Auschwitz

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Entrée d'Auschwitz I avec l'inscription Arbeit macht frei (« le travail rend libre »). Auschwitz (Konzentrationslager Auschwitz-Birkenau, en allemand Camp de Concentration d'Auschwitz-Birkenau) était le plus grand camp de concentration et d'extermination nazi. Il se situe dans la ville d'Oświęcim (Auschwitz en allemand) à 70 kilomètres à l'ouest de Cracovie (en Petite-Pologne, région de Pologne, pays alors occupé par le Reich). I
Auschwitz

Entrée d'Auschwitz I avec l'inscription Arbeit macht frei (« le travail rend libre »). Auschwitz (Konzentrationslager Auschwitz-Birkenau, en allemand Camp de Concentration d'Auschwitz-Birkenau) était le plus grand camp de concentration et d'extermination nazi. Il se situe dans la ville d'Oświęcim (Auschwitz en allemand) à 70 kilomètres à l'ouest de Cracovie (en Petite-Pologne, région de Pologne, pays alors occupé par le Reich). Il fut créé en mai 1940 et opéré par les SS, puis libéré par l'Armée rouge le 27 janvier 1945. En 5 ans, pas moins de 1, 3 million d'hommes, de femmes et d'enfants, à 90 % des juifs, moururent à Auschwitz, dont immédiatement à leur sortie des trains qui les avaient amenés : principalement dans les chambres à gaz, parfois abattus. La plupart du reste des prisonniers finissaient par mourir de maladies, de malnutrition, de mauvais traitements, d'expériences médicales, voire de gazage après tous ces sévices. Auschwitz, pour être le plus grand camp d'extermination de tous les temps, est considéré comme le symbole des meurtres en masse nazis, du génocide des Juifs dans lequel près de 6 millions de Juifs furent assassinés : le symbole de la Shoah. À l'instar des autres camps de concentration, Auschwitz était sous les ordres de Heinrich Himmler et de la Schutzstaffel. Le responsable du camp fut le SS-Obersturmbannführer Rudolf Höß jusqu'à l'été 1943, remplacé ensuite par Arthur Liebehenschel et Richard Baer. Rudolf Höß fournira des descriptions détaillées du fonctionnement du camp dans son autobiographie, mais aussi lorsqu'on l'interrogera lors du procès de Nuremberg. Retrouvé par les Alliés en Bavière, où il se cachait sous une fausse identité, il est condamné à mort par un tribunal polonais et pendu en 1947 face au crématorium d'Auschwitz I.

Auschwitz : un vaste complexe

Plan de situation des trois camps d'Auschwitz, à l'été 1944 Le complexe concentrationnaire d'Auschwitz était principalement constitué de trois camps :
- Auschwitz I, ouvert le 20 mai 1940 — Le camp souche (principal) est un camp de concentration où périrent près de 70 000 hommes, au début des prisonniers de guerre et des opposants politiques polonais et soviétiques ; ensuite des Juifs et des résistants de toutes nationalités.
- Auschwitz II (Birkenau), ouvert le 8 octobre 1941 — À la fois camp de concentration et centre de mise à mort immédiate où périrent plus d'un million de personnes, juives dans leur immense majorité ainsi que des tziganes.
- Auschwitz III (Monowitz), ouvert le 31 mai 1942 — Un camp de travail pour les usines IG Farben Ces 3 camps étaient complétés d'une cinquantaine de petits camps dispersés dans la région et placés sous la même administration.

