Bernard Pivot

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Bernard Pivot, né le 5 mai 1935 à Lyon, est un journaliste et critique littéraire français, animateur d'émissions culturelles à la télévision.
Bernard Pivot

Bernard Pivot, né le 5 mai 1935 à Lyon, est un journaliste et critique littéraire français, animateur d'émissions culturelles à la télévision.

Biographie

Il naît le 5 mai 1935 à Lyon, de parents épiciers. Durant la Seconde Guerre mondiale, son père est fait prisonnier, et sa mère se replie dans la maison familiale, à Quincié-en-Beaujolais, où Bernard Pivot va à l'école. En 1945, Charles Pivot revient et la famille retourne à Lyon. À 10 ans, Bernard est mis en pension religieuse ; il s'y découvre une passion pour le sport, ce qui fera « oublier » à ses maîtres sa médiocrité dans les autres matières, à l'exception du français et de l'histoire. Lycéen puis étudiant en droit à Lyon, le jeune Bernard Pivot s'inscrit ensuite à Paris au Centre de formation des journalistes (CFJ). Il y rencontre sa future épouse, Monique, et en sort vice-major de sa promotion. Après un stage au Progrès, à Lyon, il se forme au journalisme économique pendant un an, puis intègre le Figaro littéraire en 1958. En 1970, il anime une chronique quotidienne à la radio mi-sérieuse mi-comique, sans hésiter à aborder des sujets politiques, ce que n'apprécie que modérément le Président de la République Georges Pompidou. En 1971, le Figaro littéraire disparaît et Bernard Pivot devient chef de service au Figaro. Il démissionne en 1974 après un désaccord avec Jean d'Ormesson. Jean-Louis Servan-Schreiber lui propose alors un projet de magazine qui débouche, un an plus tard, sur la création du magazine Lire. Entre-temps, il anime, à partir d'avril 1973, Ouvrez les Guillemets, sur la première chaîne. En 1974, l'ORTF éclate et Bernard Pivot lance l'émission Apostrophes, dont le premier numéro est diffusé sur « Antenne 2 » le 10 janvier 1975. Cette émission s'arrête en 1990, mais Bernard Pivot crée alors Bouillon de culture, qui au départ cherche à s'intéresser à un horizon plus large que les seuls livres (mélange de littérature, de cinéma et d'art). La dernière émission, en juin 2001, est un événement dans le monde de l'édition et des médias. Il a également tenu quelque temps dans Le Point une chronique souvent spirituelle, mais dont le titre pouvait agacer plus d'un lecteur : « Riez, nous ferons le reste ». Depuis janvier 2002 jusqu'en décembre 2005, Bernard Pivot part à la rencontre des étrangers qui ont choisi d'ajouter la culture et la langue françaises à leur culture originelle. Il s'agit de portraits d'hommes et de femmes qui cultivent leur « double je ». Cette émission, intitulée Double je, est diffusée une fois par mois sur France 2 le dimanche soir. Il est également chroniqueur littéraire au Journal du Dimanche . Le 5 octobre 2004, il est élu à l'Académie Goncourt. Il est le premier non-écrivain à y être élu, son importance dans le monde de la critique littéraire explique cette exception.

Les Dicos d'or

En 1985, avec la linguiste Micheline Sommant, il lance les Championnats de France d'orthographe qui deviennent, en 1988 et pour quatre ans les Championnats du monde d'orthographe avant de devenir les Dicos d'or, de nouveau restreints à la France. Ces épreuves annuelles se déroulent en trois phases :
- Au printemps, des tests de sélection sont organisés dans la presse, en particulier dans le magazine Lire, et dans certaines collectivités (établissements scolaires...). Ces tests sont des questionnaires à choix multiples ;
- À l'automne, les lauréats des tests préliminaires sont réunis par région afin de participer à la demi-finale (QCM et dictée) ;
- Puis, à l'hiver, les lauréats de chaque catégorie sont réunis en un lieu unique pour la finale. Il existe quatre catégories : juniors scolaires, juniors, seniors professionnels et seniors amateurs. La participation à ces Dicos d'or est totalement gratuite, si ce n'est l'achat du magazine obligatoire pour obtenir les questionnaires. Les Dicos d'Or s'achèvent avec la dernière finale du 23 janvier 2005gagnant de cette 19 édition : . Fin novembre 2005 se déroule enfin une super finale non ouverte au public car réservée aux vainqueurs de toutes les éditions précédentes. Enregistrée au Collège de France le samedi 26 novembre 2005 et diffusée sur France 3 le lendemain, elle réunit 84 champions (dont 23 ayant fait zéro faute). La difficulté particulièrement accrue cette fois-ci fit que seuls 5 champions purent se glorifier du 0 faute. Le grand gagnant de cette finale, un ingénieur en informatique, est Philippe Loriot (il fera remarquer, avec beaucoup d'humour, la quasi-impossibilité pour un ordinateur de se mesurer à l'homme dans un tel exercice, contrairement par exemple aux échecs). On retrouvera tous les textes et questionnaires dans l'ouvrage Les dictées de Bernard Pivot : l'intégrale paru aux éditions Albin Michel (ISBN 2226143882) accompagné d'un CD des cinq dictées préférées de Bernard Pivot dictées par ce dernier. (Le livre est actuellement épuisé.)

