une ville qui s'est construite par et autour de lui. Voie de communication essentielle, le Guadalquivir a permis le développement d'un commerce fluvial encore actif à ce jour, et qui connut son apogée au moment de la constitution de l'empire espagnol. Séville, en Andalousie D'autre part, Séville domine la vega (plaine) du Guadalquivir, la Campiña sevillana. Cette vaste étendue de plaines légèrement ondulées est exploitée depuis des siècles pour sa fertilité qui a contribué à la richesse de la ville. Cultures céréalières, maraîchères, oléicoles, ou encore élevage de bétail (toros braves notamment), n'ont cessé d'être développés sur ces terres qui continuent à faire vivre la région. Cette position enviable offre à Séville une franche ouverture vers les régions limitrophes, sur lesquelles s'étend son influence : l' Aljarafe, Alcor et les sierras nord et sud de la province. La ville, desservie par un réseau de communications dense, se trouve à 125 km de Cadix, 140 km de Cordoue, 219 km de Málaga, 250 km de Grenade, 541 km de Madrid et 1046 km de Barcelone.

Climat

Située au sud de l'Espagne, non loin du continent africain, Séville bénéficie d'un climat très nettement méditerranéen, tout en subissant des influences continentales Toutes les données de ce paragraphe proviennent du site de l'. Sa position modérément éloignée de la mer, dans la vaste plaine du Guadalquivir, lui permet de jouir d'un climat relativement doux et clément tout au long de l'année. La température moyenne annuelle s'établit à 18, 6 °C (minimales : 12, 2 °C ; maximales : 24, 9 °C). Néanmoins, Séville connaît des étés particulièrement longs et torrides, avec des températures maximales moyennes dépassant les 25 °C de mai à octobre. Les pics de températures sont atteints entre juin et septembre, à une période où le mercure dépasse constamment la barre des 30 °C, voire des 40 °C. Le régime pluviométrique de la capitale andalouse correspond lui aussi à celui d'un climat méditerranéen (533 mm de moyenne annuelle), les précipitations étant fondamentalement réparties du mois d'octobre au mois d'avril. Les chutes de pluie sont en revanche quasiment nulles au cœur de l'été, où seuls quelques orages viennent arroser la région. Moyennes climatologiques

Démographie

La commune de Séville est le centre d'une agglomération qui s'étend sur km², et regroupe habitants, ce qui en fait la quatrième agglomération d'Espagne L'ensemble de ce chapitre tire ses sources de l' et de l'. Selon l'Institut espagnol de la statistique (INE), la ville en elle-même comptait habitants en 2006, la plaçant également au quatrième rang des villes espagnoles en terme de population, après Madrid, Barcelone et Valence. L'institut andalou de la statistique (IAE) a délivré les chiffres suivants pour l'année 2006 :
- Part des hommes : 47, 74 %
- Part des femmes : 52, 26 %
- Part des moins de 20 ans : 20, 29 %
- Part des plus de 65 ans : 15, 69 %
- Part des étrangers : 2, 94 % (nationalité majoritaire : Équatoriens)
- Naissances : 7 905
- Décès : 6 088 Ces indications chiffrées sont révélatrices du dynamisme de la ville qui attire, en raison de facteurs divers, de nombreux espagnols et étrangers. Centre de l'agglomération, Séville voit néanmoins se développer autour d'elle des cités dortoirs, peuplées de travailleurs qui se rendent dans la capitale pour travailler, mais résident à l'extérieur. Cette situation explique en partie les problèmes de transports importants observés depuis plusieurs années, et le développement de lignes de tramway (dont la première ligne est entrée en service le 28 octobre 2007) et de métro (dont la première ligne, prévue pour 2008, reliera l'est à l'ouest en passant sous le Guadalquivir). Selon le dernier recensement complet mené par l'IAE, en 2001, une part très nettement majoritaire de la population est employée dans le secteur tertiaire, stimulé notamment par l'activité touristique. 80, 60 % de la population active travaille dans ce secteur. Le secteur secondaire représente encore 17, 73 % des actifs ; le secteur de la construction monopolise 39, 05 % des emplois du secondaire, soit 6, 92 % du total de la population active sévillane. Quant aux emplois liés à l'agriculture et à la pêche, ils ne représentent plus que 1, 68 % des actifs de la ville.

Administration

néoclassique de la Mairie, sur la Plaza Nueva La ville de Séville est administrée par un conseil municipal composé du maire et des conseillers municipaux, au nombre de trente-deux. La Mairie est installée dans un bâtiment du , sur la Plaza Nueva et la Plaza San Francisco. En vertu de la Constitution, des lois nationales et autonomiques, le maire a autorité sur l’ensemble des services administratifs et financiers de la ville, qu’il est chargé de diriger dans les domaines de ses compétences. Les deux principaux organes de gestion de la ville sont :
- le conseil municipal (Pleno) : composé de l’ensemble des conseillers municipaux, et présidé par le Maire, il a en charge l’élection du premier magistrat, et son éventuelle destitution, le contrôle de l’action municipale, l’approbation des projets et règlements municipaux, du budget, etc. Les travaux du Conseil Municipal sont étudiés et préparés en commissions. Les sessions ordinaires ont lieu le troisième jeudi de chaque mois, à l’exception du mois d’août.
- Le conseil de gouvernement local (Junta de Gobierno) : présidé par le maire, il se compose de conseillers municipaux désignés par ce dernier, à hauteur maximale d’un tiers du total du conseil municipal. Lors de ces réunions hebdomadaires, dont les délibérations sont tenues secrètes, les membres de ce conseil politique élaborent, discutent et approuvent les projets qui seront ensuite débattus en conseil municipal : projets de règlements, budget… Ils statuent également sur l’offre d’emplois publics à la mairie. La ville est par ailleurs divisée en onze districts, destinés à décliner au plus proche des citoyens la politique générale de la ville : Le Maire actuel de la ville est Alfredo Sánchez Monteseirín, du PSOE. Ce médecin, né en 1957, a été élu en 1999 et réélu en 2003 (avec les voix du PSOE et du PA, Partido andalucista) et en 2007 (avec les voix du PSOE, d'Izquierda Unida, de Los Verdes et de Convergencia Andaluza). Le Conseil Municipal actuel se compose de 15 élus du PSOE (dont le maire), 15 élus du PP, et 3 élus de IU-LV-CA.

Transports

La capitale andalouse est connectée à un important réseau de communications, la reliant par voies routière, aérienne et ferroviaire à l’ensemble de l’Andalousie, de la péninsule ibérique et au reste de l’Europe. L’Expo ’92 a joué un rôle primordial dans le développement des infrastructures de transports, le président du Gouvernement Felipe González, sévillan d’origine, ayant activement appuyé cette politique de désenclavement de la cité. Par ailleurs, la municipalité et le gouvernement andalou ont mis en place un réseau très dense de transports urbains par autobus. La première ligne de tramway a été inaugurée en octobre 2007 entre la Plaza Nueva et le Prado de San Sebastián. De plus, la première ligne de métro devrait voir le jour en 2008.

Transport aérien

Séville dispose d’un aéroport situé à quelque 10 km du centre de la ville : l’Aéroport de Sevilla San Pablo. Totalement restructuré et agrandi à l’occasion de l’Expo ’92, le terminal est désormais relié aux principaux aéroports du pays (Barcelone, Madrid, Palma, Bilbao...) et d’Europe (Paris, Londres…). Quoique placé dans l’ombre du grand aéroport international de Málaga, San Pablo a reçu, en 2005, passagers, dont 22, 30 % en provenance de l’étranger Source .