Auschwitz I

Une des allées du camp Auschwitz I La création du camp souche Auschwitz I est décidée par les SS en février 1940 sur l'emplacement d'anciennes casernes polonaises, vides depuis que la région a été annexée par le Reich. Les premiers prisonniers polonais arrivent en juin 1940. Auschwitz est à l'origine un camp de concentration et de travail forcé. Le camp accueille les hommes politiques et les intellectuels opposés au régime nazi avant d'accueillir des prisonniers de guerre soviétiques, des criminels allemands, des prisonniers politiques, ainsi que des « éléments asociaux » (vocable nazi) tels que les tziganes, les prostituées, les homosexuels, les handicapés, les témoins de Jéhovah et les Juifs. En 1940, le camp interne compte entre et hommes. Le nombre de détenus ira jusqu'à en 1942. Vue du camp Auschwitz I en hiver L'entrée dans le camp se fait par un portail qui porte l'inscription, reprise de Dachau, Arbeit macht frei : « Le travail rend libre ». Chaque jour, lorsque les prisonniers quittaient le camp pour aller travailler, c'était au rythme d'une marche mise en musique par un orchestre de détenus. Il en allait de même lorsque de nouveaux trains arrivaient : la musique continuait. Pour surveiller les détenus, les SS puisaient parmi les plus violents des criminels allemands reconnus pour des actes de violence. Ce sont les Kapo. Les détenus étaient identifiés par un symbole cousu sur leur combinaison de bagnard : prisonnier politique, juif… Ces derniers étant les plus maltraités. Les prisonniers travaillaient pendant 6 jours, si ce n'est 7 par semaine. Le dimanche était réservé à la toilette personnelle. Ce qui causa rapidement de nombreux décès pour malnutrition et manque d'hygiène. La première chambre à gaz (encore intacte) situé à Auschwitz I Afin d'accélérer le processus de mort, les SS testèrent dès septembre 1941 un gaz pesticide, le Zyklon B, dans les caves du block 11. Six cents prisonniers de guerre soviétiques et 250 prisonniers politiques polonais furent ainsi gazés. Les SS utilisèrent alors dans le camp souche un bâtiment comprenant une chambre à gaz et un crématoire composé de 3 fours. Cette installation fut en service entre 1941 et 1942, avant d'être transformée en bunker de protection en cas d'attaque aérienne. Pour cette raison, le bâtiment n'a pas été détruit par les nazis. Le four crématoire actuellement visible y a été reconstruit après la guerre à partir du matériel original resté sur place. En 1942, le camp vit également l'arrivée des premières femmes. Entre avril 1943 et mai 1944, les femmes juives servirent de cobayes pour des expériences de stérilisation pour le Professeur Karl Clauberg. Le docteur Josef Mengele, quant à lui, faisait toute sorte d'expérimentations sur tout type de détenu, surtout sur des enfants jumeaux. Lorsque les prisonniers ne guérissaient pas assez rapidement, ils étaient alors tués par injection de phénol au cœur. Sur les ordres de Heinrich Himmler, le block 24 fut transformé en bordel pour récompenser le personnel de surveillance.

Auschwitz II Birkenau

Le parcours des déportés vers la chambre à gaz Ce que beaucoup nomment « Auschwitz » est en fait le camp de Birkenau, qui comprend le centre d'extermination ainsi qu'un gigantesque camp de travail forcé. C'est là que périrent 1, 1 million d'individus, principalement des Juifs et des Tziganes. Le camp se situe, à 3 km d'Auschwitz I, à l'emplacement du village de Brzezinka (Birkenau en allemand) détruit pour construire le camp. D'une capacité théorique de détenus, il s'étend sur une superficie de 170 hectares. Il comprend, dans sa configuration finale, 3 parties ou Lager : le camp des femmes, le camp des hommes et une extension jamais terminée. Chacun des Lager est entouré de murs de barbelés électrifiés à haute tension. Certains détenus désireux de se suicider se jetaient sur ces fils de fer. Dans un premier temps, Himmler avait pensé Birkenau comme une extension d'Auschwitz destinée à accueillir des prisonniers de guerre soviétiques dans le cadre de l'invasion de l'Union soviétique. Ce sont d'ailleurs ces prisonniers soviétiques qui commencent à construire les baraquements en brique qui deviendront plus tard le camp des femmes. Le rôle principal de Birkenau, défini dès fin 1941, a ensuite été d'appliquer la solution finale de la question juive, c’est-à-dire la mise à mort systématique et programmée des Juifs d'Europe. Dans ce but les nazis firent construire à Birkenau 4 complexes de chambres à gaz-crématoriums (K II, K III, K IV et K V). La construction débuta en 1942. Le K I est l'ensemble chambre à gaz-crématorium d'Auschwitz I. Les ont précédé deux anciennes fermes situées à proximité du camp et transformées en chambres à gaz, nommées la maison rouge et la maison blanche. C'est dans ces fermes (bunker I et II) que sont morts une partie importante des Juifs déportés de France. Les détenus arrivaient de toute l'Europe à Auschwitz-Birkenau en train, souvent après plusieurs journées passées dans des wagons à bétail. Certains mouraient durant le voyage de soif, de faim, de maladie ou encore asphyxiés. La Judenrampe, où les prisonniers étaient débarqués jusqu'au 15 mai 1944 Ruine du crématoire IV Pendant la plus grande partie du fonctionnement du camp, les déportés arrivaient au niveau de l'ancienne gare de marchandise d'Auschwitz (la Judenrampe) et marchaient environ 1 kilomètre jusqu'à Birkenau. La voie fut prolongée au printemps 1944 pour terminer son trajet a l'intérieur de Birkenau, au plus près des dispositifs de gazage. La traditionnelle photographie où l'on voit des rails qui aboutissent à l'entrée du camp de Birkenau tel qu'il se présente aujourd'hui correspond donc à la configuration ultime du camp. Elle laisse croire qu'il s'agit de la voie de chemin de fer qui rentre dans le camp mais en fait elle est prise depuis l'intérieur du camp. À peine sortis du train, les prisonniers subissaient la « sélection ». D'un côté, les faibles, les personnes âgées, les malades, les femmes enceintes, les enfants destinés à être gazés immédiatement. De l'autre, les adultes (en théorie à partir de 16 ans) les plus valides que les SS destinaient à la mort par le travail forcé. Souvent, le docteur Josef Mengele se servait parmi les nouveaux venus pour conduire ses expériences. Dans tous les cas, les détenus étaient mis à nu, rasés, tatoués, dépossédés de leurs biens qu'on stockait dans des entrepôts appelés « Canada » dans le jargon du camp. Ces objets personnels étaient ensuite pour la plupart envoyés en Allemagne. Les survivants à ce premier tri étaient organisés en groupes de travail (Kommandos) et employés comme main-d'œuvre esclave dans les usines dépendant du camp, mais aussi dans des fermes ou à l'intérieur du camp. Les chambres à gaz pouvaient recevoir près de personnes à la fois. Une pièce, espace douche factice, laissait entrevoir une trappe sur le toit d'où le zyklon B était jeté. C'était la mission du Sonderkommando choisi parmi les prisonniers. Les corps étaient ensuite brûlés dans les crématoriums contigus. Vers la fin de la guerre, alors que les crématoriums tournaient à plein régime, les nazis tuèrent encore plus et brûlèrent les corps dans des fosses. En mars 1944, Juifs hongrois sont déportés à Auschwitz-Birkenau après que la Wehrmacht eut pris le contrôle de la Hongrie. d'entre eux furent assassinés, les autres envoyés dans des camps de travail. Le 7 octobre 1944, des membres du Sonderkommando, 250 prisonniers responsables des corps des personnes après gazage, se soulèvent. Ils s'étaient procuré des explosifs subtilisés par un commando de jeunes femmes juives, assez pour détruire partiellement le crématoire IV. Après l'explosion, ils coupèrent les barbelés électrifiés à l'aide de pinces d'électricien fabriquées à la hâte, et s'échappèrent dans la forêt. Mais leur fuite échoua et la plupart du groupe fut liquidé, peu survécurent.

