Le Mas-d'Agenais

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Le Mas-d'Agenais (Lo Mas d'Agenés en occitan) est une commune française, située dans le département de Lot-et-Garonne et la région Aquitaine. Les habitants sont appelés les Massais.
Le Mas-d'Agenais

Le Mas-d'Agenais (Lo Mas d'Agenés en occitan) est une commune française, située dans le département de Lot-et-Garonne et la région Aquitaine. Les habitants sont appelés les Massais.

Géographie

Le Mas-d'Agenais est une commune de l'ouest du département de Lot-et-Garonne (entre Marmande et Tonneins) située sur la rive gauche de la Garonne. Bâti sur un site en terrasse, le village domine le canal latéral à la Garonne et la Garonne d'une vingtaine de mètres.

Topographie

Le territoire communal est composé de trois ensembles d'inégales importance et altitude mis en contact par des talusTonneins 1/25 000e, Carte topographique Série Bleue 1739 E, Institut Géographique National, Paris, 2006. A l'ouest de la commune, l'ensemble le plus vaste est également le plus élevé (altitude supérieure à 80 mètres). Il s'agit d'un plateau s'abaissant lentement du sud (altitude 100 m) au nord (altitude 80 m). Sa partie septentrionale est profondément entaillée par les vallées du Mayne et du Pichagouille. Séparé de ce premier ensemble par un talus rectiligne (orienté nord-sud) d'une trentaine de mètres de dénivelé, le deuxième ensemble, moins vaste, occupe le nord-est de la commune. Il s'agit également d'un plateau (altitude supérieure à 40 mètres) adoptant une forme grossièrement triangulaire et dont le village occupe le sommet nord. Ce deuxième ensemble, qui porte le nom de "plaine de Camparome", n'est finalement que l'extrémité occidentale de la terrasse inférieure qui borde la Garonne depuis Damazan. Également de forme triangulaire, le troisième ensemble, le plus petit et le moins élevé (altitude inférieure à 25 mètres), occupe le nord-ouest de la commune. Il s'agit d'une partie de la vallée de la Garonne reliée au premier ensemble par un fort talus (dénivelé d'une soixantaine de mètres).

Hydrographie

Le drainage hydrographique est imposé par l'axe principal de direction SE-NW constitué par la Garonne (en limite nord de la commune). Celle-ci est alimentée par une série de quatre ruisseaux (plus ou moins temporaires) dont les plus importants, situés à l'ouest du village, sont le Pichagouille et le MayneTonneins 1/25 000, Carte topographique Série Bleue 1739 E, Institut Géographique National, Paris, 2006. De très courte longueur (le Pichagouille ne fait que 5, 2 kilomètres et le Mayne 4, 7 kilomètres)Site du Service d’Administration Nationale des Données et Référentiels sur l’Eau (Sandre): http://sandre.eaufrance.fr/app/chainage/index.php?id_article=112 , ils prennent naissance sur la commune ou en limite immédiate. Pour atteindre la Garonne, leurs vallées entaillent profondément la partie nord du plateau sur lequel ils naissentTonneins 1/25 000e, Carte topographique Série Bleue 1739 E, Institut Géographique National, Paris, 2006. Deux de ces ruisseaux servent de limites orientales et occidentales à la commune : à l'est un ruisseau anonyme sert de frontière avec la commune de Lagruère ; à l'ouest, le Mayne sert de frontière avec la commune de Caumont-sur-Garonne.

Climat

Le Mas-d'Agenais se situe dans la zone climatique océanique. Mais, il s'agit d'un climat océanique dégradé avec une amplitude thermique annuelle plus marquée et des précipitations moins abondantes que sur le littoral aquitain. De plus, à la différence du littoral, le printemps (surtout à sa fin) y est plus arrosé que l'hiver. Les vents dominants sont d'ouest sans être exclusifsPapy Louis, Atlas et géographie du Midi atlantique, p.27, Paris, Flammarion, 1982.

Voies de communication

Le territoire du Mas-d'Agenais dispose de deux types de voies de communication.