Transport ferroviaire

La gare de Santa Justa En prévision de l’Expo ’92, Séville s’est vu accorder la première ligne à grande vitesse espagnole (AVE), reliant la ville à Madrid, via Cordoue. La très moderne Gare de Santa Justa a été bâtie afin d’accueillir les nouvelles rames de l’AVE, et fut inaugurée par le roi peu avant l’Exposition. La gare est desservie quotidiennement par une trentaine de trains à grande vitesse, qui ont transporté passagers en 2006 Source : . Néanmoins, la configuration des lignes classiques espagnoles ne permet pas à l’heure actuelle de relier directement Séville à toutes les grandes villes espagnoles. Seules quelques agglomérations sont connectées à elle, telles Barcelone ou Valence. En revanche, la Renfe et le gouvernement andalou ont développé un excellent réseau régional, unissant les plus importantes localités de la province et de la communauté. D’autre part, Séville bénéficie d’un service de Cercanías (réseau régional) qui la connecte régulièrement avec les communes de son aire métropolitaine.

Transport routier

Séville jouit d’un raccordement optimal au réseau routier (autovías, voies rapides) et autoroutier (autopistas, autoroutes payantes) national, qui relie la capitale andalouse aux principales villes du pays. La ville, ceinte de rocades et de voies d’accès, est traversée par :
- Autovía del Sur – A4 : Madrid-Cordoue-Séville-Jerez de la Frontera
- Autopista del Sur – AP-4 : Séville-Cadix
- A47 : Séville-Portugal, par Rosal de la Frontera
- Autovía del Quinto Centenario – A49 : Séville-Huelva-Ayamonte-Portugal
- Autovía Ruta de la Plata – A66 : Gijón-Salamanque-Badajoz-Séville
- A92 : Séville-Almería Le transport en autocar est bien plus utilisé en Espagne que dans d’autres pays d’Europe, comme la France España se encuentra a la cabeza de la UE en cuanto al parque de autobuses y autocares, que consta de 60.000 unidades y constituye el modo de transporte colectivo más utilizado: dos de cada tres viajes y 1.200 millones de viajeros al año. ( L'Espagne se trouve à la tête de l'Union Européenne pour son parc d'autobus et d'autocars, qui compte 60.000 unités et constitue le mode de transport collectif le plus utilisé : deux voyages sur trois et un 1, 2 milliards de voyageurs par an, traduction personnelle), source : , paru dans le supplément Motor du quotidien espagnol El Mundo, n° 361, mai 2006. Séville est dotée de deux gares routières (Estación del Prado de San Sebastián, Estación de la Plaza de Armas), d’où sont assurées des liaisons avec toute l’Andalousie, l’Espagne, le Portugal et l’Europe.

Transport urbain

La municipalité, la diputación et la communauté autonome ont organisé un vaste réseau de transports urbains, géré par l’entreprise TUSSAM, qui assure le fonctionnement des dizaines de lignes d’autobus qui irriguent la ville et ses environs proches. En 2003, en coopération avec le Ministère des Transports, le Gouvernement andalou et la ville ont initié les travaux de construction de la première ligne de métro sévillane. Cette initiative répond aux besoins croissants de transport dans l’agglomération, prise dans les embouteillages quotidiens. Projetée dans les années 1970, puis abandonnée peu de temps après pour des raisons techniques et financières, cette ligne devrait voir le jour en 2008, et doit être complétée par d’autres liaisons souterraines dans les années suivantes. Toujours dans le souci d'optimiser le système de transports, une ligne de tramway, baptisée Metrocentro a été construite à travers le centre de la ville (entre l'Avenida Carlos V et la Plaza Nueva). Elle a été inaugurée le 28 octobre 2007. Toujours par souci de désengorgement du centre, plusieurs dizaines de kilomètres de pistes cyclables ont été mises en place ces dernières années. En parallèle, la ville a installé en 2007 de nombreux points de location de vélos, dont le nombre ne cesse d'augmenter: à moyen terme, 2500 bicyclettes seront disponibles sur 250 points de location à travers la villehttp://www.sevilla.org/sevillaenbici/.

Économie

L’activité économique de Séville ne saurait être détachée du contexte géographique et urbain de la ville. La capitale de l’Andalousie est le centre d’une vaste agglomération, dont la croissance soutenue témoigne de l’attractivité de la ville et de ses alentours, qui bénéficient en retour de l’attraction qu’exerce le chef-lieu, en voyant s’installer de nombreux habitants mais aussi de vastes zones industrielles et commerciales. Le climat et l’art de vivre sévillans sont des facteurs d’attractivité pour une ville dotée d’un excellent réseau de communications, et jouissant d’un emplacement géographique privilégié. Séville se situe ainsi à la tête des villes andalouses dans le domaine économique. Les données contenues dans ce chapitre ont été obtenues auprès de , de l’ et de l’. Les infrastructures dont dispose la ville contribuent à la croissance d'une économie dominée par le secteur des services, mais dans laquelle l'industrie tient encore une place non négligeable.

Infrastructures

Le développement économique de la cité et de son aire urbaine s’explique par la présence d’infrastructures fondamentales pour la circulation des biens et des personnes, mais également pour l’évolution des entreprises et de leurs activités. Leur création a accompagné la croissance de l’agglomération sévillane. Séville, en arrière-plan la zone portuaire Outre le réseau de transports optimal la desservant (voir supra), Séville dispose du seul port fluvial de la péninsule ibérique, situé à 80 km de l’embouchure du Guadalquivir. Ce complexe portuaire offre un accès à l’Atlantique et à la Méditerranée, et permet des échanges de marchandises entre le sud de l'Espagne (Andalousie, Extrémadure) et l’Europe, le Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Le port a subi ces dernières années d’importants travaux de restructuration et d’agrandissement. Le tonnage annuel s’élevait à 5, 3 millions de tonnes de marchandises en 2006. Séville possède par ailleurs un Centre de transport de marchandises. Ce complexe, situé à l’est de la ville, est connecté aux réseaux ferroviaire et routiers, lesquels lui permettent un accès aux zones portuaire et aéroportuaire. Séville s’étant tournée depuis une quinzaine d’années vers la promotion du tourisme d'affaires, elle s'est pourvue à cet effet d'un Palais des congrès. Celui-ci accueille divers foires et congrès, et s’est hissé au troisième rang espagnol en terme de fréquentation annuelle, laquelle s’élève à un million de visiteurs. Enfin, décidées à renforcer la dimension technologique et industrielle de l'activité économique de la ville, les pouvoirs publics ont procédé à l'implantation de Zones industrielles et de technopôles. Séville et ses alentours abritent plusieurs zones industrielles d’importance. Dos Hermanas accueille la plus grande zone industrielle andalouse, tandis qu’Alcalá de Guadaíra possède la plus vaste surface industrielle de la communauté. À Séville ont par ailleurs été aménagées deux technopôles de haute qualité :
- le Parque Científico Tecnológico Sevilla Tecnopolis, qui regroupe sur  m² des entreprises, centres de recherche et départements universitaires orientées vers le développement des nouvelles technologies. personnes y travaillent. C’est le plus important technopôle de ce genre en Espagne, en termes de chiffre d’affaires.
- le Parque Tecnológico y Aeronáutico Aerópolis, établi sur  m² et orienté vers l’industrie aéronautique