Auschwitz III Monowitz

Le gouvernement nazi travaillait avec les industriels allemands (fonderie, industrie chimique, armement…). L'usine IG Farben de la Buna à Monowitz utilisait détenus d'Auschwitz. Sous-alimentés et maltraités, ces derniers finissaient par mourir au travail, si ce n'est dans les chambres à gaz à l'occasion d'une sélection ou dans des expériences médicales.

Ce que savaient les Alliés

Vue aérienne du camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau à son extension maximale; l'entrée se trouve en bas à droite, prolongée vers la gauche par les voies de chemin de fer et les quais de débarquement; à gauche, de part et d'autre de ceux-ci, deux bâtiments abritant les fours crématoires (les deux formes en "T"); de bas en haut : camp des femmes et des prisonniers en régime dur, camp principal, extension en construction. On remarque en haut à gauche la fumée dégagée par un troisième four crématoire Cliquez sur l'image pour agrandirEntre 1940 et 1942, les informations arrivent au goutte à goutte, notamment concernant les massacres commis par les Einsatzgruppen à l’est, premier mode d’extermination des Juifs par des commandos. La crédibilité de la politique d’extermination est garantie à l’été 1942 avec le célèbre télégramme Riegner du 8 août 1942. À l’automne 1942, des rescapés des horreurs nazies témoignent, comme le résistant polonais Jan Karski qui s’entretient directement avec Roosevelt et l’administration britannique en vue de mettre un terme au massacre. Et le 17 décembre 1942, les forces américano-britanniques, et les gouvernements en exil à Londres font une déclaration conjointe condamnant la politique d’extermination des Juifs d’Europe, menaçant de représailles leurs auteurs. Les forces alliées savaient, c’est la thèse de la majorité des historiens, et pourtant ils n’ont sauvé que quelques dizaines de milliers de Juifs par voies diplomatiques, sans avoir recours aux moyens militaires. L’inaction sur Auschwitz a été un choix, ce qui est bien difficile à admettre sans ternir le portrait idyllique des Alliés brossé par l’Histoire. Deux angles servent généralement d’étude à la question : la stratégie militaire et les inerties politiques. Les Alliés étaient au courant de l'existence des camps d'Auschwitz avant 1944 mais ne croyaient pas à la thèse de l'extermination de masse. Jusqu'à ce que deux prisonniers échappés, Rudolf Vrba et Alfred Wetzler, leur fassent un rapport détaillé sur les pratiques dans les camps de la mort, peu de temps avant le débarquement en Normandie. Il a fallu attendre 2003 pour que la Royal Air Force dévoile officiellement certains clichés pris en 1944. La RAF qui cherchait des installations militaires ne s'attarda pas sur les camps… L'information arriva pourtant jusqu'aux oreilles de Winston Churchill qui se décida finalement pour une attaque avant de se rétracter à l'idée de tuer inutilement des détenus par une attaque aérienne. Les travaux des historiens depuis les années 1970 ont permis de démontrer que les Alliés avaient connaissance de la solution finale, à savoir la politique d’extermination systématique de tous les Juifs d’Europe. Le rôle des pays neutres a été crucial dans ce domaine, la Suisse, et à moindre titre la Suède, étaient des terres de sécurité pour les agences juives et les diplomates alliés, par lesquelles ils pouvaient recevoir des informations. La résistance polonaise et des contacts amis dans l’administration nazie ont permis peu à peu de mettre au jour ce secret que les Nazis s’acharnaient à dissimuler.