Voies automobile

On peut distinguer deux catégories de voies automobiles selon leurs fonctions. La première catégorie regroupe les voies desservant la commune et la reliant aux communes limitrophes. Elle est essentiellement composée de cinq voies départementales secondaires classées "routes étroites régulièrement entretenues", à l'exception de la D 6 considérée comme une route de moyenne viabilitéInstitut Géographique National, Carte Tonneins 1/25 000, Série Bleue 1739 E, Paris, 1995. Deux de ces départementales (la D 6 et la D 143) se coupent au niveau du village du Mas-d'Agenais qui fait fonction de carrefour routier. La deuxième catégorie de voie automobile est constituée par les voies traversant la commune sans la desservir : c'est le cas de l'A 62 dite "Autoroute des Deux Mers". Cette autoroute traverse la bordure nord de la forêt du Mas-d'Agenais selon un axe nord-ouest/sud-est. Si la commune n'est pas desservit par l'autoroute (l'échangeur le plus proche étant situé sur la commune de Samazan : échangeur 5 MARMANDE sur la D 933), on trouve par contre une aire de servicesListe des services proposés sur cette aire sur le site officiel des ASF : http://www.asf.fr/control/index.aspx?pageid=Internet2007.12150.

Voie cyclable

Voies d'eau

Garonne
Canal latéral à la Garonne
Le canal latéral à la Garonnne traverse le nord de la commune du Mas-d'Agenais selon une direction nord-ouest/sud-est sur 4, 5 kmInstitut Géographique National, Carte Tonneins 1/25 000e, Série Bleue 1739 E, Paris, 1995. Il s'agit d'un canal de petit gabarit (creusé au milieu du XIX siècle), équipé d'une écluse et d'une halte nautique.

voie ferrée

Le Mas-d'Agenais n'est pas desservi par la voie ferrée. Lors de sa création (du milieu du XIX siècle au début du XXsiècle), le réseau ferré, dans l'ouest du Lot-et-Garonne, emprunta les vallées de la Garonne, de l'Avance et de l'Ourbise. On assista donc à un contournement de la commune du Mas-d'Agenais par ce nouveau réseau de transports. La gare de desserte la plus utilisée est Marmande sur la ligne Bordeaux-Toulouse (la gare de Tonneins, plus proche, ne proposant pas la même fréquence d'arrêts).

Histoire

I - Néolithique.

Vers 5 600 avant notre ère, la néolithisation du sud de l'actuel territoire français a été faite par le courant de colonisation méditerranéen, dit courant cardialBostyn Françoise, La Néolithisation de la France : une extension de plus en plus large du Danubien, Archéopage, n° 18, janvier 2007, pp. 10 : http://inrap.preferences.fr/archeologie-preventive/Decouvrir/Publications/Archeopages/p-1099-Archeopages_n_18.htm . Cependant, nous ignorons tout à la fois quand se fit la rencontre avec les populations mésolithiques de la moyenne vallée de la Garonne, combien de temps prit la néolithisation de cet espace (en effet, il est prouvé que des populations du mésolithique final ont pu perpétuer leur mode de vie traditionnel, alors que la majorité des régions proches étaient déjà néolithisées)Bostyn Françoise, La Néolithisation de la France : une extension de plus en plus large du Danubien, Archéopage, n° 18, janvier 2007, pp. 14 : http://inrap.preferences.fr/archeologie-preventive/Decouvrir/Publications/Archeopages/p-1099-Archeopages_n_18.htm et sous quelle forme elle se fit (colonisation, acculturation ou combinaison des deux phénomènes). Cette ignorance des détails de la néolithisation de la moyenne vallée de la Garonne se retrouve, a fortiori, lors de l'étude d'un territoire de taille restreinte comme celui du Mas-d'Agenais et l'archéologie ne nous donne, de plus, aucune information sur l'occupation du territoire communal durant cette période.

II - Protohistoire.