Caractéristiques par secteur

La ville de Séville et son agglomération ont, de par leur situation au cœur de la plaine du Guadalquivir, maintenu une activité agricole dynamique, l’industrie agroalimentaire y est florissante. Néanmoins, la région s’est depuis longtemps tournée vers l’avenir, en investissant massivement dans les activités industrielles, favorisées par les infrastructures existantes, et, de plus en plus, vers les services et les nouvelles technologies. Séville concentrait, en 2004, 31 % des grandes entreprises andalouses et 128 des plus grandes entreprises nationalessource : classement Actualidad Económica 2004. L’agglomération comptait en 2005 une population active de personnes, dont (69, 81 %) pour la ville centre.
- Le secteur agricole ne représente plus guère que 1, 3 % des actifs de la ville. Les cultures céréalières, maraîchères, oléicoles et d’agrumes constituent la principale activité agricole dans cette zone de l’Andalousie.
- Le secteur secondaire contribue à hauteur de 28 % au P.I.B. de l’agglomération. Il employait, en 2005, 15, 2 % des actifs de la commune de Séville. Il est bien implanté dans l’agglomération, stimulé par les nombreuses zones industrielles, la présence d’infrastructures logistiques adéquates et la proximité des complexes des baies de Cadix et d’Algésiras, et de Huelva. Les activités dominantes sont :
- l’industrie lourde :
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- énergie : les entreprises Endesa et sa filiale Sevillana de Electricidad, spécialisées dans la génération et le transport d’électricité, mais aussi les énergies renouvelables et les télécommunications ; Repsol (hydrocarbures) ; Gas Natural (distribution de gaz) ; …
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- chimie : 300 entreprises (dont Brenntag) sont présentes dans le secteur, générant environs emplois dans l’agglomération
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- métallurgie : conception de produits finis par un millier d’entreprises employant environ personnes
- secteur de la construction : ce secteur très dynamique en Espagne emploie 7, 8 % de la population active sévillane, et représente 11 % du PIB local. entrepreneurs sont présents dans le secteur.
- Industrie agroalimentaire : bénéficiant des productions agricoles de la vallée du Guadalquivir, l’agglomération sévillane possède un secteur agroalimentaire extrêmement actif et performant au niveau national. Les quelque entreprises de la branche sont essentiellement spécialisées dans la transformation et la distribution de :
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- boissons rafraîchissantes et la bière : usines de Coca-Cola et PepsiCo, brasserie de la marque Cruzcampo et de sa maison mère, Heineken
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- huile d’olive, produite en quantité dans cette région oléicole
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- tabac : usine Altadis
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-…
- Industrie liée aux transports : Séville se distingue en ce domaine
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- industrie aéronautique : usines EADS-CASA où sont assemblés certains modèles du constructeur européen (Eurocopter Tigre, Airbus A400M, …). Certains éléments de l’Airbus A380 sont également préparés en ces lieux. De nombreux sous-traitants et des entreprises innovantes spécialisées dans ce domaine gravitent autour du géant EADS.
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- construction automobile : Séville est le principal centre de production automobile du sud de l’Espagne, grâce notamment à la présence de l’usine Renault San Jerónimo.
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- construction navale : chantiers navals de Séville (en restructuration profonde, et menacés de fermeture depuis 2004)
- Le secteur des services emploie 83, 5 % de la population active de Séville. Il représente actuellement une part significative du P.I.B. local et s’articule autour des grandes branches suivantes :
- Tourisme : Il s’agit d’un secteur essentiel dans l’économie de la ville, qui a reçu, en 2006, touristes Source : . Les atouts de Séville sont son patrimoine historique et sa dimension de ville de culture, la présence d’un parc d'attractions (Isla Mágica), ses fêtes de printemps (Semana Santa, Feria de Abril) et son tourisme d’affaires.
- Commerce : Séville est la première ville d’Espagne en terme de surface commerciale par habitant. commerces, de toutes tailles, sont répertoriés dans l’agglomération. La ville exerce un attrait considérable sur les régions alentours, et son potentiel de clientèle est estimé à de consommateurs. Aux commerces de proximité traditionnels, encore très implantés dans toute l’agglomération, s’ajoute une panoplie de grands centres commerciaux, où se sont implantées en nombre les enseignes les plus représentatives de la grande distribution. La ville héberge également un certain nombre de plates-formes logistiques de la grande distribution d’où sont traitées les marchandises à destination des magasins d’Andalousie, d’Extrémadure, des Canaries et du sud du Portugal.
- Service aux entreprises : avec le soutien des pouvoirs publics, la ville a développé ce secteur d’activités, qui représentait, en 2003, 12 % du P.I.B. local. Plus de entreprises locales sont spécialisées dans les ressources humaines, l’assistance juridique, le conseil, les systèmes d’informations et autres formes de services.
- Services financiers : ils représentent 6 % du P.I.B. (2003) et font de Séville le principal centre financier du sud de pays, avec plus de succursales. Tous les établissements nationaux y ont établi au moins une agence, et de nombreuses banques internationales s’y sont installées.

Recherche et développement

À travers ses technopôles et son tissu d’entreprises innovantes, la capitale andalouse s’est hissée parmi les toutes premières villes espagnoles en terme de recherche et développement. À cela s’ajoute l’activité scientifique et technologique des trois universités de la ville, dont certains laboratoires et centres de recherche travaillent en étroite liaison avec le milieu socio-économique local. Ainsi, le Parque Científico Tecnológico Sevilla Tecnopolis regroupe des acteurs privés et publics dans divers domaines de recherche. Les principaux axes de recherche et d’innovation s’articulent autour des télécommunications, des nouvelles technologies, des biotechnologies (en relation avec les spécificités agricoles locales), de l’environnement ou encore des énergies renouvelables.

Enseignement supérieur

Trois universités sont implantées à Séville, dont une université privée. Façade de la Universidad de Sevilla
- Universidad de Sevilla - Communément appelée la Hispalense, cette université publique est la plus vieille de la ville. Elle fut fondée en 1505 par une bulle du pape Jules II. Elle accueille environ étudiants, dans ses nombreuses facultés, écoles et instituts, couvrant la plupart des champs disciplinaires, depuis les lettres aux sciences de la santé en passant par les technologies ou les arts. Le siège de l'Université est sis dans l'ancienne Fabrique Royale de Tabac, un immense édifice du , qui accueille également les facultés de Lettres, de Sciences Humaines et de Droit. Les autres structures sont établies dans les diverses installations de l'établissement, aux quatre coins de la ville.
- Universidad Pablo de Olavide - Cette petite université publique a été fondée en 1997. Construite à l'écart du centre, elle accueille environ 8.600 étudiants, notamment dans les domaines des sciences juridiques, économiques et sociales, des humanités et des sciences du vivant. Elle entretient par ailleurs des liens très étroits avec l'Amérique latine.
- Universidad San Pablo - Il s'agit de la seule université privée d'Andalousie. Fondée en 2002, elle dépend de la Fundación San Pablo Andalucía, elle-même rattachée à la Asociación Católica Nacional de Propagandistas, basée à Madrid. Elle dispose d'un campus à Bormujos, dans l'agglomération sévillane, à Cordoue et Jerez de la Frontera. Par ailleurs, le gouvernement andalou a fondé en 1994 la Universidad Internacional de Andalucía, qui possède quatre sites répartis sur le territoire de la communauté, dont un à Séville. Cet établissement propose des formations absentes des enseignements dispensés par les universités de la région.