Auschwitz, une cible militaire inexistante

Le camp à portée de tir

Les Alliés ont attaqué Monowitz le 13 septembre 1944, usine de fabrication de caoutchouc synthétique à quelques kilomètres du camp d’Auschwitz. Certaines bombes sont mêmes tombées sur le camp tuant accidentellement une dizaine de déportés. Ce raid est la démonstration absolue qu’un assaut aérien sur Auschwitz était dans la capacité des Alliés. En 1942, Churchill, sous la pression du Parlement et de l’Église anglicane, avait donné l’ordre à son administration militaire d’envisager toutes les possibilités de bombardement des camps, mais il lui a été répondu que les cibles étaient hors de portée d’action. C’est donc seulement à partir de 1944, lorsque les forces de frappe américaines sont stationnées à Foggia dans le sud de l’Italie que les camps peuvent être détruits. La Luftwaffe est inopérante depuis bien longtemps, les Alliés contrôlent totalement les airs. Les quelques doutes pouvant subsister sur l’ampleur des atrocités, les exterminations systématiques sont désormais dissipés en 1944. Aux États-Unis, les journaux parlent dans leur colonne de la solution finale, les agences juives américaines font pression sur l’administration militaire pour obtenir un assaut sur Auschwitz. Le Ministre adjoint à la Guerre John McCloy refuse car la cible n’est pas militaire.

Mise en doute de l’efficacité d’un bombardement

Les historiens réfutant l’hypothèse d’une négligence intentionnelle des Alliés se fondent sur un argument majeur : les bombardements auraient tué des dizaines de milliers de Juifs sans forcément atteindre les chambres à gaz. Le raid aurait été massif, et aurait tué seulement quelques SS sans mettre hors d’état de nuire la machine à tuer allemande. D'autant plus que le coût de fonctionnement des camps d'extermination, pour l'effort de guerre de l'Allemagne nazie, était exorbitant, et qu'un bombardement aurait eu un effet extrêmement limité. En effet la distance entre la Grande bretagne ou l'Italie du sud force les bombardiers à consacrer l'essentiel de leur charge à au carburant, au détriment des bombes. Les bombardiers brinaniques (de nuit) sont incapables de viser une cible précise et sont plus destinés aux zones industrielles ou aux villes. Les bombardiers américains devraient donc attaquer de jour, hors de leur propre couverture de chasse. Si techniquement l'attaque est possible (bien qu'elle soit très risquée et dangereuse), il est probable qu'elle n'aurait malheureusement eu que peu ou pas d'effet: les voies de chemin de fer sont très facilement réparables (tout au plus quelques jours d'indisponibilité) alors que le complexe lui-même est une cible extrêmement difficile à atteindre à l'époque Mais de telles controverses militaro-stratégiques restent extrêmement hypothétiques pour la simple raison que le département de la Guerre n’a jamais pris la peine d’effectuer une telle étude, l’armée se tenant à un principe strict à savoir qu’Auschwitz ne pouvait constituer une cible militaire. Pourquoi ? Une véritable opération efficace aurait nécessité des moyens colossaux aux Alliés, qui ne pouvaient se permettre de détourner leur machine de guerre des objectifs militaires. La défaite allemande n’était pas encore évidente à l’hiver 1944, les bombardiers se concentraient donc sur les ressources d’énergie du Reich. Un assaut efficace d’Auschwitz aurait été une opération difficile, mobilisant du temps et de la patience dont ne disposaient pas les Alliés. Les causes humanitaires passaient au second plan, selon la logique plus vite la guerre sera finie, plus vite les peuples seront délivrées de la tyrannie nazie. Albert Speer, ministre de la guerre nazie confirmait à la fin du conflit la redoutable efficacité de cette stratégie. Pourtant comme l’a si bien souligné le philosophe Elie Wiesel « le temps à Auschwitz ne s’écoulait pas à la même vitesse qu’en dehors ». De toute façon, l’opinion publique aurait désapprouvé. La communauté juive américaine elle-même redoute une remontée de l'antisémitisme dans son propre pays et craint d'alimenter la propagande ennemie qui fulmine contre la « guerre juive »Simon Epstein, Histoire du peuple juif au XXe siècle, Hachette littérature, 1998. Les critiques risquaient de pleuvoir sur Roosevelt déjà accusé de favoriser les juifs avec son New Deal (baptisé par les antisémites Jew Deal, jeu de mots où jew signifie juif en anglais). La propagande nazie en ferait ses choux gras, ou pire, les nazis après-guerre tenteraient de partager la responsabilité des crimes avec les Alliés. On touche au nœud du problème, beaucoup d’historiens n’hésitant pas à qualifier la question du bombardement d’Auschwitz comme un anachronisme. Car aujourd’hui nous savons la spécificité de la Shoah mais, à l’époque, la question juive était beaucoup trop sensible pour qu’une intervention spécifique sur Auschwitz soit programmée.