Nous ignorons qu'elle influence a pu avoir la sphère culturelle de la céramique campaniforme (présente sur les deux rives de l'estuaire de la Gironde et sur les rives nord de la Dordogne entre environ -2 700 et - 2 000) dans la moyenne vallée de la GaronneBrun Patrice, Les Celtes à la lumière de l'archéologie, Archéopage, n° 18, janvier 2007, p. 17 : http://inrap.preferences.fr/archeologie-preventive/Decouvrir/Publications/Archeopages/p-1099-Archeopages_n_18.htm. Il semble avéré par contre que la culture d'Artenac (vers 2 300 - 1 800 avant notre ère), caractéristique du centre-ouest de la France, ait rayonné jusqu'à la moyenne vallée de la GaronneFages Brieuc, Carte archéologique de la Gaule - Le Lot-et-Garonne, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Ministère de la Culture, Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, CNRS, Paris 1995, p.40, ISBN 2-87754-037-5, avant que cet espace géographique ne fasse partie du complexe culturel atlantique qui s'individualisa entre 1 600 et 800 avant notre èreBrun Patrice, Les Celtes à la lumière de l'archéologie, Archéopage, n° 18, janvier 2007, pp. 17 et 19 : http://inrap.preferences.fr/archeologie-preventive/Decouvrir/Publications/Archeopages/p-1099-Archeopages_n_18.htm. Cependant, en ce qui concerne plus précisément le territoire actuel de la commune, aucune preuve archéologique n'atteste (ou n'infirme) une occupation durant ces périodes de l'Age du Bronze. A la fin de l'Age du fer, le territoire de l'actuelle commune se situait aux limites des territoires des Nitiobroges, des Vasates et des Sotiates. Ce territoire a longtemps été couramment attribué aux Nitiobroges plutôt qu'aux Vasates ; cependant, les frontières et le monnayage restent à déterminer avec exactitudeAbaz B. et Noldin J.-P., L'Occupation préromaine d'USSUBIUM (Le Mas-d'Agenais, Lot-et-Garonne, p. 68, in Les Celtes, la Garonne et les pays aquitains, L'Âge du Fer du Sud-Ouest de la France (du VIIIème au Ier siècle avant J.-C.), Textes réunis par Richard Boudet, 1992, ISBN 2-9505713-0-2. De plus, il convient de noter que les sources antiques César, BG, I, 1 ; Pomponius Mela, III, 2 ; Strabon, IV, 1, 1-2 ; Pline l'Ancien, Hist. Nat., IV, 108-109 donnent toujours la Garonne comme frontière entre Gaulois et Aquitains. Deux auteurs nous renseignent sur les peuples de la rive gauche de la Garonne : César (qui donne une liste de onze à douze peuples) et Pline l'Ancien (qui en dénombre vingt-huit et les regroupe sous le nom dAquitani). La liste de Pline suit un ordre géographique qui, selon l'interprétation de B. Fages, amènerait à placer la rive gauche de la Garonne, entre Avance et Baïse, sous la domination du peuple aquitain des VasseiFages Brieuc, Carte archéologique de la Gaule - Le Lot-et-Garonne, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Ministère de la Culture, Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, CNRS, Paris 1995, p.47-48, ISBN 2-87754-037-5. Il faut malgré tout garder à l'esprit que cette localisation reste conjecturale et que nous sommes dans l'impossibilité de savoir si cet espace sud-garonnais doit être considéré comme une civitas à part entière ou comme un simple pagus. Il nous est, a fortiori, également impossible de savoir si l'actuel territoire de la commune du Mas-d'Agenais avait une individualité quelconque à cette époque. Nous demeurons également dans l'ignorance quant à l'organisation sociale et politique précise de ce territoire. Nos connaissances pour une approche de la société de la fin de l'âge du Fer, dans la moyenne vallée de la Garonne, restent peu étoffées. Pour B. Fages, "les trop brèves mentions de César, concernant cet espace, laissent transparaître une société très hiérarchisée de type pyramidal avec un "roi" à sa tête s'appuyant sur des groupes armés sous sa totale dépendance. Cependant, le fondement de la société reste agricole même