Bernard Pivot et James Lipton

L'Américain James Lipton tombe, au hasard d'un zapping, sur une émission d'une chaîne câblée où il voit des Français discuter autour d'un bon vin. « Ah, dit-il, il y en a qui prennent du bon temps ! ». Il regarde machinalement l'émission, qui est sous-titrée. Il découvre que la conversation se déroule à bâtons rompus, qu'il s'y dit des choses concernant des sujets inattendus, que l'émission possède un « fond », contrairement à ce qu'il a vu jusqu'à présent (où un artiste ne passait à la télévision que pour faire une promotion de sa dernière œuvre, selon lui). « Voilà la télé qu'il faut faire ! », s'exclame-t-il, et il crée sous cette inspiration son émission Inside the Actor's Studio, au succès qui le rend célèbre. Invariablement, en fin d'émission, il soumet ses invités à un questionnaire, qui est celui du great Bernard Pivot, in Apostrophes and Bouillon de culture (il reprend délibérément cette expression rituelle à chaque fois). Celui-ci en effet avait imaginé un petit questionnaire à la manière de Marcel Proust qu'il pose rituellement aussi à ses invités. James Lipton n'en a modifié qu'une question : « Si Dieu existe, qu'aimeriez-vous qu'il vous dise le jour de votre mort ? », jugée trop brutale pour ce public et remplacée par « Si le paradis existe, qu'aimeriez-vous que Dieu vous dise le jour de votre mort ? », plus acceptable pour ce même public. La chose finit par arriver aux oreilles de Pivot, qui regarde l'une des émissions de Lipton à son tour et s'étonne de constater que son travail inspire un alter ego outre-Atlantique. Lors de la préparation de la dernière de « Bouillon de culture », il envoie une lettre à James Lipton - qu'il n'a jamais rencontré personnellement - commençant par « Cher ami-rateur ». Il l'invite à l'émission de clôture. Lipton accepte avec enthousiasme. « Moi, passer chez Pivot ? », déclare-t-il à la presse française qui l'interroge sur le sujet, « Mon cœur risque de s'arrêter net ! ». En fait, il ne se passe pas grand-chose entre les deux animateurs : chacun des deux y semble bien trop impressionné par l'autre pour être vraiment à l'aise. Mais cette émission est vue comme une sorte de passage de flambeau entre les deux hommes, ainsi que comme une rencontre culturellement historique et symbolique. James Lipton cherche actuellement à faire doubler en anglais les émissions existantes d’Apostrophes et Bouillon de culture, le public américain n'aimant guère lire des sous-titres. Le succès mondial d’Inside the Actor's Studio ayant déjà attiré la curiosité sur le nom de Pivot de la part d'un public qui ne l'a jamais vu, il se dit persuadé que celles-ci, vu leur qualité, pourraient elles aussi plaire à un public mondial, et peut-être même créer des émules.

Anecdotes

-L'écrivain Charles Bukowski, ivre mort, fut remercié en pleine émission par les invités, excédés par les manifestations soudaines d'ébriété de l'auteur à succès ; notamment Cavanna, rédacteur en chef (à l'époque) de Charlie Hebdo.
-On ne servait pas en principe de boissons alcoolisées sur le plateau d'Apostrophes, mais pour l'émission spéciale consacrée à Vladimir Nabokov, Bernard Pivot versait du whisky dans une théière, en proposant plusieurs fois au cours de l'émission : "Encore un peu de thé, monsieur Nabokov ?".

Œuvres littéraires

- L'Amour en vogue, roman, Calmann-Lévy, 1959
- La vie oh là là !, chroniques, Grasset, 1966
- Les critiques littéraires, essai, Flammarion, 1968
- Texte de l'album Beaujolaises, Chêne, 1978
- Le Football en vert, livre sur l'A.S. Saint-Étienne, Hachette-Gamma, 1980
- Le métier de lire, réponses à Pierre Nora, Gallimard, 1990. Réédité et complété, Folio, juin 2001
- Remontrance à la ménagère de moins de 50 ans, Plon, 1998

Voir aussi

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Sujets connexes
Académie Goncourt   Apostrophes   Bouillon de culture (émission)   Centre de formation des journalistes   Charles Bukowski   Charlie Hebdo   Collège de France   Dicos d'or   Dictée   Double je   Décembre   France   France 2   France 3   François Cavanna   Georges Pompidou   James Lipton   Jean-Louis Servan-Schreiber   Jean d'Ormesson   Lyon   Questionnaire de Proust   Questionnaire à choix multiples   Quincié-en-Beaujolais   Seconde Guerre mondiale   Télévision   Vladimir Nabokov   Whisky  
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