Auschwitz, au centre de la question juive

Les circonstances politiques de l’holocauste : l’antisémitisme diffus. Comme le montre l’historien R. Breittman, les Alliés auraient pu sauver des centaines de milliers de Juifs s’ils en avaient eu la volonté. Se doutant très tôt des persécutions nazies, il aurait suffit de laisser entrer les réfugiés juifs dans les pays neutres, à savoir la Suède, la Suisse, la Turquie. Cette solution était possible si les Alliés avaient garanti aux pays neutres une aide humanitaire, et s'ils avaient eux-mêmes consentis à ouvrir leurs frontières. Or rien de tout cela n’a été fait. Les États-Unis et la Grande-Bretagne craignant une déstabilisation interne et refusant de faire le jeu du Reich. Les Britanniques auraient pu ouvrir les portes de la Palestine aux Juifs d’Europe comme le réclamaient nombre d’organisations juives mais cela aurait été au péril de leur mandat là-bas, les Arabes faisant sentir leur colère face à l’arrivée massive de juifs. David Ben Gourion, principal responsable du Yishouv, l'autorité juive de Palestine, comprit que la situation était sans issue pour les juifs ashkenazes, et se concentrera sur la création d’un État pour les Juifs d’Afrique du Nord, les sépharades. Monument commémoratif de Auschwitz-Birkenau Britanniques et Américains n'auront de cesse de se renvoyer la balle devant ce qui fut pour eux un véritable fardeau. Une lady anglaise écrivit à Churchill en 1943 : « l’Angleterre sombre dans une hypocrisie telle que les membres du Parlement montrent de la compassion pour la mort des Juifs et dans le même temps ses responsables les condamnent à mourir ». Il est tentant d’accuser la bureaucratie américano-britannique d’antisémitisme. Le secrétaire particulier d’Anthony Eden, alors ministre des affaires étrangères écrivait à son propos dans son journal : « Il restera inébranlable au sujet de la Palestine car il aime les Arabes et déteste les Juifs ». Et le Secrétaire d’État américain Adolf Berle déclara en 1943 dans un discours à Boston : « C’est la première fois dans l’histoire contemporaine qu’un pays civilisé met à exécution un programme de meurtre national. Mais rien ne peut être fait pour sauver ces malheureux sans défense. Hormis l’invasion de l’Europe et la chute du pouvoir allemand, il n’y a pas d’autre solution ». Mais une telle accusation serait trompeuse, les Alliés n’ont aucune responsabilité dans la solution finale, ce sont les nazis et leurs complices qui doivent porter à jamais la charge de ce crime atroce. Il ne faut cependant pas perdre de vue qu'ils furent aidés dans leur entreprise de mort par un antisémitisme profondément ancré dans une partie des populations des pays occupés. Fallait-il bombarder Auschwitz ? L’environnement politique face à cette question illustre à quel point la solution finale n’était pas une priorité pour les Alliés. Rien de concret n'a été fait dans le sens d’un bombardement d’Auschwitz tout simplement parce que cela représentait pour eux un enjeu mineur. Certains pensent qu'en ne bombardant pas Auschwitz, les Alliés ont commis une faute morale. Tous les rescapés le clament « Nous priions pour que tombent des bombes. Nous étions prêts à mourir plutôt que d’être assassinées par nos tortionnaires dans les chambres à gaz, sort qui attendait tous les prisonniers juifs, nous le savions » raconte J. Rubinstein, un survivant. Hugo Gryn, autre rescapé raconte « l’un des aspect les plus pénibles de la vie dans le camp était le sentiment d’avoir été totalement abandonné de Dieu et des hommes ». La solution finale est le produit de plusieurs siècles d’antisémitisme en Europe face à la question juive. Les Juifs d'Europe se sont trouvés seuls, désarmés et abandonnés du monde face aux nazis, dont l'objectif était leur anéantissement pur et simple.