Urbanisme et habitat

Séville: la Place d'Espagne Séville est une ville de plaine, dont l'altitude moyenne s'élève à 7 mètres au-dessus du niveau de la mer. Elle n'a donc pas connu les difficultés urbanistiques qui caractérisent le développement des villes au relief plus accidenté. L'urbanisme de cette cité vieille de plus de deux mille ans conserve les traces du passage des différents peuples qui l'ont occupée. Son extension sur les deux rives du Guadalquivir s’est faite progressivement, avec une accélération évidente à partir du . Parcs, larges avenues, vastes places entourent un secteur historique immense, qui conserve un habitat local à la personnalité marquée.

Urbanisme

Santa Cruz, quartier à la trame médiévale La Campana La Torre del Oro et les berges du Guadalquivir Pont de l'Alamillo Le centre historique constitue le cœur de la ville, c’est lui qui a le plus évolué, et qui a été le plus marqué par le passage du temps. Il se caractérise par :
- une trame urbaine héritée de l’époque médiévale. La plupart des quartiers du centre ont conservé les rues et ruelles escarpées, et de largeur réduite pour préserver du soleil ;
- une présence imposante de monuments historiques de tous types et époques qui influencent profondément la morphologie de la ville, qui s’est construite autour d’eux ;
- le percement d’avenues et l’aménagement de grandes places aux s, pour irriguer le secteur, faciliter la circulation, et faire de Séville une ville moderne. Malgré ces campagnes de modernisation, le trafic demeure difficile, en raison de la configuration générale du centre, en rues étroites ;
- son habitat traditionnel, très resserré ;
- la plantation d’orangers le long de nombreuses voies. Il constitue donc encore une magnifique mosaïque urbaine, entourant le patrimoine historique d’un réseau de rues étroites, alternant avec des places aérées et des voies plus larges qui drainent la circulation automobile. À compter du , et surtout du , la ville a réellement commencé à déborder du périmètre de la muraille. Se sont alors progressivement établis des quartiers de plus en plus nombreux et éloignés. Ce développement a été marqué par :
- l’édification du secteur du parc María Luisa à l’occasion de l’Exposition ibéro-américaine de 1929 : jardins, pièces d’eau, grandes places, théâtre, pavillons nationaux, et nouveaux quartiers (El Porvenir, San Bernardo, …) ;
- la construction dès le de ponts sur le Guadalquivir, permettant de relier le centre à la rive droite du fleuve (Triana), qui s’est considérablement étendue depuis ;
- le percement d’une longue ceinture de cours entourant le centre (les Rondas) ;
- l’édification à partir des années 1960 de grandes cités, afin d’absorber l’accroissement de la population (Las 3000, Los Remedios, les Polígonos…) ;
- les aménagements, restructurations et restaurations à l’occasion de l’Exposition universelle de 1992 : nouvelles infrastructures de transport, réaménagement des quais, nouveaux quartiers… Tous ces quartiers sont reliés entre eux et avec le centre par de grandes avenues plantées de palmiers et d’orangers. Ces voies sont elles-mêmes ensuite connectées aux réseaux de transport routier inter-urbain. Le tout dans le but de favoriser les déplacements et communications. Les quais du Guadalquivir sont devenus sur des kilomètres un lieu de promenade fleuri, qui a rendu son fleuve à la ville.

Quartiers

Les principaux quartiers de la ville sont :

Habitat

Une rue aux immeubles cossus dans le centre de Séville Habitat traditionnel du centre Il existe à Séville un habitat traditionnel, qui était la règle avant les grandes vagues d’urbanisation des années 1960 et postérieures. On retrouve encore ces constructions typiques, tantôt modestes, tantôt luxueuses dans le centre historique de la ville et les quartiers alentours. La demeure populaire sévillane, que l’on retrouve principalement dans les quartiers tels que la Macarena ou San Vicente se caractérise par sa faible élévation. Organisée autour d’un petit patio, elle comprend rarement plus d’un ou deux étages. Les pièces sont petites et sombres. Elle est surmontée d’un toit en terrasse, appelée azotea, au plan à peine incliné, en raison de la faible pluviométrie locale. À côté de cet habitat populaire se sont multipliés les édifices cossus, plus élevés, et à l'architecture plus ostentatoire, à base de moulures, consoles, balcons de style victorien, ... Ces maisons sont souvent très colorées. Il existe des caractéristiques communes à ces bâtisses, quel que soit leur degré de richesses, et ce, dans toute l’Andalousie :
- le patio : il est présent dans toutes les maisons, ses dimensions et sa décoration étant fonction de la taille du bâtiment. Censé apporter l’ombre et la fraîcheur en plein été, il est aussi un lieu de vie et de rencontres. Il est toujours orné de plantes et de fleurs ; les plus confortables d’entre eux sont agrémentés d’une fontaine.
- la chaux : qu’elle soit humble ou opulente, faite de briques ou de pierres, la demeure est régulièrement chaulée, afin d’assurer une blancheur éclatante aux façades. On remarque cependant qu’à Séville, contrairement à ce qui se passe dans le reste de l’Andalousie, les façades sont rarement unicolores. En effet, l’habitat sévillan se distingue par son goût à égayer les édifices, notamment aux contours des fenêtres et des portes, et sur la partie basse des murs, de couleurs plus vives contrastant avec le blanc. Les couleurs les plus communes sont le rouge sang de taureau et le jaune ocre.
- les ouvertures : les fenêtres sont souvent de taille réduite, afin de limiter au maximum la pénétration de la chaleur dans les pièces. Elles sont ornées de grilles en fer forgé.
- les azulejos : qui sont des carreaux de faïence assemblés en fresque à la base des murs et reproduisant des motifs plus ou moins raffinés. Avec l'accélération de la construction de logements depuis quelques décennies dans les nouveaux quartiers, l'habitat traditionnel de la ville a tendance à s'effacer, au profit de bâtiments fonctionnels de grande capacité d'accueil. Souvent néanmoins, les façades sont peintes de blanc, afin de conserver une certaine unité. Dans le centre en revanche, les constructions nouvelles s'intègrent souvent au bâti déjà existant.

