Contraception

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L'Organisation Mondiale de la Santé définit la contraception comme . La contraception désigne les procédés temporaires et réversibles, sinon il s'agit de stérilisation : castration, vasectomie ou ligature des trompes. Ce terme est réservé aux êtres humains et, parfois, à certains animaux. Il n'est pas utilisé pour les végétaux.
Contraception

L'Organisation Mondiale de la Santé définit la contraception comme . La contraception désigne les procédés temporaires et réversibles, sinon il s'agit de stérilisation : castration, vasectomie ou ligature des trompes. Ce terme est réservé aux êtres humains et, parfois, à certains animaux. Il n'est pas utilisé pour les végétaux.

Histoire

Les premiers signes de contraception apparaissent dans l'Égypte ancienne sous forme d'un dispositif intra-utérin, il y a plus de 5 000 ans. Mille ans plus tard, on retrouve la trace en Égypte d'une recette contraceptive, composée d'excréments de crocodile, de natron, de miel et de gomme arabique. Les grecs et les romains ont quand à eux utilisés l'avortement et l'infanticide en cas d'échec des drogues et des amulettes. Des écrits de l'Antiquité préconisaient aux femmes de sauter plusieurs fois après la relation sexuelle afin de faire sortir un produit compose de glaire et de sperme, évitant ainsi la fécondation. Soranos d'Éphèse décrit la pratique de l'avortement et la confection d'un tampon qui empêche l'ascension du sperme, en parlant des éponges du Levant, réputées pour leur souplesse et leurs capacités d'absorptionTraité de gynécologie et d'obstétrique de Soranos d'Éphèse au . Ces éponges, dénommées « mignonnettes », étaient toujours utilisés au . À l'arrivée du christianisme, l'Église Catholique préconisait l'abstinence comme seul moyen de contraception. Les chrétiens condamnèrent tout contrôle de la fécondité qui permettait le plaisir mais empêchait la procréation. Avortement et contraception furent considérés, par les premiers chrétiens, comme des pratiques similaires, à savoir des tentatives pour profiter des plaisirs du sexe, sans engendrer d'enfant. L'Eglise romaine condamne tout acte conjugal volontairement amputé de sa vertu procréatrice. Toutefois si le plaisir sans procréation est condamné, l'abstinence peut être glorifiée. Cette méthode contraceptive s'accompagne, en effet, de valeurs positives, enseignées par l'Eglise après le concile de Trente (XVIes): le sens de la responsabilité et la maîtrise de soi, l'amour conjugal qui peut amener un mari à vouloir éviter à son épouse des grossesses répétées et toujours redoutées, l'attachement à l'égard des enfants que l'on pourra élever avec d'autant plus de soin qu'ils seront moins nombreux. Hormis l'abstinence, aucun autre procédé n'a jamais été préconisé par l'église romaine. Il aura fallu attendre le pour voir apparaître le premier préservatif à base d'herbes, inventé par Gabriele Falloppio. On expérimentera également, à cette époque, différentes injections intra-vaginales. De manière générale, on préfère alors parler d'étreintes réservés et de manœuvres post-coïtales. En 1661, Madame de Sévigné parle, dans ses « Lettres à sa fille » d'utiliser des « restringents » ou de faire chambre à part. Au , Thomas Malthus constate que la courbe des naissances dépasse la courbe des subsistances. Il prône le recours à un contrôle des naissances qui n'empêcherait pas le plaisir. En France, le , une loi interdit la propagande anticonceptionnelle. En 1930, le pape Pie XI interdit toutes méthodes artificielle qui entraverait la procréationEncyclique Casti Connubii. Vingt et un ans après, Pie XII autorise l'abstinence sexuelle périodique, ainsi que la régulation des naissances pour raison économique, eugénique, sociales ou médicales. Le , l'association Maternité heureuse se crée, elle militera pour donner accès à la contraception aux françaises et pour l'abolition de la loi de 1920. L'année 1961 connaîtra, en mars, la condamnation de « tout procédé contraceptif ou moyen stérilisant qui a pour but d'entraver la venue au monde des enfants », par l'Assemblée des cardinaux et archevêques de France. Puis en juin, l'ouverture du premier Centre de planification à Grenoble par Henri Fabre, ainsi qu'un second à Paris en octobre. En 1967, la Loi Neuwirth vient abroger la loi de 1920, autorisant ainsi la contraception, qui ne sera remboursée qu'en 1974 avec la loi Veil.

Étymologie

Le terme contraception a pour origine:
- contra: contre
- (con)ception, du latin conceptio, de concipere: concevoir: formation d'un nouvel être.