Évacuation et libération du camp

À partir d'août 1944, l'armée rouge est à 200 km d'Auschwitz. Les autorités nazies envisagent alors la liquidation du camp en cas de nouvelles victoires soviétiques, ainsi que cela avait déjà été fait pour les autres centres d'extermination situés plus à l'Est. Aussi longtemps que cela a été possible, les Nazis ont continué l'extermination dans les chambres à gaz. Ce n'est qu'en novembre 1944 que les trois crématoires restant en activité (le crématoire IV est inutilisable depuis octobre à la suite d'une révolte du sonderkommando) sont dynamités. Avant cela, les Nazis prennent soin d'assassiner la plupart des témoins oculaires du génocide et particulièrement ceux des Juifs qui avaient travaillé dans les crématoires. D'une manière générale les SS tentent, dans la seconde moitié de l'année 1944, de détruire et d'effacer les traces des crimes commis. Ils brûlent les listes des Juifs exterminés, une partie des dossiers et de la documentation. Ils font nettoyer et recouvrir de terre par des déportés les fosses contenant des cendres de victimes. Les Nazis ne mettent fin aux travaux d'agrandissement d'Auschwitz (camp souche et Birkenau) qu'à la fin de l'année 1944. Les travaux d'extension de certains des camps auxiliaires continuent pratiquement jusqu'à la libération. Le camp se dépeuple progressivement. Les détenus évacués sont soit employés dans des usines d'armement situées plus à l'intérieur du Reich (principalement des Polonais et Soviétiques), soit, dans le cadre des marches et des transports de la mort, conduits vers d'autres camps de concentration. Les marches de la mort, réalisées par des détenus épuisés, sans manger ou presque, dans un froid glacial, sont responsables de plusieurs dizaines de milliers de morts. Le 17 janvier 1945 a lieu le dernier appel général. Y sont présents déportés dont à Auschwitz I et II et dans les camps auxiliaires dépendant de Monowitz. Le camp d'Auschwitz est libéré par l'Armée rouge le 27 janvier 1945. Le camp souche d'Auschwitz I et Auschwitz II - Birkenau sont libérés par les soldats de la soixantième armée du front ukrainien dans le cadre d'une offensive sur la rive gauche de la Vistule. Ceux-ci y pénètrent vers 15 h à la suite de combats qui font 66 morts parmi les Soviétiques. déportés, maintenus dans le camp, survécurent jusqu'à la libération. Les soldats soviétiques ont découvert sur place environ 600 corps de détenus, exécutés par les SS pendant l'évacuation du camp ou morts d'épuisement. Mise en place d'un programme de réadaptation des survivants du camp de concentration d'Auschwitz, avec la participation du psychiatre Antoni Kępiński. Lui même, ancien déporté.

Statistiques des victimes

Selon les estimations datant de 1998 de Franciszek Piper, historien du musée d'Auschwitz-Birkenau, le bilan d'Auschwitz s'établit ainsi Franciszek Piper, Auschwitz Concentration Camp, dans Michael Berenbaum et Abraham J. Peck (éditeurs), The Holocaust and History. The Known, the Unknown, the Disputed and the Reexamined, Indiana University Press, 1998, p. 378. :
- 1, 3 million de personnes ont été déportées dans le camp d'Auschwitz
- 1, 1 million de déportés y sont morts dont :
- Juifs
- à Polonais
- Tziganes
- prisonniers de guerre soviétiques
- à détenus d'autres nationalités (Soviétiques, Tchèques, Yougoslaves, Français, Allemands, Autrichiens, Belges si l'on excepte les Juifs)