Parcs et jardins

L’histoire urbaine locale est marquée par le goût des jardins, qui se manifeste sous la forme de patios, squares et autres parcs. Cette préoccupation pour les espaces verts s’est maintenue jusqu’à aujourd’hui : nombreuses sont les zones de promenade qui ont été aménagées dans la ville et ses alentours. Dans le droit chemin de la tradition andalouse, ces lieux de verdure mêlent harmonieusement l'élément végétal et l’élément aquatique, ce qui en fait des lieux de repos et de fraîcheur recherchés en période estivale. Parmi les plus célèbres parcs et jardins figurent : Les jardins de l'Alcázar de Séville
- Le parc María Luisa : le domaine sur lequel il s’étend appartenait autrefois aux jardins du Palais de San Telmo. Il fut offert à la ville en 1893 par l’infante María Luisa Fernanda de Orléans, puis transformé peu à peu en un vaste parc boisé, parsemé de fontaines, étangs, pavillons, et alternant les plantations à l’anglaise avec des îlots d’inspiration hispano-mauresque. Planté d’une variété d’espèces considérables, il est peuplé par plusieurs espèces d’oiseaux, poissons et batraciens. Il fut complètement restructuré à l’occasion de l’Exposition ibéro-américaine de 1929. On y implanta alors une partie des pavillons nationaux, autour de ruelles et de places, dont les plus emblématiques sont : la Plaza de España et la Plaza de América.
- Les jardins de l’Alcázar, aménagés à l’arrière de l’ensemble palatin. Ils ont été plantés et organisés au fil des siècles. Abrités au sein des murailles du palais, ils sont disposés en terrasses, et présentent des variations d’influence, de style, de végétaux, en fonction des secteurs.
- Les jardins de Murrillo et les jardins de Catalina de Ribera : accolés à la muraille de l’Alcázar et au quartier de Santa Cruz D'autres jardins :

Monuments historiques et sites remarquables

Séville possède un patrimoine architectural d'une ampleur considérable. Elle est en cela une des plus riches cités européennes. Ses églises, palais et édifices divers en font une ville d'art de premier ordre, et une destination privilégiée des touristes.

Patrimoine religieux

Séville est une ville éminemment imprégnée par la religion, comme en témoignent le nombre très élevé de lieux de culte. Parmi les plus célèbres : La Giralda
- la cathédrale et la Giralda, classées au Patrimoine mondial de l'Humanité par l'Unesco ;

Patrimoine civil

La richesse de la ville a permis aux hommes de pouvoir et aux institutions laïques et ecclésiastiques de bâtir de somptueuses demeures. Parmi les plus spectaculaires édifices civils de la ville se distinguent plusieurs palais : Façade du palais mudéjar de l'Alcázar Façade du palais archiépiscopal
- les Reales Alcázares, classé au Patrimoine mondial de l'Humanité par l'Unesco ;
- la Casa de Pilatos
- le palais archiépiscopal ;
- le Palacio de San Telmo ;
- le Palacio de las Dueñas ;
- le Palacio de la Condesa de Lebrija D'autres bâtiments civils sont dignes d'être mentionnés :
- la mairie de Séville ;
- l'Archivo General de Indias, classé au Patrimoine Mondial de l'Humanité par l'Unesco ;
- la Plaza de Toros de la Real Maestranza de Caballería de Sevilla (arènes) ;
- la Real Fábrica de Tábacos ;
- l'Hospital de las Cinco Llagas

Patrimoine militaire

Séville conserve quelques vestiges de son enceinte fortifiée :
- la Muraille de la Macarena ;
- la Torre del Oro
- la Torre de la Plata

Arts et culture

Musées

;Séville et les Beaux-arts L’opulence passée de Séville a légué à celle-ci un patrimoine artistique d’une ampleur exceptionnelle. Couvents, églises, confréries, monarques et nobles ont dépensé des fortunes en constructions et en œuvres d’art. La folie artistique qui s’est emparée de Séville entre le a favorisé le développement d’une école sévillane reconnue, dont l’origine remonte au bas Moyen Âge. Les mécènes ont attiré les grands maîtres gothiques et baroques de la peinture, de la sculpture et des arts décoratifs : Zurbarán, Valdés Leal, Velázquez, Murillo, Herrera el Viejo, Herrera el Mozo, Pedro Millán, Juan Martínez Montañés, Juan de Mesa, etc.. Les liens étroits tissés entre l’Espagne et les mondes flamand et germanique ont stimulé les échanges culturels et la venue de maîtres de l’Europe du Nord. Les œuvres de ces artistes peuvent encore être admirées de nos jours dans les lieux de culte et les palais, mais également dans les musées de la ville. Façade du Museo de Bellas artes ;Les musées Il n’existe pas à Séville de grand musée d’art de stature internationale, tels qu’à Madrid, où sont concentrées les imposantes collections de la Couronne espagnole et de l'État. Les musées de la capitale andalouse, sans que cela puisse remettre en cause leur importance, sont orientés vers la mise en valeur du patrimoine local et régional : patrimoine artistique, culturel ou ethnologique. Parmi ces musées, pour la plupart gérés par le gouvernement autonome, trois sont consacrés à l’art et à l’archéologie, et se hissent au palmarès des plus grandes galeries nationales de leurs catégories. Le plus important des musées de la ville est sans conteste le Musée des beaux-arts de Séville, où sont tout particulièrement représentées la peinture et la sculpture. Logé dans un somptueux monastère du , il abrite l'une des toutes premières collections de peinture d'Espagne Source . Le Musée des beaux-arts est souvent considéré comme la deuxième pinacothèque d’Espagne, après le Musée du Prado, en ce qui concerne les collections d’art national.. Ses collections, qui couvrent l’histoire de l’art du Moyen Âge au , mettent en valeur les productions de l’école de peinture locale, dont les plus prestigieuses réalisations appartiennent à la période baroque. Les toiles de Francisco de Zurbarán et de Bartolomé Esteban Murillo en constituent les chefs-d’œuvre, aux côtés de tableaux d’autres grands maîtres espagnols (Diego Velázquez, José de Ribera, El Greco, …) et européens (Lucas Cranach, Joos van Cleve, …) . Dans le registre des musées d’art figurent également le Musée archéologique et le Centre andalou d’art contemporain, deux musées de premier plan au niveau national dans leurs domaines de compétences. Le premier, fondé en 1867, est installé depuis 1946 dans un pavillon de l’Exposition ibéro-américaine de 1929, sur la Plaza de América, au cœur du Parc María Luisa. Y est conservée l’une des plus importantes collections archéologiques d’Espagne, constituée de plus de 60 000 pièces provenant de chantiers de fouilles andalous, de confiscations de biens ecclésiastiques menées au (les desamortizaciones) et de diverses collections publiques et privées. Les collections comprennent principalement des objets d'époques préhistorique, protohistorique, tartessienne, romaine, mais également wisigothique et musulmane : sculptures, mosaïques, céramiques, pièces d’orfèvrerie, objets du quotidien, objets votifs et mortuaires, ... Deux trésors de la civilisation tartessienne y sont notamment renfermés : le trésor du Carambolo et celui d’Ébora Source : .. Le Centre andalou d’art contemporain (CAAC) a, quant à lui, été institué en 1990 par le gouvernement régional. Implanté depuis 1997 dans l’ancien monastère de la Cartuja, à proximité du site de l'Expo 92, il se consacre à la recherche, à la promotion, à la diffusion et à la conservation dans le domaine de la création artistique contemporaine. En plus d’une importante collection permanente, le CAAC organise régulièrement des expositions temporaires Source .. Enfin, il existe à Séville un ensemble de musées plus modestes, dont la vocation est de mettre en valeur certains aspects de la culture et de l’histoire locales. Ainsi, l’ethnologie et la culture populaire andalouse bénéficient d’une vitrine au sein du Musée des arts et cultures populaires, installé dans le pavillon mudéjar, face au Musée archéologique. Voué à la conservation et à l’exposition de la mémoire populaire régionale, il offre aux visiteurs un vaste ensemble d’objets représentatifs de la société, du mode de vie et du quotidien andalous : habillement, mobilier, outillage agricole, photos et gravures anciennes, … Source : .. Deux aspects incontournables du patrimoine culturel sévillan font l’objet d’une promotion muséographique : la tauromachie, à laquelle est dédié le Musée taurin situé aux arènes de la Maestranza, et le flamenco, à l’honneur dans un musée qui lui est entièrement dédié. Le Musée naval, qui occupe la Tour de l'or, traite quant à lui de la navigation, une des activités centrales de l’histoire de Séville. D’autres musées et salles d’exposition complètent le panorama culturel local, à l’image du Musée des carrosses et du Musée militaire.

