Cycle sexagésimal chinois

Infos
Le cycle sexagésimal (, pinyin : gānzhī) est un système chinois de numérotation des unités de temps basé sur la combinaison de deux séries de signes, les dix tiges célestes (, tiāngān) et les douze branches terrestres (, dìzhī), permettant d’obtenir soixante combinaisons différentes. Cette numérotation est le plus souvent utilisée pour marquer le déroulement des années, mais peut également s’appliquer aux mo
Cycle sexagésimal chinois

Le cycle sexagésimal (, pinyin : gānzhī) est un système chinois de numérotation des unités de temps basé sur la combinaison de deux séries de signes, les dix tiges célestes (, tiāngān) et les douze branches terrestres (, dìzhī), permettant d’obtenir soixante combinaisons différentes. Cette numérotation est le plus souvent utilisée pour marquer le déroulement des années, mais peut également s’appliquer aux mois, jours ou heures. Outre la Chine, elle a également été employée au Japon, en Corée et au Viêt Nam. On trouve aussi en français les termes « troncs célestes » et « rameaux terrestres ».

Origine

L'origine du calendrier sexagésimal est très ancienne, puisqu'il apparaît dès les Shang sur les écrits oraculaires où il note les jours. La liste complète des deux séries fut découverte sur un document divinatoire du règne de Di Yi (1191 à 1154 av. J.-C.). Ultérieurement, à l'époque des Printemps et des Automnes, la date d'une éclipse solaire est mentionnée avec le jour noté dans ce système : « troisième année du règne du Duc Wen de Lu, deuxième mois, jour jisi » (soit 720 av. J.-C., le 10 du deuxième mois). Le système des dix tiges célestes pourrait être en rapport avec un ancien mythe qui prétend qu’il y avait jadis dix soleils apparaissant à tour de rôle dans le ciel ; une série de dix jours était notée par le caractère (xún), toujours employé aujourd'hui. Selon une légende de la mythologie chinoise, les dix soleils apparurent un jour ensemble et se mirent à brûler la terre jusqu’à ce que l’archer Yi en abatte neuf. Des caractères les notant apparaissent dans les noms de souverains de la dynastie Xia dont Kong Jia ou Jin, surnommé Yin Jia , mais dans des documents nettement postérieurs à l’époque supposée de cette dynastie mythique. L’observation astronomique, qui a inspiré les douze mois par le fait qu'une année correspond à peu près à douze lunaisons, semble l’origine la plus probable de la série duodécimale des branches terrestres. On ignore le sens d’origine des caractères qui notent les deux séries, bien que certains soient encore d’usage courant de nos jours, mais probablement avec une signification différente. D’après la forme des signes et leur ressemblance avec des sinogrammes plus récents, les Chinois ont imaginé pour expliquer les tiges célestes qu'ils représentaient le cycle de croissance d’une plante, hypothèse que rien n’a encore pu confirmer.

Tiges célestes

A partir du , les tiges célestes ont été associés aux cinq éléments, deux signes consécutifs appartenant au même élément. Comme la série peut être combinée avec les branches terrestres qui sont alternativement yin et yáng, cette association peut aussi leur être appliquée. Au Japon, leur nom est une combinaison de l’élément associé et de –e « frère aîné » pour le signe supérieur yang, –to « frère cadet » pour le signe inférieur yin.

Tableau des tiges célestes

En Chine et dans les autres pays d’extrême-Orient qui les emploient, les tiges célestes sont souvent utilisés à la façon des lettres de l’alphabet romain pour désigner, par exemple, les parties sur un contrat, ou les notes de niveau données par les enseignants (avec l’ajout à la série de yōu , « excellent »). Ils entrent dans la composition de noms de composés de chimie organique, comme le méthanol, jiachun et l’éthanol, yichun . Au tout début de l’introduction des mathématiques occidentales, les tiges célestes représentaient les lettres A à J, et les branches terrestres les lettres K à V. Les signes tels quels représentaient les minuscules, et associées à l’élément de sinogramme kou , les majuscules (p. ex : représente a et représente A). Jusqu’en 2004, les tiges célestes apparaissaient sur les plaques d’immatriculation des véhicules militaires taïwanais.