Prisonniers illustres

- Jean Améry, écrivain autrichien, survivant d'Auschwitz, de Buchenwald et Bergen-Belsen
- Wladyslaw Bartoszewski, ancien ministre des affaires étrangères polonais
- Joseph Bor, juriste tchèque
- Bibi Bunna, champion de boxe poids plume, qui a battu un SS à Monowitz
- Charlotte Delbo, survivante française d'Auschwitz et de Ravensbrück, écrivain
- Robert Desnos, poète français
- Anne Frank, détenue entre septembre et octobre 1944 à Auschwitz-Birkenau puis envoyée à Bergen-Belsen où elle mourut
- André Kahn, le plus jeune déporté, à 15 ans et 5 jours, survivant de Bergen-Belsen, libéré par les Anglais
- Imre Kertész, auteur hongrois, prix Nobel de littérature en 2002, survivant d'Auschwitz et Buchenwald
- Gertrud Kolmar, écrivain allemande
- Hans Krása, compositeur germano-tchèque
- Primo Levi, chimiste et auteur italien, survivant d'Auschwitz III Monowitz. Écrivit plus tard sur son expérience de prisonnier
- Witold Pilecki - l'unique prisonnier "volontaire" de KL Auschwitz
- Simone Veil, femme politique française, ministre et présidente du Parlement Européen. Détenue 13 mois à Bergen-Belsen et Auschwitz ; libérée le 27 janvier 1945
- Elie Wiesel, écrivain américain, survivant d'Auschwitz III Monowitz. Écrivit plus tard sur son expérience de prisonnier
- Samuel Pisar, survivant d'Auschwitz, avocat international, écrivain. Écrivit plus tard sur son expérience de prisonnier (Le sang de l'espoir)
- Adalbert Nierychlewski, religieux polonais, mort sous la torture.
- Saint Maximilien Kolbe, prêtre catholique polonais

Auschwitz, un devoir de mémoire

Chaussures volées par les nazis aux déportés juifs de Birkenau Après sa libération en 1945, Auschwitz reste abandonné pendant deux ans. Le Parlement polonais décide en 1947 de faire d'Auschwitz un musée à la mémoire des victimes. Le musée s'étend sur 191 hectares : 20 à Auschwitz I et 171 à Auschwitz II-Birkenau. Il ne reste rien aujourd'hui de l'usine IG Farben de Monowitz, Auschwitz III. Auschwitz-Birkenau fait partie depuis 1979 du patrimoine mondial de l'UNESCO. Le camp souche, Auschwitz I, a été restauré et ses blocks 4 et 5 utilisés depuis les années 1950 par les Polonais pour réaliser une exposition permanente qui veut présenter les conditions de vie des prisonniers, principalement à partir d'objet récupérés dans les reste du Canada de Birkenau à la libération du camp. S'y trouvent notamment des effets personnels de déportés : vaisselle, lunettes, chaussures etc., exposés dans des vitrines. L'une d'elles montre des cheveux qui devaient être utilisés pour fabriquer du tissu. Tout ce qui appartenait aux victimes, devait reservir et profiter au Reich. Depuis les années 1960, certains blocks hébergent des "expositions nationales" réalisées par les divers pays d'où les Juifs furent déportés à Auschwitz. Au rez de chaussée du block 20 se trouve l'exposition française, inaugurée en janvier 2005, d'une grande qualité muséographique. Une des dalles commémoratives Auschwitz II a volontairement été laissé en l'état comme témoin de l'ampleur du crime. Seule une rangée des baraques en bois du camp de quarantaine des hommes a été reconstruite. Un monument international à la mémoire des victimes, situé entre les crématoires II et III, a été inauguré en 1967. Il est un lieu de recueillement dans ce qui peut être considéré comme le plus grand cimetière de l'histoire de l'humanité. Que ce lieu où les nazis ont assassiné un million et demi d'hommes, de femmes et d'enfants, en majorité des juifs de divers pays d'Europe, soit à jamais pour l'humanité un cri de désespoir et un avertissement. Auschwitz - Birkenau 1940 - 1945. Ce texte est inscrit sur 21 dalles fixées sur le sol du monument, toutes traduites dans des langues différentes. Depuis peu des espaces en périphérie des deux camps principaux et en dehors de l'espace du musée sont mis en valeur. C'est le cas de la rampe ferroviaire (Judenrampe) située à 1, 5 km de Birkenau, où sont arrivés les trains convoyant les déportés de mars 1942 à avril 1944. Ce n'est qu'à partir de la fin du printemps 1944 que la prolongation de la voie ferrée, décidée par les nazis pour accélérer l'extermination des Juifs hongrois, que les trains arrivent à proximité immédiate des chambres à gaz, à l'intérieur du camp. Les ruines d'une des chambres à gaz et d'un four crématoire Pendant la Guerre froide, les chiffres furent gonflés par le gouvernement communiste polonais. Le caractère essentiellement juif des victimes, dans un climat d'antisémitisme persistant, tendant à être nié ou du moins minimisé. 2005 est marquée par la célébration solennelle du 60 anniversaire de la libération du camp en présence des derniers survivants et de nombreuses personnalités du monde entier. Depuis septembre 2006, Piotr Cywiński est le directeur du musée. Chaque année se déroule à la synagogue Charles Liché à Paris une commémoration en souvenir de la libération des camps d’Auschwitz.