Méthodes de contrôle des naissances

De nombreuses méthodes de contraception sont utilisées par les humains, dont la disponibilité, l'efficacité et la facilité d'utilisation varient grandement. Les méthodes de contraception peuvent se décliner en plusieurs catégories :
- les méthodes "barrières"
- préservatif masculin
- préservatif féminin
- spermicides
- diaphragme et cape cervicale
- la contraception hormonale féminine
- la pilule
-
- pilule combinée
-
- pilule progestative
- implant hormonal
- progestatifs injectables
- "patch" ou timbre contraceptif
- anneau vaginal
- le stérilet aux hormones, cf ci-dessous
- la contraception hormonale masculine
- en cours d'expérimentation : association d'une pilule progestative ou d'un implant hormonal (hormone similaire ou identique) à de la testostérone (pour le maintien des caractères sexuels masculins) sous forme de pilule ou d'injection agissant plusieurs semaines ; l'efficacité (absence de spermatozoïdes dans le sperme) nécessiterait trois mois de prise médicamenteuse sans interruption ; à l'arrêt, il faudrait trois mois pour avoir des spermatozoïdes fécondants.
- les DIU (dispositif intra-utérin) ou stérilets
- DIU "classique" au cuivre
- DIU hormonal
- les méthodes chirurgicales
- ligature des trompes
- vasectomie
- les méthodes naturelles
- coït interrompu ou "retrait"
- méthodes observant le cycle menstruel féminin
-
- méthode des températures
-
- observation de la glaire ou méthode Billings
-
- méthode symptothermique, qui combine plusieurs observations : température, glaire cervicale et position du col de l'uterus
-
- méthode Ogino
- l'allaitement à la demande Les méthodes dites naturelles ne sont parfois pas considérées comme des moyens de contraception. Cela dit, elles entrent dans la définition donnée par l'OMS comme "méthodes ou procédures permettant de diminuer la probabilité de conception" et semblent donc à ce titre avoir leur place dans cet article. Pour mémoire, les pratiques sexuelles excluant la pénétration vaginale telles que la sodomie, la fellation ou la masturbation réciproque, ne conduisent normalement pas à une fécondation, mais il n'est pas exclu que du sperme entre incidentellement en contact avec le vagin. Il existe de plus deux moyens de contraception dits "d'urgence", à savoir la pilule du lendemain et la pose d'un DIU. Jusqu'aux années 1960, la contraception était pratiquement exclusivement du ressort de l'homme. Elle est devenue massivement féminine avec l'apparition des traitements hormonaux (« la pilule »).

Enjeu et polémiques

De par ses implications sur la population, la contraception est un enjeu philosophique, religieux et politique majeur, sujet à polémique (voir aussi les polémiques sur l'interruption volontaire de grossesse). La contraception a longtemps été considérée comme indésirable, et parfois interdite, chaque humain supplémentaire étant considéré comme une richesse et les rapports sexuels en tant que plaisir étant considérés comme honteux et réprimables. Au , les mouvements de libération sexuelle occidentaux ont fait évoluer cette perception. La contraception est maintenant souvent perçue comme un moyen de maîtrise individuelle de la fécondité et de la reproduction permettant l'épanouissement individuel. Certains groupes religieux refusent l'usage de la contraception. Les autorités musulmanes et protestantes n'ont pas adopté de position unique. Le catholicisme est opposé à l'usage de toute contraception, et prône le contrôle des naissances par les méthodes de planification familiale naturelle. Le pape Paul a défini la position de l'Église catholique sur ce sujet dans l'encyclique Humanæ vitæ (25 juillet 1968). La promotion de la maîtrise des populations (en partie soutenue par des organisations internationales comme l'Organisation mondiale de la santé) a mené à déployer la contraception dans des pays à économie fragile et à population en forte croissance après la révolution agricole (augmentation de la capacité à nourrir les populations) et la révolution médicale (déploiement international de médicaments, de règles d'hygiène et de pratiques réduisant sensiblement la mortalité). C'est ainsi que les deux pays les plus peuplés du (la Chine et l'Inde) ont eu massivement recours à la contraception afin de limiter la croissance de leur population. Ainsi, dans le canton chinois de Linyi (province de Shandong), une campagne de stérilisations et d'avortements forcés a affecté 7000 femmes en 2005. Les fonctionnaires du planning familial ont voulu rectifier de force les mauvais chiffres de la natalité dans cette région. On notera que, dans certains cas, la contraception forcée a aussi été employée. La scolarisation, l'accès aux soins, l'augmentation de la durée du célibat des femmes et l'urbanisation réduisent la natalité. Dans de telles conditions, la plupart des populations adoptent un taux de natalité proche du taux occidental.

La contraception en France

71% des personnes, ayant une sexualité active, se protègent contre une grossesse. Alors que l'âge du premier rapport sexuel ne bouge pas depuis 20 ans (17, 5 ans en moyenne), l'âge moyen d'une mère à la naissance de son premier enfant augmente sans cesse (26, 5 ans en 1977 à près de 30 ans en 2004)Baromètre santé 2005.

Voir aussi

Notes et références

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Sujets connexes
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