Théâtres, opéras et salles de concerts

;Théâtre et musique classiques Séville, fréquentée jadis par des dramaturges de l’importance de Tirso de Molina, Cervantes et Lope de Vega, est depuis longtemps une ville de théâtre. Elle s’est également tournée plus récemment vers l’opéra. Propriété de la ville, le Théâtre Lope de Vega, baptisé du nom de l’illustre dramaturge du Siècle d’or, occupe le Pavillon de Séville, conçu à l’occasion de l'Exposition ibéro-américaine de 1929 pour abriter un théâtre et un casino. Les représentations théâtrales d’œuvres du répertoire classique espagnol et européen composent l’essentiel des représentations, mais la salle accueille également des projections cinématographiques dans le cadre du festival du cinéma européen, ainsi que des concerts de musique et des spectacles de danse Source : .. Le Théâtre de la Maestranza fut pour sa part créé à l'occasion de l'Expo 92 et inauguré par la reine Sophie en 1991. Il figure désormais dans le peloton de tête des opéras espagnols. La programmation, de 180 spectacles annuels, fait alterner des représentations d'opéra, de théâtre, de danse et de musique classique . ;Création contemporaine La création contemporaine n’est pas absente de cette ville très ancrée dans la tradition. En témoigne l’existence du Teatro central, où se produisent divers auteurs et compagnies de théâtre, danse, musique au répertoire essentiellement contemporain et actuel, en collaboration avec des institutions culturelles locales (Centre de théâtre andalou, Ballet flamenco d’Andalousie, ..) et d’autres théâtres. Ces caractéristiques en font une des principales scènes expérimentales d’Espagne, et un outil pour la diffusion et la promotion de la création contemporaine dans le domaine des arts de la scène . Aux côtés du Théatre central existent plusieurs salles plus modestes, où se donnent des représentations de tous types. Il est à noter d’autre part que la présence d’une importante population juvénile et estudiantine a entraîné depuis longtemps l’émergence de salles de concerts de musique actuelle (rock, hip hop, musique électronique, …), officielles ou plus alternatives, tendance sans doute provoquée ou accentuée par le phénomène de la movida. Séville demeure toutefois moins dynamique que sa voisine Grenade, qui propose une offre plus étoffée Source : , la liste des concerts répertoriés permet de mesurer le fossé entre les deux villes en la matière. Grenade est en effet reconnue comme la plus active des capitales andalouses dans le domaine de la musique.. Enfin, Séville est le berceau de plusieurs interprètes musicaux de styles divers : La Mala Rodríguez et Dogma Crew (hip hop), Triana et Smash (rock progressif), Narco (rap et metal), Parachokes (rock), Reincidentes (punk) Certains de ces groupes ont aujourd’hui disparu. Tous font l'objet d'un article dans la ..

Festivals

- Biennal de Flamenco ;
- Festival del cine 100% europeo (novembre) ;
- Festival iberoamericano Sevilla entre culturas (janvier) ;
- Festival internacional de música antigua (mars) ;
- South Pop Festival - Festival de música independiente Ciudad de sevilla (mars) ;
- Festival audiovisual Zemos98_9 (mars) ;
- Festival internacional de teatro (mars) ;
- Territorios Sevilla - Festival internacional de música de los pueblos (mai-juin) ;
- Divers festivals de flamenco ;
- concerts d’été en plein air.

Culture populaire

Fêtes locales

Séville est une ville de fêtes, profanes et sacrées. Marquée par une intense religiosité, elle célèbre tout au long de l’année diverses célébrations en l’honneur de saints patrons locaux. La plus célèbre et la plus importante festivité chrétienne est la fameuse Semaine Sainte, qui forme avec la non moins fameuse Feria de Abril, le cycle des Fiestas Primaverales, les Fêtes de Printemps, les plus populaires et fréquentées. C’est à cette période de l’année que les réjouissances battent leur plein. Semana Santa Semana Santa
-Les fêtes religieuses
- Semana Santa : la plus importante célébration religieuse de ce type en Espagne attire des centaines de milliers de croyants et non-croyants, qui viennent admirer les processions des 57 confréries de la ville. Elle a lieu du dimanche des Rameaux (Domingo de Ramos) au dimanche de Pâques (Domingo de Resurección), et atteint son paroxysme lors de la Madrugá, dans la nuit du jeudi au vendredi saint, quand sortent les congrégations les plus emblématiques de Séville. Elle donne lieu à une grande animation dans la ville, dont les hôtels, les bars et les restaurants ne désemplissent pas.
- Romería del Rocío : cinq confréries sévillanes participent à ce grand pèlerinage qui conduit vers la basilique du Rocío, à Almonte (Huelva, des centaines de milliers de fidèles de toute l’Andalousie venus à pied, à cheval ou en calèche adorer la sainte effigie de la Vierge qui est sortie de l’église les dimanche et lundi de Pentecôte. Les confréries sévillanes partent pour Huelva le mercredi précédant la manifestation, pour rejoindre sur les routes et chemins leurs coreligionnaires.
- Día de San Fernando : chaque 30 mai est fêté saint Ferdinand III de Castille, le souverain qui reprit la ville aux musulmans en 1248. Son corps est exposé à la population dans la chapelle royale de la Cathédrale, où il repose. Une messe est célébrée en l’honneur de l’ancien monarque, puis suivie d’une procession emmenée par la corporation des ingénieurs de la ville, dont saint Ferdinand est le patron. Une fête similaire à lieu à la saint Clément, le 23 novembre, jour anniversaire de la conquête de Séville. À cette occasion, le conseil municipal, précédé par le maire qui porte l’épée du saint, effectue une procession mais à l’intérieur de la cathédraleSource : .
- Día del Corpus : la Fête Dieu est célébrée depuis le Moyen Âge avec une grande ferveur. Après la messe célébrée en la cathédrale, un long cortège prend possession des rues de la ville, recouvertes de thym et de romarin, au son des cloches de la Giralda et d’orchestres. Toutes les autorités civiles, militaires et religieuses de la capitale andalouse y prennent part : archevêché, mairie, université, police, armée, confréries, chapitre cathédral… Une course de taureaux est organisée à l’occasion.
- Virgen de los Reyes : célébrée le 15 août, cette fête est organisée en l’honneur de la Vierge des Rois, patronne de Séville et de son archidiocèse depuis 1946. Sa statue, qui aurait été commandée par Ferdinand III après un rêve, trône au centre de la chapelle royale. Cette même statue aurait accompagnée le saint lors de son entrée triomphale dans Séville. Toujours est-il que la sainte effigie est emmenée en procession le matin du quinze août, accompagnée par les autorités religieuses et le conseil municipal Source : .
- Inmaculada Concepción : la dernière fête locale d’importance de l’année a lieu le 8 décembre en l’honneur de la Vierge, à l’occasion de la célébration du mystère de l’Immaculée Conception. Outre les messes, la manifestation la plus populaire a lieu sur la Plaza del Triunfo où se regroupent les tunas de la ville pour entamer des chants en honneur de Marie de Nazareth Source : .
- Los Seises : il s’agit d’un groupe de dix enfants (à l’origine six, d’où leur nom) âgés entre 9 et 12 ans, dont l’existence remonte au milieu du . Ils forment un petit groupe de danse et de chant très apprécié, chargé d’accompagner la procession du Corpus Christi et de la Inmaculada.
- Fêtes populaires :
- Feria de Abril : la grande fête populaire de Séville est organisée depuis 1847. Des dizaines de milliers d'autochtones et de visiteurs évoluent sur une vaste esplanade (le Real de la Feria) décoré et illuminé. Y sont regroupées des centaines de casetas : des baraques colorées, où l’on boit, mange et danse jusqu’à épuisement, au rythme de la sévillane. La journée, le Real est le théâtre d’un défilé équestre informel, et des corridas sont données chaque soir.
- Velá de Santiago y Santa Ana : remontant vraisemblablement au , ces festivités ont lieu annuellement autour du 25 juillet. Elles mêlent le profane au religieux. Aux célébrations liturgiques s’ajoute en effet la fête populaire, qui s’installe au bord du Guadalquivir, dans la calle Betis, à Triana. Des casetas sont montées à cet emplacement, pour permettre à tous de s’abreuver et de se restaurer. Diverses réjouissances sont organisées durant ces quelques jours.