Branches terrestres

Les vingt-quatre cardinaux chinois. Le cercle intérieur montre les douze branches terrestres Le décompte des ans à l'aide des rameaux terrestres faisait à l'origine débuter l'année au jour dit lichun , « commencement du printemps », situé à mi-distance entre le solstice d'hiver et l'équinoxe de printemps, lorsque l'astre atteint 315 degrés de longitude solaire. Par la suite, l'usage a déplacé le début de l'année au Nouvel An chinois, qui commence à la deuxième nouvelle lune après le solstice d'hiver. Néanmoins, l'astrologie n'a pas oublié l'ancien système, et on peut voir quelques almanachs qui le suivent. Sous l'influence de l'astrologie persane transmise via l'Inde et le Tibet, à chacune des branches terrestres s'est trouvé associé un animal. Cette série de douze animaux, désormais populaire dans de nombreux pays sous le nom de signes chinois ou « zodiaque chinois », était aussi employée par les japonais, les coréens, les vietnamiens et les chinois d'Asie du Sud-Est, avec parfois quelques variations dans la nature des animaux. Les branches terrestres peuvent aussi décompter douze périodes de temps correspondant chacune à deux jieqi , divisions du calendrier chinois agricole. Ces périodes, établies sur des bases astronomiques solaires, correspondent approximativement aux mois lunaires. Pour les besoins astrologiques et religieux, les almanachs donnent les dates exactes de changement de jieqi . Les branches terrestres décomptaient autrefois les douze périodes de deux heures chacune, les shi, qui formaient une journée. L'heure n'est plus exprimée de cette façon de nos jours, mais il reste important pour la divination de connaître la branche terrestre correspondant à tel ou tel moment de la journée. Le vocabulaire mandarin contemporain a gardé des traces de ce système dans les mots « midi » (zhongwu, signifiant littéralement « milieu de wu »), « matinée » (shangwu, « au-dessus de wu »), « après-midi » (xiawu, « en dessous de wu »), « nuit » (ziye, « nuit zi »). Les branches terrestres ont aussi été utilisées par les navigateurs et les astronomes pour marquer l'orientation. Douze points-repères ne suffisant pas, de nouveaux termes furent empruntés aux tiges célestes et au Yi Jing pour indiquer les positions intermédiaires.

Tableau des branches terrestres

Les branches terrestres furent parfois utilisés pour numéroter les chapitres de livres, comme le dictionnaire de Kangxi.

Cycle sexagésimal

Le cycle sexagésimal combinant les deux séries des tiges célestes et des branches terrestres est attesté dès les Shang pour la numérotation des jours. Son emploi pour le décompte des années date du début de l'ère chrétienne, période de la dynastie Xin. Cette notation resta en usage dans la vie quotidienne jusque très récemment, en parallèle avec celle des ères ou règnes impériaux. Cette dernière, instaurée à partir de l'ère Jianyuan (140 à 135 av. J.-C.) de l'empereur Wudi des Han, est beaucoup plus précise puisqu'elle ne se reproduit jamais, au contraire du cycle sexagésimal. La révolution de 1911 qui mit fin à l'empire chinois est connue sous le nom de Révolution de Xinhai, code de 1911 dans le cycle sexagésimal. Le cycle sexagésimal actuel, qui couvre les années 1984 à 2044, serait le 79 selon la tradition qui attribue l'invention du système cyclique au mythique Empereur Jaune et fait débuter le décompte en 2697 av J.C. Certains astrologues envisagent sur une date de début plus ancienne. La numérotation sexagésimale est également appliquée aux mois, jours et heures pour l'établissement des horoscopes, qui s'appuient sur les « huit caractères » (, bazi), les quatre couples tige céleste-branche terrestre de l'heure, du jour, du mois et de l'année de naissance.

Tableau des soixante combinaisons

Le cycle se comprend mieux en notant que pour passer d'une entrée du cycle à la suivante, on augmente de une unité chacun des deux éléments (tige et branche) en bouclant quand on arrive à la fin de la liste. Ainsi, si le premier élément du cycle est jiazi, le suivant est yichou, yi étant l'élément suivant jia et chou l'élément suivant zi, et ainsi de suite. ===
Sujets connexes
Astrologie chinoise   Automne   Bing (tige céleste)   Bingxu   Bingyin   Bingzi   Branche terrestre   Calendrier chinois   Chen (branche terrestre)   Cheval (astrologie chinoise)   Chien (astrologie chinoise)   Chimie organique   Chou (branche terrestre)   Cinq éléments (Chine)   Civilisation chinoise   Coq (astrologie chinoise)   Corée   Dictionnaire de caractères de Kangxi   Dingchou   Dinghai   Dingmao   Dragon (astrologie chinoise)   Dynastie Han   Dynastie Shang   Dynastie Xia   Dynastie Xin   Gengchen   Gengwu   Gui (tige céleste)   Guiwei   Guiyou   Hai (branche terrestre)   Han Wudi   Hiver   Houyi   Inde   Japon   Ji (tige céleste)   Jia   Jiashen   Jiaxu   Jiazi   Jimao   Jisi   Kun'yomi   Lapin (astrologie chinoise)   Lichun   Lunaison   Mao (branche terrestre)   Mouton (astrologie chinoise)   Mythologie chinoise   Méthanol   Nouvel An chinois   On'yomi   Perse   Porc (astrologie chinoise)   Printemps   Rat (astrologie chinoise)   Ren (tige céleste)   Renchen   Renshen   Renwu   Révolution chinoise de 1911   Serpent (astrologie chinoise)   Shen (branche terrestre)   Si (branche terrestre)   Singe (astrologie chinoise)   Sinogramme   Tibet   Tige céleste   Tigre (astrologie chinoise)   Viêt Nam   Wei (branche terrestre)   Wu (branche terrestre)   Wu (tige céleste)   Wuchen   Wushen   Wuyin   Wuzi   Xin (tige céleste)   Xinsi   Xinwei   Xu (branche terrestre)   Yi (tige céleste)   Yi Jing   Yichou   Yihai   Yin (branche terrestre)   Yiyou   You (branche terrestre)   Yáng (陽 ou 阳)   Zi (branche terrestre)  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^