Sources

Auschwitz I : « L'espoir après l'horreur » À l'approche des armées adverses, les nazis ont détruit le plus de preuves possibles : démontage des installations, destruction des documents, exhumation des corps pour les incinérer et dispersion des cendres, etc. Néanmoins, concernant Auschwitz, des preuves sont restées, en plus des témoignages de rescapés :
- En juillet 1944, un photographe SS prit 189 photographies des opérations d'extermination après l'arrivée d'un convoi de juifs hongrois. Cet album, dit Album d'Auschwitz, sera retrouvé le 11 avril 1945 lors de la libération du camp de Dora-Mittelbau par la prisonnière Lily Jacob, qui faisait justement partie de ce convoi et a ensuite été déplacée face à l'avance de l'Armée rouge. Elle accepta de déposer ses photographies au mémorial de Yad Vashem au début des années 1980. L'album a été édité en 1981 et un documentaire réalisé en 1984 par Alain Joubert : Auschwitz, l'album de la mémoire, publié en DVD par les éditions Montparnasse en 2005 .

Notes et références

Bibliographie

Témoignages de responsables nazis :
- Rudolf Höß (commandant d'Auschwitz), Le Commandant d'Auschwitz parle, 1959. Témoignages de victimes :
- Charlotte Delbo, Auschwitz et après : Aucun de nous ne reviendra, Minuit éd., 1970 ; Une connaissance inutile, Minuit éd., 1970, Mesure de nos jours, Minuit éd., 1971.
- Primo Levi, Si c'est un homme, 1947. Témoignage de l'auteur italien, déporté à Auschwitz.
- Odette Elina, Sans fleurs ni couronnes, 1947
- Elie Wiesel, La Nuit, 1958. Témoignage de l'auteur transylvanien, déporté à Auschwitz.
- Imre Kertész, Être sans destin, 1975. Récit inspiré de la déportation de l'auteur à Auschwitz, puis Buchenwald.
- Art Spiegelman, Maus, bande dessinée, 1992. Dialogue entre l'auteur et son père survivant des camps.
- Jorge Semprun, L'écriture ou la vie, 1994. Récit autobiographique mettant en lumière la difficulté de témoigner et de raconter l'horreur.
- Hermann Langbein, Hommes et femmes à Auschwitz, ed. 10/18. Témoignage d'un membre actif de la résistance interne du camp.
-Miklos Nyiszli, Médecin à Auschwitz, René Julliard 1961, J'ai lu (n°266), 1966. Témoignage d'un déporté juif-hongrois qui eu la "chance" d'être médecin, il ne fut donc pas gazé comme presque tout son convoi, mais, fut l'adjoint du Dr Mengele dans ses immondes besognes. Autour d'Auschwitz et de la Shoah :
- Annette Wieviorka, Auschwitz, 60 ans après, Paris, éd. Robert Laffont, 2005.
- Tadeusz Borowski, Le Monde de pierre. traduit du polonais par Laurence Dyèvre et Éric Veaux. éd. Christian Bourgois, 2002. http://www.lelibraire.com/din/tit.php?Id=15806.
- Raul Hilberg, La Destruction des Juifs d'Europe, éd. Fayard, 1988 ; nouv. éd., Gallimard, 2006 (trois volumes). Publié en anglais pour la première fois en 1961, c’est le premier grand livre qui explique exhaustivement le mécanisme de la Solution finale. Un ouvrage de référence.
- Robert Merle, La mort est mon métier, éd. Gallimard coll. Folio, 2003. ISBN 2070367894. Roman paru en 1952 qui s'inspire de la vie de Rudolf Höß, commandant du KL Auschwitz. Sur le débat autour de l'inaction des Alliés :
- M. Gilbert, Auschwitz and the Allies, New York, éd. Holt, Rinehart and Winston, 1981.
- Jan Karski, Mon témoignage devant le monde : Histoire d'un État secret, Paris, Ed. Point de mire.
- André Kaspi, « Fallait-il bombarder Auschwitz ? », dans la revue L'Histoire n°294, janvier 2005. Une synthèse des faits, du débat et de son histoire.
- W. Laqueur, Le Terrifiant Secret, Paris, éd. Gallimard, 1981.
- M.J. Neufeld et M. Berenbaum (direction), The Bombing of Auschwitz. Should the Allies Have Attempted It?, éd. The University Press of Kansas et The United States Holocaust Memorial Museum, 2000 et 2003.
- W.D. Rubenstein,
The Myth of Rescue'', Londres et New York, éd. Routledge, 1997.
- D. Wyman, L'Abandon des Juifs, Paris, éd. Flammarion, 1987.

Voir aussi

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Sujets connexes
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