si paraissent émerger quelques groupes spécialisés d'artisans et de commerçants."Fages Brieuc, Carte archéologique de la Gaule - Le Lot-et-Garonne, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Ministère de la Culture, Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, CNRS, Paris 1995, p.52-53, ISBN 2-87754-037-5 Nous ne pouvons cependant pas juger dans quelle mesure cette description vaut pour le territoire précis que nous étudions. Enfin, d'un point de vue politique, si nous pouvons soupçonner l'existence d'une aristocratie dominant la société, il est impossible en l'état de nos connaissance de définir les relations diplomatiques qu'elle peut entretenir avec les peuples ou territoires voisins. Ainsi, lors de la guerre des Gaules, Publius Crassus (légat de César) arrive en Aquitaine avec douze cohortes légionnaires et une cavalerie importante durant l'été -56. Son but est d'empêcher les Aquitains (et notamment les Sotiates) d'envoyer des secours aux Gaulois. Avant d'attaquer les Sotiates, il renforce son armée d'auxilliaires recrutés localement, probablement des Nitiobroges et leurs clients aquitains de la rive gauche de la garonne. Fages Brieuc, Carte archéologique de la Gaule - Le Lot-et-Garonne, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Ministère de la Culture, Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, CNRS, Paris 1995, p. 46, ISBN 2-87754-037-5. Il nous est cependant impossible de savoir si l'aristocratie du territoire qui nous intéresse fait alors partie de la clientèle nitiobroges ou est alliée aux Sotiates. Si l'attribution du territoire et l'approche de la société restent problématiques, l'étude de l'habitat l'est à peine moins. Le site à fosses du plateau de Revenac (à environ deux kilomètres à l'ouest du site actuel du village du Mas, délimité à l'ouest par le ruisseau du Mayne, au nord par un ancien bras de la Garonne et à l'est par le ruisseau de Pichagouille) laisse supposer l'existence d'un sanctuaire ou/et d'une "agglomération"Fages Brieuc, Carte archéologique de la Gaule - Le Lot-et-Garonne, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Ministère de la Culture, Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, CNRS, Paris 1995, p. 59, ISBN 2-87754-037-5. Les fouilles de sauvetage de B. Abaz, en 1986, montrent que l'occupation a probablement débuté au II siècle avant notre ère. Pour l'heure, aucune structure d'habitat protohistorique n'a été découverte dans la zone des fosses, mais l'émission pré-augustéenne des monnaies à légende Cubio et ΕΦΕ rattachée à cette région, laisse cependant penser à l'existence d'une "agglomération"Fages Brieuc, Carte archéologique de la Gaule - Le Lot-et-Garonne, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Ministère de la Culture, Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, CNRS, Paris 1995, p. 224, ISBN 2-87754-037-5. Cependant, le manque de preuves d'une architecture de défense (fossés par exemple) empêche encore les archéologues de parler d'oppidum. Pour B. Abaz et J.-P. Noldin, il s'agit "incontestablement d'un haut-lieu préaugustéen ayant joué un rôle important durant la romanisation de la moyenne Garonne et de l'Aquitaine". Ils notent que "l'étendue du site, l'abondance des vestiges et l'importante circulation monétaire en faisait, notamment vers le milieu du I siècle avant notre ère, un centre commercial tourné, d'une part vers le monde méditerranéen (et donc la Provincia romaine), via la Garonne, et d'autre part vers le nord de l'Espagne par voies terrestres". La diversité monétaire de Revenac montre également l'ouverture de cette place vers la Gaule celtique Fages Brieuc, Carte archéologique de la Gaule - Le Lot-et-Garonne, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Ministère de la Culture, Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, CNRS, Paris 1995, p. 52, ISBN 2-87754-037-5.