Tauromachie

Séville est un des hauts lieux de la tauromachie espagnole. Berceau de nombreux toreros et capitale d’une des plus fameuses régions d’élevage de toros braves, elle est un des plus éminents foyers de l’afición en Espagne. Se produire à la Maestranza est le rêve de tout matador, et les triomphes en ces lieux sont gages d’un avenir prometteur. Arènes de la Maestranza ;Les arènes : Ces arènes, les plus anciennes d’Espagne après celles de Ronda, sont classées en première catégorieLes arènes de première catégorie sont actuellement : Madrid (Las Ventas), Cordoue, Barcelone, Valence, Bilbao, Saint Sébastien, Saragosse et Séville. Pour être classées dans cette catégorie, les arènes doivent être implantées dans une capitale de province, et organiser au moins quinze spectacles annuels, dont au minimum dix corridas de toros. Source : . Construites à partir du , elles sont la propriété de la Real Maestranza de Caballería de Sevilla, une corporation nobiliaire, composée de descendants de la noblesse andalouse, et fondée par Charles II, en 1670, à partir d’anciennes confréries chevaleresques médiévales. Son rôle était de former à la cavalerie de guerre les officiers de l’armée espagnole, et d’habiliter ces derniers à intégrer les rangs. Ses activités originelles sont clairement liées à l’équitation.Elle se consacre aujourd’hui à diverses actions de bienfaisance, de mécénat artistique et culturel, ainsi qu’à la promotion de la pratique équestre et de la tauromachie. En ce sens, elle soutient l’école de tauromachie de la ville. Elle est placée sous le haut patronage du roi, Hermano Mayor, depuis le règne de Philippe V, qui lui accorda plusieurs privilègesSource : .. ;Les corridas : La Real Maestranza délègue l’organisation des spectacles taurins à un prestataire privé, l’Empresa Pagés, tenue par la famille Canorea. Totalisant environ 35 spectacles annuels (ce qui fait de la Maestranza les deuxièmes arènes d'Espagne, après Madrid), la saison taurine se déroule selon un calendrier traditionnel, dont le commencement est marqué par la corrida du dimanche de Pâques (Domingo de Resurrección), la plus prestigieuse de l’année. Une à deux semaines plus tard se tient la Feria de Abril, constituée d’une série d’une vingtaine de spectacles taurins sur deux semaines. La deuxième partie du cycle coïncide avec la semaine de Farolillos, la Feria de Abril à proprement parler. Une fois la feria achevée, l'activité des arènes perd en intensité. Un cycle de novilladas dominicales a lieu en mai et juin, puis deux courses de taureaux se tiennent à des dates importantes du calendrier liturgique de la ville, pour le Corpus Christi (Fête Dieu), et au 15 août, en honneur de la Virgen de los Reyes. Plus tard, le dernier week-end de septembre a lieu la Feria de San Miguel, qui compte de deux à trois corridas selon les années. Enfin, la corrida de la Virgen del Pilar, le 12 octobre, vient clôre la saison. ;L'afición : La tradition tauromachique est très ancienne à Séville, et surtout très bien implantée. La ville et ses alentours ont vu naître de nombreux toreros, qui ont contribué au rayonnement taurin de la cité. Plusieurs peñas (clubs) taurins rassemblent les aficionados sévillans, tandis que la ville regorge de références à la tauromachie (rues baptisées de noms de toreros, statues, ...).Les arènes, d'une capacité de places, accueillent un public métissé, de connaisseurs, connus pour leur tendance toreriste. Célèbres pour les silences méprisants qu'elles préfèrent aux huées, ces arènes sont également réputées pour leur propension à se livrer entièrement aux matadors qui l’honorent d’une grande faena. La récompense suprême est octroyée aux toreros ayant coupé un minimum de trois trophées : le triomphateur sort alors par l’illustre Puerta del Príncipe, qui lui assure honneur et renommée.

Traditions

Bars et tapeo

- les bars : le bar est un lieu incontournable de la vie sociale sévillane. Les débits de boissons sont légion, tant dans le centre, que dans les quartiers. Ils sont un point de rencontre entre les habitants d’une rue, les habitués, les employés du secteur et les gens de passage. Une grande majorité de sévillans se rend dans les cafés aux heures du petit-déjeuner, de l’apéritif (deux coutumes qui ont conservé toute leur vigueur), des repas, ou aux moments des pauses au travail. Les établissements sont souvent bondés à midi et, surtout dans la partie historique, le soir, en période de week-end essentiellement.
- Le tapeo : la tradition du tapeo est très largement répandue dans toute l’Espagne. Toutefois, Séville est réputée pour l’intensité de cette pratique, qui consiste à naviguer de bar en bar, en famille, entre amis, ou entre collègues, afin de partager un rafraîchissement et quelques tapas.Le vin et la bière y sont les breuvages de loin les plus consommés, vendus à un prix modique. Le tout est communément accompagné de tapas, ou de simples cacahuètes, pistaches, pipas, ou olives. Cette coutume du bar appartient au rituel que tous les autochtones accomplissent à une fréquence plus ou moins élevée. Le dîner au restaurant ne répond pas à un usage aussi répandu qu'en France, ou que dans le nord du pays. Les tabernas (tavernes), cervecerías (brasseries), et autres bars concentrent les foules jusqu’à tard le soir.Parmi les zones les plus courues :
- La Plaza del Salvador
- La Calle Adriano, et plus généralement les alentours des arènes
- Le quartier de Santa Cruz, notamment la calle Mateos Gago
- Le quartier de l’église Santa Catalina
- Triana