III - Antiquité

Ussubium Une fois la conquête des Gaules achevée en 51 avant notre ère, Rome mit en place ses cadres administratifs. Vers 16-13 avant notre ère, Auguste établit un nouveau découpage provincial qui eut des conséquences importantes au sud de la Garonne. On perd alors définitivement toute trace des Vassei et des SotiatesFages Brieuc, Carte archéologique de la Gaule - Le Lot-et-Garonne, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Ministère de la Culture, Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, CNRS, Paris 1995, pp. 55-56, ISBN 2-87754-037-5. La rive gauche de la Garonne est alors intégrée à la cité des Nitiobroges. Cependant le débat historiographique n'est pas clos quant à la date d'intégration de la partie située entre Baïse et Avance, c'est-à-dire le territoire qui intéresse notre étude : la synthèse des différentes hypothèses historiques donne une fourchette (beaucoup trop large pour être utilisable) allant de l'époque d'Auguste au début du XII siècleFages Brieuc, Carte archéologique de la Gaule - Le Lot-et-Garonne, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Ministère de la Culture, Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, CNRS, Paris 1995, p. 58, ISBN 2-87754-037-5 ; Fages (B.)et Maurin (L.), Inscriptions Latines d'Aquitaine (I.L.A.), Nitiobroges, Supplément au tome CXVIII, n°1, Janvier-Mars 1991, Revue de l'Agenais, pp. 15-16. La découverte d'un balustre de marbre blanc (conservé dans l'église du Mas), portant une dédicace latine à la Tutelle Auguste d'Ussubium, datée du Ier ou du de notre ère, a permis d'envisager de faire correspondre le site de Revenac avec la station Ussubium de la table de Peutinger et de l'Itinéraire d'Antonin, sur la voie Bordeaux-AgenFages Brieuc, Carte archéologique de la Gaule - Le Lot-et-Garonne, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Ministère de la Culture, Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, CNRS, Paris 1995, p. 61, ISBN 2-87754-037-5. Si la nature du site de Revenac reste encore problématique, l'existence d'un culte officiel à la tutelle Auguste permet de croire à celle d'une agglomérationFages Brieuc, Carte archéologique de la Gaule - Le Lot-et-Garonne, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Ministère de la Culture, Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, CNRS, Paris 1995, p. 227, ISBN 2-87754-037-5. Située le long de la Garonne, tout en étant station routière d'un grand itinéraire, elle peut être considérée comme faisant partie du réseau dagglomérations secondaires
"Inventée par M. Mangin, l'expression désigne toute agglomération qui n'était pas le chef-lieu d'une cité. L'archéologie permet de distinguer trois groupes d'agglomérations secondaires : des agglomérations à parure urbaine, de gros bourgs, dépourvus de monuments publics, et enfin des bourgades et villages" d'après Tassaux Francis, Agglomérations secondaires et premier réseau urbain du Sud-Ouest, Revue de l'Agenais, n°1, janvier-mars 2004, p.24 et p.31 de la cité des Nitiobroges (tout comme Aiguillon, Sainte-Bazeille et Excisum-Eysses)Tassaux Francis, Agglomérations secondaires et premier réseau urbain du Sud-Ouest, Revue de l'Agenais, n° 1, janvier-mars 2004, p.27. En l'état actuel de nos connaissancesF. Tassaux insiste bien sur le caractère aléatoire de la distinction entre "agglomération à parure urbaine" et "gros bourg" : la parure urbaine pouvant apparaître lors d'une prospection aérienne, Tassaux Francis, Agglomérations secondaires et premier réseau urbain du Sud-Ouest, Revue de l'Agenais, n°1, janvier-mars 2004, p.31, note 49 ; alors que B. Fages rappelle que nous ignorons si la "Vénus du Mas" s'inscrit dans un cadre privé ou public, Fages Brieuc, Carte archéologique de la Gaule - Le Lot-et-Garonne, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Ministère de la Culture, Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, CNRS, Paris 1995, p. 77, ISBN 2-87754-037-5. , Ussubium doit être considéré comme un bourg vivant d'activités commerciales et artisanales. Sa superficie est estimée à 25 hectares mais on ne connaît jusqu'ici aucun plan de bâtiment ou d'habitationTassaux Francis, Agglomérations secondaires et premier réseau urbain du Sud-Ouest, Revue de l'Agenais, n°1, janvier-mars 2004, p. 36-37. Le site connut une forte fréquentation aux I et II sièclesFages Brieuc, Carte archéologique de la Gaule - Le Lot-et-Garonne, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Ministère de la Culture, Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, CNRS, Paris 1995, p. 224, ISBN 2-87754-037-5. L'abondant matériel qu'on y a récolté (en particulier la sigillée et les amphores), tout comme la "Vénus" et la dédicace de marbre à la Tutèle des Ussubiens, montrent la prospérité du bourgTassaux Francis, Agglomérations secondaires et premier réseau urbain du Sud-Ouest, Revue de l'Agenais, n°1, janvier-mars 2004, p. 37. Si pour les autres sites urbains du Lot-et-Garonne (Aginnum, Excisum, Aiguillon) le II siècle fut une période de déclin, la situation d'Ussubium (bien que mal connue) paraît meilleure : des fosses étaient encore creusées et comblées. L'absence de déclin du site pourrait s'expliquer par sa double nature : à la fois sanctuaire et proche du monde rural, c'est-à-dire moins sensible aux aléas de la classe dirigeanteFages Brieuc, Carte archéologique de la Gaule - Le Lot-et-Garonne, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Ministère de la Culture, Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, CNRS, Paris 1995, p. 62, ISBN 2-87754-037-5. Dès le dernier tiers du III siècle, les sites urbains du Lot-et-Garonne s'enfoncèrent dans une crise. La fréquentation d'Ussubium déclina, pour paraître résiduelle après 260-280, avant un abandon complet au milieu du IV siècleFages Brieuc, Carte archéologique de la Gaule - Le Lot-et-Garonne, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Ministère de la Culture, Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, CNRS, Paris 1995, p. 224, ISBN 2-87754-037-5. L'idée que les villes aient eu à souffrir de possibles invasions barbares est, aujourd'hui, délaissée et B. Fages formule une double interprétation à l'abandon du site de Revenac : une possible non-satisfaction "des attentes religieuses nouvelles et pressantes d'une population inquiète et appauvri" en liaison avec le déclin présumé (à partir de l'essor de la voie Bordeaux-Bazas-Eauze-Auch au IV siècle) de la voie commerciale garonnaise Bordeaux-AgenFages Brieuc, Carte archéologique de la Gaule - Le Lot-et-Garonne, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Ministère de la Culture, Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, CNRS, Paris 1995, p. 62, ISBN 2-87754-037-5. Pompeiacum ou l'apparition du site actuel. Le site actuel du village du Mas-d'Agenais fut occupé, certainement à partir du IV siècle, sous le nom de Pompeiacum ou PompéjacSchiltz Olivier, Le démentèlement des grandes seigneuries et ses conséquences sur l'architecture (cantons de Meilhan-sur-Garonne et du Mas-d'Agenais), Revue de l'Agenais, avril-juin 1989, Vol. 116, n° 2, p. 96.