Vie nocturne

Plus tard dans la soirée, certaines rues et places reçoivent les amateurs de fête, qui se rassemblent dans les bars de nuit et discothèques. Les lieux les plus fréquentés sont :
- Triana, et notamment la Calle Betis, au bord du Guadalquivir
- La plaza de la Alfalfa et ses alentours : secteur où s’agglutinent les noctambules
- El Arenal, pour ses boîtes de nuit
- La Alameda de Hércules
- en été : les abords du Parc María Luisa, où abondent les boîtes de nuit en plein air Une autre pratique nocturne reste très prisée des jeunes sévillans : la botellona. Cette tradition bien implantée parmi les jeunes dont les moyens ne permettent pas de consommer dans les débits de boissons, consiste à acheter au supermarché des bouteilles d’alcool, pour les consommer ensuite en pleine rue, lors d'un botellón, regroupement spontané et improvisé, pouvant réunir au même endroit de quelques individus à plusieurs centaines de personnes. Le gouvernement autonome, à l’instar d’autres communautés autonomes, a toutefois décidé en 2006 de réglementer la tenue des botellones, pour limiter la gêne occasionnée au voisinage, et promouvoir la lutte contre l’alcoolismeVoir l'article consacré à cette mesure sur le . Les municipalités sont depuis lors autorisées à prohiber la tenue de botellones sur la voie publique, et à mettre en place des enceintes à ciel ouvert spécialement affectés à cet usage : les botellódromes, qui connaissent désormais une affluence imposanteVoir une sur le phénomène de la botellona en Espagne.

Gastronomie

La gastronomie populaire sévillane est fortement influencée par la cuisine méditerranéenne, à base de poissons, d’huile d’olive, de nombreux fruits et légumes. Elle accorde également une large place aux produits régionaux des provinces voisines : charcuteries, viande de porc, de taureau, ... Elle se distingue par la simplicité des mets que l’on préfère généralement cuisinés nature, grillés ou sautés : les plats élaborés ou en sauce, si prisés des basques ou des navarrais, pour lesquels la cuisine est une institution, connaissent un écho plus limité. Au premier rang de la gastronomie sévillane figurent les productions régionales, qui rentrent souvent dans la composition des tapas :
- Charcuteries : jambon ibérique, chorizo, boudin (morcilla), lomo (filet de porc),
- Fromages de brebis et de chèvre,
- poissons et mollusques,
- olives,
- agrumes, Parmi les mets les plus fréquents se retrouvent : Flamenquines Salmorejo
- le cocido andaluz : sorte de pot-au-feu local, à base de bœuf, de boudin, de chorizo, de lard, de pommes de terre,
- la pringá : mets composé à l’origine des restes de viandes du cocido andaluz, hâchés et recuits à l’huile d’olive et souvent assaisonnés de tomate et de piment. Aujourd’hui fréquemment cuisinée expressément, elle est généralement servie en tapa sous forme de montadito, dans un petit pain,
- les huevos a la flamenca : œufs sautés avec tomates et chorizo,
- le flamenquín : roulé frit de jambon de montagne ou d’York et de filet de porc (lomo),
- les salades composées diverses : ensaladilla rusa,
- les épinards à la sévillane : cuits avec des pois chiches et du cumin,
- le solomillo : filet mignon de porc, cuisiné à l’ail et flambé au whisky, ou servi accompagné d’une sauce au roquefort,
- les fritures de poissons (morue, éperlans, anchois, …) et de mollusques (calamars, seiches, …),
- la queue de taureau, cuisinée en ragoût,
- le gazpacho : soupe froide à base de tomates, de concombre, d'ail, d'oignon de poivron, de pain, d'huile d'olive et de vinaigre
- le salmorejo : sorte de gazpacho très épais, accompagné d’œuf dur mouliné ou de dés de jambon,
- gambas à l’ail,
- les albóndigas : diverses boulettes de viandes ou de poissons, assaisonnées de divers condiments, panées puis frites,
- les papas aliñás : pommes de terre, qui une fois cuites, refroidissent en marinant dans un mélange d’huile d’olive, d’oignon haché, de persil et de vinaigre de Jerez Les pâtisseries, généralement issues de la tradition orientale, sont fort prisées à Séville. Les plus fameuses trouvent leurs origines dans les très nombreux couvents de la ville, dont certains continuent à les produire et à les commercialiser : La Torrija, le pain perdu andalou
- les pestiños : sortes de petits beignets enrobés de miel, et parfumés au sésame et à la canelle,
- les cortadillos,
- les torrijas : sorte de pain perdu,
- les yemas : jaunes d’œufs cuits mélangés à du sucre et aromatisés à la vanille La confiture d'écorces d'oranges amères est également très prisée. Une autre spécialité très appréciée au petit-déjeuner est la tostaíta, simple pain grillé, frotté à l’ail puis arrosé d’huile d’olive. On lui ajoute ensuite, selon les goûts, divers ingrédients : jambon, tomate, ...

Séville et la littérature

Sports

Équipements

stade Ramón Sánchez Pizjuán La ville de Séville possède de très nombreux équipements sportifs construits durant les dernières décennies. Outre les installations de proximité, destinées à l'usage de la population, Séville possède trois stades de grande capacité, où évoluent les équipes locales, et sont organisés des évènements sportifs ou culturels nationaux et internationaux :
- Stade Manuel Ruiz de Lopera (1997) - Football (Real Betis Balompié) - places
- Stade Ramón Sánchez Pizjuán (1958) - Football (FC Séville) - places
- Stade olympique de la Cartuja (1999) - Omnisports - places

Événements sportifs

Suite à l'Exposition universelle de 1992, et la déprime qui s'est alors emparée de la ville, la municipalité a, entre autres mesures de relance de l'économie locale, lancé un plan de promotion et de développement de la dimension sportive de la ville, intitulé Sevilla, la ciudad del deporte (Séville, la ville du sport). La ville a alors présenté sa candidature à l'organisation des jeux olympiques de 2004, sans succès, Néanmoins, en 1995 est initié le projet de construction du stade olympique de La Cartuja, qui voit le jour en 1999, avec une inauguration par le roi d'Espagne. Ce nouvel équipement avait pour objectif de promouvoir l'image sportive de la ville et de permettre l'organisation de grands événements sportifs d'envergure internationale. Depuis 1999 ont eu lieu en ces lieux :
- les championnats du monde d'athlétisme (1999)
- la finale de la Copa del Rey (1999 et 2001)
- la finale de la coupe de l'UEFA (2003)
- le championnat du monde de supercross (2003)
- la finale de la Coupe Davis (2004)
- divers matchs de la sélection de football espagnole Par ailleurs, la ville a accueilli les événements suivants :
- les championnats d'Europe de natation (1997)
- le mondial de gymnastique rythmique (1998)
- la coupe du monde d'aviron et de canoë-kayak (2001)
- les championnats du monde d'aviron (2002)
- le championnat du monde de golf (2004)

Équipes sportives

Plusieurs équipes sportives sévillanes évoluent dans les compétitions nationales, les plus célèbres d'entre elles étant les équipes de football locales, qui appartiennent toutes deux à la première division :
- Football
- Real Betis Balompié
- Sevilla Fútbol Club
- Autres
- C.D. Universidad de Sevilla (Hockey en salle)
- Club de Rugby Universidad de Sevilla (Rugby)
- El Monte Ciencias C.R. (Rugby)
- Esquimo Voleibol (Volley-ball)
- Club Baloncesto Sevilla "Cajasol" (Basket-ball)

Jumelages

- Angers
- Cartagena de Indias
- Columbus
- Cracovie
- Düsseldorf
- Guadalajara
- Kansas City , depuis 1969

Références

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Sujets connexes
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