Administration

Le pouvoir temporel des prieurs

Au Moyen Âge, dès avant 1224Vacqué René, Deux mille ans d'histoire du Mas-d'Agenais, pp. 27-28 et jusqu'en 1400Durengues (chanoine), Notes historiques sur les paroisses du diocèse d'Agen, notes sur le Mas-d'Agenais p.4 et 5, consultable sur www.lot-et-garonne.fr/webcg47/archives_nouveau_site/accueil.htm et aux Archives départementales (18 J 36 à 42), le prieur (chef du chapitre collégial de l'église du Mas) était seigneur temporel de la ville du Mas et de sa juridiction. A partir du XV siècle et durant tout l'Ancien Régime, se mit en place un paréage avec la maison d'Albret. Par une transaction du 20 mai 1400, le prieur du Mas (Arnaud du Peyrat) abandonna à Arnaud-Amanieu d'Albret la moitié de la ville et juridiction du Mas-d'Agenais moyennant certaines charges et conditions. En 1589, Henri III de Navarre, duc d'Albret, devint roi de France sous le nom d'Henri IV. Les rois de France restèrent co-seigneur du Mas jusqu'en 1651. Le 20 mars de cette année, Louis XIV céda le duché d'Albret (et donc la co-seigneurie du Mas) au duc de Bouillon en échange des principautés de Sedan et RaucourtDurengues (chanoine), Notes historiques sur les paroisses du diocèse d'Agen, notes sur le Mas-d'Agenais p.4 et 5, consultable sur www.lot-et-garonne.fr/webcg47/archives_nouveau_site/accueil.htm et aux Archives départementales (18 J 36 à 42).

L'organisation communale avant la Révolution

L'organisation municipale remonte au moins au début du XIII siècle puisqu'en 1224, Le Mas-d'Agenais faisait partie de la ligue conclue entre les villes d'Agen, Condom et Mézin. En 1253, les prudhommes du Mas avec ceux des villes de Condom, Penne-d'Agenais, Port-Sainte-Marie, Puymirol, Marmande, Mézin décidaient avec les consuls d'Agen et le sénéchal d'Agenais pour Alphonse de Poitiers des usages à observer dans la construction des nouvelles bastides, conformément aux coutumes du diocèse d'AgenOurliac (Paul) et Gilles (Monique), Les Coutumes de l'Agenais, tome II (Bouglon, Montpezat, Montréal, Outre-Garonne et Bruilhois, p., Université de Toulouse, 1981. Un acte de 1266 (concernant la forêt du Mas) prouve l'existence de consuls au Mas d'Agenais dès avant cette dateBuffault Pierre, Notice historique sur la forêt du Mas d'Agenais, in Revue de l'Agenais, tome 57, année 1930, p.154-155. Si il semble habituel, dans l’historiographie classique, d’avancer que les coutumes furent octroyées par le roi ou par les seigneurs, J.-F. Samazeuilh relève dès le milieu du XIX siècle que ce n’était pas la règle en Gascogne. Ainsi, au Mas-d’Agenais, le livre des coutumes ne mentionne aucune intervention du seigneur pour leur rédaction. Les consuls, les soixante jurats et les habitants, qui constatent leurs immunités et dressent leur constitution seuls, en donnent eux-même l’explication suivante : « Cum sia usada e acostumada causa al Mas, que los Cosselhs ab los LX jurats e ab la universitat de la dita villa, poden far establimentz al goubernament de la universitat del dit loc et dels habitans. »Samazeuilh Jean-François, Histoire de l'Agenais, du Condomois et du Bazadais, tome 1, pp.186-187, reproduction en fac-similé de l'édition de 1846-1847, Ed. Eché, 1980, ISBN 2-86513-008-8

Liste des maires de la Révolution à nos jours

Le Mas d'Agenais est le chef-lieu d'un canton regroupant neuf communes (Calonges ; Caumont-sur-Garonne ; Fourques-sur-Garonne ; Lagruère ; Le Mas d'Agenais ; Sainte-Marthe ; Samazan ; Sénestis ; Villeton). Jean-Louis Confolent en a été réélu conseiller général en 2001. Le Mas d'Agenais fait partie depuis sa création (1996) de la Communauté de communes du Val de Garonne.

Démographie

Commentaires :
-A partir de 1800, Sénestis devient une commune indépendante du Mas d'agenaisVacqué René, Deux mille ans d'histoire du Mas-d'Agenais, p.102.
-Le recensement de 1826, qui ne serait qu'une réactualisation de celui de 1821, n'a pas été retenu.
-Le recensement de 1871 a été, pour cause de guerre, repoussé à l'année 1872.
-Le recensement de 1941, réalisé selon des instructions différentes, ne peut être qualifié de recensement général, et n'a donné lieu à aucune publication officielle.

Lieux et monuments

Collégiale Saint-Vincent : église romane construite entre la fin du onzième et le début du douzième siècle. Elle est décorée de chapiteaux historiés romans (scènes vétéro-testamentaires dans l'absidiole et le bas-côté sud ; scènes néo-testamentaires dans le bas-côté nord et sur l'arc triomphal ; scènes non-bibliques dans la nef) et de vitraux du XIX siècle (légende de Saint Vincent du Mas). On peut également y voir un "Christ en croix" peint par Rembrandt. Halle au blé du XVII siècle construite avec les poutres récupérées sur le château rasé en 1616. Fontaine "Galiane" et son lavoirOn peut voir sur ce . Image:Mas d'agenais, lavoir, vue d'ensemble.jpg| Lavoir de la fontaine Galiane, vue d'ensemble. Image:Lavoir du Mas-d'Agenais, détail.JPG‎ | Lavoir de la fontaine Galiane, vue rapprochée. Image:Lavoir du Mas-d'Agenais, intérieur.JPG‎ | Lavoir de la fontaine Galiane, intérieur. Image:Lavoir du Mas-d'Agenais, toit.JPG‎ |Lavoir de la fontaine galiane, vue du toit. Reste de l'enceinte du château et porte : le château fut rasé en 1616. On trouve à sa place une vaste esplanade, transformée en parc, dominant le port du canal latéral à la Garonne, ainsi que le fleuve et le pont le franchissant. Image:Porte du château, vue extérieure.jpg|Vue extérieure de la porte est du château. Image:Porte du château, vue intérieure.jpg‎|Vue intérieure de la porte est du château. Image:Le Mas-d'Agenais, porte du château, épaisseur.JPG|Vue de profil de la porte est du château.

Personnalités liées à la commune

Jumelage

Le Mas-d'Agenais est jumelé avec le village alsacien de Biesheim depuis le 8 août 1969.

Bibliographie

Protohistoire

Fages (Brieuc), Carte archéologique de la Gaule - Le Lot-et-Garonne, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Ministère de la Culture, Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, CNRS, Paris 1995, ISBN 2-87754-037-5 Abaz (B.) et Noldin (J.-P.), L'Occupation préromaine d'USSUBIUM (Le Mas-d'Agenais, Lot-et-Garonne, in Boudet (Richard) (Textes réunis par), Les Celtes, la Garonne et les pays aquitains, L'Age du Fer du Sud-Ouest de la France (du VIII au Ier siècle avant J.-C.), 1992, ISBN 2-9505713-0-2

Antiquité

Fages (Brieuc), Carte archéologique de la Gaule - Le Lot-et-Garonne, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Ministère de la Culture, Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, CNRS, Paris 1995, ISBN 2-87754-037-5 Tassaux (Francis), Agglomérations secondaires et premier réseau urbain du Sud-Ouest, Revue de l'Agenais, n°1, janvier-mars 2004, pp. 23-42.

Voir aussi

- Communes de Lot-et-Garonne

Notes et références

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